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  • il y a 3 minutes
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03Retraiter la cible des économies, on en parle avec Christine Kelly sur Europe 1,
00:07avec votre invitée chère Christine, François Pyrrha,
00:09fondateur de l'Observatoire à Hexagone et nos auditeurs bien sûr,
00:12auditeurs d'Europe 1, vous appelez Christine Kelly au 01 80 20 39 21 Christine.
00:17Oui, effectivement ce sujet est assez particulier, choquant ou interpellant,
00:22peut-être que vous en êtes d'accord de faire peut-être payer davantage
00:27les retraités face aux économies que doit faire à l'État.
00:32François Pyrrha, vous êtes fondateur de l'Observatoire à Hexagone,
00:36dans le studio d'Europe 1, thèse, antithèse, synthèse.
00:41Dites-nous tout.
00:42Déjà, il faut quand même comprendre pourquoi on se pose aujourd'hui cette question
00:46de faire payer ou pas faire payer les retraités,
00:49c'est qu'on part d'une situation budgétaire qui est catastrophique,
00:51on a le deuxième pire déficit public de la zone euro,
00:54et si on reste au niveau actuel, si on maintient nos politiques actuelles,
01:00ce qui va se passer c'est que ce déficit va mécaniquement augmenter,
01:02même si on ne fait rien.
01:03Pourquoi ? Parce que la charge de la dette va augmenter de 11 milliards,
01:07parce que les dépenses pour les retraites vont augmenter de 12 milliards,
01:10parce qu'il y a à la fois l'impact de l'inflation
01:12et aussi la démographie qui est défavorable et qui augmente les dépenses de retraite.
01:16Puis il y a d'autres dépenses qui doivent augmenter,
01:18notamment les dépenses de défense qui sont prévues dans la loi de programmation militaire.
01:21Ce qui fait que si on veut maintenir notre déficit catastrophique,
01:26et ne serait-ce que le maintenir au niveau actuel,
01:28il faut trouver des économies.
01:30Et la cible fixée par Bercy, qui est une cible qui n'est vraiment pas ambitieuse,
01:33puisqu'elle nous contraint à rester à un niveau déficit catastrophique,
01:36c'est de trouver 30 milliards.
01:37Et ensuite la question qui se pose c'est qui paye ces 30 milliards ?
01:41Parce que ce ne sont pas 30 milliards à payer par la dette,
01:43c'est 30 milliards à trouver en hausse d'impôts ou en baisse de dépenses.
01:46Et l'une des pistes envisagées, c'est effectivement de faire participer les retraités à une partie de cet effort.
01:53Ça importerait combien ?
01:55Alors aujourd'hui, la cible indiquée par Bercy,
01:58c'est que les retraités devraient contribuer à hauteur de 6 milliards sur les 30.
02:01C'est-à-dire 20% de l'effort qui reposerait sur les retraités.
02:04Les retraités représentent 30% de la population adulte,
02:0860% des dépenses de protection sociale.
02:10Donc, à première vue, on pourrait penser qu'il est à peu près logique
02:14que tout le monde participe à l'effort, y compris les retraités.
02:18Seulement, ça intervient dans un contexte un peu particulier
02:20et forcément, ça peut choquer.
02:22Ça peut choquer, effectivement.
02:25François Appierard, fondateur de l'Observatoire Hexagone,
02:28et vous allez nous dire pourquoi.
02:29Pourquoi ça peut choquer ?
02:31Moi, je me pose des questions.
02:32On dit que quand même, c'est la première dépense publique,
02:35la première dépense sociale en France.
02:37C'est ça, c'est 420 milliards par an ?
02:40Absolument.
02:41La dépense des retraites en France est monumentale.
02:43C'est 14% du PIB.
02:45C'est la deuxième plus élevée de l'OCDE en pourcentage du PIB.
02:49Pour vous donner une idée,
02:50420 milliards d'euros de dépenses publiques pour les retraites,
02:53c'est largement plus que ce qu'on dépense pour le RSA.
02:56Par exemple, le RSA, c'est 12 milliards.
02:58Le RSA, ça correspond à une dizaine de jours de dépenses de retraite.
03:02Donc, c'est une dépense qui est monumentale.
