Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00des tags en couleur rouge sur la façade d'une mairie dans les Vosges.
00:04Nous sommes à Nomexi, ville de 2000 habitants, dirigée par le maire RN, Yann Traiteur.
00:10Les inscriptions sont sans équivoque, Yann égale Führer, No RN, Siamo, Tutti, Anti-Fascistis.
00:18Cela signifie en fait nous sommes tous contre les fascistes, voici ce qui a été écrit.
00:22Cela n'a rien d'anodin ni d'anecdotique, contrairement à ce qu'on pourrait croire,
00:26parce qu'une enquête a été ouverte et de cela nous allons parler.
00:30Alors c'est vrai que l'ultra-gauche, je crois messieurs, que vous avez déjà travaillé sur le sujet,
00:34c'est une mouvance que vous connaissez extrêmement bien.
00:37Antonin André, Adrien Matou, c'est une mouvance qu'on peut difficilement palper et appréhender
00:44parce qu'elle est très protéiforme, Adrien Matou, et à la fois dans sa manière d'agir,
00:50à la fois dans sa manière d'intervenir et à la fois au niveau de ses différentes provenances géographiques.
00:55C'est un petit peu ça la difficulté.
00:58Oui c'est ça, parce qu'en fait on a regroupé sous un terme ultra-gauche des militants extrêmement divers.
01:02Alors ils ont tous en commun de ne pas être des islamistes et de ne pas être des militants extrême
01:07droite.
01:07Mais ça laisse...
01:09Et après voilà, il y a tout un éventail d'idéologies.
01:11Vous avez les antifas, vous avez les autonomes, vous avez les black blocs,
01:14vous avez des écologistes radicaux.
01:18Le seul point commun qu'ils ont, entre guillemets, c'est de refuser de faire de la politique
01:24par des voies conventionnelles, donc électorales, et d'avoir recours à la violence.
01:27Eux, ils appellent ça de la désobéissance civile.
01:30Oui, alors...
01:31Vous connaissez le terme, voilà.
01:32Après il y a une désobéissance civile beaucoup plus pacifique,
01:35qui consiste à s'asseoir par terre, faire des sit-ins, etc.
01:39Alors à Saint-Solene, ils appellent ça de la désobéissance civile.
01:42Je ne suis pas sûr que ce soit anodin à Saint-Solene, ce qui s'est passé.
01:44Mais en tout cas, c'est quelque chose de très protéifère, mais de ne pas centralisé,
01:48c'est ça qu'il faut comprendre.
01:49On n'a pas affaire à une espèce de mafia tentaculaire,
01:52non, c'est vraiment des groupes isolés, souvent d'assez petite taille.
01:56Et là encore, l'éventail de violences, il est assez large.
01:58Là, on a des tags, des fois on a des projets d'attentats à l'autre extrémité du spectre.
02:03D'autres fois, c'est des dégradations de matériel.
02:06Donc voilà, c'est quelque chose d'assez diffus.
02:08Il y a un débat quand même pour savoir quelle est l'ampleur de la menace.
02:13C'est assez difficile à caractériser.
02:15Les services disent qu'ils la prennent au sérieux,
02:17mais c'est vrai qu'on ne peut pas non plus comparer ça à l'ampleur de la menace islamiste,
02:20par exemple.
02:21Et personne ne fait ça, effectivement.
02:23Alors, Antonin André, est-ce que ça vous préoccupe, vous ou pas ?
02:27Ces mouvements d'ultra-gauche.
02:29Est-ce qu'on en fait trop ou bien la menace est une réalité ?
02:33Parce que je vais quand même, Antonin André, rappeler qu'un projet,
02:36on se pose la question en tout cas, un projet d'attentat visant les forces de l'ordre a-t
02:40-il été déjoué ?
02:41C'est vrai que fin juillet, les policiers français ont interpellé huit jeunes.
02:44Ils sont suspectés, ces jeunes, de s'être entraînés militairement avec des explosifs
02:48en vue d'un rassemblement contre la ligne LGV Lyon-Turin en Italie.
02:53Là, ce n'est pas un sitting dans des champs, ce qui se prépare.
02:57En même temps, il y a plusieurs éléments.
02:58D'abord, il faut se rappeler que l'ultra-gauche et le terrorisme de l'ultra-gauche
03:01est quelque chose qui existe depuis les années 50.
03:04On a connu les années de plomb en Italie, avec le meurtre d'Aldomoro, par exemple.
03:09Action directe, qui était une émanation aussi des extrémistes de gauche allemands
03:14et qui ont, rappelez-vous, notamment assassiné le PDG de Renault, Georges Bess.
