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  • il y a 46 minutes
Avec William Thay, Président du think tank “Le Millénaire” et et Nicolas Corato, Président fondateur du think tank Place de la République



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##LE_DEBAT_DE_LA_SEMAINE-2026-09-13##

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News
Transcription
00:01Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10h, Jean-François Ackilly.
00:07Il est 9h11, c'est l'heure du débat du dimanche avec nos deux champions, William Thay, bonjour.
00:14Bonjour.
00:15Président du Think Tank, cercle de réflexion, le millénaire, et face à vous, Nicolas Corato, bonjour.
00:22Bonjour.
00:23Président fondateur du Think Tank, Place de la République, vous êtes fondateur, vous aussi, co-fondateur, William Thay.
00:29Le millénaire versus Place de la République sur les sujets du jour, celui qui nous a motivés au 0826-300
00:35-300.
00:36Les appels ce matin de celles et ceux qui nous écoutent, c'était autour de la rentrée politique de Marine
00:41Le Pen et ses propos sur le budget.
00:44Nous allons évoquer également ce que dit Roland Lescure dans Le Parisien Dimanche.
00:48Messieurs, je voulais d'abord vous faire réagir à Willy Schren, le président de la Fédération Nationale des Chasseurs,
00:55qui était notre invité politique ce matin, quand il dit de Sandrine Rousseau, qui avait appelé à s'opposer physiquement
01:03aux chasseurs,
01:04qu'elle est folle et qu'il y a un risque de dérapage sur le terrain.
01:08Qu'en pensez-vous Nicolas Corato ?
01:09Je trouve ça lamentable, parce que si le débat part à ce niveau-là, c'est-à-dire des attaques
01:16à dominem,
01:17sur la psychologie des uns et des autres, on va y perdre beaucoup sur le fond.
01:21Alors après que Mme Rousseau sur la forme déplaise à certains, on peut le comprendre, sur le fond aussi,
01:29mais ce n'est pas comme ça qu'on lui répond.
01:31Je pense qu'il faut être un peu à la hauteur, surtout quand on est un responsable qui engage des
01:37gens,
01:37les chasseurs qui sont censés être des gens responsables.
01:41On ne les appelle pas, on ne met pas devant leur fusil une femme en disant qu'elle est folle.
01:47Ce n'est pas comme ça qu'on se parle dans une société apaisée, dans une démocratie.
01:53Il faut qu'on se parle un peu mieux, quoi.
01:54William Thé ?
01:55Que le président de la Fédération nationale des chasseurs réponde comme ça, je ne sais pas si c'est très
02:02habile.
02:02Par contre, ça montre aussi l'état d'esprit du débat.
02:06Ça veut dire que lorsque vous avez quelqu'un qui a une position radicale, forcément vous radicalisez.
02:11Le débat est votre contradicteur.
02:13Vous voulez dire que c'est la réponse du berger à la bergère ?
02:16Je pense, parce que quand vous avez quelqu'un qui dit qu'il faut s'opposer physiquement aux chasseurs,
02:19c'est qu'elle a introduit quand même un point.
02:21Et donc, certes, il a mal répondu, mais en même temps, le propos initial n'était pas top top.
02:25Mais quand vous rentrez précisément dans le débat, on voit bien que ce que c'est,
02:28et qu'il y a un deux poids deux mesures.
02:30Lorsque vous vous situez d'un côté, vous avez une sorte de présomption légitime
02:35que c'est le camp du bien et que tout va bien.
02:37Ça veut dire que les écologistes peuvent s'opposer physiquement,
02:39ils peuvent foutre le bordel lors des manifestations,
02:42ils peuvent saccager les séquences agricoles,
02:45ils peuvent aller s'opposer physiquement aux agriculteurs, aux chasseurs.
02:48Et dans le même temps, lorsque le camp d'en face souhaite répondre,
02:51forcément ce sont des criminels, des nazis, il faudrait les enfermer tous en prison.
02:54C'est ça où il y a un deux poids deux mesures, il faut aller défendre des gens.
02:57Et c'est là où ce n'est pas normal qu'un certain camp ait le droit de s'opposer
03:01physiquement
03:02et l'autre n'ait pas le droit de répondre verbalement.
03:04C'est quand même ça la différence.
03:04Je ne me sens pas du tout visé, mais il n'y a pas de camp qui aurait plus de
03:08droits que d'autres.
