- il y a 7 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.
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00:00Léonore Carrois, ministre déléguée aux affaires étrangères, chargée de la francophonie et des partenariats internationaux de France.
00:06Bonjour Madame la Ministre.
00:07Bonjour.
00:08Soyez la bienvenue. Vous partez dans quelques heures, je crois, au Climate Resilience Finance Summit qui aura lieu à Londres.
00:15Il va évidemment être question du climat, de ses répercussions sur l'économie surtout, et de savoir si on est
00:20bien sûr adapté ou pas.
00:23Pourquoi la France paraît tellement en retard vis-à-vis de la canicule, de ses épisodes de chaleur ?
00:29On les subit plus qu'on ne les a anticipés et préparés alors qu'on avait été prévenus ?
00:33Alors il y a deux choses. Il y a le changement climatique qui existe, alors même que certains pays le
00:38nient.
00:38Rappelons-nous de Donald Trump, par exemple, qui parlait de Climate Change as an Ox.
00:43Rappelons-nous de certains dirigeants qui, aujourd'hui, pensent que cela n'existe pas et que c'est une lubie.
00:48La France le sait, et non seulement la France le sait, mais elle est leader en matière de diplomatie climatique.
00:53D'ailleurs, la référence, ce sont les accords de Paris qui, comme leur nom l'indique, ont été signés ici,
00:58à Paris.
00:59Et nous sommes extrêmement vocaux et puis aussi capables d'entraîner des pays dans ces discussions qui ont un impact
01:06direct sur le climat,
01:08notamment avec la ratification du traité sur la haute mer, parce que le plus grand capteur de carbone au monde,
01:14ce ne sont pas, comme on l'a pensé pendant un temps, les forêts, c'est les océans.
01:18Donc, lorsque l'on s'attaque à ces sujets-là, qui peuvent sembler, pour certains, éloignés ou peu importants,
01:23la France est là et la diplomatie française en matière de climat est vraiment à la pointe.
01:27Maintenant, votre question ?
01:28On le sait, on est prévenus, on a fait les accords de Paris, on a parlé du changement climatique,
01:34et pourtant, nous ne sommes pas adaptés comme certains autres pays, plus au sud peut-être, l'Espagne, l'Italie,
01:39le sont davantage.
01:41Alors, déjà, vous dites que nous ne sommes pas adaptés, nous avons un certain nombre de structures et d'installations
01:46qui, justement, nous permettent de résister.
01:47Il est vrai que nos constructions n'ont pas toutes été rénovées, il y a eu un effort, justement, pour
01:51la rénovation thermique des bâtiments,
01:53qui a été entrebris, avec des politiques publiques qui vont dans ce sens.
01:56Tout le monde ne l'a pas fait, cela coûte de l'argent, cela n'a pas toujours été simple
02:00à mettre en œuvre, mais la France a anticipé cela.
02:02Et lorsqu'on parle d'adaptation au changement climatique, il faut savoir que ce sont des phénomènes qui évoluent constamment,
02:07c'est-à-dire que les températures que l'on a aujourd'hui, on a des moyennes qui sont les
02:11plus fortes enregistrées,
02:12les plus élevées enregistrées, depuis que l'on mesure la température.
02:15Donc on voit bien qu'on est face à quelque chose d'anormal. Mais aujourd'hui, vous parlez de climat,
02:19tout le monde parle de climat.
02:20Moi, souvent, je me bats pour pouvoir parler de climat à la radio, à la télé, parce que ce n
02:25'est pas le sujet du jour.
02:26Or, le climat, c'est le sujet du jour tous les jours, les 365 jours de l'année, car en
02:30fait, c'est un phénomène en profondeur
02:32qui affecte toutes les activités humaines.
02:34Maintenant, il y a un débat en ce moment en France sur comment est-ce que l'on adapte nos
02:38modes de vie
02:39à ces très fortes chaleurs que nous sommes en train de subir, à cette précise vague de chaleur.
02:43Mais il n'y a pas que ça. Vous avez des fortes pluies, vous avez des inondations, vous avez énormément
02:46de phénomènes
02:47qui doivent nous rappeler tous les jours l'importance d'agir sur le long terme, sur les causes.