03:18Donc, il y a une tradition terroriste de l'ultra-gauche
03:21qui est héritée du trotskisme et de la pensée révolutionnaire, au fond,
03:24qui consiste à remettre en cause le pouvoir en place
03:26et à prendre le pouvoir par les armes, à faire la révolution.
03:28Et d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon lui-même parle de révolution démocratique
03:32et parfois, on n'est pas loin d'une sémantique,
03:35pas du coup d'État, mais du renversement d'un régime démocratique.
03:38Donc, il y a, dans la mouvance LFI, effectivement,
03:42et on l'a vu avec Raphaël Arnault,
03:43avec ce qui s'est passé à Lyon,
03:45un développement de groupuscules
03:47qui sont sensibles au discours de Jean-Luc Mélenchon
03:49et probablement que l'audience de Jean-Luc Mélenchon
03:52entretient les velléités de certains groupuscules
03:54qui sont les chisements qualifiables.
03:55– Je trouve ça très intéressant ce que vous dites, Antoine André,
03:57parce que vous avez évoqué ces groupuscules
03:59et est-ce que les conditions, aujourd'hui, sont réunies
04:02pour qu'on puisse voir naître à nouveau
04:05des groupuscules comme ceux que nous avons connus
04:08dans les années 80, comme Action Directe, notamment.
04:10– Là où c'est très compliqué de faire une analogie,
04:15c'est qu'à l'époque d'Action Directe,
04:16il y avait notamment tout un mouvement révolutionnaire
04:19qui était beaucoup plus en prise avec la société
04:21et qui allait jusqu'au territoire palestinien.
04:23C'était des mouvements qui étaient rattachés à la cause palestinienne,
04:25des mouvements qui étaient très structurés.
04:28On n'est plus, aujourd'hui, dans cette forme-là.
04:30Mais, en même temps, vous avez, à côté de ce qu'on pourrait appeler
04:34des groupuscules qui font trop avoir leur République,
04:37plus que des attentats, en réalité, mais en dehors de ces groupuscules,
04:41vous avez aussi un mouvement qui est plus structuré, lui,
04:43d'agite propre et de contestation de l'ordre public,
04:46qui est davantage lié à la gauche écologiste.
04:49Extinction Rebellion, par exemple, qui est un mouvement
04:51qui a été créé en Grande-Bretagne,
04:53qui est aujourd'hui un mouvement qui est mondial
04:54et qui mène des opérations de grande ampleur
04:57qui sont parfois violentes, des actions violentes.
04:59Et c'est cet aspect-là des choses aussi
05:01qui est en train de monter aujourd'hui.
05:03Est-ce qu'on est, par exemple,
05:05Action Rebellion dans l'éco-terrorisme ?
05:09Certains qualifient ça d'éco-terrorisme.
05:11C'est Darmanin, pardon, M. Darmanin.
05:13L'éco-terrorisme, en même temps,
05:15ils ne cherchent pas à terroriser la population.
05:18Le terrorisme, c'est qu'on veut terroriser la population.
05:20Eux, ils s'en prennent à tous les symboles
05:23de l'État, de l'ordre et des dirigeants.
05:27Mais ils peuvent être très violents aussi.
05:29Mais ils peuvent être très violents.
05:30Et il y a d'ailleurs eu des morts,
05:31notamment au moment de G8 ou de G7,
05:34avec des émeutes très violentes.
05:34Est-ce qu'on peut aller jusqu'à l'élimination physique
05:36de certains responsables,
05:38comme l'avaient fait dans les années 80,
05:40Action Directe ?
05:40Encore une fois, on n'en est pas là du tout.
05:42On est plutôt sur des modes d'action
05:45qui visent à interpeller des élus
05:46ou des actions contre des sommets
05:49ou contre des émanations
05:51des dirigeants politiques planétaires.
05:54On n'est pas encore dans le registre
05:56de l'attente à cibler
05:57qui, pour le coup, était vraiment terrorisant
05:59parce qu'on ne savait pas sur qui ça allait tomber.
06:01C'était vraiment des années.
06:02En Italie, ça a été un gros traumatisme,
06:03les Brigades Rouges.
06:04On n'est pas dans ces mouvements-là
06:06aussi structurés aujourd'hui.
06:07Mais néanmoins,
06:10ça trouble l'ordre public suffisamment
06:11et la menace est suffisamment diffuse
06:13et multiforme
06:14pour que ça occupe une partie
06:15des services de renseignement.
06:17Sachant qu'il y a aussi
06:18la mouvance d'ultra-droite
06:19qui a été aussi quantifiée.
06:21Il y a à peu près 2000 militants
06:22d'ultra-droite en France
06:22qui sont quand même surveillés.
06:24Il y a eu des attaques
06:25qui ont été déjouées,
06:25notamment dans l'Est de la France,
06:26qui représentent aussi une menace.
