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  • il y a 21 heures
Le débat avec Lucie Pacherie, chargée de plaidoyer à la Fondation Jérôme-Lejeune

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##LE_FACE_A_FACE_ETE-2026-07-17##

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News
Transcription
00:00Les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.
00:03Et notre gantre entretient ce midi sur une question et une loi qui n'en finit pas de faire réagir,
00:09que ce soit avant le vote, pendant le vote et visiblement après son vote,
00:12que ce soit du côté politique, que ce soit du côté religieux, que ce soit du côté citoyen.
00:16Elle suscite encore des interrogations, cette loi, la fameuse loi sur la fin de vie
00:20qui a été adoptée il y a 48 heures par l'Assemblée Nationale définitivement,
00:23avec derrière toute une machine qui va se mettre en place,
00:26notamment avec le Conseil Constitutionnel, saisi par le Premier Ministre lui-même,
00:29le Président du Sénat et sans doute d'autres intervenants en aura l'occasion,
00:32d'autres acteurs, pardonnez-moi, en aura l'occasion de développer tous ces points.
00:35Avez-vous Lucie Pachery ? Bonjour.
00:37Bonjour.
00:37Merci beaucoup d'être avec nous.
00:39Vous êtes chargée de plaidoyer à la Fondation Jérôme Lejeune.
00:41Vous allez nous parler justement de tous ces combats,
00:44mais précisément, parlez-nous au premier rang de cette fondation Jérôme Lejeune,
00:49le rôle qu'elle joue dans la société, et plus précisément sur cette question de la fin de vie.
00:56La Fondation Jérôme Lejeune est une fondation qui poursuit trois missions.
00:59auprès des personnes porteuses de trisomie 21, de maladies génétiques, de l'intelligence.
01:03Elle poursuit cette mission de rechercher un traitement pour mettre en échec la déficience intellectuelle.
01:08Elle poursuit aussi une mission de soins, puisque nous finançons un institut médical,
01:12du début à la fin de la vie, pour ces personnes porteuses de trisomie 21 notamment.
01:16Et puis nous avons une mission de défense, de défense de la vie humaine,
01:20une défense de ces personnes porteuses de handicap,
01:23mais de manière générale aussi de toutes personnes humaines, parce qu'elles sont dignes.
01:26Et donc la Fondation Jérôme Lejeune, depuis toujours,
01:30s'investit dans les questions de société, dans les questions de bioéthique.
01:34Et c'est bien naturellement qu'elle s'est positionnée,
01:37et qu'elle a participé au débat sur la question de la légalisation de l'euthanasie,
01:41du suicidacté.
01:42Nous avons été auditionnés à l'Assemblée nationale, au Sénat.
01:45Nous sommes de manière générale auditionnés par les pouvoirs publics.
01:47Et nous défendons la dignité humaine.
01:50Nous défendons aussi le respect des personnes porteuses de handicap.
01:53Et nous luttons contre toute forme de stigmatisation et discrimination de ces personnes.
01:57Cette Fondation Jérôme Lejeune, elle vient de Jérôme Lejeune,
02:00qui était un grand médecin justement,
02:01qui a été à l'origine de la découverte justement de la trisomie 21.
02:07C'est lui qui a été un précurseur dans toutes ces recherches-là,
02:10qui a consacré sa vie, 1926-1994.
02:13C'est ça pour replacer dans le contexte.
02:15On a eu aussi envie de vous inviter,
02:17parce que le travail visiblement que vous faites a eu un écho singulier,
02:20parce que même le pape a loué les intérêts de votre fondation.
02:23Expliquez-nous concrètement quels ont été les mots du pape,
02:26et dans quel contexte, tout d'un coup,
02:27un tel travail peut se retrouver salué par l'une des autorités religieuses
02:31les plus puissantes du monde.
02:32Et c'était il y a quelques jours à peine.
02:33C'était il y a quelques jours, il y a 15 jours.
02:35Nous avons eu le grand honneur d'être reçus par le pape Léon XIV,
02:39qui a reçu la Fondation Jérôme Lejeune,
02:41qui a encouragé les travaux de la Fondation Jérôme Lejeune,
02:45qui a rendu hommage à Jérôme Lejeune,
02:47qui est celui qui a découvert la cause de la trisomie 21,
02:49et qui a dédié sa vie...
02:50Que même le pape a qualifié de vénérable ce médecin.
02:52Tout à fait.
02:53Jérôme Lejeune est qualifié de vénérable par l'Église catholique,
02:56c'est-à-dire que l'Église catholique considère
02:58qu'il a vécu l'héroïcité des vertus.
