- il y a 2 mois
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Les français ont bien compris qu'il va falloir trouver des économies pour boucler le prochain budget.
00:05Le débat commencera en octobre et qu'il n'y aura pas de recette miracle.
00:09Il y en a certains qui vont devoir payer plus qu'avant.
00:13Ça, ils l'ont bien compris et ils constatent dans le même temps,
00:16et ça a été au cœur du forum BFMTV hier soir,
00:19que le prix de l'essence n'a jamais été aussi haut.
00:22On rappelle les chiffres quand même, 2,090 euros le litre du sans-plomb 95.
00:26C'est un record et le prix du gazole reste très élevé.
00:31Là, on est d'accord que ça, ça peut encore augmenter.
00:35Il y a encore une possibilité que le prix de l'essence augmente.
00:37Oui, alors ça ne dépend pas franchement de la France, si vous voyez.
00:41Non, du contexte géopolitique, ça, je pense que tout le monde l'a compris.
00:43De toute façon, l'inflation est à 2,5% à peu près sur 12 mois.
00:48Les prévisionnistes imaginent qu'elle va augmenter,
00:51peut-être moins que dans d'autres pays européens,
00:53mais elle va continuer à augmenter.
00:55Et on va avoir un problème de pouvoir d'achat qu'on a déjà.
00:58L'inflation, en fait, est en train de renier sur le pouvoir d'achat
01:00parce que les revenus, en particulier les salaires,
01:02ne s'ajustent pas à la même vitesse.
01:04Et donc, quand l'inflation augmente,
01:06effectivement, dans un premier temps, il y a des pertes de pouvoir d'achat
01:08et qui se constatent d'ailleurs dans les chiffres.
01:10Donc, les difficultés de pouvoir d'achat,
01:12ce n'est pas simplement un sentiment de perte de pouvoir d'achat.
01:15Il y a une vraie difficulté, clairement.
01:17Les aides du gouvernement ont été prolongées
01:18pour les secteurs les plus impactés.
01:20et le dispositif grand rouleur pérennisé,
01:23ça, c'est pour les ménages les plus modestes.
01:26Vous, au pouvoir,
01:27quelles mesures vous mettriez en place aujourd'hui
01:29pour faire en sorte que les Français
01:31ne paient pas plus cher leur essence ?
01:33Jad Zab.
01:33Écoutez, nous, avec Gabriel Attal,
01:35nous défendions l'idée de revaloriser
01:36l'indemnité kilométrique, justement,
01:38pour que les gens qui roulent le plus
01:39soient beaucoup plus compensés.
01:41Et ensuite, on se retrouve aussi dans l'idée, déjà,
01:43de prolonger les aides pour celles et ceux
01:45qui en ont le plus besoin,
01:46ceux qui roulent le plus,
01:46les entreprises qui en ont le plus besoin.
01:48Et ça sera sans doute inclus
01:49dans le projet de loi de finances.
01:50Ça, c'est à court terme.
01:51Donc, vous faites comme le gouvernement actuel ?
01:52Non, je vous ai expliqué
01:53qu'on aurait revalorisé l'indemnité kilométrique.
01:55C'est un dispositif qui aurait été peut-être plus précis,
01:59justement, plus on roule, plus on est aidé.
02:00Mais nous, ce qu'on dit, c'est premièrement,
02:02déjà, qu'il faut aider ceux qui en ont le plus besoin.
02:04Et je veux juste dire
02:04que des deux côtés de l'échiquier politique,
02:06tout ce qui nous est vendu ne fonctionne pas.
02:08La France Insoumise,
02:09et je laisserai évidemment Mme Obono réagir dans un instant,
02:12dit, en gros, nous, on veut bloquer les prix.
02:14La question du blocage des prix,
02:15ça a été testé en Hongrie,
02:17ça n'a pas marché, ça a produit des pénuries.
02:18Et le Rassemblement National nous dit,
02:20nous, on veut baisser la TVA de 20 à 5,5.
02:22En réalité, ce n'est pas ciblé,
02:24ce n'est pas efficace.
02:25Mme Mélanie a essayé à l'arrêter
02:27parce que ça ne marchait pas.
02:28Et surtout, ça coûte entre 10 et 15 milliards d'euros.
02:31Donc là-dessus, il faut évidemment aider
02:32dans le court terme ceux qui ont le plus besoin.
