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Philippe Juvin, député LR et rapporteur général du budget, était l’invité de #LaGrandeInterview de Pierre de Vilno dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview Europe 1 CNews, c'est le député LR des Hauts-de
00:05-Seine et rapporteur général de la Commission des Finances.
00:07Bonjour Philippe Juvin, rapporteur du budget. La justice met un terme à l'OMERTA sur ce qu'on appelle communément
00:13le racisme anti-blanc.
00:15Trois ans après le meurtre du jeune Thomas Acrépole, la juge d'instruction a intégré la circonstance aggravante que les
00:21victimes ont été agressées en novembre 2023
00:24en raison de leur race blanche et de la rapporteur annonce à la nation française. Est-ce que ce n
00:31'est pas tout bonnement un francocide ?
00:33En tout cas, le racisme anti-blanc existe, contrairement à ce qu'un certain nombre de gens veulent nous faire
00:38croire depuis des années.
00:39Et il n'y a pas de racisme qui soit excusable et que quand vous attentez à la vie, à
00:46la santé ou à l'honneur de quelqu'un au motif de sa couleur de peau,
00:50qu'il soit blanc ou noir, c'est du racisme et c'est évidemment condamnable.
00:52Donc cette décision de justice, au moins, elle met les choses au clair.
00:55Oui, le racisme anti-blanc existe et c'était une plaie pour notre société.
00:59Marie-Hélène Torval, la maire de Romand-sur-Isère, depuis le début, évoquait le racisme anti-blanc.
01:03Elle avait ensuite été menacée de décapitation.
01:08Quel commentaire faire à quelque chose d'aussi épouvantable ?
01:12La France se fractionne, se divise.
01:16Il y avait un article de presse il y a quelques années, c'était Finkielkraut qui avait écrit ça.
01:20La nation se fragmente au bénéfice des tribus.
01:23C'est-à-dire que vous avez la tribu des gens qui pensent ci, des gens qui pensent ça.
01:29La France est une nation qui s'est construite justement par l'effacement des différences.
01:35Et c'est ça que nous devons retrouver.
01:37Nous devons le retrouver.
01:38Et en attendant, qu'est-ce que vous dites à toutes ces personnes qui disaient, qui mettaient en cause ?
01:41D'ailleurs, notre chaîne, CNews, pourra voir.
01:46Non seulement qu'ils se sont trompés, mais qu'ils ont trompé la population.
01:49Et je ne sais pas si vous avez remarqué, ils ont trompé la population.
01:52Vous savez, ce terme racisé, on parle de population racisée, est tellement passé dans le langage commun qu'il pose
01:59un vrai problème.
02:00Ça signifie qu'il y a une forme d'acceptation, en réalité, d'une différence basée sur les couleurs de
02:06peau,
02:07à travers ceux qui prétendent, d'ailleurs, combattre le racisme.
02:10C'est là où est la difficulté.
02:11Il y a une inversion des choses.
02:13Donc oui, la France doit retrouver sa vocation initiale, qui est celle de l'universalisme.
02:19Comment ?
02:20On est français.
02:21Par quels moyens ?
02:22D'abord par l'éducation.
02:24Mais ça, ça va prendre des années.
02:25On va sacrifier des générations.
02:27Ça va prendre des années.
02:28Ça va sacrifier une génération.
02:29Mais vous savez, nous sommes déjà sacrifiés.
02:31Renan disait, la France n'est pas une couleur de peau, ce n'est pas une religion.
02:36La France est un principe spirituel.
02:38C'est le mot de Renan, grand républicain.
02:40La France est un principe spirituel.
02:42Et les Français, par-delà leurs différences, en fait, font tous partie d'un creuset.
02:47Eh bien, c'est ce creuset qu'il nous faut désormais rétablir.
02:49Le racisme, Philippe Juvin.
02:51L'antisémitisme aussi, après l'interruption du concert par 150 militants LFI et pro-palestiniens
02:56de la DJ Barbara Butch, parce que juive et parce que soutien de la loi Yadan.
