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  • il y a 6 semaines
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va parler à présent de la réforme des retraites, parce que là aussi, François Hollande, donc à Blois, et
00:05on entendra Jérôme Gage dans un instant,
00:07a fait entendre sa voix sur ce sujet, et il ne dit pas la même chose que son parti, voix
00:11discordante avec le Parti Socialiste,
00:13qui veut revenir à l'âge de départ à 64 ans. Là, il dit, lui, François Hollande, 63.
00:18Oui, effectivement, et alors il ne dit pas la même chose que le Parti Socialiste, il ne dit pas non
00:22plus la même chose que ce qu'il disait
00:24en tant que président de la République et dans les campagnes présidentielles précédentes, mais on sent bien qu'il a
00:30la volonté de se positionner
00:32en tant que futur candidat, on l'a bien compris désormais, sur un créneau de social-démocrate crédible, et donc
00:39il fait une série de propositions
00:41qu'il considère comme étant mesurées. Il est clair que, de son point de vue, ce que propose Jean-Luc
00:47Mélenchon, ce que propose Marie Tondelier,
00:48ce que propose aussi Raphaël Luxemann, ne peut pas fonctionner parce que ce serait beaucoup trop coûteux pour les finances
00:54publiques,
00:55et donc il essaye de trouver une voie plus modérée et de fixer un objectif que lui considère comme réaliste.
01:02Jérôme Gage, 60, 62, 63, vous vous situez où, vous, pour l'âge de départ ?
01:10Alors, d'abord, je vais vous dire une chose en trois secondes. J'ai jamais entendu quelque chose d'aussi
01:14farfolu et d'aussi impossible à mettre en œuvre
01:17que ce que vient de dire M. Jacobelli sur les 125 milliards. Il n'a pas été capable de citer
01:21une seule de ses agences
01:22qu'il est prête à supprimer, et quant au budget de l'Union Européenne, on verse 23 milliards, mais on
01:26en reçoit 17.
01:27Donc les 125 milliards, tout ça, c'est du pipo, et ça atteste de l'amateurisme gigantesque dans lequel le
01:32national veut nous enfermer.
01:34Non, mais je le dis, je le dis, non mais franchement, enfin, dire 125 milliards...
01:41Attendez Laurent Jacobelli, parce que vous allez lui répondre, mais donc vous dites Jérôme Gage, les 125 milliards, c'est
01:46de la foutesse, c'est ça ?
01:47Mais ça n'existe pas. Non mais sincèrement, moi je vous ai dit dans mon propos qu'il y a
01:51des économies à faire au titre de l'efficience,
01:54mais dire comme ça qu'on va faire 125 milliards d'euros, et que la seule chose qu'on cite,
01:58et je mets au défi M. Jacobelli de me donner une seule agence qu'il est prête à supprimer,
02:02et de dire, parce que c'est des fonctionnaires qui mettent démission, l'établissement français du sang, c'est une
02:06agence,
02:06vous voulez supprimer l'établissement français du sang, et les milliers de personnes qui font la collecte du sang,
02:10l'agence de biomédecine qui s'occupe d'organiser les recueils de gamètes ou de dons d'organes après des
02:17décès,
02:18vous voulez les supprimer ? Il y a plein d'agences qui ont des missions avec des fonctionnaires,
02:20et si vous les supprimez, il faudra bien les réinternaliser dans le budget de l'État,
02:24et donc il va y avoir des gens qui les font. Voilà, je dis ça avec beaucoup de passion et
02:27beaucoup de colère,
02:27parce que j'entends des choses hallucinantes, et si cette élection présidentielle,
02:30elle est sur des chiffres qu'on balance comme ça en pâture, pour dire on va faire 125 milliards d
02:34'euros,
02:34franchement ça marche pas, on peut peut-être juste laisser répondre Laurent Jacobelli à ce que vous dites,
02:42parce que c'est important que le débat se tienne aussi, allez-y, allez-y.
02:47Recevoir des leçons d'économie d'un socialiste, c'est toujours très cool, j'ai cité l'ADEME par exemple,
02:53on a amené l'ADEME dans le cadre des fonctions du ministère de l'Écologie,
03:00qui remettrait le politique en action avant le technocrate, on peut réfléchir à l'ARCOM,
03:07il y a beaucoup de choses qui peuvent être réinternalisées, mais vraiment,
03:11recevoir, mais je vais répondre à monsieur Gage, recevoir des leçons d'économie d'un parti socialiste,
03:17où monsieur Mitterrand a été le premier président qui a emmené la France dans le déclin
03:23avec des mesures idéologiques et inappropriées, où monsieur François Hollande a été un des plus mauvais
03:28président de la République avant Emmanuel Macron, qui a voté, en tout cas qui a fait passer
03:32le budget inique du dernier gouvernement macroniste, honnêtement, c'est une farce.