02:52Et sur cela, effectivement, il y a des bâtiments qui doivent être climatisés, mieux isolés surtout.
02:57Il y a des habitudes à prendre. Moi, je lisais, par exemple, qu'une personne faisait un jogging sous 40
03:04degrés
03:04ou que les personnes doivent s'hydrater. Il y a aussi une éducation, je pense, à faire à ce climat.
03:09Pour quelqu'un qui, comme moi, a grandi dans les Caraïbes, je veux dire qu'il y a des choses
03:12qu'on sait,
03:13tout simplement, parce qu'on a vécu avec. Et maintenant, en France, il va falloir l'apprendre, je pense.
03:17La climatisation, vous avez prononcé le mot. Sébastien Chenu, député RN du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale,
03:23a défendu le plan climatisation proposé par Marine Le Pen. Il était sur France Info ce matin.
03:27Ce plan, ce serait de climatiser, évidemment, l'ensemble des bâtiments publics de notre pays.
03:31Les EHPAD, les écoles, les bâtiments qui reçoivent du public. Ça ne se fait pas en six mois.
03:36Moi, je vais regarder le rapport Pisani. En réalité, il dit, avec un fonds climatisation,
03:40un fonds climatisation qui permettrait d'isoler et d'adapter. Alors, ce n'est pas pareil que si c'est
03:45un logement
03:45pour des particuliers qui ont besoin d'un climatiseur ou si c'est effectivement un EHPAD.
03:50Et donc, ce rapport Pisani-Ferry dit qu'il faut 20 milliards d'euros déjà dans ce fonds.
03:54Si on climatisait l'ensemble de l'île de France, tous les bâtiments publics, tous les bâtiments industriels, etc.,
04:01eh bien, la température sur la ville de Paris augmenterait d'un demi-degré, mais sauverait un nombre de vies
04:06incroyable.
04:07Madame la ministre et Léonore Carrois, est-ce que vous êtes d'accord avec ce plan climatisation voulu, lancé par
04:13le RN ?
04:14Moi, je suis assez choquée, en fait, par ces propos, parce que j'ai siégé à l'Assemblée nationale avec
04:19ce député RN et avec d'autres députés RN,
04:22et j'ai vu à quel point ils se sont systématiquement et méthodiquement opposés à toutes les mesures qui permettent
04:28d'agir sur le phénomène profond
04:30qui, aujourd'hui, cause ces énormes vagues de chaleur, qu'il s'agisse des ZFE, qu'il s'agisse des
04:33normes environnementales.
04:35En réalité, à chaque fois qu'il était question de traiter le problème à la source, ils ont dit non.
04:40Et maintenant qu'ils voient que les Français se préoccupent de ce qui est en train de se passer parce
04:44qu'on le ressent physiquement,
04:46eh bien, ils arrivent avec un plan climatisation.
04:48Moi, je ne suis pas contre la climatisation. Je pense que, dans certains endroits, surtout ceux qui accueillent du public,
04:53il faut climatiser. Il faut climatiser avec des clims qui ne génèrent pas des gaz refroidissants qui polluent davantage.
04:59Il faut le faire avec intelligence. Il faut fermer les volets.
05:03Oui, donc vous êtes d'accord avec leur consoir ?
05:04Moi, je suis d'accord avec le fait qu'il faut climatiser intelligemment.
05:07Mais vous savez, aujourd'hui, les endroits les plus frais à Paris sont souvent les bâtiments haussmanniens
05:10où vous avez des pierres qui retiennent la fraîcheur.
05:13Ce sont aussi, comme je vous disais, ces habitudes qui permettent aussi de fermer tout simplement les volets
05:18lorsque vous avez de la chaleur, ce que l'on fait en Espagne, ce que l'on fait en Italie,
05:20ce que l'on fait dans tous les pays chauds.
05:22Donc, de venir et sortir de son chapeau un soi-disant plan de climatisation généralisé,
05:27alors même que, évidemment, la climatisation, c'est consommateur d'électricité.
05:31Ça envoie des gaz à effet de serre.
