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  • il y a 18 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Et à un peu plus de 22h45, l'actualité de ce vendredi est bien évidemment judiciaire avec la suite et
00:05fin des fouilles dans l'affaire Jubilard.
00:07Partons tout de suite dans le Tarn à Villeneuve-sur-Vert très précisément pour vous retrouver Mathéo Rivière.
00:13Bonsoir Mathéo. Après 48 heures de recherche et la découverte d'Ossement à l'endroit où Cédric Jubilard affirme avoir
00:20enterré son épouse Delphine fin 2020,
00:22les recherches sont désormais terminées. Elles ne devraient pas reprendre Mathéo ?
00:29Absolument. Et donc ce terrain est devenu accessible pour le public, pour la presse depuis environ 16h cet après-midi.
00:37Pour vous donner un peu de contexte, nous sommes donc environ 13 km du domicile des Jubilard dans un champ
00:43exploité par un agriculteur
00:46et surtout à la lisière d'une forêt où il y a beaucoup de chemins de terre empruntés par des
00:53randonneurs
00:53mais surtout à proximité d'une route départementale. C'est ça qui est assez étonnant ici, c'est qu'il
00:59y a entre guillemets un champ qui est à la vue de tous,
01:03même s'il faut le rappeler que le soir des fées nous étions en plein confinement.
01:07En tout cas, la scène à laquelle nous assistons, et bien ici avec Ulyania Malichev qui m'accompagne,
01:14c'est plusieurs personnes qui viennent depuis 16h donc sur site pour tout simplement observer ce champ où a donc
01:22été découvert les ossements de peut-être Delphine Jubilard.
01:26Il faut attendre encore l'identification mais nous avons pu rencontrer certaines personnes qui viennent par curiosité
01:32mais également par frustration parce qu'ils ne comprennent pas que ces fouilles soient d'ores et déjà terminées.
01:39C'est le cas de Louisiane que vous allez entendre. Écoutez.
01:42On se dit qu'en fait on n'a peut-être pas assez cherché, qu'on n'a peut-être
01:47pas assez réfléchi aux endroits auxquels pouvait se trouver son épouse malheureusement.
01:53Et en fait on se dit qu'on aurait dû chercher encore plus, qu'on aurait dû peut-être élargir
01:59les zones.
02:00Et en fait ouais, après avoir recherché, on se dit qu'on est passé plein de fois devant et sans
02:07imaginer que c'était là.
02:10Ce témoignage qui rejoint donc les déclarations effectuées sur notre antenne un petit peu plus tôt dans la soirée de
02:16la part de l'un des avocats de Cédric Jubilard
02:18qui lui aussi affirme ne pas comprendre que ces fouilles soient déjà terminées.
02:22Le Rivière avec Louis Gagnepin ce soir.
02:25Mathias Tesson, si les gendarmes, les enquêteurs laissent l'accès libre ce soir aux journalistes et à tout le monde,
02:31c'est qu'ils sont certains qu'il n'y a plus rien à chercher, plus rien à trouver dans
02:35ce champ ?
02:35Vu les conditions dans lesquelles les ossements de probablement Delphine Jubilard ont été répandus, dispersés,
02:44je rappelle que donc cet homme, Cédric Jubilard, les a enfouis selon ses déclarations sous un monticule de terreau
02:50et que par la suite, ce qu'il a enfoui a été épandu sur une zone de près de 200
02:55hectares.
02:55Alors, il est impossible aujourd'hui de dire que les gendarmes ont absolument tout ratissé,
03:00ont la certitude qu'ils ne retrouveront plus jamais rien.
03:03Néanmoins, l'hypothèse que l'on peut faire, c'est que dans des conditions réalistes,
03:09il n'est a priori plus possible de trouver des os ou des ossements plutôt,
03:16ou des restes qui seraient potentiellement intéressants pour l'enquête,
03:19parce qu'il ne s'agit peut-être plus que de débris et qu'il ne serait pas de nature
03:24à renseigner,
03:25notamment sur les conditions dans lesquelles Delphine Jubilard a pu être tuée.
03:29C'est peut-être ce calcul-là que les enquêteurs ont fait.
03:32Ils ont retrouvé des os en l'espèce d'euphémur qui seront peut-être de nature à être identifiés
03:38comme étant ceux de Delphine Jubilard et donc à donner une sépulture aux enfants,
03:42ce qui compte aujourd'hui pour la justice,
03:44mais peut-être pas de nature à nous renseigner sur les conditions de sa mort.
03:47On va y revenir dans un instant avec vous, notamment Karine Dabadi,
03:49vous êtes médecin légiste, merci d'être là.
03:51Mais Maître Steyer, est-ce que Cédric Jubilard peut sur ces dires déclencher à un autre moment d'autres fouilles
03:56?
03:56Lui qui doit être d'ailleurs entendu prochainement.
03:58Est-ce qu'on peut aller avec lui peut-être à un moment donné rouvrir ses fouilles ?
04:03Parce qu'on dit que c'est terminé pour l'instant, mais est-ce que ça peut à nouveau se
04:06passer ?
04:06Alors tout peut arriver puisque c'est quand même le maître de la situation manifestement.
04:11S'il nous donnait une version différente, s'il venait nous dire qu'il a traîné le corps,
04:16s'il venait nous donner d'autres éléments d'information,
04:20la présidente de la cour d'assises pourrait, effectuant,
04:24ordonner un transport sur les lieux, ordonner différents éléments encore d'analyse, d'expertise.
04:29Présidente qui l'a entendu mercredi, on reviendra sur ce qu'il a dit justement.
04:31Bien sûr, tout est possible, tout est possible.
04:33Mais en l'état, il y a toujours un rapport avantage-inconvénient qui est fait dans les enquêtes.
04:37Donc là, comme vous l'avez dit, on a dû estimer qu'on ne pouvait plus trouver d'éléments
04:42nous amenant à le fait de savoir comment elle avait pu être tuée.
04:45Donc les choses se terminent.
04:47Mais Cédric Jubilard a l'écart en main.
04:49Alors ces ossements, justement, retrouvés dans ce champ que vous voyez à l'image,
04:53sont arrivés par hélicoptère en milieu d'après-midi à l'IRCGN,
04:56l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale.
04:59Analyse ce soir toujours en cours.
05:00Bonsoir Clémence Renat.
05:02Racontez-nous comment ce laboratoire travaille
05:04et quelle est cette technique employée pour déterminer qu'il s'agit bien des ossements de Delphine Jubilard ?
05:13Tout l'après-midi, ce sont environ 8 scientifiques
05:16qui ont travaillé très minutieusement sur ces ossements, sur ces deux fémurs,
05:20avec comme priorité, comme urgence de les identifier
05:22et de déterminer s'ils appartiennent bien à Delphine Jubilard.
