00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:0418h48, Éric Tegner et Vincent Roy sont à table avec moi pour commenter l'actualité.
00:08L'actualité c'est ce sondage.
00:10Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe, à égalité au premier tour, écoutez ce qu'en pense le candidat Horizon.
00:17On va écouter Edouard Philippe.
00:17La toute grande multiplicité des candidatures à la fin conduira à une dispersion des voix,
00:21et donc au risque d'avoir au deuxième tour une candidature de Mme Le Pen et une candidature de M.
00:26Mélenchon.
00:26Et donc comment vous venez partager en fait ?
00:27D'abord je pense que chacun fait campagne.
00:29Avec ses caractéristiques, avec ce qu'il pense, avec ce qu'il croit, avec ce qu'il est.
00:32Et c'est très sain, c'est très légitime.
00:34Ne comptez pas sur moi pour dire qu'il ne faut pas qu'il y ait de campagne.
00:36Il doit y avoir une campagne.
00:37Et puis en février, en janvier, le moment venu, je ne saurais pas vous dire quand,
00:41le moment venu, chacun des responsables politiques dans cet espace-là,
00:44devra prendre ses responsabilités.
00:46Moi, comptez sur moi pour prendre les miennes.
00:47Et je suis certain que dans l'espace central, de M. Retailleau jusqu'à M. Attal,
00:53tout le monde saura prendre ses responsabilités.
00:54Bon, alors dans la série Les chiffres et les lettres, ça veut dire qu'il a pris une ardoise
00:59de toute façon, il y aura Attal et puis les 12, 13, 14% iront à moi
01:05et donc je serai plus haut que Jean-Luc Mélenchon.
01:07C'est ça ton calcul ?
01:08Oui, moi je pense que paradoxalement, ce sondage aide Édouard Philippe.
01:11Vous savez, si Édouard Philippe était beaucoup trop haut dans les sondages,
01:14ça ne mettrait pas la pression sur Bruno Retailleau, sur Gabriel Attal.
01:17Il se dirait d'une certaine façon qu'il a de la marge.
01:20Rappelez-vous un peu dans un même ordre d'idée, Marine Le Pen.
01:22Marine Le Pen, quand elle était assez basse en raison d'Éric Zemmour
01:25et que là, les électeurs de droite ont commencé à comprendre
01:28que peut-être Marine Le Pen pouvait ne pas se qualifier en 2022,
01:31il y a eu un report de voix et Éric Zemmour s'est fait complètement aspirer
01:34une partie de son réservoir.
01:36C'est la même chose, je pense qu'on est dans un moment en effet
01:38qui va nous amener jusqu'à janvier et là, il y aura une pression immense
01:41qui va être exercée, évidente sur Attal.
01:43Mais sur Bruno Retailleau, ça ne veut pas du tout dire
01:46que c'est une bonne chose pour lui.
01:48Parce qu'une dynamique, ce n'est pas qu'une histoire d'addition
01:50et que Mélenchon, il est très haut très tôt.
01:53– Ah bien sûr, il est très haut très tôt et que d'une certaine façon,
01:56je pense que Jean-Luc Mélenchon est l'homme aujourd'hui
01:58qui fait la meilleure campagne, de toute façon.
02:00– Et puis à gauche, vous aurez aussi François Hollande
02:02qui va sortir du bois et qui va…
02:05– Non, non mais j'allais en parler,
02:07parce que des voix du centre peuvent parfaitement être captées
02:12par François Hollande.
02:13Donc c'est une donnée…
02:14– C'est une grande primaire qui inclut également François Hollande
02:17d'une certaine façon.
02:18– Voilà, et c'est une donnée très très importante.
02:20– Mais il en profite, il boit du petit lélu.
02:21– Ah oui, bien entendu, puisqu'il les voit se déchirer.
02:23– Convaincu.
02:24– Et donc, François Hollande a eu une carte…
02:27– Non mais attendez, c'est captivant.
