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  • il y a 10 heures
Charles Luylier accompagné de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Effectivement, bonjour monsieur le Turc et bienvenue sur Europe 1, bonjour.
00:05Merci, bonjour à vous.
00:07Alors, je vais rappeler les faits parce que nous évoquons tout de même ce qu'il s'est passé ce
00:11samedi
00:12du côté de la commune de Verquin, 3500 habitants, c'est près de Béthune.
00:17La mère, Sylvie Beauvais, tassée, a été agressée, coup de poing, insulte, intimidation, véhicule endommagé.
00:25Son tort est le suivant, avoir mis sa voiture à l'entrée d'un parking communal
00:29pour empêcher l'installation illicite de caravanes.
00:32Alors, avant de vous donner la parole, monsieur le maire, je vais d'abord saluer mes deux débatteurs sur le
00:36plateau.
00:37Georges Fenech, bonjour.
00:38Bonjour, Charles.
00:39Ophélie Roch, bienvenue.
00:40Vous aurez bien sûr la parole durant cet entretien.
00:43Vous n'hésiterez pas à questionner, eh bien, monsieur Frédéric Le Turc,
00:48président de l'association des maires du département du Nord-Pas-de-Calais.
00:51Alors déjà, monsieur Le Turc, j'ai eu vent que vous vous étiez entretenu avec madame le maire de Verquin.
00:58Comment va-t-elle, Frédéric Le Turc ?
01:02Écoutez, elle va bien.
01:03Elle a, comme vous l'imaginez, déposé plainte.
01:06Et elle laisse à la justice et aux autorités, en fait, le soin de suivre le dossier.
01:15C'est jamais simple quand on est maire d'être confronté à des situations de cette nature.
01:19Malheureusement, ça arrive.
01:21Et là, en l'occurrence, c'est une confrontation, en fait, sur la base d'une occupation,
01:28une tentative d'occupation, en tout cas, d'un terrain communal
01:32qui n'avait pas lieu d'être occupé par des gens du voyage.
01:36Voilà.
01:36Donc, alors, justement, trois personnes ont été interpellées, dont un mineur.
01:41Un mineur qui est mis en cause dans cette agression, donc, de madame Sylvie Beauvetassé.
01:49Alors, monsieur Frédéric Le Turc, je vais citer plusieurs exemples dans l'actualité récente
01:53que personne n'a oublié concernant des agressions envers les élus
01:57parce qu'il y en a eu 1500 durant les premiers mois de l'année.
02:01Un maire dans la Vienne qui a été agressé par deux hommes cagoulés,
02:05c'était il y a deux semaines.
02:06Le maire de Roubaix, dans le nord, près de chez vous, monsieur Le Turc,
02:10qui a été pourchassé par une voiture, c'était en mars dernier.
02:14Et puis, Christophe Rivain, même si c'est une toute autre ampleur,
02:17c'était le maire d'Alès confronté au narcotrafic dans sa commune
02:21qui a dû être mis sous protection car on avait mis une voiture piégée près de chez lui.
02:26Les temps sont durs, Frédéric Le Turc, vis-à-vis des élus de proximité.
02:30Comment vous l'expliquez ?
02:33C'est difficile, en fait, à expliquer comme ça simplement
02:37parce que les faits que vous rapportez sont des faits différents,
02:41dans des communes différentes, dans des territoires différents.
02:44Il y a quand même un dénominateur commun, je me permets de vous interrompre,
02:47parce qu'il y a de plus en plus, on parle souvent d'ultra-violence,
02:51d'ensauvagement de la société, même si ça ne plaît pas à Laurent Nunez,
02:55mais il y a quand même une société de plus en plus violente
02:57et vous êtes, vous, élu de proximité, parce que vous êtes vous-même
03:00maire d'Aras depuis plus de 15 ans, président de la communauté d'agglomération,
03:05conseiller régional, vous connaissez le terrain par cœur,
03:07vous êtes confronté à la population.
03:10Il y a quand même une violence qui, il y a 15 ans,
03:14quand vous avez été élu et que vous étiez jeune élu,
03:16Frédéric Le Turc était moins présente, on ne peut pas le nier.
03:21Je ne partage pas obligatoirement la manière dont vous exposez les choses.
03:25C'est vrai que la société évolue, c'est vrai qu'on est en dialogue
03:30et en confrontation avec la population, ce n'est pas toujours simple,
03:34parce que la population vit avec des médias et avec une relation humaine
03:41qui est de plus en plus tendue, avec des rapports de dialogues
03:47qui sont de plus en plus difficiles, qui ne sont absolument pas, je dirais,
03:51démontrés dans leur efficacité par les pouvoirs publics
03:56et d'une manière générale par ceux qui s'expriment,
03:59y compris par voie de presse, par voie de télévision.
04:03Donc forcément, ça se répercute aussi dans la manière dont les habitants
04:08dialoguent dans leur territoire, dans leurs communes.
04:13Et malheureusement, on est parfois confronté, quand on est élu en charge
04:18et comme vous le dites en première ligne, à des situations compliquées.
04:22On est plutôt entouré, en fonction de la taille des communes,
04:26par des services qui nous accompagnent, qui sont souvent, eux aussi, en première ligne.
