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  • il y a 5 jours
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Alors je voulais évoquer avec vous cette mosquée qui a été fermée en Seine-Saint-Denis
00:04pour incitation à la violence et apologie du terrorisme.
00:07Donc c'est la mosquée de Chanteloup, à Olnay-sur-Bois.
00:10Elle diffusait une idéologie islamiste radicale
00:13qui reprenait la rhétorique d'organisations terroristes,
00:16légitimant le djihad et valorisant la mort en martyr.
00:19Dans une vidéo même publiée sur X, datant de plusieurs mois,
00:22un imam de cette mosquée donnait une conférence
00:24et il encourageait les musulmans à frapper leurs enfants âgés d'au moins 11 ans
00:29s'ils ne priaient pas.
00:31Sébastien Ligné, cette vidéo déjà elle a quelques mois.
00:34Ma première question c'est est-ce qu'on réagit un petit peu trop tard
00:36et surtout combien de mosquées en France on a comme ça
00:40qui peuvent être radicalisées et qui en réalité sont sous notre nez ?
00:43C'est une énorme zone grise en réalité.
00:44On n'en parle jamais de ces mosquées.
00:46Il y a deux chiffres qui sont à peu près connus
00:48mais qui sont sur le moi assez imparfaits.
00:50C'est qu'on nous explique qu'aujourd'hui il y a environ 2600 mosquées dans toute la France
00:54et que sur ces 2600 vous en aurez environ 150 qui sont des mosquées
00:58qui sont officiellement affiliés notamment aux frères musulmans.
01:03Quand vous écoutez des experts notamment du renseignement ou de la police
01:06ils vous disent on est bien au-delà des 150.
01:08Le problème c'est qu'on n'a pas l'arsenal juridique pour lutter contre cela.
01:13Souvenez-vous du torrent de polémiques
01:16qui avait suscité la petite loi sur le séparatisme en 2021
01:20qui n'était pas une loi absolument révolutionnaire
01:22mais qui simplement faisait un petit peu avancer le combat.
01:26Ça avait créé ce fameux délit de séparatisme.
01:28Ça avait tenté d'encadrer les financements de ces lieux de culte.
01:32Ils avaient aussi essayé de faciliter les fermetures administratives des lieux de culte
01:37quand il y avait des prêches haineuses.
01:39Mais on voit bien qu'aujourd'hui le nombre de fermetures par an se coûte sur le doigt d'une
01:42main
01:43et qu'en effet il y a un manque de transparence totale.
01:45C'est-à-dire qu'on n'est même pas capable dans ce pays de citer clairement.
01:47Moi je n'ai jamais eu un ministre qui m'a dit clairement
01:49« Ok, dans notre pays il y a tant de mosquées salafistes ».
01:52On ne sait pas.
01:53On ne sait pas.
01:53On ne sait pas.
01:53Et le deuxième sujet c'est qu'on le sait aujourd'hui, là on parle d'une mosquée,
01:56mais qu'aujourd'hui la radicalisation elle se joue évidemment à la mosquée
01:59mais elle se joue aussi sur les réseaux sociaux.
02:02Là c'est complètement impossible de lutter contre ces prêcheurs en ligne.
02:05Ça se joue dans les quartiers, ça se joue avec le narcotrafic.
02:08Donc en réalité on est complètement dépassé.
02:10Et encore une fois c'est vrai, c'est tellement incroyable
02:13même d'un point de vue démocratique
02:14que les Français ne puissent pas savoir publiquement
02:17combien de mosquées sont potentiellement dangereuses.
02:20Et vous pensez qu'on ne sait pas
02:21ou est-ce que c'est l'État qui choisit de ne pas communiquer les chiffres ?
02:24Je pense qu'il y a un peu des deux.
02:25Je pense que l'État a des chiffres qu'on n'a pas.
02:27C'est normal, après tout les secrets d'État existent.
