- il y a 10 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Le reste de l'actualité ce vendredi soir nous ramène au Moyen-Orient, 7ème nuit de frappes consécutives.
00:08Les Etats-Unis ont décidé de frapper une nouvelle fois l'Iran, image publiée ce soir par le commandement central
00:15américain, le CENCOM,
00:17avec ces nouvelles frappes qui ne touchent plus seulement des installations militaires en Iran,
00:23mais désormais également des infrastructures civiles, de télécommunications, des ponts, également toutes des voies de transport,
00:30vraiment des cibles civiles qui touchent l'Iran en plein cœur.
00:32Écoutez la réponse de ce général iranien tout de suite.
00:39La politique de négociation comme la politique de guerre sont terminées.
00:43Si l'Amérique poursuit la guerre dans les deux ou trois prochains jours, nous passerons à une offensive d'envergure
00:49visant à la destruction totale.
00:51Si cette stratégie est mise en œuvre, nous ne nous contenterons plus de représailles de même nature.
00:56Aucune frontière politique ne garantira la sécurité face aux forces offensives de l'Iran.
01:04Bertrand Galichet, est-ce que vous dites qu'on est reparti vers une guerre de haute intensité,
01:08que c'est juste une escalade ou on reste sur le même tempo ?
01:11Le CENCOM dit que ces frappes visent à continuer d'affaiblir les capacités militaires iraniennes sur ordre du président Donald
01:17Trump.
01:17Oui, c'est clairement, d'abord, on monte d'un cran, naturellement, dans l'intensité de l'offensive américaine.
01:24Et c'est pour, j'allais dire, attendrir le terrain, si je peux oser cette expression.
01:31Parce qu'en réalité, il s'agit de préparer les options pour Donald Trump.
01:37Non pas qu'une invasion terrestre ou une opération terrestre soit déjà décidée,
01:44mais on a bien vu quand même, à la suite de la réunion qui a eu lieu récemment dans la
01:49Situation Room,
01:50que Donald Trump veut se garder toutes les possibilités,
01:53et notamment préparer éventuellement des actions,
01:57ou moins des actions coup de poing,
01:59sur le littoral du détroit d'Hormuz,
02:04et voire un peu plus, parce qu'il a évoqué aussi, on le sait, l'île de Cargue.
02:09Éventuellement...
02:10Et ce soir, il y a des bombardements même sur l'île de Keshem aussi,
02:12qui ont été recensés par les médias iraniennes.
02:14Voilà, l'île de Keshem, qui est absolument centrale dans cette géographie,
02:19avec en toile de fond, finalement, il faut, je pense, ne pas l'oublier dans cette équation,
02:26le fait que pour Trump, il y a certes un enjeu que l'on connaît,
02:30qui est un enjeu politique lié à ses rendez-vous électoraux.
02:34Les mi-terms sont normes.
02:34Pour le régime des Mollars, ou pour le régime des gardiens de la Révolution maintenant,
02:39c'est un enjeu totalement existentiel,
02:41donc la détermination n'est pas du tout la même.
02:44Thierry, l'objectif initial, on le rappelle, de Donald Trump avec ses frappes,
02:48c'est de ramener l'Iran à la table des négociations.
02:50Ce soir, Téhéran menace de lancer une offensive totale.
02:54On est loin de l'objectif.
02:56Si les frappes américaines continuent, effectivement,
02:58c'est ce que dit un responsable, un proche conseiller du guide suprême ce soir.
03:04Il y a une stratégie, quand même, malgré tout, dans ce que font les Américains.
03:08On voit bien...
03:09Plus clair qu'au début, d'ailleurs.
03:10Oui, ce n'est pas seulement 7 jours de frappes consécutives,
03:14c'est une progression vers une série d'objectifs que décrivait Bertrand à l'instant,
03:17de préparation du terrain.
03:19On concentre les frappes sur des objectifs qui sont à la fois opérationnels,
03:24pour les gardiens de la Révolution,
03:25à l'image de cette tour près de la frontière pakistanaise,
03:28qui servait à surveiller le trafic dans le détroit d'Hormuz.
03:31On va frapper des points logistiques, comme des routes, des ponts, des gares ferroviaires.