03:01Et Jérôme Lejeune a dévoué toute sa vie aux soins et à la recherche,
03:05aux soins des personnes portées aux trisomies 21,
03:06et à la recherche, pour essayer d'améliorer leurs conditions médicales
03:10et leurs conditions de vie.
03:12Et donc le pape nous a encouragés, en effet, dans notre mission...
03:15Alors comment ça s'est passé ?
03:16Racontez peut-être d'abord un tout petit peu les coulisses.
03:18Comment un tel rendez-vous, comment une telle rencontre se met en place ?
03:21Eh bien, une telle rencontre se met en place via l'énonce apostolique.
03:25Et là, c'est l'énonce apostolique qui a obtenu cette audience
03:28auprès du pape Léon XIV.
03:29Et je pense dans un contexte très particulier,
03:32parce que la France, justement, était en train de légaliser
03:35l'euthanasie et le suicide assisté.
03:36Donc il y avait un vrai enjeu d'atteinte à la vie humaine en France,
03:40sur la scène politique française.
03:41Et cela n'était visiblement le pape qui voulait vous consulter et vous rencontrer.
03:44De fait, ce n'est pas pour rien que le pape nous a reçus à ce moment-là.
03:46Et il nous a encouragés dans notre mission de sensibilisation des pouvoirs publics
03:50pour le respect de la vie.
03:50Et il nous a dit qu'il ne faut jamais que la médecine soit remplacée par la technique.
03:56Un médecin ne devrait jamais décider de la vie d'une personne de son début à sa fin.
04:02Donc il nous a vraiment rappelé le caractère sacré de la vie humaine
04:08qui doit être accompagnée et auquel on ne devrait pas porter atteinte.
04:12Lucie Pachori, vous êtes la chargée de plaidoyer à la Fondation Jérôme Lejeune.
04:15On va bien sûr aller dans quelques secondes sur ce sujet de la fin de vie,
04:18mais vous évoquez ce contexte très particulier entre la France et le Vatican.
04:23On a eu beaucoup dans la presse spécialisée d'échos, de rumeurs,
04:26voire de sources plutôt très bien informées
04:28qui expliquaient que le pape Léon XIV et Emmanuel Macron
04:31avaient eu directement des conversations téléphoniques
04:33où le pape expliquait au président de la République
04:35que d'ici à sa venue en France,
04:37il fallait mettre un peu le pied sur la pédale du frein sur cette loi
04:39parce que ça heurtait les convictions du pape
04:41et qu'avant son premier grand voyage officiel,
04:44il serait dommage que cela passe.
04:45Plus largement, est-ce que vous, lors de cette rencontre avec le pape,
04:47dans le contexte, vous venez de le dire, très singulier,
04:50vous avez eu écho, est-ce qu'il y a eu des discussions, des confirmations
04:52de ces discussions téléphoniques apparemment régulières
04:55entre le pape directement et le président de la République ?
04:57Moi ce que je voudrais d'abord dire,
04:58c'est que cette loi qui a été votée, c'est une loi d'exclusion.
05:00C'est une loi qui a été votée par des bien portants,
05:03pour des bien portants,
05:04et qui ne protège pas suffisamment,
05:07qui ne donne aucune garantie à la protection des personnes vulnérables
05:10qui sont en fin de vie, qui sont porteuses de handicap.
05:12Et ça, le pape Léon XIV y est très sensible, évidemment,
05:15parce que l'Église est très sensible à la vie humaine,
05:17particulièrement fragile, comme nous,
05:19puisque nous avons cet accompagnement dans notre institut médical
05:22des personnes porteuses de handicap, porteuses de trisomie 21.
05:25Donc ça, je trouve que c'est extrêmement important à rappeler,
05:28et le pape nécessairement, sûrement, le rappellera aussi
05:32quand il viendra en France,
05:33la médecine ne doit pas être utilisée pour tuer.
05:36La médecine, elle est là pour accompagner,
05:39et de fait, les médecins en soins palliatifs,
05:41c'est ce qu'ils font admirablement,
05:43particulièrement dans cette tranche de la fin de vie.
05:47Cette loi d'exclusion, il faut bien la comprendre,
05:49parce qu'on nous dit que c'est un droit à mourir,
05:53que cette loi a instauré,
05:54un droit à mourir dans la dignité.
05:56En réalité, cette loi, elle pose un devoir de partir.
06:00On nous dit que c'est un droit de mourir.
06:02Pourquoi un devoir de partir ?