06:28Donc, la DGSI est confrontée
06:30à un éventail de menaces
06:32aujourd'hui protéiformes
06:33qui, effectivement,
06:34n'est plus du registre
06:35purement islamiste.
06:36Alors, ces jeunes
06:37dont nous parlions en préambule
06:38et suspectés de s'être
06:40entraînés militairement
06:41avec des explosifs
06:42en vue d'un rassemblement
06:43contre la ligne de TGV
06:45Lyon-Turin
06:45ont été remis en liberté.
06:47Il s'agit de 8 étudiants
06:49âgés de 17 à 28 ans.
06:52Je vous propose
06:53d'écouter
06:54Benjamin Camboulivre,
06:56porte-parole
06:56d'Alternative Police CFDT.
06:59C'est un syndicat de police,
07:00vous l'avez compris.
07:01Et il réagissait
07:02à cette mise en examen
07:03puis à cette remise
07:05en liberté
07:05de ces jeunes, justement.
07:07L'ultra-gauche,
07:07on est sur des groupuscules
07:08violents, radicalisés
07:10qui vont fomenter
07:11des actions violentes.
07:12C'est exactement ça
07:12dont on parle ici,
07:14avec des actions
07:15destinées à aller contre
07:17un projet ferroviaire,
07:18à l'espèce,
07:19et oui,
07:19les forces de l'ordre.
07:21Ce qu'on peut noter,
07:22c'est que l'interpellation
07:23a été rapide,
07:24a été efficace.
07:25Il y a même des mises
07:26en examen qui sont faites.
07:27Donc, en effet,
07:28pour association
07:29de malfaiteurs
07:29et pour transport
07:30de produits incendiaires
07:32ou explosifs.
07:34Moi, ce qui m'étonne,
07:35c'est une fois
07:36qu'on a remarqué ça,
07:36que le travail de police
07:37est réalisé
07:38et qu'ils sont présentés
07:38devant la justice,
07:39c'est en gros
07:40qu'est-ce qu'ils font
07:41effectivement sous contrôle judiciaire
07:42alors même que le parquet
07:43avait requis de placement
07:44en détention provisoire.
07:45Voilà, donc on s'aperçoit
07:47avec Benjamin Cambouliv
07:49ce matin sur CNews
07:51que ces personnes
07:53ne sont pas des gens
07:56qui font des sittings
07:57dans les champs,
07:57des gens bien plus dangereux.
07:59Comment expliquez-vous,
08:01Adrien Matou,
08:02directeur adjoint de Marianne,
08:03que le PNAT,
08:05le parquet national
08:06antiterroriste,
08:07n'ait pas été saisi ?
08:08Parce que là,
08:09on n'a pas affaire
08:09à des enfants de cœur.
08:11Bon, je ne vais pas
08:12l'expliquer son exact,
08:13évidemment, mais...
08:13Est-ce que ça vous surprend ?
08:14Alors, je vous pose la question différemment.
08:16Ça interpelle.
08:17Après, je rebondis
08:17sur ce que disait Antonin
08:18sur la qualification de terrorisme.
08:20Le problème,
08:21c'est que c'est une qualification
08:22qui, fatalement,
08:23sera toujours subjective.
08:24On utilise toujours
08:25la notion de terrorisme
08:27pour, voilà,
08:27disqualifier quelque chose.
08:28C'est très connoté aujourd'hui,
08:29en plus.
08:30Voilà, c'est très connoté,
08:30exactement.
08:31Et donc,
08:32on a bien vu
08:34dans notre espèce
08:35d'exposé
08:36sur ce qui était
08:36l'ultra-gauche
08:37qu'il y a tout un tas de...
08:39Il y a un éventail
08:40d'actions
08:41dans lesquelles
08:42certaines peuvent être qualifiées
08:43effectivement de terrorisme
08:44mais qui sont plutôt marginales.
08:46Donc, c'est des attentats,
08:47etc.
08:48On n'a pas parlé
08:49de gauche prolétarienne,
08:50justement,
08:50qui a été
08:51un mouvement français
08:53dans les années 70
08:53qui, pour le coup,
08:54a fait des morts.
08:55Voilà.
08:55Tout à fait.
08:56Non, mais on est d'accord.
08:56Et donc,
08:57le problème,
08:58c'est qu'aujourd'hui,
08:59le PNAT,
09:01comme toute la justice,
09:02est absolument submergé
09:04de travail.
09:05Et la question,
09:06mais encore une fois,
09:06c'est une question,
09:07je n'ai pas la réponse,
09:08c'est est-ce qu'il y a vraiment
09:10des projets sérieux
09:11entre guillemets,
09:12d'attentats ?
