- il y a 9 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir, bienvenue, 22h31, vous êtes toujours évidemment dans BFM Grand Soir.
00:05Nous accueillons ce soir Jérôme Gage qui est notre invité.
00:07Bonsoir Jérôme Gage et j'ai le plaisir d'être accompagné de Thierry Arnaud et de Nicolas Bouzou.
00:11Bonsoir Nicolas, ravi de vous retrouver.
00:13Nous allons commencer avec cette nouvelle étude.
00:15Je voulais qu'on commence là-dessus parce qu'elle est arrivée en fin de journée,
00:19cette étude sur l'état d'esprit des Français, l'état d'esprit, le climat en fait de l'opinion.
00:26Étude réalisée par Ipsos BVA.
00:27C'était la troisième vague de cette enquête électorale française et voilà ce qu'elle dit.
00:31Elle décrit, les Français sont décrits massivement comme inquiets, 59%, 51% d'incertitude
00:40et le troisième mot qui revient Jérôme Gage c'est la colère, 30%.
00:43Seulement 17% cite l'espoir, 9% la confiance, 74% ça fait beaucoup de chiffres mais ils vont
00:51tous dans le même sens.
00:52Ils pensent que la situation du pays va se détériorer dans les mois à venir.
00:55Une petite note positive, 71% attendent du prochain scrutin de la présidentielle,
01:01qu'elle produise un vrai changement social et politique.
01:05Vous retenez quoi ? La bonne ou la mauvaise nouvelle ?
01:07Je retiens que c'est une photographie fidèle de ce qu'on ressent les uns et les autres.
01:11Moi quand je parle aux habitants de Massy ou de Palaiso dans Marseille-Conscription
01:15ou en sillonnant le pays, il y a cette double injonction.
01:20D'abord des motifs d'inquiétude et on ne va pas les réénumérer, ils sont bien là.
01:26La crise du pouvoir d'achat, la guerre évidemment aux portes de l'Europe
01:30et ses conséquences sur le prix du carburant et le prix des matières premières.
01:36Ce sentiment de relégation et de mépris parfois,
01:41moi j'entends beaucoup cette demande simple et en même temps gigantesque de dignité.
01:46On veut juste un travail qui paie dignement, on veut un logement digne,
01:50on veut un accompagnement digne des personnes les plus vulnérables
01:53ou dans les sujets relatifs à l'accès aux soins.
01:55Donc s'il n'y a pas une demande de grand soir, il y a une demande de dignité.
02:00Et puis du coup, les Français sont un peuple passionnément politique
02:04et ils savent que les choses vont se nouer dans le rendez-vous démocratique qui arrive,
02:08qui lui-même nourrit les inquiétudes parce que le paysage a du mal à se décanter.
02:13Il y a une grosse attente quand même de cette présidentielle, c'est ça qui est intéressant.
02:16Vous, vous êtes candidat à la primaire du Parti Socialiste
02:19et une volonté quand même de rupture, vous dites de dignité évidemment.
02:24C'est une dignité dans les réponses qu'on doit apporter
02:26parce que précisément, il y a le sentiment d'une impuissance de la parole publique
02:30et de l'action publique ces dernières années
02:32et du fait que les inquiétudes n'ont pas trouvé de réponse satisfaisante.
02:36L'éco-anxiété, ce n'est pas une vue de l'esprit.
02:40Et quand ça pète à la figure avec les incendies, la canicule
02:45et le fait de rendre extrêmement palpable ce qui pouvait être débattu sur des plateaux,
02:50mais qui devient intelligible aujourd'hui.
02:52Quand des gens en masse sont évacués parce que c'est la conséquence du réchauffement climatique
02:56et qu'il y a des incendies et que l'habitabilité des terres et des espaces
03:01n'a pas été justement pensée au regard de ces menaces,
03:06il y a vraiment quelque chose qui est incontournable.
03:09Et même chose, la crise du pouvoir d'achat,
03:11la petite musique qui n'est pas une petite musique sur la crise des finances publiques,
03:15les gens sont intelligents, ils voient bien qu'on est dans le mur.
03:18Et ils se disent, maintenant il va falloir trancher.
