- il y a 13 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir à tous dans BFM Grand Soir, nous allons parler de cette question avec nos invités politiques.
00:04Le mouvement des Gilets jaunes est-il en train de se reformer ?
00:07Le renseignement territorial observe sur les réseaux sociaux des appels de plus en plus nombreux à se rassembler.
00:12Du coup, toute la journée, les responsables politiques ont parlé de cela et des prix de l'essence, sauf Bruno
00:17Rotaillot.
00:18Il en parle le moins, du coup je lui ai posé la question.
00:20Que ferait-il, lui, pour faire face à l'exaspération des Français sur le pouvoir d'achat ?
00:26Que ferait-il pour faire baisser les prix de l'essence ?
00:29Il a accepté de répondre à nos questions la veille de la rentrée de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont.
00:33Et il fait même passer un message à Jordan Bardella.
00:36On écoute son interview et on se retrouve évidemment juste après.
00:40Bonjour Bruno Rotaillot.
00:42Bonjour.
00:42Ça y est, votre rentrée est officiellement lancée.
00:46Un cadre du parti, de votre parti, dit même que vous allez augmenter la sono dans les jours qui viennent,
00:52je le cite.
00:53En parlant de sono, il y a un sujet sur lequel on vous entend encore trop peu.
00:57Et on va prendre le temps d'en parler, c'est le pouvoir d'achat.
01:00On va parler de vos mesures.
01:01Mais d'abord, évoquons le mécontentement des Français, même l'exaspération des Français liée à cette question du pouvoir d
01:08'achat.
01:08Selon les informations du service police-justice de BFMTV,
01:12le renseignement territorial qui observe en ce moment attentivement les réseaux sociaux note des appels à se rassembler de plus
01:20en plus nombreux
01:21et invite, je cite, à une vigilance particulière en raison de possibles troubles à leur République.
01:28Est-ce qu'il faut, selon vous, s'attendre à un retour d'une grande ampleur tel que l'on
01:34a connu avec les Gilets jaunes ?
01:36Je n'en sais pas plus que vous, pas plus que personne.
01:40Ce que je sais, c'est qu'il y a une colère en France, que la France est à bout
01:46de souffle et que les Français sont à bout de nerf.
01:48Mais comment ne le serait-il pas ? Plus rien ne fonctionne.
01:51On n'a jamais autant payé d'impôts.
01:53On n'a jamais autant dépensé d'argent public.
01:56Et plus rien ne fonctionne.
01:57Regardez le classement PISA, regardez cette chute de niveau, c'est incroyable.
02:01C'est l'avenir de nos enfants qu'on est en train de massacrer.
02:05Regardez l'hôpital, les urgences, heureusement, il y a le personnel soignant qui tient à bout de bras, justement, ce
02:10grand service public.
02:12Regardez la justice et le pouvoir d'achat qui est en train de s'écrouler,
02:16puisque sur les deux dernières années, c'est l'INSEE, un organe officiel qui nous l'a dit,
02:22il y a une chute du pouvoir d'achat, du niveau de vie, ces deux dernières années.
02:26– Mais du coup, vous leur dites quoi, Bruno Retailleau, à ces Français précisément,
02:29qui veulent contester contre ces prix de l'essence, qui attendent une réaction du gouvernement ?
02:34Vous leur dites, allez dans la rue, allez sur les ronds-points.
02:37Est-ce qu'on peut même imaginer Bruno Retailleau sur les ronds-points ?
02:39– Ce n'est pas le problème.
02:40Ce qu'on attend d'un homme ou d'une femme politique, ce n'est pas sa présence sur les
02:44ronds-points.
02:45C'est qu'ils aient du courage, dire la vérité d'abord.
02:49Et moi, ce que je veux dire aux Françaises et aux Français, c'est que je veux leur rendre leur
02:53dignité.
02:53Parce qu'au fond de cette colère, il y a un sentiment, un sentiment d'avoir été méprisé.
02:59Et c'est vrai que lorsque le travail ne paie plus, c'est une question de dignité.
03:03Lorsque l'assistanat est encouragé.
03:05En France, il faut donner beaucoup plus à ceux qui le méritent et moins à ceux qui profitent.
03:10Et c'est le cœur d'ailleurs de mon projet.
03:11C'est ce que je veux porter.
03:12De même que, regardez, le peuple français est méprisé parce qu'on ne l'entend plus.
03:17Sa voix ne pèse plus.
03:19Moi, je veux leur rendre la parole par le référendum.
03:22Je veux assumer une rupture fondamentale pour que le peuple, enfin, puisse avoir la parole, puisse décider par le référendum
03:30de grandes questions auxquelles il est attaché.
03:32Et ça, ce sera le cœur vraiment de mon projet présidentiel.
03:36De votre programme, mais vous diriez finalement, et là, je m'adresse aussi à l'ancien ministre de l'Intérieur,
03:42que tous les ingrédients sont réunis aujourd'hui que l'exaspération des Français est telle qu'on pourrait même s
03:48'attendre à une contestation susceptible de basculer dans la violence.
03:53Parce que ce qu'observe aussi le renseignement territorial sur les réseaux sociaux, c'est qu'il y a des
03:58appels plus radicaux à, par exemple, bloquer les stations-service, à s'en prendre à l'Elysée.