03:36On frappe aussi des installations électriques.
03:39Donc, on vise à la fois à affaiblir la capacité opérationnelle de l'Iran,
03:43sa capacité à continuer à faire la police dans le détroit d'Hormuz, d'une part,
03:47et d'autre part, à affaiblir économiquement le pays, à affecter la population aussi,
03:52puisqu'on a entendu aujourd'hui le régime iranien demander aux Iraniens
03:55de diminuer leur consommation d'électricité.
04:00Et on l'a vu, la tour dont vous parliez, la destruction de cette tour, justement.
04:04Miko, justement, elle est importante, cette tour, on va en dire deux mots,
04:07tour de contrôle de Chabar, c'est l'unique port alternatif situé en dehors du golfe arabo-persique.
04:12En détruisant cette tour maritime, c'est un coup majeur,
04:14ça a porté aux Iraniens sur le contrôle du détroit d'Hormuz ?
04:16Alors, c'est un coup majeur, peut-être, oui,
04:18mais c'est aussi un coup qui dépasse le cadre de l'Iran.
04:21En fait, ce qu'il faut bien avoir en tête sur cette tour maritime de Chabar,
04:23qui avait déjà été frappée il y a un peu moins d'une semaine,
04:26au début des frappes, dès la première nuit,
04:28et qui, là, pour le coup, semble avoir été véritablement débouillée.
04:31Oui, beaucoup plus ça.
04:32C'est-à-dire, véritablement, la tour qui est complètement tombée.
04:35Là, pour le coup, c'est pas juste une tour maritime
04:37qui permet, effectivement, à l'Iran
04:38de gérer les moyens maritimes de projection dans le golfe d'Omane.
04:42Là, c'est une tour maritime qui sert également
04:44pour tous les bateaux, tous les navires internationaux
04:46qui passent sur ce grand axe au large de l'Iran
04:49et au large d'Omane, sur la route entre l'Asie et l'Europe.
04:53Donc, fondamentalement, ici, on a eu un impact
04:54qui dépasse le cadre iranien
04:57et qui va, de fait, aussi avoir une forme d'impact
04:59sur le reste du trafic,
05:01qui soit, évidemment, militaire, iranien,
05:04mais surtout, sur le trafic également commercial.
05:06Il y a des alternatives,
05:06mais ça, effectivement, c'est une grande perte
05:08en termes d'infrastructure.
05:09Sergueï Gérnau, je sais que vous aimez sonder
05:11ce qui se passe dans la tête de Donald Trump.
05:13C'est pas toujours facile.
05:15Qu'y a-t-il ?
05:16Que prévoit-il pour les jours à venir ?
05:18Peut-être lui seul le sait.
05:19On va l'écouter, en tout cas, Donald Trump.
05:21Sûr de sa stratégie, vous nous dites
05:22ce que vous en pensez après.
05:26On a gagné au Venezuela,
05:27ce qui nous permet de produire aujourd'hui
05:29des millions et des millions de barils de pétrole.
05:31On est en train de gagner gros en Iran
05:33et ce travail portera ses fruits très bientôt,
05:35vous le verrez.
05:38On est en train de gagner gros
05:39et ce travail portera très bientôt ses fruits.
05:43C'est du grand n'importe quoi style Trump,
05:46mais on voit, il répète ça comme un perroquet
05:49depuis le début.
05:51En fait, il a été très positivement impressionné
05:53par ce qui s'est passé au Venezuela.
05:55Et ça l'a satisfait énormément.
05:58Parce qu'en réalité, c'était une opération coup de poing.
06:02On prend Maduro,
06:03on l'extradit de Venezuela.
06:07Et tout le régime tombe, en fait,
06:10tout de suite devant les Américains en disant
06:12écoutez, on va collaborer avec vous.
06:14Et en réalité, Trump obtient quasiment la même mise
06:19sur le pétrole vénézuélien.
06:21D'ailleurs, ce qui fait très très mal à la Chine.
06:24Parce que 90% du pétrole vénézuélien allait en Chine.
06:28Et donc, il voulait reprendre exactement la même chose
06:31avec l'Iran.
