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Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On reparle ce soir de la Corée du Nord, vous le savez, remise au centre du jeu,
00:04notamment par le président américain qui a fait part à plusieurs reprises de sa bienveillance
00:08pour le leader Kim Jong-un, le président américain qui a beaucoup varié,
00:13notamment dans son rapport à ce leader nord-coréen.
00:16Écoutez ses archives de déclarations qui datent de 2018, on en parle juste après.
00:23Nous ne pouvons pas avoir un fou balançant des fusées partout.
00:31Et d'ailleurs, on aurait dû souffrir de Rocketman, l'homme fusé, il y a bien longtemps.
00:34Il m'a écrit de très belles lettres, des lettres géniales, et nous sommes tombés amoureux.
00:41Voilà, l'homme fusé, c'était de 2017, quelques mois plus tard, on parle d'amis, on est tombés amoureux,
00:48il y a eu cette rencontre, Sergei Jirnoff, à quoi joue Donald Trump avec ses déclarations surprenantes, peut-être,
00:56et sa bienveillance pour Kim Jong-un ?
00:58Ça, c'est quelque chose de particulier à Donald Trump.
01:01Il peut passer, en fait, du chaud au froid, et plusieurs fois dans la journée.
01:06Nous savons très très bien qu'il avait, par exemple, aussi l'inverse,
01:10il avait des amis avec lesquels il était très très ami, style Elon Musk,
01:14et il ne se séparait quasiment plus, et puis qu'ils sont devenus quasiment des ennemis.
01:18Il y a d'autres conseillers aussi, pendant la première cadence de Donald Trump.
01:22Et puis après, Donald Trump, en fait, c'est quelqu'un qui croit réellement.
01:26Je crois que là, il ne rigole pas, ce n'est pas un stratagème.
01:33Il comprend, enfin, il croit vraiment dans la relation personnelle entre les chefs d'État.
01:38Et donc, quand il a vu Kim Jong-un, en fait, ce qui lui plaît, c'est que c'est
01:46un dictateur,
01:46ça veut dire que c'est quelqu'un qui décide tout seul.
01:49Et donc, en fait, il se dit, puisque, de l'autre côté, c'est un dictateur qui décide tout seul,
01:54si moi, je rentre avec lui dans une relation amicale, ça peut changer la donne par rapport au pays.
02:02Ce sera plus facile.
02:03Ce qu'il oublie aussi, c'est qu'en fait, il y a l'idéologie en Corée.
02:07L'idéologie en Corée, les États-Unis, c'est l'ennemi absolu.
02:11En fait, tout le programme militaire, y compris, par exemple, le programme de missiles,
02:17il vise l'objectif de toucher le territoire des États-Unis
02:20et de le toucher potentiellement avec les armes nucléaires.
02:24Et donc, en fait, Trump, quand il est allé voir Kim Jong-un,
02:28en fait, ça a choqué, ça a étonné beaucoup de gens
02:34parce qu'ils se traitaient de tous les noms, les deux,
02:37parce que Kim Jong-un lui a répondu aussi de la même manière.
02:41En fait, ils le traitaient un peu de parano, de psychopathe, en fait, occidental, etc.
02:46Et puis, à un moment donné, ils se sont retrouvés.
02:49On s'est dit, il y a peut-être quelque chose à retirer de cette histoire.
02:53Et en réalité, ils se sont vus deux fois.
02:55Rien n'a été tiré de ces rencontres.
02:58Il n'y a eu aucun avancement, voire même un regret, une regression,
03:03parce que Kim Jong-un a signé un accord avec Poutine, avec la Russie.
03:07Et cet accord-là, c'est quelque chose qui, là, a changé, du coup, la donne.
03:12Et si vous avez entendu Lavrov actuellement, il parle de changer le monde,
03:18comme si la Russie et la Corée du Nord allaient construire le nouvel ordre mondial.
03:23Et donc, deux États voyous, deux États nucléaires,
03:27deux États qui rejettent les relations internationales et l'ordre mondial
03:32qui a été créé après 1945.