04:02Est-ce qu'il faut le redouter ? Est-ce que tout est réuni pour cela aujourd'hui, selon vous
04:07?
04:07Ce que j'observe en tout cas, avec un certain recul, c'est que ce qui a déclenché les Gilets
04:12jaunes, ça n'est pas seulement le prix de l'essence ou du gazole.
04:15Mais souvenez-vous, lorsque le mouvement s'est déclenché, l'essence était beaucoup moins chère que ce qu'elle est
04:21aujourd'hui.
04:21La situation est pire aujourd'hui ?
04:22Le gazole aussi, et la situation est pire.
04:25Donc, moi, je n'encourage certainement pas la violence.
04:28Je pense qu'il faut que l'ordre public craigne simplement ce que je veux dire à nos compatriotes qui
04:34sont exaspérés.
04:35C'est un, je comprends leur colère, mais le moment, justement, de la grande explication, elle vient.
04:40Il faut être un peu patient, c'est dans huit mois.
04:43Et là, il faudra renverser la table.
04:45Et moi, je veux proposer précisément un projet de rupture.
04:48Vous entendez leur colère, mais du coup, est-ce que vous leur dites manifester, si bon vous semble, ou patienter,
04:56prenez votre mal en patience, mon projet arrive ?
05:00Non, mais la manifestation, c'est un droit constitutionnellement garanti, à condition qu'elle se passe tranquillement.
05:07Et moi, ce que j'ai craint, j'ai été ministre de l'Intérieur.
05:09A chaque fois, je craignais des infiltrations, de black blocs, de mouvements très radicaux, ultra-gauche, ultra-droite, etc.
05:18Mais moi, ce que je veux leur dire, c'est que je suis, moi, j'habite, je suis un rural.
05:24Chez moi, on a besoin de la voiture pour aller faire les courses, pour chercher les enfants à l'école,
05:29pour se déplacer.
05:30Sans voiture, il n'y a pas de liberté.
05:32Sans voiture, on ne peut pas aller travailler.
05:33Donc, je sais ce qu'éprouvent, notamment les ruraux, parce qu'on n'a pas à notre disposition les moyens,
05:40par exemple, de transport en commun.
05:42Donc, je comprends parfaitement.
05:44Et encore une fois, au fond de la colère française, il y a une question du pouvoir d'achat.
05:50Vous savez, désormais, le niveau de vie des Français est inférieur au niveau de vie des Européens.
05:55Donc, il y a eu... C'est terrible. On a appauvri les Français.
05:58Alors, vos mesures, justement, Brune Retailleau. Vos mesures.
06:01D'ailleurs, juste un mot sur la forme. J'ai écouté attentivement votre discours aujourd'hui.
06:05Vous avez très peu parlé de pouvoir d'achat. Vous n'avez quasiment pas parlé de l'essence. Pourquoi ?
06:10Est-ce qu'il n'y a pas un décalage ?
06:12Non, parce que ce n'était pas un discours programmatique.
06:15J'en ai parlé il y a bien longtemps, du pouvoir d'achat.
06:17Je n'ai pas besoin d'y revenir sans cesse, simplement.
06:19Mais il se passe quelque chose en ce moment ?
06:21Bien sûr qu'il se passe quelque chose.
06:22Mais je veux dire qu'on n'y répondra pas par les vieilles formules.
06:26On n'y répondra pas non plus en faisant des chèques en bois.
06:30Ça, c'est terminé.
06:31Parce qu'on est en train d'être étranglé par la dette.
06:34Vous vous rendez compte que le seul paiement des intérêts de la dette va nous coûter dans deux ans 100
06:40milliards d'euros.
06:41Toute la recette de ce que ramène l'impôt sur le revenu sera dévorée seulement par le paiement des intérêts
06:47de la dette.
06:47C'est le même premier poste de dépense de l'État.
06:50Vous, vous avez une baguette magique.
06:51Aujourd'hui, vous faites quoi sur les prix de l'essence ?
06:54Ce que je fais sur les prix de l'essence, c'est que je supprime un impôt qui n'a
06:59jamais été voté, qui s'appelle les CEE, les Certificats d'économie d'énergie.
07:05Et cet impôt-là, il taxe à milliards, par exemple, l'électricité.
07:09Or, on veut demain électrifier les usages.
07:12Et là, c'est incroyable.
07:13Le gouvernement dit qu'il faut électrifier les usages, acheter des voitures électriques.
07:17Et les achats de véhicules électriques ont bondi le mois dernier.
07:21Et en même temps, on taxe l'électricité.
07:25C'est complètement dingue.
07:26Donc, je veux rendre cet argent aux Français.
07:28Et je veux faire en sorte que les Français qui utilisent leur voiture pour aller travailler,
07:33eh bien, ils puissent déduire de leurs impôts, justement, une part beaucoup plus grande de cette somme qu'ils dépensent.
07:41Très concrètement, ce que je veux, c'est déverrouiller le barème qui vous permet de déduire les frais kilométriques,
07:47parce qu'il a été gelé depuis trois ans.
07:49Ça, vous voyez, rien que ça, c'est l'équivalent de plusieurs pleins rendus aux Français qui travaillent, qui payent
07:56des impôts tous les ans.
07:57Donc, ça, c'est un réajustement de ce barème et ça soulagerait les Français immédiatement ?