03:39Leur politique, on la connaît, c'est toujours plus d'immigration, toujours plus d'impôts,
03:44toujours plus d'assistance à l'art, toujours plus de méfiance envers les entreprises.
03:49Ce qu'il faut, c'est libérer les allergies, arrêter d'étouffer les Français,
03:52les entreprises d'impôts et de les étouffer de normes, et ça, aucun socialiste au monde n'en est capable.
03:57On précise, parce que tout le monde ne le sait pas, l'ADEME, c'est l'agence de la transition
04:01écologique,
04:02on est bien d'accord ? Effectivement, c'est vous qui l'avez fait remarquer,
04:05après l'été que l'on vient de vivre, vous considérez qu'il serait judicieux de la supprimer ?
04:09Ça ne veut pas dire que personne ne s'en occupe, ça veut dire qu'au sein du ministère,
04:13il change de nom, mais de la transition écologique ou de l'écologie,
04:17ses fonctions soient reprises. Pourquoi ? Parce qu'il faut que les décisions ne soient pas déléguées
04:21à des technocrates, sans que le politique ne puisse intervenir.
04:24Les décisions dans la France que nous vivons, dans la période que nous vivons,
04:28doivent être éminemment politiques. Sur le social, bien sûr.
04:31Mais forcément avec moins de monde, puisque l'idée c'est de faire des économies, non ?
04:34Et sur l'écologie aussi, il faut revoir une nouvelle politique écologique
04:40qui aide l'emploi, qui aide l'industrialisation, qui aide la recherche,
04:45et en finir avec cette écologie punitive dont, je le dis, l'ADEME est un des relais.
04:49Donc l'ADEME, on a bien compris, avec le Rassemblement national, c'est terminé.
04:54Sur la réforme, Thierry, vous vouliez réagir ?
04:56Oui, non, je veux simplement dire qu'on mesure, en vous écoutant,
04:59le travail que Marine Le Pen va devoir accomplir lorsqu'elle va présenter,
05:02dans les prochains jours, elle nous l'a dit hier.
05:05Son contre-budget.
05:05Son contre-budget. Et surtout, Alice, la manière détaillée, argumentée et chiffrée,
05:11avec laquelle elle aboutit à ses 125 milliards d'euros,
05:14parce que ce soir, on vous a écouté, on n'a toujours pas vraiment compris
05:18où vous allez chercher cet argent.
05:20Mais non, je suis désolé.
05:21Mais je suis désolé.
05:22Vous parlez de masse qui n'ont rien à voir avec ce chiffre.
05:24Avec celle que vous avez l'habitude de présenter aux gens.
05:28Mais excusez-moi, il faut rompre avec la manière dont la France est gérée.
05:31Il faut changer les priorités.
05:32Je pense qu'il faut distinguer deux choses dans la conversation.
05:35Les mesures que vous préconisez et combien elles rapportent.
05:38Moi, je vous dis qu'il n'y a aucun économiste sérieux
05:40qui chiffre les économies que vous proposez à 125 milliards d'euros.
05:43Vous aurez le détail dans quelques jours.
05:45Moi, les économistes sérieux qui nous ont expliqué
05:47qu'Emmanuel Macron était le Mozart de la finance.
05:50Emmanuel Macron, c'est quoi ?
05:51C'est 1 300 milliards de dettes supplémentaires.
05:53C'est un nombre de faillites qui est passé de 55 000 quand il est arrivé
05:57à 70 000 aujourd'hui.
05:58Une pression fiscale qui a augmenté de 270 milliards d'euros par an.
06:03Emmanuel Macron, c'est un nombre de chômeurs qui repart à la hausse.
06:06C'est une croissance qui s'est affaiblie.
06:08Et c'est un PIB par habitant qui ne cesse de reculer
06:10et qui nous passe dans la deuxième moitié des pays européens.
06:14Si ces économistes, Emmanuel Macron, sont votre modèle,
06:17ce n'est pas le nôtre.
06:18Nous voulons changer les choses.
06:19Ce n'est pas mon modèle.
06:20Je vous interroge.
06:21J'essaie de comprendre.
06:22Vous allez chercher sans vrai.
06:23Il y a des interrogations.
06:24Il y a des précisions.
06:26Ce fameux contre-budget qui doit être présenté.
06:29On va faire tourner la parole.
