00:00Grégoire Doubigny qui est directeur des relations institutionnelles de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
00:05Vous êtes dans le sud de l'Europe, merci infiniment d'être avec nous.
00:08Comment vous analysez la visite de Sébastien Lecornu à Mayotte après celle d'Edouard Philippe ?
00:13Et comme le disait, si bien le soulignait, si bien Gilbert Collard,
00:17c'est la première fois qu'Edouard Philippe va sur place,
00:20alors qu'on sait absolument, comme le disait Gabriel Cluzel,
00:23que c'est un département français en grande souffrance à cause de l'immigration,
00:28que c'est peut-être même le CIEUTIN peut-être français, Grégoire Doubigny ?
00:32Alors effectivement, l'île de Mayotte fait aujourd'hui face à une situation, crise migratoire qui est exceptionnelle.
00:38La moitié de la population sur l'île est étrangère,
00:42et la moitié de ses étrangers globalement sont en situation irrégulière.
00:45Donc vous avez un afflux qui est massif, qui pèse sur la vie quotidienne des Mahorais,
00:50un État qui semble impuissant aujourd'hui pour y faire face.
00:54Alors on pourrait aujourd'hui reprendre le contrôle,
00:56il n'y a pas de fatalité,
00:59mais ce contrôle passe par des décisions politiques qui sont d'ampleur.
01:04C'est-à-dire, il faut déjà mettre les moyens matériels sur place,
01:06en termes de force de l'ordre pour contrôler les frontières.
01:09Alors l'État augmente au fil des années ces forces qui sont attitrées,
01:12mais il faut aussi revoir tout notre droit de l'immigration à deux niveaux.
01:17D'abord, il faut rendre l'île moins attractive par rapport à ses voisins.
01:22Le PIB des Comores, c'est seulement un milliard d'euros,
01:25les habitants n'ont pas très peu de dispositifs de soins,
01:29alors qu'ils en bénéficient à Mayotte.
01:31Il y a un dispositif qui n'est pas l'EME, mais qui est un dispositif spécial.
01:33Et il faut aussi en finir avec cette logique de droit opposable à l'immigration,
01:37si vous avez des liens familiaux,
01:39si vous dites être persécuté dans votre pays d'origine.
01:43Donc ça suppose là aussi des changements institutionnels d'ampleur.
01:46Et surtout, il faut engager un rapport de force avec les Comores.
01:49Comme je l'ai dit, les Comores, c'est un pays dont la richesse nationale est d'un milliard d
01:52'euros.
01:53La France reste quand même une grande puissance, elle est capable de le faire.
01:55Ce rapport de force peut se faire aujourd'hui immédiatement sur la question des visas.
01:59On a le moyen d'arrêter de distribuer des visas aux Comoriens.
02:03Elle se fait sur l'aide publique au développement.
02:06C'est à peu près 300 millions d'euros ces dernières années.
02:09Et c'est également sur les transferts de fonds.
02:15Aujourd'hui, 20% de la richesse nationale des Comores sont des transferts de fonds de la diaspora.
02:20Alors ça, c'est plus compliqué parce que le droit européen aujourd'hui
02:23met des contraintes pour bloquer ce transfert de fonds.
02:27Et enfin, c'est aussi la question des droits de douane.
02:30Le Comore bénéficie de droits de douane réduits voire supprimés
02:33du fait de la législation européenne.
02:35Et la France pourrait utiliser ce levier à l'échelle de l'Union Européenne.
02:38Grégoire Doubigny de l'Observatoire de l'Immigration et de la Démographie
02:41en direct sur Europe 1.
02:43Je vais me retourner vers Bruno du Centre qui est avec nous depuis le début de cette émission.
02:47Je ne sais pas si vous avez envie de réagir,
02:49mais je sais que vous nous avez appelé au début sur la présidentielle.
02:53Je pense que tout est lié parce qu'avec notre invité,
02:56notamment Grégoire Doubigny, on parlera dans un instant de Ciota.
02:58Un mois après, combien de migrants sont déjà arrivés en France ?
03:01Bruno, la présidentielle, comme le soulignait Gabriel Cluzel,
03:04l'immigration est au cœur de la présidentielle.
03:06Comment vous réagissez, vous Bruno,
03:09lorsque le Premier ministre actuel Sébastien Lecornu
03:12sera à Mayotte après Édouard Philippe ?
03:14Et Gilbert Collard nous rappelait qu'Édouard Philippe
03:16ne s'était jamais rendu à Mayotte avant.
03:20Oui, oui, oui, tout à fait.
03:22Dans tous les intervenants que j'entends
03:25et qui, pour la plupart des choses qu'ils disent,
03:28je suis d'accord.
03:29Par contre, on en revient toujours, toujours à la même chose.
