Passer au playerPasser au contenu principal
Candidate à la primaire socialiste et ancienne ministre, Ségolène Royal était l’invitée de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Ségolène Royal.
00:04Bonjour à vous. Bienvenue sur nos antennes.
00:06Sébastien Lecornu, vous le savez, cherche 30 milliards d'économies.
00:09Il veut mettre, pour son budget 2027, il veut mettre les retraités à contribution.
00:14Désindexation des pensions, suppression de 10% de l'abattement fiscal.
00:18Pour tout ça, pour trouver quelques milliards d'euros, cela révolte les retraités.
00:22Est-ce que vous trouvez, comme M. Lecornu, que finalement, ce n'est pas aux seuls actifs
00:26de payer le vieillissement de la population, Ségolène Royal ?
00:28Je pense que c'est une provocation à l'égard des retraités.
00:32Et c'est à se demander si ce gouvernement, ce président, ne cherche pas à semer le chaos dans le
00:37pays
00:37pour reprendre la main, je ne sais pas comment.
00:39Le chaos, carrément.
00:40Écoutez, entre le refus de baisser les taxes sur l'essence, l'agression qui est tous les jours sur les
00:47retraités,
00:48donc c'est une déstabilisation de la société, c'est finalement une incitation aussi à la révolte.
00:54Et on se demande pourquoi ce gouvernement incite ainsi à la révolte.
00:57Est-ce que c'est pour nous inventer une dissolution demain matin, une reprise en main, un état d'urgence
01:04?
01:04On ne sait pas.
01:05Mais en tout cas, ce qu'ils font n'est pas responsable.
01:09Et je lance solennellement un appel à Emmanuel Macron.
01:12Je lui dis que dans la situation actuelle, continuez les provocations.
01:17Continuez aussi avec l'inertie, c'est-à-dire provocation contre les retraités,
01:20inertie sur la baisse des taxes sur le prix de l'essence, alors que c'est possible.
01:26C'est une ancienne ministre de l'Énergie qui vous parle.
01:28C'est possible.
01:29Et en ce qui concerne les retraités, quand on leur dit « on va vous désindexer »,
01:32mais c'est déjà désindexer les retraites.
01:35Tout le monde voit bien que le coût de la vie augmente plus vite que la hausse des retraites.
01:39Donc c'est un mensonge de leur dire, de faire croire aux Français que les retraites
01:43augmentent en même temps que la hausse du coût de la vie.
01:46C'est faux.
01:47Ce n'est pas vrai.
01:48Surtout les prix de l'alimentation.
01:50Et deuxièmement, la retraite, c'est la rémunération différée d'un travail.
01:55C'est une rupture du pacte entre la nation et ceux qui ont cotisé toute leur vie ?
01:58Exactement.
01:59C'est une rupture du pacte.
02:01Et c'est une rupture du pacte entre les générations.
02:03C'est-à-dire que ce que fait ce gouvernement, en essayant de dresser les générations,
02:07les unes contre les autres...
02:10Parce que les jeunes disent que ce n'est pas à nous de payer aussi pour ce qui se passe.
02:13Mais les retraités ont payé.
02:15Ils ont cotisé.
02:16Et par ailleurs, les retraités sont les grands-parents, les arrière-grands-parents.
02:19Ils sont aussi des lieux de solidarité au sein de la famille.
02:24Ils aident leurs enfants, ils aident leurs petits-enfants.
02:26Et parfois même leurs parents.
02:27Et parfois même leurs parents.
02:28Donc quand vous déstabilisez cette génération des retraités,
02:31c'est toute la famille qui est déstabilisée.
02:33Donc c'est toute la solidarité intergénérationnelle qui est déstabilisée.
02:36Et c'est fait pour détourner la tension.
02:39Parce que pendant que vous vous frappez les retraités,
02:41vous ne dites rien sur les conséquences de la suppression de l'impôt de solidarité
02:45sur les grandes fortunes financières.
02:47C'est-à-dire que ceux qui s'enrichissent en dormant aujourd'hui
02:49sont mieux traités que ceux qui ont travaillé toute leur vie
02:52et qui ont des retraites modestes pour la plupart d'entre eux.
02:55Je rappelle que la retraite moyenne des femmes, c'est 1 200 euros.