06:30Ce qu'on peut rappeler, c'est que...
06:32Ce n'est pas à moi de vous en donner la primeur.
06:33C'est à notre candidat.
06:34Non, non, mais après, il est normal qu'on vous pose des questions.
06:36Et je précise que malgré toutes ces interrogations,
06:38Marine Le Pen est donnée largement favori
06:41dans tous les sondages qui nous parviennent pour la présidentielle.
06:43Il y a toujours plus.
06:45Jérôme Gage, vous ne nous avez pas répondu sur la réforme des retraites.
06:48Quelle est votre ligne à vous ?
06:51Est-ce qu'on a du mal à suivre du côté du Parti Socialiste ?
06:56Oui, mais le débat de la primaire va permettre de dégager les incarnations,
07:01le style, le tempérament, l'expérience
07:03et les propositions que les uns et les autres font.
07:06Et moi, sur la question de la réforme des retraites,
07:07vous savez, je me suis battu l'année dernière
07:09dans la négociation avec le gouvernement
07:10pour obtenir la suspension de la réforme des retraites
07:13parce que la réforme borne est injuste
07:14pour que soit mis à profit cette période intermédiaire
07:17pour formuler des propositions
07:18pour que le prochain président de la République
07:20soumette son projet et dise aux Français
07:23voilà le chemin que je propose.
07:24Moi, je considère que l'âge légal est un âge de contrainte
07:27et je propose de remplacer l'âge légal
07:29à la fois par des trimestres, ce qui existe aujourd'hui,
07:32mais moduler de manière très efficace
07:35par les conditions de pénibilité,
07:37ce qui n'est pas le cas suffisamment.
07:38Et j'ajoute un autre élément de la proposition
07:41que je formule et que je livre au débat
07:43et à la négociation des partenaires sociaux,
07:45c'est de baisser pour le coup un âge légal
07:47qui est moins connu mais qui est extrêmement important,
07:50qui est l'âge de la liquidation sans décote.
07:52Aujourd'hui, c'est à 67 ans qu'on obtient une retraite à taux plein,
07:56même si on n'a pas les trimestres suffisants.
07:59Ils sont proratisés et c'est profondément injuste
08:02parce que, notamment pour les femmes qui ont des carrières hachées,
08:05il y a 10% des femmes qui doivent attendre
08:08de travailler jusqu'à 67 ans pour avoir une retraite
08:11qui ne soit pas trop dégradée.
08:12Donc je propose de baisser cet âge légal,
08:15de renforcer la condition de pénibilité
08:17et de s'appuyer sur les 43 annuités
08:20qui permet à une personne qui a commencé de travailler
08:24à 19 ans ou 20 ans, de partir à 62 ou 63 ans
08:28et une personne qui a commencé plus tard de travailler
08:32parce qu'il faut tenir compte évidemment
08:34de l'espérance de vie en bonne santé
08:36et qu'en fonction des critères de pénibilité
08:39des différents métiers,
08:40on n'est pas soumis au même élément.
08:42Je tiens à notre système de retraite par répartition,
08:45je tiens à notre système qui est jugé parfois généreux
08:47ou trop généreux par certains
08:49et je rappelle un seul chiffre,
08:50grâce à notre système de retraite,
08:52en France, nous avons le taux de retraités pauvres
08:55le plus faible de toute l'Europe.
08:57Voilà, on se compare souvent avec nos voisins allemands.
09:00En France, il n'y a que, et c'est déjà trop,
09:028% des retraités qui vivent sous le seuil de pauvreté.
09:05En Allemagne, c'est 17%.
09:07Donc moi, je ne veux pas m'aligner sur quelque chose
09:09qui dégrade le pouvoir d'achat des plus fragiles.
09:12Cette réforme-là, elle est finançable
09:14par un effort qui doit être équitablement réparti.
09:17Les actifs, les entreprises, le patrimoine
09:21et ce faisant, on pourra sauver notre système de protection sociale.
09:27Donc vous baissez l'âge de départ.
09:28J'essaie de bien comprendre parce que ce n'est pas facile.
09:33Sans vous faire offense, vous baissez l'âge de départ
09:36mais vous continuez à jouer sur la durée de cotisation.
09:39C'est ça, mais vous continuez à dire
09:40qu'on peut partir à 62 ou 63 ans ?
09:46Je supprime toute référence à un âge légal
09:48qui est un âge de contrainte avant 64 ans actuellement
09:51ou 62 ans et 9 mois, tel que c'est le cas aujourd'hui.
09:56Avant ça, en théorie, on n'a pas le droit de demander
09:59de partir à la retraite.
