- il y a 2 mois
SMART BOURSE du 3 septembre 2026, L’émission à l’écoute des marchés
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00:07Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Vous nous suivez tous les jours en direct à 12h30 et à 17h30.
00:17Vous nous retrouvez en replay sur notre site bsmart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Au sommaire de cette édition, ce midi, le Yen se redresse et renverse ainsi la tendance baissière qu'on observait
00:34depuis un mois.
00:35La devise s'est fortement appréciée par rapport au dollar de plus de 1%.
00:39Si le Yen se redresse, c'est parce que les investisseurs parient maintenant sur un relèvement rapide des taux d
00:46'intérêt au Japon.
00:47Le gouverneur ayant ouvert la porte a un ajustement d'un quart de point lors de la prochaine réunion de
00:53mi-septembre.
00:54Ce ton de la Banque du Japon est aussi soutenu par les Etats-Unis.
00:59Le secrétaire américain au Trésor, Scott Besant, et la ministre japonaise des Finances
01:05sont tombées d'accord pour coordonner leurs efforts afin de stabiliser le cours du Yen.
01:11Sur les autres marchés japonais, on rappelle que le rendement japonais à 10 ans
01:15avait dépassé le seuil de 3% en début de semaine, une première depuis 30 ans.
01:20Aujourd'hui, il s'établit sous ce seuil autour de 2,95%.
01:26Et puis, ça fait quelques jours qu'on en parle, mais il n'y a pas que le rendement japonais
01:31qui a bondi.
01:31En Europe, le rendement allemand à 10 ans se détend un peu aujourd'hui
01:35et évolue autour de 3,35%.
01:38Le rendement français de même échéance dépasse toujours celui de la Grèce.
01:43Aujourd'hui, il évolue autour de 4,25%.
01:46Côté américain, le rendement à 10 ans se stabilise après avoir dépassé les 4,80% hier.
01:54D'ailleurs, la corrélation entre le taux à 10 ans et le pétrole est à son plus haut niveau
01:58depuis la crise financière de 2008 ce matin.
02:01L'occasion de dire un mot aussi rapide du diesel américain
02:05qui est également au plus haut depuis 4 ans.
02:08A la pompe, le prix moyen national a grimpé à 5,78$ le galon mercredi hier.
02:14Donc, c'est plus haut que le sommet atteint en avril et tout proche du record absolu qui date de
02:20juin 2022.
02:22Et puis, on restera à l'heure américaine pendant l'interview
02:26parce qu'on va retrouver notre correspondant américain, Pierre-Yves Dugas,
02:30qui sera donc avec nous dans un instant.
02:32Kevin Warche impose sa marque à la Fed et bouscule Wall Street,
02:36habitué à plus de visibilité.
02:38En bousculant la méthode de communication de l'institution, il crée la surprise.
02:42Une hausse des taux reste évidemment possible le 16 septembre.
02:46Mais la suite devient totalement imprévisible.
02:49Et c'est peut-être exactement les faits recherchés.
03:02Un invité avec nous tous les midis pour décrypter à chaud les tendances de la séance en cours,
03:08les enjeux aussi de la semaine.
03:10Et le thème chaque jeudi, c'est le thème américain.
03:13Nous sommes à l'heure américaine avec notre correspondant Pierre-Yves Dugas.
03:18Bonjour.
03:19Bonjour Pauline.
03:21Vous êtes donc à distance avec nous, Pierre-Yves.
03:23Merci beaucoup d'être là avec nous.
03:25Alors, Kevin Warche s'installe à la Fed et il change tout.
03:30Oui, il change tout.
03:32Il arrive dans un contexte où c'est curieux d'ailleurs,
03:35parce qu'on a adressé beaucoup de critiques à Kevin Warche,
03:38essentiellement parce qu'il a été sélectionné par Donald Trump,
03:43qui a tout fait depuis plus de deux ans pour mettre à mal l'indépendance de la réserve fédérale.
03:49Donc, beaucoup ont attribué à Kevin Warche la volonté de se soumettre à la Maison-Blanche.
03:53Mais Kevin Warche a été gouverneur de la Fed.
03:55Il a par ailleurs une forte crédibilité.
03:58Et il a, en particulier la semaine dernière,
04:00à l'occasion de sa première grande intervention,
04:03à l'occasion du symposium de Jackson Hole,
04:08précisé un petit peu tout ce qu'il comptait faire
04:11et en quoi son approche de la politique monétaire
04:15et son approche du travail de la réserve fédérale,
04:19souhaite-t-il, doit être radicalement différent.
04:21Et il commence par ce constat, qui, je trouve, devrait être fait beaucoup plus souvent,
04:2765 mois consécutifs, maintenant,
04:31durant lesquels l'inflation aux États-Unis a dépassé,
04:34de manière significative,
04:36l'objectif de 2% de la réserve fédérale.