05:26Alors pour ce faire, ce sont des équipes spécialisées
05:28qui procèdent à des prélèvements ADN, plusieurs prélèvements ADN au cœur de l'os,
05:32puisque c'est la partie de l'os qui est la mieux protégée et donc la moins abîmée.
05:37Et pour avoir des résultats probants, obtenir des résultats probants,
05:40les scientifiques doivent parvenir à extraire suffisamment d'ADN
05:44et que cette ADN soit de bonne qualité.
05:46Ce qui risque de compliquer le travail des scientifiques,
05:48c'est que ces ossements sont donc restés plus de 5 ans sous terre,
05:50dans un milieu très acide,
05:52ce qui a probablement accéléré le processus de dégradation des os écoutés.
05:57C'est plutôt les conditions de conservation, les conditions de stockage,
06:00si je puis exprimer cette expression,
06:01qui vont avoir une influence sur la qualité et la quantité de l'ADN
06:05que l'on va être en mesure de pouvoir récupérer.
06:07Ici, nous sommes dans des conditions qui sont les plus difficiles
06:11au niveau de la conservation,
06:13puisque nous avons des ossements qui ont été dans des conditions de conservation
06:19dans un milieu acide,
06:20qui n'est pas forcément le milieu le plus adéquat
06:22pour pouvoir conserver du matériel biologique.
06:24Il y a tout à fait une possibilité
06:26qu'il soit impossible d'avoir assez de matériel biologique de bonne qualité,
06:29assez de matériel génétique de bonne qualité,
06:31pour pouvoir obtenir un profit génétique
06:33permettant à l'identification des ossements qui ont été retrouvés.
06:37Voilà les enquêteurs qui, pour le moment,
06:39ne sont pas sûrs que ces prélèvements permettront d'identifier ces ossements.
06:43Les enquêteurs qui indiquent, dans le même temps,
06:45que ces analyses vont prendre du temps,
06:46qu'elles devraient prendre plusieurs jours.
06:49Clément Sonard, en direct, devant les locaux de l'IRCGN, à Pontoise.
06:54Karine Dabadi, est-ce qu'on pourrait ne jamais savoir
06:56les causes de la mort de Delphine Jubilard ?
06:58On se rappelle que, selon la version qu'il a donnée,
07:01notamment à son ancienne compagne Séverine,
07:04on serait dans une configuration d'étouffement.
07:06Il faudrait donc retrouver un petit os,
07:08ce qu'on appelle l'ossioïde, qui est là.
07:09Oui, c'est ça.
07:10Il y a peu de chances qu'on le retrouve ?
07:11Il y a quasiment zéro chance,
07:13puisqu'à ce jour, on a retrouvé deux fémurs,
07:17quelques autres ossements, on ne sait pas exactement quoi,
07:20mais en tout cas, à priori, on n'a pas le tronc,
07:22on n'a pas les bandes supérieures,
07:23on n'a pas le cou, là où se trouve justement cet os,
07:25ni le massif facial.
07:27Donc, effectivement, je pense qu'il ne faut pas attendre,
07:31en tout cas en l'état,
07:33des ossements qui ont été retrouvés,
07:35de pouvoir déterminer la cause de la mort.
07:38On va pouvoir, effectivement,
07:39une fois qu'ils auront fait les prédéments avisés ADN,
07:42ces ossements qui ont déjà été photographiés,
07:46radiographiés, dès qu'ils ont été reçus,
07:48vont être analysés scrupuleusement,
07:50traités pour rechercher, effectivement,
07:52des traces d'impact par objets contendants,
07:54par blessures balistiques,
07:55des éventuelles fractures antémortem.
07:57Voilà, là, il faut savoir que ces ossements,
08:00ce n'est même pas dans quel état ils ont été,
08:01s'ils sont complètement intègres,
08:02si, effectivement, ils ont été bougés.
08:05Effectivement, ils peuvent avoir aussi des fractures
08:07qui viennent soit de la décomposition,
08:09soit des mouvements, justement,
08:10quand les agriculteurs sont intervenus.
08:13Voilà, est-ce que des animaux ne sont pas aussi intervenus
08:17auprès du corps ?
08:18Voilà, qui pourrait expliquer aussi
08:19pourquoi il nous manque une grosse partie,
08:22en fait, du corps en lui-même.
08:24Et je rappelle juste qu'on travaille sur des os,
08:26on n'a pas de tissu mou,
08:28donc on ne peut pas répondre, effectivement,
08:30à les causes de la mort.
08:31En l'état-là, je ne vois pas trop comment on pourra y répondre.
08:33On va y revenir dans un instant,
08:34parce qu'ils sont sans doute, effectivement,
08:36ces os, la clé,
08:37et peut-être le seul indice
08:39pour essayer de savoir,
08:40tenter de savoir ce qui s'est passé.
08:41Mais j'aimerais qu'on prenne en ligne
08:42Mourad Batik.
08:43Bonsoir.
08:44Maître, vous êtes l'avocat de l'oncle
08:45et de la tante de Delphine Jubilard.
08:47Merci de prendre un moment ce soir avec nous.
08:49C'est vous qui leur avez appris
08:50que des fouilles étaient en cours,
08:52que deux fémurs avaient été retrouvées.
08:53Comment ont-ils réagi ?
08:56Ils ont réagi avec des sentiments contraires,
09:00à la fois une forme de soulagement,
09:02mais qui s'est très vite estompée
09:03devant la colère qui est la leur.
09:06On a pensé, on a espéré
09:08pouvoir retrouver le corps de Delphine.
09:10Aujourd'hui, on retrouve deux fémurs
09:14qui sont rongés par le temps et l'usure.
09:18Donc, évidemment, l'idée d'avoir une sépulture,
09:21l'idée d'avoir une tombe,
09:23l'idée de pouvoir se recueillir
09:25et de faire son deuil convenablement,
09:28s'éloigne définitivement.
09:30Et donc, évidemment,
09:31la colère reprend la main.
09:33Je vous rappelle, et je le dis,
09:35que même dans le droit de la guerre,
09:37lorsque vous avez le corps de l'ennemi,
09:40vous êtes obligés de rendre le corps de l'ennemi
09:43pour qu'il puisse l'enterrer
09:44et pour qu'on puisse faire le deuil.
09:46Et donc, vous voyez,
09:46même dans le droit de la guerre,
09:48Cédric Jubilard a décidé de confisquer
09:50ce corps définitivement,
09:52qu'on ne retrouvera vraisemblablement jamais.
09:53Mais vous avez parlé,
09:55et je crois que ça a été dit
09:56avec une certaine forme de pudeur,
09:58de monticule de terreau.
09:59Il faut dire les choses comme elles le sont.
10:03Cédric Jubilard a enterré sa femme dans du fumier.
