00:00Ça compte bien, on va commencer par parler de la DZ Mafia avec deux affaires.
00:04D'abord ce règlement de compte cette nuit du côté de Carcassonne avec un bilan assez lourd,
00:10un mort et cinq blessés.
00:11Et puis on y reviendra également sur le maire d'Alès qui a lui carrément reçu deux balles dans une
00:18enveloppe.
00:19Deux balles qui lui étaient adressées avec une menace de mort très clairement affirmée de la part de la DZ
00:23Mafia.
00:24Mais d'abord retour sur ce qui s'est passé à Carcassonne, c'est Michael Dos Santos qui nous raconte
00:28tout cela.
00:30Sur ces images diffusées sur les réseaux sociaux, un véhicule s'arrête devant un point de digue de Carcassonne.
00:37Un homme au visage masqué sort et tire en rafale en direction d'un immeuble.
00:44Une vidéo accompagnée de menaces de mort adressées à leur adversaire.
00:48Vous allez dormir un par un, on a les adresses de tout le monde, on va vous éteindre vous et
00:53vos familles.
00:54La fusillade a fait un mort et cinq blessés, les victimes sont toutes connues des services de police.
00:59Au moins 56 doux sont retrouvés sur place.
01:02Dans un courrier adressé au ministre de l'Intérieur Laurent Nouniez, le maire de la ville réclame des renforts.
01:08Je sollicite votre soutien afin que Carcassonne bénéficie d'effectifs supplémentaires et de moyens opérationnels renforcés pour la police nationale.
01:16Il est indispensable de donner à nos forces de l'ordre les moyens pour lutter plus efficacement contre les trafics
01:21de stupéfiants.
01:22Selon les premiers éléments, les auteurs de cette fusillade seraient la DZ-NG.
01:26NG pour nouvelle génération.
01:29Des dissidents qui tenteraient de prendre le contrôle des points de deal détenus par des trafiquants de la DZ-mafia
01:34en prison.
01:35Des individus épaulés par la CMNG, un cartel marocain.
01:39Ça va au-delà du tir d'intimidation, là on a blessé, on a tué, donc c'est vraiment une
01:44conquête de territoire.
01:45Et finalement on voit bien qu'il n'y a pas de crainte.
01:48Ils agissent en pleine journée à 17h, c'était le cas, et puis dans la nuit, vers minuit et quart,
01:52minuit et demi.
01:52Une autre fusillade avait éclaté en plein après-midi, un peu plus tôt dans le même quartier de Carcassonne.
01:58Un homme avait été blessé.
02:01Et oui, on le voit à travers ce reportage, Tanguy Hamon, on est loin de Marseille, on est à Carcassonne,
02:06on sera à l'aise dans quelques instants.
02:08Et la conquête se poursuit pour la DZ-mafia.
02:11Oui exactement, on est en pleine guerre des gangs, 56 douilles, c'est conséquent, ça montre la violence de cette
02:17fusillade.
02:17On en est presque à se dire, finalement, un mort et cinq blessés, c'est un moindre balle, justement, quand
02:23on voit le nombre de balles qui sont utilisées.
02:25Là, c'est vrai qu'on est en pleine guerre des gangs avec cette DZ-NG, nouvelle génération, qui semble
02:31vouloir prendre la place de l'ancienne génération de la DZ-mafia.
02:34Ils sont en train de grappiller un peu sur le terrain, ils essayent d'éliminer aussi certains anciens caporaux.
02:41Jusqu'où ça va aller ? Mais c'est vrai qu'on se dit que si maintenant, au sein même
02:45de la DZ-mafia, on commence à se tirer dessus et à s'assassiner à coups de soixantaines de balles
02:51en plein milieu d'un quartier,
02:53ça laisse entrevoir des journées, malheureusement, particulièrement sanglantes.
02:57Geoffroy Lejeune, ça me fait penser à la une du juin et du dimanche, je crois que c'était il
03:00y a deux étés, vous aviez, dans votre journal, mis à la une une cartographie très impressionnante.
03:06On ne parlait pas des grandes villes, c'était les villes moyennes, ça m'avait marqué.
03:10Et on voit bien qu'on est dans cette conquête de territoires et de manière ultra violente.
03:14On évoquera tout à l'heure cette menace qui pèse sur la tête des élus.
03:18Mais déjà, il y a deux ans, deux étés.
03:21Parce qu'en fait, on s'était rendu compte en lisant les travaux de l'OFAST, qui est l'Office
03:26français anti-stupéfiant,
03:28et puis en voyant les spécialistes qui avaient enquêté sur le sujet, il y avait eu des livres, des documentaires,
03:32etc.
03:33que le phénomène qu'on a connu, que moi j'ai connu dans ma jeunesse, par exemple, des banlieues des
03:38grandes villes où il fallait aller s'approvisionner,
03:40avait été remplacé par autre chose qui était en fait une conquête patiente, lente de toutes les villes moyennes,
03:45où aujourd'hui, en fait, le trafic maintenant prospère de manière...
03:49Regardez les noms des villes de règlement de compte maintenant.
03:51On a Alençon, on en parlait des Carcassonne un instant et d'Alès, mais Alençon, Nîmes,
03:56ce n'est pas des villes de 200 000 habitants.
04:00Donc, on s'était rendu compte de ça.
04:01En effet, on l'avait mis à la une du JDD.
04:03Mais moi, plus généralement, ce qui me frappe énormément, c'est qu'en réalité, la prise de conscience maintenant,
04:09elle a quelques années du fait que le trafic de drogue est en train de devenir une vraie pieuvre.