02:34Mais la question du long terme,
02:36qui rejoint d'ailleurs le débat qu'on avait
02:37sur Poutine et la Russie tout à l'heure,
02:39c'est comment on fait pour garantir notre indépendance.
02:41Et donc, nous nous disons,
02:42on a un mix énergétique,
02:43le nucléaire et les énergies renouvelables.
02:46Et là encore,
02:47et la France Insoumise et le Rassemblement National.
02:49Les uns n'aimant pas le nucléaire,
02:50les autres n'aimant pas le nucléaire.
02:54Les uns n'aimant pas le nucléaire,
02:55les uns n'aimant pas les renouvelables.
02:56Ils nous placent dans une situation de dépendance,
02:59soit de la presse du gaz russe,
03:00soit du choléra du pétrole américain.
03:03Je vous remercie madame le professeur,
03:05ça a un rapport.
03:05En réalité, le prix de l'essence...
03:08Je laisse énerver tout seul.
03:09Mais non, parce que vous n'êtes pas là
03:10en train de dire que ça a aucun rapport.
03:11Si, l'augmentation, elle vient d'où ?
03:12Elle vient du détroit d'Hormuz.
03:14Elle vient de la situation internationale.
03:15Donc, ça montre bien que les Français
03:17payent le prix de la décision
03:18d'un chef d'État étranger.
03:20Et donc, si on veut se sortir de ça,
03:21il faut que nous soyons souverains,
03:23autonomes, indépendants énergétiquement.
03:25Donc oui, ça a tout un rapport.
03:26Vous pouvez mettre autant d'éoliennes
03:27que vous voulez.
03:28Voilà, merci.
03:29Répondez-vous.
03:31Merci beaucoup.
03:32Vous pouvez mettre autant d'éoliennes
03:34que vous voulez.
03:35Ça ne va rien résoudre
03:35à la situation d'aujourd'hui.
03:37Je vous ai dit à moyen de...
03:38Le problème, s'il vous plaît,
03:39monsieur l'élève,
03:40le problème de la fiscalité...
03:41Oh non, attendez pas.
03:42On peut continuer comme ça.
03:43Non, mais...
03:43Le problème de la fiscalité,
03:45il est global en France.
03:46On a une fiscalité sur le carburant
03:48qui est très élevée,
03:49mais c'est la fiscalité en France
03:50de manière générale,
03:52puisqu'on est sur le podium de l'OCDE
03:53avec une fiscalité au plus haut.
03:56Et les recettes qui sont données,
03:57c'est vrai,
03:58par le Rassemblement national
03:59et par la gauche,
04:00c'est de toute façon
04:01de monter encore cette fiscalité,
04:03c'est-à-dire d'aller toujours plus loin
04:04dans ce qu'on fait déjà mal.
04:06C'est-à-dire une dépense publique
04:08qui est très importante
04:09et une fiscalité qui est très importante.
04:12Et c'est pour ça qu'en fait,
04:13on ne peut pas s'en sortir.
04:14Je voudrais juste dire une chose.
04:15Tout le monde dit
04:16que M. Lemaire a ruiné le pays,
04:17que M. Macron a ruiné le pays
04:19parce qu'avec le quoi qu'il en coûte.
04:20Mais rappelons-nous
04:21qu'il y a eu des aides
04:22qui ont été données,
04:24justement pour les carburants notamment
04:25et les chèques énergie.
04:27Et là, les mêmes qui disent
04:28qu'on est ultra endettés
04:30voudraient plus d'aide aujourd'hui
04:31pour les automobilistes,
04:33si vous voulez,
04:34qui sont en difficulté.
04:35Et tout ceci est très compliqué,
04:37mais c'est un problème de fond.
04:38Pour pouvoir baisser la fiscalité
04:40de manière générale,
04:41il faut baisser la dépense publique,
04:43il faut baisser les dépenses
04:45qui sont liées aux retraites
04:46et à la santé.
04:47Et tant qu'on ne touchera pas à ça,
04:49on ne s'en sortira pas
04:51lorsqu'on sera obligé
04:52de surtaxer tout,
04:52y compris le carburant.
04:54Sur les prix de l'essence,
04:55très concrètement,
04:56vous faites quoi,
04:56Daniel Obono ?
04:57Blocage des prix et taxes
04:59sur les super profits.
05:00Tout simplement dans l'immédiat.
