00:016h16 sur BFM Business et RMC Live Canal 25. Bonjour Annalisa Capellini.
00:05Ce matin, la presse internationale se concentre sur la Russie, un pays sous pression à cause de la guerre en
00:10Ukraine,
00:11mais qui continue de renforcer sa puissance militaire et ses alliances, et notamment avec l'Iran.
00:17Oui, c'est une enquête du Financial Times qui montre à quel point le rapprochement entre Moscou et Tehran est
00:22stratégique.
00:23Ce qu'on apprend, c'est que la Russie aurait aidé l'Iran à développer des missiles de croisière supersoniques
00:28avec un programme qui aurait démarré en 2023 et qui se serait poursuivi même pendant la guerre contre les États
00:34-Unis.
00:35C'est à ce jour l'un des transferts de technologies militaires les plus importants entre Moscou et Tehran.
00:41On parle de missiles de croisière supersoniques.
00:44Qu'est-ce que c'est ? Ce sont des missiles très rapides qui sont capables de voler à basse
00:47altitude
00:48et donc ça laisse aux adversaires beaucoup moins de temps pour les intercepter et pour les détecter aussi.
00:54Évidemment, c'est un atout très précieux pour Tehran, surtout en ce moment,
00:58mais c'est précieux aussi pour les Russes.
01:00Pourquoi ? Parce que ça prouve que la Russie est encore capable d'exporter son savoir-faire militaire.
01:06Donc c'est une preuve de puissance militaire dont la Russie a vraiment besoin en ce moment
01:10parce que sur le terrain en Ukraine, c'est compliqué.
01:14Même Vladimir Poutine le reconnaît désormais.
01:17Les frappes ukrainiennes commencent à coûter très très cher à la Russie.
01:20C'est Bloomberg qui reprend les mots du président russe.
01:23Les frappes massives menées par Kiev sur la Russie ont coûté à la Russie 1% de son PIB.
01:30Ce n'est pas un préjudice critique pour la Russie selon le président russe,
01:34mais il y a bien des dégâts réels, notamment sur l'exportation de pétrole et sur l'exportation de céréales.
01:40Alors, est-ce que ça signifie pour autant que l'économie russe est totalement à genoux ?
01:44Pas tout à fait. Il ne faut pas oublier dans tout ça que Moscou, en réalité, a développé toute une
01:49économie de contournement
01:50qui passe par la Chine notamment et qui passe aussi par les Maldives.
01:55C'est ce qu'on apprend ce matin en lisant le Wall Street Journal qui a publié une enquête
02:00qui raconte qu'il y a des centaines de millions de dollars de marchandises qui arrivent à l'aéroport de
02:05Malais, aux Maldives.
02:07Ce sont des marchandises civiles et militaires.
02:09Il y a des pièces aéronautiques, notamment des composants électroniques, qui repartent après discrètement dans les soutes des avions russes
02:16qui les ramènent en Russie pour les distribuer aux entreprises sur place.
02:21Alors, le volume de marchandises qui transitent par les Maldives est faible comparé à tout ce qui transite notamment par
02:26la Chine et par la Turquie.
02:27Mais ça illustre bien à quel point la Russie est encore puissante quand il s'agit de tisser des réseaux
02:32pour contourner les sanctions.
02:34Donc vous voyez, si on met toutes ces informations bout à bout, on voit bien les trois dimensions de la
02:39stratégie russe aujourd'hui.
02:40Il faut renforcer ses partenariats militaires.
02:42Il faut chercher partout les moyens de contourner les sanctions occidentales.
02:46Parce qu'en même temps, la guerre en Ukraine commence à coûter très très cher.
02:49Cette Russie qui cherche partout de nouveaux partenaires pour résister à la pression occidentale,
02:54c'est clairement le signe d'un monde qui devient de plus en plus multipolaire.
02:57Et c'est justement ce que raconte ce matin la presse internationale avec la visite de Xi Jinping en Égypte.
03:03Oui, il est arrivé hier soir le président chinois et la presse internationale en fait plusieurs analyses assez contrastées.
03:09Côté chinois, dans le South China Morning Post, on dit que c'est le signe d'une relation chino-égyptienne
03:14absolument extraordinaire.
03:16Ce sont les meilleures relations de l'histoire.
03:18C'est vrai que Xi Jinping arrive après dix ans d'absence avec une relation qui n'est plus seulement
03:23commerciale.
03:24C'est une relation sur les infrastructures avec les investissements chinois, notamment autour du canal de Suez.
03:30Une relation diplomatique, une relation de défense puisqu'il y a des exercices militaires conjoints entre les deux pays.
03:37Et donc voilà, la Chine a besoin finalement de l'Égypte comme pivot régional dans une optique anti-américaine.
03:45En revanche, la grille de lecture est totalement différente.
03:48Côté Middle East Thai, selon le journal qui est spécialisé dans cette zone du monde,
03:54finalement, la coopération entre la Chine et l'Égypte n'est pas seulement une bataille entre grandes puissances.
03:58Ce serait une erreur de la considérer uniquement comme ça.
04:01L'intérêt pour le CAIR, c'est de diversifier ses partenaires, donc de regarder ailleurs que vers Washington.
04:07Les Chinois, eux, en revanche, ils n'ont pas vraiment besoin de faire basculer totalement les Égyptiens dans leur zone
04:12d'influence.
04:12Ils ont tout simplement besoin de leur faire comprendre qu'ils sont prêts à travailler avec eux
04:16et que si jamais ils ont besoin de la Chine, ils pourront regarder vers Pékin et ils y seront bien
04:20accueillis.
04:21Merci Annalisa Capellini. On vous retrouve à 8h35.