03:00Voilà maintenant le concert d'Amir, franco-israélien, annulé, tout simplement par mesure de sécurité.
03:07Qui eut cru, il y a quelques années, qu'un artiste ne puisse pas chanter en France du fait de
03:14ses opinions ?
03:14Et je ne parle même pas d'antisémitisme.
03:17Et évidemment, encore plus, qui aurait pu penser qu'il y a quelques années, que l'antisémitisme puisse devenir acceptable.
03:24Il y a 20 ans, l'antisémitisme était condamnable de façon automatique, évidente.
03:29Il n'y avait même pas de discussion à avoir.
03:30Mais aujourd'hui, on s'aperçoit qu'en réalité, on peut avoir la haine des Juifs
03:33et que ça peut être intellectuellement, dans certains milieux, acceptable.
03:37Ça fait partie de ces dérives absolument folles d'un pays, encore une fois, qui se fractionne.
03:42Un des grands enjeux de l'élection présidentielle et des années à venir va être la reprise du contrôle.
03:47La reprise du contrôle pour rétablir ce pays dans lequel l'universalisme était une valeur cardinale.
03:53Est-ce que la reprise du contrôle, c'est aussi par l'intermédiaire de la loi Berger qui sera examinée
03:58en octobre prochain ?
03:59Je ne sais pas si c'est une question de loi.
04:01Moi, je pense que c'est plutôt une question d'éducation.
04:04C'est une question d'acceptation de valeurs qui nous sont supérieures.
04:10La loi n'est qu'un des outils.
04:14Je crois vraiment que le vrai sujet, c'est l'éducation et c'est l'école.
04:17Les incendies font rage, Philippe Juvin, dans le Var, en Gironde, en Nouvelle-la-Quietaine.
04:2243 000 personnes ont été évacuées.
04:24Vous qui êtes chef des urgences de Pompidou, l'hôpital Pompidou à Paris dans le 15e,
04:28qui avait fait des missions militaires sur des théâtres d'opérations.
04:31Ces feux, cette lutte au quotidien avec les pompiers,
04:34ces urgentistes qui font partie justement de ces pompiers, c'est inédit.
04:39Est-ce que vous diriez qu'il y a eu de l'impréparation ?
04:41Ou est-ce que c'est juste les facteurs actuels, sécheresse, vitesse du vent, qui font que…
04:46D'abord, bravo aux pompiers, bravo à tous les services de secours,
04:50bravo aux agriculteurs qui apportent leurs pierres très précieuses à la lutte contre les incendies.
04:56C'est une façon de faire nation.
04:58Oui, absolument, vous avez raison.
05:00C'est parfois d'ailleurs intéressant, c'est ainsi que la nation parfois se solidifie
05:04et se cimente devant les grands périls.
05:07Est-ce un grand péril ?
05:08Oui, assurément, c'en est évidemment un.
05:10En fait, c'est l'expression qu'aujourd'hui, le pays a à faire face à des grands enjeux.
05:15On ne va pas probablement parler des enjeux budgétaires,
05:17mais il y a des enjeux de tous les jours, dont celui-ci,
05:19et dont aussi celui de la vitalité de nos services publics.
05:22La France restera puissante si elle a des services publics qui fonctionnent.
05:26On parle des services publics de secours, mais pas simplement.
05:29Mais pour que les services publics fonctionnent,
05:31il faut que nous ayons une situation budgétaire saine,
05:33ce qui n'est évidemment pas...
05:34On va y venir au budget, un mot, parce que c'est aussi lié aux incendies.
05:39Les températures font aussi que ces incendies font rage.
05:41La canicule, la France vient de subir plusieurs épisodes.
05:44Un autre est attendu début août.
05:46Ces fortes chaleurs ont provoqué une surmortalité importante.
05:50Est-ce que la France était suffisamment préparée, là encore ?
05:53Pas manifestement, non.
05:55C'est vrai que nous avons désormais face à nous des épisodes caniculaires
05:59qui vont être de plus en plus importants.