05:03Mais permettez-moi quand même
05:04de rebondir parce que je pense
05:06que nous avons un rôle
05:07dans la géopolitique internationale
05:09et nous devrions justement
05:11ne pas avoir le droit international
05:13à géométrie variable
05:14et intervenir quand,
05:16par exemple,
05:17comme c'est le cas,
05:18M. Trump déclenche
05:20avec son allié M. Netanyahou
05:22le problème du blocus
05:24et la raison pour laquelle
05:25effectivement la situation
05:27est telle qu'elle est.
05:27Mais ce que je veux dire,
05:28c'est que si ça a un impact,
05:29retrouver une voie,
05:30une créabilité au niveau international,
05:32créer des alliances
05:32et des coalitions
05:34permettrait de faire en sorte
05:35qu'il n'y ait pas
05:36cette escalade multilatérale.
05:38Deuxièmement,
05:39nous nous pensons
05:42qu'il faut bloquer les prix.
05:44Il y a eu des formes
05:44de blocage différentes
05:46dans différents pays
05:46et pas uniquement la Hongrie.
05:48Mais ce que nous pointons,
05:49c'est le fait que
05:51depuis le lancement
05:54de la guerre en Ukraine,
05:55notamment,
05:56les pétroliers
05:57ont quadruplé
05:59leurs profits
06:01grâce à cette situation
06:02de crise.
06:03Et c'est exactement
06:04la même chose
06:04qui se passe depuis
06:05le début de la guerre
06:07en Iran.
06:08Et donc, oui,
06:09il y a une partie
06:10du secteur de l'énergie,
06:13les pétroliers en tous les cas
06:14et Total Energy en particulier,
06:16qui se gavent
06:18de super profits.
06:19On estime à 12 millions
06:20par jour
06:21de super profits
06:22depuis le début
06:24du conflit.
06:25Et donc, oui,
06:25nous considérons
06:25que ces secteurs-là
06:27qui profitent encore
06:28très largement
06:30de la situation
06:32devraient faire un effort.
06:33Et c'est pour ça
06:34que nous,
06:34quand nous proposons
06:35le blocage des prix,
06:36nous parlons d'intervenir
06:37au niveau des marges.
06:38Et ça,
06:39ça ne coûte rien
06:40au trésor public.
06:41Concrètement,
06:42le blocage des prix.
06:43On a beaucoup
06:44remis en cause
06:45notre proposition
06:46et c'est doublé,
06:47oui,
06:48par une taxe,
06:48là aussi,
06:49sur les super profits
06:50en considérant
06:51que ce n'est pas
06:52aux Français
06:53et aux Françaises
06:53qui tirent déjà la langue
06:55de supporter,
06:56que ce soit
06:57au niveau du carburant
06:59ou que ce soit
06:59par la dégradation
07:00de leur service public.
07:01C'est vrai que là,
07:02on est en désaccord.
07:02Daniel Bonneau,
07:03vous pouvez nous écouter,
07:04s'il vous plaît.
07:04Je vous pose une question.
07:05Le blocage des prix.
07:06Oui, je vous ai répondu.
07:07Concrètement,
07:07vous le faites comment,
07:08le blocage des prix ?
07:09On détermine
07:10que les prix
07:12ne doivent pas
07:12aller plus haut
07:13qu'à un niveau.
07:15On pourrait revenir,
07:16nous nous avions proposé
07:17de revenir à leur niveau
07:18d'avant le début
07:19de la guerre en Ukraine.
07:21On l'avait fait,
07:22par exemple,
07:22pendant le Covid,
07:24en bloquant les prix
07:25des gels hydroalcooliques,
07:27par exemple.
07:28Donc ça se fait.
07:28C'est une mesure
07:30qui est faite.
07:31Dans les pays
07:31où ça a été fait,
07:32ça a produit des pénuries.
07:34Non, non, non,
07:34c'est une mesure
07:34dans un pays comme la France.
07:36Une pénurie,
07:37moins d'offres,
07:39et donc ça fait
07:39augmenter les prix.
07:40Absolument pas.
07:41Ça, c'est les exemples
07:41internationaux où ça a été fait.
07:42L'exemple français
07:44du blocage des prix.
07:45Oui, mais je vous parle
07:46d'un pays que vous connaissez
07:48qui est la France.
07:49Ça a été fait
07:50pendant le Covid.
07:51Ça a été fait,
07:52y compris dans une situation
07:53où il y avait,
07:54pour le coup,
07:55une pénurie
07:55d'un certain nombre
07:56de produits.