05:34C'est un peu trouver une solution opportuniste et facile pour un parti qui, encore une fois, rappelons-le,
05:40mais je l'invite chacun et tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui à aller le vérifier,
05:44ont systématiquement voté contre les lois et les mesures qui permettaient justement de prévenir ces phénomènes.
05:50Mais vous nous m'avez dit, vous venez de me dire, la climatisation, c'est consommateur d'énergie.
05:54Mais l'objectif, justement, pour lutter contre le réchauffement climatique, c'est de lutter contre les énergies fossiles,
06:00pas forcément de dépenser moins d'énergie qui est issue du nucléaire ou du photovoltaïque.
06:07En fait, il faut trouver un équilibre.
06:09C'est-à-dire que vous avez en France un très bon mixte énergétique,
06:11notamment parce que nous avons du nucléaire, mais aussi parce que nous avons des énergies renouvelables.
06:16Et lorsque, aujourd'hui, vous parlez d'électricité et que vous pensez que vous pouvez résoudre
06:21cette question des vagues de chaleur que nous subissons et du réchauffement climatique,
06:25tout simplement en branchant des clims sur du nucléaire,
06:29c'est un peu ce qu'ils veulent nous faire croire, c'est une utopie.
06:32Aujourd'hui, il faut aussi passer par une forme de sobriété,
06:35il faut passer par des habitudes, il faut changer nos modes de vie.
06:37Ce sont des changements profonds.
06:38Et de sortir, encore une fois, de son chapeau, un plan climatisation,
06:42parce que nous avons fait des choix politiques au cours des dernières décennies
06:45de maintenir une énergie nucléaire, alors que certains s'y opposaient,
06:49et surtout de faire un mix intelligent avec du renouvelable,
06:52je trouve, encore une fois, que c'est un peu se payer de la tête des gens.
06:55Mais est-ce que, justement, ce n'est pas le problème de cette sobriété,
06:57de cette volonté de sobriété qui fait qu'on n'est pas adapté, encore une fois,
07:00qu'on n'a pas peut-être assez rénové, qu'on n'a pas mis de la climatisation,
07:03sans qu'elle soit généralisée, je vous ai bien entendu,
07:05mais au moins dans les hôpitaux, dans les transports, dans les écoles, par exemple ?
07:10Est-ce que ce n'est pas, justement, le délire de la guerre ?
07:12Est-ce qu'il n'a pas été là ? Est-ce qu'on est trop pété dans la sobriété
07:14?
07:15La sobriété est toujours une bonne chose dans la matière,
07:18et vous savez, ce qui va le plus nous aider, en réalité, sur le long terme,
07:21c'est d'avoir des espaces verts, c'est d'avoir des lieux qui ne sont pas goudronnés,
07:25c'est d'avoir des lieux où l'on peut vivre, justement, sans être dépendant,
07:28sans être branché en permanence, sans utiliser de l'électricité,
07:31et qui nous permettent, en réalité, d'être des espaces vivables.
07:33Et encore une fois, on parlait avec une ministre qui est caribéenne,
07:35qui a grandi dans un endroit où il faisait déjà ses températures, il y a 20 ans,
07:39et je peux vous dire qu'à l'école, on n'avait pas la clim,
07:40et pourtant, on fermait les volets, et moi, j'ai fait toute ma scolarité, j'ai eu mon bac,
07:45et on l'a fait comme cela.
07:46Donc, je ne dis pas que c'est la solution, ne me méprenez pas.
07:48Oui, parce qu'aller dans les écoles...
07:50Mais ce que je veux vous dire, c'est que la solution, ce n'est pas de mettre la clim
07:53à 17 degrés ou 18 degrés partout,
07:55parce que c'est une solution temporaire dans les endroits les plus difficiles,
07:59et j'entends très bien les maîtresses, les parents, les élèves, j'ai des enfants,
08:03donc je mesure très bien ce que c'est,
08:05mais je peux vous dire qu'il y a aussi un changement de mentalité,
08:08et que cela passe aussi par une prise en compte de ce qui est en train de se passer.
08:11Parce que là, les volets sont fermés, mais ça ne change pas grand-chose.