03:09On est dans une société de légalité des droits.
03:11Il y a un droit manifesté qui est un droit constitutionnel
03:14qui s'exerce en respectant l'ordre public.
03:15C'est valable pour tout le monde.
03:16C'est valable pour les chasseurs et leurs fusils.
03:18C'est valable pour les écolos et leurs fleurs.
03:21Et si ces gens-là pouvaient se parler un peu plus dignement
03:25et un peu plus intellectuellement parlant de manière normale,
03:31ça ferait du bien à tout le monde.
03:32Là-dessus, William Thé, pour finir, on va parler de Marine Le Pen,
03:36mais c'est connexe.
03:38Débat identitaire, a dit Willy Schrein, c'est très audible,
03:41ce qu'il dit.
03:41Une présidentielle identitaire, pour lui, l'identité française est menacée.
03:45C'est ce qu'il nous a dit.
03:46En fait, la question qui va être posée, c'est qu'est-ce qu'on veut faire du pays ?
03:50Certes, on a des débats qui sont économiques et concrets et matériels.
03:53Il y a aussi un débat qui est posé sur quel est le choix de société qu'on veut.
03:57Est-ce qu'on veut une société ?
03:59Ou en fait, c'est ce qu'appelle Mélenchon avec son projet Nouvelle France,
04:02et je pense qu'il a bien placé le débat.
04:04Et avec, est-ce qu'on souhaite garder un certain art de vie à la française ?
04:07Est-ce qu'on souhaite garder nos traditions ?
04:09Ou est-ce qu'on considère que ce qui constitue la France éternelle est morte,
04:14et qu'elle est appelée à disparaître, et qu'on doit déconstruire ou démolir ?
04:17C'est comme ce qu'appelle Sandrine Rousseau.
04:18Et moi, je pense que beaucoup de Français, s'ils votent comme actuellement le prévoient les sondages d'opinion,
04:23c'est qu'en fait, ils considèrent que ce qui a fait le succès de la France,
04:27ce qui a fait le rayonnement de la France, est en train de disparaître,
04:31et que c'est en train d'être ravagé, saccagé ou déconstruit.
04:34Nicolas Corato, identitaire le débat, comme le dit Willy Schren.
04:37Déjà viser l'identité, c'est orienter le débat.
04:41Parce que moi, je conteste même cette idée d'identité.
04:44La France, ce n'est pas une identité, la France, c'est un projet, une nation, c'est un projet.
04:48William Thay parle toujours de la France au passé.
04:50La France d'hier, la France éternelle, avec un regret et beaucoup de nostalgie dans la voie.
04:57Je pense que ce qui intéresse les Français, ceux qui nous écoutent,
04:59c'est la France d'aujourd'hui, surtout la France de demain,
05:01celle qu'on est en train de construire.
05:02Donc le sujet, ce n'est pas de savoir si on va revenir aux Trente Glorieuses,
05:06aux Concordes et aux TGV des années 80.
05:09Le sujet, c'est le TGV de demain, le Concorde de demain, et surtout les Français de demain.
05:13Et donc ça, à partir du moment où on focalise sur l'identité, on ne s'en sort pas.
05:17Parce que le problème, ce n'est pas de savoir qui on est, mais c'est ce qu'on veut
05:19faire ensemble.
05:20Et William Thay, puisqu'on parle de la France d'aujourd'hui,
05:23il y a la rentrée de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont,
05:26la candidate du RN qui dit, je préfère un budget même imparfait,
05:30le budget qui arrive, qui va être une sacrée empoignade, j'imagine,
05:33plutôt qu'une loi spéciale.
05:35Loi spéciale, de façon très ramassée, très courte,
05:38c'est on prend le budget d'avant, on le reconduit, on attend la suite.
05:41Elle a raison ou pas ?
05:42Oui, elle a raison, non pas sur le fond, parce que je pense qu'il y a deux questions.
05:47La première question, c'est est-ce que les budgets qu'on adopte depuis 2024 sont bons ?
05:50Non, ils sont mauvais, et ils ne correspondent pas à la situation du pays.
05:53La preuve, c'est que l'endettement continue, le déficit s'aggrave.
05:56On cherche 30 milliards, là ?
05:57À chaque fois, c'est toujours pareil, chaque année, on cherche 30, 40 milliards,
06:00mais le déficit ne se réduit jamais, donc forcément, il y a un petit problème quelque part.