10:00Moi, je préfère qu'on dise, c'est les 43 annuités.
10:04Donc des personnes qui ont commencé à travailler tôt,
10:06à 18 ans, je peux partir à 61 ans, à 19 ans, je peux partir à 62 ans.
10:11Mais surtout, je rajoute une modulation du nombre d'annuités nécessaires
10:16en fonction de la pénibilité.
10:20Aujourd'hui, on a des éléments de la pénibilité qui ne sont pas pris en compte.
10:23Le travail de nuit, l'exposition à des substances chimiques,
10:28les postures pénibles, un certain nombre d'éléments de répétition.
10:31Il y a aujourd'hui une usure professionnelle qui doit permettre de moduler
10:35le nombre de trimestres qui sont nécessaires pour liquider sa retraite à taux plein.
10:39Et si toute sa vie, on a eu des métiers extrêmement pénibles,
10:42alors on n'a pas besoin de 172 trimestres.
10:44Peut-être qu'on a besoin de 165 ou 164.
10:48Donc on met l'accent sur la pénibilité.
10:50Mais donc si vous suivez, Jérôme Gage,
10:53finalement, vous dites un peu comme le Rassemblement National
10:56sur la réforme des retraites.
10:58C'est quoi la différence ?
11:00Attendez, moi la différence, c'est ce que je vous dis là.
11:03C'est ce qu'il veut ajouter, Jérôme Gage, la nuance peut-être.
11:06Et après, vous répondez-le.
11:07Allez-y, mais rapidement, Jérôme Gage.
11:09D'une phrase, la double nuance que j'apporte,
11:14c'est ce que je vous dis là.
11:15Moi, je le défends depuis des années,
11:17alors qu'il y a une variation permanente du projet du Rassemblement National
11:21sur la réforme des retraites à tel point que personne n'a jamais compris.
11:23et deux, je propose de baisser l'âge légal de la décote
11:27de 67 ans à 66 ou 65 ans.
11:30Et ça, ça va concrètement changer la vie pour les femmes
11:33qui ont eu des carrières hachées et qui ont des retraites trop faibles.
11:36C'est presque 10% des femmes qui partent à la retraite chaque année
11:39et ce n'est pas du tout négligeable.
11:41Laurent Jacobelli ?
11:42En fait, tout le monde prend le problème des retraites par le mauvais bout.
11:45Alors, effectivement, comme le disait M. Tabard tout à l'heure,
11:47pour nous, vous avez commencé à travailler avant 20 ans,
11:49c'est 60 ans, 40 annuités, vous avez oublié de le préciser.
11:52Et pour les autres, progressivement, c'est jusqu'à 62 ans, 42 annuités.
11:56Pourquoi on se pose la question des retraites aujourd'hui ?
11:58Parce qu'on dit que les Français ne travaillent pas assez, etc.
12:00Non, c'est qu'il y a trop peu de Français qui travaillent, en fait.
12:03Les jeunes, par exemple, travaillent en France beaucoup plus tard
12:05qu'en Allemagne, ça fait 3 à 4 années de cotisation en moins.
12:11Nos anciens partent à la retraite forcée, souvent bien avant l'âge légal.
12:16Ils sont en maladie ou en pré-retraite ou au chômage.
12:19Et notre population est vieillissante.
12:21Et ça compte aussi, et il y a un problème démographique.
12:24Donc, ce qu'il faut en France, c'est ramener de l'emploi,
12:26ramener de la productivité, et c'est tout un système économique à revoir.
12:30Mais nous, on a quelques mesures très concrètes.
12:32Par exemple, si vous êtes en âge de partir en retraite
12:35et que vous avez envie de continuer à travailler,
12:37ça, c'est pour l'emploi des seniors,
12:39eh bien, vous serez, ainsi que l'employeur, exonéré de cotisations
12:42sur le chômage et sur la retraite.
12:44Pourquoi ? Parce qu'il faut inciter les jeunes à aller travailler plus tôt,
12:48ça, notamment grâce à l'apprentissage,
12:51et inciter les entreprises à employer des personnes
12:55au-delà de 55, 57, 60 ans.
12:58C'est ça, le fameux, en même temps, dont vous parliez, Guillaume Tabard ?
13:02On revient sur l'âge de départ, mais on incite à continuer à travailler ?
13:05Oui, mais malheureusement, pour tout le monde, pour vous,
13:08mais comme pour tout gouvernement,
13:10on ne comble pas des trous en en creusant d'autres.
13:14Or, là, dans votre méthode, vous dites, il y a un peu ça.