02:59On est riche à 1 200 euros ?
03:01Il faut arrêter ça.
03:02Il faut arrêter.
03:02Mais vous savez très bien le poids que pèsent les retraites aujourd'hui
03:05dans nos dépenses sociales, c'est près de 400 milliards d'euros.
03:07Est-ce qu'il ne faut pas quand même commencer à travailler sur ce système des retraites
03:12et peut-être le modifier, faire en sorte qu'on travaille peut-être un peu plus longtemps,
03:15Ségolène Royal ?
03:16Avant de faire peur aux retraités, d'abord travailler plus longtemps à la carte.
03:20Ceux qui se sentent en bonne santé doivent pouvoir continuer.
03:24La retraite couperait.
03:26D'abord, le mot même est très choquant.
03:28Ceux qui peuvent travailler plus longtemps...
03:29Vous n'êtes pas d'accord avec le Parti Socialiste qui veut un âge fixe ?
03:31Non.
03:31Moi, je pense qu'il faut une retraite à la carte, c'est-à-dire travailler plus longtemps
03:36si on peut travailler plus longtemps.
03:38En revanche, il faut regarder du côté des recettes.
03:41Savez-vous que si les seniors qui sont actuellement au chômage étaient en activité,
03:46le système serait quasiment équilibré ?
03:48Savez-vous que si l'égalité salariale homme-femme était réalisée,
03:52alors qu'il y a souvent dans certains secteurs plus de 40% d'inégalité salariale,
03:57en moyenne, c'est 25% d'inégalité salariale entre les hommes et les femmes,
04:01ça provoquerait immédiatement l'augmentation de la cotisation.
04:05Donc, avant de frapper les retraités, de les menacer, de leur faire peur,
04:11de déstabiliser leur vie, parce que ça fait de la déprise économique,
04:15ça détruit de la valeur économique de faire peur aux retraités.
04:18Pourquoi ?
04:18Ça détruit la confiance.
04:19Ça détruit la confiance, ça fait baisser la consommation,
04:23ça fait baisser les actions de solidarité intergénération,
04:26et donc ça détruit de l'économie.
04:28Dans la situation dans laquelle on est, on n'a pas le droit de détruire de l'économie
04:32en fragilisant tous les acteurs, tous les citoyens.
04:35Les retraités, ils ne sont peut-être plus au travail, mais ils sont consommateurs.
04:39Donc, faisons attention à cette approche à la fois cruelle,
04:43il faut le dire, cruelle, irresponsable et violente,
04:47qui s'abat aujourd'hui sur les retraités.
04:49Vous parlez d'Emmanuel Macron et de son gouvernement,
04:51vous dites qu'il souhaite le chaos.
04:53Il y a la question du carburant, évidemment, au cœur de toutes les préoccupations.
04:57On n'est pas loin d'un mouvement de révolte sociale.
05:00Là, ce matin, il y a des marins-pêcheurs, des dizaines de marins-pêcheurs
05:04qui bloquent le dépôt pétrolier de fosses sur mer.
05:06Ils disent qu'on n'en peut plus, en fait.
05:08L'essence est beaucoup trop chère, le gasoil en l'occurrence.
05:12Il faut que le gouvernement fasse un geste.
05:14Pour l'instant, c'est non, parce qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses, nous dit
05:17-on.
05:17Ce qui est incompréhensible, c'est que ce geste ne soit pas fait.
05:20Il a été fait dans les pays voisins.
05:22Il a été fait en Italie, il a été fait en Espagne.
05:24Pourquoi est-ce que le gouvernement bloque ?
05:26Là aussi, je pense que c'est parce qu'il joue la carte du chaos.
05:30Et pourquoi est-ce qu'il y a une montée des violences ?
05:32C'est parce qu'il y a des faillites.
05:33Toutes les professions que vous venez de citer à l'instant sont en faillite.
05:36Donc, on a un gouvernement qui regarde, comme ça, inerte,
05:39les faillites se faire, la violence montée.
05:41Et pourquoi ?
05:42Il faut avoir une réponse.
05:44Pour quelles raisons ce gouvernement est inerte ?
05:46Une fois de plus, je répète, je pense qu'il joue le chaos.
05:49Donc, il faut faire attention.
