00:0113h-14h, Europe 1 Info.
00:03Merci de nous rejoindre sur Europe 1. Il est 13h32, vous écoutez Kelly Mathias et ses deux chroniqueurs, Georges Fenech
00:07et Jean-Claude Dessier.
00:08On va revenir sur la révolution de la politique familiale qui est demandée par une mission parlementaire sur la natalité.
00:16Mais juste avant quand même, on va parler de cette nomination à la Cour des Comptes, je le disais dans
00:19le journal permanent.
00:23Maud Bréjean, elle en a parlé, mais surtout Amélie de Montchalin, va prendre ses fonctions en tant que première présidente
00:28de la Cour des Comptes le 23 février prochain, c'est rapide d'ailleurs, comme nomination.
00:33Ça a créé la polémique, je vous propose tout d'abord d'écouter Maud Bréjean, la porte-parole du gouvernement
00:38qui a répondu ce matin à cette nomination.
00:40Et Henri Guénaud, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
00:43J'entends au fond une partie, par exemple, du Rassemblement national, de la France insoumise aussi, pointer du doigt une
00:49nomination qui serait une nomination partisane.
00:52Or, Amélie de Montchalin a toutes les compétences pour mener à bien cette mission-là.
00:56Par ailleurs, le président de la République a eu un mot sur cette nomination, et donc je me permets de
01:00vous le dire.
01:01Il n'est pas inusuel d'avoir un responsable politique à ce poste, confère ce que je viens de vous
01:05dire.
01:05Et il n'est pas inhabituel d'avoir des ministres nommés, c'est arrivé par le passé.
01:10On n'a jamais vu ça. Ce n'est pas parce que le président de la République peut nommer n
01:14'importe qui,
01:15qu'il peut se donner le droit de nommer quelqu'un de 40 ans à la tête de la Cour
01:19des comptes.
01:20Personne ne fait ça. Ça veut dire qu'elle peut rester 28 ans. C'est un poste irrévocable.
01:26Alors, vous avez entendu Maud Bréjean, puis Henri Guénaud qui est défavorable.
01:30Et vous, alors, cette nomination vous choque-t-elle, Jean-Claude Dacier ?
01:33Non. Non, non. Je pense que d'abord, il faut privilégier la compétence,
01:39et nul ne peut penser que Mme de Montchalin ne soit pas compétente dans la question.
01:45C'est une évidence, même si elle a accouché, avec son ministre, d'un budget qui ne faut pas grand
01:52-chose.
01:53Dans la situation politique que nous connaissons, je ne vois pas très bien comment on pouvait faire mieux.
01:58Maintenant, c'est vrai que la situation peut interroger, dire qu'elle va pouvoir rester 28 ou 30 ans en
02:06poste jusqu'à la retraite.
02:07Je n'y crois pas trop, parce que cette jeune femme a de l'ambition,
02:11et qu'elle ne restera sûrement pas tout ce temps à la tête de la Cour des comptes.
02:15Je m'interroge entre nous sur l'efficacité de la Cour des comptes.
02:19Je pense qu'un service dédié auprès du Premier ministre serait largement suffisant,
02:24dans la mesure où la Cour des comptes accouche régulièrement de plusieurs...
02:28Alors ça, c'est encore un autre débat.
02:30L'utilité au nom de la Cour des comptes...
02:32Oui, mais c'est un autre débat qui me paraît central.
02:33Bon, enfin central.
02:35Ça me paraît important, c'est que de toute façon, personne ne fait attention,
02:38à part les médias de temps en temps, sur le teneur des rapports.
02:43Mais il y a à dire incontestablement.
02:46Mais bon, tous les présidents, tous les présidents...
02:48Écoutez, écoutez, c'est quand même extraordinaire qu'on entende l'opposition faire un certain nombre de reproches
02:54à Macron pour lequel je n'ai aucune sympathie particulière.
02:57Néanmoins, tous les postes à l'heure actuelle, où étaient il y a quelques semaines encore,
03:02avec des socialistes à leur tête.
03:05À votre avis, ils ont été nommés par qui ?
03:07Tous les présidents de la République ont nommé évidemment leurs amis
03:11à la tête des grandes institutions de la République.
03:14C'est peut-être pas bien.
03:15Moi, je préférerais le spoil-système à l'américaine.
03:18C'est-à-dire qu'un président qui a envie d'appliquer une certaine politique
03:22a besoin d'avoir des gens qui comprennent l'esprit de sa politique
03:27à la tête des grandes institutions.
03:29Faisons ça, si vous voulez.
03:31Mais honnêtement, la politique qui consiste à reprocher à Macron
03:35de nommer ses copains à la tête des grandes institutions
03:37ne me paraît pas très sérieuse.
03:39Tous les présidents ont fait la même chose.
03:41Et encore une fois, c'est le système dans son ensemble qu'il faut revoir.
03:45– Georges Fenec, est-ce que cette nomination vous choque déjà ?