06:04Parce que toutes les personnes qui sont dépendantes,
06:07qui sont plus dépendantes,
06:08qui sont porteuses de handicap,
06:10qui ont un effort particulier à faire pour vivre,
06:17ont l'impression, avec cette loi,
06:19qu'elles sont à la charge.
06:20Pour vous, en réalité, c'est quoi ?
06:22En fait, ça crée un impensé collectif
06:24qu'il y a certaines vies plus dépendantes
06:26qui ne méritent pas d'être vécues.
06:28D'une certaine manière, pour vous,
06:29ça ouvre une brèche,
06:30si j'essaie de bien comprendre votre pensée,
06:32une brèche dans la société française,
06:34en expliquant qu'en réalité,
06:35la vie humaine peut être faible
06:37au point que l'État vous donne le droit
06:39de s'en débarrasser.
06:39C'est ce que vous dites.
06:40Ou la vie humaine peut être tellement faible
06:42qu'elle ne mérite pas d'être vécue.
06:44Et ça, c'est extrêmement grave.
06:46Et c'est ça qui fait, aujourd'hui,
06:48qu'on nous fait croire
06:49que l'Assemblée nationale a voté
06:51un droit de mourir pour être libre
06:54et pour conquérir cette ultime liberté.
06:57C'est vraiment ce qu'on nous a dit,
06:58ce qui a été dit mercredi.
06:59En réalité, elle pèse,
07:03elle fait peser sur les personnes à la charge,
07:05plus à la charge, plus dépendantes,
07:07une culpabilité d'être là.
07:09Ça, c'est le vrai danger.
07:10Et nous, qui accompagnons des personnes
07:11porteuses de trisomie 21,
07:12des personnes porteuses de handicap,
07:14on voit bien qu'elles sont stigmatisées
07:17par cette loi.
07:17D'ailleurs, c'est assez intéressant,
07:18le gouvernement a été représenté
07:20au moment du vote solennel
07:21par la ministre déléguée
07:22des personnes handicapées.
07:24Quel est le message implicite ?
07:25Pour une loi...
07:26Parce qu'elle est rattachée à la santé,
07:27en réalité.
07:28Est-ce que c'est peut-être
07:29une question d'agenda ?
07:30Comment doivent recevoir
07:31la présence de cette ministre ?
07:33Comment les personnes handicapées
07:34doivent recevoir la présence
07:36de cette ministre ?
07:37Moi, je trouve que c'est extrêmement choquant
07:38et très discriminant.
07:39Sachant qu'on avait,
07:40il y a deux jours à ce micro,
07:41précisément pour réagir à cette loi,
07:43Philippe Juvin,
07:43qui est médecin par ailleurs,
07:45député,
07:45et qui expliquait,
07:46il donnait un chiffre,
07:47l'une de ses vives inquiétudes,
07:48outre tous les arguments
07:49que vous pouvez aussi partager
07:50sur le manque de garde-fous,
07:51on y reviendra
07:51durant toute cette conversation.
07:53Il y avait aussi le sujet,
07:54expliquait-il que cette loi
07:56devienne en réalité
07:57une clé pour certaines dérives.
07:58Il prenait l'exemple au Canada
07:59que de plus en plus,
08:00aujourd'hui,
08:01notamment de Canadiens,
08:02estimaient que la pauvreté
08:03était un motif suffisant,
08:05valable pour accéder à l'euthanasie.
08:07Et ça atteignait ce chiffre
08:08près de 50%
08:09concernant le handicap.
08:10Vous,
08:11c'est exactement ce que vous craignez
08:12que tout d'un coup,
08:12par cette loi,
08:13par manque de garde-fous et autres,
08:15on installe presque cette pensée
08:17chez un certain nombre
08:17de nos citoyens ?
08:18Le principe même de cette loi
08:20installe cette pensée
08:21que certaines villes
08:22ne valent pas la peine
08:22d'être vécues
08:23et donc que pour les personnes
08:25porteuses de handicap,
08:26elles devraient peut-être
08:27s'interroger
08:27pour ne pas être à la charge.
08:29Ou des personnes âgées,
08:30ou des personnes qui sont malades.
08:32Personne ne le dit comme ça,
08:33en réalité.
08:33Vous le savez,
08:34concernant notamment le handicap.
08:35D'ailleurs,
08:36ça a peut-être été
08:37un véritable impensé des débats
08:38parce que j'ai l'impression
08:39qu'on en a trop peu parlé
08:39de cette situation du handicap.
08:41Mais personne n'a dit...
08:41On en a trop peu parlé.