04:40C'est un constat de déraillement.
04:43Et Kevin Warche voudrait que ça change.
04:45Il voudrait que ça change, d'abord, en lançant,
04:48nous en avions déjà parlé il y a quelques semaines,
04:52des groupes de travail qui vont réviser la manière dont la réserve fédérale
04:55décrypte les signaux donnés par la conjoncture américaine.
04:59Il veut également changer la manière dont la Fed se partage le travail avec le trésor américain.
05:05Et là, c'est un clin d'œil donné à la gestion du bilan de la Banque centrale américaine.
05:12Il veut absolument que la Fed cesse de faire de la politique budgétaire déguisée,
05:18en quelque sorte,
05:20et d'accepter sur son bilan,
05:22dès que les choses commencent à faire mal,
05:25toutes sortes de créances du trésor américain,
05:29ce qui, de son point de vue, n'a fait qu'encourager le laxisme fiscal.
05:33Et puis, il veut absolument,
05:35c'est vraiment le point central de son approche de la politique monétaire,
05:38se débarrasser de ce qu'on appelle, dans le jargon de la Banque centrale,
05:42du forward guidance,
05:44c'est-à-dire ne plus télégraphier les intentions de la Fed.
05:47Alors, pour quelqu'un comme moi,
05:48pour un vieux journaliste qui se souvient à l'époque de Paul Volcker et de Greenspan,
05:53c'est formidable,
05:54parce que ça veut dire le retour du suspense.
05:56On ne pourra plus systématiquement dire,
05:59avant la réunion du comité monétaire de la Fed,
06:02quelle va être la décision.
06:05Kevin Walsh estime qu'en accompagnant trop,
06:08en télégraphiant trop ses intentions,
06:10la Banque centrale a supprimé, certes,
06:13un niveau d'incertitude et a rassuré le marché.
06:15C'était nécessaire en période où on craignait la déflation,
06:18mais aujourd'hui, en période d'inflation,
06:20on a encouragé, estime-t-il, des spéculations.
06:24Nous n'avons plus affaire à un véritable prix du crédit librement établi,
06:28et la Fed doit revenir en arrière, garder un élément de secret dans ses délibérations,
06:34ne serait-ce que pour pouvoir changer d'avis lorsqu'elle s'aperçoit que sa lecture de la conjoncture était
06:40la mauvaise lecture.
06:42Et je reviens à ces 65 mois de déraillement.
06:45Il considère qu'au sortir du Covid, le forward guidance a considérablement freiné la flexibilité de la Fed
06:53et a ralenti la capacité de la Fed à admettre ouvertement qu'elle se trompait
06:58et qu'en fait, l'inflation était en train de décoller pour de bon
07:01et n'était pas un phénomène temporaire et particulier.
07:05Donc, toutes ces grandes questions ont également amené Kevin Walsh
07:10à nous faire le point sur ce qui l'estimait être l'état de la conjoncture américaine
07:15et à ouvrir la porte sans faire de forward guidance
07:18à probablement une baisse de taux lors de la prochaine réunion du comité monétaire de la Fed,
07:23c'est-à-dire le 16 septembre.
07:25Une haute de taux.
07:26Il note que l'investissement, qui était le point central peut-être,
07:30l'investissement aux États-Unis est en croissance de 9% depuis plusieurs trimestres.
07:35La moitié de cela est due à l'intelligence artificielle.
07:38C'est un élément considérable de soutien de la conjoncture.
07:42On ne peut pas dire que la conjoncture américaine soit faible,
07:45surtout si on la compare à la situation en Europe.
07:48Et dans ce contexte-là, comme l'inflation est trop forte,
07:52il faut probablement donner un petit tour de vis au mois de septembre.
07:56Et comment Wall Street a réagi sur tous ces changements
08:00que Kevin Walsh va apporter à la Réserve fédérale, Pierre-Yves ?
08:05On y voit un petit peu plus clair dans ses intentions.
08:08On commence à comprendre que ce n'est pas parce qu'il était pris de court,
08:13mais c'était de manière délibérée,
08:15que lors de sa première conférence de presse,
08:18il avait éludé la question qu'on lui posait,
08:21à savoir qu'est-ce qu'il vous faut pour qu'on relève les taux.
08:23Non, il veut garder cet élément d'incertitude pour se donner de la flexibilité
08:27et il veut que les marchés fassent leur travail
08:29et ne profitent pas de ce FED-POT,
08:33c'est-à-dire de cette garantie implicite, systématique,
08:36que les acteurs financiers avaient,
08:38en sachant que la FED était in fine toujours de leur côté.
08:42Et puis, il nous présente une manière transparente,
08:46alors là pour le cas, de lire l'évolution de l'inflation,
08:50et ça c'est le nerf de la guerre.