09:12On a pu se rendre compte
09:13que pour l'ultra-droite,
09:14c'était parfois des individus
09:16isolés
09:16et en fait très amateurs,
09:17c'est-à-dire qu'ils se préparaient
09:18de manière pas discrète.
09:19Sauf que l'ultra-gauche
09:20est peut-être légèrement
09:22plus structurée.
09:22Il y a eu un précédent
09:23avec Tarnac.
09:25Le groupe de Tarnac
09:26qui était lui identifié
09:27comme un mouvement théoriste,
09:28c'était un mouvement idéologique
09:29qui était basé
09:31dans le centre de la France
09:32et qui avait saboté
09:34un certain nombre
09:34de lignes TGV.
09:35Et là,
09:35on était face à un groupe
09:36qui avait une idéologie,
09:37qui avait un mode d'action
09:38et qui a mené plusieurs actions
09:39et donc là,
09:40on était en face
09:41d'une enrête.
09:42Est-il encore actif alors ?
09:42Alors,
09:43il ne l'est plus,
09:44il y a eu des procès,
09:46le groupe a été démantelé
09:48mais là,
09:48on était face à une forme
09:50d'embryon,
09:50d'organisation
09:51qui se voulait
09:53plus structurée.
09:53et qui voulait effectivement
09:55d'une certaine façon
09:56semer la terreur
09:58ou en tout cas
09:59mobiliser les forces de sécurité
10:01avec des actions coordonnées
10:02qui visaient à déstabiliser l'État.
10:05Alors,
10:06j'aimerais,
10:06parce que
10:07ce qui est très intéressant
10:08et en même temps
10:09un peu inquiétant,
10:11c'est que,
10:11alors j'ai eu
10:12dans une vie parallèle
10:13l'occasion d'aller en reportage
10:14à Sainte-Soline.
10:15Tout ce que je vous dis
10:16a été documenté
10:17messieurs Matou et André,
10:20ces mouvements d'ultra-gauche
10:22et ces personnes
10:23d'ultra-gauche
10:24qui se rendent sur
10:24Sainte-Soline
10:25ou des lieux comme ça
10:26sensibles
10:27sont des gens
10:28tout à fait intégrés
10:29socialement.
10:30On peut trouver
10:31des médecins,
10:32des infirmiers,
10:33des fonctionnaires,
10:35il y a aussi
10:35beaucoup de fonctionnaires
10:36précaires,
10:37effectivement,
10:38qui peuvent voter
10:39pour l'extrême-gauche
10:40et c'est vrai
10:41qu'il y a peut-être
10:42un changement
10:43avec les années 80
10:43parce qu'on n'est plus,
10:45pardonnez-moi l'expression,
10:46je m'excuse,
10:47sur des punks
10:48cachés en Renault Trafic,
10:49c'est un peu le cliché
10:51mais c'est
10:51l'image qu'on en avait
10:53dans les années 80.
10:54Aujourd'hui,
10:55Antonin André
10:56et Adrien Matou,
10:57ce sont des gens
10:58qui sont insérés
10:59dans la société.
11:00Est-ce que vous avez
11:01également ces informations-là ?
11:03Oui, bien sûr.
11:03Adrien Matou.
11:04Alors, après,
11:04ceci dit,
11:05je vais nuancer
11:05parce que dans les années 70,
11:07c'était déjà pour beaucoup
11:08des gens très insérés
11:09parce que c'était souvent
11:10des gens,
11:11des intellectuels en réalité.
11:12Oui, oui, oui.
11:13Dans les mouvements théoristes,
11:14il y a souvent des intellectuels
11:15qui ont la pensée
11:16et qui recrutent ensuite
11:17mais la masse.
11:18Oui, mais ce n'est pas
11:19des mouvements de masse,
11:19par nature,
11:21ce sont des mouvements marginaux
11:22qui sont souvent constitués
11:24de gens qui font des études
11:26de sociologie,
11:27de sciences politiques,
11:27d'histoire, etc.
11:29ou qui sont les rejetons
11:30de la bourgeoisie.
11:31Et ça,
11:31il y a eu des études
11:32qui ont été faites
11:33sur les antifas
11:34et on sait que les antifas,
11:36alors, eux, souvent,
11:37ils sont dans une certaine marginalité,
11:39par contre,
11:39ils ont souvent des parents
11:40qui sont des pontes
11:42de l'université
11:43ou de la haute fonction publique,
11:45etc.
11:45Ce qui explique,
11:46quelque part aussi,
11:47peut-être,
11:48cette espèce de fuite en avant
11:50radicale
11:50qui est qu'on part
11:51sur des gens
11:52qui n'ont pas,
11:52a priori,
11:54des questions matérielles
11:55immédiates à se poser
11:56et qui sont une espèce
11:57de fuite en avant
11:59radicale politique.
Commentaires

Recommandations