10:06C'est ça, la réalité de ce dossier.
10:09Maître Batik,
10:10Cédric Jubilard tente d'aller vers la thèse
10:12du crime passionnel,
10:13du trop-plein d'amour
10:14qui l'aurait amené à la tuer.
10:16Et on pourrait y revenir,
10:17parce que ce n'est pas la même chose
10:17qu'un assassinat, bien évidemment.
10:19Je voudrais vous faire écouter
10:20l'un des deux avocats de Cédric Jubilard,
10:22Guy Debusson,
10:23qui revenait justement
10:26sur ce vers quoi son client
10:28tente à aller.
10:29Écoutons-le.
10:30Il y a eu un conflit
10:32que l'on peut expliquer
10:34de plusieurs manières
10:35et c'est à l'issue de ce conflit
10:36qu'il y a eu un moment
10:37où il a perdu pied
10:39et il s'est paniqué
10:40dans un premier temps.
10:41Il est devenu violent,
10:43c'est incontestable.
10:44Et il a donné sans le vouloir,
10:45et ça j'insiste bien,
10:46la mort de Delphine.
10:48Sans le vouloir.
10:49Il a donné la mort sans le vouloir,
10:51rappelle son avocat.
10:52Votre réaction,
10:53Maître Batik ?
10:54Sans le vouloir,
10:56pauvre Cédric Jubilard,
10:57on a de la peine pour lui.
10:59Finalement,
10:59la vraie victime de ce dossier,
11:01c'est Cédric Jubilard
11:02qui a malheureusement
11:03donné la mort à Delphine
11:05sans le vouloir,
11:06sans le souhaiter.
11:07Il est victime dans ce dossier.
11:09Je crois que ça suffit
11:10sérieusement,
11:11cette axe
11:12et cette ligne de défense
11:13qui vient une fois encore
11:16violer la mémoire
11:17et le peu de dignité
11:19qu'il a laissé à Delphine.
11:20Si vous voulez,
11:21vous avez dans ce dossier
11:23une ribambelle de mensonges.
11:25On a parlé de Delphine Jubilard
11:28comme étant convertie à l'islam
11:30et finalement,
11:31peut-être qu'on ne la retrouvera jamais
11:33parce que son corps est en Syrie.
11:35Et puis finalement,
11:35on a parlé de Delphine
11:37comme étant partie
11:38parce qu'elle serait
11:40ou elle aurait été témoin de Jéhovah.
11:42Et puis finalement,
11:43maintenant,
11:43on a la thèse du crime passionnel.
11:45Il l'a tuée
11:46parce qu'il l'a trop aimée.
11:47Comprenez,
11:48c'est un trop plein d'amour
11:49qui a conduit
11:50à ce coup malheureux
11:51duquel lui-même a été victime.
11:52Je crois que nous avons franchi
11:55une étape supplémentaire
11:56dans l'indécence
11:57avec cet axe de défense
11:59duquel je me dissocie
12:01parfaitement,
12:02entièrement
12:02et auquel on ne souscrit
12:04en aucun cas
12:05du côté des partis civils.
12:07Maître Batik,
12:08une dernière question.
12:08Est-ce qu'avec tous
12:09ces derniers éléments
12:09de cette semaine,
12:10un procès en appel
12:11le 21 septembre
12:12vous semble encore possible ?
12:14Ces avocats qualifient encore
12:15sur notre antenne hier
12:16cette possibilité,
12:17je le cite,
12:17de grotesque ?
12:19Oui, oui, oui,
12:20de grotesque.
12:20Je crois que grotesque,
12:22on pourrait l'utiliser
12:23dans d'autres contextes,
12:24dans d'autres circonstances
12:25et probablement
12:26au regard de la défense
12:27qui est utilisée aujourd'hui,
12:29des termes qui sont utilisés.
12:30On parle de réconciliation
12:32du côté de la défense,
12:34on parle de moments historiques,
12:35on a l'impression
12:36d'avoir gagné
12:36une Coupe du Monde,
12:37on parle de crimes passionnels.
12:39Donc écoutez,
12:40le grotesque,
12:41il ne se situe pas
12:42dans la gestion
12:43du calendrier
12:44de la Cour d'Assise,
12:45mais probablement plus
12:46de ce que l'on dit
12:48de Delphine,
12:49du moment que l'on vit,
12:49du moment triste,
12:50du moment tragique,
12:51du moment sordide,
12:52du moment morbide
12:54que l'on vit.
12:55Et donc évidemment,
12:56nous souhaitons
12:56que ce procès se tienne
12:58au 21 septembre.
12:59Nous souhaitons
13:00que Cédric Jubilard
13:01cesse d'être
13:01le maître des horloges,
13:03cesse d'être
13:04celui qui dicte
13:05l'agenda à tout le monde.
13:05Et donc évidemment,
13:06nous souhaitons
13:07que ce procès se tienne
13:08et que Cédric cesse
13:09d'avoir la main
13:10sur le tempo,
13:11sur l'agenda
13:12et sur le calendrier
13:13qui nous est dicté
13:14depuis le premier jour,
13:15depuis la disparition
13:16de Delphine.
13:17Merci beaucoup
13:18Maître Batik
13:19d'avoir pris le temps
13:19ce soir
13:20de vous entretenir
13:22avec BFM TV.
13:25Jacques-Charles Fonbonne
13:26quand Cédric Jubilard
13:27reconnaît un acte abominable.
13:29C'est ce qu'il a dit,
13:30ce sont les mots
13:30qu'il a employés
13:31devant la présidente
13:31de la cour d'assises
13:32de Haute-Garonne.
13:33Est-ce qu'il pourrait y avoir
13:34de sa part
13:36un sort de remords ?
13:37Est-ce que vous y croyez ?
13:38Rappelons,
13:38parce que Maître Batik
13:39le disait tout à l'heure,
13:40on parle d'un monticule
13:41de terreau
13:41et vous me le faisiez vous-même
13:43remarquer hors antenne,
13:44il a enterré sa femme
13:45sous du fumier.
13:47Vous croyez
13:47un possible remords ?
13:48Je pense que
13:49d'un point de vue psychologique,
13:50chacun fera ce qu'il voudra,
13:51mais je pense que
13:51c'est tout à fait éclairant.
13:55Il y a une réponse prudente
13:56qui consisterait à dire
13:57on ne connaît pas le dossier,
13:58on ne connaît pas
13:59la personnalité
13:59des protagonistes,
14:01on n'a jamais vu
14:02ni les uns ni les autres.
14:04Cédric Jubilard,
14:04on ne l'a jamais interrogé,
14:06on ne l'a jamais examiné
14:07d'un point de vue médical.
14:10L'enquêteur
14:11qui reste en moi
14:11va vous dire
14:13qu'il n'y croit pas vraiment.