08:03Ça soulagera les Français.
08:04Ce qui soulagera les Français, c'est de faire disparaître cet impôt qui s'appelle les certificats d'économie d
08:10'énergie et qui frappe.
08:11C'est la part qui frappe l'électricité que je veux voir disparaître.
08:15C'est quasiment 2 milliards d'euros qu'on restitue, plus, justement, ce dégel, si j'ose dire, pour les
08:22kilomètres, pour pouvoir les déduire.
08:24Mais moi, le cœur de mon projet, c'est d'encourager le travail, pas l'assistanat.
08:29Mme Le Pen, pardon, elle veut encourager l'assistanat.
08:32Sur l'essence, Mme Le Pen, elle dit qu'il faut baisser la TVA.
08:35Jean-Luc Mélenchon dit qu'il faut bloquer les prix.
08:37Non ? À ces deux mesures ?
08:39C'est 15 milliards. On ne peut plus.
08:42Malheureusement, les gouvernements précédents, M. Macron, demandent qu'il va nous laisser 3600 milliards de dettes.
08:48Et votre mesure, elle coûte combien ? Le réajustement du barème, ça ne coûte pas d'argent ?
08:52Ma mesure coûte très, très peu d'argent, très, très peu d'argent.
08:55Combien ?
08:56Puisque, écoutez, 2 milliards sur les certificats d'énergie, ça ne coûte rien, ça ne revient pas à l'État,
09:03puisque c'est redistribué.
09:05Un exemple d'une mauvaise redistribution, EDF subventionne l'achat de véhicules chinois, de BYD, grâce, justement, à ce certificat
09:15d'énergie.
09:16Parce que ce certificat d'énergie ne va pas à l'État, il va dans des grandes entreprises pour encourager
09:21des actions.
09:22Mais on marche sur la tête, vous me comprenez ?
09:25En revanche, ce que moi, je veux, ce n'est pas seulement par l'essence qu'on va améliorer.
09:29Sur le travail, sur le salaire, par exemple.
09:31C'est le salaire, c'est le salaire.
09:33Les Français gagnent mieux leur vie.
09:34Je vais leur restituer, en plus, 2 mois de salaire de plus.
09:38Il suffira, 2 mois.
09:40Je m'y prends comment ?
09:42D'abord, je ne mens pas aux Français.
09:43Et je leur dis, si on veut gagner plus, il faut travailler un petit peu plus.
09:48Si on accepte de travailler seulement 30 minutes de plus par jour.
09:5230 minutes, ça n'a jamais fait mourir personne.
09:5530 minutes de travail, on annulera les cotisations sociales pour l'entreprise, mais aussi pour le salarié.
10:02Et à partir d'un certain seuil, ça fait l'équivalent de quasiment 2 mois de plus.
10:08Par exemple, pour un salaire médian.
10:10Le salaire médian, c'est un peu plus de 2000 euros.
10:13C'est l'équivalent de 3500 euros net dans une année.
10:17Personne d'autre que moi ne fait cette proposition.
10:20Oui, mais comment vous l'appliquez ?
10:22Typiquement, vous demanderez à un bureau de tabac de fermer une demi-heure plus tard.
10:25Et à moi, Alice Darfeuil, de prendre l'antenne une demi-heure de plus.
10:28Dans une entreprise.
10:30Est-ce que c'est vraiment applicable dans le monde dans lequel on vibre une retraite ?
10:32Mais bien sûr.
10:33Mais évidemment, vous vous rendez compte qu'au moment où on se parle, il y a d'un côté le
10:36chômage qui est en train de galoper.
10:38Mais il y a de l'autre côté des entreprises qui ne parviennent pas à recruter.
10:42Donc l'idée principale, elle est de faire en sorte qu'à partir d'un certain seuil, j'évalue à
10:4836 heures par semaine, à partir de ce seuil-là, ce sera zéro cotisation sociale.
10:54Ça vaut pour l'entreprise qui récupère.
10:56Et là, on baisse le coût du travail.
10:57Et ça, c'est bon pour le chômage.
10:59Et c'est aussi zéro cotisation comme zéro impôt pour le salarié.
11:04C'est tout bénef.
11:05C'est pratiquement deux mois de plus.
11:07Sur le décrochage économique de la France...
11:09Attendez, juste un mot.
11:10Oui.
11:11Moi, je ne me contente pas de faire ça.
11:14Vous faites aussi des économies.
11:15Non, mais ce qui handicape les salariés, c'est le travail qui ne paie pas.
11:19Je finance d'ailleurs toutes ces mesures avec une mesure très simple.
11:23Je veux plafonner à 70% du SMIC les aides sociales que les uns ou les autres peuvent recevoir.
11:29Moi, j'estime que le revenu du travail doit toujours être supérieur de 30% au revenu de l'assistanat.
11:35C'est pour moi fondamental.
11:37Ensuite, ce que je fais, c'est que les dépenses contraintes, je vais les diminuer.
11:41Dans les dépenses contraintes, il y a deux choses.
11:44L'énergie. On parlait à l'instant de l'essence.
11:46Moi, je veux diminuer de deux mois la facture d'électricité, l'équivalent du paiement de deux mois d'une
11:52facture d'électricité des Français.
11:54C'est très important parce que les prix d'énergie ont flambé. Comment vous faites ?