02:30En revanche je pense qu'il y a aussi une part d'incompétence
02:32et que même au sein de l'État et même au sein des services de renseignement
02:36l'ampleur du fléau nous échappe un petit peu
02:39et que c'est aujourd'hui très compliqué de savoir exactement combien de mosquées.
02:42Parce que quand ils nous disent oui, officiellement, proche des frères musulmans
02:45mais qu'est-ce que ça veut dire ? Vous pensez bien qu'on n'est pas allé vérifier
02:48toutes les prêches dans les 2600 mosquées.
02:51Donc en réalité c'est potentiellement beaucoup plus que ça.
02:53Oui. Alors Alexandre Malafaille, on parle évidemment de cette influence
02:56des frères musulmans qui cherchent à s'infiltrer dans les associations,
03:00dans les écoles, voire dans les collectivités locales.
03:02Parfois ça existe.
03:03Est-ce que cette stratégie d'entrisme, selon vous,
03:05c'est quelque chose de très structuré et qui nous échappe ?
03:08Ou alors est-ce que c'est plutôt un phénomène exagéré
03:11qui existe un peu par là, etc.
03:13Ou alors même si on fasse un phénomène extrêmement structuré
03:16qui va avoir une ampleur absolument énorme dans les années à venir ?
03:21C'est très documenté en fait.
03:23Les frères musulmans ne partent pas de rien.
03:27C'est totalement structuré, pensé.
03:30Il y a une véritable doctrine de propagation de l'islamisme.
03:33Ça a été théorisé il y a longtemps, il y a presque une centaine d'années.
03:36Et ça se met en œuvre lentement mais sûrement.
03:39Parce qu'en fait la mosquée qui est fermée là,
03:41on verra si elle est fermée dans la durée,
03:43parce que là c'est une mesure administrative préventive.
03:45Donc on verra si le juge confirme, il faut le souhaiter.
03:47Mais c'est que la partie visible de l'iceberg.
03:50Donc on ferme la mosquée, on met dans le collimateur un imam.
03:53Mais de toute façon la population qui allait prier là,
03:55elle venait écouter, elle entendait.
03:57Elle est toujours là cette population.
03:58Donc elle est toujours, si je puis dire, galvanisée
04:00par les mêmes ressorts, par les mêmes mots.
04:02Et les mêmes messages sont toujours à l'œuvre.
04:04C'est ça qui est terrible.
04:05C'est qu'en fait on a laissé depuis une trentaine d'années
04:07s'enquister dans notre pays une espèce d'idéologie
04:10qui est révolutionnaire.
04:13Au sens où elle veut imposer une autre façon de vivre.
04:16Et comme elle sait que pour elle,
04:17la loi du temps est la loi du nombre
04:19qui est à l'œuvre.
04:21Et bien petit à petit, elle occupe des positions.
04:23C'est comme un peu les chemins avec le jeu de go.
04:25C'est-à-dire que vous prenez une mosquée,
04:26vous prenez un quartier,
04:27vous prenez ici, vous prenez là.
04:29Mais vous prenez aussi dans l'espace public.
04:30Quand vous permettez effectivement
04:32qu'on renonce à tel type de campagne publicitaire,
04:35quand vous voyez l'évolution du comportement des marques
04:37par rapport au halal,
04:38quand vous voyez l'évolution des marques
04:39par rapport à certaines fêtes annuelles,
04:41on ne parle plus de fêtes de Noël,
04:43on va parler des fêtes d'hiver, etc.
04:44Petit à petit, on se rend compte
04:45qu'au nom d'une forme d'uniformisation,
04:48on intègre le fait que quelque part l'islam est là.
04:51Alors ça c'est très bien,
04:51on ne peut pas être d'accord,
04:53mais en tout cas c'est une réalité.
04:54Mais on tolère les dérives liées à l'islam
04:55avec une pratique qui veut effectivement
04:57s'imposer au détriment des autres.