13:17Bien sûr que vous avez raison de dire, et vous n'êtes pas les seuls à dire,
13:20qu'il y a un problème d'emploi des jeunes et d'emploi des seniors.
13:24D'ailleurs, c'est une évidence, mais quand bien même on arriverait à améliorer ces deux points,
13:28ça ne remplacerait pas la nécessité de financer le système des retraites lui-même.
13:32Et je rappellerai juste un point,
13:34parce qu'on parle aussi de la position de François Hollande.
13:36Il ne faut pas oublier qu'en 2012,
13:37lorsqu'il est candidat puis élu président de la République,
13:41François Hollande fait comme promesse, comme engagement de campagne,
13:44la suppression de la réforme Sarkozy-Fillon de 2010.
13:48La suppression.
13:49François Hollande est élu.
13:51Non seulement il ne supprime pas la réforme,
13:56mais il lance à son tour la fameuse réforme touraine d'augmentation de la durée d'occupation.
14:02Pourquoi ? Parce qu'au contact des réalités, au contact des comptes publics,
14:06un candidat, il peut prendre des postures,
14:09un président ou un candidat allemand,
14:10il fait que la réalité qu'il a devant lui,
14:12et la réalité des comptes publics, elle s'imposera.
14:14Elle s'imposera aussi à Marine Le Pen,
14:16si elle est élu président de la République.
14:18C'est un sujet extrêmement important.
14:20Avec le système actuel de mondialisation,
14:22de non-contrôle des importations,
14:25de taxes effrénées contre les entreprises et de normes absurdes,
14:28nous ne créerons pas d'emplois,
14:30nous ne créerons pas de productivité.
14:32Si on change de système,
14:33si on devient plus protectionniste,
14:36si on protège nos entreprises avant d'accepter les produits chinois,
14:39si on arrête d'importer à tout va des produits de moins bonne qualité,
14:42moins chers, c'est vrai.
14:44Il suffit de le mettre en place.
14:46Mais nous sommes pour une politique de rupture.
14:49Vous avez raison.
14:50Alors que l'effet de la réforme des retraites,
14:51c'est immédiat.
14:52Si on continue comme actuellement,
14:54et je sais que vous le savez,
14:55on va dire demain, c'est un an de plus,
14:57puis dans deux mois, on se retrouvera,
14:59on dira qu'il y a encore un trou dans la caisse,
15:00parce qu'il n'y a plus d'emplois,
15:01et bien c'est encore un an de plus,
15:02et on va continuer.
15:03C'est comme une jambe gangrénée.
15:04Soit vous soignez la gangrène,
15:06et ça va mieux,
15:07soit vous coupez un centimètre chaque jour.
15:09Et vous êtes sûr que ça va être raccord,
15:14Marine Le Pen et Jordan Bardella,
15:16sur le sujet des retraites ?
15:17Parce que, surtout depuis qu'on sait
15:19que le conseiller économique de Jordan Bardella
15:22s'est fait virer hier.
15:23Mais Jordan n'a jamais dit autre chose.
15:25Ce qu'a dit Jordan, c'est une mise en perspective,
15:27et il a raison.
15:28Jordan se place dans la perspective
15:29d'être Premier ministre.
15:30Comment j'applique, moi, aux manettes,
15:32les mesures qui ont été portées par la candidature ?
15:34Mais il n'est pas sur les mêmes positions
15:35que Marine Le Pen sur les retraites.
15:36Effectivement, la dégradation des chiffres
15:39nous amène en permanence à refaire nos calculs.
15:42Mais il y a un calcul très simple,
15:43et il ne vient pas de moi,
15:43il vient de la presse.
15:44Si la France avait le même taux d'employabilité
15:46des jeunes que l'Allemagne,
15:48il n'y aurait en France aucun problème de retraite.
15:52Et ils ont la retraite à 37 ans en Allemagne, précisément.
15:54Et ils cotisent, probablement,
15:56mais ils cotisent beaucoup moins.
15:57On ne peut pas dire aux Français,
15:58vous êtes parmi les Européens qui cotisent le plus,
16:01et on va aligner votre régime
16:02sur ceux qui cotisent le moins.
16:03Il y aurait une forme de double peine
16:05qui ne serait pas acceptable une fois encore.
16:07La volonté politique,
16:08c'est que les gens puissent avoir une retraite paisible.
16:11En tout cas, le dernier mot,
16:12il faut relancer l'économie.
16:13Sur la réforme des retraites,
16:14c'est donc Marine Le Pen qui l'a eue.
16:16C'est vrai que Jordan Bardella ne dit pas la même chose.