14:14Il y a une concordance
14:16de calendrier.
14:17Le dossier,
14:19même en l'absence de corps,
14:21il est accablant
14:21par la réunion
14:22de faisceaux,
14:24d'indices
14:24qui vont tous
14:26dans le même sens
14:27qui est celui
14:27de la culpabilité.
14:29Il n'y a pas
14:29un seul élément
14:30qui aurait été réuni
14:32par les enquêteurs,
14:34même un doute
14:35qui irait
14:35dans le sens
14:36de son innocence.
14:37Il est en prison
14:38depuis 5 ans,
14:39il a pris
14:4130 ans
14:42en première instance,
14:44il va en appel.
14:46Déjà,
14:46devant une cour d'appel,
14:48souvent,
14:49la décision
14:49qui a été prise
14:50en première instance
14:51va influencer
14:52un petit peu
14:53les jurés.
14:54Mais est-ce que les aveux
14:55peuvent changer
14:55quelque chose ?
14:56Alors,
14:56les aveux peuvent,
14:58on va dire,
14:59amoindrir un peu la peine,
15:00mais surtout,
15:01on reste dans un domaine
15:03qui est celui
15:03ou de l'assassinat
15:04ou du meurtre,
15:05c'est-à-dire préméditation
15:06ou pas préméditation,
15:07sur conjoint.
15:08La peine encourue,
15:09c'est 30 ans
15:10de réclusion criminelle.
15:11Mais ce qui est,
15:13et ce n'est pas le droit,
15:14mais c'est le devoir
15:15de l'avocat
15:15que d'aller essayer
15:17de défendre son client
15:19par tous les moyens,
15:20il y a une concordance.
15:21C'est-à-dire que,
15:22jusqu'à présent,
15:23il y avait,
15:24avant la première instance,
15:26la possibilité
15:26d'un acquittement.
15:27On en a tous parlé
15:28en l'absence de corps,
15:30en l'absence d'aveu,
15:30en l'absence
15:31d'éléments déterminants.
15:32Et il a été
15:33très lourdement condamné.
15:34Donc là,
15:34la donne change.
15:35Est-ce que l'on va
15:36aux assises
15:38en appel
15:38avec ce boulet au pied ?
15:41Est-ce que,
15:42je le dis de façon interrogative,
15:44mais vous avez bien compris
15:44ce que j'en pense,
15:45il n'est pas plus judicieux
15:47de transformer cet homme
15:48qui est le monstre absolu,
15:50qui a tué
15:51la mère de ses enfants,
15:52qui a nié,
15:54qui n'exprime absolument
15:56aucun remords,
15:57qui est le maître du temps,
15:58effectivement,
15:58qui ne parle que de lui,
16:00comme disait Maître Batik.
16:01Est-ce qu'il ne vaut mieux
16:02pas en faire
16:03quelqu'un de repentant,
16:05c'est-à-dire
16:06oui,
16:06j'ai tué ma femme,
16:08avec des arguments
16:09qui le réhumanisent
16:10en quelque sorte,
16:11c'est-à-dire qu'il n'est plus
16:11le monstre,
16:12il est dans une petite ville
16:14où tout le monde se connaît,
16:15le mari cocu,
16:16le mari humilié,
16:18le mari avec lequel,
16:20avec la femme duquel
16:21il a évidemment
16:22des scènes extrêmement violentes,
16:26et là,
16:26il peut présenter quelque chose,
16:28ça reste un féminicide,
16:30je suis prudent
16:31sur mes termes,
16:32mais quelque chose
16:33qui est humain,
16:34c'est-à-dire quelque chose
16:35qui peut être compris.
16:36Le seul élément,
16:37c'est quoi ?
16:38C'est l'intention.
16:39Comme on n'a pas de corps,
16:41comme on ne saura pas
16:42très exactement,
16:43et on ne le saura
16:43certainement jamais,
16:44quel a été le mode opératoire
16:46du décès,
16:47il peut jouer sur cette corde
16:49de l'absence de volonté.
16:50Et là,
16:51ça change de registre,
16:52c'est-à-dire que
16:52c'est plus perpétuité
16:54qui est encourue.
16:54C'est l'article 222-7,
16:57je crois,
16:58du code pénal,
16:59c'est-à-dire
17:01violence volontaire
17:01ayant entraîné la mort
17:03sans intention de la donner.
17:04C'est 15 ans
17:05de réclusion criminelle,
17:06et lorsque c'est fait
17:07sur un conjoint,
17:08sur quelqu'un
17:10qui partage votre vie,
17:11c'est 20 ans.
17:12Même avec le maximum
17:13de la peine,
17:1420 ans,
17:15il pourrait bénéficier
17:16au bout de 10 ans
17:18d'aménagements de peine
17:19des voitures.
17:19Il a déjà fait une partie,
17:20effectivement.
17:20Il en a déjà fait la partie,
17:21ce qui veut dire
17:22que dans 4 ans et demi,
17:235 ans,
17:23il peut être dehors.
17:24Donc,
17:25ça vaut le coup.
17:26Tout va tenir
17:27sur la psychologie,
17:29c'est-à-dire que vraiment
17:29le destin est dans la main
17:31des jurés
17:31d'un point de vue
17:32complètement psychologique.
17:34Il se lève à l'audience,
17:35il pleure,
17:36il fait de façon sincère
17:39ou de façon jouée
17:40l'expression à un remords,
17:42ça va forcément
17:44ébranler la décision
17:44des jurés.
17:45Laure Vesfal,
17:46comment vous qualifieriez
17:47Cédric Jubilard ?
17:48On a les termes
17:49joueurs,
17:49agressifs,
17:50pervers qui remontent.
17:51Est-ce que vous êtes d'accord
17:52avec ça
17:52ou vous en voyez d'autres ?
17:53En prenant exactement
17:55les mêmes précautions
17:56qui ont été prises ici,
17:58c'est vrai qu'il s'agit
17:58de prendre en compte
18:00son histoire,
18:01les propos rapportés
18:02par les proches,
18:02les propos qui ont été
18:03rapportés par les expertises.
18:06il y a quand même
18:06tout un ensemble d'éléments
18:10qui permettent non pas
18:11de figer la personnalité
18:13mais d'en distinguer
18:13certains traits.
18:14Donc effectivement,
18:15il y a quand même
18:15un certain nombre
18:16de traits psychopathiques,
18:18on peut le dire,
18:18sans en faire une personnalité
18:19de ce type-là,
18:20une impulsivité certaine,
18:22un égocentrisme certain aussi,
18:25une intolérance à la frustration,
18:27une tendance à utiliser l'autre
18:29comme un objet,
18:31à ne pas lui reconnaître
18:32d'altérité,
18:33à le posséder,
18:35à le dominer,
18:36à l'instrumentaliser,
18:37de même qu'à instrumentaliser
18:38également l'entourage.
