00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Adrien Matou de Marianne et Gilles Boutin du Figaro, nous accueillons le ministre de la Ville et du
00:09Logement.
00:09Bonsoir Vincent Jambrun.
00:10Bonsoir.
00:11Merci d'être avec nous Sébastien Lecornu s'est exprimé sur plusieurs sujets et notamment sur un sujet important
00:17qui est celui qui a trait au pouvoir d'achat des Français.
00:21Le Premier ministre qui a annoncé le déblocage de 10 millions de barils de gasoil
00:26ce qui permet au prix de l'essence à la pompe de baisser.
00:31On écoute le Premier ministre.
00:32Nous mettrons donc 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France.
00:40Nous allons les utiliser de manière nouvelle pour agir sur les prix.
00:44Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours.
00:49Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks
00:52ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe
00:54dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole.
01:00Je réunirai à Matignon l'ensemble des distributeurs pour y travailler dans les tout prochains jours.
01:06Voilà donc cette annonce de taille qui est favorable au pouvoir d'achat des Français.
01:10Vincent Jambrun.
01:10Mais pourquoi maintenant et pas en mars dernier ?
01:13D'ailleurs c'est une proposition que Marine Le Pen avait formulée en mars dernier.
01:17Parce que pour que ça ait du sens, il fallait le coordonner à l'échelle internationale.
01:22C'est la réunion qu'a eue le Président de la République il y a quelques jours
01:25de façon à ce qu'on puisse avoir une stratégie coordonnée à l'échelle européenne déjà
01:30et puis de manière générale avec les pays du G7.
01:33Mais ils sont où ces stocks de barils de gazole ?
01:36Ils sont en France et comme l'a dit le Premier ministre, ils ont été achetés avant la crise.
01:41Donc comme ils coûtent moins cher, en les mettant dans les flux de la distribution...
01:44Mais il faut le feu vert des autres pays du coup ? Je ne comprends pas.
01:46Non, c'est pour éviter d'avoir un effet de bord sur le marché
01:50où en fait on baisserait en France en mettant d'un coup nos barils.
01:55Il ne faudrait pas que nos barils partent ailleurs.
01:57Donc l'idée c'est d'avoir une discussion avec les distributeurs
02:00pour qu'on puisse baisser de manière significative le prix du diesel.
02:03C'est vrai pour le diesel de tout à chacun
02:07et c'est vrai aussi pour toute l'essence, ce qu'on appelle le gazole non routier
02:11pour nos pêcheurs, pour nos agriculteurs
02:13et y compris pour les entreprises du bâtiment par exemple.
02:16Donc c'est un effort significatif qui a vocation à permettre cette baisse
02:19sur au moins trois mois
02:20de façon à ce qu'on puisse continuer à vivre dans ce pays.
02:24Adrien Matou.
02:26Est-ce que vous avez l'impression quand même que
02:29vous êtes tellement contraint par la situation budgétaire
02:34que finalement il n'y a pas grand chose à donner ?
02:36Alors on parlera peut-être de la crise des lycéens.
02:38Il paraît compliqué de répondre à cette crise.
02:42Est-ce que vous en êtes finalement réduit à des solutions un peu de dernière chance
02:46comme cette solution par rapport au baril de gazole ?
02:49D'abord rappeler que cette crise, personne ne l'a choisie.
02:51Elle s'impose à nous du fait du contexte international.
02:54Et oui, la crise du carburant et qu'on a toujours eu cette stratégie
02:59de dire on ne va pas faire une politique du chèque
03:02dont on ne sait pas où elle commence, on ne sait pas où elle finit
03:04et qui coûte une fortune sans forcément être capable
03:07de vraiment améliorer les choses.
03:08Et donc on a toujours eu une logique de mesure ciblée, stratégique
03:12pour les grands rouleurs d'un côté
03:14qui a été récemment augmentée pour pouvoir s'adapter
03:18à des prix des carburants qui continuent à augmenter.