07:57C'est fait en Outre-mer.
07:58C'est la France.
08:00Et ça permet
08:01de réguler justement
08:02l'augmentation des prix
08:03dans des territoires
08:03où la vie est déjà
08:04très très chère.
08:05Donc ce n'est pas vrai.
08:06C'est un choix politique
08:07et il faut l'assumer.
08:09Nous, nous l'assumons.
08:09Bertrand Martineau,
08:10là-dessus, c'est faisable.
08:11Je rappelle que
08:12si le prix de l'essence augmente,
08:14ce n'est pas parce qu'il y a
08:15des gens qui se gavent,
08:16c'est simplement parce que
08:17le prix du pétrole augmente
08:18parce que les volumes
08:19sont diminués.
08:19Donc quand le volume,
08:20à cause du pétrole d'Ormousse,
08:21quand le volume diminue,
08:22les prix augmentent.
08:23Maintenant, bloquer les prix
08:24dans un système de marché,
08:25ça mène à des pénuries.
08:27Et d'ailleurs,
08:27c'est la même chose au passage
08:29sur quand vous bloquez
08:30le prix du logement,
08:30vous réduisez la pénurie,
08:32l'offre de logement
08:32et vous avez plus de gens
08:34qui me sont mal logés.
08:34C'est comme ça.
08:35Ça a toujours été comme ça partout.
08:37Je peux vous rappeler quand même
08:37que ce qui s'est passé
08:39au début de la guerre en Irland,
08:40c'est que ce n'était pas
08:41un problème de pénurie.
08:42C'est que Total avait acheté
08:43des stocks bien en avant
08:45et a choisi de faire monter les prix.
08:47Donc ça n'a rien à voir
08:48avec le fait qu'il manquait
08:49puisque les stocks
08:49étaient déjà faits avant.
08:51Donc ce n'est pas le blocage.
08:55La forte augmentation
08:56que les gens ont senti
08:57dans leur chair,
08:58c'était...
08:59Si Total achète des stocks,
09:00c'est bien parce qu'ils savent
09:01que les quantités
09:02vont être réduites.
09:03Non, non, non.
09:04Mais ils n'achètent pas
09:04des stocks pour rien.
09:05C'est de la spéculation.
09:07Ça s'appelle de la spéculation.
09:08Quelle est la différence
09:09entre blocage des prix
09:10et plafonnement des prix ?
09:11Ce que fait Total actuellement ?
09:13Pourquoi ça ne peut pas
09:13être fait partout ?
09:15Quelle est la différence
09:15entre les deux ?
09:16Je ne sais pas.
09:17Je ne comprends pas
09:18cette histoire
09:19de blocage des prix.
09:20Je ne vois même pas
09:20comment ça pourrait marcher.
09:21La seule chose dont je suis dit,
09:22c'est que ça...
09:22Je vous invite à lire
09:23la note de l'Institut La Boétie
09:24qui explique très bien
09:25comment...
09:25Oui, c'est sûr.
09:25Moi, je suis l'Institut Montaigne,
09:26Montaigne-La Boétie.
09:27On peut dialoguer aussi.
09:29On ne peut pas mépriser
09:31les rétations intellectuelles
09:31Je ne méprise rien du tout.
09:32Je dis juste que
09:33dans une économie de marché,
09:34quand vous bloquez les prix,
09:35vous faites une pénurie d'offres.
09:36C'est comme ça.
09:37Et ça marche aussi
09:38sur les logements.
09:38C'est la même chose
09:39que le plafonnement
09:40que fait Total aujourd'hui.
09:42C'est à peu près
09:44le même principe.
09:44Mais vous voyez que Total
09:45est en capacité de le faire.
09:46La question, c'est que
09:47c'est eux ce qui décident
09:49et nous nous considérons
09:50que ça doit être l'État
09:51qui le décide à un niveau.
09:53Donc, ils ont les marges, en fait.
09:54La question, c'est
09:55qu'ils ont les marges.
09:56Et ça, je vous assure
09:57qu'à bloquer les prix
09:58au niveau que nous proposons
09:59ne ferait pas tarir
10:01les richesses de Total.
10:03On parle aujourd'hui
10:04de profits qui sont faits
10:06de milliards et de milliards
10:08depuis ces dernières années.
10:11Mais Madame,
10:12ces prix sont fixés
10:13au niveau international.
10:14international, on peut le regretter.
10:15Je le regrette,
10:16la France n'est pas producteur
10:17de pétrole.