03:20Il y a deux années, je dirais même plus quatre années,
03:23pas de majorité à l'Assemblée, pas de vision claire mise sur la table.
03:28C'est l'occasion de l'élection présidentielle, c'est la raison pour laquelle moi je suis candidat.
03:31Dans ma famille politique, il manque une voix de gauche républicaine,
03:34ou en tous les cas une orientation qui est capable de trouver un chemin praticable,
03:38une gauche digne, une gauche du réel,
03:40qui s'adresse à tous les Français et qui essaye de traiter ces questions les unes après les autres,
03:46en introduisant ce qui ressort aussi dans l'attente, je pense, moi,
03:48et ce que je perçois dans les échanges, qu'on a besoin aussi de travailler ensemble.
03:53Moi j'assume qu'il va falloir construire des compromis.
03:55J'ai des convictions, je suis de gauche, personne ne peut le contester.
03:56Pour l'instant, ce n'est pas gagné quand même dans votre famille politique.
03:59C'est-à-dire que personne a trouvé, au nom de l'intérêt général,
04:01les réponses sur la crise de l'école, sur les problèmes de santé,
04:04sur les questions évidemment de sécurité, sur tous ces sujets-là.
04:07C'est des sujets sur lesquels les Français peuvent se rassembler.
04:09Et dans la période, ce qui les inquiète, c'est qu'il y a plutôt de la division
04:12qui est mise sur la table, de la polarisation,
04:14qu'à un moment de la volonté de hisser le pays vers l'autre.
04:18De consensus.
04:19Parce qu'il y a quand même, les gens, ils adorent ce pays.
04:21Et on l'adore tous, il a des potentialités gigantesques.
04:24Donc bien sûr, on est plombé par des choses anxiogènes,
04:26mais il ne faut pas qu'on oublie de voir que face à ces défis,
04:30on est les Français.
04:32Et soyons fiers de ça et levons la tête.
04:34Et on n'a pas à être résignés.
04:35Sur le pouvoir d'achat, le budget, le prochain budget
04:38que le gouvernement va tenter de mettre en place,
04:40mission impossible, on est bien d'accord.
04:42Nicolas Bouzou, on va en parler.
04:44Ce que se demandent aussi ceux qui nous regardent,
04:46c'est qui va devoir contribuer, participer davantage à l'effort.
04:49Il y a quand même une bonne nouvelle.
04:50Il me semble que c'est une bonne nouvelle.
04:52Vous allez me le dire, Nicolas Bouzou, qui a été annoncé aujourd'hui.
04:54C'était sur BFM TV par la porte-parole.
04:56du gouvernement.
04:59Nous proposerons l'indexation du barème
05:00de l'impôt sur le revenu, sur l'inflation.
05:02Complète, sur l'inflation complète, pas en partie.
05:05Il est hors de question de geler
05:07ce qu'on appelle le barème de l'IR,
05:09parce que vous avez eu raison de le préciser,
05:11c'est un peu technique.
05:12Si on gelait ce barème de l'IR,
05:14ça amènerait mécaniquement
05:16une hausse d'impôt pour l'ensemble
05:18des Français soumis à l'impôt sur le revenu.
05:21Ça, c'est arbitré.
05:21C'est une annonce que vous nous faites ce soir sur BFM TV.
05:24J'ai dit il y a dix minutes que nous refusions
05:26toute hausse d'impôt.
05:28Le gel du barème de l'IR
05:30serait, entraînerait des hausses d'impôt
05:32pour l'ensemble des Français.
05:33Et donc, il est pour nous hors de question
05:36de proposer le gel du barème de l'IR.
05:39Il y avait une ambiguïté sur ce sujet.
05:40Maintenant, c'est dit, c'est officiel,
05:43c'est une manière de dire à tous les Français
05:45qui nous regardent, pas de hausse d'impôt.
05:47Des hausses d'impôt, il y en aura.
05:49Forcément.
05:50Oui, il y en aura forcément,
05:51parce que la situation politique l'impose,
05:53parce que le gouvernement devra faire des compromis,
05:55parce que la situation budgétaire
05:57est absolument impossible en réalité.
06:01Mais là où je pense que le gouvernement a raison,
06:03c'est qu'il faut essayer de limiter
06:04ce hausse d'impôt au maximum
06:06dans la mesure où les prélèvements obligatoires
06:07sont déjà très élevés en France.