02:28– On va en parler dans un…
02:29– C'est captivant de voir M. Faure rappeler à M. Glucksmann
02:33qu'il ne détient pas le Parti Socialiste
02:36et quand M. Glucksmann dit « Oh là là, pas d'alliance,
02:38jamais d'alliance avec les filles »
02:39et que M. Faure, là, est obligé d'abattre ses cartes
02:42en disant « Mais vous n'êtes pas le propriétaire du Parti Socialiste,
02:44c'est un spectacle merveilleux ! »
02:46On aura eu droit quand même, pendant les primaires,
02:49moi je suis toujours contre les primaires, etc.
02:51Mais là, j'avoue que devant ces primaires-là,
02:54j'ai bu du petit lait, c'est extraordinaire.
02:56– Alors justement, vous me tendez la perche,
02:58puisque dans ce débat télévisé,
03:00il y a aussi eu une phrase de Ségolène Royal,
03:03un peu border comme on dit en bon français.
03:06Écoutez, Ségolène Royal, c'était hier soir.
03:08– Moi, je crois qu'au contraire,
03:09il faudrait plus de voix israéliennes et juives
03:13pour dire que ce qui se passe est absolument intolérable.
03:16Parce que c'est ça aussi qui va freiner la montée de l'antisémitisme.
03:20– C'est assez incroyable comme un juif sur Ségolène.
03:23– Les gens mélangent tout, vous voyez.
03:25– Quand elle termine, je vous donne la parole.
03:26– En voyant Gaza, les gens mélangent tout.
03:28Vous voyez, ils se disent, c'est des juifs en général.
03:32Mais non, ce sont les actuels dirigeants,
03:34c'est Netanyahou et ceux qui l'entourent,
03:37qui sont aujourd'hui responsables.
03:39– Vous avez compris quelque chose ?
03:41– Rien.
03:43– Donc, Netanyahou n'est pas juif.
03:44C'est Netanyahou, c'est ça ?
03:46Il y a les juifs et il y a Netanyahou.
03:48C'est particulier quand même, non ?
03:49– Il n'y a pas de pas se dire qu'ils sont antisémites.
03:50– Cette dame a été candidate en 2007 à la présidentielle.
03:54– Elle a été ambassadrice des pôles, etc.
03:56Donc, soi-disant, avec une expertise...
03:58– Le jour où je serai ambassadeur des pôles,
04:00vous m'inviterez dans votre média,
04:02je vous parlerai de...
04:04– Oui, oui, c'est vrai.
04:05– Non, mais ce qui est certain, c'est que...
04:06– Mais n'est pas qu'il ne se passait rien.
04:08– En fait, moi, ce qui me choque, au-delà de la confusion,
04:10c'est effectivement l'injonction.
04:12Et d'une certaine façon, en fait,
04:14elle pointe le doigt sur la communauté juive en France,
04:17sur les Français de confession juive.
04:19Il faut le rappeler, parce qu'elle dit les Juifs,
04:20les Israéliens, etc.
04:21J'ai l'impression qu'ils considèrent qu'ils ne sont pas Français.
04:24Et c'est surtout cette idée...
04:25En fait, elle leur reproche.
04:27En gros, c'est ça.
04:28Et elle leur dit, parce que vous critiquez Netanyahou,
04:30dans le fond, je vous mets dans le même sac.
04:32– C'est ça.
04:32– Et elle crée, finalement, des citoyens de seconde zone.
04:35C'est-à-dire qu'en fait, ce qu'elle était en train de dire,
04:37c'est que le bon Français juif,
04:39c'est celui qui critique Netanyahou.
04:41– Voilà.
04:41– Et l'autre, c'est le méchant.
04:43Et d'une certaine façon, lui, on ne veut pas de ses voix.
04:45C'est ça qui me choque profondément, de son point de vue.
04:49– Surtout qu'il y a des élections bientôt en Israël.
04:54– Bien sûr.
04:55– Bien sûr.
04:56– Bon, écoutez, c'est quand même pas...
04:58Vous avez entendu s'exprimer Ségolène Roya.