03:20Là, on vient effectivement utiliser les stocks stratégiques
03:24avec, merci de le dire, une stratégie qui ne coûte rien aux finances publiques
03:28puisque ces stocks, nous les avions.
03:30L'objectif c'est de pouvoir les mettre à disposition
03:33et en fonction de ce qui se passe, notamment au détroit d'Ormousse et ailleurs,
03:37comment on s'adapte ?
03:39Et effectivement, on est au quotidien en train de regarder
03:43comment ça se passe, quels moyens utiliser.
03:45Ça demande effectivement beaucoup, j'allais dire, d'énergie et de flexibilité
03:49mais c'est la stratégie qui s'applique depuis le début
03:51pour permettre notamment aux Françaises et aux Françaises
03:53qui ont besoin de leurs véhicules et donc de ce carburant
03:56pour aller travailler, pour aller se soigner, bien de pouvoir le faire.
04:00Philippe Boutin.
04:01Le Premier ministre l'a évoqué dans sa prise de parole,
04:03il confie une mission à votre collègue au commerce extérieur, Nicolas Flourissier,
04:07de se rendre dans d'autres pays du type Irak ou autre
04:11pour voir dans quelle mesure on peut trouver de nouvelles capacités
04:18de pétrole, gaz, produits raffinés qui seraient mobilisables
04:21à très court terme, je cite.
04:25Vous ne croyez pas que dans cette période de tension,
04:27toutes les capacités sont déjà mobilisées ?
04:29Est-ce qu'on n'est pas dans des éléments de langage
04:31pour tenter de nous rassurer ?
04:32On doute sérieusement des capacités à débloquer des nouvelles...
04:37Encore une fois, on a une crise majeure à l'international
04:40qui s'impose à nous, qui s'impose à toute l'Europe,
04:42qui s'impose d'ailleurs au monde en réalité.
04:45Et vous avez raison de le dire, il y a une forme de concurrence maintenant.
04:48Chacun est à la recherche des prix...
04:52Concurrence dans les pays voisins, vous voulez dire ?
04:54L'Espagne, l'Autriche, beaucoup de pays qui ont baissé le prix de l'essence.
04:58On parlait de stocks disponibles, et c'est en ça qu'il y a une concurrence.
05:02C'est que chacun à l'échelle planétaire aujourd'hui
05:04cherche à drainer vers lui les stocks.
05:07Et donc évidemment, dans des logiques d'accords commerciaux,
05:10c'est pour ça que mon collègue Nicolas Faurissier est missionné
05:12pour aller négocier des approvisionnements vers la France, effectivement.
05:17Et c'est une bonne nouvelle.
05:18Il y a quelque chose que je ne comprends pas, Vincent Jambra,
05:19parce que vous me dites, oui, on ne l'a pas fait en mars dernier
05:23alors qu'on aurait pu le faire,
05:24parce qu'il y aura eu des effets de bord sur les marchés,
05:27et il y a une cohérence à faire avec les pays,
05:31et notamment les pays européens.
05:32Vous vous souvenez que plusieurs pays européens,
05:34immédiatement, et je parle de l'Espagne, je viens d'en parler,
05:36l'Italie également, la Belgique,
05:38ce qui fait que d'ailleurs, paradoxalement,
05:41les automobilistes français qui allaient faire le plein
05:43en Belgique, en Italie, ou dans les pays fronteliers en Espagne,
05:47se retrouvaient subventionnés par le gouvernement espagnol, belge ou italien.
05:52C'est quand même assez dément quand on y pense.
05:54Aujourd'hui, finalement, on fait ça.
05:56Marine Le Pen, et ce n'est pas du tout parce que c'est Marine Le Pen,
05:58dit qu'ils vont bien finir par,
06:02maintenant aussi, la deuxième chose,
06:03c'est que vous allez finir par baisser les taxes.