06:09Et en fait, on voit bien qu'année après année,
06:11on colmate, on essaie de colmater les brèches
06:13de ces finances, de ces déficits publics
06:15en augmentant des impôts,
06:18en augmentant des prélèvements,
06:19en revenant sur des niches fiscales, etc.
06:21Et en fait, ça ne marche pas.
06:22Et on voit que la brèche s'agrandit.
06:25Mais peut-être pour faire le lien
06:27avec votre conversation précédente
06:30avec Jérôme Gage
06:32et au sondage que vous avez présenté,
06:34moi, je ne pense pas que l'économie française
06:36s'effondre.
06:36Je n'irai jamais là-dedans, tout simplement.
06:38Je sais que ça pourrait faire bien de dire ça,
06:40mais je ne pense pas que ce soit vrai.
06:42Mais il y a des difficultés.
06:43L'activité économique,
06:44elle progresse très peu, quasiment pas en France.
06:46Le chômage remonte,
06:47ce qui est quand même quelque chose de nouveau
06:48qu'on n'avait pas vu ces dernières années.
06:50Et en effet, la situation des finances publiques,
06:52elle est hors de contrôle, en réalité.
06:54Mais je trouve qu'il y a une très bonne nouvelle.
06:57C'est que cette campagne,
06:58elle commence bien.
07:00Je trouve qu'on parle vraiment des sujets de fond.
07:02Je trouve qu'on en parle à fond.
07:04Il y a eu ce débat au MEDEV,
07:07je trouve, qui était très intéressant.
07:09Il va y avoir la primaire du Parti Socialiste.
07:11Je pense aussi que les débats vont être intéressants.
07:13Marine Le Pen parlait du logement aujourd'hui.
07:15Le logement, c'est un vrai sujet.
07:17Jean-Luc Mélenchon, à la fête de l'humanité,
07:19a dit des choses extrêmement importantes.
07:22À mon avis, de mon point de vue,
07:24extrêmement inquiétantes.
07:25Mais enfin, il dit des choses très fortes.
07:27Quand il dit...
07:28Donc les bons sujets sont là.
07:30Je termine juste là-dessus,
07:31parce que ça me semble très important.
07:32Et ça n'a pas été assez souligné.
07:33Mais quand il dit, je vais mettre en place
07:34un état d'urgence social.
07:37Et vous pouvez voir les images.
07:39Finalement, en restreignant un certain nombre
07:40de libertés publiques sur l'autel de cet état d'urgence.
07:43Je trouve que là, les Français ont un éventail de choix
07:46qui est extrêmement large.
07:47Ils vont pouvoir choisir en connaissance de cause.
07:49Jérôme Gage.
07:50Alors moi, je mets un bémol sur le fait
07:52que tous les sujets importants sont mis sur la table.
07:55Je vous prends un exemple qui me tient à cœur.
07:58D'ailleurs, on le voit dans les sondages,
07:59dans les préoccupations de nos concitoyens.
08:00Les questions de santé sont premier ou deuxième sujet de préoccupation.
08:04Et je trouve que pour l'instant, le débat est à taux.
08:06Moi, dans la primaire que vous évoquiez
08:09et dans l'élection présidentielle demain,
08:10je veux faire des questions de santé.
08:12Dans leur diversité...
08:13Ce n'est pas le pouvoir d'achat, la première préoccupation ?
08:15Vous ne pensez pas que le candidat qui gagnera
08:17sera le candidat du pouvoir d'achat ?
08:19Je n'oppose évidemment pas l'un à l'autre.
08:21Et d'ailleurs, les questions de santé sont aussi parfois des questions...
08:23Liées au pouvoir d'achat.
08:24D'accès aux soins, de restes à charge,
08:27de coûts des complémentaires santé,
08:28de pertinence ou pas d'un système avec des complémentaires santé.
08:32Moi, je défends l'idée d'une sécurité sociale intégrale,
08:34mais on verra dans le débat comment ça prospère.
08:37Je ne pose pas l'un à l'autre.