06:01Et nous avons sous-estimé l'importance de ceci.
06:04On estime, Santé publique France, que les épisodes du mois de juin et début juillet
06:08ont causé 5000 morts supplémentaires par rapport à une situation normale.
06:12Et ce qui est très intéressant, malheureusement,
06:14c'est de noter que ça touche toutes les classes d'âge,
06:16alors principalement les patients âgés, mais aussi les jeunes.
06:20Et que beaucoup de ces décès sont survenus à domicile.
06:24En fait, on a beaucoup appris depuis la canicule 2003.
06:27C'est-à-dire que dans les EHPAD, aujourd'hui, manifestement,
06:30les prises en charge sont plutôt bonnes.
06:31On prend soin des gens, on leur apporte de l'eau.
06:34En revanche, on voit un surcroît de mortalité à domicile.
06:37Et ce surcroît de mortalité à domicile,
06:40outre le fait qu'il est évidemment absolument désolant,
06:43est une expression, je crois, d'une évolution particulière de la société
06:46dans laquelle on ne se préoccupe pas des autres.
06:49D'une certaine manière, notre obligation de fraternité,
06:51qui est une obligation personnelle...
06:53Vous voulez dire qu'on laisse mourir les anciens ?
06:54Non, qu'on a confié notre obligation personnelle de fraternité
06:58à l'État, à la collectivité, sous forme de solidarité.
07:01En gros, je paye des impôts, donc il y a des services
07:03pour remplir cette situation.
07:07Or, les gens qui sont à domicile sont souvent des gens seuls.
07:09Vous savez, la moitié...
07:10On considère que, globalement, une personne adulte sur deux
07:14vit seule dans les grandes villes
07:16et seule sans un deuxième adulte.
07:18Donc, les gens sont seuls.
07:19Eh bien, la fraternité, ça consisterait à quoi ?
07:21Pour baisser la mortalité, ça consisterait simplement
07:24à ce que chacun de ceux qui nous écoutent aujourd'hui
07:27quand il fait très chaud, décide de se lever ses fesses
07:30de son canapé, sorte de chez lui,
07:32aille taper à la porte de son voisin âgé seul
07:34en lui demandant si ça va et lui en l'apportant de l'eau.
07:36Si déjà, nous faisions tous ces gestes de fraternité,
07:39pas de solidarité, de fraternité,
07:41qui nous engagent personnellement,
07:43nous aurions moins de mortalité.
07:44En fait, il faut que les gens comprennent
07:47que cette surmortalité liée à la canicule,
07:50vous, nous engage tous individuellement.
07:52Nous avons tous une responsabilité
07:54et chacun, nous pouvons agir.
07:56Et ça, encore une fois, la fraternité...
07:59Absolument, pas compter sur la solidarité,
08:01compter sur la fraternité.
08:03C'était bien d'appeler les soignants à 20h quand il y avait le Covid,
08:06il faut aussi participer.
08:08Moi, je suis pour une société où l'on cède les uns les autres.
08:12Vous êtes le rapporteur général du budget,
08:15Philippe Juvin.
08:16Va-t-il y avoir un budget en 2027 ?
08:18Je n'ai pas de boule de cristal, j'espère,
08:20parce que s'il n'y a pas de budget,
08:20je ne sais pas comment on fait pour payer les fonctionnaires,
08:22les services publics, enfin une année blanche,
08:25pour des raisons dans lesquelles on peut peut-être entrer,
08:27mais ça va prendre du temps.
08:28Une année blanche qui consisterait simplement à dire
08:30on n'a pas de budget et on laisse faire la réévaluation automatique
08:34conduirait à une explosion des déficits,
08:37parce que pour des raisons réglementaires...
08:39Et mécaniques.
08:40Et mécaniques.
08:41Un certain nombre de nos dépenses sont indexées sur l'inflation.
08:43Donc, en fait, on verrait le truc s'emballer.
