Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions de l'actualité avec Stéphanie Rist, ministre de la Santé.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:03Bonjour Mélanie, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité.
00:05La canicule revient dans le sud alors que la France a connu son été le plus chaud jamais enregistré.
00:09Une surchauffe qui a fait des morts.
00:12Mon invité est la ministre de la Santé, Stéphanie Ries.
00:14Bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui.
00:16Trois mois que ça dure, cette canicule, est-ce que ça tient dans les hôpitaux et les EHPAD ?
00:20Alors, ça fait trois mois qu'on souffre des chaleurs à répétition.
00:24On a effectivement des constatations qu'on peut faire.
00:28Un, que les hôpitaux tiennent, notre système de santé tient.
00:31On a une surmortalité, les chiffres étaient de 7000 personnes décédées fin juillet.
00:40Surtout des personnes dans des milieux isolés, qui habitent seules dans des grandes villes.
00:46Et donc, un hôpital qui tient des personnes isolées sur lesquelles on doit progresser.
00:51Quand on se compare avec nos voisins, si je pense à l'Allemagne, on est nettement en dessous de surmortalité.
00:57Même si un mort de plus et un mort de trop, bien évidemment.
01:02Mais je crois que notre système tient.
01:04Alors, vous disiez, les chiffres de la canicule seront connus un petit peu plus tard, dans quelques jours, quelques semaines.
01:10En 2003, il y avait eu 15 000 décès liés à la canicule.
01:14Il y a malheureusement de fortes probabilités qu'on s'en rapproche, voire qu'on dépasse ce chiffre.
01:19En 2003, il y a eu 15 jours de canicule.
01:21On sera dans un nombre de jours bien supérieur.
01:25Ce qu'on peut dire à ce stade des analyses, puisque Santé publique France va continuer d'analyser cette surmortalité,
01:32pour être bien sûr que ce soit lié à la canicule.
01:35Mais ce qu'on peut déjà dire, c'est qu'il y a probablement moins de décès supplémentaires dans les
01:39EHPAD,
01:40qu'il y a eu des apprentissages depuis la canicule 2003, avec des professionnels mieux formés, des pièces rafraîchies.
01:47Donc on a encore des choses à faire, notamment, comme je le disais, chez les personnes les plus isolées à
01:52domicile.
01:53Donc des progrès dans les EHPAD, dans les hôpitaux, et dans les hôpitaux où il y a eu plus de
01:5830 000 climatiseurs commandés en urgence.
02:01Vous craignez une surmortalité ?
02:03La promesse du Premier ministre a été tenue.
02:05On est à plus de 33 000 climatiseurs installés dans les établissements, dans les hôpitaux.
02:1016 000 dans les EHPAD aussi.
02:12Il faudra accélérer l'année prochaine ?
02:14Il faut de toute façon continuer l'adaptation climatique.
02:17Vous savez qu'on a rénové plus de 40% des hôpitaux ces dernières années.
02:21Nous en avons d'autres à rénover.
02:23Il faut continuer les investissements.
02:24Le gouvernement, on le sait, était à la recherche d'économies.
02:26Vous vous souvenez qu'en 2003, après la première grande canicule historique,
02:29il y avait eu un jour de solidarité qui avait été créé.
02:33La question d'un deuxième jour de solidarité, elle est relancée régulièrement.
02:38Le gouvernement l'a-t-il en tête ?
02:39Alors ce qui est sûr, c'est qu'il y a deux choses pour moi.
02:42Il y a notre modèle de sécurité sociale, notre modèle de protection sociale dont la question du financement doit être
02:48posée.
02:49Et nous sommes dans un moment très bien pour ça, puisque campagne présidentielle.
02:54Donc le financement de notre protection sociale, notamment de l'assurance maladie, doit être posé.
02:59Ça peut être une des mesures comme cela.
03:02Mais en responsabilité sur le budget...