06:06Mais je comprends qu'elle dit ça, d'une certaine manière,
06:10parce que je me souviens aussi qu'à une époque
06:12où nous étions, entre guillemets, réglo,
06:15où nous attendions, nous, la France,
06:17que l'Union européenne se mette d'accord
06:19pour que tout le monde achète en même temps
06:21les vaccins anti-Covid,
06:23qu'a fait Olaf Scholz à l'époque,
06:25il est allé lui-même acheter des vaccins pour l'Allemagne tout seul comme un grand.
06:29Alors, moi, je veux bien qu'il y ait une cohérence entre les pays,
06:31mais est-ce qu'à un moment donné,
06:33dans des situations d'urgence,
06:35on ne privilégie pas la souveraineté française
06:37avant les accords entre les pays ?
06:39Ce qui est sûr, c'est qu'on privilégie le fait de protéger les Français
06:41du mieux possible de cette crise internationale
06:43qui, encore une fois, s'impose à nous tous.
06:45On a aujourd'hui des finances publiques,
06:47vous le savez, qui sont en grande difficulté,
06:50et donc on utilise avec parcimonie les moyens
06:52pour faire en sorte que nos pêcheurs
06:54qui ont besoin de carburant pour sortir en mer
06:56et pour pouvoir travailler et gagner leur vie,
06:59donc ne pas sortir à perte,
07:00puissent le faire.
07:01On l'a fait avec une réponse immédiate,
07:03on l'a fait pour les transporteurs,
07:04on l'a fait pour les agriculteurs,
07:05on continue à accompagner ceux qui ont le plus besoin
07:09de ce soutien public.
07:10Mais vous avez attendu que les Français s'appauvrissent,
07:13y compris les pêcheurs et les agriculteurs,
07:15pour qu'enfin vous déliez sortir 10 millions de barils ?
07:20Mais pas du tout.
07:21Encore une fois, on a fait des aides pour les grands rouleurs,
07:24on a fait des aides sectorielles,
07:26parce que l'idée n'était pas d'avoir une logique
07:28de chèque généralisée,
07:30vous venez de le dire vous-même,
07:31la réponse était dans votre question,
07:33vous avez des Français qui ont bénéficié
07:35en Espagne, en Belgique ou en Italie.
07:37Et vous avez attendu que les autres,
07:39et je parle notamment, vous êtes soignant.
07:40On est le pays le plus touristique au monde,
07:44si on baisse le prix à la pompe de manière généralisée,
07:47comme le souhaite d'ailleurs Madame Le Pen,
07:49le résultat c'est quoi ?
07:50C'est qu'on va subventionner tous nos voisins,
07:51on va subventionner les touristes qui traversent notre pays,
07:54je ne crois pas que ce soit le sujet.
07:55Vous pensez que les Italiens ou les Espagnols
07:57regrettent aujourd'hui leur geste en se disant
07:59« Ouh là là, il y a les Français qui viennent faire le plein d'essence ? »
08:01Non, ce n'est pas le sujet.
08:01En revanche, comme personne ne sait combien de temps dure cette crise,
08:05cette subvention et cette baisse qu'ont opérées d'autres pays européens,
08:09ça peut leur coûter très cher si dans un an on y est encore.
08:12Et donc il vaut mieux effectivement aider d'abord et avant tout
08:14ceux qui ont besoin de carburant pour aller travailler,
08:19je prends l'exemple des pêcheurs, des agriculteurs,
08:20ou par exemple le secteur que je connais bien du bâtiment,
08:23et donc cet accompagnement pour les secteurs spécifiques
08:26ou pour les grands rouleurs qui ont été accompagnés,
08:29donc on soutient la France qui travaille, qui a besoin de son véhicule
08:32et de carburant pour aller travailler.
08:33Sébastien Lecornu a mis en place une plateforme pour les étudiants.
08:39On écoute le Premier ministre.