08:46Non, nous devons évidemment avoir un budget,
08:49mais je voudrais que les Français comprennent
08:50que la question du budget,
08:51avec une dette qui nous étouffe aujourd'hui,
08:54n'est pas qu'une question budgétaire.
08:57C'est une question de souveraineté.
09:00De souveraineté.
09:01C'est-à-dire que si nous ne prenons pas les décisions nous-mêmes
09:04pour rétablir les comptes publics,
09:05d'autres les prendront.
09:07Le FMI.
09:07Le Fonds monétaire international.
09:09Qui s'était déjà manifesté il y a deux jours.
09:11La Banque centrale européenne, nos partenaires.
09:13Dans un pays qui, comme c'est le cas aujourd'hui,
09:17a besoin de s'endetter, d'emprunter tous les jours,
09:20tous les jours, pour payer les fonctionnaires,
09:22pour payer les retraites, pour payer les services publics.
09:24330 milliards cette année.
09:25Eh bien, c'est un pays qui n'est pas souverain.
09:28Donc, la question budgétaire n'est pas qu'une question budgétaire.
09:31C'est une question de souveraineté.
09:33Voulons-nous que la France décide de son destin ?
09:35C'est ça le vrai sujet qui est sur la table politique
09:37et que les candidats très nombreux à la présidentielle doivent...
09:41C'est pour ça que vous leur avez écrit,
09:43ou vous allez leur écrire un courrier en leur disant
09:46« Montrez-moi votre copie », c'est ça ?
09:47Exactement.
09:48Je vais écrire en tant que rapporteur général du budget
09:51dès les premiers jours de juillet,
09:53alors que nous commencerons à avoir des éléments un peu durs de chiffres.
09:57Je vais leur écrire à chacun en disant
09:58« Voilà la situation.
10:00Ne vous planquez pas.
10:02Ne faites pas comme si vous n'aviez pas vu.
10:04Voilà ce que les voisins ont fait pour s'en sortir.
10:07L'Espagne s'en est sortie.
10:08Au prix de grandes difficultés, mais ils sont arrivés.
10:11Le Portugal y est arrivé.
10:12Il faut regarder tout ça.
10:14Et que comptez-vous faire et qu'allez-vous faire ?
10:16Parce que je suis désormais persuadé d'une chose.
10:19Il faut que les choses soient dites.
10:20Une fois que l'élection présidentielle aura lieu,
10:23le FMI et tous les gens qui nous prêtent de l'argent tous les jours
10:27vont demander au nouveau président ou à la nouvelle présidente
10:30« Qu'allez-vous faire pour rétablir les comptes publics ? »
10:33Et comment allez-vous le faire ?
10:35Vous savez, Thatcher disait « Ne me dites pas ce qu'il faut faire.
10:37Dites-moi comment le faire. »
10:39Et si la réponse n'est pas satisfaisante,
10:41si en fait c'est une mauvaise réponse,
10:42c'est une réponse qui se plante...
10:43Qu'est-ce que c'est une mauvaise réponse ?
10:45C'est de ne pas comprendre la gravité de la situation.
10:48Qu'est-ce que c'est une mauvaise réponse concrètement ?
10:49On va laisser les choses telles qu'elles sont ?
10:51Oui, on va attendre que la croissance revienne naturellement, etc.
10:55Que faut-il faire en fait ?
10:56C'est assez simple.
10:57Quand vous avez un déficit, soit vous dépensez moins,
11:00donc il faut dépenser moins,
11:01et je vais vous dire où est la dépense.
11:03On va ouvrir le capot ensemble, Philippe.
11:05Oui, exactement.
11:05Soit vous augmentez vos recettes,
11:07et pour augmenter les recettes, il y a deux manières.
11:09Soit vous augmentez les impôts,
11:10mais ils sont déjà au maximum,
11:11donc nous n'avons plus de marge de manœuvre,
11:12il faudrait même les baisser.
11:14Soit vous produisez plus de richesses à distribuer,
11:16c'est la compétitivité des entreprises.
11:19Baisser la dépense, et dépenser mieux.