11:58Je le fais, par exemple, en faisant en sorte qu'on arrête de subventionner les énergies renouvelables.
12:05Pourquoi ? Je ne suis pas contre les énergies renouvelables.
12:08Mais on les subventionne alors que désormais, ce sont des technologies qui sont parvenues à maturité.
12:14Et on produit trop d'électricité en France.
12:16Si bien qu'on en exporte et on exporte de l'électricité à un prix beaucoup, beaucoup plus faible que
12:23ce que l'on produit.
12:24Ça sert à quoi de subventionner ?
12:25Quand on a fini les subventions pour les énergies renouvelables, est-ce que c'est vraiment dans l'air du
12:29temps, ça ?
12:29Mais ce qui est dans l'air du temps, c'est d'avoir une énergie abondante, décarbonée et bon marché,
12:34grâce au nucléaire.
12:35Est-ce que vous savez qu'on est le pays au monde grâce au nucléaire, qui avons l'électricité la
12:41plus décarbonée ?
12:4295% de notre électricité est décarbonée.
12:46Malheureusement, une certaine idéologie a voulu fragiliser.
12:50D'ailleurs, Emmanuel Macron, son gouvernement avec Hubert Philippe, avait fermé et fait son âme.
12:54Eh bien, moi, je suis capable de restituer simplement en faisant en sorte qu'on remette les choses à l
12:59'endroit, dans le bon sens,
13:01deux mois sur la facture d'électricité.
13:03Et puis, le logement.
13:04Posez-vous une question.
13:06Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, les jeunes ne peuvent plus se loger ?
13:08Pourquoi est-ce que, souvent, ils doivent rester chez leurs parents ?
13:11Pourquoi est-ce que les jeunes couples ne veulent plus faire d'enfants ?
13:14Tout simplement parce qu'il manque des mètres carrés.
13:16Ils n'ont plus les moyens.
13:17Pourquoi ils n'ont plus les moyens ?
13:19Parce qu'on tape sur le logement.
13:21Vous n'imaginez pas le nombre de normes entre le ZAN, le DPE, la loi Syrie.
13:26Le nombre de normes qui pèsent sur le logement.
13:28Et le logement, il y a quelques années, quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir,
13:33on mettait sur le marché, tous les ans, 420 000, 430 000 logements.
13:37Aujourd'hui, 270 000.
13:39On a créé une rareté.
13:41Et ce qui est rare est cher.
13:42Eh bien, moi, par exemple, sur le DPE, on gardera le DPE comme un indicateur, une sorte de thermomètre,
13:48pour que quand vous achetez un appartement ou une maison, vous sachiez si c'est bien isolé ou pas.
13:54Mais on restituera sur le marché des centaines de milliers de logements qui ont été retirés.
14:00Parce qu'aujourd'hui, toutes ces normes, elles ont fait en sorte qu'on crée une pénurie.
14:05Et la pénurie de logements, c'est des loyers qui sont très chers, c'est des coûts d'acquisition qui
14:09sont très chers.
14:10Voilà. Donc, moins de factures en matière d'énergie.
14:13Ça, c'est pour le pouvoir d'achat.
14:14Sur la baisse des dépenses publiques, Bruno Retailleau, concrètement, vous, où vous allez chercher l'argent ?
14:21La mesure la plus rapporteuse.
14:22Je vais d'abord chercher l'argent dans la dépense sociale.
14:28Voilà. C'est, primo, j'ai dit, le compte social unique, c'est cette idée de plafonner à 70%
14:34la totalité des aides sociales qu'un individu peut recevoir.
14:38Moi, j'estime que c'est profondément injuste que quelqu'un qui se lève tôt, qui part, qui gagne juste
14:46le SMIC, qui doit payer, par exemple, la crèche, une garderie pour son enfant,
14:50qui doit payer le plein d'essence, lui va gagner le SMIC.
14:54Et qu'à côté, il y a des gens qui vont gagner 2400 euros net avec deux enfants sans avoir
14:59besoin, justement, de les faire garder, sans avoir besoin de remplir le plein d'essence.
15:03Donc, on plafonne à 70%, notamment du SMIC, justement, la totalité de ces aides sociales.
15:09Ce que je fais, c'est que je fais une réforme des retraites.
15:13La retraite, c'est un quart de la dépense publique.
15:16Donc, toutes celles et ceux, Marine Le Pen et les autres, qui veulent même diminuer l'âge de la retraite,
15:21il ne faut pas être un savant mathématicien pour voir que ça conduit le pays dans le mur.
15:26Moi, quand je suis né...
15:27Vous êtes pour la retraite par capitalisation ?
15:29Je suis pour sauver d'abord le régime par répartition.
15:32Vous êtes d'accord qu'il faut travailler plus ?
15:34Je suis bien sûr qu'il faut des...
15:35On manque en France, justement, de travail.
15:39Et c'est pour ça qu'on s'appauvrit.
15:41Je n'ai vu nulle part dans l'histoire, nulle part au monde, un pays s'est enrichi en travaillant
15:47toujours moins.
15:48La gauche nous a vendu un boniment.
15:49J'ai parlé tout à l'heure des bonimenteurs.
15:51La gauche nous a dit, travaillez moins et vous vivrez mieux.
15:55Et on s'appauvrit.
15:56Aujourd'hui...