06:03Et que, finalement, les investisseurs sont de plus en plus inquiets sur la stabilité
06:06et sur la crédibilité de la France et sa solvabilité.
06:09Moi, je pense que, dessus, en fait, ce qu'elle essaie de se dire,
06:12c'est de se dire, bon, il vaut mieux faire adopter un budget pour assurer les investisseurs
06:15et pour, sur le plan politique, rassurer, en fait, l'électorat modéré
06:18qui pourrait être voté pour elle au 12e tour.
06:20Mais ça, c'est une opération politique.
06:22Sur le fond, je pense que le problème, c'est qu'en fait,
06:24quand vous faites passer aux Français, que vous êtes capables d'accepter des budgets
06:27qui sont de plus en plus mauvais,
06:29et bien, en fait, on réduit la volonté de la France de réduire ses déficits publics,
06:33d'avoir une politique économique qui soit, j'espère, plus ambitieuse
06:37et qui permette, finalement, de copier nos voisins européens.
06:39Encore, regarde, on a beaucoup plus de déficits que nos voisins européens.
06:42Notre croissance est plus molle.
06:43Nos indicateurs de taux d'emploi sont beaucoup plus mauvais.
06:45Et finalement, on ne permet pas d'adopter les réformes structurelles
06:48qui permettraient de sauver le pays.
06:50Et je pense que c'est ça dont la France a besoin.
06:52C'est ça, le dévrai des étapes débat de l'élection présidentielle.
06:55Nicolas Corato, vous vous rappelez la Belgique ?
06:57Pas de gouvernement, ça tournait tout seul.
06:59Eh bien oui, mais c'était la Belgique.
07:01Nous, c'est la France.
07:02Et ça ne tourne pas tout seul, malheureusement, puisque c'est budget.
07:04Donc, elle a raison, vous dites ?
07:05Non, elle a...
07:06C'est l'argumentaire de dire,
07:08allez, faisons un budget quand même, même si c'est dans 8 mois, etc.
07:10On fait un truc.
07:11Mais c'est pas...
07:12On ne sait pas ça qu'on attend d'elle.
07:14Elle est candidate à la présidence de la République.
07:16On attend d'elle qu'elle nous donne son projet
07:18pour relever les comptes de la nation
07:20et relancer l'économie.
07:22Il y a un plan à 125 milliards...
07:26Oui, mais elle n'en parle pas, Hénard Beaumont.
07:27Ce qu'elle nous dit à Hénard Beaumont,
07:29c'est qu'après tout, on peut se contenter de ce que fait le corps nu.
07:32C'est-à-dire, en fait, c'est intéressant.
07:34Madame Le Pen à Hénard Beaumont nous dit...
07:36Elle va nous dire.
07:37Avec moi, ce sera le corps nu un peu plus longtemps.
07:42C'est-à-dire qu'il n'y aura pas de changement.
07:43Et ça, il faut le dire aux Français.
07:45La politique économique de Madame Le Pen ou de M. Bardella,
07:49c'est le corps nu en peut-être moins bien.
07:52Mais en tout cas, ce sera la continuité,
07:54parce qu'ils sont dans la continuité,
07:56parce que le Rassemblement National est un parti d'extrême droite
07:59et que dans extrême droite, il y a droite.
08:01C'est exactement le même type de budget.
08:04William T, répondez à Nicolas.
08:07Il y a des points où parfois Nicolas exagère,
08:10mais dessus, il n'a pas complètement tort.
08:11C'est qu'on a du mal à comprendre.
08:13Et ça, je pense que c'est pour ça que Marine Le Pen fait une erreur.
08:16C'est qu'en fait, à force de se normaliser,
08:18à force de se recentrer,
08:19en fait, elle dit à peu près,
08:20on va continuer à peu près ce qui a été fait,
08:22alors que les gens votent pour elle
08:25pour incarner une forme de changement,
08:26une rupture avec le macronisme.