18:40Donc ça fait beaucoup
18:41de traits pervers,
18:42effectivement,
18:43très psychopathiques,
18:43sans en faire une personnalité
18:45de ce type-là.
18:46Maintenant,
18:46ce qui vient de se passer,
18:48cette révélation-là,
18:49va un petit peu
18:51dans le même sens,
18:51effectivement,
18:52c'est-à-dire qu'il reprend
18:53le contrôle,
18:53il reprend le contrôle
18:55du récit,
18:57il peut effectivement
18:58se victimiser
19:00par le biais
19:01de ce choix
19:02de crime passionnel,
19:03parce que c'est une façon
19:04un peu dépassée,
19:05même très dépassée,
19:06qui date du XIXe siècle,
19:07quand même,
19:08de se présenter
19:09comme instrumentalisé
19:10par ses passions
19:11et de vouloir
19:12porter préjudice
19:13à celui qui l'a humiliée.
19:16Ça,
19:17c'est dans le cas
19:17d'adultère,
19:19dans un régime
19:20très patriarcal,
19:21etc.
19:21Maintenant,
19:22c'est terminé,
19:23mais il joue encore
19:23cette corde-là,
19:25celle de,
19:25finalement,
19:26quelqu'un
19:27qui joue l'humanité.
19:29Alors,
19:30il y en a,
19:31sans doute,
19:32mais ce n'est pas
19:34ce qui est au premier plan
19:35aujourd'hui.
19:36Ce n'est pas forcément
19:38ce qui est au premier plan
19:39non plus
19:39dans son rapport
19:40à ses enfants,
19:41puisque,
19:41effectivement,
19:42ça n'a pas beaucoup
19:43fonctionné,
19:44les questions
19:45que ses enfants
19:46lui ont posées
19:46concernant la mère.
19:50Donc,
19:51il y a pas mal
19:51d'éléments
19:52qui vont en faveur
19:53d'une déresponsabilisation,
19:55malgré le fait
19:56qu'il se présente
19:57comme agent
19:57de ce qui se passe.
19:58Par exemple,
19:59lorsqu'il dit aussi
20:00qu'il a été abruti
20:00par des médicaments
20:01en détention,
20:02lorsqu'il a perdu
20:03le contrôle
20:03de ses actes
20:05parce qu'il a été
20:06instrumentalisé
20:06par une fureur.
20:08Bon,
20:08tous ces éléments
20:09ne vont pas,
20:11vont plutôt
20:11en faveur
20:12d'une manipulation
20:15au moins partielle.
20:17Mathias,
20:18on parlait
20:18de son agressivité,
20:19il y avait eu
20:20un moment important
20:21lors de la lettre
20:22qui avait été adressée
20:23par son fils Louis
20:24le 13 octobre dernier
20:25à la présidente
20:26de la cour d'assises
20:27d'Albi,
20:28qui en a fait la lecture
20:29et témoignait
20:29de la violence
20:30exercée par son père
20:31sur lui.
20:32Il racontait,
20:32par exemple,
20:33à un moment,
20:33son père l'avait frappé
20:34tellement fort
20:34qu'une dent
20:36avait cogné
20:37contre la table.
20:37Il y a toute
20:38cette agressivité
20:38aussi qu'on va étudier
20:39chez Cédric Jubilard.
20:41Où il les faisait
20:42s'agenouiller
20:44de nature
20:45éventuellement
20:47à leur faire mal.
20:48Oui,
20:48la psychologie
20:49de cet homme
20:50et sa dangerosité
20:51a été analysée
20:53lors du procès
20:53de première instance.
20:55Il n'a pas été
20:56mis en évidence
20:56des violences
20:57antérieures
20:57sur Delphine.
20:59Des menaces,
20:59oui,
21:00des menaces rapportées
21:01notamment auprès de sa mère.
21:02Je vais la faire disparaître,
21:03personne ne la retrouvera jamais.
21:04Ça,
21:05c'est des propos
21:05qu'il a tenus.
21:06Les violences sur les enfants
21:07aussi,
21:07elles étaient instructives
21:09sur son absence d'empathie
21:11pour des personnes
21:11qui sont censées
21:12lui être particulièrement proches
21:13en l'espèce
21:15ses enfants.
21:16Voilà,
21:16des comportements
21:17un petit peu...
21:18Des enfants qu'il n'appelle plus papa,
21:19mais Cédric Jubilard.
21:20Des comportements désaffectivés
21:21comme ça,
21:22où il a été interrogé
21:24là-dessus
21:24en première instance
21:25et c'est vrai
21:25que là encore,
21:26il n'a pas fait preuve
21:27de beaucoup d'empathie
21:28dans ses déclarations
21:29à ses propres enfants.
21:31Néanmoins,
21:32lors de ses déclarations
21:33devant la présidente
21:34de la cour d'assises
21:35de Haute-Garonne
21:36il y a deux jours
21:36quand il a été reconvoqué,
21:38il a laissé
21:40comme ça
21:42entreapercevoir
21:42peut-être un début
21:43d'acte de contrition
21:44par rapport à ses enfants
21:45parce qu'il indique
21:46que si ce soir-là
21:47il décide d'aller
21:48planquer le corps,
21:49d'aller cacher
21:50le corps de sa compagne
21:50c'est parce qu'il ne veut
21:51justement pas
21:52que ses enfants
21:53puissent voir
21:54le cadavre de leur mère
21:56étaler dans le salon familial.
21:58Alors aujourd'hui
21:59de ce cadavre
22:00on le disait
22:00il ne reste que des os
22:01qui sont en ce moment
22:02en cours d'analyse.
22:03Gilles Rex,
22:04bonsoir,
22:05merci d'être avec nous.
22:05Vous êtes ancien major
22:06à la police technique
22:07et scientifique
22:07à la police judiciaire
22:09de Paris.
22:10Qu'est-ce que c'est la suite
22:10pour Cédric Jubilard ?
22:12On peut envisager
22:13qu'il soit emmené
22:14sur les lieux
22:15où il a enterré Delphine
22:17où il dit avoir enterré Delphine
22:18avec une reconstitution
22:19peut-être ?
22:20Alors,
22:21oui peut-être.
22:22Qu'est-ce que ça apporterait ?
22:24Là pour l'instant
22:25plus grand-chose
22:25je pense
22:26parce qu'en fait
22:27il n'y a plus
22:28beaucoup de recherches
22:29à faire
22:30puisque les gendarmes
22:31ont décidé
22:32d'arrêter les fouilles
22:33donc ils considèrent
22:34qu'il n'y a plus
22:35de value.
22:35Mais à un moment
22:36il ne va pas y avoir
22:36de reconstitution pardon ?
