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  • il y a 6 semaines
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.

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00:00Éric Tecner, Sébastien Ligné, je vous propose d'ouvrir une page de politique désormais.
00:04Alors l'info est tombée, en termes de timing c'était difficile de faire mieux,
00:08l'info est tombée en plein grand oral des candidats de la REF hier.
00:12Alors recrutée par Jordan Bardella au RN,
00:15le conseiller François Durvy ne participera pas à la campagne de Marine Le Pen.
00:20Alors elle était en train de parler hier au MEDEF et l'info tombe à ce moment-là.
00:22Ce polytechnicien libéral de 43 ans a préféré reprendre sa liberté
00:27pour ne pas avoir à défendre auprès des milieux économiques des positions en lesquelles il ne croit pas.
00:33Marine Le Pen s'est exprimée depuis, elle a annoncé ne pas déplorer ce départ mais bien qu'elle l
00:37'avait souhaité.
00:39Sébastien Ligné, je sais que vous êtes un observateur avisé du Rassemblement National, qu'est-ce qui s'est passé
00:44?
00:45Déjà ce qui est très curieux dans cette histoire c'est que François Durvy en effet était devenu conseiller spécial
00:50de Jordan Bardella
00:51mais avant cela il a travaillé dans l'ombre pendant près de 5 ans auprès de Marine Le Pen
00:56alors qu'il travaillait encore dans le privé.
00:58C'est lui qui a été l'entremetteur entre Marine Le Pen et les milieux économiques pendant des années
01:05qui a réussi à casser un petit peu la caricature d'images socialistes que pouvait avoir le RN dans certains
01:11milieux.
01:11Et donc ce n'était pas simplement ce qu'on pourrait appeler le bardelliste ultra convaincu.
01:16Finalement c'est quelqu'un qui travaillait aussi bien avec Marine Le Pen qu'avec Jordan Bardella.
01:19Ce qui rend évidemment ce départ fracassant encore plus curieux.
01:25Là on peut lui reconnaître quand même une certaine honnêteté qui est rare en politique
01:27c'est que je peux vous dire que dans son cas 99% des conseillers seraient restés bien gentiment dans
01:33l'ombre
01:34n'auraient rien fait pendant toute la campagne, auraient pris leur chèque
01:36et auraient avalé des couleuvres et auraient accepté de défendre des idées qui ne sont pas forcément les siennes.
01:41Donc il faut au moins lui reconnaître ça.
01:42Ensuite là ce que ça dit selon moi du RN et de la problématique majeure de ce parti
01:46c'est qu'il n'arrive pas à se défaire de cette image caricaturale de parti un petit peu socialiste
01:53qui a du mal avec le libéralisme
01:55alors qu'en réalité quand on analyse le programme, les positions de Marine Le Pen depuis quelques années
01:59il y a une réelle transformation.
02:01La réforme des retraites, en 2017 on était sur une réforme des retraites 60 ans, point barre pour tout le
02:06monde.
02:07Aujourd'hui c'est une réforme progressive et il ne l'explique jamais.
02:11C'est-à-dire que la réforme des retraites que Marine Le Pen évoque toujours en parlant uniquement du cas
02:16avant 20 ans vous partez à 60 ans, c'est vrai, mais il ne mentionne que cette partie-là.
02:21Il ne mentionne pas l'autre bout de cette réforme des retraites.
02:24C'est-à-dire que dans la réforme Marine Le Pen, si vous avez commencé à travailler à 24 ans
02:27ce qui aujourd'hui n'est pas complètement improbable puisqu'on fait des formations de plus en plus longues
02:31et bien avec la réforme Marine Le Pen, vous avez commencé à travailler à 24 ans, vous partez à 66
02:35ans.
02:36Ils n'en parlent jamais de ça.
02:38Parce qu'ils sont inscrits eux-mêmes dans un espèce de carcan un petit peu socialisant
02:42dont ils n'arrivent pas à se défaire alors même que leurs propositions sont beaucoup moins socialistes qu'avant.
02:47On entend Marine Le Pen parler pour la première fois d'ouverture à la capitalisation avec le fonds souverain.
02:53Donc ça c'est sûrement l'empreinte de François Durvie, mais manifestement ça ne dure pas.
02:56Pas forcément, mais ça aurait été improbable il y a cinq ans d'entendre Marine Le Pen parler de fonds
03:00souverains,
03:01de capitalisation.
03:02Ça aurait été improbable d'entendre parler de coupes sur les normes, de suppression d'impôts sur la production.
03:09On sent qu'il y a un réel tournant libéral au RN dans le programme.
03:12On a l'impression qu'ils ont tellement internalisé le fait qu'ils ont une fibre sociale
03:16qu'ils ne souhaitent pas mettre en avant cette fibre libérale.