03:05En clair, Stéphanie Riste, la question d'une deuxième journée de solidarité n'est pas exclue.
03:10Ce que je pense, c'est qu'il faut deux choses.
03:13Elle n'est pas exclue.
03:14Nous avons à court terme...
03:16Si je vous entends, vous dites que ça peut être une piste.
03:17Non, mais je pense qu'il faut que nous ayons collectivement dans la société ce débat de comment on doit
03:22financer notre modèle de protection sociale.
03:24Donc une deuxième journée de solidarité, ce n'est pas tabou, c'est ça que je veux dire.
03:26Il y a toute cette piste-là, il y a des gens qui proposent des augmentations de cotisations, il y
03:29en a d'autres.
03:30Les Français feront leur choix en 2021.
03:31Les Français feront leur choix, mais le gouvernement, à l'heure actuelle, ne dit pas non à une deuxième journée
03:35de solidarité.
03:36C'est ma deuxième partie de ma réponse.
03:37Le gouvernement proposera dans ce budget des mesures de maîtrise des dépenses d'assurance maladie pour que notre système tienne.
03:48Alors justement, ça a commencé, puisque depuis le 1er septembre, les arrêts maladie sont limités à un mois renouvelable avant
03:53d'être renouvelés.
03:53Donc éventuellement, combien d'économies vous en attendez ?
03:56Je suis ministre de la Santé.
03:58Ce qui est important pour moi, c'est que les gens aillent mieux et qu'ils aient donc besoin de
04:03moins d'arrêts maladie.
04:04C'est ce que nous mettons en place avec des mesures de prévention, d'accompagnement, que nous faisons avec le
04:08ministre du Travail.
04:10Et nous luttons aussi contre les abus, parce que nous devons maîtriser.
04:13L'open bar, comme dit Édouard Philippe ? Est-ce qu'il y avait l'open bar des arrêts maladie
04:17?
04:17Je ne crois pas à l'open bar, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas renforcer
04:21la lutte contre les abus.
04:22C'est ce que nous faisons.
04:23Les arrêts maladie, c'est 18 milliards d'euros de dépenses l'année dernière.
04:27C'est 7% d'augmentation tous les ans.
04:29Puisque vous sortez un chiffre, le maîtriser ou le baisser ?
04:32Nous devons essayer de diminuer cette augmentation de 7%.
04:34Il y a un objectif ?
04:36L'objectif pour moi, en tant que ministre de l'Assemblée, je le redis, c'est de mieux prescrire les
04:41arrêts maladie en rapport avec les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
04:45C'est de limiter les abus, voire les faire disparaître.
04:48C'est un objectif d'engagement.
04:50Et nous prenons des mesures, il y a des décrets en cours.
04:52Donc chiffrez aussi.
04:53Vous savez que ça fera des économies.
04:55Mais oui, mais quand vous luttez contre les abus, vous vous donnez des objectifs et vous espérez les atteindre.
04:59Et quels sont les objectifs chiffrés, justement ?
05:01C'est ce qu'on fait avec des décrets qui sont actuellement en consultation aux caisses d'assurance maladie,
05:06pour notamment les abus sur les arrêts maladie courts, qui sont très handicapants pour les entreprises, notamment.
05:13Et donc nous avons des décrets, des mesures que j'ai déjà prises.
05:16Certaines qui ont été votées l'année dernière, qui sont mises en place depuis le 1er septembre.
05:20Vous savez qu'on ne peut pas maintenant prescrire un arrêt maladie de plus d'un mois.
05:23Il faut revoir le médecin au bout d'un mois si on ne va pas bien.
05:27Et donc toutes ces mesures vont permettre, évidemment, de diminuer les dépenses.
05:32Et à partir du 1er octobre, il y a les franchises médicales sur les consultations et les médicaments,
05:36ensemble, qui vont passer à 140 euros.
05:38Ce sera le plafond contre 100 aujourd'hui.