03:03Et forcément, gagner 1% ou 2% sur cette dépense de retraite,
03:07on est tout de suite sur des montants qui sont énormes.
03:10Songez que 1% de cette dépense de retraite,
03:13on est déjà sur 4 milliards d'économies.
03:15Donc, c'est un quart de toute la dépense publique.
03:18Mais est-ce que, enfin, j'ai beaucoup de questions dans ma tête,
03:20est-ce que, par exemple, moi, j'entends, par exemple,
03:23Sarah Knafou, entre autres, qui dit,
03:25on peut faire 40 milliards de baisse.
03:27On parle de 6 milliards.
03:2940 milliards de baisse uniquement sur 800 000 fonctionnaires en moins,
03:33sans les virer, si vous pouvez permettre l'expression,
03:35mais avec les départs à la retraite, en les laissant partir.
03:38Pourquoi il n'y a pas d'autres solutions ?
03:41Et pourquoi encore les retraités,
03:44alors qu'ils ont cotisé toute leur vie ?
03:46Ils ont cotisé.
03:47Vous voyez, c'est ce que se posent effectivement comme question les Français.
03:50Deux choses.
03:51Déjà, la première chose, c'est que, oui,
03:52les retraités ont cotisé toute leur vie.
03:54Cela dit, ils ont cotisé à des taux
03:55qui étaient beaucoup plus favorables que les taux
03:57auxquels les actifs actuels cotisent.
03:59Actuellement, le taux de cotisation nominale,
04:01c'est 28% des salaires bruts pour financer les retraites.
04:04Donc, c'est quand même un poids énorme à la charge des actifs.
04:08Un retraité qui est né en 1955
04:12touche au total à la retraite
04:14deux fois plus que ce qu'il a cotisé.
04:16Ce qui n'est pas du tout le cas pour les actifs actuels.
04:19Mais la deuxième chose que vous dites,
04:21c'est qu'effectivement, il pourrait y avoir des alternatives.
04:23On pourrait essayer de trouver l'argent ailleurs.
04:25Absolument.
04:25Sauf que, en raison des politiques qui ont été menées,
04:29nous sommes aujourd'hui dans une situation d'urgence.
04:31Le pays est irréformable
04:33parce qu'on est à quelques mois de l'élection présidentielle.
04:35Donc, ce n'est pas maintenant qu'on va lancer une grande réforme.
04:37Et on est contraint de faire des économies de bout de chandelle,
04:40des économies faciles et de court terme.
04:43Et quoi de plus facile que
04:44de faire un petit ajustement sur les retraités
04:46qui rapportent vite fait 6 milliards d'euros.
04:48Donc, c'est une solution de facilité
04:50qui n'était pas du tout expliquée
04:52dans les programmes politiques
04:53de ceux qui sont à la tête de l'exécutif aujourd'hui.
04:55Et c'est en grande partie pour ça que ça choque.
04:57Vous remarquerez qu'il y a un décalage très important
04:59entre ce qu'on mène aujourd'hui comme politique
05:02et les discours d'Emmanuel Macron
05:04lors de la campagne de 2022.
05:05Et on pourra y revenir.
05:06Et donc, aujourd'hui,
05:08on a cette situation qui est embarrassante
05:10à la fois pour les Français et l'exécutif.
05:12François Pierard, fondateur de l'Observatoire Hexagone
05:15en direct sur Europe 1.
05:17Avant de vous redonner la parole,
05:18ainsi qu'à Gabriel Cluzel,
05:20on a Françoise qui nous appelle des Ronalpes.
05:23De Ronalpes, comment est-ce que vous réagissez
05:27lorsque, par exemple, moi j'ai entendu Roland Lescure
05:30qui dit qu'on n'est pas riches avec 2 000 euros de retraite,
05:33mais on n'est pas démunis non plus,
05:35ma chère Françoise ?
05:38Oui, mais écoutez, bonjour Christine.
05:40Bonjour ma Françoise.
05:43En fait, j'ai l'impression que les retraités
05:46sont responsables de la dette de la France.
05:51Vous le prenez comme ça ?
05:52Ah oui, vraiment.
05:56Alors, c'est sûr qu'il y a peut-être des retraités,
06:01parce que moi, il se trouve, je connaissais,
06:04je ne connais plus de retraités
06:06qui touchaient 6 000 euros de retraite,
06:08mais moi, je ne sais même pas qu'en penser,
06:17parce que les retraités ont travaillé,
06:20ils ont payé.
