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  • il y a 5 semaines
Télématin reçoit Ely Sok, responsable de projets pour Médecins Sans Frontières.

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00:00Les 7h16, l'heure de notre invité d'actu et le bilan continue de s'aggraver au Népal après les
00:06inondations apocalyptiques d'hier.
00:08La vague de boue et de rochers, lancée à près de 150 km heure, a fait au moins 472 morts,
00:15plus de 1400 disparus.
00:16Les autorités népalaises parlent de quatre Français qu'on n'a toujours pas retrouvés.
00:21Bonjour Elisoc, vous êtes responsable de projet pour Médecins Sans Frontières.
00:25Merci d'être avec nous ce matin. Vos équipes viennent d'arriver sur le terrain.
00:30Quelle est la priorité absolue ?
00:32La première priorité, c'est déjà tout ce qui est recherche et secours.
00:37Donc rechercher les blessés, les personnes disparues.
00:41On le rappelle, plus de 1400.
00:43Et ça, c'est vraiment le premier chiffre. Donc on peut s'attendre à un chiffre beaucoup plus important.
00:48L'entrée provisoire.
00:49C'est ça. Et ensuite, les référer directement à des hôpitaux ou à des structures de santé qui puissent les
00:55prendre en charge.
00:56Que savez-vous de la situation sur place ? Et comment vont se déployer vos équipes dès aujourd'hui ?
01:01Notre équipe, elle est actuellement à Cadmandou. Elle est arrivée déjà hier.
01:06L'objectif, c'est vraiment d'arriver rapidement sur les lieux.
01:09Donc il y a deux districts qui ont été fortement affectés.
01:13Et le gros challenge, c'est le déplacement, c'est de s'y rendre.
01:17C'est ça.
01:17Parce que quand on voit vos images, on voit très bien, ça a cassé les routes, des ponts, ça a
01:23emporté les centres de santé, etc.
01:26Avec des villages en tirer et de la carte, des zones aussi qui ont été isolées.
01:31Et ça, ça complexifie le travail pour atteindre ces zones sinistrées.
01:35C'est ça. Donc on est en train de regarder comment s'y rendre.
01:38Donc là, ça va être hélicoptère.
01:41Parce que les routes, de toute façon, ça ne sera pas possible.
01:43Alors, ça peut sembler paradoxal après une inondation.
01:46Mais l'urgence, au-delà du premier bilan très provisoire, c'est aussi l'eau potable.
01:51C'est ça.
01:51Pourquoi ?
01:52Alors, parce qu'en général, il n'y a pas accès à de l'eau potable.
01:56L'eau a été contaminée, soit par de la boue, soit par des cadavres d'animaux, etc.
02:01Et ça, ça peut entraîner des épidémies et des maladies diarrhiques.
02:06Donc l'idée, c'est vraiment, l'objectif, c'est vraiment d'apporter de l'eau potable rapidement à cette
02:11population qui a été en plus déplacée.
02:14Il y a des risques sanitaires, c'est ça, dans les jours qui viennent, finalement ?
02:17C'est ça.
02:17Donc il y a une première urgence qui est l'urgence, la catastrophe naturelle, aider les victimes.
02:23Mais ensuite, vraiment, s'assurer que cette catastrophe naturelle ne devienne pas une catastrophe sanitaire.
02:30Donc ça, c'est vraiment par l'approvisionnement d'eau potable, apporter, continuer en fait les soins.
02:37Des réservoirs d'eau, c'est ça. Il y a des comprimés aussi qui peuvent désinfecter l'eau.
02:41Des comprimés, c'est ça. Des centrales, des stations centrales, etc.
02:43Faire des latrines temporaires, ce genre de choses.
02:46Donc l'eau et l'assainissement, c'est aussi important que les soins.
02:48Au regard de votre expérience, peut-on, le pensez-vous en tout cas, espérer retrouver des survivants ?
02:54Et comment faire ? Quel est le premier travail à faire ?
02:58Ça, c'est compliqué à dire. Ce n'est pas mon travail.
03:01Tout ce qui est recherche et secours, c'est plutôt la protection civile.
03:04Nous, notre objectif, c'est vraiment de venir assez rapidement, comme je l'ai dit, pour apporter de l'eau
03:11potable, faire de l'assainissement.
03:13Et aussi s'assurer que les soins puissent être prodigués aux blessés, aux femmes enceintes, aux enfants, aux personnes avec
03:22des maladies chroniques, etc.
03:23Et justement, une fois mise hors de danger, de quoi les populations ont-elles le plus besoin ?
03:30Ont-elles déjà le plus besoin ?
03:32Ça va dépendre, mais dans des situations cimères, c'est beaucoup la mise à l'abri.
03:37Donc là, c'est distribution de bâches en plastique, des kits d'hygiène, parce qu'ils sont tous perdus et
03:43il n'y a plus rien.
03:44Plus de maison, plus de toit.
03:45C'est ça.
03:46Il y a de plus en plus d'épisodes climatiques dévastateurs un peu partout dans le monde, inondations, typhons, cyclones.
03:51Est-ce que nous sommes collectivement prêts à faire face ?
03:54Est-ce que les organisations humanitaires doivent s'adapter, elles aussi, à cette nouvelle donne ?
04:00On doit s'adapter.
04:01Je pense que c'est un gros challenge pour tout le monde, et pas que pour les organisations humanitaires.
04:05Comment s'adapter ?
04:07Il y a une préparation quand même qui doit être faite en amont.
04:10Dans l'anticipation, il y a une surveillance plus accrue.
04:14Donc nous, en fait, ce qu'on essaie de faire, ce qui est compliqué, c'est qu'on a des
04:17projets réguliers dans les différents pays d'intervention.
04:23Et en plus, on doit répondre à ces urgences.
04:26Donc moi, je couvre l'Indo-Pacifique, la zone Indo-Pacifique.
04:29L'année dernière, on a répondu à 10 catastrophes naturelles différentes.
04:34Donc ça, c'est vraiment développer, ça demande la ressource.
04:39Pas que monétaire, mais aussi des ressources humaines, trouver des gens qui puissent être disponibles, etc.
04:44Mais il y a une préparation en amont qui est faite dans la région, avec les autorités sur place, etc.
04:51Et alors, en attendant des millions d'euros quand même, et des ressources débloquées,
04:56on l'a vu, 1,7 million par l'ONU, du matériel médical débloqué aussi par l'OMS pour trois
05:00mois, les trois mois à venir.
05:01Et puis, si vous le souhaitez, vous aussi, chez vous, donnez le Secours populaire qui lance un appel.
05:06Vous avez l'adresse qui s'inscrit sur votre écran.
05:08Merci beaucoup, Elie Sock, pour Médecins sans frontières, d'être venue sur notre plateau.

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