10:17Bon, on a d'autres avantages.
10:18C'est le nucléaire
10:19que certains gouvernements
10:20ont voulu massacrer.
10:21Bon, mais qu'est-ce que vous voulez ?
10:23Les voitures,
10:23elles fonctionnent encore à essence.
10:24Aujourd'hui, elles ne fonctionnent pas
10:25au nucléaire.
10:26Enfin, elles ne fonctionnent pas
10:26toutes à l'électricité.
10:27Ni à l'éolienne.
10:28Et encore moins à l'éolienne,
10:29effectivement.
10:30Bon, donc, c'est comme ça.
10:31C'est malheureux.
10:32C'est dramatique.
10:33La France subit une hausse.
10:35Et d'une manière ou d'une autre,
10:36d'une manière ou d'une autre,
10:37c'est toujours les Français
10:38qui paieront de toute façon
10:40parce qu'on ne produit pas de pétrole.
10:41C'était déjà comme ça
10:42dans les années 70.
10:44À l'époque,
10:45on parlait de la facture pétrolière.
10:47Eh bien, c'est les Français
10:47qui ont payé durement
10:49les chocs pétroliers
10:50dans les années 70.
10:50Alors, autre solution.
10:51Michel-Edouard Leclerc
10:52qui dit aujourd'hui,
10:53je pense qu'on est dans les eaux maximales
10:55sur les prix du carburant.
10:56Il dit, je pense qu'il y a un seuil
10:58où les pouvoirs publics
10:59seront obligés,
11:00si ça durait,
11:01si c'était trop fort,
11:02de diminuer un peu
11:03la taxation des carburants,
11:05est-ce que la fiscalité
11:07est un des leviers
11:08qu'il reste
11:09pour faire en sorte
11:10que ces prix baissent ?
11:12Évidemment.
11:13Et puis, ça tombe bien
11:13comme l'État est à l'aise financièrement
11:16et que les déficits sont très faibles.
11:17On a beaucoup de marge de manœuvre
11:18pour baisser l'État.
11:18Non, plus sérieusement.
11:19Donc, si on vous écoute,
11:21on se dit, ok,
11:22je suis condamné
11:23à payer mon essence à ce prix-là.
11:25Il n'y a rien à faire.
11:26Écoutez, ce n'est pas nous
11:27qui fixons le prix de l'essence.
11:29Donc, ce qu'on peut faire,
11:30effectivement,
11:30c'est de faire des transferts.
11:31C'est-à-dire qu'on peut baisser des taxes,
11:32augmenter des taxes,
11:33comme vous voulez.
11:33Mais, in fine,
11:34c'est toujours les Français
11:35qui vont payer.
11:35Par exemple,
11:36vous pouvez baisser, effectivement,
11:37les taxes sur les carburants
11:38et puis augmenter d'autres taxes.
11:40Mais c'est toujours
11:40les Français qui paieront.
11:41Sur la fiscalité,
11:42il faut juste se rappeler une chose.
11:43C'est vrai qu'on entendait.
11:44Allez-y, Victor,
11:44on ne vous a pas du tout entendu.
11:45Non, mais très rapidement,
11:46c'est là qu'on voit aussi...
11:47C'est intéressant.
11:48Je ne crois pas que c'est intéressant,
11:50je vais faire vite.
11:51Attention, attention.
11:53Non, mais c'est là qu'on voit aussi,
11:54pardonnez-moi,
11:55mais les limites
11:56d'un État-providence
11:57qui gère mal ses finances,
11:59c'est-à-dire que
11:59quand il n'y a pas de problème,
12:00quand il n'y a pas de crise extérieure,
12:02on peut faire de la dette,
12:04on peut avoir des finances
12:05qui ne roulent pas,
12:06qui ne tournent pas,
12:07on ne sentira pas le chèque.
12:08Mais le jour où il y a
12:09une crise extérieure
12:10et où on se rend compte
12:10que l'État n'a plus
12:11aucune marge de manœuvre,
12:12que ce soit pour baisser les taxes,
12:13c'est-à-dire avoir moins de revenus,
12:15ou que ce soit pour augmenter les aides,
12:17c'est-à-dire sortir l'agent
12:18de l'autre côté,
12:19là on se rend compte
12:20que l'État-providence
12:21n'arrive pas à fournir les aides
12:22lorsqu'il y a des crises,
12:23parce qu'elle en fournit trop
12:24lorsqu'il n'y en a pas.