08:13Oui, mais là, aujourd'hui, on est en train de vivre une vague exceptionnelle
08:17qui fait que tout le monde, tout à coup, se réveille sur un problème qui est un problème de long
08:19terme,
08:19parce que la hausse des températures, ce n'est pas qu'aujourd'hui, au mois de juin, qu'on la
08:23voit.
08:24Oui, justement.
08:24Et donc, vous voyez bien que ce qu'il faut, c'est adapter, mieux protéger, mieux isoler,
08:29ça veut dire des travaux qui sont coûteux.
08:31Lorsqu'on fait MaPrimeRénov', par exemple, et qu'on incite les Français à rénover,
08:35eh bien, on les incite, justement, à faire ce type de travaux.
08:38Moi, j'ai fait des travaux chez moi, je peux vous dire, je n'ai pas mis la clim,
08:41mais j'ai fait la double paroi, du double vitrage, ça vous coûte assez cher.
08:45Heureusement qu'on a, justement, des soutiens du gouvernement pour faire ce type de travaux.
08:49Mais en réalité, c'est ce type d'action qu'il faut mener.
08:52Ce n'est pas sortir, encore une fois, de manière très opportuniste et en totale contradiction
08:56avec tout ce qui a été voté par ce parti à l'Assemblée,
08:59une idée de climatisation généralisée.
09:01La justice... J'ai écouté Gérald Darmanin, qui était l'invité de CNews hier soir,
09:05le ministre de la Justice, qui affirme que des erreurs ont été commises dans l'affaire Liana.
09:09Je pense qu'on a traité cette plainte, ce que je disais, voilà, il y a 15 jours,
09:12comme une plainte ordinaire.
09:13Donc on a pris le temps, trop de temps, et on a fait des erreurs factuelles,
09:17elles sont nombreuses, dans la gendarmerie comme auprès du parquet.
09:21Et puis, évidemment, on n'a pas su protéger cette petite fille dans la chaîne judiciaire,
09:24enquêteur de gendarmerie et magistrat.
09:26Est-ce que ces erreurs graves auraient pu être évitées
09:29si la hiérarchie de la gendarmerie nationale et si la hiérarchie de la justice
09:33avaient pu remarquer que des gens, et ça peut tout à fait arriver dans un monde humain,
09:37font des erreurs ?
09:38Pourquoi on n'a pas su remarquer qu'il y avait ces erreurs ?
09:40Et puis il y a un deuxième problème, c'est y a-t-il d'autres dysfonctionnements ailleurs ?
09:43Y a-t-il d'autres affaires, Rosa et Liana, ailleurs ?
09:46Alors, ce matin, on a appris via le service police-justice d'Europe 1
09:50que les magistrats contestaient les conclusions du rapport d'inspection,
09:53ils contestaient le fait de désigner des boucs émissaires,
09:57en l'occurrence la magistrate du tribunal Doche.
10:01Ils se sont regroupés dans une boucle WhatsApp et envisagent différentes actions,
10:06que ce soit une tribune, que ce soit une journée justice morte,
10:09et même peut-être de bloquer la boîte mail du ministère de la Justice.
10:12Est-ce que c'est la réponse qu'on attendait des magistrats ?
10:16Je ne peux pas m'empêcher de me mettre à la place de la famille, de la jeune Liana,
10:20et puis surtout de tous ceux qui l'ont connue,
10:22et de toutes celles et ceux qui ont découvert cette situation.
10:26Effectivement, ce n'est pas un cas isolé,
10:28effectivement il y a un certain nombre de plaintes, on l'a vu, qui doivent être traitées.
10:31Je pense qu'il faut prendre ce problème avec tout le sérieux,
10:35toute l'importance qu'il revêt aujourd'hui, encore une fois,
10:40comme citoyen, pas comme, je ne vous parle pas comme ministre,
10:43sur ce que les magistrats répondent,
10:45et sur comment eux perçoivent cette réponse à cette tragédie.
10:51Je comprends qu'il puisse se dire qu'il y a un dysfonctionnement majeur,
10:54ce ne sont pas quelques personnes qui sont mises en cause,
10:56et là c'est une question interne à la justice,
10:59et puis les faits seront établis.