05:50Moi, je vais dire aux gens qui ont envie de se mobiliser aujourd'hui
05:53et qui perdent de l'argent parce qu'il faut se déplacer sur les ronds-points,
05:56il faut me poser des jours de congés, etc.
05:58Je leur dis, dans huit mois, il y a une élection.
06:01Dans huit mois, il y a une élection.
06:02Et nous avons la responsabilité d'être plus responsables
06:05que ce gouvernement irresponsable.
06:07Parce que, si j'étais en responsabilité,
06:09si j'étais à la place d'Emmanuel Macron,
06:11premièrement, je supprime la taxe de 15 centimes
06:14qui a été mise subrepticement, comme ça, sur le prix de l'essence.
06:20Certificat d'économie d'énergie.
06:21On sait en plus que c'est une taxe qui est fraudée,
06:24qui est mal utilisée.
06:25Il y a une opacité sur l'utilisation de cet argent.
06:28Donc, il faut supprimer immédiatement cette taxe.
06:30Et ça ne ramène pas le prix à 1,70 comme vous le souhaitez.
06:32Mais ensuite, il y a la TVA et puis la taxe sur l'énergie,
06:36qu'on peut aussi baisser, l'ancienne TIPP.
06:40Et donc, sachant qu'en plus, il y a de la TVA sur la TIPP,
06:43c'est-à-dire que nous avons un impôt sur l'impôt.
06:45Donc, ce qu'il faut, c'est aussi négocier rapidement au niveau européen.
06:48Il faudrait aussi que l'Europe soit quand même beaucoup plus mobile
06:50quand il y a des crises, pour que l'on puisse baisser ses taxes également
06:54pour ramener et ensuite jouer.
06:56On est bloqué par ces règles européennes, vous le savez.
06:58À moitié bloquée, mais il y a toujours un espace quand on veut,
07:00vous savez, quand on veut, on peut.
07:02Et dans la mesure où tous les pays européens sont confrontés à la même situation,
07:06et pourquoi les Espagnols ont réussi à baisser leurs taxes ?
07:09Ça prouve qu'il y a quand même un espace d'action pour baisser les taxes.
07:12Je pense que le bon prix du litre d'essence,
07:15qui est déjà plus élevé que celui qui avait suscité la révolte des Gilets jaunes,
07:19c'est 1,70.
07:20Et pour arriver à 1,70, c'est possible,
07:23par la baisse des taxes, comme je viens de le dire,
07:25et par la négociation, c'est là où on a besoin de l'échelon européen aussi,
07:28par la négociation sur les marges du raffinage.
07:31Parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est un truc tout simple,
07:34c'est que quand le prix du baril augmente,
07:36le prix du ce qu'on appelle le Brent augmente,
07:37il a augmenté de 30% ce prix du baril,
07:39à cause des guerres, à cause de la spéculation en particulier sur l'essence,
07:43car dès qu'une guerre est annoncée,
07:44il y a de la spéculation sur le prix de l'essence,
07:46et ensuite les marges de raffinage,
07:49de distribution, de transport sont prises en pourcentage.
07:52Donc vous voyez, quand ça augmente de 2 euros,
07:54le pourcentage augmente,
07:55donc la marge augmente.
07:56Donc il faut bloquer cette marge
07:59pour qu'elle n'augmente pas au prorata
08:01de l'augmentation du prix du brut.
08:03Et ça, c'est possible à faire,
08:05si tous les raffineurs européens
08:06sont sommés de faire en sorte
08:09de ne plus à leur tour spéculer
08:11sur la hausse du prix de l'essence.
08:12Et là, si on fait cela,
08:13et c'est rapide, ça peut être rapide,
08:15et là c'est la volonté politique,
08:17vous voyez, c'est ça la politique,
08:18c'est d'être capable de réagir à des urgences
08:20pour ramener, je le répète,
08:21le prix de l'essence à 1,70€.
08:23De nombreux candidats,
08:24Ségolène Royal propose des baisses de taxes,
08:26notamment Marine Le Pen,
08:28elle propose une baisse des taxes sur le carburant,
08:29une TVRA à zéro sur 100 produits
08:31de première nécessité,
08:32elle fait du logement une de ses priorités,
08:34elle mène la bataille sur le pouvoir d'achat,
08:36c'est la bonne bataille à mener pour vous ?