15:56Mais la droite ne se mouille pas sur l'âge de départ.
16:01Edouard Philippe ne veut pas dire, ne veut pas donner le chiffre.
16:03Vous, est-ce que vous seriez capable de dire aux Français qui nous regardent ?
16:07Eh bien oui.
16:08Comme nos voisins espagnols, comme nos voisins italiens, il va falloir se préparer à travailler jusqu'à 66 ans, voire
16:1467 ans.
16:15Vous pourriez le dire ?
16:16Je dis aux Français, d'abord aux jeunes Français, aujourd'hui vous aurez une retraite de misère.
16:22C'est pour vous qu'on fera une retraite par capitalisation, puisque cette retraite par capitalisation, elle montera en puissance
16:28qu'au bout de 20 ans.
16:29Donc c'est tout de suite qu'il faut l'installer pour la nouvelle génération.
16:33Ça c'est absolument capital, parce que cette fracture intergénationnelle, je ne le veux pas.
16:37Je ne veux pas de ce combat entre les générations.
16:40Et ce que je dis aux Français, c'est que bien sûr, il faudra accepter d'augmenter l'âge de
16:47départ.
16:47J'y reviendrai, je présenterai.
16:4966, 67 ans ?
16:50Non, ce ne sera ni 66, ni 67 ans.
16:53Mais ce que je dis, c'est que, et ce sera fondamental, moi j'inscris, dans la loi c'est
16:57déjà inscrit, depuis une réforme de François Fillon, qui date de 2002-2003.
17:02J'inscrirai dans la loi, pour qu'on ne doive pas y revenir tous les ans, tous les 5 ans,
17:07un lien entre l'espérance de vie et la durée de travail.
17:12C'est normal que plus l'espérance de vie augmente, eh bien il faut à ce moment-là repousser la
17:18durée de travail.
17:18En revanche, ce sera une mesure juste.
17:21Je pense que, et j'en connais, quand vous avez des travailleurs qui sont esquintés, qui sont fatigués, la pénibilité
17:27ça existe.
17:27Et donc, je proposerai, dans cette réforme, qui sera une réforme globale, et qui va donc augmenter, effectivement, l'âge
17:34de départ, qui va avoir cette nouvelle équation, ce lien qui est un lien de bon sens.
17:39Voilà. Plus il y a d'espérance de vie, plus on accepte de travailler un peu plus tard, et avec,
17:44pour les jeunes générations, une capitalisation.
17:46En parlant de justice, sur l'immigration, vous assumez une ligne de fermeté, c'est très clair, avec notamment un
17:53durcissement des conditions d'accès à la nationalité française.
17:57Il y a cette phrase que vous avez prononcée, qui m'a interpellée, vous avez dit, on ne peut pas
18:01devenir français par hasard, en catimini.
18:05Ça veut dire quoi ?
18:05Mais vous savez, c'est ce qui passait à Mayotte. Mayotte, ça a été une submersion.
18:09Oui.
18:10Est-ce que vous êtes allée déjà à Mayotte ?
18:12Non.
18:12Non. C'était la maternité, qui était la maternité la plus, comment dirais-je, celle où il y avait le
18:19plus de femmes qui venaient pour faire naître des enfants.
18:21Pourquoi ? Parce que c'était souvent des immigrés clandestins qui venaient faire naître l'enfant, et le droit du
18:27sol permettait à l'enfant de devenir français.
18:30Ça, ça n'est pas possible. Je pense que, quand on est français...
18:33Vous avez aimé le droit du sol, Bruno Retailleau, sur l'ensemble des territoires.
18:36On l'a, on a commencé.
18:37Il y avait une particularité à Mayotte. Là, vous dites, en gros, par exemple, vous et moi, nous sommes nés
18:43par hasard en France, et nous sommes bienvenus à être français, mais pas d'autres. C'est ça ?
18:48Ce que je veux dire, c'est que je permettrai, y compris à ceux qui sont nés de parents étrangers,
18:55je leur permettrai de devenir français, à la condition d'aimer la France.
18:59Ils seront naturalisés. Ils pourront entrer de plein pied dans notre communauté nationale. Mais je ne veux pas voir des
19:06enfants. Parce que le hasard les a fait naître, leurs parents sont étrangers, et le hasard les fait naître en
19:12France, je veux un acte d'adhésion.
19:14Je veux que désormais, parce que l'assimilation...
19:16C'est du message. Moralement, ce que ça a dit, Bruno Retailleau, ça veut dire que pour certains, le hasard
19:22fait bien les choses et pas pour d'autres ?
19:24Mais quand on est né de parents français, on est français. C'est le droit français depuis toujours. Le droit
19:29du sol, vous savez pourquoi il a été implanté en France ?
19:33Parce qu'on avait besoin de combattants, de chair à canon. Vous voyez ?
19:38C'est ce qui a fait que la France a adopté le droit du sol, notamment il y a plus
19:43d'un siècle. Oui, j'accepte parfaitement de dire aujourd'hui que l'immigration n'est plus une chance.
19:48Parce qu'elle est trop nombreuse, et surtout que malheureusement, des nouveaux venus ne veulent plus épouser nos valeurs, nos
19:56mœurs.
19:56Et là, il y a un danger. Il y a un danger de fracture.
19:59Vous assumez qu'il n'y avait aucune maladresse dans ce message ?