03:33C'est-à-dire que c'est l'Union européenne,
03:36c'est Bruxelles qui décide de tout.
03:39Là, pourquoi on a une agitation ?
03:41Pourquoi on a des gens qui essaient de nous faire croire
03:43qu'ils ont encore la main sur la politique en France ?
03:46Parce que c'est pour ça qu'ils font de l'agitation.
03:48C'est pour montrer, regardez, moi j'ai des solutions.
03:51Si vous me disiez, voilà ce que je ferai.
03:53Bon, j'étais au pouvoir pendant quelques années,
03:55je ne l'ai pas fait, mais à coup de part.
03:57Maintenant, j'ai compris la leçon.
03:59Bon, la vérité, c'est que tous, en l'état des choses,
04:03ne peuvent strictement rien faire.
04:06Même Xavier Bertrand, qui vient d'annoncer officiellement
04:11qu'il est candidat à la présidentielle.
04:13On l'a après à 11h48 en direct sur Europe 1.
04:16Oui, mais bon, là, en fin de compte,
04:18ils vont faire, sur les mêmes mouvements,
04:20ils vont faire une multitude de candidatures,
04:22parce qu'il y en a qui sont pro-Bertrand,
04:25donc ça fait une certaine masse d'électeurs.
04:27Après, il y en a un autre qui fait une certaine masse d'électeurs.
04:30Alors, ce sont les mêmes, le même parti.
04:31Et puis, à la fin, pour se regrouper,
04:33pour essayer de former une force constitutive
04:37qui pourrait leur permettre, éventuellement,
04:40dans le plus beau de leurs rêves,
04:41d'arriver au second tour des présidentielles.
04:43Bon, c'est voué à l'échec.
04:46Les Français en ont tellement marre,
04:48c'est-à-dire qu'à force d'être pris pour des imbéciles
04:50à longueur de temps,
04:52on voit bien qu'aujourd'hui, tout se dégrade.
04:55On parle de sécurité,
04:56mais la sécurité, même à la limite,
04:58quand je discute avec des amis,
05:00j'ose même plus en parler, eux aussi.
05:03Parce que, qu'est-ce que l'on peut dire encore de plus
05:05sur l'insécurité qui existe ?
05:07– Merci Bruno, de nous avoir rappelé,
05:09parce que sur la sécurité, on en parlera
05:11dans un instant vers 12h30 sur Europe 1.
05:14Merci de lancer aussi ce sujet de la sécurité.
05:17Merci d'avoir été avec nous pendant une heure, quasiment.
05:19– Chroniqueur Bruno.
05:20– Chroniqueur Bruno, qui nous appelle du son.
05:23Vous avez été exceptionnel depuis la présidentielle
05:25jusqu'à Sébastien Lecornu.
05:26Excellente journée sur Europe 1.
05:28Sylvie, je me retourne vers vous.
05:29Vous nous appelez de la Drôme pour parler de la présidentielle.
05:33Je peux peut-être rebondir sur à la fois Xavier Bertrand
05:36qui vient d'annoncer qu'il est candidat
05:37et à la fois, peut-être rapidement,
05:39avant de marquer une pause sur Sébastien Lecornu
05:41qui a annoncé des drones, des moyens de détection,
05:45des bateaux supplémentaires, des renforts militaires
05:47pour lutter contre l'immigration à Mayotte.
05:50– Alors, oui, moi déjà, c'est un monsieur
05:53qui a plein de solutions, alors que...
05:56Mais c'est surtout comment il va le payer ?
05:58Parce que c'est bien beau tout ça, mais on n'a plus d'argent.
06:02D'ailleurs, je ne sais même pas si les Français
06:04se rendent compte de l'état des finances françaises.
06:07Mais on n'a pas d'argent, plus d'argent.
06:09Donc, c'est bien beau de vouloir aider.
06:11Et c'est vrai que Mayotte, malheureusement,
06:13c'est une situation très compliquée,
06:16mais qui n'existe pas depuis aujourd'hui.
06:18Ça existe depuis des années.
06:19Et ça fait des années qu'ils se...
06:20Et maintenant, ils se réveillent aujourd'hui,
06:22alors que je pense qu'ils auraient pu se réveiller bien avant
06:24et peut-être qu'on n'en serait peut-être pas arrivés là.
06:26– Exactement. Sylvie, restez avec nous,
06:28si vous voulez bien, va marquer la pause de midi.
06:30Restez avec nous, peut-être, pour un dernier mot dans un instant.
06:32Et on parlera de Sébastien Lecornu à Mayotte,
06:35de CEUTA, un mois après.
06:37Combien de migrants sont déjà arrivés en France ?
06:39On en parle avec Gregor Andobigny.
06:40Restez avec nous sur Europe 1.
06:41– Sous-titrage Société Radio-Canada –
06:41– Sous-titrage Société Radio-Canada –