00:0011h-13h, Christine Kelly sur Europe 1
00:04C'est un russe d'origine tchétchène qui a foncé hier soir à Caen après une bagarre près de la
00:13gare.
00:14Cet automobiliste de 26 ans a délibérément foncé sur un groupe de piétons devant un abrébus bilan provisoire
00:23qui s'est alourdi ce matin à deux morts, dix blessés, dont six en urgence absolue.
00:31Le conducteur dans un premier temps après la fuite avant d'être interpellé à Ouistreham,
00:36une enquête pour assassinat et violences volontaires avec armes, est ouverte.
00:40On en parle dans un instant sur Europe.
00:43D'abord, nous parlons de CIOTA un mois après.
00:47Combien de migrants sont éventuellement arrivés en France ?
00:51Je ne sais pas, je commence avec vous peut-être Gabriel Cluzel, ensuite Gilbert Collard, ensuite Grégoire Domini de l
00:57'Observatoire de l'immigration.
00:59En quoi avez-vous été bouleversé par ce qui s'est passé à CIOTA pendant ce 30-31 juillet ?
01:07Là, ça va faire un mois. Gabriel Cluzel.
01:09Oui, c'est vrai que c'est la scène à laquelle nous avons insisté.
01:13Je parle de la scène parce que vous savez que les vidéos qui ont montré la réalité,
01:17et personne n'a nié la réalité de ces vidéos, ont été très décriées parce qu'un certain nombre de
01:22responsables politiques nous ont dit
01:23« Ah non, mais diffuser ces vidéos, c'est mal. »
01:26Vous voyez, c'est entretenir le fantasme autour de l'immigration.
01:31Donc, il ne fallait pas, comme vous l'avez dit, voir ce que l'on voit.
01:36Il y a eu vraiment une criminalisation de la vidéo, de l'image.
01:40Moi, ça me frappe beaucoup. C'est déjà arrivé par le passé.
01:43On l'a souvent vu, ceux qui mettent des vidéos en ligne.
01:45Je pense notamment, vous savez, au moment où à Annecy, il y avait des petits bébés qui avaient été poignardés.
01:51Vous vous souvenez ?
01:52Le moment où Henri d'Anselme était intervenu.
01:56Eh bien, tout de suite, on avait dit « Ah non, non, il ne faut pas diffuser les vidéos. »
01:59Non, mais le sujet, ce n'est pas la vidéo.
02:00Le sujet, c'est ce qui se passe sur cette vidéo.
02:02Comme si les Français étaient des petits êtres sensibles,
02:07et qu'ils n'avaient pas le droit de voir ces images,
02:10ils n'étaient pas capables de regarder la réalité en face.
02:13Moi, c'est vraiment ce point-là qui m'a frappée.
02:16Alors, c'est vrai que c'était des scènes dignes du Candescent,
02:19ce fameux livre de Raspail, un peu visionnaire,
02:22qui date de la fin des années 70.
02:26Et puis, surtout, pourquoi ça a touché les Français ?
02:29Parce qu'ils savent bien qu'en vertu des accords Schengen,
02:33eh bien, quiconque arrive sur un territoire européen,
02:37c'est comme s'il avait déjà un pied en France,
02:38puisque chaque dirigeant européen a les clés des autres pays.
02:43Vous voyez, c'est comme si on avait donné les clés aux voisins,
02:45faites ce que vous voulez, puisque c'est ainsi que cela se passe.
02:48Et d'ailleurs, une députée Vox espagnole me disait,
02:51écoutez, c'est très simple, souvent,
02:53des migrants, comme vous êtes le pays le mieux disant,
02:56traversent notre pays, et puis vont en France.
02:58Voilà, vont en France, parce que c'est là que les prestations offertes aux migrants
03:03sont les plus favorables.
03:06Donc, ce qui se passe à ce État, évidemment, nous intéresse tous.
03:08Alors, j'ai vu aussi minimiser immédiatement,
03:10ah oui, mais en fait, ça fait partie, regardez sur une carte,
03:13ça devrait faire partie du Maroc, vous voyez le processus.
03:17Bon, pour nous dire, non, mais finalement, c'est pas très grave.
03:22On va nous dire que si un jour, la Corse fait l'objet d'une prise d'assaut,
03:26c'est pas grave, parce que finalement, c'est très loin du continent.
03:29Non, mais vous voyez, c'est quand même assez particulier.
03:32Donc, tout cela m'a beaucoup frappé.
03:34Ça a un peu passé sous les radars du fait de l'été, disons-le franchement.
03:37Oui, mais on va revenir là-dessus.
03:38C'est comme si on disait, petite parenthèse, que la Guadeloupe est américaine.
03:41Oui, oui, non, mais on peut dire beaucoup de choses.
03:43D'ailleurs, on parlait des Comores, on ne l'a pas assez rappelé.
03:45Il y a quand même un homme politique, plusieurs hommes politiques,
03:47mais je crois que c'était Fabien Roussel, en premier,
03:49qui avait dit, oui, vous savez, les Comores et Mayotte, c'est le même peuple.
03:52Vous vous souvenez de ça ?
03:54Tout d'un coup, on se disait, oui, mais quand ils ont la même religion,
03:57la même couleur de peau, tout ça, c'est la même culture, c'est le même peuple.
04:00Je ne sais pas, c'est bizarre de la part de la gauche, quand même.
04:02C'est ça. Grégoire Daubigny, je vous donne la parole dans un instant.
04:05Vous êtes directeur des relations institutionnelles de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
04:08Vous aviez souligné ce que dit Gabriel Cusel,
04:10c'est le fait qu'effectivement, il y a une sorte d'attraction par l'économie.