20:01Mais le message est réfléchi. Il est parfaitement réfléchi. Pardon si je vous choque ou si je choque la bien
20:10-pensance.
20:10Non, non, je m'interrogeais sur le raisonnement.
20:11Mais je veux réduire l'immigration. Je veux réduire l'immigration légale, l'immigration illégale.
20:17On a en France un risque.
20:17Et vous voulez la suppression du droit du sol sur l'ensemble du territoire ?
20:21Absolument. On a commencé. Bien sûr que c'est applicable. Comme d'autres pays le font.
20:26Parce qu'Améliote, pour le coup, il a été considérablement durci, mais pas supprimé.
20:29Non, il a été un peu durci. Voilà. Il faut désormais, pour des gens qui sont clandestins, illégaux,
20:35il faut désormais, pour que l'enfant puisse devenir français, on réclame une année pour que les parents ne soient
20:41pas clandestins,
20:42mais qu'ils aient un titre légal, qu'ils soient venus légalement. C'est rien du tout. Voilà.
20:47Simplement, on n'est plus aujourd'hui, dans les temps qui viennent, pour des demi-solutions.
20:54La Russie, ça ne marche plus. Et ce que je vais proposer pour l'élection présidentielle, c'est une rupture.
20:58Il faut renverser la table. On renversera la table. Et je le dis aux Français, eux qui trouvent qu'il
21:03y a trop d'immigration en France,
21:06c'est eux, demain, qui vont choisir. C'est pas la cour de justice de je ne sais où. C
21:11'est les Français.
21:11Le peuple français, je soumettrai. Aujourd'hui, c'est interdit. Le référendum est aujourd'hui interdit sur cette question migratoire.
21:18Il est aussi interdit sur la justice pénale. Eh bien, demain, je modifierai la Constitution pour que ce soit les
21:26Françaises,
21:26les Français eux-mêmes qui votent et qui déterminent la politique migratoire qu'ils souhaitent.
21:31C'est l'une de vos propositions phares. Et en matière d'immigration, finalement, il y a très peu de
21:37différences entre vous et le Rassemblement national.
21:39Demain, Marine Le Pen va faire sa rentrée à Hénin-Beaumont. On rentrait un peu chahutée au Rassemblement national.
21:44On rapporte régulièrement des tensions entre elle et Jordane Bardella depuis qu'elle a décidé d'être candidate à la
21:51présidence.
21:51Je vous ai levé les yeux au ciel. Ça se voit pour vous ? C'est une évidence ?
21:55Le Rassemblement national nous a offert une rentrée époustouflante. C'était un feu d'artifice entre le cafouillage sur l
22:03'Ukraine, le cafouillage sur les retraites,
22:06le cafouillage aussi sur beaucoup d'autres sujets. Regardez l'acte de soumission de Jordane Bardella à Londres.
22:14J'ai dit tout à l'heure devant les jeunes LR réunis que je n'en revenais pas parce que
22:18c'était jadis le parti qui se réclamait de Jeanne d'Arc.
22:21Et qui se vend aux Anglais. C'est quand même pas banal. J'ai même parlé de regroupement familial.
22:25Vous lui diriez de quitter le Rassemblement national ?
22:27Je lui dis de prendre garde parce qu'il y a une tendance. Le RN est un parti très particulier.
22:35C'est un peu une boutique familiale.
22:37Le regroupement familial, ça commence avec la nièce qui arrive dans le premier cercle du pouvoir.
22:43Vous faites référence au retour de Marion Maréchal.
22:46Oui, mais ce que je veux dire, c'est que, plus profondément, c'est que le RN est un mouvement...
22:51Non, mais je parle de ça parce que, pour le coup, vous n'avez pas votre langue dans votre poche
22:53quand il s'agit du RN, vous dites quoi ?
22:56Que Marion Maréchal va prendre la place de Jordane Bardella ?
22:58Non, je vais vous dire, je m'en fiche. Je vais vous dire, je m'en fiche à tel point
23:01que ce qui m'importe, moi, pour les Français, c'est de leur dire que faites attention quand vous allez
23:08accorder votre confiance.
23:10Voilà des gens qui vous promettent plus de pouvoir d'achat. Et pourtant, Marine Le Pen, elle est pour l
23:15'assistanat. Elle a voté contre la réforme de l'assurance chômage.
23:19Quant au Sénat, nous avions voulu les 15 heures de contrepartie au RSA parce qu'une aide sociale, ça n
23:26'est pas un dû. Elle a voté contre. Elle est pour l'assistanat.
23:28On ne peut pas avoir un pays, on ne peut pas avoir un pays qui reste dans l'assistanat, qui
23:33est en train de ruiner la France et une candidate qui dit qu'à la fois elle veut faire des
23:38économies et rendre du pouvoir d'achat.
23:39Non, le pouvoir d'achat, c'est valoriser le travail. Et aujourd'hui, pourquoi il y a...
23:43Mais qu'est-ce que vous dites aux électeurs du RN qui sont précisément un peu déboussolés en ce moment
23:47de voir ces deux lignes au sein du parti sur des sujets importants ? Vous leur dites quoi ?
23:52Je leur dis que c'est la neuvième fois qu'un bulletin de vote à la présidentielle portera le nom
23:58de Le Pen.