03:34Maintenant, ils se donnent comme les nouveaux progressistes
03:38et qui vont changer la donne.
03:40Bon, Ulrich Bounin, on oublie l'homme fusé, le petit gros.
03:44Maintenant, Trump et Kim Jong-un sont amis.
03:47Est-ce qu'il y a un nouvel axe, au fond, Washington-Pyong-Yang,
03:49qui est en train de se dessiner stratégiquement ?
03:51– Je pense que Donald Trump aimerait bien,
03:54je pense qu'il aimerait bien résoudre,
03:57enfin, arriver à résoudre le problème entre la Corée du Nord et la Corée du Sud,
04:02un petit peu comme il aimerait bien résoudre la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
04:05Mais en fait, le problème, c'est que, je pense que stratégiquement,
04:08il a du mal à saisir certaines choses.
04:09Et surtout, il a du mal à saisir que, en fait, effectivement,
04:13la situation de 2026 n'est plus du tout celle de 2018.
04:16En 2018, Kim Jong-un avait intérêt à donner le change à Donald Trump
04:21parce qu'il espérait des levées de sanctions,
04:23le pays était dans une situation économique extrêmement grave.
04:25En 2026, ce n'est plus vraiment la même chose,
04:27grâce effectivement notamment à ce partenariat extrêmement important avec la Russie
04:32qui, en échange de matériel militaire,
04:34donne de l'argent et des technologies et du pétrole à la Corée du Nord.
04:37Ça a aussi incité la Chine à lever, en fait,
04:40certaines restrictions qui étaient liées au Covid
04:42pour relancer l'économie avec la Corée du Nord.
04:44Donc, au final, Kim Jong-un est dans une situation beaucoup plus stable
04:48et beaucoup plus ferme, on va dire, que celle de 2018.
04:51Donc, dans ce cadre-là, il va peut-être, effectivement,
04:53donner le change à Donald Trump parce que ça n'engage à rien.
04:56Mais il cédera encore moins aujourd'hui
04:58que ce qu'il n'avait déjà pas cédé en 2018.
05:01Donc, c'est un peu quelque chose qui mène à une impasse.
05:04On peut presque même se demander si Donald Trump ne cherche pas là
05:06une espèce de point de fuite vis-à-vis d'une guerre en Iran
05:09qui est complètement lisée.
05:10À la poëille, quand on voit que Pyongyang a fourni à la Russie
05:12des millions d'obus d'artillerie, de mortiers, de missiles balistiques,
05:16d'artillerie à longue portée,
05:17que Volodymyr Zelensky a déclaré récemment
05:19que jusqu'à 50 000 soldats nord-coréens
05:21pourraient venir rejoindre pour combattre sur le front ukrainien,
05:25c'est évidemment en Ukraine un sujet d'inquiétude très fort.
05:31Le sentiment de devoir se battre à la fois contre la Russie,
05:33mais aussi contre la Corée du Nord.
05:35C'est un sujet d'inquiétude en Ukraine,
05:37mais je pense que ça doit être un sujet d'inquiétude
05:38surtout pour l'Europe, aussi pour le monde occidental.
05:41Parce que quand on voit aujourd'hui un pays tout entier,
05:45comme la Corée du Nord,
05:46être carrément co-belligérant à côté de la Russie
05:49et intervenir dans cette guerre européenne et aussi mondiale,
05:54et personne ne s'inquiète,
05:55il n'y a pas d'indignation,
05:56il n'y a pas quelque chose, je dirais,
05:59d'acte significatif contre la Corée du Nord
06:02ou même peut-être les pressions sur les Etats-Unis.
06:06Il n'y a rien, on ne voit absolument rien du tout,
06:08c'est comme si c'était normal.
06:10Après, vous savez, Poutine,
06:11il est un peu légiste dans son âme.
06:14Il fait n'importe quoi des énormes crimes,
06:17mais il veut que ces crimes rentrent dans le cadre juridique qu'il s'imagine.