16:18On verra quel est son discours demain,
16:20puisqu'il donnera une interview à Mairie Chantray
16:22pour BFM TV.
16:23Un autre sujet dont on parle beaucoup,
16:25on verra, on écoutera attentivement,
16:27dont on parle beaucoup,
16:28c'est les salaires.
16:29Comment augmenter les salaires ?
16:30Comment réduire la différence
16:32entre le salaire brut et le salaire net ?
16:34Nouvelle proposition de Bruno Retailleau.
16:37En tout cas, c'est la première fois
16:38qu'il le formule comme ça.
16:40Écoutez, aujourd'hui, c'était sur le terrain.
16:42Moi, ma solution,
16:43c'est qu'avec une petite demi-heure de plus par jour,
16:46on effacera à partir de la 36e heure,
16:49il n'y aura plus aucune charge sociale
16:52sur les salaires.
16:53Ça voudra dire que c'est quasiment
16:56deux mois de plus de salaire par an,
16:58à condition d'accepter
16:59de faire une petite demi-heure de travail par jour.
17:03Et ce sera bon pour le salarié
17:04qui aura plus de pouvoir d'achat
17:06et ce sera bon pour l'entreprise
17:08parce que la zéro cotisation sociale
17:10s'appliquera aussi pour le chef d'entreprise.
17:13Ça diminuera le coût de l'embauche,
17:15le coût du travail de 35%.
17:18Jérôme Guège,
17:19j'aimerais vous entendre
17:20sur cette proposition de Bruno Retailleau.
17:23On a l'impression que la petite demi-heure de plus,
17:26c'est pour mieux faire passer la pilule.
17:31Ça s'appelle supprimer ou revenir sur les 35 heures
17:35et passer à la semaine de 37h30 ou 38 heures,
17:38si j'ai bien compris.
17:40Et c'est parmi la réflexion la plus essentielle.
17:43Il y en a plusieurs qui vont vous dire
17:45qu'il faut travailler plus longtemps dans la vie.
17:47Edouard Philippe, il est sur la retraite
17:49à 65 ou 67 ans.
17:51Bruno Retailleau, il est pour la semaine
17:54de 37h30.
17:57Je suis sûr qu'il y en a bientôt un autre
17:59dans le concours Lépine des mesures
18:00qui va nous dire qu'on pourrait supprimer
18:02une semaine de congés payés tant qu'on y est.
18:04C'est à peu près l'équivalent d'ailleurs
18:05la proposition de la mesure de M. Retailleau.
18:10Tout ça n'est pas sérieux.
18:10Sur ce point, Guillaume Tabard a une question
18:12à vous poser, Jérôme Gage.
18:14Allez-y, Guillaume.
18:15Oui, M. Gage, sur le sujet précédent,
18:17sur les retraites, vous nous disiez
18:18qu'en fait, il faut que chacun puisse choisir
18:21le moment où il veut partir,
18:23s'il accepte de cotiser plus longtemps,
18:24moins longtemps, etc.
18:25Est-ce que finalement, en matière de temps de travail,
18:27ce que propose Bruno Retailleau,
18:28ce n'est pas la même chose ?
18:29Vous êtes au 35 heures,
18:30vous avez votre salaire de 35 heures,
18:32mais si vous voulez travailler une meilleure
18:34de plus par jour,
18:36il y aura un peu plus de salaire.
18:37Ça peut être aussi un choix à la carte
18:40proposé aux salariés ?
18:41Qui peut donner envie à certains Français.
18:43Est-ce que M. Tabard,
18:46vous avez la naïveté de penser
18:48que le rapport entre le salarié
18:49et son employeur est un rapport équilibré
18:51dans lequel le salarié n'est pas aussi
18:54sur la pression légitime parfois
18:56de l'employeur ?
18:58Il y a la possibilité de travailler
19:00des heures au-dessus de la durée légale,
19:02et ça s'appelle des heures complémentaires
19:03ou des heures supplémentaires,
19:05qui ont un régime social et fiscal
19:06qui est différent,
19:07qui d'ailleurs a été considérablement allégé
19:10dans le passé.
19:11Et donc je trouve que
19:12ne dire que la question
19:13de l'augmentation des salaires
19:15ne passe que par l'augmentation
19:17de la durée du travail,
19:19ça n'est pas suffisant
19:21et ça n'est pas sérieux.
19:22Il y a un enjeu
19:23qui est celui du partage de la richesse.
19:25Et moi je le dis,
19:25il faut créer plus de richesses
19:27dans le pays.
19:28Il faut produire plus.
19:29Mais pour produire plus,
19:31il faut travailler tous
19:32et travailler mieux.