11:00Je pense qu'il faut une réponse forte,
11:02une réponse à la hauteur des événements,
11:04et que ce que nous dit aujourd'hui le garde des Sceaux,
11:07c'est qu'il prend cette question extrêmement au sérieux.
11:09Et elle est à la hauteur des événements, là,
11:11avec des sanctions, une loi intégrale qui sera examinée à l'automne ?
11:16Un choc numérique aussi ?
11:18Vous voyez, il y a toujours quelque chose,
11:19lorsqu'on a une situation comme celle-là,
11:21et qu'on réalise collectivement qu'il y a un problème majeur,
11:25qu'il faut traiter absolument dans l'urgence,
11:28la tentation est évidemment de faire une loi.
11:29Et il y a probablement des choses qui doivent être mieux réglementées, mieux légiférées.
11:33Il y a cette loi intégrale qui contient 68 dispositions.
11:37Il semblerait qu'une bonne partie d'entre elles sont déjà dans des décrets.
11:40Il faut une meilleure coordination,
11:41il faut que ces lois, justement, soient mieux appliquées.
11:44Il faut surtout que la justice tire les conséquences de ce qui vient de se passer.
11:47C'est ce qu'on doit à la famille de la victime,
11:49et c'est ce qu'on doit à tous les citoyens.
11:50Vous voulez dire les magistrats, notamment ?
11:52Les magistrats, mais surtout l'organisation du pouvoir judiciaire.
11:55C'est-à-dire que si, à un moment donné, vous avez un pouvoir en France
11:59qui permet, soit par un certain nombre, une série, une succession d'erreurs humaines, involontaires,
12:05mais en même temps, le fait qu'elles existent montre bien qu'il y a un certain nombre de défaillances
12:08dans le système,
12:09eh bien, vous devez en prendre acte et répondre à cela.
12:12Répondre, certes, par la voie législative,
12:14et c'est ce qu'on fait en général en France.
12:15On se dit, il y a un problème, on fait une loi.
12:17Mais généralement, ça ne suffit pas.
12:18On fait une loi, mais il faut aussi s'assurer que cette loi soit appliquée,
12:20et que ça doit répondre réellement aux questions qui se posent
12:25et à la gravité de ce cas qui, s'il est extrêmement rare, n'est pas un cas isolé.
12:32Et Léonore Carroix, ministre déléguée aux Affaires étrangères
12:35et l'invité des grands entretiens d'Europe 1 Info.
12:3713h15, vous écoutez Clélie Mathias sur Europe 1.
12:4113h15, Europe 1 Info.
12:4314h49, excellent après-midi à l'écoute d'Europe 1 Info
12:45et des grands entretiens politiques avec votre invité Clélie Mathias
12:49et Léonore Carroix, ministre déléguée aux Affaires étrangères
12:51chargée de la francophonie et des partenariats internationaux de France.
12:55Pour la première fois, un cas d'Ebola a été diagnostiqué en France
12:58chez un médecin qui revenait de la République démocratique du Congo
13:01qui est frappé par une importante épidémie en ce moment.
13:05La France, c'est le premier pays hors d'Afrique
13:07dans le cadre actuellement de cette épidémie,
13:10a confirmé qu'un cas a été diagnostiqué sur son territoire.
13:13Il en a été question au Conseil des ministres.
13:15Écoutez, Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement.
13:17Sur la question d'Ebola, je n'ai pas davantage de précisions
13:21et d'informations à vous donner suite au communiqué de presse
13:24qui, je crois, a été communiqué pendant le Conseil des ministres
13:28et donc les autorités sanitaires auront l'occasion de revenir vers vous
13:32ou en tout cas de détailler plus amplement la situation.
13:35La ministre de la Santé suit évidemment la situation
13:38avec la plus grande vigilance.
13:41En tout état de cause, cette situation est sous contrôle.
13:43Sous contrôle, on peut être rassuré.
13:46Léonore Carroix ?
13:47Je comprends que l'on puisse s'inquiéter justement du fait qu'il y ait un cas en France.
13:53Mais effectivement, il faut raison garder.
13:55C'est-à-dire qu'on n'est pas du tout sur une épidémie
13:58qui serait comparable à celle du Covid-19
14:00en termes de rapidité de la propagation.