04:32Et il ne faut pas sous-estimer, en fait, le travail que font la police,
04:37la gendarmerie et d'autres forces.
04:40Mais je comprends, en fait, qu'on veuille absolument expliquer
04:44que la société est en hypertension.
04:47Elle est en tension, mais il ne faut pas non plus, en fait, généraliser.
04:51Personne ne dit ça, Frédéric Le Turc.
04:53Il y a des faits que vous rapportez, mais il y a aussi, en fait...
04:57Ces faits ne se sont jamais passés, alors ?
04:59Ces faits ne se sont jamais déroulés ?
05:00Non, ce n'est pas ce que je dis.
05:01Mais je dis simplement que ce sont des faits autour desquels, en fait,
05:05il ne faut pas raconter une histoire de société.
05:08La société, elle est complexe.
05:10Ce qui s'est passé, en fait, à Verquin est complètement lamentable.
05:14Et j'apporte tout mon soutien à notre collègue, et elle le sait.
05:20Mais ce que je dis simplement, c'est qu'il ne faut pas...
05:23Vous la soutenez.
05:24Ferton, bien sûr, vous laisse le dire, mais il ne faut pas trouver, je dirais, dans un commentaire un peu
05:29gratuit.
05:29Non, mais pas du tout.
05:30Simplement, nous, notre métier, M. Le Turc, c'est d'exposer des faits, c'est de les raconter.
05:35Alors, effectivement, vous, vous pouvez tout à fait prendre une distance par rapport à ces faits, les recontextualiser.
05:40Vous le faites très, très bien.
05:41Mais nous, de notre côté, on ne fait que donner les faits, et les élus répondent.
05:45Ophélie Roch, enseignante, souhaite vous interpeller.
05:47Bonjour, M. Le Turc, je suis un peu surprise de ce que je vous entends dire,
05:51parce que je suis d'accord avec vous sur le fait que ce qui s'est passé est lamentable,
05:56mais je n'ai pas honnêtement le sentiment, là-dedans, que les médias aient grand-chose à y faire,
06:01la violence qui est parfois déchaînée, parfois, par des individus,
06:06où je ne suis pas sûre que c'est parce qu'ils aient écouté tel ou tel média qu'il
06:08aurait venu à l'idée
06:09qui puisse, si vous voulez, s'en prendre à une élue.
06:12Moi, par exemple, je travaille avec des jeunes collégiens.
06:14Vous êtes en banlieue parisienne, Ophélie Roch.
06:16Dans des établissements qui sont considérés comme REP+.
06:19Je n'ai pas des élèves qui écoutent les médias traditionnels,
06:23parce qu'ils s'en moquent des médias traditionnels, soyons oufants.
06:27Et si vous voulez, je les trouve quand même, et mes collègues aussi les trouvons,
06:31dans des états, en fait, d'insécurité émotionnelle qui font qu'ils sont excessivement violents.
06:35Donc, je suis très surprise, en fait, que vous ne contestiez pas,
06:39d'une certaine manière, que vous pouviez mettre cette violence-là
06:42un peu en corrélation avec les médias traditionnels.
06:44Je trouve que, pour le coup, c'est un procès d'intention qui me semble un peu étrange.
06:47Je ne sais pas si Frédéric Le Turc a fait un rapprochement aussi direct.
06:51Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.
06:51Frédéric Le Turc, répondez, effectivement, je vous en prie.
06:54Oui, non, ce n'est pas ce que j'ai voulu exposer.
06:56Je dis simplement qu'il y a des faits qui se passent dans certains territoires.
07:01Il y a certaines situations qui sont complètement lamentables et condamnables.
07:06mais il y a aussi beaucoup d'autres choses positives qui se passent dans la société
07:10et qui ne font pas non plus, en fait, à un moment donné.
07:12Très bien.
07:13Je dirais la noircir de manière excessive.
07:16En quoi c'est la noircir de la dire ?
07:18En quoi c'est noircir la situation de décrire ce qui se passe ?
07:24On peut dire les choses sur les marques.
07:25J'aimerais aussi être invité pour parler de choses positives qui se passent dans la société française.
07:31Notre métier de parler des trains n'arrive pas à l'heure, Frédéric Le Turc.
07:35Oui, mais moi, je suis aussi en charge d'un territoire et avec des responsabilités publiques
07:43qui vous disent que globalement, il y a aussi des choses positives qui se passent dans nos territoires.
07:48Là, en fait, c'est un fait particulier.
07:50Malheureusement, ça arrive.
07:52C'est complètement lamentable.
07:54On a besoin, en fait, que l'État prenne ses responsabilités.
07:57On a besoin aussi que la société, en fait, s'unisse autour de ces sujets pour faire front.
08:04Bon, très bien.
08:04Parce que ce n'est pas acceptable.
08:06Mais il ne faut pas non plus, en fait, noircir le tableau.
08:08Georges Fenech souhaite vous poser une question.