06:31Ce qu'il n'a pas compris, c'est que les Iraniens,
06:33ce ne sont pas les Vénézuéliens.
06:35Parce que le régime chaviste,
06:40il vivotait ces derniers jours sans Chavez, etc.
06:45Maduro, ce n'était pas un grand, grand leader.
06:48Il était quasiment sur la fin.
06:50Tandis que le régime iranien,
06:51même avec les 47 ans de son existence,
06:56avec toutes les sanctions qui étaient contre lui,
06:58c'est un régime idéologique.
07:00Et donc, en réalité, il était complètement différemment.
07:03Il a réagi complètement différemment aux États-Unis.
07:05Et Trump ne le sait pas.
07:07Ou ne veulent pas le savoir.
07:09Alors qu'on apprend à l'instant que 5 explosions ont été entendues à Yazd.
07:12On est dans le centre de l'Iran.
07:13L'Ovarinel, on disait tout à l'heure,
07:15il n'y a pas eu encore le centre de l'Iran frappé.
07:18Là, visiblement, ça recommence un peu ce soir.
07:20Est-ce qu'on voit qu'on se rapproche d'une autre stratégie, peut-être ?
07:23Quel est votre avis là-dessus ?
07:245 explosions dans le centre de l'Iran ?
07:26Il faut savoir, effectivement, de quel type d'explosion,
07:29qu'est-ce qui a été si bée et quelles ont été les causes.
07:31Est-ce que c'est suite à des missiles ?
07:33Est-ce que c'est exposé en interne suite à un autre problème ?
07:35Mais peut-être pour revenir à la stratégie américaine,
07:38vous savez, sur les cibles stratégiques.
07:40Effectivement, on a parlé des centrales.
07:42Alors, on a dit tout à l'heure qu'effectivement,
07:44l'Iran a à peu près 500-600 centrales électriques,
07:46mais n'ont pas toutes la même importance.
07:48Il y en a 6 vraiment importantes.
07:51Une du côté de Téhéran, une autre du côté de la mer Caspienne,
07:54à peu près sur des puissances de 2600-2000 MW de puissances installées.
07:59Mais en fait, les autres centrales, c'est vraiment des petites centrales.
08:02Donc, quand on dit centrales, moi, je n'ai pas encore vu quelles ont été les cibles.
08:07Il y a eu la centrale de Bouchère il y a 3-4 jours.
08:09Alors, oui, mais Bouchère, vous savez, on en a parlé.
08:12Pareil, sur l'impact énergétique, ça représente moins d'un pour cent de la capacité,
08:18enfin, du besoin énergétique.
08:18Ce que vous dites, c'est qu'en fonction de la taille de la centrale visée,
08:21on peut comprendre le message envoyé, c'est ça ?
08:22Moi, je suis là pour décrypter cela.
08:24Donc, on dit, il y a 600 centrales électriques.
08:26Pour nos téléspectateurs, ce n'est pas à la même puissance,
08:28ce n'est pas les mêmes sites et ce n'est pas forcément les mêmes,
08:30j'allais dire, désastres pour la population iranienne,
08:34parce que la consommation est différente.
08:36Mais là, effectivement, on en a 6 grandes.
08:38Les autres, c'est sur le 594 qui seraient, on va dire, mineurs.
08:43Moi, j'ai essayé de savoir quelles ont été les centrales.
08:45Je n'ai pas encore eu de données exactes.
08:48Donc, c'est important pour nous de savoir si on est justement sur cette escalade
08:52qu'on décrivait tout à l'heure.
08:53Donc là, effectivement, on peut comprendre que les Américains envoient un signal fort,
08:57mais ils ont des marges de manœuvre importantes.
08:59Donc, c'est ça qu'il faut comprendre sur la partie énergétique.
09:01Et c'est pour ça que le régime a dit de l'autre côté, attention.
09:05Les consommations, il va falloir faire attention parce qu'ils ont compris
09:08que ça allait être une cible.
09:10Autre point, c'est que comme, en fait, c'est un système très décentralisé,
09:13on peut aussi, en frappant une petite structure, déstabiliser aussi beaucoup de populations.