06:21Donc pour lui, les Coréennes du Nord
06:23ne vont pas aller sur le territoire ukrainien,
06:25elles vont rester en Russie.
06:27Donc pour lui, c'est une sorte d'échange,
06:29de bon procédé.
06:30Lui, on ne sait pas ce qu'il fournit à la Corée du Nord,
06:32mais j'imagine qu'il y a quand même pas mal de techniques
06:36tout ce qui concerne le développement nucléaire.
06:39Et aussi, les Coréens qui seront en Russie,
06:42en face de l'Ukraine,
06:43avec la quantité des militaires et aussi d'armement,
06:47ça doit quand même faire un peu de vague en Europe.
06:51Mais c'est ça qui m'inquiète surtout,
06:52beaucoup plus que les Ukrainiens, je pense qu'ils vont y arriver.
06:55Parce que les Coréennes du Nord,
06:56ils n'ont aucune expérience de se battre contre les drones.
06:58Mais c'est l'Europe qui m'inquiète.
07:00On est en direct avec Antoine O'Larnold,
07:02correspondant à Washington.
07:04Antoine, on parlait à l'instant de la bromance
07:07entre Kim Jong-un et Donald Trump.
07:09Est-ce que ça fait réagir aux Etats-Unis ?
07:15Écoutez, pas vraiment, pas encore en tout cas.
07:17Ce qui a fait réagir surtout,
07:18c'est la décision de Donald Trump
07:19de réduire la participation américaine
07:21dans ces grandes manœuvres militaires
07:23qui ont lieu en ce moment en Corée du Sud,
07:25des manœuvres conjointes
07:27qui ont lieu tous les ans normalement
07:28entre Corée du Sud et Etats-Unis.
07:30Ça, le fait que Trump s'en retire en partie,
07:33c'est critiqué par les démocrates
07:35qui parlent d'une décision stupide et incohérente.
07:38En fait, ce qu'on constate ici aussi,
07:40c'est que finalement, on est dans un schéma
07:42qui se répète chez Donald Trump.
07:44Trump a pris l'habitude de malmener
07:46et d'attaquer ses alliés
07:48et à l'inverse, de cajoler les dictateurs
07:50des pays qui sont généralement hostiles aux Etats-Unis.
07:54C'est le cas avec Poutine,
07:55c'est le cas avec Kim Jong-un aujourd'hui.
07:58Trump a une fascination pour les dictateurs.
08:00Il veut montrer quelque part
08:01qu'il est lui aussi un homme fort
08:03et c'est ça que l'on retient.
08:05Alors, ça a été dit en plateau,
08:06Donald Trump, en fait, est convaincu
08:08qu'il peut régler tous les problèmes du monde
08:10grâce aux bonnes relations
08:11qu'il entretient avec certains dirigeants.
08:13Il pensait régler la guerre en Ukraine
08:15parce qu'il s'entend bien avec Vladimir Poutine.
08:17Il pense peut-être aujourd'hui
08:18pouvoir régler le problème du nucléaire coréen,
08:22nord-coréen, parce que, dit-il,
08:24il a des bonnes relations avec Kim Jong-un.
08:26Trump avait déjà fait le coup
08:27lors de son premier mandat.
08:29Même scénario, il s'était retiré
08:31des exercices avec la Corée du Sud.
08:33Il s'était rapproché de Kim Jong-un.
08:36Il y avait eu trois rencontres à l'époque
08:38entre les deux hommes
08:39et finalement, ça n'avait débouché
08:41sur strictement rien.
08:42Au contraire, même après ces rencontres,
08:44Kim Jong-un avait accéléré
08:45le programme nucléaire nord-coréen,
08:47ce qui montre que la méthode de Donald Trump,
08:49cette méthode sur les relations personnelles,
08:51elle a vraiment ses limites.
08:53Merci Antoine Hollard, en direct de Washington.
08:56C'est Riais-Jeuneuf.