08:42Mais par contre,
08:43une preuve de ce que j'avance là,
08:45c'est que tous les amendements
08:46qui ont été déposés
08:47par des députés,
08:48notamment Philippe Julien
08:49dont vous parlez d'ailleurs,
08:49mais par d'autres députés
08:51de tous bords politiques
08:52qui visaient à protéger
08:53les personnes handicapées
08:55de cette loi,
08:55à donner plus de garanties,
08:57voire à exclure
08:58les personnes porteuses
08:59de déficience intellectuelle
09:00que nous, on accompagne,
09:01ont tous été rejetés.
09:03Tous.
09:03Alors même qu'on sait aujourd'hui
09:05qu'une personne majeure protégée
09:06sous tutelle,
09:07comme les patients
09:08que nous accompagnons,
09:10ne peuvent pas signer
09:11un chèque seul,
09:12ne peuvent pas disposer
09:13de leur compte bancaire seul.
09:14Là, on les autoriserait
09:15à décider de...
09:16Là, ils peuvent décider seul,
09:17sans l'intervention
09:18d'un juge des tutelles,
09:19de cet acte irréversible
09:21qu'est l'administration
09:22d'un produit létal,
09:23de l'euthanasie
09:23et du suicide assisté.
09:24C'est extrêmement choquant.
09:26On voit bien là qu'il y a...
09:27C'est extrêmement choquant aussi,
09:28pardon, sur ce que vous dites,
09:29et c'est là où ça doit
09:29nous interpeller.
09:30D'ailleurs, peut-être,
09:31peu importe le regard
09:32qu'on peut avoir sur cette loi,
09:33si on y voit des bénéfices
09:35ou si on est un peu plus dubitatif,
09:37c'est pourquoi aujourd'hui,
09:39dans une grande partie,
09:40visiblement des députés,
09:42donc de la classe politique,
09:44aussi peu de personnes
09:45semblent s'intéresser
09:46à la cause du handicap.
09:47Parce que, outre
09:47toutes les réserves
09:48que vous évoquez,
09:49on a surtout l'impression
09:49que, visiblement,
09:50le sujet du handicap
09:51ne concerne pas du tout
09:52les députés
09:53parce qu'aucun n'est capable
09:55d'aller porter votre proposition,
09:58d'aller proposer l'amendement
09:59et d'aller créer un groupe.
09:59C'est peut-être ça aussi
10:00qui doit nous interroger, non ?
10:01Oui, la question du handicap,
10:03de manière générale,
10:03n'a pas voix au chapitre
10:05sur la scène publique,
10:06pas assez.
10:07Donc, on nous dit
10:08qu'on travaille à l'inclusion,
10:10on est dans une société
10:10qui travaille à l'inclusion,
10:11c'est vrai,
10:12mais si d'un côté
10:13on travaille à l'inclusion
10:14et de l'autre côté
10:15on ne prend même pas
10:16en considération
10:16les demandes de protection
10:18de ces personnes handicapées
10:19face à un acte irréversible
10:21tel que ce qu'ils appellent
10:23l'aide à mourir,
10:24tel que l'euthanasie
10:24où je suis désistée,
10:25eh bien c'est totalement
10:26contradictoire.
10:27Et nous, de fait,
10:28à la Fondation Jérôme Lejeune,
10:29on voit bien
10:30qu'il y a une stigmatisation,
10:31une discrimination
10:31qui pèse sur les personnes
10:33porteuses de trisomie 21
10:34et leur famille.
10:35Il y a toujours
10:35un regard interrogatif,
10:37un peu jugeant,
10:38ah, il n'a pas été dépisté,
10:39pourquoi il est là ?
10:40Pourquoi l'avoir gardé en réalité ?
10:42C'est d'une grande violence.
10:44Ce qui est intéressant,
10:45c'est que je trouve
10:45que les mouvements
10:47antivaldidistes de gauche
10:48ont exactement
10:49le même avis que nous
10:51et se lèvent contre cette loi
10:53parce qu'ils considèrent
10:53justement que ça leur porte atteinte.
10:55Lucie Pachry,
10:56vous êtes chargée
10:56de plaidoyer à la Fondation
10:57Jérôme Lejeune.
10:58Lejeune,
10:59cette loi sur l'euthanasie
11:00qui continue de provoquer
11:01énormément de débats
11:01avec en plus au centre,
11:03vous de vos préoccupations,
11:04les personnes atteintes
11:05de handicap
11:06à qui visiblement
11:07on donne et on ouvre
11:09un accès assez considérable
11:10vers la fin de vie,
11:10ce qui n'est pas tolérable.