08:38C'est une bataille, bien sûr,
08:39je la mène aussi, bien sûr.
08:40Elle a raison sur les solutions qu'elle propose ?
08:43Je ne vais pas dire qu'elle a raison,
08:44parce que je ne vais pas lui donner insatisfait.
08:46Elle n'a pas raison sur plein d'autres choses,
08:48donc je ne voudrais pas que mes propos après soient mal placés.
08:51Mais bien sûr, c'est évident.
08:55Regardez, vous voyez des retraités hier,
08:56c'était touchant d'ailleurs,
08:57ils interpellaient des ministres au pouvoir
09:02qui disaient « mais avant on était heureux en France ».
09:04Vous vous rendez compte ?
09:05Des retraités qui avaient 900 000 euros de retraite
09:08et qui disaient ça, c'était poignant d'ailleurs.
09:10Mais avant, ils ne comprenaient pas,
09:12ils disaient « mais avant on était heureux en France,
09:14mais qu'est-ce qui est en train de se passer ? »
09:16Vous voyez ? Et face à ça, je le répète,
09:18il y a un président, un gouvernement inerte.
09:20C'est inexplicable que ce gouvernement soit inerte.
09:23Donc là, il faut que le Parlement se bouge aussi.
09:25Car de quel droit est-ce que c'est un pouvoir exécutif
09:27qui décide tout seul qu'il n'y aura pas de baisse des taxes sur l'essence ?
09:31De quel droit ?
09:32Il n'y a pas de majorité au Parlement.
09:34Mais pour un sujet comme cela, comme celui-ci,
09:37c'est au-delà des clivages politiques.
09:39Il faut que le Parlement impose au gouvernement
09:42la baisse des taxes sur l'essence.
09:43Ça me paraît tellement évident.
09:45Et en plus, ça rehausserait l'image du Parlement.
09:47De quel droit est-ce qu'un pouvoir exécutif décide de ça tout seul ?
09:51C'est extravagant que la représentation nationale
09:53ne puisse pas dire son mot sur la baisse des taxes sur le prix de l'essence.
09:58C'est extravagant.
09:59C'est un dysfonctionnement démocratique invraisemblable.
10:03Alors, Ségolène Royal, vous êtes aussi candidat à la primaire de la gauche,
10:06le Parti Socialiste.
10:07Qu'est-ce que vous êtes allé faire dans cette galère ?
10:09Vous connaissez les primaires.
10:10Vous avez vécu celle de 2006 qui vous a permis d'être candidate
10:12et au second tour de l'élection présidentielle, celle de 2011.
10:15On se rappelle de votre émotion à la sortie de la primaire.
10:18Vous savez bien que c'est une machine à perdre pour vous, la primaire.
10:21Pourquoi y être allée ?
10:22Ce n'est pas facile, c'est vrai.
10:23On ne sait pas ce que ça va donner.
10:24Les éléphants, ils ne vous ont jamais fait de cadeau ?
10:26C'est vrai.
10:27Madame Royal.
10:27C'est vrai.
10:28Vous croyez qu'ils vont vous en faire, là ?
10:30Vous croyez que tout n'est pas verrouillé d'avance ?
10:32C'est possible.
10:32Que tout est déjà joué entre M. Forêt et M. Glucksmann ?
10:35C'est possible, c'est possible.
10:36Alors pourquoi ?
10:36Parce que je fais toujours confiance aux électeurs
10:38et je leur dis, venez voter.
10:40Voilà.
10:41Malheureusement, il faut payer 15 euros déductibles des revenus,
10:46mais 10 euros pour ceux qui c'est trop cher.
10:49Ça a été verrouillé, on ne serait-ce que par le prix.
10:52Ça, c'est sûr.
10:52Ce n'est pas moi qui ai mis ce prix.
10:53Je voulais que ça soit 4 euros.
10:55Maintenant, c'est là.
10:5515 euros.
10:56Et donc, c'est Raphaël Glucksmann qui a voulu ça pour verrouiller le vote.
11:02Mais je dis aux gens, ce n'est pas grave.
11:03Surmonter ça, surmonter, venez voter aux primaires.
11:07Tout le monde peut voter sur son téléphone.
11:10En plus, c'est plus facile que de se rendre dans les urnes.