09:19Donc, il faut faire attention sur quels sont les signaux.
09:22Moi, je n'ai pas le détail, en fait, de ces frappes.
09:24Ce que je veux dire par là, c'est qu'ils ont une marge de manœuvre
09:26sur la partie énergétique, qu'elle n'est pas encore entamée
09:29et qu'on est au début d'une guerre des nerfs pour la partie iranienne.
09:34Mais on l'a dit aussi, ils sont en menace existentielle.
09:38Ils ne vont pas lâcher sur la partie énergétique.
09:41Peut-être pour rappeler à nos téléspectateurs,
09:43la guerre Iran-Irak, ça a été huit ans de manière très violente
09:47et sur des infrastructures qui ont entamé le régime et ils ont tenu.
09:52Donc, faisons attention quand on dit que le régime est à terre.
09:54Rappelez-vous, je l'ai dit à plusieurs reprises,
09:56ils ont encore des ressources sur lesquelles tenir.
09:59Mico, sur ces explosions, alors on est à Yazd.
10:01Vous voulez nous parler d'Yazd, on est dans le centre d'Iran.
10:03Cinq explosions, on n'a pas encore davantage de détails,
10:05mais on vous dira dès qu'on a plus d'informations.
10:07Oui, c'est potentiellement significatif parce qu'en fait,
10:10Yazd, c'est une localité évidemment qui a des centaines de kilomètres du détroit d'Ormous,
10:13c'est assez évident, mais en fait, c'est un grand centre,
10:16c'est une localité bien sûr importante avec un grand centre de production de missiles,
10:19de mines, mines navales, etc.
10:22Donc, en réalité, si vous frappez Yazd,
10:24et si à Yazd, vous frappez spécifiquement le complexe industriel
10:27de fabrication de ces mines de missiles, d'engins de propulsion, etc.,
10:33de fait, là, on sort d'une logique de remodelage de la côte de l'Iran
10:38avec toutes les frappes qu'on a vues ces derniers jours,
10:40et qu'on suit sur la côte, à Bandar Abbas, jusqu'à Tchabar, etc.
10:46Là, on serait dans une logique beaucoup plus, si bien sûr,
10:48ils ont bien frappé le centre de production, les centres de production industrielles,
10:52on serait dans une logique beaucoup plus stratégique,
10:54donc pour empêcher l'Iran non seulement de produire maintenant,
10:57mais de produire à l'avenir, évidemment, ce qui leur permet aujourd'hui
11:00de créer du déni d'accès, d'interdire, si vous voulez,
11:02les activités dans le détroit d'Ormous aux autres.
11:04– Bonsoir, Guillaume Ancel, lieutenant-colonel, ancien officier écrivain,
11:07merci d'être avec nous ce soir.
11:08Un mot peut-être d'abord sur cette dernière minute,
11:11ces cinq explosions entendues,
11:13on devra avoir plus d'informations dans les minutes qui viennent,
11:17mais c'est Yast, le centre de l'Iran qui a été frappé,
11:20peut-être une première réaction ?
11:22– Oui, on assiste à un épisode militaire assez curieux,
11:28en fait, c'est un bras de fer,
11:29c'est pas une confrontation globale,
11:31comme celle à laquelle on a assisté pendant la guerre des 40 jours,
11:34avec des frappes massives, je vous rappelle,
11:36des milliers de frappes tous les jours.
11:38Là, on est sur quelques frappes assez sporadiques,
11:41très bien ciblées,
11:43nos invités ont déjà expliqué le type de cible,
11:47on voit que c'est une escalade qui est limitée,
11:51des ripostes qui sont limitées,
11:53comme si on voulait éviter de revenir à un embrassement généralisé,
11:56je rappelle que les Iraniens n'en ont pas les moyens,
11:58et que Donald Trump ne souhaite pas revenir dans une guerre globale contre l'Iran,
12:04qui a été très mal comprise,
12:06y compris par son propre camp aux États-Unis.
12:08Donc on est en dessous d'un certain niveau,
12:11je vais dire, de violence et de gravité,
12:14mais on voit que nuit après nuit,
12:15les Américains font monter un petit peu les enchères,
12:18pour montrer qu'ils pourraient aller encore plus loin.