11:12On se posera aussi
11:13de nombreuses autres questions
11:14qui sont soulevées
11:15depuis quelques jours
11:15dans le débat public.
11:16Qu'est-ce que ça change aussi
11:17pour notre pays ?
11:18Qu'est-ce que cela dit de nous
11:19presque d'un point de vue
11:19religieux, philosophique ?
11:20On a vu des philosophes
11:21comme Michel Houellebecq,
11:22écrivain,
11:23s'interroger en disant
11:24mais à quel moment
11:25un pays qui tout d'un coup,
11:26notamment comme la France,
11:27accepte de donner
11:28la mort légalement,
11:29qu'est-ce que ça dit de nous ?
11:30Et puis aussi,
11:32argument contre argument
11:33sur les défenseurs
11:34de cette loi
11:34qui explique que ça,
11:35ce sont peut-être
11:36de grandes théories,
11:37de grands concepts
11:37mais derrière,
11:38il y a des périodes
11:39dans le besoin,
11:39il y a des situations
11:40qui font souffrir
11:41et donc il y avait
11:41la nécessité d'une loi.
11:43On en parle juste après,
11:44Lucie Pachery,
11:44chargée de plaidoyer
11:45à la Fondation Jérôme Lejeune.
11:46Il faut rester avec nous
11:47et la conversation se poursuit
11:48sur Sud Radio.
11:49A tout de suite.
11:50Sud Radio.
11:52Et on est ensemble
11:53sur Sud Radio
11:54pour poursuivre
11:55comme d'habitude
11:56et ce jusqu'à la fin de l'été,
11:57notre grand entretien
11:58toujours en compagnie
11:59bien sûr de Mathéo Lambelot.
12:01On discutera
12:01avec les auditeurs
12:02entre midi 30 et 13h,
12:03Mathéo,
12:04sur un sujet
12:04qui a beaucoup fait réagir
12:05ce matin.
12:06Oui Maxime,
12:06cette idée de Marine Le Pen
12:08qui fait surface
12:09comme quoi elle voudrait
12:11organiser un référendum
12:12pour interdire le voile
12:13dans l'espace public
12:14si elle était élue
12:15en 2027.
12:16Donc vous continuez
12:17de réagir
12:17au 0826 300 300.
12:20Marine Le Pen
12:20a-t-elle raison
12:21de rester fixe
12:22sur cette idée
12:22de passer qui plus est
12:23par référendum ?
12:24Est-ce qu'aujourd'hui
12:24le voile est encore
12:25un marqueur suffisamment fort
12:27politiquement
12:27et pour les Français
12:28pour faire campagne dessus
12:29et qui plus est après
12:30derrière pour faire passer
12:31le référendum ?
12:32Vous participez
12:32à la discussion
12:33La France au bout du fil
12:34midi 30, 13h
12:35comme tous les jours
12:36jusqu'à la fin de l'été.
12:37Mais pour le moment
12:38on est en discussion
12:39avec quelqu'un
12:40qui est chargé
12:41je cite
12:42alors ça c'est la première fois
12:42que je voyais cet intitulé
12:43chargé de plaidoyer
12:44à la fondation Jérôme Lejeune.
12:46C'est vous Lucie Pachery
12:47depuis midi
12:47on évoque cette fameuse loi
12:49controversée sur la fin de vie
12:51qui fait encore débat.
12:52On le disait
12:53avec des oppositions virulentes
12:55un activisme aussi
12:56de ceux qui sont
12:57pour cette loi.
12:57Qu'est-ce que vous répondez
12:58avant qu'on étudie la suite ?
13:01Parce qu'en réalité
13:01il y a eu plusieurs saisines
13:02du Conseil constitutionnel
13:03vous allez nous dire aussi
13:05vous quelles sont vos étapes
13:06mais qu'est-ce que vous répondez
13:07à toutes celles et ceux
13:08qui disent
13:09mais en réalité
13:09nous on a vécu des situations
13:11qui ont été éminemment douloureuses
13:13ça a été un traumatisme
13:14même parfois nous
13:15en tant que soignants
13:16en tant que patients
13:17qui sont parfois
13:18inquiets de certaines choses
13:19et pour qui cette loi
13:20va venir apporter
13:20peut-être un peu d'humanité
13:22un peu de confort
13:24en tout cas un cadre
13:25qui parfois
13:26les laissait totalement
13:27au dépend d'une situation
13:28qui pouvait les traumatiser
13:29qu'est-ce que vous leur répondez ?