12:26Moi je pense que c'est là
12:26où aussi on peut remettre en cause
12:28un peu philosophiquement
12:29notre façon de gérer
12:30l'argent des Français,
12:32c'est-à-dire en donner moins
12:33lorsqu'il n'y en a pas besoin
12:34en temps d'absence de crise,
12:36en temps de paix,
12:37et pouvoir sortir le chèque
12:38lorsqu'il le faut,
12:39en temps de guerre
12:40ou en temps de disette,
12:41c'est-à-dire maintenant.
12:43Thierry ?
12:43Je voulais juste rappeler très vite
12:44que la dernière fois,
12:45à ma connaissance,
12:46qu'un gouvernement de gauche
12:47a bloqué les prix,
12:49il a bloqué les prix
12:50et les salaires.
12:51C'était le gouvernement socialiste
12:53de Pierre Moroy
12:53sous François Mitterrand
12:54au début des années 80
12:55et il était parvenu
12:56à la conclusion
12:57que si on bloquait les prix
12:58mais on augmentait les salaires,
13:00on allait planter les entreprises
13:01puisque verser des salaires
13:05plus importants
13:05alors que les prix n'augmentent pas
13:06donc les recettes
13:07des entreprises diminuaient,
13:09ça allait mettre,
13:10envoyer l'économie dans le mur.
13:11Donc je me permets juste
13:13de faire ce petit rappel
13:13en passant la dernière fois
13:14que le gouvernement de gauche
13:16a bloqué les prix
13:16mais qu'on a une autre vision économique.
13:18Il a bloqué les prix
13:18et les salaires.
13:19Vous voulez plafonner les prix
13:20et mettre une taxe
13:22sur les super profits.
13:22Mais vous avez entendu
13:23ce que disait la semaine dernière
13:25Patrick Pouyanné,
13:25le PDG de Total.
13:26Il dit
13:26si on nous impose
13:28une taxe supplémentaire,
13:29plus jamais de plafonnement des prix.
13:31Non mais écoutez,
13:32franchement,
13:33la question c'est
13:33soit on dit que
13:34faire de la politique
13:35c'est être en capacité
13:36d'agir sur le monde,
13:37soit on dit
13:37bon, laissons la main visible
13:38du marché d'ailleurs
13:39qui fait du bien
13:40à tout le monde
13:40dans la main visible
13:41en ce moment justement
13:42et puis rentrons chez nous.
13:44Mais à quoi on sert
13:45politiquement
13:46si c'est pour acter
13:47le fait que
13:48c'est comme ça
13:48et il se passe ce qui se passe.
13:50Oui, mais on ne peut pas
13:50vendre du rêve non plus.
13:50Donc non en fait.
13:51Il faut regarder le monde
13:52tel qu'il est réellement.
13:52En plus, le monde tel qu'il est,
13:54encore une fois,
13:55ce sont par exemple
13:56Total Energy
13:57qui n'a jamais fait
13:58autant de profits.
14:00Donc M. Pouyanné,
14:01même avec un blocage des prix,
14:02il continuera à en faire du profit.
14:04On pourrait se poser
14:05y compris la question
14:06de ce niveau de profit
14:08quand c'est la crise.
14:09Vous avez raison,
14:10la politique ça sera ça
14:11mais il y a la question
14:12de la faisabilité,
14:13Daniel O'Bonneau.
14:14Oui, mais la faisabilité
14:15encore une fois,
14:15c'est dans la loi.
14:17Oui, mais non,
14:18c'est dans la loi.
14:18Mais par ailleurs,
14:19je pense que tout cela
14:20doit s'inscrire
14:21dans une politique globale
14:24de re-répartition des richesses
14:26parce que je ne suis pas d'accord
14:26avec votre constat
14:28considérant qu'on aurait trop donné
14:29en période d'abondance
14:31et que maintenant,
14:32comme c'est la disette,
14:32il faut donner moins.
14:33Ça fait combien de temps
14:34qu'elle dure la disette
14:34pour des millions de gens
14:35dans ce pays ?
14:36Ce n'était pas les 5 dernières années.
14:37Ce n'était pas les 10 dernières années.
14:39Je ne vous dis pas
14:39qu'on a trop donné.
14:40Ce sont les 40 dernières années
14:41où on réexplique
14:42année après année,
14:43budget après budget.
14:45Je vais juste terminer là-dessus.