06:24Moi, personnellement, je touche 10 rentiles de retraite,
06:28puisque j'ai travaillé dans le privé, dans le public.
06:35Et, par exemple, je sais que moi, je touche quelque chose,
06:39Agir Arco, qui est tout à fait à l'équilibre,
06:42alors que je sais que, bon, maintenant,
06:48on veut, enfin, je ne sais pas comment m'exprimer.
06:52En tout cas, ma chère Françoise,
06:54on a très bien compris ce que vous l'avez dit.
06:57Vous avez été très clair, ne vous inquiétez pas,
07:00on va terminer notre émission dans une minute.
07:03Vous avez dit que, je résume ce que vous avez dit,
07:05que vous avez beaucoup de difficultés,
07:07vous dites que vous n'avez pas pourtant
07:09une si petite retraite,
07:11vous dites qu'aujourd'hui, tout augmente,
07:12vous dites qu'on ne peut plus même aider ses enfants aujourd'hui,
07:15et vous dites qu'aujourd'hui, voilà, ce n'est pas normal
07:17qu'on fasse porter aux retraités
07:20le poids de la dette de la France.
07:21Merci infiniment, Françoise,
07:22de nous avoir appelés aux standards européens.
07:24On aime votre expression,
07:26et vous appelez, vous parlez avec vos mots,
07:28c'est ce qu'on aime.
07:29Un message WhatsApp et un mot de la fin rapide
07:31avec Gabrielle et Françoise.
07:33Un peu comme Françoise,
07:34j'ai commencé à travailler à 14 ans,
07:35et là, on va me demander de faire encore des efforts.
07:38C'est inadmissible,
07:39et je suis très en colère.
07:40Juste un exemple,
07:41je devais faire des travaux dans mon petit pavillon,
07:44et bien là, je ne vais pas le faire,
07:45je ne veux pas me mettre dans le rouge.
07:49Et oui, et parfois,
07:50c'est le soin dentaire, santé, etc.
07:52François Piera, le dernier mot,
07:53et ensuite, Gabrielle Cluzier.
07:56Françoise au téléphone parlait des grosses retraites,
07:58et c'est vrai qu'il ne faut pas non plus oublier
08:00que ça existe.
08:01Aujourd'hui, 10% des dépenses de retraite
08:03servent à payer 2,5% seulement des pensions.
08:06Vous avez une minorité de retraités
08:08qui coûtent quand même beaucoup.
08:10Et c'est peut-être aussi eux
08:12qui doivent en partie participer à l'effort
08:14qu'on demande à l'ensemble des Français.
08:15Moi, je suis extrêmement méfiante
08:19avec cette logorée,
08:21enfin, cette rhétorique consistant à dire
08:22qu'il faut faire payer les retraités.
08:25Ils n'ont pas volé leur argent,
08:26ils ont peut-être profité d'une période
08:28qui était plus favorable,
08:29mais à qui est la faute si aujourd'hui
08:30elle est défavorable ?
08:31Il faut se méfier,
08:32parce que vous savez,
08:32la génération d'après,
08:33elle en veut toujours à celle d'avant.
08:34On se dit toujours,
08:35c'était mieux,
08:36ils ont profité.
08:37Vous savez, la génération d'après,
08:38elle va se dire quoi ?
08:38De notre génération,
08:39elle va se dire,
08:39ils n'ont pas eu d'enfants,
08:40ils ont profité.
08:41Et voilà,
08:42et maintenant,
08:42ils voudraient avoir des retraites
08:43alors que la démographie
08:44est complètement en berne.
08:45Vous savez,
08:47on touche aux retraités
08:48parce que c'est décontribuable,
08:49c'est facile d'aller retrouver leur adresse.
08:51Moi aussi,
08:51je suis énervée,
08:52Gabriel.
08:53les dépenses liées à l'immigration,
08:54pardon,
08:55là,
08:56ça,
08:56c'est lavage sacré,
08:57personne n'en parle.
08:58Mais non,
08:59l'aide médicale d'État,
09:00c'est seulement 1,5 milliard.
09:01Une paille.
09:02C'est rien.
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