12:20Évidemment, l'enjeu à ce stade, c'est le détroit d'Hormuz.
12:25Ce qui est inquiétant, c'est que le détroit d'Hormuz,
12:27c'était un sujet secondaire par rapport à la question centrale de cette guerre,
12:32qui était vraiment la question nucléaire,
12:34et qu'en fait, on voit bien que les Américains n'arrivent pas à dépasser
12:38cette question du détroit d'Hormuz.
12:40Quelque part, ils ont ouvert un puits sans fond,
12:43qui est que maintenant les Iraniens veulent en conserver le contrôle.
12:45On peut même se demander si aujourd'hui, les gardiens de la Révolution
12:49n'estiment pas que le détroit d'Hormuz n'est pas plus important
12:52que la question de l'arme nucléaire.
12:54Et donc, ce détroit d'Hormuz, c'est devenu un dommage collatéral
12:59de la guerre américano-iranienne,
13:02dont on n'arrive pas à sortir,
13:04mais qui n'est pas non plus une confrontation globale.
13:06Et ce qui est toujours embêtant dans ce genre de confrontation,
13:09je crois que c'est Lovac qui l'a rappelé tout à l'heure,
13:11c'est que ça peut durer pendant des mois, voire des années.
13:13Et ça veut dire que pendant ce temps,
13:15le détroit d'Hormuz est en réalité quasi fermé à une circulation normale
13:20parce que les compagnies maritimes ne vont faire transiter
13:24que de manière très très ponctuelle un bateau,
13:27mais ils ne peuvent pas se permettre de faire circuler 120 navires
13:30comme ils le font en temps normal.
13:32Donc ça va avoir des répercussions importantes
13:34assez rapidement sur l'économie mondiale.
13:37Restez avec nous, Guillaume Ancel,
13:39sur ce que disait Thierry Guillaume Ancel
13:41sur l'importance de ce détroit d'Hormuz.
13:42C'est vrai qu'elle a pris l'importance fondamentale.
13:44Il n'y a pas que les Américains qui le pensent.
13:45Il y avait même un conseiller du guide suprême
13:47qui disait cette semaine
13:48qu'Hormuz vaudrait plus que dix bombes atomiques même.
13:51Oui, pourquoi ?
13:52Parce qu'on sait bien où est le levier
13:54pour le cas échéant faire bouger
13:56ou faire reculer Donald Trump.
13:58Pourquoi est-ce que c'est l'économie mondiale ?
14:00Parce que le président américain,
14:01ce à quoi il est sensible,
14:02c'est plus que le prix à la pompe aux États-Unis
14:05qui lui a fait mal politiquement,
14:07mais qu'il est parvenu à surmonter jusqu'ici,
14:09c'est l'impact sur les marchés financiers.
14:11C'est ce qui se passe du côté du baril du pétrole
14:14sur les marchés.
14:15C'est ce qui se passe à Wall Street.
14:16C'est ce qui se passe sur le marché
14:17de la dette obligataire américaine.
14:21Vous l'avez entendu,
14:22ces derniers jours encore,
14:23à de multiples reprises,
14:25expliquer que c'était grâce à lui
14:26que Wall Street affichait de nouveaux records
14:28et que tout ça faisait montrer
14:29les comptes d'épargne des Américains,
14:32les fameux 401ks, etc.
14:33Et donc,
14:35pourquoi est-ce que les Iraniens
14:36accordent tant d'importance,
14:37à juste titre,
14:38à cette carte maîtresse
14:40qu'ils ont dans l'enjeu ?
14:41Parce qu'ils savent que c'est ça
14:42qui peut faire le plus mal
14:44au président américain.
14:45S'ils arrivent à provoquer
14:46une réaction de plus en plus négative
14:49sur les marchés financiers
14:51qui se répercutent à Wall Street,
14:53qui se répercutent sur les cours de bourse,
14:55sur le marché obligataire américain,
14:57là, ça va devenir un obstacle majeur
14:59pour le président des États-Unis.
15:01Vous savez, quand on regarde
15:05cette situation depuis 7 jours,
15:08j'arrive à la conclusion un peu différente
15:10par rapport à Guillaume Ancel
15:11qui vient de parler de frappes sporadiques.