22:37De reconstitution
22:38il va être entendu
22:39non mais enfin
22:40ce qui manque
22:40c'est le moment
22:43où ils ont enterré le corps
22:43d'accord ?
22:44On le connaît
22:44mais ce qui manque
22:45c'est entre le moment
22:47de la scène de crime
22:48et le moment
22:49du transport du corps
22:50ça il va falloir
22:51qu'il s'explique
22:52plus en détail
22:52puisque c'est
22:53Et là-dessus
22:53une reconstitution est possible ?
22:54Et là-dessus
22:55une reconstitution est possible
22:56et sur les fouilles
22:57en elles-mêmes
22:58je crois que là
22:58c'est clos
23:00Et puis c'est un acte
23:01d'enquête
23:01donc il n'a pas à être là
23:03pour le moment
23:03c'est un acte d'enquête
23:04éventuellement il y aura
23:06reconstitution
23:06ensuite
23:07si le juge d'instruction
23:08ou la présidente
23:09a besoin d'éléments
23:10Mais lui étant sur ce chemin
23:12de la vérité
23:12il peut très bien
23:13dire facilement oui
23:14si justement
23:15on ordonne cette...
23:17C'est-à-dire qu'il est
23:17dans cette démarche
23:18qu'on évoquait tout à l'heure
23:19c'est-à-dire que
23:20je suis maintenant
23:22dans une logique
23:23de collaboration
23:23avec la justice
23:24donc il n'y a
23:25aucune raison
23:26qu'il refuse
23:28de participer
23:29alors que c'est un droit
23:30on a le droit
23:31de ne pas participer
23:32à sa propre incrimination
23:34alors qu'il n'en a le droit
23:35il serait complètement
23:36illogique
23:36qu'il refuse
23:37de participer
23:38aux actes d'investigation
23:40Et on disait justement
23:41ce qui sera au cœur
23:42notamment
23:43de cette nouvelle enquête
23:45qui démarre
23:46c'est ce trajet
23:47regardez ce trajet
23:48entre le domicile
23:50de Cédric Jubilard
23:51Cagnac-Lémine
23:52et les ossements
23:53le champ
23:54à Mayoc
23:54là où ont été retrouvés
23:56ces deux fémurs
23:56il y a 7 km
23:58entre les deux
23:58comment y est-il allé
24:00à quelle heure
24:01pourquoi
24:01par quels moyens
24:02tout ça
24:03c'est désormais
24:04aux enquêteurs
24:05de le déterminer
24:05ce sera aussi
24:06l'une des clés
24:07de cette enquête
24:08Oui voilà
24:08ce sont les juges
24:09instructions
24:10qui vont le reprendre
24:11sur les auditions
24:12et qui vont essayer
24:13de lui faire avouer
24:15de lui faire dire
24:16comment ça s'est passé
24:17la scène de crime
24:17est très importante
24:18et là pour le coup
24:20il va falloir
24:20qu'il reconstitue
24:22cette scène
24:24et puis
24:24qu'il explique
24:26très en détail
24:26son transport
24:27Était-il seul
24:28ou accompagné
24:29ça aussi
24:30peut-être que c'est
24:31encore une des questions
24:32qui se posent
24:33Mais il y a
24:33tout un faisceau
24:35comme disait
24:36Jacques-Charles Fonbonne
24:37tout à l'heure
24:37il y a tout un faisceau
24:38d'indices
24:39qui est
24:41actuellement
24:42dans la procédure
24:43dont les enquêteurs
24:44à la justice
24:45sont en possession
24:45et qui
24:48finalement
24:48l'accusent
24:50Il faut reprendre
24:52tous les éléments
24:53depuis le début
24:54de s'expliquer
24:55sur tous les éléments
24:55de preuve
24:56sur tous les moments
24:56avec cette nouvelle version
24:57sur tous les témoignages
24:58sur tous les témoignages
24:59sur tous ces mensonges
25:00aussi
25:01sur tout ce qu'il n'a pas
25:02voulu dire jusqu'à présent
25:03et qui là
25:03va être très très important
25:05Alors Jacques-Charles Fonbonne
25:07on a des images
25:07Google View
25:08qui ont été retrouvées
25:09de ce champ du Tarn
25:10retrouvées par une de nos journalistes
25:11Emine Darkour
25:11journaliste à la rédaction
25:13de BFM
25:13on va les analyser ensemble
25:15alors il y a
25:16trois parties
25:16trois dates
25:17il y a janvier 2021
25:17donc on est un mois
25:19après la disparition d'Elphine
25:20mars 2023
25:21et mars 2026
25:22vous allez tout nous dire
25:23on va prendre image par image
25:24janvier 2021
25:25on voit là ce
25:26alors moi je dis
25:27monticule de terreau
25:29vous me dites fumier
25:30l'adjoint au maire
25:32on parlait en disant
25:32c'est une fumière
25:33donc c'est exactement
25:34ce qu'il disait Maitre Batik
25:35et avec les
25:36je dirais
25:36avec les conclusions
25:38que l'on peut en tirer
25:39d'un point de vue psychologique
25:40c'est quoi
25:41c'est un terrain
25:41dont on nous dit
25:42qu'il est en jachère
25:43effectivement il ne semble pas
25:44complètement cultivé
25:45et il y a
25:46cette fumière
25:47il y a ce tas de fumier
25:48qui fait à peu près
25:49la taille de la maison
25:50il fait une vingtaine
25:50une trentaine de mètres
25:51de long
25:53sur deux mètres
25:54deux mètres
25:54trois mètres d'eau
25:55la photo qui est intermédiaire
25:56on voit que le tas
25:57a considérablement diminué
25:59il en reste une petite partie
26:00sur la droite
26:01il en reste une petite partie
26:01à droite
26:01ce qui veut dire quoi