08:38Mais je veux dire que si on veut vraiment répondre
08:41à celles des préoccupations
08:42qui vraiment perturbent quotidiennement nos concitoyens,
08:46alors il va falloir qu'on monte le jeu sur les questions de santé.
08:48L'hôpital public, l'articulation avec la médecine de ville,
08:52les questions de délais, de déserts médicaux,
08:54ça, c'est ce qui nourrit le ressentiment.
08:56Dans les cœurs de métropole, dans les quartiers populaires
08:59et évidemment en milieu rural ou en zone périurbaine.
09:03Est-ce que vous n'avez pas quand même l'impression
09:04dans cette campagne, Jérôme Gage,
09:05qu'on nous explique d'un côté
09:08qu'il faut faire des économies importantes,
09:11de l'autre, on nous explique surtout
09:12là où on ne va pas les faire.
09:14Par exemple, sur l'impôt, sur le revenu,
09:16c'est ce que disait Maud Bréjon à l'instant.
09:20Il y a d'autres exemples encore.
09:21Il ne faut pas les faire sur les retraités non plus, etc.
09:25Et on nous explique que là,
09:26il faut faire des dépenses supplémentaires
09:29où là, il faut investir davantage.
09:31Il y a quelque chose qui manque,
09:33quelque part dans l'équation.
09:35C'est-à-dire qu'à un moment donné,
09:37il va bien falloir expliquer
09:39où la douloureuse doit devoir se citer.
09:42Elle est où pour vous ?
09:43Et ça, on ne l'entend pas beaucoup.
09:44Pour vous, elle est où la douloureuse, Jérôme Gage ?
09:45La question est de savoir
09:46quand ce débat va avoir lieu.
09:48Est-ce que c'est au moment de ce budget 2027 ?
09:51Ça m'a l'air, j'ai failli dire casse-gueule,
09:53pardonnez-moi l'expression,
09:54mais compliqué parce que, et je le regrette,
09:57chacun va être un petit peu dans son couloir
09:59de préparation de l'élection présidentielle.
10:01Mais en effet, on n'échappera pas
10:03à ce discours qui n'est pas un discours de vérité.
10:05Moi, je ne suis pas pour dire
10:06qu'il faut faire du sang et des larmes,
10:08mais c'est un discours de clarté.
10:09Si on est attaché à notre modèle social,
10:11si on est attaché à nos services publics
10:13et qu'on est lucide sur le fait
10:14qu'ils sont essentiels,
10:15mais ils dysfonctionnent
10:17en termes d'organisation,
10:18en termes d'efficacité,
10:19en termes d'efficience,
10:20en termes de réponses concrètes.
10:22Et si on aime tout ça,
10:24la sécurité sociale,
10:25les services publics,
10:26alors oui, on doit tenir un discours
10:28sur le fait de dire
10:29qu'il y a des économies à faire,
10:30incontestablement,
10:31pour chercher l'efficacité.
10:32Moi, j'étais président de département
10:33et pendant les années
10:34où je gérais un peu plus d'un milliard
10:36de budget,
10:37chaque jour, ma préoccupation,
10:38c'était est-ce que chaque euro
10:40est utilisé à bon escient ?
10:41Et quand j'en avais un doute
10:42et quand on constatait que ça n'allait pas,
10:43je préférais redéployer.
10:45Et il faut aussi,
10:46c'est là qu'on aura peut-être
10:47un désaccord avec Nicolas Bouzou,
10:49c'est qu'il y a évidemment,
10:51quand on regère un budget,
10:52il y a des questions de dépenses
10:53et donc d'économies à faire
10:56pour financer des besoins plus prioritaires.
10:58Aujourd'hui, la perte d'autonomie
10:59ou les personnes en situation de handicap,
11:01ce n'est pas suffisamment bien pris en compte
11:02dans notre pays.
11:03Mais il y a donc aussi
11:04des questions de recettes
11:06qui doivent être posées
11:06et donc de justice fiscale.
11:08À niveau de prélèvement inchangé,
11:11on peut réorienter et redéployer
11:13pour avoir plus de justice fiscale.
11:15Aujourd'hui, quand une multinationale
11:18paye moins d'impôts
11:19qu'une PME française,
11:21proportionnellement,
11:21c'est un problème de justice fiscale.