08:11Monsieur le maire, s'il ne s'agissait pas d'un fait de phénomène, je dirais, de société,
08:15que cette recrudescence des violences, notamment à l'égard des élus,
08:19comment expliquer que le législateur, le 21 mars 2024, a aggravé les peines prévues
08:24contre ceux qui agressent des élus en exercice ?
08:27On se souvient tous de Jean-Mathieu Michel, le maire de Signe, qui est mort, lui,
08:32parce qu'un véhicule lui avait foncé dessus,
08:34parce qu'il essayait de s'interposer sur des dépôts sauvages d'ordures.
08:38Comment vous expliquer également que l'AMF elle-même avait sollicité le pouvoir exécutif,
08:45je me souviens très bien, et qu'ils ont assuré une couverture fonctionnelle
08:50pour tous les frais occasionnés pour les violences contre les élus ?
08:55Je rappelle que c'est à peu près 2500 agressions par an contre les élus,
08:59dont à peu près 60% de maires qui en sont les victimes.
09:03Comment vous expliquer même, je me souviens, de stages organisés
09:06dans certaines collectivités locales par le RAID,
09:09pour apprendre les premiers gestes d'autodéfense ?
09:13Je pourrais énumérer longtemps, la gravité de ce qui est en train de se passer dans notre pays,
09:18si on n'en parle pas, c'est encore ajouter au malheur des élus qui,
09:22je le rappelle, et je termine par là, environ 40% des maires ne se représentent pas,
09:26parce que précisément ils ne veulent plus se mettre en jeu.
09:30Frédéric Feutur, que répondez-vous à ça ?
09:32Vous avez totalement raison sur le fait que nous sommes confrontés
09:36à des situations de plus en plus complexes,
09:39et vous avez raison quand vous dites que l'association des maires,
09:42l'AMF, à laquelle j'appartiens et dans lequel je joue un rôle particulier,
09:49en fait défend le fait que les élus soient protégés
09:53et pris en compte devant les situations auxquelles ils sont confrontés.
09:58Mais ce que je pense, c'est que si on veut essayer de faire front
10:03par rapport à ces questions-là, il faut que la société,
10:06elle se mobilise effectivement, comme vous le dites,
10:09de manière collective, qu'il y ait un travail qui se fasse,
10:13y compris dans les approches éducatives,
10:17qu'on replace aussi les parents en situation de responsabilité,
10:21qu'on essaye de travailler conjointement pour essayer de retrouver des chemins de dialogue.
10:28C'est le dialogue, en fait, qui est important.
10:29Le dialogue, on a compris.
10:31Je suis élu, je suis maire depuis 15 ans,
10:33mais je suis élu, en fait, en responsabilité depuis une trentaine d'années,
10:37des situations complexes, j'en ai connu avant d'être maire,
10:40y compris dans les quartiers, avec des situations très complexes.
10:43– Question simple, vous êtes président de l'association des maires du département,
10:47est-ce que votre association va se constituer partie civile ?
10:50Va-t-elle porter plainte ?
10:53Réponse en quelques secondes, Frédérique Le Turc.
10:56– La maire, en fait, de Vieux-Vercain a porté plainte,
11:00elle sait qu'on la soutient totalement.
11:03Ce que je souhaite, c'est que la police et la justice fassent leur travail.
11:07– Donc l'association ne va pas déposer plainte, question tout à fait innocente,
11:11l'association ne va pas déposer plainte.
11:13– Ce n'est pas le rôle de l'association que de déposer plainte.
11:16– On l'a déjà vu par le passé, une association des maires peut tout à fait déposer plainte.
11:22– La maire a notre total soutien, et un point sera fait avec la maire et avec le préfet.
11:27Si elle s'est mise un peu en situation de retrait pour laisser à la police et à la justice
11:33le soin de faire son travail, c'est parce qu'elle considère
11:37qu'il faut en fait laisser aussi au pouvoir public le soin de faire leur travail.
11:41Ce qui est complètement lamentable, c'est cette situation d'agression,
11:44malheureusement, à laquelle elle a été confrontée,
11:46qui aurait pu être beaucoup plus grave encore que ce qui s'est passé.
11:47– Est-ce qu'il y a quand même dans le fait de ne pas déposer plainte, monsieur le maire,
11:50il y a quand même une de vos consoeurs qui s'est fait agresser,
11:54le fait de ne pas déposer plainte, est-ce que vous pensez que c'est un bon signal ça ?
11:58Envoyez.
12:00– La maire de Vieux-Vercain a porté plainte, je n'ai pas en fait à mon niveau,
12:11a porté plainte à sa place, bien au contraire.
12:15Elle a en fait notre total soutien, elle sait qu'elle peut compter sur nous,
12:19un point sera fait avec le préfet sur cette situation,
12:23et ce sont en fait des cas, malheureusement, qui ne sont pas isolés
12:27et que l'on suit particulièrement.
12:28– Bon, et en tout cas, on est de tout cœur avec les élus du Nord-Pas-de-Calais.
12:32– Vous avez raison.
12:33– Merci. Frédéric Le Turc, maire d'Arras et président de l'Association des maires du Pas-de-Calais.
12:39Donc merci infiniment d'avoir été avec nous, monsieur le maire d'Arras.
12:42– Sous-titrage FR 2021
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