26:02ce qui veut dire
26:03que ce fumier est utilisé
26:04pour fertiliser le terrain
26:06l'agriculteur est venu
26:06avec sa machine
26:07et que l'agriculteur est venu
26:08avec sa machine
26:08alors je dirais presque
26:10qu'on a eu énormément de chance
26:11de retrouver une partie du corps
26:12parce que
26:14on ne fait pas ça
26:14avec une bêche
26:15c'est maintenant des engins
26:16qui ressemblent
26:17à des engins de chantier
26:18on vient avec un godet
26:20on prend deux ou trois mètres cubes
26:21de fumier
26:22ça passe dans une remorque
26:23que l'on tire derrière un tracteur
26:25avec une toupie
26:26et qui répond
26:27qui pulvérise
26:29au sens étymologique du terme
26:30et donc forcément
26:31il a pu cet agriculteur
26:32endommager
26:33absolument
26:33mais on a eu extrêmement de chance
26:35parce qu'il aurait pu
26:35à quelques centimètres près
26:37emporter tout le corps
26:39c'est pour ça évidemment
26:40que les gendarmes
26:40ont arrêté les recherches
26:42parce qu'après avoir fouillé
26:43à l'endroit
26:44où Cédric Jubilard
26:45reconnaît avoir déposé le corps
26:47tout le reste
26:48est parti dans la nature
26:49si j'ose dire
26:50avec des morceaux
26:52qui sont de taille infinitésimale
26:54et qu'on ne peut
26:55évidemment pas identifier
26:57là c'est la fin
26:57Marche de mai 26
26:58il n'y a pas rien
26:58c'est qu'il y a quelques mois
26:59d'où l'importance
27:00des aveux de Cédric Jubilard
27:01absolument
27:01mais ça parle de façon
27:02très intéressante
27:04ça parle de façon
27:04qu'est-ce que ça nous dit
27:05alors ça nous dit
27:07que peut-être
27:07ça ne milite pas
27:08forcément
27:09en faveur
27:10de l'absence
27:11de préméditation
27:12ce que disait l'avocat
27:13tout à l'heure
27:13c'est dire que c'est
27:14l'affolement
27:14il prend la voiture
27:16et il jette le corps
27:16de sa femme
27:17on va dire au premier endroit
27:18et il ne revient pas
27:19précise-t-il
27:19alors il revient
27:20ou il ne revient pas
27:21a priori il ne revient pas
27:22mais ce qui est très intelligent
27:23il y a deux choses
27:23qui sont intelligentes
27:24c'est qu'il est en environ
27:2610-15 kilomètres
27:27de son domicile
27:28c'est-à-dire que
27:29c'est suffisamment prêt
27:30pour qu'il puisse
27:31faire l'aller-retour
27:33la nuit on va dire
27:3415 kilomètres
27:35il faut 20 minutes
27:3640 minutes
27:36le temps de déposer le corps
27:38une toute petite heure
27:39si on veut s'arrêter
27:39pour voir qu'il n'y a personne
27:40mais c'est suffisamment loin
27:42pour gêner ensuite
27:44les recherches
27:4510 kilomètres
27:45on n'est pas le long d'un chemin
27:46c'est un cercle
27:48ça définit une surface
27:49de 350 kilomètres carrés
27:52si on est à 15 kilomètres
27:54c'est 700 kilomètres carrés
27:55pour fixer les idées
27:57c'est 7 fois
27:58la surface de la ville de Paris
27:59donc ça devient
28:00mission impossible
28:01pour rechercher le corps
28:02et puis ensuite
28:03c'est un tas de fumier
28:04ça sent extrêmement mauvais
28:06donc même les chiens de piste
28:08vont perdre la piste
28:09rappelez-vous
28:10mais il y a des chiens spécialisés
28:11entre les chiens de piste
28:12pour retrouver les ossements ?
28:13il y a des chiens spécialisés
28:15dans la recherche de cadavres
28:16parce que le chien
28:17c'est un carnassier
28:18il cherche des animaux vivants
28:20naturellement
28:21pour les dévorer
28:21ou pour les offrir à son maître
28:22mais pas des animaux morts
28:24donc ça participe
28:26mais encore une fois
28:27ça n'est que mon analyse
28:28de la volonté
28:29de ralentir les recherches
28:31et de rendre quasiment impossible
28:32la découverte du corps
28:34sur place
28:35et puis
28:35quand on rentre
28:37chez soi
28:37après avoir creusé
28:39ou au moins avoir bougé
28:40des bottes de fumier
28:42c'est la question
28:43que posait Dominique Rizet
28:44tout à l'heure
28:44et elle est parfaitement pertinente
28:46on en a partout
28:47donc ça veut dire
28:48que si les gendarmes
28:49arrivent à 4h du matin
28:50quand ils les appellent
28:51et qu'ils le trouvent en pyjama
28:53il a à un moment donné
28:54pensé à préparer des vêtements
28:56de façon à pouvoir se changer
28:57sans en laisser dans la voiture
28:59dont vous imaginez bien
29:00qu'elle a été passée
29:01plus qu'au peigne fin
29:02ces vêtements
29:03qu'a priori
29:04on n'a pas retrouvé
29:05ce qui fait que
29:05toutes les traces
29:06de police technique
29:07qui pouvaient le relier
29:08à cet endroit
29:09ont disparu
29:10Dernière question
29:11quand l'un des avocats
29:12de Cédric Jubilard
29:13Maître Guy Dubuisson
29:14dit
29:14alors il ne parle pas
29:15de défaillance
29:16des enquêteurs
29:16mais il s'interroge
29:17sur le fait
29:18que ces enquêteurs
29:19n'aient pas exploré
29:20cette zone
29:2148 heures
29:22après la disparition
29:22d'Elphine
29:23vous répondez quoi ?