11:14Il n'y a pas de dépense d'essence pour se déplacer.
11:17Et donc, venez voter, venez choisir,
11:19parce que c'est important ce qui va se passer.
11:21C'est important.
11:21Et puis, si vous voulez, par rapport à votre question,
11:24par rapport à ce que l'on vient de décrire,
11:27par rapport à ce déclin,
11:28par rapport à ce qui se passe,
11:30ce que l'on prépare pour les nouvelles générations,
11:32je considère, comme je l'ai écrit dans mon dernier livre,
11:34que la responsabilité politique,
11:36c'est de rendre un pays en meilleur état
11:38que celui qu'on a reçu.
11:39Vous vous rendez compte ?
11:40En meilleur état.
11:41On y est en meilleur état.
11:42Mais non, tout se déglingue.
11:44Et moi qui ai l'expérience du fonctionnement de l'État,
11:46je vais vous dire que je remettrai de l'ordre juste dans l'État.
11:50Et que l'État fonctionnera.
11:51Il fonctionnera de façon démocratique et collégiale.
11:54Mais il fonctionnera de façon ordonnée.
11:57Il y a des candidats socialistes comme Karim Boimran,
11:59comme d'autres,
12:00qui ont refusé de participer à cette primaire,
12:02encore une fois, à Ségolénérien.
12:03Il y a aussi François Hollande qui est en embuscade.
12:06Est-ce que tout ça n'est pas cousu de fil blanc en réalité ?
12:08Déjà, tous ceux qui ne participent pas à la primaire
12:11devraient s'abstenir de critiquer la primaire.
12:14Parce que ça devient...
12:15Vous leur dites taisez-vous ce matin.
12:16Taisez-vous.
12:17Taisez-vous.
12:17Respectez-nous.
12:18Si vous n'êtes pas dans la primaire,
12:20vous avez espéré que cette primaire n'existerait pas.
12:23Maintenant, elle existe.
12:24Donc, taisez-vous.
12:25Attendez le résultat de la primaire.
12:27Faites-vous discret et respectez-nous.
12:30Très bien.
12:30Voilà.
12:31Le message est adressé ce matin.
12:32Le message est adressé.
12:34Est-ce que, sur la ligne notamment d'Olivier Fort,
12:36vous demandez un éclaircissement sur les rapports
12:38avec la France insoumise ?
12:39Parce que, voilà, il dit,
12:40avec la France insoumise,
12:41on partage 80% de nos votes.
12:43On n'exclut pas d'accord.
12:44Les électeurs de gauche ne sont pas irréconciliables.
12:47Qu'est-ce que vous dites, vous, Ségolène Royal ?
12:48Je dis que les électeurs,
12:50ce sont eux qui maîtrisent le résultat des élections.
12:54Moi, je n'ai jamais, comment dirais-je,
12:57diabolisé ni l'ERN, ni d'autres partis politiques.
13:02Parce que les électeurs, s'ils votent dans ces partis,
13:05soit ceux qui sont critiqués, soit l'extrême droite,
13:09c'est parce qu'ils ont des raisons de le faire.
13:11Et donc, ceux qui sont aux responsabilités
13:13doivent s'interroger sur les raisons pour lesquelles,
13:15en effet, il y a ces votes.
13:18Et donc, je verrai.
13:19Moi, je n'anticipe pas.
13:20Je ne fais pas de théorie.
13:22Je ne fais pas d'accord d'appareil.
13:23Je vais voir ce qui se passe dans le vote de la primaire.
13:27À la fête de l'humanité, Ségolène Royal,
13:29tout le monde déteste les socialistes,
13:32les militants et les filles.
13:33Tout le monde déteste les socialistes.
13:34Pas tous.
13:35Pas tous les socialistes.
13:36Non, non, mais c'était les chants qu'on entendait.
13:37Oui.
13:38Ça, ça vous va, ça ?
13:40C'est pas grave.
13:42C'est pas grave.
13:42En revanche, il y a socialistes et socialistes, si vous voulez.
13:45Parce que maintenant, il y a des socialistes
13:46qui veulent faire alliance avec la droite tout de suite,
13:48avant même la fin des primaires.
13:50Ça, ça ne va pas.
13:51Mais peu importe.
13:52Je vais dire la ligne politique.
