00:00Je voulais qu'on parle également d'un autre sujet au combien sérieux également, celui de Crépaule.
00:04Alors on a le sentiment que les choses avancent, le Figaro a notamment fait des révélations
00:08trois semaines après avoir été retenu par les justes d'instruction.
00:11Le caractère raciste des violences de Crépaule est de nouveau contesté.
00:16Dans son réquisitoire définitif complémentaire, le parquet de Valence maintient que les éléments recueillis
00:21au cours de l'enquête ne permettent pas de retenir la circonstance aggravante de racisme anti-blanc.
00:26Et alors le Figaro a eu accès justement aux auditions de ces 14 mises en examen pour le meurtre de
00:31Thomas Perrotto.
00:32Ils ont été réentendus évidemment.
00:34Le 20 juillet, les juges de Valence l'ont retenu, désavouant leur avis de mi-juin aux grands dames du
00:39parquet
00:39qui contestent ce revirement inédit.
00:41La quasi-totalité des mises en cause, bien sûr, nient tout propos raciste.
00:45Ils ont été interrogés sur leur usage du mot « français ».
00:48Plusieurs revendiquent leur identité française.
00:50Ils évoquent un langage de rue non péjoratif.
00:52Il y a des échanges Snapchat qui ont été également observés, postérieurs évidemment,
00:57qui contiennent aussi des propos qui sont hostiles aux juifs, à la police, à la France de manière générale.
01:03Le parquet de son côté juge de toute façon que ces témoignages sont minoritaires et contradictoires
01:07et pour être tout à fait complètes.
01:08Une ordonnance de mise en accusation attendue en septembre
01:12tranchera avant au procès aux assises de la Drôme envisagée pour 2027
01:16qui devrait véritablement définir les lignes en fait.
01:19C'est-à-dire, est-ce que le racisme anti-blanc aujourd'hui non seulement existe,
01:23mais par ailleurs est-il reconnu ?
01:25Je vous propose pour commencer d'écouter Aurore Berger.
01:29Elle était ce matin sur Europe 1 et CNews.
01:31Et alors pour elle, le racisme anti-blanc existe.
01:33Il faut regarder la réalité en face.
01:36Les magistrats d'ailleurs ne sont pour l'instant pas pleinement d'accord
01:39sur la qualification sur le racisme anti-blanc.
01:43Mais il existe le racisme anti-blanc, Aurore Berger ?
01:47Oui, moi je l'ai déjà dit.
01:48Parce qu'à un moment, je pense qu'il faut juste voir ce qu'il y a à voir.
01:51Et voir ce qu'il y a à voir, c'est qu'il y a des racismes de nature différente
01:55qui entraînent des faits de nature différente.
01:57Il peut y avoir des discriminations parce que si quelqu'un serait de telle ou telle couleur,
02:03de telle ou telle origine,
02:04mais niait et refusait la qualification de racisme anti-blanc,
02:07je pense que ça ajoute juste encore une fois une forme de malaise,
02:10comme si on n'osait pas dire les termes et les mots
02:12et comme si on n'osait pas regarder en face la réalité.
02:16Bon, Sébastien Ligné, est-ce que le parquet de Valence regarde en face la réalité ?
02:21Écoutez, moi je vais vous citer quelques citations,
02:23quelques propos rapportés de la soirée de Crépole
02:25et vous allez me dire si vous pensez sincèrement
02:27que le racisme anti-blanc peut être écarté.
02:30Premier verbatim.
02:31Je ne sais pas si c'est important, mais dans la bagarre,
02:34j'ai entendu deux points, ouvrez les guillemets,
02:35on est là pour tuer des Français.
02:37Un autre, j'ai entendu l'un d'eux dire
02:39on va tous vous crever les petits blancs.
02:41Un autre dit, quand ça a commencé à partir en vrille,
02:44ils ont dit, on est venu ici pour planter des blancs.
02:47Là c'est tout, ces témoignages-là, ils ont été recueillis.
02:50D'ailleurs pendant des années,
02:52ces traces de PV, ces citations avaient un petit peu disparu.
02:56Ils ne savaient pas exactement où elles étaient passées.
02:58Étrange, curieux.
02:59Et il y a un autre élément très important,
03:01c'est en effet le rapport au mot français,
03:02qu'on l'avait mentionné.
03:03C'est qu'en effet, d'eux-mêmes,
03:05ces jeunes du quartier de la Monnaie
03:07décrivent les jeunes de Crépole
03:09comme c'est les Français.
03:11Alors qu'ils sont Français eux-mêmes.
03:12Ils sont évidemment Français eux-mêmes.
03:14Certains issus de l'immigration.
03:15On voit bien qu'eux-mêmes
03:17sont en train de s'écarter
03:18de leur identité française.
03:20C'est-à-dire qu'ils ne se sentent plus
03:22d'une certaine manière totalement français.
03:23Ou alors ils rejettent une part
03:26de l'identité française,
03:26puisque c'est très révélateur
03:28de ne plus s'inclure là-dedans.
03:31Moi, je vois vraiment,
03:33pour le coup,
03:33on reprend l'expression
03:34le verre à moitié plein dans cette histoire,
03:35que Coror Berger,
03:37une ministre centriste,
03:39reconnaît ce caractère du racisme anti-blanc.
03:41Pardon, mais il y a dix ans,
03:43ça aurait été impensable.
03:44Daïma Moutchou l'avait fait aussi,
03:45d'ailleurs, pendant la Coupe du Monde.
03:46Donc on avance quand même.
03:47C'est déjà ça.
03:48Éric Tecner, comment on explique
03:49ce bras de fer qui est assez inédit,
03:51quand même, entre les juges d'instruction
03:52qui retiennent la circonstance aggravante
03:54de racisme anti-blanc
03:55et le parquet de Valence qui dit
03:56« pas du tout,
03:57les témoignages sont minoritaires,
03:58ils ne comptent pas en gros ».
03:59Déjà, ça montre que la justice est politisée.
04:01C'est-à-dire qu'il n'arrive pas
04:03à se mettre d'accord là-dessus.
04:04Ensuite, je pense que
04:05le parquet de Valence,
04:07qui représente l'État,
04:08est incapable de reconnaître
04:10le racisme anti-blanc
04:11parce que sinon,
04:12ça serait reconnaître
04:1340 ans de politiques du vivre-ensemble
04:15qui sont finalement
04:16un énorme échec.
04:17C'est ça la problématique qu'il y a.
04:19Parce que dans ce cas-là,
04:19il y a une responsabilité directe
04:21de la justice
04:21qui, toutes ces dernières années,
04:23n'a jamais ou quasiment jamais
04:25pris en compte
04:26comme circonstance atténuante
04:27le cas du racisme anti-blanc.
04:29Parce que ce n'est pas juste
04:29une histoire de débat
04:30de parler de racisme anti-blanc.
04:32C'est parce que ça permet
04:33de condamner de façon
04:33bien plus importante.
04:35Et moi, je pense également
04:35à l'ARCOM,
04:36qui a fait une mise en demeure
04:37assez new sur cette question-là.
04:39Notamment, il y a une remise
04:40en cause globale.
04:41Nous allons continuer d'en parler,
04:42Sébastien Ligné et Éric Tecner.
04:44Nous continuons nos débats.
04:45On parlera évidemment encore
04:46de crépoles et ainsi que de politiques
04:48avec le départ de François Durville
04:49du Rassemblement National.
04:50Il est 18h43, à tout de suite.