11:21Baisser la dépense, encore faut-il voir
11:23où sont les grandes dépenses.
11:24Alors, 1 700 milliards de dépenses publiques,
11:261 000 milliards de dépenses sociales,
11:28500 milliards de retraites,
11:301 500 milliards pour le reste.
11:31L'année prochaine, si on ne faisait rien,
11:33si on ne faisait rien l'année prochaine,
11:36que les gens aient les chiffres en tête,
11:38eh bien la dépense sociale
11:41augmenterait naturellement de 17 milliards.
11:42Qu'est-ce que c'est 17 milliards ?
11:44Eh bien le budget de la justice, par exemple,
11:45c'est 10 milliards à peu près.
11:46Donc ça signifie que l'année prochaine,
11:48l'augmentation des dépenses sociales
11:50a elle seule l'augmentation,
11:52pas le delta, c'est 17 milliards,
11:55alors que la dépense,
11:56tous les ans de la justice,
11:58ce n'est que 10 milliards.
11:59Donc la première dépense sociale,
12:01la première dépense, c'est la dépense sociale,
12:02et parmi les dépenses sociales,
12:03c'est 1, les retraites,
12:05et 2, la santé.
12:06Sur les retraites, qu'est-ce qu'il faut faire ?
12:07Est-ce qu'il faut les baisser ?
12:08Non, les retraites,
12:09pas extraordinairement élevées en France,
12:11il faut travailler plus.
12:12Il faut travailler jusqu'à 67 ou 68 ans.
12:16Autrement dit,
12:17si vous avez ici, à ma place,
12:19demain un invité candidat
12:20à la présidence de la République,
12:21qui vous dit qu'il va baisser la dépense publique
12:23ou qu'il va rétablir les comptes publics
12:25sans toucher à la question des retraites,
12:27eh bien en fait,
12:28il se trompe ou il ment,
12:29l'un ou l'autre.
12:30Ce n'est pas possible,
12:31encore une fois,
12:32de rétablir les comptes publics,
12:33et donc, vous avez bien compris,
12:35de rétablir la France dans sa souveraineté
12:37et lui garantir sa souveraineté.
12:38Pour pouvoir ensuite,
12:40prendre des taux d'intérêt
12:42qui sont moindres à ce qu'on prend aujourd'hui.
12:44si on n'est pas capable de toucher à la retraite
12:46et en particulier de travailler plus longtemps.
12:47Donc, il faut travailler jusqu'à 67 ou 68 ans.
12:49Mais en attendant,
12:50la réforme des retraites a été suspendue.
12:52Donc, ça veut dire quoi ?
12:53Ça veut dire,
12:53le prochain candidat
12:54ou celui auquel vous allez vous adresser,
12:57il doit vous dire quoi ?
12:58Il va vous dire,
12:58la première chose que je vais faire,
13:00c'est que je vais remettre la réforme des retraites.
13:02Ou alors, pardonnez-moi,
13:04ou alors,
13:04il faut une autre réforme des retraites.
13:06Ce n'est plus 64,
13:06c'est 67 ans.
13:07Qu'est-ce que vous allez lui dire ?
13:08Mais il faut,
13:09on ne s'en sort pas
13:10sans travailler plus longtemps.
13:12Alors, vous le faites comme vous voulez
13:14et l'objectif doit être de travailler
13:15sur 67 ou 68 ans.
13:16Déjà, la réforme actuelle
13:17qui est suspendue
13:18et non pas abrogée.
13:19Je vais vous faire une annonce.
13:20C'est un début.
13:21Dans le cadre du budget
13:23qu'on va discuter dans quelques semaines,
13:25je vais,
13:26en tant que rapporteur général du budget,
13:27faire un amendement
13:29pour suspendre la suspension.
13:31C'est-à-dire, en fait,
13:31remettre en route
13:34la réforme des retraites.
13:35Donc, avant l'élection présidentielle.
13:36Bien sûr, il faudra le faire.
13:38Je ne me fais aucune illusion,
13:39il n'y aura pas de majorité
13:41et je serai assez peu suivi.