14:03Ce ne sont pas les mêmes délais d'incubation.
14:05Donc il ne faut pas transposer ce que l'on a vécu il y a quelques années
14:08et qui est vraiment très frais dans nos mémoires à tous
14:09par rapport à ce qui est en train de se passer.
14:11On est en train de parler d'environ 1000 cas en RDC
14:14alors que cela fait déjà plusieurs semaines que cette épidémie a lieu.
14:16Donc vous voyez un peu la différence par rapport notamment à la pandémie de Covid-19
14:22et 250 décès sur la RDC et l'Ouganda.
14:26En revanche, c'est une maladie qui effectivement est extrêmement dangereuse
14:30et qu'il faut surveiller.
14:32Il n'y a pas de vaccins, on le rappelle.
14:33Exactement.
14:34Et c'est important de le faire
14:36parce que vous voyez, les maladies, les épidémies ne connaissent pas de frontières
14:40et c'est pour cela que nous avons de la surveillance partout à travers le monde
14:45grâce à des réseaux de scientifiques qui travaillent ensemble
14:47grâce à ce que nous finançons en matière de développement
14:50et en matière justement d'aide publique au développement
14:53qui est si décriée, notamment parfois par certains dans cette antenne
14:57de vos invités, pas vous évidemment.
14:59Et je pense que c'est important de le dire.
15:00C'est-à-dire que si on ne contrôle pas ce qui est en train de se passer en Afrique
15:03si on ne regarde pas comment ces épidémies évoluent
15:07et bien on n'est pas capable de détecter
15:08notamment comme on l'a fait aussi rapidement
15:10la présence d'un cas qui arriverait sur le sol français.
15:12Mais concernant l'Ebola
15:13et puis on va venir à l'aide publique au développement juste après
15:15mais concernant là ce cas d'Ebola
15:18vous nous confirmez qu'il y a bien une enquête
15:19pour regarder s'il n'y a pas des cas contacts
15:22possiblement, les isolés, etc.
15:24Tout est...
15:24Comme l'a dit la porte-parole du gouvernement
15:26tout est en train d'être mis en place
15:28avec énormément de précautions et d'attention
15:31justement pour éviter qu'il y ait une propagation.
15:34Et c'est pour ça que j'invite chacun à faire preuve
15:38à la fois de ne pas paniquer justement
15:41de rester calme et serein
15:43parce qu'on ne peut pas comparer
15:44à ce que l'on a vécu évidemment il y a quelques années.
15:46Alors vous avez évoqué la fameuse APD
15:51Aide publique au développement
15:53qui est très controversée comme on le sait
15:55mais la France préside actuellement le groupe des 7 pays les plus riches du monde.
15:58Il y avait le sommet du G7 qui s'est tenu donc en France
16:00la semaine dernière.
16:02Mais elle consacre à peu près moins de 0,5% de son PIB
16:06à cette APD
16:07et en plus chaque dépense doit être justifiée, validée,
16:11ne pas impacter les Français.
16:14On est donc un membre du G7,
16:16on est membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU.
16:19Comment on est arrivé dans cette situation
16:22où un pays aussi important
16:25perd le sens de cette solidarité internationale
16:30qu'est l'APD
16:31et l'importance que cela a
16:32et vous ne l'avez rappelé ?
16:34Alors ça je ne m'y attendais pas du tout comme question
16:35parce qu'en général,
16:37quand je suis sur votre antenne
16:37ou d'ailleurs à peu près partout dans les médias,
16:39on me reproche que la France investisse dans le développement.
16:43Et aujourd'hui la France est le cinquième bailleur mondial
16:45en matière de développement
16:46et ce que l'on fait à un impact.
16:47Par exemple, c'est la France notamment
16:49qui a soutenu le docteur Mouyembe
16:51qui a découvert justement ce virus Ebola
16:54pour parler de ce cas précis.
16:56Mais à travers le monde, partout,
16:58j'étais hier à l'Institut Pasteur
17:00que nous appuyons aussi,
17:02qui est une fondation privée
17:03mais que nous appuyons
17:04qui permet de travailler au plus près du terrain
17:06justement pour découvrir ces maladies.