15:16Et donc, en fait, pour moi,
15:17c'est quelque chose qui est
15:18beaucoup plus pensé
15:20et beaucoup plus pensé qu'avant.
15:22Ça veut dire qu'on ne sait pas
15:23ce que pense Trump,
15:25on ne sait pas quel but recherche Trump,
15:27mais on voit que les militaires
15:28se sont préparés à ça
15:29et que ces frappes depuis 7 jours,
15:32ce sont les frappes systémiques,
15:35systématiques,
15:36bien organisées au niveau opérationnel,
15:38avec les buts bien recherchés
15:40autour de Détroit-Dormous,
15:42autour de la côte iranienne
15:44donnant et sur le golfe Persique
15:46et sur le golfe de Mans,
15:47et maintenant dépassant cette côte
15:50et allant de plus en plus en profondeur
15:52et en touchant les cibles
15:53qui, jusqu'à maintenant,
15:55n'ont pas été touchées,
15:56c'est-à-dire les ponts, les routes,
15:57les centrales électriques, etc.
15:59Et donc, en fait,
16:00les militaires se sont...
16:01Moi, je sens beaucoup plus de préparation
16:03dans ces frappes
16:05et malheureusement,
16:06je crois que ça va s'accroître
16:07et que ça va donner
16:09une nouvelle épisode
16:10de la guerre,
16:11de la vraie guerre
16:12entre les États-Unis
16:14et l'Iran,
16:15tout en sachant que l'Israël
16:17a déjà dit
16:18qu'elle était prête
16:19à suivre les États-Unis.
16:21Alors, il y a cette information
16:23justement révélée par Axios
16:24selon le média américain.
16:25Washington aurait prévenu
16:27Israël de l'arrivée
16:28de plusieurs dizaines d'avions
16:30ravitailleurs supplémentaires.
16:31D'ailleurs, on va voir
16:31cette carte, regardez,
16:33carte de Flightradar
16:34qui annonce l'envoi
16:36d'avions vers le Moyen-Orient.
16:38Renfort logistique considérable
16:39et qui alimente, Anne,
16:40ce soir, évidemment,
16:41toutes les interrogations.
16:43Oui.
16:43Guillaume Ancel,
16:43justement, votre avis
16:44sur la question ce soir.
16:45Pourquoi envoyer autant de moyens ?
16:47Est-ce qu'on prépare
16:48une campagne aérienne
16:48plus importante côté américain ?
16:51Oui, ou une campagne aérienne
16:52qui va durer.
16:53En fait,
16:54les avions de ravitaillement en vol
16:56sont indispensables
16:58quand on fait des raids
16:59de distance même moyenne
17:02parce qu'aucun chasseur
17:04n'a un rayon d'action suffisant
17:05pour ne pas avoir un,
17:07voire plusieurs ravitaillements en vol.
17:09Et par conséquent,
17:10le fait qu'on reconcentre
17:12des ravitailleurs en vol
17:14dans cette région,
17:15ça veut dire qu'en tout cas,
17:16les militaires
17:17ont planifié
17:18des séries de frappes.
17:20Sergueï disait tout à l'heure
17:21pas des frappes sporadiques.
17:23Il a raison.
17:23Ce sont des frappes
17:25qui sont assez systématiques
17:27mais qui restent limitées
17:28en nombre pour l'instant.
17:30Vous avez vu que depuis 7 jours,
17:32en fait, si on les compte,
17:33on est entre 10 et 50 frappes par jour.
17:36Je rappelle qu'au plus fort
17:37de la guerre des 40 jours,
17:38on tournait plutôt
17:39entre 1 000 et 2 000 frappes par jour.
17:41Donc on n'est pas du tout
17:42sur la même intensité.
17:44Mais là, par contre,
17:45le fait qu'on ramène
17:46des moyens logistiques importants,
17:48c'est pour permettre
17:49des vagues plus massives.