05:02C'est quand même pas du haut niveau.
05:05Le débat d'hier soir, c'était pas du haut niveau.
05:08Ça n'intéresse pratiquement personne,
05:10sauf ceux qui commentent la politique.
05:11C'est amusant de les voir se déchirer.
05:14Mais on a oublié un élément.
05:18On parlait de François Hollande, là.
05:20Mais moi, je m'interroge sur le candidat du président de la République.
05:26C'est-à-dire, je me dis, tiens, si je suis dans la tête d'Emmanuel Macron,
05:31quel est mon successeur ?
05:34Et je me dis que si, par exemple,
05:38M. Lecornu arrive en négociant à droite et à gauche,
05:43arrive en négociant à droite et à gauche
05:47à faire passer son budget sans trop d'effroi,
05:51sans trop d'émoi,
05:52eh bien, il pourrait peut-être sortir du chapeau
05:55et d'une certaine manière,
05:57d'une certaine manière,
05:59couper l'herbe sous le pied d'Edouard Philippe.
06:03Et on va avoir, un deuxième tour,
06:05lecornu Hollande.
06:07Mais vous savez, Vincent,
06:10Emmanuel Macron ne pense qu'à lui.
06:12Ah oui, bien sûr.
06:13C'est-à-dire qu'il est incapable de se demander
06:16qui pourrait lui succéder.
06:17Il n'arrive pas à se l'imaginer,
06:19mais véritablement.
06:19C'est-à-dire qu'il nous a toujours montré
06:21qu'il n'avait finalement aucune vision,
06:23qu'il n'y a que lui qui comptait.
06:24On le voit à nouveau ce week-end
06:26quand il fait son caca nerveux
06:28où il ne veut pas aller finalement
06:29parce qu'il est vexé à la messe du pape.
06:32Je pense que lui, c'est après moi le chaos.
06:34Il me fait d'ailleurs un peu penser,
06:35c'est une autre personnalité,
06:36ce n'était pas pour les mêmes raisons,
06:38mais Jean-Claude Godin,
06:39qui n'a jamais réussi sur Marseille
06:40à construire finalement un successeur
06:43et ça a basculé à gauche.
06:45C'est pour ça que ce qu'il n'assume pas,
06:47Emmanuel Macron,
06:48c'est que son meilleur successeur,
06:49ce serait Marine Le Pen.
06:51En tout cas, puisqu'on parlait
06:52de la primaire socialiste,
06:56du débat socialiste à la télévision,
06:58écoutez, puisque vous n'avez pas trouvé ça extraordinaire,
07:01écoutez ce qu'en pensait l'ancien ministre Jean-Yves Le Drian.
07:03Je suis triste de voir ce grand parti de gouvernement
07:07devenir un petit parti de contestation.
07:10C'était malheureusement tous,
07:11si j'ai bien compris,
07:13tous contre Glucksmann.
07:14Donc je trouve que c'est vraiment petit et médiocre.
07:17Tout est dit ?
07:18Jean-Luc Mélenchon réussit deux coups extraordinaires.
07:22Vous me direz, le parti communiste
07:23avait déjà du plomb dans l'aile,
07:25mais là, il l'a totalement...
07:27Il l'a tué,
07:29et là, il est en train de tuer le parti socialiste.
07:31C'est le seul constat qu'on peut faire.
07:32Allez, vive la dynamite !
07:33Merci beaucoup !
07:3418h55, Vincent Roy, Eric Tegner,
07:37dans un instant, le journal de Maëlle Hassani.
07:39Et une page politique, à nouveau,
07:41dans Europe 1 Soir,
07:43avec tout à l'heure à 19h15,
07:45Gilles Platré, maire d'hiver droite de Châlons-sur-Seau.
07:47Vous vous souvenez, c'est celui qui avait interdit
07:49dans son conseil municipal de porter le voile.
07:51A tout de suite !
07:5218h, 20h, Europe 1 Soir.
07:55Pierre de Villeneau.