14:46Non, non, non.
14:46Je vais juste terminer là-dessus.
14:48La crise,
14:48elle est permanente
14:49depuis 40 ans.
14:50Et depuis 40 ans,
14:51on dit aux gens
14:52qu'il faut faire des économies
14:55sur le soi-disant
14:56État de Providence
14:57et la réalité,
14:58ce ne sont pas des économies
14:59qui sont faites,
14:59c'est la gabegie.
15:00Ça fait 40 ans
15:00que l'État de Providence
15:01tourne à plein régime.
15:02Si les gens sont pauvres,
15:03c'est la destruction.
15:03Excusez-moi,
15:04la crise,
15:05elle n'a pas commencé maintenant.
15:06La crise,
15:06les gens,
15:06ils la sentent
15:07depuis des générations.
15:08On n'a pas coupé
15:08les aides de l'État
15:08depuis 40 ans.
15:09Arrêtez,
15:10on les augmente
15:10les investissements.
15:11Si, si, si.
15:11On est champion du monde.
15:15On est le pays
15:16le plus généreux.
15:17On est champion du monde
15:18de la dépense publique.
15:20Quand en Allemagne,
15:21il y a 11% de fonctionnaires,
15:23en France,
15:24il y en a 22%.
15:25Pour un service public
15:26qui ne fonctionne pas.
15:28Donc arrêter de penser
15:29qu'il faut donner
15:30toujours plus,
15:31ça ne sert à rien.
15:32Ce qu'il faut,
15:33c'est donner mieux
15:33et réorganiser l'État.
15:35Mais tant que vous
15:35ferez croire aux Français
15:36qui peuvent travailler
15:37moins longtemps,
15:38alors qu'ils vivent
15:39plus longtemps,
15:40alors que la moyenne
15:41européenne de la retraite
15:42c'est 65 ans,
15:43et que vous leur expliquez
15:44que nous en France,
15:45on aurait une recette miracle
15:46pour partir à 60 ans,
15:48et que tout le monde
15:48va mettre à 67 ans,
15:50tant que vous mentirez
15:51aux Français
15:51en leur expliquant
15:52qu'on ne peut pas
15:53continuer comme avant
15:54à dépenser toujours autant,
15:56à essayer de toujours
15:57travailler moins,
15:58les 35 heures,
15:59la retraite à 60 ans,
16:01tant que vous direz
16:01ces mensonges,
16:02la France ira dans le mur.
16:04Donc maintenant,
16:05il faut avoir
16:05un discours de vérité,
16:06et c'est pour ça
16:07qu'on a cette difficulté
16:08aujourd'hui.
16:08Pourquoi on n'a
16:09aucune réserve ?
16:10Pourquoi on n'a
16:10aucune économie ?
16:11Parce qu'on a dépensé
16:12sans compter.
16:12Mais vous ne reconnaissez pas
16:14la France insoumise
16:15qui est au pouvoir
16:15depuis 10 ans ?
16:16Parce que vous parlez
16:17comme si c'est nous
16:17qui avions la capacité
16:20de pouvoir faire
16:21ce programme de dépenses.
16:21Je pense que la gauche
16:22a fait quand même
16:23beaucoup de mal à la France.
16:23On parle de 10 ans
16:24de macronisme,
16:25donc ne mettez pas
16:26sur notre dos
16:26la responsabilité
16:27de la situation.
16:28Parce que ceux
16:28qui sont responsables
16:30de la situation,
16:30c'est ceux qui ont
16:31exactement le même discours
16:32que vous.
16:32Il faut être courageux
16:34en expliquant
16:35qu'il faut faire
16:36des sacrifices.
16:36Comme je le dis,
16:37ça ne date pas
16:38de M. Macron par ailleurs.
16:39Ça fait 40 ans
16:40qu'on dit ça aux Français
16:41et aux Françaises
16:41qui dans leur grande majorité
16:44subissent des politiques
16:45qui parlent de eux.
16:48Excusez-moi,
16:49mais pour les 10 millions
16:50de pauvres de ce pays,
16:51c'est un sacrifice
16:52à l'heure.
16:53Je vous dis qu'ils sont pauvres
16:54parce que les finances
16:55de l'État sont mal gérées.
16:55Je ne peux pas les expliquer mieux.
16:56Sur la manière
16:57dont les finances
16:58de l'État sont gérées.
16:59Il suffit que M. Macron
16:59est au pouvoir.