29:24Alors je réponds
29:24qu'il fait son devoir d'avocat
29:25qui est celui
29:26de défendre son client
29:29par tous les moyens légaux
29:30et puis c'est la réponse
29:31que je viens de vous donner
29:32effectivement
29:32on est à 10 ou 15 kilomètres
29:34mais on n'est pas
29:35le long d'une route
29:36où on regarde dans les fossés
29:37on est sur un cercle
29:38qui peut aller jusqu'à
29:39700 kilomètres
29:40c'est-à-dire la moitié
29:41de l'île de France
29:42vous imaginez bien
29:42regardez
29:43qu'on ne peut pas aller
29:44partout
29:45on a un champ
29:45qui est complètement
29:47complètement libre
29:47il n'y a pas un obstacle
29:48il n'y a que ce tas de fumier
29:50dont on sait
29:51dont il sait peut-être
29:52qu'il va disparaître
29:53petit à petit
29:54et avec un peu de chance
29:55il va disparaître
29:56à un moment où le corps
29:57sera suffisamment dégradé
29:58ou pour qu'on ne le retrouve pas
29:59ou pour qu'au moins
30:00on ait toutes les difficultés
30:01à l'identifier
30:02et à retrouver
30:03les causes de la mort
30:04allez venez-vous
30:04asseoir Jacques-Charles
30:05L'agriculteur d'ailleurs
30:07Patrick
30:07le propriétaire du champ
30:09qui a été convoqué ce matin
30:10chez les gendarmes
30:11explique que jamais
30:12il n'aurait imaginé
30:13et on peut le comprendre
30:14que Delphine Jubilard
30:15se trouve sous
30:16ce tas de fumier
30:18avec lequel il dépendait
30:19son champ
30:19Mathias Tesson
30:20ce que disait exactement
30:22l'enquêteur
30:22ce que disait Anne
30:23c'est
30:23pardon l'avocat
30:24de Cédric Jubilard
30:26les enquêteurs sont passés
30:26à côté de choses énormes
30:27dans les 48 heures
30:28dans les 48 heures
30:30qui ont suivi
30:30la disparition de Delphine
30:316 ans plus tard
30:32est-ce qu'on peut comprendre
30:33est-ce que la famille
30:34de Delphine Jubilard
30:35peut comprendre
30:36que cette partie-là
30:37on l'a vu tout à l'heure
30:38sur la carte
30:38c'est 7 km du domicile
30:39elle n'ait jamais été fouillée
30:43c'est compliqué à comprendre
30:44oui évidemment
30:44ça va être très compliqué
30:45à comprendre
30:46pour les parties civiles
30:47dans ce dossier
30:48mais je ne pense pas
30:49qu'elle soit
30:49à ce moment-là
30:50en ce moment déjà
30:52sur ce niveau de réflexion-là
30:53de se demander
30:54est-ce qu'ils sont passés
30:55à côté
30:57pourquoi est-ce qu'ils n'ont
30:58pas vérifié cette zone
30:59déjà là pour eux
31:00ils ont
31:01l'espoir
31:03d'avoir peut-être
31:04probablement
31:04retrouvé
31:06le corps
31:07d'une mère
31:08le corps
31:08d'une soeur
31:10voilà
31:10de manière
31:11à entamer
31:12ce travail
31:13de deuil
31:14pour ce qui concerne
31:15les travaux
31:17et les recherches
31:17menées par
31:18les gendarmes
31:19dans le début
31:20de cette affaire
31:20il faut bien comprendre
31:22qu'on est en plein confinement
31:24au moment des faits
31:25c'est-à-dire dans la nuit
31:2615 au 16 décembre 2020
31:28qu'à ce moment-là
31:29il y a assez peu
31:29de personnes dehors
31:30et que les gendarmes
31:32se disent que peut-être
31:32il n'a pas pu aller
31:34très très loin
31:35dans ces conditions
31:35on rappelle aussi
31:36qu'il y a un delta
31:37de temps finalement
31:38assez court
31:39dans lequel
31:40il n'a pas pu non plus
31:41aller bien loin
31:42je crois qu'ils font
31:44un périmètre de recherche
31:45qui ne va pas au-delà
31:46des 10 kilomètres
31:47et là on est dans
31:49les 13-14 kilomètres
31:51je crois
31:51entre le domicile
31:52des jubilards
31:53parce que ça voulait dire
31:54laisser ses enfants
31:55tout seuls chez eux
31:56oui et puis il y a aussi
31:56l'histoire du portable
31:57de Delphine Jubilard
31:58qu'on n'a jamais retrouvée
32:00mais qui va cesser
32:01de borner dans un rayon
32:02de 2 kilomètres
32:02je crois
32:03autour de la maison
32:04et donc en fait
32:04ça va être aussi
32:05de nature
32:05à circonscrire
32:07finalement
32:07dans un périmètre
32:07assez réduit
32:08les premières recherches
32:09parce qu'à ce moment-là
32:10il y a une urgence
32:11à retrouver Delphine
32:13il faut faire des choix
32:13il faut prioriser
32:14les recherches
32:14c'est pour ça
32:15qu'il n'explore pas
32:17au-delà
32:18d'une certaine zone
32:19les gendarmes
32:20Mathias
32:20vous avez commencé
32:21à l'évoquer
32:21on en sait un peu plus
32:22aujourd'hui
32:22sur la fameuse nuit
32:23de la disparition
32:24Delphine
32:24en décembre 2020
32:25puisque le récit
32:25a été fait
32:26par Cédric Jubilard
32:27devant la présidente
32:27de la cour d'assises
32:28de la Haute-Garonne
32:29qu'a-t-il dit
32:30il utilise des mots précis
32:31par exemple
32:31il dit ce soir
32:32du 15 au 16 décembre 2020
32:34il emploie le mot
32:35dégoupiller
32:35il dégoupille ce soir-là
32:37mais on n'en sait pas bien plus
32:38oui alors il rappelle
32:39dans un premier temps
32:40lorsqu'il est interrogé
32:41enfin lorsqu'il fait
32:42des déclarations spontanées
32:43d'ailleurs devant la présidente
32:44de la cour d'assises
32:45de Haute-Garonne
32:45il y a 48 heures maintenant
32:46il dit que ce soir-là
32:47le ton est monté
32:48qu'il y a des mots
32:50qui ont été prononcés
32:51dans un contexte
32:52de séparation
32:53on le sait
32:54Delphine Jubilard
32:55elle souhaitait refaire sa vie
32:56elle avait un amant
32:57voilà
32:57elle avait manifesté
32:58l'idée de divorcer
33:00de quitter Cédric Jubilard
33:01et là il va dégoupiller
33:02selon ses termes
33:03son avocat a utilisé
33:04le qualificatif
33:06de débordement émotionnel
33:07et là il va y avoir
33:08une espèce d'ellipse
33:09dans son récit
33:09ou alors nous
33:10n'avons pas encore eu accès
33:11au contenu précis
33:12de ce qu'il dit à ce moment-là
33:13toujours est-il
33:14que dans ce qu'on a
33:15on sait qu'il découpille
33:17et ensuite
33:17le corps de Delphine
33:18jît au sol
33:19donc évidemment
33:19il manque une grosse partie
33:21de ce récit
33:21mais il va dire
33:22que le corps de Delphine
33:23jît au sol
33:24qu'il décide de l'emporter
33:25selon nos informations
33:26il la pose
33:28sur son épaule
33:29ensuite il va la charger
33:30dans le coffre du véhicule
33:31il va rouler
33:32phare éteint
33:33et au point mort
33:34pour ne pas faire
33:34de bruit
33:35ne pas être visible
33:37il va ensuite
33:38s'arrêter
33:38au niveau de ce champ
33:39ce champ-là
33:40il s'en souvient
33:41à ce moment-là
33:42visiblement
33:43c'est en tout cas
33:43ce qu'il raconte
33:45la suite
33:45on l'a connue
33:46on la connaît
33:47pardon
33:48et il fait
33:49ses deux remarques
33:50il indique
33:50qu'il n'est pas revenu
33:52postérieurement
33:52au niveau de ce champ
33:54pour vérifier
33:54si le corps n'avait pas bougé
33:55ou pour le déplacer
33:56il ne serait jamais revenu sur place
33:58et il s'étonne
33:59et c'est là où psychologiquement
34:00c'est encore intéressant
34:01il s'étonne
34:02que les gendarmes
34:03ne soient jamais
34:04allés fouiller cet endroit
34:05et n'aient pas trouvé
34:07la dépouille
34:07car elle était dissimulée
34:09de façon rudimentaire
34:10ce sont les mots utilisés
34:11les mots utilisés
34:11qui sont les mots utilisés
34:12et les mots utilisés
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