04:58Et ça c'est l'islamisme qui est à l'œuvre.
05:00Et c'est derrière, bien sûr,
05:02l'idéologie des frères musulmans
05:03qui tire beaucoup de ficelles
05:04parce que c'est un système qui est très bien fichu.
05:06Et en même temps,
05:07qui a l'avantage pour eux
05:08de créer très vite en fait
05:09une forme de sentiment d'injustice
05:11dès qu'on les stigmatise.
05:13Et vous avez en plus de ça
05:14des partis politiques
05:15qui évidemment sont soit très complaisants,
05:17soit très utilisateurs.
05:18Les complaisants, on va dire globalement,
05:20c'est le PS et les écologistes.
05:22Et les utilisateurs,
05:23ce sont les insoumis
05:23qui en font véritablement
05:25une cible de marketing électoral
05:26et qui eux, pour le coup,
05:28ferment les yeux sur toutes les réalités
05:29liées à ce frérisme
05:31parce que ça sert leurs intérêts.
05:32Donc tant qu'on n'aura pas un système
05:33capable de répondre de manière univoque
05:35au sens de voix unique
05:37à ces problématiques-là
05:38et de traiter le problème dans la durée,
05:39et pas uniquement avec l'arsenal judiciaire
05:41parce que ce n'est pas que par la répression
05:42qu'on traitera ça,
05:43mais c'est plus par un vrai projet de société
05:45pour faire en sorte que globalement
05:46on puisse vivre ensemble
05:47et vivre ensemble de la même façon.
05:49Ça ne veut pas dire au même rythme,
05:50ça ne veut pas forcément dire
05:51avec les mêmes codes vestimentaires,
05:52mais ça veut dire au même rythme
05:53et en respectant les mêmes valeurs.
05:54Tant qu'on n'aura pas mis ça en règle,
05:56on aura cette difficulté
05:58et vraisemblablement avec des moments
05:59qui seront toujours très durs à affronter
06:01sur un plan de cohésion nationale.
06:03Sébastien Olivier.
06:04Après je pense qu'il ne faut pas non plus
06:05tomber dans le panneau
06:06qu'on nous tend un petit peu,
06:07c'est-à-dire qu'on tente
06:09et le gouvernement le fait très bien,
06:10c'est-à-dire qu'on a institutionnalisé
06:12cet ennemi qui est les frères musulmans,
06:15cette organisation-là,
06:16qui existe évidemment,
06:17qui est tentaculaire,
06:18mais attention de ne pas croire
06:19que le seul adversaire
06:22au sein de l'islam politique,
06:23ce sont les frères musulmans.
06:25Hélas, le problème est bien plus profond que cela.
06:26Vous avez des prêches,
06:28vous avez des mosquées,
06:28vous avez des influenceurs
06:29qui se radicalisent petit à petit
06:32sans avoir un projet secret derrière,
06:34sans avoir la main invisible
06:35des frères musulmans.
06:36Ce serait facile, en réalité,
06:37si aujourd'hui,
06:38l'ensemble du spectre
06:40de l'islam politique
06:41était réuni
06:41au sein d'une seule chapelle
06:43des frères musulmans,
06:44qu'il y aurait un chef spirituel
06:45des frères musulmans
06:46qui gouvernerait
06:47de manière hiérarchique.
06:48On pourrait s'attaquer
06:50à un système comme ça,
06:51mais en réalité,
06:52on le sait bien.
06:53En effet,
06:54il y a l'idéologie
06:54des frères musulmans,
06:55mais il y a tout un tas
06:57d'autres chapelles
06:58au sein de cet islamisme
06:59qui ne répondent absolument pas
07:00aux mêmes critères,
07:01qui se développent parfois
07:02de manière naturelle.