04:14Et on n'arrive pas, on se rend compte qu'on n'arrive pas, qu'il y a quelques semaines,
04:17par exemple,
04:18il y a eu une vidéo qu'on a cru être celle d'une exécution d'un trafiquant par un
04:23autre trafiquant,
04:23ce qui était un pas symbolique qui était franchi.
04:25Et on franchit des pas symboliques assez régulièrement, malgré les efforts des forces de l'ordre
04:29et malgré les efforts des enquêteurs.
04:31Donc moi, je me dis que je pense qu'à mon avis, il va falloir qu'on réfléchisse politiquement,
04:34et on a une campagne présidentielle qui se profile, donc c'est l'occasion d'en parler,
04:37à changer d'échelle dans le combat qu'on mène au trafic de drogue,
04:40et qu'on essaie des choses qu'on n'a pas encore essayées.
04:41Par exemple, le contrôle des frontières plus strictes.
04:44Le seul moment où le trafic a baissé dans notre pays ces 20 dernières années,
04:47c'est pendant le confinement, parce que la marchandise n'arrivait plus.
04:50Alors je sais qu'on ne peut pas confiner un pays tout le temps et que ce n'est pas
04:52souhaitable,
04:53mais par contre, quand la marchandise a plus de mal à rentrer,
04:55évidemment, le trafic a un peu plus de mal à se faire.
04:58Il y a d'autres choses aussi.
05:00Tous les enquêteurs qu'on entend se plaignent de la procédure qui est devenue tellement compliquée
05:04que maintenant, elle avantage les narcotrafiquants et leurs réseaux, leurs avocats, etc.
05:08Elle les avantage par rapport à leur travail à eux.
05:10qu'il va falloir à un moment donné faire une sorte de risette de cette procédure pénale
05:13pour leur permettre de faire plus rapidement et plus efficacement leurs enquêtes
05:16avec moins de contraintes.
05:18Et je ne parle que de deux solutions.
05:19Ça va mieux, hein ?
05:20Non, mais bien sûr, sauf qu'aujourd'hui, c'est très partagé dans la classe politique.
05:23Du centre droit à Éric Zemmour, tout le monde est d'accord pour le dire.
05:27Maintenant, il va falloir que les gens qui sont candidats à l'air présidentiel
05:29se positionnent là-dessus et qui disent quelles sont leurs solutions.
05:31Marc, vous êtes d'accord avec cette analyse et cette lecture de Geoffroy Lejeune, je suppose ?
05:35Moi, je suis plutôt optimiste parce que quand on voit que la loi Riposte, ce qu'elle contient,
05:39il y a beaucoup, beaucoup de simplification.
05:39C'est vrai qu'il y a des éléments positifs dans cette loi Riposte.
05:41Il y a beaucoup, beaucoup de simplification de procédure.
05:43Qui est effectivement, aujourd'hui, la procédure était originellement à l'avantage de la justice.
05:49Aujourd'hui, la procédure est à l'avantage des voyous.
05:51Parce qu'elle est tellement compliquée qu'il y a des fautes de procédure partout.
05:54Et ça permet ensuite aux avocats qui sont bons de faire relâcher leurs clients.
05:59Donc, effectivement, de modifier la procédure, ça va dans le bon sens.
06:03Je crois qu'un des gros problèmes auxquels on est confronté et que le gouvernement refuse de voir,
06:09c'est le montant financier du trafic aujourd'hui.
06:12Et notamment, la puissance financière de la DZ Mafia.
06:15Vous savez, on parle de mafia, donc forcément, ça ouvre dans l'imaginaire collectif.
06:21Le gang de Zemmour, la brise de mer, la French Connection.
06:25Non, c'est-à-dire que la DZ Mafia, c'est le cumul de toutes les mafias auxquelles on peut
06:30penser.
06:31Ils font 6 milliards, aujourd'hui, de chiffres d'affaires en espèces.
06:34Et si vous voulez faire un parallèle qui fait froid dans le dos,
06:37vous pouvez comparer avec ce qui s'est passé en Amérique du Sud.
06:39Pourquoi l'Amérique du Sud a donné naissance à des narcos-états à une certaine époque ?
06:43Parce que l'argent de la drogue était tellement important qu'il permettait de tout faire.
06:48Et je crois qu'il faut qu'on fasse extrêmement attention à ça.
06:51C'est-à-dire qu'on est aujourd'hui quasiment à un point de rupture.
06:54On disait tout à l'heure qu'il y a eu une fusillade, 56 balles qui ont été tirées.
06:5856 balles, une Kalachnikov a un chargeur de 30 balles.
07:01Ça veut dire que le tireur a soit rechargé son arme, retiré à nouveau,
07:06ce qui en dit long, historiquement, il rafalait au hasard et puis il partait.
07:10Non.
07:10Soit il y avait plusieurs tireurs.
07:11Donc on est effectivement dans des petits pas qui sont franchis les uns derrière les autres.
07:15Et le pas qui fait tout basculer, c'est lorsque l'argent de la drogue rentre officiellement dans l'économie.
07:21Fort heureusement, on a une administration fiscale en France et des douanes
07:24qui sont redoutablement efficaces et ça nous protège.
07:27Et quand l'argent de la drogue rentre dans le milieu politique.
07:32Et c'est ça qu'on est en train de voir en ce moment,
07:34ces tentatives de la drogue de rentrer dans le politique.
07:37Vous me faites la transition, si vous voulez bien.
07:39On remarque une pause sur Europe 1 et sur CNews.
07:41Et on va se retrouver dans quelques instants avec le maire d'Alès qui, je vous le disais,
07:44a reçu dans une enveloppe deux balles qui lui étaient adressées
07:48avec une menace très signée des aides.
07:51Mafia, on y retourne.