03:47– Alors, une fois n'est pas coutume, je suis en total désaccord avec mon ami Jean-Claude Dacier.
03:51– Mais non, mais tu as raison.
03:52– Totalement, parce que là, on ne parle pas des institutions,
03:55comme vous dites, des institutions.
03:57On parle d'une institution judiciaire, qui est la Cour des Comptes.
04:01Ce sont des magistrats.
04:03Ce ne sont pas des politiques.
04:04– Elle ne l'est pas, je crois.
04:05– Mais elle va le devenir.
04:06– Ah bon ?
04:07– Elle va le devenir parce qu'elle est nommée.
04:08– Parce que là, elle ne l'est pas.
04:08– Et non, vous comprenez.
04:10Et comme le dit très bien Henri Guénaud,
04:12moi je me mets à la place des magistrats de la Cour des Comptes,
04:15dont je rappelle, c'est une juridiction,
04:17une juridiction d'appel de toutes les décisions des chambres régionales des comptes.
04:20C'est un statut d'indépendance.
04:22Ce n'est pas un statut d'une institution révocable à Noutoum,
04:26qu'on va dans des agences.
04:27C'est la justice, là.
04:29On nomme pas, par exemple, un premier président de la Cour de Cassation
04:32de cette manière-là à 40 ans.
04:33Il y a tout un cursus.
04:35Il y a une prise de grade, d'avancement, d'ancienneté.
04:38Moi j'imagine les conseillers de la Cour des Comptes,
04:40quand on leur apprend qu'une femme politique
04:43dont la compétence n'est pas remise en cause, par ailleurs,
04:45va être à la tête de cette noble dame de la rue Cambon.
04:49Ça va la réveiller, c'est bien.
04:50Mais non, ce n'est pas ça.
04:51Ce n'est pas le principe d'être réveillé.
04:53C'est le principe d'avoir une sérénité,
04:55une indépendance de la justice financière.
04:57Mais oui, mais ça peut aussi...
04:59Vous dites que sa compétence n'est pas remise en cause, quand même.
05:02Oui, mais c'est contraire à toutes les traditions
05:06et à tous les principes même des nominations dans la justice.
05:12C'est la première fois que c'est une jeune femme aussi.
05:15Non, mais vous ne voulez pas me comprendre.
05:16Mais si, je veux dire que vous...
05:18Non, on ne parle pas de la même chose.
05:19Je suis aussi pour les jeunes femmes, les compétences.
05:23Mais là, il s'agit d'une institution.
05:25Séparation des pouvoirs, c'est la justice.
05:27Ce n'est pas autre chose que la justice.
05:29Mais Moscovici, alors, c'était un président nommé par vous.
05:33On n'émettra aucune critique
05:35quand un ministre est nommé à 25 ou 28 ou 29 ans.
05:38Ce n'est pas le sujet.
05:39Mais là, on est dans une institution indépendante de l'exécutif.
05:42Soit disant indépendance.
05:43Une institution judiciaire.
05:45Donc, c'est du jamais vu.
05:47Et en plus, il y a effectivement ce problème de conflit d'intérêts
05:51qui me paraît totalement évident.
05:53La ministre du Budget, elle va bientôt être saisie
05:56de ce qu'elle-même a fait.
05:58Elle va se mettre en retrait.
06:00C'est ce qu'il nous a expliqué.
06:01Elle va se mettre en retrait.
06:02Elle va se mettre en retrait.
06:02Elle va se mettre en retrait.
06:03Mais ça va être très compliqué.
06:05Mais elle ne se remettra pas en retrait
06:06de sa fonction de premier président.
06:08Et vous savez, les conseillers de la Cour des comptes,
06:10dont dépend de la carrière de qui ?
06:12De madame la première présidente.
06:13Ils ne vont quand même pas aller à l'encontre, je dirais,
06:17comme ça, naturellement,
06:18sans qu'aucune instruction leur soit donnée.
06:19À l'encontre des visions.
06:22La première présidente va impulser.
06:24– J'écoute ce que tu dis, mon cher Jean.
06:25– Jean-Claude Gassier.
06:26– C'est pas possible.
06:27– J'écoute ce que tu dis.
06:28– Ça ne peut pas fonctionner.
06:29– Je suis prêt à en tenir largement compte.
06:33Simplement, qu'est-ce que tu fais pour M. Ferrand,
06:35qui a été nommé il y a quelques semaines
06:37à la présidence du Conseil constitutionnel ?
06:39Qu'est-ce que tu fais du Conseil d'État ?
06:41Qui est évidemment dirigé par les anciens Chauds.
06:43– La même chose, le vice-président du Conseil d'État
06:45va être nommé, d'ailleurs.
06:46– Faisons un système à l'américaine.
06:48– Pareil, le Conseil d'État, ce sont des juridictions.
06:52– Oui, ce n'est pas normal que tu nommes.
06:56– S'il vous plaît, Georges Fenech, Jean-Claude Gassier,
06:58chacun à votre tour, promis, je vous donnerai la parole.