13:53Ma ligne politique, c'est d'abord,
13:55c'est à l'être émuterandienne, pardon,
13:56d'avoir recours à ces anciens temps.
13:59Mais c'est d'abord l'union de la gauche.
14:02C'est d'abord l'union...
14:03C'est d'abord l'union...
14:16Mais c'est les électeurs, prioritairement,
14:18qui doivent venir voter.
14:19C'est pour ça que les électeurs écologistes
14:22doivent aussi venir me soutenir dans cette primaire.
14:26Mais pour vous...
14:26Parce que l'alliance avec les écologistes,
14:28elle est évidente pour moi,
14:29compte tenu de mon engagement sur ce sujet-là,
14:32et d'ancienne présidente de la COP21.
14:33Donc je le dis aussi,
14:34venez, tous ceux qui ont une sensibilité,
14:36qui se retrouvent dans ce que je peux défendre,
14:39venez aux primaires,
14:40même si vous n'êtes pas socialiste.
14:41Donc vous dites que vous voulez rassembler la gauche
14:43jusqu'à atterrer les électeurs de Jean-Luc Mélenchon.
14:46Pour autant, est-ce que lui,
14:47les idées qu'il porte,
14:49ce qu'il développe à travers ses militants,
14:51il ne représente pas un danger pour la République, selon vous ?
14:53Écoutez, les partis sont représentés au Parlement.
14:58Donc les partis politiques sont représentés au Parlement.
15:02Maintenant, on peut tenir un discours idéologique politique
15:05tel que celui que vous tenez.
15:07Ce n'est pas mon discours politique, je vous l'ai dit.
15:10Moi, je respecte l'expression du suffrage universel,
15:14quels que soient les partis auxquels appartiennent les militants.
15:17Et par ailleurs, la question, c'est de savoir
15:20qu'est-ce qu'on veut pour la France de demain ?
15:22Comment est-ce qu'on redresse le pays ?
15:24Avec quelle stratégie politique ?
15:27Et surtout, avec quel mode de gouvernance ?
15:30Je pense qu'il faut un changement profond, radical,
15:34dans le mode de gouvernance.
15:35Non pas des mesures, etc., pour bousculer les champs,
15:38mais un changement radical dans la fonction,
15:40dans la forme d'exercice du pouvoir.
15:42C'est pour ça que je parle de la France paisible,
15:45de la France en paix, parce que secouer sans arrêt les gens,
15:49brutaliser, faire le bruit et la fureur, vociférer,
15:51ça n'est pas ma façon de faire de la politique.
15:54Et donc, par conséquent, il y a cette forme d'exercice du pouvoir,
15:58j'entends l'habiter pleinement,
15:59si un jour on me confie ces responsabilités-là,
16:01avec de la sobriété, avec de l'apaisement,
16:04mais avec de la radicalité sur la façon dont on peut répondre
16:09aux problèmes pour redresser la France
16:11et pour stopper ce déclin.
16:12Si je comprends bien ce que vous nous dites,
16:13c'est qu'entre RN et LFI, vous ne choisissez pas.
16:16Vous refusez de choisir.
16:18Si c'était le choix, je m'adresserai aux électeurs,
16:20à tous les électeurs, y compris les électeurs de ces deux mouvements.
16:23Non, mais si le second tour, c'est RN et LFI,
16:25vous ne choisissez pas.
16:26Le second tour de la présidentielle.
16:28Mais attendons d'y être.
16:29Vous ne m'entendrez jamais ni composer un gouvernement,
16:31comme j'entends certains, ce qui est aberrant,
16:34ni parler du second tour.
16:36Parce que, étape par étape, il faut déjà que je gagne la primaire.
16:38Vous savez, je resseme les petits cailloux, là.
16:42Et si vous la perdez, vous vous rangez derrière Olivier Faure ?
16:45Mais je verrai.
16:46Je ne vais pas anticiper.
16:47Vous savez, c'est comme un sportif de haut niveau, là.
16:50J'entame une course de fond,
16:51donc je ne vais pas m'occuper de ce qui se passe chez les autres.
16:53Je suis dans mon couloir.
16:54Et je vous donne rendez-vous à Lefortville
16:57pour la première grande réunion publique
16:59le 22 septembre de la semaine prochaine.