07:03Vous voyez des gens
07:04qui se radicalisent petit à petit
07:06au contact de personnes,
07:08de leur entourage,
07:09parfois aussi dans les clubs de foot,
07:10parce qu'aujourd'hui,
07:10les associations sportives
07:11sont devenues des lieux
07:12d'entrisme importants,
07:13et ça ne répond pas forcément
07:14à la main invisible
07:15des frères musulmans.
07:16C'est parfois, hélas,
07:17une évolution qui apparaît
07:18presque naturelle
07:19dans certains milieux de l'islam.
07:21Et ça, c'est beaucoup plus dangereux,
07:22parce que c'est facile
07:24de lutter contre l'islam politique,
07:25parce que c'est une organisation.
07:27En revanche,
07:27c'est plus difficile
07:28de lutter contre une idéologie
07:29qui se développe
07:30un petit peu partout
07:30dans toute la société
07:31et qui ne répond pas
07:33à un chef
07:33ou à une organisation précise.
07:35Alors là,
07:35qu'est-ce qu'on fait ?
07:36Vous parlez de vivre ensemble,
07:38c'est cette fameuse idée
07:40qui est un petit peu disparue.
07:40C'est que pendant,
07:41au début du XXe siècle,
07:42il y avait ce mot à la mode,
07:43même Nicolas Sarkozy en parlait,
07:44c'était
07:45« Il faut faire l'islam de France ».
07:46C'était cette idée
07:47qu'on allait recréer l'islam
07:49ou qu'on allait faire
07:49un nouvel islam
07:50qui soit compatible
07:51avec les valeurs de la République.
07:53On voit bien
07:54que cet islam de France,
07:55soit on n'a jamais réussi à le faire,
07:57soit il est impossible à faire.
07:59Je ne sais pas
08:00quelle est la solution,
08:00mais ce qui est certain,
08:01c'est que 25 ans après,
08:03plus personne ne part
08:03d'islam de France,
08:04parce que tout le monde a compris
08:05que l'islam de France,
08:06ça n'existe pas,
08:07ou qu'en tout cas,
08:08il allait falloir
08:09qu'un des deux composants
08:10s'adapte.
08:11Soit c'est la République
08:12qui s'adapte à l'islam,
08:14comme le veulent les islamistes,
08:15soit c'est l'islam
08:16qui s'adapte à la République.
08:18Mais dans tous les cas,
08:19il va falloir qu'un des camps,
08:20des deux camps,
08:21je n'ai pas envie
08:21de forcément opposer
08:22les camps comme ça,
08:23mais c'est un petit peu la réalité,
08:24un des deux camps s'adapte.
08:26Les juifs
08:27se sont adaptés à la République,
08:28les fameuses lois napoléoliennes,
08:31la religion catholique
08:32s'est adaptée évidemment
08:34à la République française,
08:35parfois dans la douleur,
08:36on ne va pas refaire l'histoire
08:37des actes antichrétiens
08:38lors de la Révolution française,
08:39mais la loi de 1905,
08:41typiquement,
08:42qui était une loi
08:43dite sur tous les cultes.
08:45En réalité,
08:46la loi de 1905,
08:46c'est une loi
08:47qui vise évidemment
08:48la religion catholique
08:49parce qu'à l'époque,
08:50la religion catholique
08:50est ultra majoritaire
08:52et le but de la loi de 1905,
08:53c'est de réduire
08:54l'importance
08:55de la religion catholique.
08:56Et les catholiques
08:57ont adapté
08:58leur religion,
08:59leur culte,
08:59leur foi
09:00à la République française.
09:01Et donc aujourd'hui,
09:02je pense qu'il va falloir
09:03que les musulmans,
09:04et là, je ne parle pas
09:04des islamistes,
09:05que les musulmans,
09:06que l'islam en France
09:07s'adapte aussi à la République
09:08et accepte
09:09de lâcher certaines pratiques,
09:12certains dogmes
09:13pour s'adapter à la France.
09:14Je crois qu'on est encore loin.
09:15pour s'adapter à la France.
09:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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