17:08Ça c'est qu'un exemple, la santé,
17:09on pourrait parler de nutrition,
17:10avec ce que la France a fait en matière de nutrition.
17:12On est présent, évidemment c'est une part...
17:14On est présent, mais de moins en moins.
17:15Je vous pose la question
17:16et vous pouvez être étonnés,
17:18mais c'est un des objectifs
17:19et ça a été rappelé la semaine dernière.
17:20C'est pour ça.
17:21Mais c'est un des pays du G7.
17:22Donc si on en fait partie,
17:23si on est censé être un des pays du G7,
17:26là, les sommes baissent,
17:27elles sont contrôlées.
17:28Mais si, en fait, ça me fait...
17:30Enfin, je vous disais ça comme ça,
17:31mais ça me fait plaisir
17:32que vous me posiez la question en ces termes.
17:33Parce qu'en général,
17:34il y a une suspicion,
17:35en tout cas dans le traitement médiatique
17:37qui est fait de cette question.
17:38Et puis surtout,
17:39vous avez des femmes et des hommes
17:40d'extrême droite
17:41qui tapent sur l'APD
17:42à longueur de journée
17:43en disant
17:44« ça ne sert à rien,
17:45mieux vaut investir ».
17:46D'ailleurs, c'est un vieux slogan
17:48en Corrèze,
17:49dans le Zambèze, etc.
17:50Et je vous en passe
17:51pour vous dire
17:52qu'on ne devrait pas le faire.
17:53Moi, je pense qu'on devrait le faire,
17:54qu'on doit le faire,
17:54que c'est essentiel,
17:55que c'est peut-être
17:57une des politiques publiques
17:57les plus importantes que l'on ait.
17:59On le voit d'ailleurs
17:59avec le cas de la santé.
18:01Mais évidemment
18:01que chaque euro
18:02des Français dépensés
18:04doit être contrôlé.
18:05Donc c'est normal
18:05que l'APD soit évalué.
18:07Et puis chaque euro
18:08des Français
18:09que l'on dépense
18:10doit être dépensé
18:11là où il a le plus d'impact.
18:12Et c'est pour ça,
18:13notamment,
18:14que la France,
18:15dans le cadre
18:15de ses travaux du G7,
18:17a présidé
18:17des groupes de travail
18:19sur la réforme
18:20de l'architecture
18:20du développement
18:21pour qu'au lieu de faire
18:23beaucoup de petits projets,
18:25entre guillemets,
18:26des interventions ponctuelles
18:28ici et là,
18:28on puisse mettre ensemble
18:30nos efforts
18:30et nous assurer
18:31que tout l'investissement
18:33que l'on fait
18:33a un véritable effet de levier
18:35et atteint
18:35les populations
18:36les plus vulnérables.
18:37Et puis surtout,
18:38et je conclurai par cela,
18:39ça a un impact
18:40pour les Français.
18:40Parce qu'encore une fois,
18:41si vous investissez
18:42dans la santé,
18:43dans l'éducation...
18:43Donc elle est utile ?
18:44Elle est fondamentale,
18:46elle est nécessaire
18:47et il faut qu'elle soit faite
18:48correctement.
18:48Et là,
18:49je reprends l'argument
18:49des détracteurs,
18:50est-ce que vraiment,
18:51voilà,
18:51est-ce qu'on en consacre
18:52de moins en moins d'argent ?
18:53Donc est-ce que vraiment
18:54on devrait continuer ?
18:55Pourquoi c'est important
18:56de continuer ?
18:57C'est fondamental de continuer.
18:58On consacre de moins en moins
18:59d'argent
19:00parce qu'aujourd'hui,
19:00on est dans une période
19:02de contraintes budgétaires,
19:03que tous les budgets publics
19:05ont été réduits
19:05et c'est normal
19:06que le budget
19:07de mon ministère,
19:08donc des affaires étrangères,
19:09soit également réduit.
19:10Maintenant,
19:11il faut faire attention
19:11parce que nous avons
19:12des engagements internationaux.