04:18Vous avez fait comme proposition de rendre peut-être moins attractive,
04:21peut-être Mayotte, par rapport à l'immigration.
04:23On en parle dans un instant avec vous, et de Cieuta, et de ce choc de cet été.
04:29Gilbert Collard, vous êtes en ligne avec nous, et pendant toute cette émission en direct sur Europe 1.
04:34Comment avez-vous vécu ces images ?
04:37Je me rappelle de Laurent Lugnès qui a dit « Attention, attention ! »
04:40Le ministre de l'Intérieur a dit « Si vous jouez avec les images, vous jouez le rôle de la
04:48division. »
04:49Comment réagissez-vous, Gilbert Collard, à un mois de ce qui s'est passé à Cieuta ?
04:56On a affaire à des hommes politiques qui ont peur du réel,
05:00et qui s'imaginent qu'en le démentant, qu'en le masquant, ils l'effaceront.
05:07Le réel existe, et ce qu'on a vu, on l'a vu.
05:10Et les commentaires qui veulent nier le réel sont des commentaires névrotiques.
05:16Ça s'appelle le déni en psychanalyse, et c'est très grave, ça rend malade.
05:19C'est la raison du reste pour laquelle on a un État malade, on a des gouvernants malades,
05:23qui savent très bien que ce qu'ils voient, ils le voient,
05:27mais qui s'obligent à dire qu'ils ne le voient pas.
05:30Et ça, c'est du point de vue de l'équilibre général d'un pays dramatique, mais effroyable.
05:36Parce que personne n'est dupe du réel.
05:39Mais il faut se taper le discours d'hommes officiels, de femmes officielles,
05:45qui viennent dire que ce qu'on voit, on ne le voit pas.
05:49C'est insupportable, franchement.
05:50Oui, et ça en dit long sur le journalisme, sur beaucoup de choses,
05:54sur l'utilisation des images, sur le réel, Gilbert Collat.
05:58Mais ça en dit long, surtout sur la névrance du pouvoir.
06:01On a un pouvoir névrotique.
06:03Parce qu'un pouvoir qui refuse de voir le réel,
06:08et qui s'imagine qu'en niant le réel que les gens voient,
06:11ils vont accepter que ce réel n'existe pas, est un pouvoir délirant.
06:15Mais ce qui les dérange le plus,
06:18c'est qu'on se rend compte, quand on voit les images de Ceuta,
06:22que le drame, c'est l'absence de frontières.
06:24Il y a plus frontières.
06:26Et que tout peut arriver, tout.
06:28Rappelez-vous quand même, Erdogan,
06:31qui demandait de l'argent pour ne pas lâcher les migrants.
06:36Le migrant est devenu un instrument de pression économique,
06:41de chantage géopolitique.
06:42D'ailleurs, beaucoup se demandent qui, qui, qui,
06:45aurait peut-être instrumentalisé, peut-être,
06:49ce déferlement de migrants, comme ça, là, d'un coup.
06:52Comme ça.
06:53Et on n'a pas la réponse à la question qui ?
06:54Plusieurs dizaines de milliers, là, comme ça, d'un coup.
06:57Je veux dire, c'est quand même assez surprenant.
06:59On peut se poser des questions, s'interroger,
07:01et se demander pourquoi le 30, le 30-31 juillet,
07:05pourquoi pas un mois avant ?
07:06Pourquoi là ? Pourquoi est-ce que subitement, là,
07:09autant de migrants d'un coup ?
07:10En tout cas, restez avec nous en ligne, Gilbert Collard.
07:13Gréon Adobény, je vous donne la parole sur une question peut-être précise.
07:16Combien de migrants sont déjà arrivés en France ?
07:18Est-ce que vous connaissez la réponse ?
07:19Je vous donne la parole dans un instant.
07:20D'abord, Sarah, qui nous appelle d'Alsace.
07:22Vous vous dites que Ceuta, c'est le scénario qui va arriver en France.
07:27Vous me surprenez, Sarah.
07:29Bonjour.
07:30Oui, bonjour Christine, bonjour tout le monde.
07:32Bonjour.
07:34Je me permettais de dire ça, parce que, en fait, je me dis,
07:40la question, ce n'est pas la stigmatisation loin de là,
07:44comme j'ai pu l'entendre, mais c'est un fait.
07:46L'immigration nord-africaine, ce n'est pas notre culture.
07:50Elle n'est, pour moi, pas compatible avec nos valeurs aujourd'hui.
07:55Et en effet, je rejoins M. Collard, qui dit que si on ne ferme pas nos frontières,
08:00pour moi, j'irais même plus loin, si on n'arrête pas également le droit du sol,
08:05la France ne pourra pas tout absorber.
08:08Et je pense qu'aujourd'hui, il faut choisir vraiment pour protéger les Français d'abord,
08:13ou alors on va subir ce chaos.
08:17C'est une certaine immigration nord-africaine, parce que je connais beaucoup d'immigrés nord-africains
08:21pour qui ça se passe très bien aussi.
08:24Donc c'est une certaine immigration nord-africaine.
08:26Pourquoi ne veut pas s'intégrer ?
08:28Pourquoi ça se passe comme ça ?
08:30C'est vrai que c'est interpellant.
08:31Sarah, on marque une pause.
08:32Restez en ligne avec nous.
08:33Vous appelez d'Alsace, on marque une pause, on revient sur Europe.
08:35Et vous aussi, comme Sarah a appelé Christine Kelly au Standard Europe 1,
08:38je vous redonne le numéro.
08:39Il est donc surtaxé le 01-90-20-39-21, 11h-13h.
08:43Nouvel horaire pour Christine Kelly et vous.
08:46Oui, c'est la rentrée sur Europe 1.