23:59Pour la neuvième fois, ce sont les mêmes promesses et ce sera le même échec.
24:02Mais elle est en tête dans tous les sondages.
24:04Elle est très loin.
24:05Elle est en tête aujourd'hui. On est à 8 mois. Mais simplement, il faut faire confiance à des gens
24:10sérieux, pas à des amateurs.
24:13Moi, je ne dis pas, par exemple, qu'il faut baisser l'âge de la retraite pour que les retraités
24:17vivent mieux, pour que demain, nos jeunes aient une vraie retraite.
24:21Ça, c'est du mensonge. C'est de la démagogie. Je ne dis pas non plus qu'en réalité, il
24:26faut favoriser l'assistanat.
24:28Parce que si on favorise l'assistanat, il n'y aura pas de gens pour travailler et du coup, il
24:32fera faire venir des immigrés d'ailleurs.
24:34Alors justement, là-dessus, Jordan Bardella, lui, il est libéral. Il est beaucoup plus libéral. Il assume un discours de
24:40droite entrepreneuriale.
24:41Il le dit.
24:42Il est pour l'union des droites. Il a été reçu plusieurs fois par Niscola Sarkozy qui aurait même dit
24:47qu'il lui fait penser au RPR à l'époque de Chirac.
24:50Est-ce qu'il n'est pas en train de devenir, au fur et à mesure, un candidat crédible de
24:56droite, Jordan Bardella ?
24:57Il faut oublier Jordan Bardella. C'est Marine Le Pen qui sera candidate. La patronne, c'est Marine Le Pen.
25:03Voilà. Et il est en train de la prendre à ses dépens.
25:06Il a fait un rêve.
25:07Il a commencé la politique comme vous. Vous lui dites, Jordan, prends garde, prends ton envol.
25:14Rien à faire. Mais rien à faire. Vous n'imaginez pas ce que moi, je veux. Mais on est en
25:19train de parler en individualisant, en personnalisant, avec telle ou telle personnalité, les questions politiques.
25:26Mais parce qu'il y a des électeurs derrière ce parti aussi. Et vous allez peut-être avoir besoin d
25:31'eux pour élargir votre sort.
25:32Les Français voient que la France est en train de tomber. Voilà. Ce que moi, je veux dire aux Français,
25:36c'est que je mets sur la table une rupture comme aucun autre ne l'a fait.
25:41La preuve de cette rupture, c'est que je vais modifier la Constitution pour leur rendre la parole. Je vais
25:46la modifier pour pouvoir contredire.
25:47Ils pourront contredire les jurisprudences folles parfois du Conseil constitutionnel. Voilà.
25:52Ça, c'est une rupture. Et cette réforme-là, elle est la condition de toutes les autres. Je veux, moi,
25:58être en réalité le candidat du bon sens et de la rupture.
26:02Je veux que le travail paye.
26:03Deux dernières questions là-dessus. Sur vos engagements, Bruno Retailleau, quelles promesses ? Parce que c'est important de savoir
26:07si votre parole est fiable, si elle compte.
26:09Vous avez été deux ans place Beauvau, ministre de l'Intérieur.
26:12Un an.
26:13Un an et plus qu'un an. Un an et 20 mois.
26:16Quelques jours.
26:17Oui. Un an et 20 jours, j'ai regardé.
26:19J'en suis parti parce que j'étais en profond désaccord avec Emmanuel Macron et avec le gouvernement.
26:23Alors ça, vous ne cessez de le dire. Mais du coup, moi, je me demandais, mais comment ça s'est
26:27passé quand il était place Beauvau ?
26:28Il y avait des enlètes tous les trois jours avec le président ?
26:31C'était fréquent.
26:32Oui, vraiment ?
26:32L'Algérie, l'immigration, il y a eu beaucoup beaucoup. La Corse, bien sûr.
26:37Non, mais sincèrement, maintenant, vous pouvez le dire, il y a eu des coups de sang ?
26:40Non, il n'y a jamais de coup de sang. Non, non, il n'y a pas eu de coup
26:41de sang. Mais j'avais une ligne et je n'en ai jamais quitté.
26:45Vous avez posé une question...
26:47Vos promesses à l'époque qui ont été tenues aujourd'hui ?
26:48Attendez, vous m'avez posé une question. Vous avez dit qu'est-ce qui peut montrer aux Français que ce
26:53que vous dites aujourd'hui, vos promesses aujourd'hui, vous tiendrez demain ?
26:57Ce que je dis, moi, à ces Français, c'est qu'ils peuvent remonter à 10 ans, à 20 ans,
27:01à 30 ans.
27:03Certains de vos confrères l'ont fait cette semaine pour voir mes déclarations sur l'immigration, sur le travail, sur
27:08autre chose.
27:09Ce que je disais il y a 20 ans ou il y a 30 ans, je le dis toujours. Je
27:13n'ai jamais changé avant, je ne changerai pas après.
27:16Je suis sincère. On peut être pour ou contre mes options politiques, mes convictions. Mais j'ai une constante, j
27:24'ai une cohérence.
27:24Et le problème avec Emmanuel Macron, c'est le « en même temps ». Le « en même temps »
27:28a mis la France par terre.
27:30Et moi, je veux la relever. Mais je la relèverai, pas tout seul, avec les Français.