13:43Mais mon rôle,
13:44je suis payé
13:45pour vous dire la vérité.
13:47C'est trop facile
13:47de ne pas dire les choses.
13:48Vous êtes 577 à être payé
13:50pour dire la vérité.
13:51Je vais la dire.
13:52Il se trouve que je vais la dire, moi.
13:53Et vous ne pouvez pas
13:55rétablir les comptes publics
13:56si vous ne baissez pas les dépenses
13:57et vous ne pouvez pas
13:58baisser les dépenses
14:00si vous ne travaillez pas
14:01plus longtemps.
14:01La retraite,
14:02la retraite,
14:03c'est la première dépense
14:05de l'État.
14:06Enfin, de l'État.
14:07C'est la première dépense publique.
14:08Après, vous avez une deuxième dépense
14:09qui est la santé
14:10et il faut évidemment
14:11poser la question
14:12des dépenses de santé.
14:13Ça veut dire
14:13qu'on est trop remboursé ?
14:15Oui.
14:17Moi, je sais
14:17où me faire opérer.
14:18Vous ne savez pas.
14:19Mais surtout, moi,
14:20je sais où ne pas
14:20me faire opérer.
14:21Et vous, vous ne savez pas.
14:23Il y a aujourd'hui
14:23des endroits en France
14:24où on n'est pas bien soigné.
14:25Donc oui, je vous le dis,
14:27il y a des endroits
14:27qu'il faut probablement
14:28fermer,
14:30regrouper les moyens.
14:31Attendez, Philippe Juin,
14:31il faut fermer quoi ?
14:32Des hôpitaux ?
14:33Il faut probablement
14:33fermer des services
14:34ou des hôpitaux
14:35où on est mal soigné.
14:36Il y a des endroits...
14:37Et vous allez faire, vous,
14:38une cartographie des hôpitaux
14:39Écoutez-moi bien.
14:40Moi, je serais capable,
14:42probablement,
14:43pour un certain nombre
14:43de pathologies,
14:44mais d'ailleurs,
14:44votre médecin traitant aussi,
14:46si vous avez la chance
14:46d'en avoir un,
14:47serait capable de vous dire
14:48n'allez pas dans cet endroit.
14:49On le sait.
14:51On le sait sans le savoir.
14:52Il y a une inégalité.
14:53Il serait mieux d'avoir une carte
14:54en disant,
14:55là, il ne faut pas y aller.
14:56Eh bien, regardez,
14:57rapport de la Cour des comptes
14:58sur le cancer de l'ovaire.
14:59La Cour des comptes
15:00a publié une carte de France
15:03qui indique
15:03tous les hôpitaux
15:04qui font moins de 20 actes
15:06de chirurgie de cancer
15:07de l'ovaire par an,
15:09considérant que 20 actes par an,
15:11c'est le minimum
15:11pour savoir correctement
15:12faire les choses.
15:13Eh bien, ces données sont publiques.
15:15Il faut tirer les leçons
15:17de ce que nous savons
15:18sur l'inefficacité
15:20de la dépense publique
15:20et en particulier des soins.
15:22Vous savez,
15:23De Gaulle disait
15:24dans son discours d'investiture
15:25en juin 1958
15:28que la plus grande cause
15:30de nos épreuves,
15:31c'était l'impuissance des pouvoirs.
15:33Je crois que ça a été
15:34exactement la même chose aujourd'hui.
15:35C'est l'impuissance
15:36des pouvoirs publics
15:37à décider
15:38ce qui est bon pour la France.
15:39Pourquoi ?
15:40Parce que nous sommes englués
15:41dans des lobbies
15:42qui poussent chacun
15:44leurs intérêts,
15:44une administration
15:46qui parfois
15:47ne publie pas les décrets
15:48donc n'applique pas la loi,
15:49un pouvoir législatif
15:51qui se prend
15:52pour le pouvoir exécutif
15:53et le contraire.
15:54Cette impuissance
15:55de la puissance publique
15:57à agir,
15:58elle est la cause
15:59de tous nos maux.