08:56On sait que souvent avec Donald Trump,
08:57qu'il y a des arrières-pensées économiques,
08:59des deals à faire,
09:00on le voit dans toute sa façon
09:02de gérer ses relations avec ses partenaires
09:05dans le monde entier.
09:06Est-ce que là, ça pourrait être le cas aussi
09:07avec la Corée du Nord,
09:08où ça reste un pays complètement,
09:10on va dire, étanche et fermé ?
09:13Il n'y a aucun deal à faire
09:14avec la Corée du Nord.
09:16Qu'est-ce qu'il va acheter
09:18chez les Coréens ?
09:19Et qu'est-ce qu'il va leur vendre ?
09:21Il peut vendre,
09:22parce qu'en fait,
09:23les États-Unis,
09:24il est un peu
09:28omnibulé
09:28par le déficit commercial
09:30international des États-Unis.
09:32Donc, bien évidemment,
09:33il voudrait exporter quelque chose.
09:34Mais ça va renforcer
09:35la Corée du Nord.
09:36Donc, je ne vois pas d'intérêt
09:37pour les États-Unis.
09:40En 2018,
09:40il avait quand même
09:42soumis une idée
09:42à Kim Jong-un
09:43qui était de développer
09:44la côte de Corée du Nord
09:46pour en faire
09:46des complexes de vacances.
09:50Et d'ailleurs,
09:51le nom m'échappe.
09:52Oui, mais en 2018,
09:53ce n'était pas le cas.
09:54Mais du coup,
09:54il avait quand même
09:55cette volonté
09:55d'investir dans l'immobilier
09:58en Corée du Nord
09:59pour en faire
10:00une destination touristique
10:01extrêmement importante.
10:02Effectivement,
10:02depuis, les Nord-Coréens
10:03ont repris l'idée
10:04et ont développé
10:04leur première station de balnéaire.
10:06Mais il y a quand même
10:07toujours ça un peu
10:08dans la tête de Donald Trump,
10:08je pense.
10:09Donald Trump,
10:10en fait,
10:11il pense que
10:11ces questions stratégiques
10:13concernent seulement
10:13comment gagner
10:14un peu plus d'argent.
10:15Donc,
10:16c'est vraiment
10:16son intérêt premier.
10:18Et après,
10:18les intérêts stratégiques
10:19du pays
10:20ou aussi,
10:20je ne sais pas,
10:21le développement
10:21des États-Unis
10:22ou peut-être
10:22travailler sur la dette,
10:24je pense que ça
10:24le dépasse complètement.
10:26Et peut-être,
10:27il a vu que
10:27les Russes
10:28ont développé
10:29cette relation
10:29avec les Nord-Coréens
10:31qui,
10:31maintenant,
10:32la station balnéaire
10:33est remplie par les Russes
10:35parce que les Russes
10:35ne peuvent pas aller
10:36quelque part ailleurs.
10:38Ils sont sous les sanctions.
10:38souvent,
10:39donc ils vont en Corée
10:40et c'est le nouveau
10:41tourisme russe.
10:42Il s'est dit,
10:42peut-être,
10:43il va construire
10:43encore quelques golfs
10:44et il va initier
10:46la population
10:46Nord-Coréenne au golf
10:47parce que
10:48je ne fais absolument
10:49pas confiance
10:50à son approche stratégique
10:51de développement
10:52de quoi que ce soit.
10:53C'est juste
10:53l'intérêt premier,
10:55maintenant,
10:55tout de suite,
10:56ça m'intéresse.
10:57Et en plus,
10:58les résultats catastrophiques
10:59de ces actions,
11:00ça vient d'où ?
11:01Ça vient de son imagination
11:02parce qu'il n'y a pas
11:03réellement
11:03des bonnes relations
11:04avec les chefs d'État.
11:06C'est lui,
11:06c'est Donald Trump
11:07qui s'imagine
11:08d'être dans les bonnes relations
11:09et bien évidemment,
11:10la réalité est tout autre.
11:12Merci,
11:13merci à vous trois
11:13pour votre éclairage
11:14sur l'actualité internationale
11:15ce soir.
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