08:28Moi, je pense que le sujet essentiel qui est porté,
08:29notamment sur Marine Le Pen,
08:31c'est est-ce qu'elle continue le système
08:33qui a duré depuis 40 ans,
08:34qui fait qu'on dépense toujours plus,
08:36on impose toujours plus,
08:37on taxe toujours plus,
08:38et au final, c'est toujours les mêmes qui payent,
08:40ce qui est à peu près le constitution d'électorat,
08:42ce qui est à peu près la classe moyenne
08:43et qui est le tiers-État,
08:44ou est-ce qu'on change de politique économique
08:45pour faire participer davantage de personnes
08:47qui actuellement ne contribuent pas,
08:49et notamment le débat qui est posé sur elle,
08:51c'est qu'est-ce qu'elle fait sur les retraites,
08:53et je pense que ce qu'elle montre,
08:54c'est qu'elle veut continuer la politique
08:56qui est menée depuis 40 ans,
08:56qui finalement ne marche pas.
08:57Attendons les mots aujourd'hui à Hénin-Beaumont,
09:00Nicolas Corateau,
09:01je vous cite Roland Lescure dans Le Parisien ce matin,
09:05qu'est-ce que dit notre ministre de l'économie ?
09:07On n'abandonne personne,
09:09même si on ne peut pas accompagner tout le monde,
09:11ça c'est une citation,
09:13pas de baisse générale des taxes sur le carburant,
09:15comme le propose de l'ERN,
09:16ça il le certifie,
09:19et il dit,
09:20il est utile et juste que les retraites
09:21décontribuent eux aussi aux efforts collectifs,
09:23on n'en sait pas plus,
09:25il nous reste une minute 40,
09:26tous les trois,
09:28ce budget-là,
09:29ces arbitrages budgétaires qui arrivent,
09:31ils vont être sanglants en réalité.
09:33Ah bah,
09:34il devrait l'être,
09:35si on lit entre les lignes M. Lescure,
09:39qui lance 40 ans après Rocard,
09:41et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde,
09:43une phrase qui va rester célèbre j'imagine,
09:45on ne peut pas accompagner tout le monde,
09:47alors ça c'est nouveau comme projet politique,
09:48c'est-à-dire que...
09:49Il dit d'abord on n'abandonne personne,
09:50mais on ne peut pas...
09:51Et en même temps...
09:52Et en même temps on ne peut pas accompagner tout le monde,
09:54donc j'aimerais savoir qui ne sera plus accompagné,
09:57et je pense que les Français,
09:59dont certains sont en train de se regrouper de nouveau
10:02sur les ronds-points,
10:03parce que la rentrée s'annonce quand même assez chaude,
10:06on revoit quelques manifestations perlées de Gilets jaunes,
10:09vont regarder attentivement qui sont ces gens
10:11qui ne sont plus accompagnés.
10:13C'est qui ?
10:14C'est les agriculteurs ?
10:15C'est les grands rouleurs ?
10:16Qui sont ces gens que M. Lescure ne veut plus
10:19ou ne peut plus accompagner ?
10:21Ça ce serait intéressant de le savoir.
10:22Conclusion, William T également ?
10:24Moi je pense que s'il veut véritablement changer les choses,
10:27il faut qu'on arrête d'accompagner,
10:29de mettre sous perfusion des régimes,
10:32ou en tout cas des entreprises...
10:33Donc ce serait qu'il ne faut accompagner personne ?
10:35Non, non, moi je pense plutôt que...
10:35Oui, ça c'est William, c'est mieux d'accompagner personne.
10:37Moi je pense qu'il faut arrêter...
10:39Et chacun s'accompagne soi-même.
10:39Non, mais il faut arrêter de sauver des personnes
10:41qui nous constituent dans le mur depuis longtemps.
10:43Si on regarde par exemple toute la dette
10:45qu'a laissée Emmanuel Macron,
10:46à peu près 1500 milliards d'euros,
10:47une grande partie de cette dette provient du régime,
10:50enfin du déficit du régime de retraite,
10:51des fonctionnaires et des régimes spéciaux
10:52qui représentent 40 à 50 milliards d'euros par an.
10:55Est-ce que dans l'accompagnement,
10:56les Français qui sont déjà ponctionnés
10:58par les cotisations sociales, patronales, etc.,
11:00doivent continuer à payer pour des régimes
11:01qui sont déficitaires depuis plus de 40 ans ?
11:03C'est peut-être là la question
11:04ou peut-être que l'accompagnement
11:05n'est pas forcément utile.
11:06Et rendez-vous tous les deux dans une semaine
11:07pour commenter les arbitrages
11:09qui auront eu lieu d'ici là.
11:11Merci William Thé et Nicolas Coratouz.
11:13Vous êtes en forme ce matin tous les deux.
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