15:59On lit le budget
16:01à ce que vous venez de dire,
16:02ça veut dire qu'en gros,
16:03les Français
16:04payent des impôts,
16:05j'allais dire,
16:06pour rien.
16:06Pas pour rien,
16:07mais pour quelque chose
16:08qui est très mal aiguillé
16:09et très mal utilisé.
16:11Oui,
16:11je peux le dire différemment.
16:14Nous payons beaucoup d'impôts
16:15pour une efficacité
16:16assez faible,
16:17mais regardez l'école,
16:19nous payons beaucoup
16:20d'argent pour l'école.
16:21Le classement PISA,
16:23classement de la qualité
16:24de l'éducation,
16:25s'écroule
16:25chaque année un peu plus
16:26avec les scandales
16:28qu'on a vus.
16:28Alors peut-on s'en sortir ?
16:29La question c'est
16:30est-ce qu'il y a un espoir ?
16:31Oui,
16:31il y a un espoir.
16:32Regardez le Portugal.
16:33Le Portugal a mis en place
16:34des réformes,
16:35ils ont dépensé moins
16:36et mieux
16:37et ils ont fait en sorte
16:39de réanimer la croissance
16:41et la vitalité
16:42de leurs entreprises.
16:43La conséquence de cela,
16:44c'est que leur service public
16:46fonctionne mieux.
16:47Le classement PISA
16:48de l'éducation au Portugal
16:49a gagné des points.
16:51C'est-à-dire que
16:52rien n'est immédiable.
16:53Et c'est ça que je veux dire
16:54aux Français.
16:55En fait,
16:55d'autres l'ont fait.
16:56Nous pouvons le faire.
16:57La vraie question,
16:58je me répète,
16:59c'est est-ce que nous décidons
17:00nous-mêmes
17:00des mesures d'assainissement
17:02qui sont nécessaires
17:03pour le pays
17:04ou est-ce que c'est l'étranger,
17:05la Banque Centrale Européenne
17:06ou l'FMI
17:07qui va le décider pour nous ?
17:09La seule question,
17:09elle est là.
17:10Qui décide ?
17:10Nous ou les autres ?
17:11Ce matin sur Europe 1
17:12et sur CNews
17:12que le FMI est à nos portes.
17:14Donc ce que disait Roland Lescure
17:15avant de se rétracter
17:16en réalisant la bourde
17:20qu'il avait faite
17:20ou qu'il avait parlé
17:21un peu trop vite.
17:21Oui,
17:22le FMI est à nos portes
17:23et il va faire les choses
17:24à notre place.
17:25Si le FMI débarque,
17:26attendez,
17:26c'est simple pour les Français,
17:27c'est quoi ?
17:28C'est moins 30% sur la retraite ?
17:29Je ne sais pas.
17:30En tout cas,
17:30c'est des mesures drastiques,
17:31c'est un plan d'austérité
17:32sans le vouloir.
17:32Ce seront des mesures d'austérité.
17:35Vous avez une formule
17:37très, pardon,
17:39journalistique
17:40et le FMI est à nos portes.
17:42Ce qui est certain,
17:43c'est que moi,
17:44je le dis avec ma formule,
17:46d'ici la fin 2027,
17:47si nous ne sommes pas capables
17:48de dire
17:49voilà ce que nous allons faire
17:50de façon crédible,
17:51oui,
17:52là pour le coup,
17:52le FMI viendra.
17:55Pourquoi ?
17:55Ainsi que la Banque Centrale,
17:56pour une raison simple,
17:57ils n'auront pas besoin d'ailleurs
17:58de dire
17:59nous arrivons,
18:00nous serons obligés
18:01de les voir arriver.
18:02Pourquoi ?
18:02Parce que les taux
18:03auxquels la France empreinte
18:05tous les jours
18:063,7,
18:073,8
18:08bondiront
18:09et nous ne pourrons plus
18:10faire autre chose
18:11que cette dette
18:13qui nous est touche.