17:50Il est probable que ce à quoi
17:52on assiste actuellement,
17:54c'est vraiment une escalade,
17:55mais une escalade contrôlée
17:57par l'armée américaine,
17:58c'est-à-dire qu'on n'en voit pas
18:00la sauce tout de suite,
18:01comme dans les premiers jours
18:02en février de la guerre
18:04contre l'Iran,
18:05mais au contraire,
18:07qu'on fasse monter les enchères.
18:08Parce que je rappelle que,
18:10même si Trump dit le contraire,
18:11les négociations continuent,
18:13en fait,
18:14par l'intermédiaire
18:15du Pakistan et du Qatar
18:17entre les deux parties
18:18pour arriver à stopper les choses.
18:20La question est de savoir
18:21à quel moment l'un d'eux
18:22se rendra en disant
18:24« bon, ça suffit,
18:24on s'arrête là ».
18:25Et c'est clair qu'il joue ce soir
18:28un bras de fer entre les deux.
18:31Guillaume Ancel,
18:32vous restez avec nous,
18:33il y a Mico qui est en plateau
18:34et qui voulait peut-être
18:35tempérer un peu sur la volonté
18:36d'aller beaucoup plus loin
18:38dans cette escalade aérienne.
18:39Vous étiez d'accord sur le côté
18:40d'envoyer un message
18:41pour aider à négocier davantage ?
18:43Oui, mais Guillaume l'a dit
18:44à la fin de son intervention,
18:45du coup moi-même,
18:46je vais tempérer ma tempérance
18:47dans le sens où, effectivement,
18:48il y a une dimension
18:49et on le voit depuis le début,
18:51c'est-à-dire depuis 2025
18:52dans ce deuxième mandat de Donald Trump,
18:54cette volonté à chaque fois
18:55de montrer les muscles
18:57pour inciter les autres
18:58à venir à une table de négociation
18:59d'une manière ou d'une autre.
19:01Donc, effectivement,
19:02accumuler des forces,
19:03et on l'a vu pendant le temps
19:04où ce protocole d'entente
19:06dont on a tant parlé,
19:07on a vu que pendant ce temps-là,
19:08les Américains ont réussi
19:09à repositionner,
19:11notamment d'un point de vue naval,
19:12des forces dans le détroit d'Hormuz
19:14ou surtout, en fait,
19:15dans le golfe d'Aumal.
19:16Fondamentalement,
19:17repositionner ces forces-là
19:18et avoir plus de forces,
19:19ça permet de dire à l'autre
19:21« Hé, si tu ne viens pas
19:22à la table de négociation,
19:23effectivement, je vais te taper
19:24». D'abord, ça ne veut pas dire
19:25que les frappes vont avoir lieu.
19:27Ça veut dire qu'il y a
19:28une préparation
19:29et un signalement stratégique
19:32et tactique sur le fait
19:33que « je peux te frapper »,
19:34donc « viens à la table de négociation »
19:36et c'est ce sur quoi,
19:37effectivement, Guillaume concluait.
19:39Donc, ça ne veut pas dire
19:40qu'il va y avoir des frappes.
19:41Par contre, les États-Unis
19:42se donnent les moyens
19:43de créer ici une dimension,
19:44évidemment, de coercition
19:46par la menace.
19:46D'accord avec cette dimension
19:47de coercition, Sergei ?
19:50La coercition, oui,
19:51mais je voudrais un tout petit peu aussi
19:54tempéré,
19:55enfin, non pas tempéré de mon côté,
19:57mais essayer de corriger
19:59à ma manière,
20:00parce qu'à mon avis,
20:02ils vont continuer à frapper
20:03tant que les Iraniens
20:05ne viendront pas
20:06à la table de négociation
20:07et qu'ils ne consentiront pas
20:09à ce que les Américains
20:10entendent d'eux.
20:11Ça veut dire que…
20:12Oui, oui,
20:13ils sont escaladés pour autant,
20:14forcément.
20:14Ils ne menacent pas.
20:15Ça veut dire que…
20:16J'ai l'impression que là,
20:17maintenant,
20:18on est lancé dans les frappes.
20:19Effectivement.