08:40La plateforme, ouverte lundi dernier par le ministre de l'Éducation nationale,
08:44a déjà recueilli plus de 40 000 contributions.
08:47Elle nous permet d'entendre directement celles et ceux
08:50qui ne s'expriment pas toujours.
08:52Certains ont accueilli l'ouverture de cette plateforme
08:54avec moquerie ou dérision.
08:56Ils ont eu tort.
08:57Les 40 000 premières contributions montrent qu'il y avait une attente.
09:01En particulier, on le sait, sur l'organisation du temps scolaire
09:04et sur les conditions matérielles,
09:05ces contributions constituent une matière précieuse.
09:08Elle nous permettra de répondre à ces préoccupations
09:11en lien avec les conseils régionaux.
09:12Tout sera publié en transparence.
09:15Donc on n'a pas le droit de se moquer
09:16quand on trouve la mesure dérisoire, c'est ça Vincent Jean-Brun ?
09:19Ce n'est pas la question, c'est qu'on voit qu'il y a des lycéens,
09:22de bonne foi, qui ont des choses à exprimer
09:24et qui le font quand on leur en donne la possibilité.
09:26Et donc c'est un dialogue qui est ouvert et qui est pertinent.
09:29On ne va pas reprocher au ministre de l'Éducation nationale
09:32et encore moins au Premier ministre
09:33de vouloir tendre l'oreille, tendre la main,
09:36être à l'écoute de nos lycéens.
09:37Non mais on aurait pu le faire avant.
09:39Ce qui est très important aussi dans cette démarche,
09:41c'est de distinguer les lycéens
09:43qui, de bonne foi, ont des choses à remonter
09:44parce qu'il y a des dysfonctionnements,
09:46que ce soit sur leur établissement,
09:48que ce soit sur l'emploi du temps,
09:49et notamment on l'entend beaucoup sur Parcoursup,
09:51et puis ceux qui sont venus saccager,
09:55détruire et violenter tous les autres.
09:57Dans ma circonscription,
09:59les lycéens blessés l'ont tous été
10:01par des voyous qui sont venus cagouler
10:04avec des mortiers
10:05et qui, de fait, ont fini par tirer sur des lycéens.
10:08Parce que dans les statistiques qu'on entend,
10:10et je veux évidemment avoir une pensée
10:11pour tous ceux qui ont été blessés
10:13dans ces moments de rage, de dévastation,
10:17que ce soit le personnel de l'éducation nationale,
10:19les lycéens ou les forces de l'ordre.
10:21Mais on voit bien que là,
10:22il y a quelque chose qui a été totalement instrumentalisé
10:24par la France insoumise.
10:26Je suis élu dans le département de M. Boyard.
10:28Avant même qu'un seul média parle de ces blocus,
10:31il avait déjà commencé à initier le mouvement
10:34dans notre département,
10:35et il se déplaçait comme par hasard,
10:37à peine arrivait-il quelque part,
10:39que les types cagoulés arrivaient derrière
10:40avec les mortiers.
10:41Et quand on est élu de la République,
10:43on porte une écharpe tricolore,
10:44on ne se tient pas tout sourire
10:46à côté de types qui ressemblent le plus
10:48à des mouvements terroristes
10:50avec leurs mortiers, leurs cagouls sur la tête.
10:52C'est inacceptable et il faut le condamner.
10:54Et voyez bien la capacité à dire
10:55on ne mélange pas tout le monde,
10:56il y a les casseurs et on les sanctionnera.
10:58Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'on arrive
10:59avec le texte casseurs-payeurs au Sénat
11:02dès le mois d'octobre.
11:03Et puis, effectivement, les lycéens,
11:05s'ils ont des choses à dire,
11:05on sera là pour les écouter.
11:06On en parle dans un instant.
11:08Vincent Jambres a une pause
11:09et on revient dans un instant sur Europe 1.