13:30Moi je leur réponds
13:31que c'est une loi injuste
13:32en réalité
13:32parce que
13:33ce qu'ils proposent
13:35ce que cette loi propose
13:36c'est d'accéder
13:37à un produit létal
13:38pour terminer sa vie
13:40rapidement
13:41alors même
13:42qu'elle ne prévoit pas
13:44que la personne
13:45qui demande l'aide à mourir
13:46puisse bénéficier
13:46des soins palliatifs
13:47or la vraie injustice
13:49de cette loi
13:50c'est qu'aujourd'hui
13:51en France
13:52il y a des personnes
13:53qui vont se résigner
13:54à demander l'euthanasie
13:55ou le suicide assisté
13:56parce qu'ils n'auront pas
13:57bénéficié
13:57des soins palliatifs
13:59ou de soins adaptés
14:00qui auraient pu les soulager
14:01et les rendre confortables
14:02il faut quand même savoir
14:03qu'il y a plus de
14:03plus de 50%
14:05des besoins
14:05de soins palliatifs
14:07de personnes
14:07qui ont besoin
14:08de soins palliatifs
14:08qui n'ont pas accès
14:09à ces soins
14:09et la loi
14:10de l'aide à mourir
14:12apporte en réalité
14:13une solution
14:13mais qui est totalement indigne
14:15une solution
14:16qui est technique
14:18administration
14:18d'un produit létal
14:19et qui fait défaut
14:21aux véritables soins
14:23Lucie Pachry
14:23il y a aussi
14:24une véritable interrogation
14:25sur la suite de cette loi
14:26parce qu'on l'a bien vu
14:27au plus haut sommet de l'état
14:28jusqu'au premier ministre
14:29il y a eu une saisine
14:30du conseil constitutionnel
14:31le président du Sénat
14:33Gérard Laché
14:34avait aussi évoqué
14:34cette possibilité
14:35vous est-ce que ce sont
14:36des initiatives
14:38d'une certaine manière
14:39qui vous rassurent
14:40comment vous les regardez
14:40est-ce que vous
14:41vous apprêtez
14:42à faire la même chose
14:42quel est votre parcours
14:43pour continuer
14:44si vous voulez
14:45à manifester votre position
14:46je trouve que
14:47ce qu'il faut préciser
14:48c'est que cette loi
14:49elle a été votée
14:50adoptée
14:50de fait c'est un vote définitif
14:52mais ça n'est pas
14:52un point final
14:53mais d'abord
14:54elle a été adoptée
14:54dans une instabilité politique
14:56notoire
14:56on dit qu'elle a été adoptée
14:58à la majorité
14:59en revanche
14:59il faut bien se souvenir
15:00qu'il y a eu un triple rejet
15:01du Sénat
15:02que cette loi
15:04elle a vu passer
15:05une succession
15:05de 4 premiers ministres
15:07de 8 ministres de la santé
15:08de 3 rapporteurs généraux
15:10donc on a été
15:11dans un flou politique
15:12complet
15:13qui a complètement perdu
15:14les gens
15:15les français de fait
15:17et finalement
15:18c'est l'Assemblée nationale
15:19qui est passée en force
15:20c'était régulier
15:21je suis d'accord
15:21en termes de procédure parlementaire
15:23mais qui est passée en force
15:24puisque ça a été son texte
15:26elle a fait passer
15:27le texte
15:29contre l'avis du Sénat
15:30donc ça c'est un premier point
15:31qui me semble important
15:32à dire
15:33ensuite
15:34on voit bien
15:35que cette loi
15:35elle a suscité
15:37énormément
15:38d'opposition
15:39et elle
15:40elle ne tient pas
15:41en fait
15:42le texte ne tient pas
15:43et c'est pour ça
15:44que le premier ministre
15:45a déposé
15:46une saisine
15:47le conseil constitutionnel
15:48que Gérard Larcher
15:49le président du Sénat
15:50était le premier
15:50à dire
15:51qu'il saisirait
15:53le conseil constitutionnel
15:54que 60 sénateurs
15:55l'ont fait
15:56que deux groupes politiques
15:59avec 60 députés
16:00deux fois de 60 députés
16:01vont le faire aussi
16:02donc ça montre bien
16:03et beaucoup de contributions extérieures
16:05la fondation Jérôme Lejeune
16:06va déposer une contribution extérieure
16:07comme des dizaines
16:09d'associations
16:09ou de moins
16:10ou de personnes
16:11enfin de personnes
16:13physiques
16:13donc on voit bien
16:14que toute cette
16:16opposition
16:17qui continue
16:18à naître
16:18enfin continue