19:33Travailler tous,
19:34deux propositions,
19:35travailler tous et évidemment
19:37le taux d'emploi des jeunes
19:38et le taux d'emploi des seniors.
19:40Et c'est la raison pour laquelle
19:40je ne suis pas pour
19:41qu'il y ait cette paresse
19:43et ce confort
19:44d'un certain nombre d'entreprises
19:45qui se séparent
19:46passé 50 ou 55 ans
19:48de leurs salariés âgés
19:49parce qu'ils leur coûtent trop cher
19:50alors même qu'ils sont
19:52dépositaires d'expérience
19:53et de savoir-faire.
19:54Et puis dans le travail et mieux,
19:56il y a améliorer
19:57l'organisation du travail.
19:58Et vous voyez,
19:59je livre une proposition.
20:00C'est celle de la semaine
20:01en 4 jours.
20:02Je n'ai pas dit de 4 jours.
20:04D'une semaine
20:05où on s'organise
20:06sur 4 jours
20:07en travaillant
20:08les 35 heures
20:09donc réparties
20:10sur 4 jours
20:11sur la base
20:11du volontariat
20:12et de négociation
20:13parce que dans ces conditions
20:14quand les gens sont volontaires
20:16pour le faire,
20:17alors on libère du temps
20:18et toutes les expériences
20:19qui ont été conduites
20:20se traduisent
20:21par une amélioration
20:22des gains de productivité.
20:23Il y a moins d'absentéisme,
20:25il y a plus de productivité
20:27et donc on produit plus.
20:28Je préfère qu'on négocie
20:29ce type de solution
20:30plutôt que de jeter en pâture
20:31l'allongement de la durée
20:32de travail pour tous
20:34sans aucune réflexion.
20:36Merci Jérôme Guedj.
20:38Je veux remercier
20:38celui qui réalise ce duplex.
20:40Si on pouvait me rappeler son nom,
20:41c'est important de saluer.
20:42Thierry Bouillet,
20:43merci beaucoup.
20:43Je vous voyais lever les oeufs au ciel.
20:45Non, non, pas du tout.
20:46Moi aussi.
20:47Mais non.
20:48Je pense que là encore
20:49on prend le problème
20:50par le mauvais bout
20:52pour augmenter les salaires.
20:54D'abord...
20:54La petite demi-heure en plus, non ?
20:56Non, mais s'il y a des accords de branches,
20:57pourquoi pas,
20:58et que les salariés sont d'accord ?
20:59Oui, mais on ne va pas
21:01tout rechanger.
21:01Non, je pense que ce qu'il faut déjà
21:02c'est aider les chefs d'entreprise
21:04à augmenter leurs salariés.
21:06Nous, ce qu'on propose
21:06c'est que si vous augmentez
21:08vos salariés de 10%,
21:09ces 10% jusqu'à trois fois le SMIC
21:11sont exonérés de charges patronales.
21:14C'est gagnant-gagnant.
21:15L'État ne perd rien
21:16parce que c'est un impôt
21:16qui ne touchait pas.
21:17C'est bon pour l'employeur,
21:19c'est bon pour le salarié.
21:20Ça veut dire aussi
21:21qu'il faut alléger
21:22les coûts des entreprises,
21:23notamment en supprimant
21:24un certain nombre d'impôts
21:25de production qui nous rendent
21:26moins compétitifs
21:27et qui grèvent le budget
21:29des entreprises
21:29en arrêtant avec un certain
21:30nombre de normes,
21:31ce qu'on appelle l'impôt paperasse
21:32qui chaque année coûte
21:34au minimum des estimations
21:3520 milliards par an
21:37et c'est vraiment
21:37un tout petit minimum
21:38aux entreprises
21:39et je suis sûr
21:40qu'une partie serait réinvestie
21:41dans les salaires.
21:42Ce sont des mesures de bon sens.
21:44Il n'y a pas les méchants patrons
21:45qui ne veulent pas augmenter
21:46les salariés
21:46et les salariés
21:47qui ne veulent pas travailler
21:48de l'autre côté.
21:49Il y a des gens
21:49qui ont un intérêt commun,
21:50c'est que l'entreprise
21:51elle marque ses bonnes cotisations.
21:54Sauf que les normes
21:55permettent aussi
21:56de préserver souvent
21:57la santé des Français
21:58et on a vu
21:59avec tous les scandales
22:00récents
22:00que c'était très important.