05:40Vous avez expliqué que c'était pour suivre l'inflation depuis 2005.
05:44Donc c'est plus 40% d'un seul coup.
05:46Le pli est pris.
05:48Ça veut dire que tous les ans maintenant, ce plafond augmentera au fil de l'inflation.
05:52C'est ce que nous proposons.
05:54L'indexation sur l'inflation, c'est une mesure plus juste.
05:57Vous savez, ce plafond était à 50 euros depuis 2005.
06:00En moyenne, pour les Français, ça va être une augmentation de 10 euros.
06:04C'est vrai que c'est un effort.
06:05C'est un effort, mais nous devons maîtriser nos dépenses.
06:08Sinon, nous ne pourrons plus protéger autant que le fait.
06:11Vous savez, on a le système le meilleur au monde en termes de protection.
06:16Ma responsabilité, c'est de regarder la réalité en face, dans un moment de vieillissement de la population.
06:21Et l'idée, Stéphanie Ries, c'est bien d'aligner ce plafond tous les ans sur l'inflation.
06:25Oui, nous voulons l'indexer sur l'inflation.
06:28C'est très clair, c'est très net.
06:29Donc, ça veut dire que les mutuelles et les complémentaires santé vont devoir prendre le relais et augmenter leurs tarifs.
06:34Dans le dernier budget, vous aviez fait écrire dans la loi, même si c'est un peu bizarre,
06:38que les mutuelles ne devaient pas augmenter leurs tarifs.
06:40Si ce n'est pas le cas, elles augmentent.
06:42Vous saviez que c'était pas tenable.
06:43Alors, je rappelle que ce n'est pas le gouvernement qui avait fait écrire dans la loi.
06:46C'est un amendement du député Gage qui a été voté dans la loi.
06:51Tout le monde savait que c'était pas tenable.
06:52Actuellement, mais surtout, il y a une question de constitutionnalité dont je n'ai pas la réponse,
06:56puisque le Conseil constitutionnel a été saisi par une question de constitutionnalité.
07:01Nous verrons comment ça sera tranché.
07:02Mais ma responsabilité, c'est de travailler avec les complémentaires
07:05pour éviter ces augmentations des mutuelles et des complémentaires.
07:10Toute dernière question, aujourd'hui, c'est la Conférence nationale du handicap.
07:12Vous allez rejoindre Emmanuel Macron dans quelques minutes.
07:15Est-ce qu'il y a eu progrès, par exemple, puisqu'on est en rentrée scolaire,
07:18dans l'accueil des enfants à l'école, des enfants handicapés ?
07:21Oui, c'était une forte volonté du président de la République de changer la méthode
07:25et d'accélérer l'inclusion des personnes en situation de handicap depuis dix ans.
07:30Depuis dix ans, nous avons ces Conférences nationales de handicap
07:33qui permettent tous les trois ans de travailler avec tous les acteurs
07:37pour avoir des politiques publiques qui s'améliorent.
07:39Est-ce que ça s'améliore, par exemple, pour les enfants à l'école ?
07:40Pour les enfants, c'est plus de 62% des enfants qui ont fait une rentrée scolaire,
07:45mais c'est aussi, vous savez, les fauteuils...
07:47Qui ont pu être accueillis dans une école, c'est ça que vous voulez dire ?
07:48Exactement, qui ont fait la rentrée scolaire.
07:50Des enfants en situation de handicap, plus de 62% depuis ces dix dernières années,
07:54mais c'est aussi les fauteuils roulants remboursés à 100%.
07:59Merci, merci Stéphanie Ries d'avoir accepté notre invitation dans les cas de vérité.
08:03Vous en avez dit aujourd'hui que le principe de l'indexation des franchises médicales sur l'inflation
08:08est acté par le gouvernement.
08:10Merci et on se retrouve lundi pour les cas de vérité.
08:12Mireille.

Recommandations