03:19C'est très curieux en fait.
03:20Éric Tecner, est-ce que c'est une mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen ?
03:24Est-ce que ça donne quand même une mauvaise image ?
03:26Surtout en plus quand on regarde le timing, elle était au MEDEF,
03:28elle était précisément en train de parler à des patrons.
03:31Et c'est François Durvie qui évidemment a beaucoup œuvré,
03:33Sébastien Ligné l'a rappelé, ces dernières années,
03:35à justement faire en sorte que le RN ait une vraie relation avec le patronat.
03:39Donc est-ce que finalement, c'est quand même pas une très mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen de perdre
03:42un tel conseiller ?
03:43Alors on parle de Marine Le Pen qui est un peu un phénix qui est René de ses nantes,
03:46des cendres, dont on annonce à chaque fois la fin, etc.
03:49Donc c'est toujours très compliqué.
03:50En revanche, effectivement, j'y vois deux problématiques.
03:52Parce que derrière les problèmes humains, évidemment, des départs,
03:55des frustrations qui arrivent dans toutes les entreprises et dans tous les partis politiques,
03:59le premier problème, c'est le message qui est envoyé.
04:02C'est-à-dire pour de potentiels recrutements,
04:04d'énarques, de polytechniciens,
04:07de ceux finalement d'une certaine élite qui manque aujourd'hui au Rassemblement National
04:10et dont le Rassemblement National sait qu'il manque
04:13parce qu'il se rapproche par exemple de leur ancien club des Horaces.
04:16Et donc, quand on voit le sort qui a été réservé à François Durvie,
04:19parce que s'il a fait publier dans le Figaro,
04:22cette annonce au moment Marine Le Pen, évidemment, était en train de parler au MEDEF,
04:26c'est qu'il y a une forme quand même de...
04:27Voilà, il n'y a pas une vengeance,
04:29mais c'est-à-dire qu'on sent qu'il y a de la rongeur.
04:31Il était vraiment mal choisi.
04:32On imagine qu'il n'a pas dû être bien traité.
04:34C'est-à-dire que c'est un peu ce qu'il peut se dire.
04:36Donc, quelqu'un qui est dans le privé,
04:38qui se dit François Durvie, voilà ce qui lui est arrivé,
04:40il n'aura pas envie d'y retourner.
04:41Mais c'est le premier souci.
04:42Et le deuxième, vous l'avez dit, c'est la lisibilité.
04:44C'est-à-dire qu'ils ont travaillé pendant plusieurs années
04:47pour faire en sorte d'envoyer des messages.
04:49Et là, auprès d'un cénacle qui reste un petit cénacle.
04:53Donc, évidemment, la France entière,
04:55ça ne va rien changer, le départ de François Durvie.
04:57Mais ce petit cénacle pour lequel ils avaient consacré tant de dîners,
05:00tant de travail, tant vraiment, ils y ont consacré.
05:03Ils voulaient les convaincre.
05:04Marine Le Pen a quand même rencontré certains patrons du CAC 40.
05:07On sait qu'elle a rencontré notamment dans le club de la Cité,
05:09par exemple Bernard Arnault, Patrick Pouyanné, etc.
05:13Mais là, c'est le message qui suffit d'une certaine façon
05:15à leur renvoyer l'idée, en effet, que c'est un retour en arrière.
05:19Et ça, en termes de lisibilité, c'est un énorme problème.
05:21Les patrons, ils aiment évidemment le fait de pouvoir se projeter sur le temps long.
05:25Et là, neuf mois, c'est complexe.
05:26Mais c'est vraiment curieux.
05:26C'est la première fois qu'on voit ça dans un parti.
05:28Dans ce réflexe.
05:29Un parti qui a le libéralisme un petit peu honteux.
05:31C'est-à-dire qu'ils savent qu'ils ont évolué.
05:34Ils savent qu'ils sont beaucoup moins socialisants qu'avant.
05:37Ils le savent tous.
05:38Tous. Ils ont tous eu le programme.
05:40Ils ont tous participé.
05:40Ils savent qu'il faut s'ouvrir au milieu économique.
05:43Parce qu'ils savent très bien que pour faire 50% des voix,
05:45il va falloir convaincre le bourgeois de droite
05:47qui ne vote jamais pour l'URN jusqu'avant.
05:48Et que ça passe par l'économie.
05:49Ils le savent tous.
05:50Ils ont tous pris cette norme en compte.
05:53En revanche, ils ne veulent pas l'assumer.
05:54Oui, mais parce que ce sont aussi les proches de Marine Le Pen
05:56qui, originellement, étaient élus dans des zones
05:59où, effectivement, ce sont plus des classes populaires.