22:02Elles permettent aussi
22:03de préserver l'environnement,
22:05en tout cas d'essayer
22:05d'éviter que ça se dégrade
22:06le plus vite possible
22:07et si vous avez vu,
22:08si vous avez subi,
22:09je ne sais pas
22:10où vous étiez cet été,
22:11mais je pense que
22:12les Français ont compris,
22:13ont vraiment compris
22:14que l'heure était grave
22:16et qu'il fallait agir vite
22:18pour contre
22:19le dérèglement climatique.
22:20Et donc,
22:21enlever des normes
22:22environnementales,
22:23c'est tragique.
22:24Il y a un certain nombre
22:24de normes qui sont utiles,
22:26d'autres moins.
22:26Vous avez vu ce qu'on a fait
22:27pour Notre-Dame ?
22:27On a créé un accélérateur,
22:30on a réduit des délais,
22:32on a supprimé
22:32un certain nombre
22:33d'obligations.
22:34Ça a bien marché.
22:35Pour une fois,
22:35le président de la République
22:36a respecté sa parole
22:37dans le temps de fabrication.
22:37Nous, on veut qu'il y ait
22:39des projets d'intérêts nationaux
22:41qui bénéficient...
22:41C'est la nouvelle référence
22:42en la matière,
22:43sauf que Notre-Dame,
22:43elle avait déjà brûlé en l'occurrence.
22:45Des projets d'intérêts nationaux
22:46qui bénéficient
22:46de ce type de possibilités,
22:50allégements des normes,
22:51rapidité des décisions
22:52pour booster notre industrie.
22:54Merci.
22:55C'est-à-dire que l'ennemi,
22:57le bien...
22:58Enfin, vous avez...
22:58Excusez-moi,
22:59j'ai un trou de mémoire,
23:00je suis un peu fatigué,
23:01mais il faut arrêter
23:04avec des normes inutiles,
23:05conserver les normes utiles,
23:06mais aujourd'hui,
23:07parler à n'importe quel chef
23:08d'entreprise,
23:08ils n'en peuvent plus.
23:09Ils passent un tiers
23:10de leur temps à remplir
23:12des paperasses.
23:13Il serait mieux
23:13qu'ils passent un tiers
23:14de leur temps à créer de l'emploi.
23:14Ça va être dense,
23:15cette campagne présidentielle.
23:19Oui, exactement.
23:20Il va falloir prendre le temps
23:23de décrypter,
23:24de faire le tri,
23:25d'analyser.
23:26Ça ne fait que débuter.
23:27d'expliquer comment on tient
23:28ses promesses,
23:29où on va chercher l'argent
23:30qu'on propose de dépenser,
23:32où sont les économies,
23:33où sont les recettes supplémentaires.
23:35Il va falloir des propositions
23:37claires, concrètes, solides.
23:39Vous lirez notre contre-budget
23:40qu'on attend toujours ce soir.
23:42Et interview, je le précise,
23:43de Jordan Bardella,
23:44demain sur BFM TV.
23:47Il répondra à Marie Chantret.
23:50Juste dans ce contexte,
23:51je précise que l'agence
23:52de notation Fitch,
23:53puisqu'on a beaucoup parlé
23:54de la situation budgétaire
23:55de la France,
23:56elle maintient la note
23:57à plus de la France.
23:59Et sa perspective stable,
24:01c'est important de le dire,
24:02c'est plutôt une bonne nouvelle
24:04dans le contexte actuel.
24:06La France, elle va devoir emprunter
24:07plus de 300 milliards d'euros
24:09cette année.
24:09Et on redoutait une dégradation.
24:11Et à chaque fois que la note
24:13est dégradée,
24:14le taux d'intérêt augmente.
24:15Et à chaque fois que le taux
24:16d'intérêt augmente,
24:17on paye de plus en plus.
24:181% de taux d'intérêt en plus,
24:20c'est 3 milliards de euros
24:23de dépensés la première année.
24:24Ensuite, c'est cumulatif
24:25et ça devient de plus en plus cher.
24:27Donc, c'est évidemment fondamental
24:29que de garder ces notes
24:31et que de garder une sorte
24:32de crédibilité,
24:33un gage de sérieux
24:34auprès des marchés financiers,
24:35ça n'est pas leur faire allégeance,
24:36c'est simplement essayer
24:38d'éviter un dérapage supplémentaire.
24:40Voilà, l'agence Fitch,
24:41donc agence de notation
24:42qui devait réévaluer cette note,
24:44eh bien, la maintient
24:46à son même niveau.
24:46Merci beaucoup à tous les trois
24:48d'avoir été sur ce plateau.
24:49Merci d'avoir été sur ce plateau.
24:49Merci à vous, Laurent Jacobelli.

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