19:14Je vous disais,
19:14on reste le cinquième bailleur,
19:16on reste un pays
19:16qui est extrêmement présent
19:18et dont la présence
19:18est reconnue comme telle
19:19et puis non seulement
19:20parce qu'on finance
19:21mais par le savoir-faire
19:23de nos entreprises,
19:24le savoir-faire
19:24de nos chercheurs,
19:25toute l'expérience
19:26qu'on a cumulée
19:27au cours de ces années
19:28en la matière,
19:29on reste extrêmement important.
19:31Et puis ce travail
19:32de réforme
19:33de l'architecture
19:34du développement
19:35pour être chaque fois
19:36plus efficace
19:37parce que c'est ce qu'on demande
19:37à toutes les politiques publiques
19:38que d'être contrôlées
19:39et d'être véritablement efficaces.
19:41Eleonore Carroix,
19:41vous êtes ministre déléguée
19:42aux Affaires étrangères,
19:43vous étiez il y a quelques jours
19:45encore au Liban
19:46et vous avez vous-même
19:47décrit la situation
19:48comme volatile,
19:50bien sûr après l'accord
19:51qui a été signé,
19:52enfin qui est en passe
19:53d'être négocié
19:54entre les Etats-Unis
19:55et l'Iran,
19:56ça inclut évidemment
19:58le Liban,
19:59le cessez-le-feu
20:00entre guillemets
20:01est plus que fragile.
20:02En tant que ministre déléguée
20:04aux Affaires étrangères,
20:06qu'est-ce que vous demandez,
20:07qu'est-ce que vous réclamez
20:08et sur quoi vous allez être
20:09particulièrement attentif ?
20:11Alors là,
20:11pour faire le lien
20:12avec votre question précédente,
20:13ce qui est intéressant,
20:14c'est que j'y suis allée
20:14non pas seule,
20:15mais j'y suis allée
20:15avec une ministre britannique
20:17et avec une ministre du Qatar.
20:19Et la raison pour laquelle
20:20on y a été à trois,
20:21ce qui est un format assez inédit,
20:22surtout dans un pays en guerre,
20:23je vous laisse imaginer
20:23ce que ça a été pour nos équipes
20:24que de coordonner ce déplacement,
20:26c'est parce que justement
20:27on veut que notre action humanitaire,
20:30notre action dans le développement,
20:31soit le mieux coordonné possible,
20:33c'est-à-dire qu'elle réponde
20:33aux attentes du gouvernement libanais,
20:35c'est-à-dire qu'on investit
20:36là où ils ont identifié
20:38les besoins les plus pressants
20:39et on le fait de manière coordonnée
20:40pour justement avoir
20:41ces effets de levier.
20:42Et évidemment que moi,
20:43j'ai appel à un cessez-le-feu,
20:45mais surtout à une paix durable,
20:46à une paix durable
20:47qui passe évidemment par
20:49non seulement la signature d'accord,
20:51mais leur mise en œuvre,
20:52parce que pendant que j'étais au Liban,
20:54j'ai pu constater
20:54que malgré la signature de l'accord,
20:57les bombardements ne cessaient pas,
20:58surtout dans le sud du pays.
20:59Mais la voie de la France,
21:01encore elle est entendue ?
21:02Absolument, surtout quand la France
21:03arrive à embarquer avec elle
21:05d'autres pays qui sont des pays importants,
21:07des pays qui ont une force de...
21:08Oui, on a besoin d'être plusieurs finalement.
21:10On a toujours besoin d'être plusieurs
21:11parce que plusieurs,
21:12on va plus loin
21:13et on est plus efficace
21:14et on est plus crédible.
21:15Et puis la France justement,
21:16elle défend cette idée
21:17du multilatéralisme,
21:18elle n'est pas dans une hégémonie,
21:19dans des décisions qui sont prises seules
21:21et dont on ne sait parfois
21:22pas où elles vont
21:23et qui n'ont d'ailleurs
21:24souvent pas les résultats escomptés.
21:26Merci beaucoup Eléonore Carrois,
21:27je rappelle que vous êtes ministre
21:28déléguée aux affaires étrangères
21:30en charge de la francophonie
21:31et des partenariats internationaux
21:32de la France.
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