16:19à s'appliquer
16:20devant le conseil constitutionnel
16:22montre que ce texte
16:23il pose
16:24des gros problèmes
16:25et quels sont
16:26avec les informations
16:28que vous avez
16:28si vous voulez
16:29les véritables
16:31on va dire
16:32failles
16:32qui pourraient exister
16:33dans le texte
16:33et qui pourraient
16:34encourager le conseil constitutionnel
16:36à censurer cette loi
16:37ou à en censurer
16:38certaines dispositions
16:39notamment celles
16:39qui vous inquiètent
16:40alors d'abord
16:41je pense que cette loi
16:42elle pose un problème
16:43de conformité
16:45au principe constitutionnel
16:47de sauvegarde
16:47de la dignité humaine
16:48parce qu'elle vient
16:49complètement à l'encontre
16:50de la sauvegarde
16:51de la dignité humaine
16:52puisque c'est la première fois
16:52qu'on va accepter
16:55que la loi
16:56va faire
16:57de ce qui est un crime
16:58aujourd'hui
16:59un crime d'empoisonnement
16:59un soin
17:00donc on est complètement
17:03on porte atteinte
17:03à la dignité humaine
17:05mais peut-être
17:06pour que ce soit
17:06particulièrement compréhensible
17:08les points qui vont être
17:09particulièrement soulignés
17:10je pense par le conseil constitutionnel
17:11c'est l'atteinte au principe constitutionnel
17:13de protection de la santé
17:15puisque comme je le disais
17:16plus de 50%
17:17des besoins de soins palliatifs
17:19ne sont pas couverts en France
17:20il y a plus de 50% des gens
17:22qui ont besoin de soins
17:23de fin de vie
17:23et qui ne peuvent pas y accéder
17:25ça c'est une atteinte
17:26à un principe de protection
17:27de la santé
17:28que l'aide à mourir
17:29que l'euthanasie
17:30vient catapulter
17:31et un des points
17:34d'anticonformité
17:36à la constitution
17:36c'est justement
17:37la protection
17:37des personnes vulnérables
17:39puisque les personnes
17:40porteuses de handicap
17:40les personnes sous tutelle
17:42ou sous curatel
17:44ne sont absolument pas protégées
17:45il n'y a pas de garantie
17:47pour elles
17:48d'être protégées
17:49d'un abus de confiance
17:49ou que leur demande
17:51soit bien validée
17:52par un juge des tutelles
17:53il n'y a aucune intervention
17:54de juge des tutelles
17:55et ça c'est une vraie atteinte
17:57à la protection
17:58des personnes vulnérables
17:59mais Lucie Pachori
18:00est-ce que vous entendez aussi
18:01et je me mets
18:02à la place de ceux
18:03peut-être qui nous écoutent
18:04en cuisinant en fond
18:05qui sont sur la route
18:06des vacances
18:06qui disent
18:06mais est-ce qu'en France
18:07on n'a pas tout simplement
18:08un problème
18:09avec les grandes lois sociétales
18:11depuis des semaines
18:12et des semaines
18:12voire depuis qu'il existe
18:13ce débat en réalité
18:14on fait de grandes comparaisons
18:15ça a été d'abord
18:16l'IVG en France
18:17ça peut être la peine de mort
18:18peut-être dans une proportion moindre
18:19ça a été le mariage pour tous
18:20et je me mets à la place
18:21de tous ceux qui disent
18:22mais en réalité
18:22est-ce que la France
18:23n'a pas un problème avec ça
18:24pour ce qui est de l'ordre
18:25du progrès
18:26c'est pas comme si on était
18:27le premier pays à l'imposer
18:28ça existe partout autour de nous
18:29d'un côté on résout aussi
18:30une discrimination
18:31parce que ce sont que les plus riches
18:32qui peuvent aller par exemple
18:33en Suisse
18:34s'éteindre un peu plus paisiblement
18:35qu'ils ne pourraient le faire en France
18:36est-ce qu'il n'y a pas
18:37un véritable sujet
18:38est-ce que vous n'êtes pas
18:40totalement à côté de la plaque
18:41par exemple
18:42sur l'époque
18:43et sur les besoins
18:44qu'ont une majorité de citoyens
18:45sur cette question-là
18:46moi je pense surtout
18:47qu'il y a une vraie rupture
18:49entre les idées politiques
18:50et le débat qui se passe
18:52à l'Assemblée nationale
18:54cette loi était vraiment dans une idéologie
18:55et ont porté leur idéologie