07:00– Il n'est pas normal de nommer,
07:02comme vice-président du Conseil d'État,
07:04président de la section du contentieux, quand même,
07:05de toutes les juridictions administratives,
07:07l'ancien directeur de cabinet, Jean-Marc Ayrault.
07:09– Ah, ce n'est pas fait encore.
07:10– On ne fait pas ça.
07:10– Non, non, oui, mais le vice-président du Conseil d'État
07:13va de nouveau, va devoir être nommé aussi.
07:15– Oui, et là, c'est pareil.
07:16– On ne parlait pas du même.
07:17– Ça aussi, c'est un réformé, mon cher Georges.
07:19– Le Conseil constitutionnel qui est peuplé d'hommes politiques,
07:21ce n'est pas normal.
07:22Ce n'est pas normal que tous les anciens premiers ministres
07:24deviennent membres du Conseil ou présidents du Conseil constitutionnel.
07:28– Et quand il n'y a pas de poste dans les grandes institutions
07:30que tu connais,
07:31eh bien, on nomme au Conseil économique et social.
07:33Je me souviens encore d'un président fameux
07:36qui a mis, oui, peut-être,
07:38mais qui a mis sur place une ancienne chanteuse de ses relations.
07:42Tout ça n'est pas sérieux.
07:43Il serait temps de mettre un terme à cette fromagerie.
07:47– On dit que ces nominations seraient aussi,
07:49pour Emmanuel Macron,
07:50une manière de verrouiller les principales institutions,
07:53les principaux contre-pouvoirs,
07:55au moment de 2027.
07:57– Vous comprenez bien que là,
07:58ce sont des statuts d'inamovibilité.
08:01On ne pourra plus les toucher.
08:03Donc, en 2027, il y aura une élection présidentielle,
08:06il y aura un nouveau président ou une nouvelle présidente,
08:08qui ne pourra pas faire passer les lois voulues par le peuple,
08:11parce qu'elle sera barrée par ces juridictions
08:13qui sont tenues par des politiques,
08:15et non pas par des magistrats.
08:16– Vous savez ce que disait Robert Badinter ?
08:18Il disait, à partir du moment où on est nommé à ce poste,
08:21il y a un devoir d'ingratitude.
08:22Je trouve l'expression d'ailleurs assez jolie.
08:24– Il ne faut pas non plus exagérer.
08:25– Est-ce que vous ne pensez pas que ces gens-là qui sont nommés
08:30auront peut-être la clairvoyance d'avoir ce devoir d'ingratitude ?
08:34– Vous savez, l'important, c'est l'apparence.
08:37Est-ce qu'il a l'apparence de quelqu'un d'indépendant par rapport au pouvoir exécutif ?
08:41Quand vous êtes nommés par le pouvoir exécutif de cette manière-là,
08:45au moment où, je dirais, c'est la course aux abris,
08:48en ce moment, on assiste à la course aux abris.
08:49– Mais qu'est-ce que tu dis de Mathien Ferrand et de Moscovici ?
08:52– On ne touche pas aux institutions inamovibles,
08:54on ne touche pas à la justice.
08:55– Mais c'est pareil pour Ferrand et le Conseil constitutionnel ?
08:57– Oui, c'est pareil.
08:58– C'était déjà un scandale, de mon point de vue.
08:59– Il faudra finir peut-être avec cela.
09:01Il faudra proposer aux Français, dans un référendum sans doute,
09:05de réfléchir à la manière dont on pourrait travailler à l'avenir.
09:08– Macron est en train de nous imposer le fait du prince.
09:11– Oui, mais enfin, il n'est pas le premier.
09:12– Le fait du prince.
09:13– Mais il n'est pas le premier, il est même le dernier sur la liste.
09:16– À ce niveau-là, non.
09:16– Ils sont tous, tous, tous, tous pratiqués de la même façon.
09:19– Mitterrand était un grand spécialiste, effectivement.
09:21– Mais à ce niveau-là, franchement…
09:23– Mais ils ont tous des milliers de nominations où ils mettent leurs copains.
09:25C'est lamentable.
09:26– J'aurais préféré qu'il nomme Henri Guéno,
09:28qui lui est magistrat de la Cour des Comptes
09:29et qui s'est exprimé en connaissance de cause.
09:31Il sait très bien comment cette institution fonctionne.
09:34Oui, Henri Guéno, par exemple, aurait été un très grand premier président.
09:37Pourquoi pas lui ?
09:38Pourquoi madame Amélie Longchalin, indépendamment du fait que j'aime bien ce prénom,
09:42pourquoi avoir nommé cette dame ?
09:43– Surtout, elle est compétente, elle sait de quoi elle parle.
09:45– Et puis, c'est une fidèle marcheuse.
09:47– Oui, oui, oui.
09:48– Alors, est-ce que le prochain sujet…
09:49– Voilà, c'est aussi ...
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