18:14Le choix qu'ont les Français,
18:15Philippe Juin,
18:15il est dans les urnes.
18:16Qu'est-ce qu'on fait ?
18:17Qui désigne-t-on
18:17votre famille politique ?
18:19Moi, j'ai un candidat
18:19qui est Bruno Retailleau.
18:20Parce que ?
18:21Parce que c'est un homme sérieux,
18:22parce qu'il a une colonne vertébrale,
18:24parce qu'il sait où aller.
18:25Donc c'est pour ça
18:26que je défends Bruno Retailleau.
18:28Nous avons quelques mois
18:29devant nous
18:30pour persuader les Français
18:31que la situation
18:31est de la normale.
18:32En attendant,
18:32les sondages
18:33donnent Marine Le Pen
18:34gagnante
18:35au premier
18:35et au second tour.
18:36C'est vrai.
18:37La campagne électorale
18:38sert à cela.
18:39S'il y a un second tour
18:40RN-LFI,
18:42nous verrons.
18:42Qu'est-ce que vous faites ?
18:43Nous verrons.
18:45Vous refusez de me répondre ?
18:46Oui,
18:46pour une raison très simple.
18:47Est-ce que vous voyez
18:48une France LFI
18:49et une France RN ?
18:50Pour vous,
18:50c'est la même chose ?
18:51Ce qui est certain,
18:51c'est que le LFI
18:53et le RN
18:54ont cette capacité
18:55que nous devons
18:56nous regarder
18:57avec attention
18:59à proposer
19:00une vision de la France.
19:01Ils ont tous les deux
19:02clairement une vision
19:03de la France.
19:03Ce n'est pas la mienne,
19:04mais on ne peut pas
19:05tirer à M. Mélenchon,
19:06on ne peut pas tirer
19:07à Mme Le Pen
19:07le fait qu'ils ont une vision.
19:09Et je dis
19:09aux candidats
19:10du Bloc central,
19:11je leur dis à tous,
19:13n'ayez pas
19:13que des solutions techniques.
19:15Ayez une vision
19:15de la France.
19:16Quelle est la France
19:17que nous devons
19:17entre guillemets
19:19proposer aux Français ?
19:20Diminuer le vote
19:20des extrêmes ?
19:21Je pense que si demain
19:22nous sommes capables
19:23d'emmener la France
19:24et les Français
19:25vers une ambition collective,
19:26une vision
19:27et pas des mesures techniques,
19:29oui,
19:29c'est la manière
19:31d'aborder le chemin
19:32de la prospérité.
19:33Il nous reste 30 secondes,
19:34Philippe Juvin,
19:35la loi sur la fin de vie
19:36est passée,
19:37c'est définitif
19:38ou est-ce que ça reviendra
19:39à un moment donné
19:40dans le débat public ?
19:41Alors, il y a encore
19:41d'abord le Conseil constitutionnel.
19:43Moi, je suis très favorable
19:44à la chose suivante.
19:45C'est une loi qui n'est pas
19:46une loi de gauche
19:47et ce n'est pas une loi de droite.
19:48C'est une loi
19:50qui nous concerne
19:51tous individuellement.
19:52Si j'étais candidat
19:53à la présidence de la République,
19:54je ne le suis pas.
19:56Je proposerais
19:57à ce que cette loi
19:59puisse être remise
20:01sur le tapis
20:02avec une proposition
20:03de référendum.
20:04Que chaque Français
20:05nous dise au fond,
20:06voilà, j'en veux
20:07ou je n'en veux pas.
20:07Mais je vous le rappelle
20:08et je conclue là-dessus,
20:10le vrai sujet aujourd'hui
20:12c'est la qualité des soins.
20:13Je ne voudrais pas
20:13qu'un certain nombre
20:14de Français demandent
20:15l'euthanasie par défaut
20:16d'accès aux soins
20:17et en particulier
20:18aux soins palliétifs.
20:18Merci beaucoup Philippe.
20:19Je vous invite à une bonne journée.
20:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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