27:34C'est pour ça que je vais leur redonner le pouvoir de choisir pour que l'État, qui est totalement
27:39impuissant aujourd'hui,
27:40on a un État tellement impuissant qui se venge sur les Français, par la bureaucratie, en étant tracassier au jour
27:46le jour, sur les mers, je ne cesse pas de rencontrer,
27:48sur les agricultures, sur les chefs d'entreprise. C'est plus possible.
27:52Dernière question, oui ou non, s'il vous plaît, Bruno Retailleau.
27:55Édouard Philippe a réitéré son appel aujourd'hui en disant « il faut qu'on se retrouve à la Toussaint
27:59pour évoquer l'union,
28:01les conditions d'un rassemblement entre la droite et le centre », en disant « attention, il n'est pas
28:06question de dire l'un se désiste ou l'autre »,
28:08mais il s'agit de discuter et d'évoquer la suite. C'est comme ça. Ce sont les mots qu
28:12'il employe aujourd'hui. C'est oui, c'est non.
28:15Une fois pour toutes, je ne suis pas centriste. Je n'appartiens pas au bloc central.
28:21Gabriel Attal appartient au bloc central. Édouard Philippe aussi. Ce sont deux anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron
28:27qui discutent entre eux. Ça ne me concerne pas.
28:31C'est non, donc ?
28:32C'est donc non.
28:34Merci Bruno Retailleau. Merci pour cet entretien.
28:37Merci à vous.
28:39Voilà donc pour cet entretien réalisé évidemment avec toutes les équipes de BFM TV sur le terrain, là où faisait
28:45sa rentrée.
28:47Donc Bruno Retailleau, nous sommes allés à lui. Thierry Arnaud, bonsoir.
28:49Bonsoir Alice.
28:50On va en parler dans un instant avec un premier invité politique, un représentant du Rassemblement national, Thomas Ménager,
28:57que Bruno Retailleau cible à plusieurs reprises. Mais d'abord un mot avec vous global sur cet entretien. Est-ce
29:03que vous en retenez ?
29:04On en retient l'affirmation d'une ligne politique claire, à droite. On reste sur sa fin. En tout cas
29:10c'est mon cas.
29:11En revanche, sur les solutions concrètes que propose Bruno Retailleau. Lorsque vous l'interrogez, lorsque vous le poussez un peu
29:19dans son retranchement sur les retraites,
29:20sur l'âge de la retraite, il pousse la balle un peu plus loin en disant je présenterai mon plan
29:25mais ce n'est pas tout de suite.
29:26Lorsque vous lui posez la question de savoir pourquoi il ne s'exprime pas davantage ces dernières heures et ces
29:31derniers jours sur le pouvoir d'achat,
29:33sur le prix de l'essence. Il dit j'en ai parlé depuis longtemps mais aujourd'hui ce n'est
29:36pas vraiment mon sujet.
29:37Alors après il déroule un certain nombre de propositions qu'il vous fait. Mais ce qui me surprend un peu
29:43dans ses choix
29:44et dans le choix de se donner encore davantage de temps avant de faire des propositions précises et détaillées,
29:50c'est qu'il y a l'urgence de mon point de vue pour la candidature de Bruno Retailleau. Aujourd
29:55'hui il est à 6 à 8% dans les sondages.
29:57Au moment où on se parle, il n'a aucune chance d'être qualifié pour le deuxième taux.
30:05On ne voit même pas très bien comment il maintient sa candidature jusqu'au bout.
30:10Donc s'il veut élargir l'espace qu'il occupe, et on voit bien que c'est compliqué parce qu
30:14'il est à la fois,
30:15si j'ose dire, un peu à gauche du Front National et un peu à droite d'Edouard Philippe,
30:19et il essaye de pousser des deux côtés, pour l'instant manifestement, encore une fois si on en croit les
30:24sondages,
30:25sans véritablement réussir à élargir cet espace.
30:29Comment peut-il élargir cet espace sinon qu'en faisant des propositions très précises, très détaillées,
30:36et en s'engageant concrètement ?
30:39Et enfin, dernière remarque, sur la dernière question, précisément pour toutes ces raisons-là,
30:43quand il dit « c'est pas mon sujet de participer à cette réunion avec Edouard Philippe, à l'appel
30:49Edouard Philippe »,
30:50moi je pense que c'est complètement son sujet, parce qu'encore une fois, il faut que ces gens-là
30:54arrivent à se mettre d'accord,
30:55et on comprend bien qu'à un moment donné, soit il va jusqu'au bout de la logique consistant à
31:02dire
31:02« j'accepte le risque d'un deuxième tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon »,
31:08ou bien, si je considère que pour le pays, il faut l'écarter,
31:11et à ce moment-là, il est dans l'obligation d'aller discuter avec Gabriel Attal et Edouard Philippe.
31:16Sur le Rassemblement National, et on fera réagir Thomas Ménager, qu'est-ce que vous retenez de plus fort ?
31:21Deux axes ?
31:21Deux choses. Sur ce qu'est le parti aujourd'hui, c'est une entreprise familiale qui porte le nom de
31:28Le Pen,
31:29c'est la raison pour laquelle Jordan Bardella se retrouve dans cette situation inconfortable aujourd'hui.
31:35Sur le fond, beaucoup de critiques, qu'il résume en un mot, amateur.
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