06:01Et le libéralisme n'est pas du tout un concept.
06:03Donc ils sont beaucoup plus touchés par cela.
06:04Mais le Rassemblement National, initialement,
06:06était le parti le plus libéral dans les années 80-90
06:09avec Jean-Marie Le Pen
06:10qui était, d'une certaine façon, le premier et gagnant de France.
06:13Alors, Éric Tecner et Sébastien Ligné
06:14partons de l'autre côté de l'échiquier politique
06:17et partons du côté de la France Insoumise.
06:19Sébastien Delogu est ressorti libre de garde à vue.
06:22Il sera jugé pour outrage le 13 novembre.
06:24Rappelez-vous, les faits remontent au lundi 24 août
06:26dans l'immeuble du 2e arrondissement de Marseille
06:28où réside Sébastien Delogu.
06:30Trois policiers du service interdépartemental
06:32de la sécurisation des transports en commun en civil s'y rendent
06:36dans le cadre d'une enquête.
06:37Après un premier passage dans la matinée,
06:38ils reviennent vers 15h30
06:40afin d'interpeller un voisin de palier du député.
06:42Et puis, ils accusent désormais Sébastien Delogu
06:44d'avoir tenté de les empêcher d'entrer dans l'immeuble
06:46en faisant barrage avec son corps.
06:48Des insultes ont refusé.
06:50Sébastien Delogu conteste ses accusations.
06:53Éric Tecner, la limite existe-t-elle
06:55chez la France Insoumise ?
06:57On verra dans six mois.
06:58C'est-à-dire qu'ils vont continuer à essayer
07:00de pousser cette limite.
07:01Vous savez, Sébastien Delogu, de toute façon,
07:04s'est inspiré du leader maximo de la France Insoumise,
07:07Jean-Luc Mélenchon.
07:08C'était déjà en 2018.
07:09Lui-même condamné définitivement.
07:10Oui, parce qu'il s'était opposé,
07:11pas seulement aux policiers,
07:12mais également procureurs de la République.
07:15Mais moi, ce qui m'intéresse,
07:16c'est de voir la réaction de l'électorat
07:17de Sébastien Delogu.
07:18Vous savez, beaucoup en ce moment disent
07:19« Ah, c'est scandaleux ! »
07:21On a un député qui fonctionne de la sorte, etc.
07:23Moi, je pense, au contraire,
07:24que c'est une très bonne chose
07:25que Sébastien Delogu soit représentant
07:28à l'Assemblée nationale.
07:29Pourquoi ?
07:29Parce que ça fait des années qu'on dit
07:30que dans une certaine partie de la population,
07:33notamment dans certains quartiers,
07:34notamment dans les quartiers nord de Marseille,
07:36il y a une petite problématique.
07:37Il faut souligner que Sébastien Delogu,
07:38il a été élu député au premier tour.
07:41Je pense également que malgré cette garde à vue,
07:44malgré une possible condamnation...
07:45Il serait réélu au premier tour.
07:46Bien entendu.
07:46C'est un totem, en fait.
07:47Une condamnation est un totem.
07:48Mais oui, absolument.
07:49Et effectivement, Sébastien l'a dit,
07:51il va gagner des voix.
07:52Donc ça en dit plus sur une partie
07:55de la population française
07:56que sur la France insoumise.
07:58Et la France insoumise,
07:59ce sont des politiques,
08:00ils s'adaptent à la population.
08:01Et ils sont le reflet de l'évolution
08:03de la société française, malheureusement.
08:04Un très grand merci Sébastien Ligné
08:06et Éric Tecner de m'avoir accompagné
08:08dans cette première partie d'Europe 1 soir.
08:10L'occasion pour moi de vous rappeler
08:12que c'est la rentrée de la grande famille Europe 1.
08:14De 7h à 9h,
08:16retrouvez Dimitri Pavlenko,
08:17Anissa Haddadi
08:18et toute l'équipe d'Europe 1 matin.
08:20Olivier Delagarde,
08:21Laurence Ferrari,
08:22Vincent Hervouet
08:23et deux nouvelles signatures.
08:24L'économiste Marc Toitier
08:26et la philosophe et essayiste
08:27Julia De Funès,
08:29Europe 1 matin,
08:30présentée par Dimitri Pavlenko
08:32de 7h à 9h.
08:34Chers auditeurs,
08:35on se retrouve tout de suite
08:36juste après une courte page de pause
08:38pour la deuxième partie d'Europe 1 soir.
08:40A tout de suite.
08:40Sous-titrage Société Radio-Canada
08:44Sous-titrage Société Radio-Canada
08:46Sous-titrage Société Radio-Canada

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