11:23Quand le Starbucks,
11:24pardonnez-moi de le citer,
11:26qui vend un café au coin de la rue
11:27parce qu'il a localisé ses bénéfices
11:29en Irlande,
11:30va payer 6 ou 8 %
11:32d'impôts sur les sociétés,
11:33quand en face,
11:34le bar tabac, lui,
11:35va être soumis
11:36aux 25 % d'impôts sur les sociétés,
11:38c'est un problème de justice fiscale.
11:39Quand les plus hauts revenus
11:41ont un taux moyen d'imposition
11:43qui est plus faible
11:44que celui des classes moyennes,
11:46c'est un problème de justice fiscale.
11:47Et quand on dit ça,
11:48je pense que tout le monde
11:49peut l'entendre.
11:50Et que dans la période,
11:52il va falloir répartir
11:53justement l'effort
11:54et sortir de ce qu'on a vécu
11:56ces dernières années
11:56qui est consisté
11:57à consulter sur le plus grand nombre.
12:00Je peux tout entendre,
12:01mais il faudrait qu'on ait
12:02un débat là-dessus.
12:04Avec plaisir.
12:05Bien sûr, je sais,
12:06on aime beaucoup débattre d'ailleurs.
12:07Mais je remets en cause
12:08le fait, par exemple,
12:09que l'imposition des plus riches
12:11soit inférieure à celle
12:12des classes moyennes
12:13en proportion de leur vie.
12:13C'est pour ça que je dis
12:14qu'il faudrait qu'on ait
12:14un débat là-dessus.
12:16Mais là où je pense
12:17qu'on peut s'entendre
12:19sur le diagnostic,
12:20et peut-être même en effet,
12:21il peut y avoir des consensus
12:21et on peut réfléchir ensemble
12:22aux solutions,
12:23c'est qu'on voit bien
12:24quand même qu'on arrive
12:25au bout d'un système.
12:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
12:27l'État est en déficit,
12:28le système des retraites
12:29est en déficit,
12:30la maladie,
12:30qui est un sujet
12:31que vous connaissez bien,
12:32est en déficit.
12:33On voit bien
12:33qu'on essaie de colmater
12:34après années.
12:36Vous êtes parlementaire,
12:37vous connaissez aussi
12:38ces sujets par cœur,
12:39mais très honnêtement,
12:40on colmate à peine en vérité.
12:42Et donc,
12:42on doit avoir une réflexion
12:43de fond sur l'organisation
12:45de la retraite,
12:45le système de santé.
12:46C'est un sujet
12:47qui nous passionne
12:48et sans doute,
12:53le sujet que vous connaissez
12:54bien aussi.
12:54Donc, l'élection présidentielle,
12:56elle doit être l'occasion
12:57justement de réfléchir
12:58en profondeur
12:59à ces sujets,
13:00en se disant,
13:01mais au fond,
13:02comment est-ce qu'on peut
13:02se réorganiser au mieux ?
13:04Et puis,
13:05ne pas oublier,
13:06puisque vous êtes attaché
13:06à la question du travail,
13:08un truc qui est complètement
13:09passé de mode,
13:09mais sans lequel
13:10on n'arrivera à rien,
13:11c'est la croissance économique.
13:12C'est le fait que,
13:13tous ensemble,
13:13on crée davantage de richesses
13:15pour pouvoir financer tout ça.
13:17Marine Le Pen,
13:17elle a beaucoup parlé
13:19de logement aujourd'hui.
13:20Je ne sais pas si vous avez
13:20eu l'occasion d'écouter.
13:21J'ai suivi, oui.
13:23Qu'est-ce que vous...
13:24Par principe,
13:24j'écoute tout ce que dit
13:25Marine Le Pen
13:25pour mesurer le décalage
13:27entre ce qu'elle va raconter
13:28dans cette campagne
13:29et ce que moi j'entends
13:30et je vis à l'Assemblée nationale.
13:31Je vais vous en dire un mot
13:31dans un instant.
13:32Alors justement,
13:33la clé de voûte de son discours,
13:34c'était priorité nationale.
13:37Privilège d'être français
13:38dans l'accès aux emplois,
13:39aux prestations sociales,
13:41au logement,
13:41au logement social
13:42ou au logement étudiant.