20:21Et là, je suis d'accord
20:22avec Guillaume Ancel
20:23qui a montré la différence
20:25entre 1 000 frappes par jour
20:27et une cinquantaine,
20:28une centaine de frappes par jour,
20:29mais on peut continuer
20:31les cinquantaines
20:32et les 100 frappes par jour
20:34pendant des semaines,
20:36des semaines et des mois.
20:37Absolument.
20:38Peut-être,
20:39pour aller dans le sens
20:40de ce que j'ai dit tout à l'heure,
20:40vous savez,
20:41quand ils ont frappé
20:42de manière stratégique,
20:43encore une fois,
20:44quelle centrale nous frappons,
20:46vers quel objectif,
20:47c'est la graduation
20:47et la possibilité
20:48d'aller plus loin
20:49et de tenir.
20:50Mais ça veut dire
20:50qu'en fait,
20:51de part et d'autre,
20:52puisque rappelons,
20:52les Iraniens aussi frappent.
20:53On a vu,
20:54ils ont frappé en Syrie,
20:55ils continuent à frapper
20:56dans les états du Golfe,
20:58ils envoient un signal,
20:59nous ne coulerons pas seuls
21:00si vous pensez
21:01que nous allons couler.
21:02Et ça veut dire
21:03que de part et d'autre,
21:08c'est bon,
21:09c'est tir,
21:09c'est des moyens
21:10de communication
21:11puisque manifestement,
21:12discuter autour du table,
21:13ils ne savent pas faire.
21:14Donc,
21:15c'est ce qu'on est en train
21:16de commenter,
21:17c'est de comprendre
21:18qu'est-ce qu'ils sont
21:19en train de dire.
21:20Ramenons sur ce qui s'est passé
21:22entre le 17 et 18 juin,
21:24ce mémorandum,
21:25cet accord-là,
21:27ce protocole d'accord.
21:28La question du détroit d'un mot,
21:30c'est le point 5,
21:31c'est un point important.
21:32La question du nucléaire
21:33vient sur le point 8 et 9.
21:35Ça veut dire que,
21:36et le point 1,
21:37c'est la question du Liban.
21:38On a changé de priorité.
21:40Alors,
21:40de priorité,
21:41je ne sais pas,
21:42mais en tout cas,
21:43le point,
21:44je vais dire,
21:44le goulot d'étranglement,
21:46c'est le détroit d'Hormuz
21:46parce qu'en fait,
21:47il y a un rapport de force
21:48qui s'impose
21:49sur le point économique.
21:51Attention,
21:51par contre,
21:52pour ceux qui disent
21:52qu'effectivement,
21:53le détroit d'Hormuz
21:54vaut mieux que des armes nucléaires,
21:56même si la partie iranienne
21:57semble l'avoir dit.
21:58Ce que je sais aussi,
21:59c'est que les Iraniens
22:00savent jouer sur le
22:01« regardez le bout de mon doigt
22:03alors que je regarde la Lune ».
22:05Attention,
22:05quand on parle de menaces
22:07existentielles
22:07où tout le monde est d'accord
22:08si les Iraniens perdent,
22:10c'est le régime qui tombe,
22:11la bombe atomique
22:13consolide leur présence,
22:14sanctuarise
22:15leur légitimité politique.
22:16Il ne faut pas croire
22:17que parce qu'ils sont
22:17sur le détroit d'Hormuz,
22:19l'arme atomique
22:20est un sujet connexe.
22:21Je soupçonne même
22:22qu'ils sont en train même
22:23de continuer à faire
22:25de la prolifération.
22:26Et d'ailleurs,
22:26plusieurs observateurs
22:28sur la question
22:28de la dissuasion
22:29et de la contre-polyme
22:30alertent en disant
22:31« pendant qu'on est en train
22:32de se concentrer
22:33sur le détroit d'Hormuz,
22:34le plan nucléaire ».
22:35Donc, faisons attention.
22:36Les derniers points,
22:37les deux parties
22:38sont en train
22:39d'envoyer des bombes
22:40justement pour ramener
22:41l'autre à céder au maximum.
22:43Donc, pareil,
22:44moi je suis d'accord,
22:44il y a forcément
22:45une escalade,
22:46mais on ne sera pas
22:47sur la guerre totale
22:47mais les deux ne veulent pas céder.
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