00:00Avec Annalisa Capellini. Alors Annalisa, vous nous emmenez en Israël après l'attaque hier à bord d'un vol Fly
00:05Dubaï à destination de Tel Aviv.
00:07Comment réagit la presse israélienne ce matin ?
00:09Elle a beaucoup de questions et notamment une question très embarrassante pour Benyamin Netanyahou.
00:14S'il savait qu'une attaque se préparait, pourquoi ne l'a-t-il pas empêchée ? C'est la
00:19une de Arez ce matin.
00:21Oui, parce que depuis hier, le camp du Premier ministre présente l'incident comme la preuve que Benyamin Netanyahou avait
00:26raison.
00:27Il avait averti la veille que les ennemis d'Israël, je le cite, pourraient préparer des attaques à l'approche
00:33des élections du 27 octobre.
00:34Sauf que la presse israélienne et notamment Arez retournent complètement l'argument.
00:39Si Netanyahou disposait réellement d'informations crédibles sur une attaque en préparation, qu'est-ce que son gouvernement a fait
00:45pour empêcher cette attaque ?
00:47Pourquoi ne pas avoir par exemple renforcé les contrôles, revu les procédures, prévenu les alliés, voire suspendu certains vols ?
00:55Et puis surtout, où étaient les services de renseignement israéliens ? Où étaient le Shinbeth et le Mossad ?
01:01Voici la question posée ce matin par Arez.
01:04C'est à peu près la même question que se pose l'opposition.
01:07On le lit dans le Times of Israel ce matin.
01:10Cet épisode montre surtout, selon l'opposition, que ce sont les Israéliens eux-mêmes, encore une fois,
01:15qui ont dû intervenir pour éviter une catastrophe.
01:18avec Naftali Bennett, qui est aujourd'hui un des opposants plus crédibles de Benyamin Netanyahou pour ces élections qui approchent,
01:25qui résume cette attaque en une phrase.
01:28Moi, je n'ai pas besoin d'un gouvernement pour me prévenir.
01:30J'ai besoin d'un gouvernement pour me protéger.
01:33Évidemment, ça ne vous a pas échappé.
01:34On est à six jours de l'anniversaire du 7 octobre.
01:38Et donc, évidemment, il y a un parallèle avec le 7 octobre qui surgit de manière assez naturelle.
01:43D'ailleurs, il y a aussi des conséquences géopolitiques de cet incident.
01:47On le lit sur JTA, c'est la Jewish Telegraphic Agency,
01:51qui explique que Fly Dubai a désormais suspendu tous ses vols pour Israël.
01:57Pourtant, cette compagnie avait continué à desservir Tel Aviv pendant une bonne partie de la guerre.
02:02Elle était devenue essentielle pour les voyageurs israéliens.
02:06Et bien aujourd'hui, elle est devenue un symbole aussi très fort de la normalisation des relations entre Israël et
02:11les Émirats.
02:12Donc, un symbole très concret des accords d'Abraham.
02:15Est-ce que l'accord d'hier peut fragiliser cette entente, cette normalisation ?
02:19Oui, c'est l'avis d'une partie de la presse israélienne.
02:22On regardera.
02:23On poursuit avec les eaux asiatiques.
02:26Parce que c'est là que l'on voit très clairement les effets de la pression américaine sur l'Iran.
02:31Analysé, des dizaines de pétroliers sont aujourd'hui bloqués en mer.
02:34Oui, c'est un article du Wall Street Journal
02:37qui raconte qu'il y a des dizaines de pétroliers iraniens ou liés à l'Iran
02:41qui sont bloqués depuis plusieurs semaines au large du Sri Lanka et de la Malaisie.
02:46Pourquoi ?
02:47Eh bien, ces navires, ils sont pris au piège.
02:49Ils ne peuvent plus rentrer en Iran depuis que les États-Unis ont imposé leur blocus sur le détroit d
02:53'Hormuz.
02:53Et en même temps, ils ne peuvent pas se ravitailler facilement dans les ports asiatiques
02:58comme ils le faisaient avant
02:59puisque désormais, les Américains menacent de sanctions
03:01tous les pays qui aident les pétroliers iraniens ou liés à Teheran.
03:06C'est une catastrophe économique pour les Iraniens
03:08parce que ces pétroliers leur permettaient de vendre leur pétrole malgré les sanctions.
03:13Ils leur permettaient de les contourner et d'arriver quand même à exporter leur pétrole,
03:16notamment vers la Chine.
03:17Eh bien, désormais, c'est beaucoup plus compliqué.
03:19D'ailleurs, un des experts cités par le Wall Street Journal
03:22explique que les dernières cargaisons iraniennes qui sont en circulation
03:25vont vite être écoulées.
03:28dans les prochaines semaines, dans les prochains mois.
03:30Et après, il explique que tous les revenus tomberont à zéro pour l'Iran
03:34d'ici décembre.
03:36Ça laisse trois mois de respiration économique à l'Iran
03:39et on verra ensuite ce qui va se passer.
03:40Et ce n'est pas beaucoup.
03:41Merci, Annalisa.
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