13:44Ça, vous ne pensez pas
13:45que ça répond
13:46à une demande des Français ?
13:47Non, ça répond
13:48à une sorte de démagogie,
13:50de chiffon rouge
13:52et pendant ce temps,
13:53ça remet en cause
13:55en grande partie
13:56ce qui existe
13:57sur le logement social.
13:58Un exemple.
13:58J'engage, pardon,
13:59mais si ce n'était
14:00que de la démagogie
14:01et un chiffon rouge,
14:02elle ne serait pas aussi haut
14:03dans les sondages
14:04chaque semaine ?
14:05C'est la raison pour laquelle
14:06dans le débat,
14:06il va falloir prendre
14:07mesure par mesure
14:08et donc tant mieux.
14:09Elle est obligée désormais
14:10de mettre sur la table
14:11quelques propositions.
14:12Jusqu'à présent,
14:13c'était un petit peu fourre-tout.
14:14Il y avait une sorte
14:15de en même temps.
14:15Bardella disait une chose
14:16un jour,
14:17elle pouvait dire le contraire,
14:18sur les retraites,
14:19sur la dette...
14:20Voilà, elle a repris la main.
14:22Donc là,
14:22prenons un exemple précis.
14:24Marine Le Pen propose
14:25d'abroger la loi SRU,
14:27l'occasion de rendre hommage
14:28à Louis Besson,
14:29qui oblige toutes les communes
14:31de plus de 3500 habitants
14:33à avoir 25%
14:34de logements sociaux.
14:34C'est-à-dire de permettre
14:36à tous les Français,
14:37parce que vous savez
14:38que c'est presque 75%
14:39des Français
14:40qui sont éligibles
14:41au logement social.
14:41Et donc, il y a besoin
14:42dans le parcours résidentiel
14:43d'avoir du logement social
14:45qu'on ne produit pas suffisamment.
14:46Elle dit que la réalité
14:46est toute autre
14:47et qu'en fait,
14:48ce ne sont pas les Français
14:49qui bénéficient
14:50de ce logement social.
14:50On est bien d'accord.
14:51C'est son raisonnement.
14:52Non, mais plus de 80%
14:53des résidents
14:55du parc social,
14:56et peut-être même 90%,
14:57sont de nationalité française.
14:59Et la question
15:00de l'accès au logement social,
15:02c'est pour des gens
15:02qui vivent en France,
15:03qui travaillent,
15:04vous savez,
15:04dans le logement social,
15:05c'est ce qu'on appelle
15:05le 1% patronal,
15:06c'est-à-dire
15:07les employeurs
15:08qui ont un droit
15:09d'attribution
15:10de logement
15:11pour les salariés,
15:12pour permettre
15:12que les salariés
15:14vivent à proximité
15:15de l'endroit
15:15où ils travaillent.
15:16Donc c'est dangereux,
15:17c'est de la foutaise ?
15:18Mais attendez,
15:18dire aujourd'hui
15:19qu'on lève cette obligation,
15:20ça veut dire
15:20qu'il n'y aura plus
15:21de production
15:21de logement social
15:22dans ce pays.
15:22Alors que ce qui fait
15:23la crise du logement,
15:24la crise sur les prix
15:25du logement
15:26dans l'ensemble
15:27du parcours résidentiel,
15:28c'est que,
15:29un,
15:29on ne produit pas
15:30assez de logements
15:30dans ce pays,
15:32il doit manquer
15:34150,
15:34200 000 logements
15:35par an
15:36pour atteindre
15:36les 500 000
15:37qui permettraient
15:38de répondre
15:38à la demande
15:39du fait du vieillissement
15:40de la population,
15:41de la décohabitation,
15:45cette fluidité.
15:46Donc là,
15:46on a l'exemple caractéristique,
15:48et je vais vous en prendre
15:49un autre derrière,
15:49de Marine Le Pen
15:50qui agite une mesure,
15:52une mesure au nom
15:53de la préférence nationale
15:54qui est donc
15:55la grande mesure
15:56qu'elle veut mettre
15:57en avant
15:58parce que c'est
15:59leur identité xénophobe
16:01et qu'à côté de ça,
16:02elle n'a pas
16:03de possibilité
16:04de répondre
16:05aux préoccupations
16:06de nos citoyens.