18:57du droit de choisir sa mort
18:59et la réalité du terrain
19:00la réalité du terrain
19:01les françaises
19:02qu'est-ce qu'ils voient
19:02et qu'est-ce qu'on voit nous
19:03c'est qu'on a des médecins
19:05on n'a pas assez de médecins
19:06qui peuvent apporter
19:08des soins de confort
19:10et des soins
19:11qui prennent en charge la douleur
19:12ça c'est une réalité de terrain
19:14et qui n'a pas été traitée
19:15et au lieu de la traiter vraiment
19:17et d'aller jusqu'au bout
19:18et d'avoir des orientations budgétaires
19:19claires pour développer
19:20les soins palliatifs
19:21partout en France
19:22et bien l'idéologie
19:25du droit de choisir sa mort
19:26a pris le dessus
19:27et c'est pour ça
19:27qu'on en arrive
19:28à une loi
19:29qui a été votée
19:30à l'Assemblée nationale
19:31et je rappelle d'ailleurs
19:32qu'elle a été votée
19:33à simplement
19:33un tout petit peu plus de 50%
19:35des députés
19:36en fait c'est pas du tout
19:37une grande majorité
19:38qui s'est décédée
19:39vous savez aussi que sur ça
19:40on vous dit
19:40mais ça fait 3 ans en réalité
19:41qu'on prépare cette loi
19:42parce qu'il y a eu des consultations citoyennes
19:44il y a eu des débats
19:45il y a eu même des initiatives
19:46avec on a écouté à peu près tout le monde
19:48et donc quand bien même
19:49ça vote à 50%
19:50c'est le jeu de la démocratie en réalité
19:52et qu'on a pris
19:53c'est d'ailleurs peut-être aussi
19:55pour cette raison
19:55que le Premier ministre
19:56saisit le Conseil constitutionnel
19:57toutes les précautions nécessaires
19:58pour ne pas qu'on accuse le gouvernement
20:00sur un sujet aussi important
20:01de passer en force
20:02Oui tout à fait
20:03en soi
20:03ils sont attentifs
20:06à dire que le débat
20:07a été bien mené
20:07que tout a été démocratique
20:09mais ce qu'on voit en réalité
20:10c'est que
20:10comme je le disais tout à l'heure
20:12il y a une instabilité politique notoire
20:14qui fait qu'aujourd'hui
20:16on a un texte
20:16qui a été voté seulement
20:17par les députés
20:18et pas par une grande majorité
20:19je le répète
20:20et qui en fait
20:21donne lieu
20:22à des saisines du Conseil constitutionnel
20:24comme jamais il n'y en a eu
20:25il va y avoir une multiplicité
20:27de saisines du Conseil constitutionnel
20:29même le Premier ministre le fait
20:31donc ça montre bien
20:32que le texte ne se tient pas
20:34et est trop dangereux
20:34et d'ailleurs
20:35le comité des personnes handicapées
20:37de l'ONU
20:37l'a dit au moment des débats
20:39à épingler la France
20:41en disant
20:41il n'y a pas suffisamment
20:43de protection
20:44des personnes porteuses de handicap
20:45dans ce texte
20:46elles sont trop exposées
20:47elles sont
20:48or elles sont vulnérables
20:49et c'est un texte
20:50profondément validiste
20:51c'est à dire
20:52qui est fait
20:52pour des gens
20:53qui sont autonomes
20:55qui ne prennent pas en considération
20:56les besoins
20:57des personnes porteuses de handicap
20:58D'où vos points de vigilance
20:59et donc le païdoyer
21:00ça tombe bien
21:01c'est votre titre chargé de plaidoyer
21:02à la fondation
21:02Jérôme Lejeune
21:03Lucie Pachery
21:04merci beaucoup
21:04d'avoir été au micro de Sud Radio
21:05ce midi
21:06justement pour nous expliquer
21:08vos inquiétudes
21:09les éléments
21:10bien sûr
21:10qui font ressortir
21:13vous de profondes questions
21:14quant aux personnes
21:15notamment atteintes
21:16de handicap
21:16qui pourraient être
21:17plus que touchées
21:19par les ouvertures
21:20que provoque cette loi
21:20et derrière
21:21le combat
21:22qui sera juridique
21:23et un peu politique
21:23forcément
21:24quand on va au Conseil constitutionnel
21:26c'est toujours un mélange des deux
21:27merci beaucoup
21:27d'avoir été avec nous ce midi
21:29je vous souhaite
21:29une très belle fin de journée
21:30merci
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