08:51Il regarde l'indice des prix des dépenses personnelles de consommation
08:55et pas simplement ce chiffre,
08:57mais sa décomposition et dans toutes les catégories,
09:00il s'aperçoit que 54% des prix des biens et services dans cet indice
09:04continuent de grimper à plus de 3%.
09:07Dans les périodes, dans les 20 années qui ont précédé le Covid,
09:12cette proportion n'était que de 32%.
09:15Voilà un signe quantifié qu'il a lâché lors du symposium de Jackson Hole
09:21et qui permet de dire qu'avec 54% des biens et services
09:24qui augmentent trop vite,
09:26il ouvre clairement la porte à un relèvement tôt.
09:28Mais ça c'est pour le 16 septembre.
09:30Que se passera-t-il le mois suivant en octobre ?
09:33Alors là, bien malin qu'il pourrait le dire,
09:35cette incertitude va reprendre.
09:37Bon, et puis, ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé de Donald Trump.
09:41Donald Trump s'installe dans le qui-tout double, Pierre-Yves.
09:45Alors, pas question de modération,
09:48en dépit du fait que commence sérieusement maintenant
09:53la campagne pour les élections de mi-mandat.
09:55Vous savez que lundi prochain est un jour férié aux États-Unis,
09:58c'est Labor Day, c'est la fête du travail,
10:00et que le mardi matin et le lundi,
10:05beaucoup de politiques américains seront à deux pieds joints
10:09dans la campagne pour ces élections de mi-mandat
10:12qui vont renouveler un tiers du Sénat
10:13et la totalité de la Chambre des représentants
10:16début novembre.
10:18Pas question de modération.
10:20Donald Trump a lu les sondages.
10:23Il voit qu'en gros, 60% des Américains désapprouvent sa politique,
10:28en particulier sa politique à l'égard de l'Iran,
10:31mais aussi sont très critiques de sa politique en matière d'immigration.
10:36Beaucoup d'observateurs auraient pensé
10:38que Donald Trump avait l'intention de modérer son message
10:41pour limiter les pertes probables des Républicains
10:44début novembre.
10:45Pas du tout.
10:46Il insiste lourdement.
10:47Il continue de persécuter ses adversaires,
10:50y compris dans la presse,
10:51en les menaçant de toutes sortes de sanctions
10:54sur les chaînes qui diffusent leurs messages.
10:57Il continue d'évincer ou de faire évincer
11:00les généraux qui, au Pentagone,
11:01ne sont pas d'accord avec sa politique.
11:03Il continue de menacer toutes sortes de pays de droits de douane
11:06et de remettre en place un niveau de protection douanière
11:09équivalent à celui qui avait été invalidé par la Cour suprême.
11:13Et il fonce tout droit vers les rochers.
11:16Il est convaincu qu'il va éviter les rochers
11:18parce qu'il pense que,
11:21et c'est un pari risqué,
11:22mais ce n'est pas un pari complètement dénué de fondement,
11:24il pense que, de l'autre côté,
11:26les démocrates ont complètement basculé dans l'extrême-gauche
11:28et qu'à la fin du compte,
11:30les centristes qui sont écoeurés par la politique de Donald Trump,
11:33vont avoir davantage peur du gauchisme et du socialisme
11:36affichés par la frange gauche du Parti démocrate
11:39que de la politique républicaine libérale traditionnelle.
11:43Bon, on rappelle aussi,
11:46je voulais le rappeler tout à l'heure,
11:47mais on rappelle aussi qu'avant cette réunion
11:49de la Fed du 16 septembre,
11:52enfin cette décision de la Fed le 16 septembre,
11:54on va déjà prendre connaissance aussi
11:56du rapport sur l'emploi américain
11:58du département du Travail demain, vendredi,
12:01qui pourra peut-être nous donner des nouveaux chiffres,
12:05même si Kevin Warch a rappelé
12:07que l'inflation était sa priorité absolue à Jackson Hole.
12:12Mais voilà, donc on va attendre quand même
12:14de voir aussi les chiffres sur l'emploi
12:16et puis il y aura d'autres statistiques
12:18la semaine prochaine
12:19avant la réunion de la réserve fédérale américaine.
12:22Merci beaucoup.
12:22Pierre-Yves, Pierre-Yves Dugas,
12:24vous êtes notre correspondant américain.
12:26On était ravis de vous retrouver sur ce plateau.
12:30Et puis merci à vous de nous avoir suivis sur Bsmart.
12:35Merci à l'équipe technique en régie,
12:38Loïc, Émilie et Paul.
12:40Merci à tous de votre accompagnement,
12:42de votre fidélité sur Bsmart.
12:43Vous pouvez nous retrouver en replay
12:45sur notre site bsmart.fr,
12:47en podcast sur l'ensemble
12:48de vos plateformes d'écoute préférées.
12:50Et on se retrouve ce soir à 17h30.
12:52Sous-titrage Société Radio-Canada