16:07Un deuxième exemple...
16:07Juste d'accord sur ce point
16:08ou pas Nicolas Bouzou ?
16:09C'est important.
16:10Non,
16:11je ne partage pas
16:12la passion
16:13de Gérôme Gouetge
16:14pour le legement social
16:15et pour la loi
16:16mais on en a construit
16:17beaucoup ces dernières années.
16:19Pas suffisamment
16:20M. Bouzou.
16:20Je trouve que
16:21Marine Le Pen,
16:22elle a un mérite,
16:22c'est qu'elle consacre
16:23un meeting
16:24à la question du logement
16:25et pardonnez-moi
16:26de vous le dire...
16:27J'ai envie de répondre
16:27point par point.
16:28Non, non,
16:29mais permettez-moi
16:29de vous le dire
16:29très amicalement
16:30mais je trouve
16:31que les partis
16:31entre guillemets
16:32traditionnels,
16:33le logement,
16:34c'est une question
16:34qui était sous-investie
16:36ces dernières années.
16:36Elle était sous-investie
16:37par le Parti Socialiste,
16:38elle était sous-investie
16:39par le Bloc Central,
16:41par les Républicains
16:45de ce meeting
16:45de Marine Le Pen,
16:46c'est qu'il oblige
16:48d'ailleurs tout le monde
16:49à sortir du bois
16:50sur cette question
16:51absolument essentielle.
16:53Jérôme Guetsch vous dira
16:53que ça fait des années
16:54qu'on en parle.
16:54Non, mais ça fait des années
16:55qu'on en parle,
16:55ça tombe bien.
16:56Dernier point, Jérôme Guetsch.
16:58Un peu de pub,
16:58il y a le congrès
16:59du logement social
17:00la semaine prochaine
17:01à Bordeaux,
17:02à cette occasion
17:03je vais présenter
17:03mes propositions
17:04en matière de logement
17:05et notamment une.
17:06Alors c'est dingue,
17:06aujourd'hui Marine Le Pen
17:07dit dans son discours
17:08qu'il faut mieux encadrer
17:09vous savez les Airbnb
17:10parce que ça dévitalise
17:11les centres-villes, etc.
17:13Incroyable !
17:14Il y a à peine deux ans
17:15à l'Assemblée nationale
17:16en novembre 2024
17:17il y a une loi
17:18qui est proposée
17:18pour la régulation
17:19et l'encadrement
17:20de ces locations meublées
17:22qui est-ce qui vote contre ?
17:24La totalité des députés
17:25du Rassemblement national.
17:26Donc on a là à nouveau
17:27l'illustration
17:28de ce double discours
17:29et donc point à point
17:30mais oui il faut produire
17:31plus de logements
17:31il faut encadrer
17:35les loyers
17:35dans les endroits
17:36où c'est des zones
17:37en tension
17:38mais surtout
17:39il faut diversifier
17:42le parcours résidentiel
17:43parce que c'est ce qui fait
17:44que les choses sont embolisées
17:45Rendez-vous compte
17:46le logement
17:46il y a 50 ans
17:47vous le savez
17:48c'était à peine 15%
17:49du revenu des ménages
17:51c'est 30% aujourd'hui
17:52et donc ce qui contraint
17:53le pouvoir d'achat
17:54des Français
17:54c'est le logement principalement
17:56le coût du crédit
17:57rend impossible
17:59l'accession à la propriété
18:00et c'est devenu
18:01au regard du niveau des loyers
18:02notamment dans les métropoles
18:03mais pas que
18:04quelque chose
18:04qui sert à la gorge
18:06l'ensemble de nos concitoyens
18:07donc oui
18:07les questions de logement
18:08les questions de transport
18:09les questions de santé
18:10de vulnérabilité
18:11du coût des EHPAD
18:13etc
18:13voilà des sujets
18:14que je vais défendre
18:14avec d'autres
18:14dans cette campagne
18:16et notamment
18:16dans la primaire de la gauche
18:17suite des conversations
18:19intéressantes
18:19merci beaucoup
18:20merci Jérôme Gadj
18:22et merci Nicolas Abouzou
18:23d'avoir été avec nous
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