17:02Si Marine Le Pen était la première femme à accéder à l'Élysée,
17:05en quoi ce serait une défaite pour la féministe que vous êtes ?
17:08Ah oui, ça serait une douleur, même.
17:10Pourtant, c'est une femme.
17:12Oui, mais ça ne suffit pas.
17:13Je n'ai jamais réduit une responsable politique à son genre,
17:16si vous voulez.
17:17Et en même temps, j'aurais voulu être la première femme présidente.
17:21J'aurais pu l'être, d'ailleurs.
17:23Et c'est pour ça aussi, peut-être d'une certaine façon,
17:25que je me suis engagée là.
17:26Je me suis engagée par rapport à l'état du pays,
17:28par rapport au sujet d'actualité concernant la crise climatique,
17:31le déclin du pouvoir d'achat et les maltraitances sur les enfants.
17:34Parce que vous avez en face de vous la seule, vous m'entendez ?
17:37La seule responsable politique qui mettra fin à ce scandale.
17:41Du périscolaire.
17:42Zéro.
17:42De toutes les maltraitances, le périscolaire,
17:45de toutes les maltraitances, notamment sexuelles, sur les enfants.
17:48Vous avez la seule qui aura la force politique,
17:50l'expérience politique, parce que je l'ai faite dans mes responsabilités ministérielles,
17:54et la volonté politique, parce que je considère que c'est un sujet politique majeur.
17:59Une nation qui n'est pas capable de protéger ses enfants
18:02ne mérite même pas le nom de nation, vous m'entendez ?
18:05Ségolène Royal, ce matin, justement, à Nidalgo, est auditionnée par le Sénat
18:08à propos de ces violences sexuelles dans le périscolaire.
18:13Elle était la semaine dernière en interview,
18:15elle dit qu'elle est aux côtés des parents, il n'y a pas eu d'excuses.
18:17Est-ce que c'est l'heure des explications ?
18:20Est-ce que chacun doit rendre des comptes sur ce qui s'est passé ?
18:22Arrêtez de dire qu'on n'y est pour rien.
18:24C'est insupportable pour les parents et leurs enfants.
18:26– Bien sûr, ils ont été tenus dans le silence, dans l'indifférence.
18:31C'est terrible quand vous avez un enfant maltraité.
18:33– Vous avez des responsabilités à la mairie de Paris ?
18:35– Évidemment, il y a des responsabilités à la mairie de Paris,
18:38et c'est l'objectif de ces auditions.
18:41Cela dit, je voudrais saluer le travail d'Emmanuel Grégoire,
18:44qui aujourd'hui recueille…
18:46– Qui était en charge de ces dossiers.
18:48– Non, mais ce n'est pas ça, mais en tant que maire, il n'était pas maire,
18:51mais maintenant il a ce fardeau à porter,
18:54et je lui adresse tous mes encouragements
18:56pour extirper, en effet, ces comportements du périscolaire.
19:01– Mais vous en avez autre chose, Dany Dalgaud ?
19:03– Je ne sais pas, elle n'est pas encore auditionnée,
19:06mais bien sûr, il faut qu'elle s'excuse,
19:07et qu'elle explique aussi pourquoi elle a eu cette idée saugrenue
19:11de faire la parité dans les métiers de la petite enfance.
19:14Donc ça veut dire que des femmes compétentes, vous entendez,
19:17ont été écartées au profit d'hommes sans référence,
19:21sans formation, sans responsabilité, sans rien.
19:25Donc il y a eu un réseau, manifestement.
19:27Il y a eu un réseau de pédocriminels qui s'est installé
19:30et des alertes qui n'ont pas été entendues.
19:33Et donc il faut que toute la clarté soit faite
19:35pour que, justement, il y ait des décisions soient prises,
19:37pour que ça ne recommence jamais.
19:39Et en particulier, moi je suis favorable à l'installation
19:41de caméras de vidéosurveillance dans tous les lieux
19:44qui accueillent des publics fragiles,
19:47la petite enfance ou le grand âge, comme dans les EHPAD.
19:50Merci beaucoup Sélégolène Royal,
19:52candidate à la primaire socialiste.
19:54Vous étiez notre invitée ce matin sur CNews et sur Europe 1.
19:57Bonne journée à vous.
19:58Sous-titrage Société Radio-Canada
19:59Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations