- il y a 10 heures
Avec Julia Courvoisier, avocate au Barreau de Paris
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00:000 826 300 300 amis auditeurs, on est ensemble jusqu'à 13h, ça c'est le programme pour tout l
00:06'été.
00:06Vous nous suivez également sur le site sudradio.fr, sur les réseaux sociaux bien sûr, l'application évidemment au standard
00:12entre midi 30 et 13h.
00:14Vous avez la parole, vous réagissez, vous nous interpellez.
00:17Le sujet vous avait fait énormément réagir là, il y a quelques minutes on s'interrogeait sur ces 730 000
00:22élèves qui ont passé le baccalauréat.
00:24Ils sont en train de recevoir les résultats, alors on espère bien sûr pour eux que ce seront les meilleurs
00:29résultats possibles.
00:30Qui plus est avec une mention, c'est toujours chic sur le bac d'une mention, c'est déjà pas
00:34mal.
00:34Mais rappelez-vous de ce ministre de l'éducation nationale, Edouard Jeffrey, qui avait tapé du point sur la table
00:38et qui avait dit
00:39« Oui, sauf que moi je vais être beaucoup plus sévère sur les fautes d'orthographe, sur les fautes de
00:43grammaire, bref, sur les fautes en général.
00:45Et je suis pour qu'on enlève des points quand il y a trop de fautes dans la copie. »
00:49On s'était dit « Oh là, qu'est-ce qui se passe ? On a un petit regain de
00:52sévérité par rapport au bac, c'est plutôt une bonne initiative. »
00:55Oui, sauf que ça ne s'est pas du tout passé comme ça. En réalité, il n'y a pas
00:58eu de consigne officielle.
00:59Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ? Il n'y a pas eu de changement.
01:02D'où la question qu'on se posait et qu'on vous pose à nouveau entre midi 30 et 13h.
01:06Est-ce qu'on va donner le bac à une génération d'illitrés ?
01:08Vous êtes peut-être parents, vous êtes peut-être grands-parents.
01:10Vous avez vu des copies qui sont quoi ?
01:12Allez, à peine corrigées par les professeurs.
01:14Vous avez aussi vu des élèves qui écrivaient n'importe comment,
01:17qui ne lisaient même plus, avec des fautes absolument délirantes dans les copies.
01:21Je suis sûr que ça vous est arrivé.
01:23Mais passez-nous un coup de fil.
01:240826 300 300, midi 30, 13h.
01:27Et on s'interrogera sur cette question, sur ce bac qui est en train d'être délivré à 730 000
01:31élèves.
01:32Est-ce qu'on est en train de le donner à une génération d'illitrés ?
01:34Mais pour tout de suite, on va s'interroger sur l'actualité du moment.
01:41Et le débat du moment, c'est cette justice.
01:43Cette justice qui a connu notamment un retournement hier dans l'affaire Cédric Jubilard.
01:48On en a beaucoup parlé sur cette antenne.
01:49Et une conférence de presse qui a eu lieu à 13h, que vous avez pu suivre en direct sur Sud
01:53Radio.
01:54Et elle a eu quand même des airs de conférences de presse un peu spectacles,
01:58avec des annonces là aussi et des déclarations un peu spectaculaires.
02:02Et quand on tire un peu le fil de cette pensée, on s'aperçoit que dans l'affaire Liana,
02:06là aussi, on a d'une certaine manière ouvert les entrailles de la justice.
02:10On se souvient, et on va assister dans une heure, une heure et demie,
02:13à une décision importante qui aura forcément des conséquences politiques
02:16dans l'affaire de Marine Le Pen et de ses assistants parlementaires européens.
02:21Et on va se demander ce matin, et ce midi plutôt,
02:24si on ne se dirige pas vers une justice spectacle.
02:26Bonjour Maître Julia Courvoisier.
02:29Bonjour Maxime.
02:30Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
02:31Vous êtes avocate au Barreau de Paris, et c'est vrai qu'on a eu envie de vous inviter,
02:34parce que vous avez été une des premières avocates à réagir,
02:38je ne sais pas quel mot on va utiliser,
02:40mais allez, de manière un peu stupéfaite,
02:42à ce que vous avez pu observer hier,
02:45durant la conférence de presse,
02:46notamment de Maître Pierre de Buisson,
02:48et de son père dans l'affaire Delphine Jubilard.
02:51Commençons peut-être par ça.
02:52Qu'est-ce qui vous a étonné en tant qu'avocate ?
02:54Qu'est-ce qui vous a surpris, vous, dans la conférence d'hier ?
02:58Alors, ce qui m'a surprise d'abord, c'est qu'à l'heure actuelle,
03:01M. Barrella n'a pas fait d'aveu, il a fait des confidences à ses avocats.
03:05Il faut quand même bien dire que tout ce qui se dit et s'écrit entre un avocat et son
03:10client
03:11est soumis au secret professionnel.
03:13C'est l'article 2 du Règlement international des avocats,
03:16et ce secret professionnel est protégé par la Constitution indirectement,
03:20mais aussi par la CEDH.
03:21C'est un droit fondamental.
03:22Le client fait des confidences à son avocat,
03:25et son avocat ne peut pas les révéler,
03:27sauf pour l'exercice de ses propres droits de la défense.
03:30Donc, à l'heure actuelle, il ne s'agit pas d'aveu,
03:32parce qu'ils ne sont pas faits devant la justice,
03:34il s'agit de confidences que les avocats de M. Jubilard
03:39ont rendu public dans le cadre d'une conférence de presse,
03:42qui effectivement m'a étonné,
03:44parce que par ailleurs, ce que l'on sait,
03:46c'est que la justice n'était absolument pas au courant.
03:49Et ça, c'est en effet le parquet de Toulouse
03:51qui l'a signifié après dans un communiqué de presse,
03:53en insistant sur un point que lui,
03:55et pour l'instant le parquet,
03:56n'avait reçu absolument aucun document.
03:59C'est à ça que vous faites allusion ?
04:00Exactement.
04:02Est-ce qu'on ne peut pas aussi se poser la question,
04:04maître Julia Courvoisier,
04:05qu'en réalité, médiatiser une telle affaire,
04:08c'est dans l'intérêt des avocats,
04:10c'est dans l'intérêt du client,
04:11c'est aussi dans l'intérêt, on va dire,
04:13je ne sais pas si c'est dans l'intérêt général,
04:14mais en tout cas c'est dans l'intérêt du dossier
04:16qu'on ait tout d'un coup ces déclarations spectaculaires ?
04:19Alors, ce qu'il faut bien savoir,
04:21c'est que lorsque l'on est avocat
04:22et que l'on parle dans la presse,
04:24ce n'est pas pour ses propres intérêts,
04:25et je vais être très claire
04:26et peut-être un petit peu cinglante,
04:28mais ce n'est pas pour se faire de la pub,
04:29pour donner une visibilité à son cabinet,
04:31ni à l'exercie de sa profession.
04:32Vous, vous avez eu l'impression d'assister à ça, maître, hier ?
04:36D'une manière générale,
04:37il y a certains confrères
04:38qui sont très à l'aide
04:39avec les conférences de presse dans leur cabinet,
04:40très régulièrement,
04:41dans tous les dossiers dans lesquels ils interviennent.
04:43Et ça, c'est gênant pour votre profession ?
04:46Moi, je trouve que c'est gênant
04:47pour les clients et pour le dossier.
04:49Alors après, pour ma profession,
04:50évidemment, parce que je pense que ça n'est pas comme ça,
04:52mais ça, c'est un avis personnel
04:53qu'on exerce sa profession.
04:55Mais c'est surtout que lorsqu'un avocat est en exercice,
04:58il s'exprime uniquement
05:00pour les intérêts de son client
05:01et pas dans les siens.
05:02Voilà.
05:03Moi, la question que je me pose,
05:04c'est quel est l'intérêt de M. Jubilard
05:08de s'exprimer dans la presse
05:10par le biais d'une conférence de presse
05:11de ses avocats,
05:12alors que par ailleurs,
05:14il parle de ses enfants
05:15et que je pense, moi, effectivement,
05:17à ses enfants
05:17qui, hier matin,
05:19en prenant leur petit camp flex
05:20avant d'aller au collège ou à l'école,
05:22ont appris que leur père
05:25reconnaissait avoir une responsabilité
05:26dans la mort de leur mère.
05:28Et que pour l'instant,
05:29on ne sait toujours pas
05:29où sont les ossements de Mme Jubilard
05:32parce que pour l'instant,
05:33la justice n'est au courant de rien officiellement.
05:35Est-ce que c'est quelque chose, aujourd'hui,
05:37qu'on peut empêcher ?
05:38Maître, on va rester encore quelques instants
05:39sur la conférence de presse d'hier,
05:41mais est-ce que c'est quelque chose
05:42qu'on peut empêcher
05:44quand on voit notamment
05:47la hargne avec laquelle
05:48les médias se précipitent
05:49sur ce type de dossier,
05:50quand on voit le nombre de sollicitations,
05:52quand on voit l'appel de la lumière
05:54qui peut toujours être,
05:55on va dire,
05:56une tentation chez les avocats ?
05:58Alors, d'abord,
05:59on a des règles déontologiques
06:00qu'on doit respecter.
06:02Après, comme dans tout,
06:02c'est comme les règles de droit pénal,
06:04elles sont sanctionnées
06:05qu'une fois qu'elles sont violées.
06:07Est-ce qu'on peut s'empêcher ?
06:08Bien sûr qu'on peut s'empêcher.
06:10Et je vais vous le dire clairement,
06:11vous le savez,
06:12j'interviens dans le dossier de Liana
06:13du côté de l'attente
06:14et je refuse de parler aux médias
06:15du dossier,
06:16donc c'est tout à fait possible de le faire.
06:17Il suffit de dire correctement
06:19aux journalistes,
06:19pour l'instant,
06:20ça n'est pas le temps
06:21de discuter publiquement d'un dossier.
06:23Et puis, en fait,
06:24la tempête médiatique,
06:25elle passe,
06:26deux, trois, quatre jours,
06:27et puis parce que l'actualité
06:28apporte d'autres choses,
06:30et donc ça passe.
06:31Donc, je crois qu'il faut
06:31une prise de conscience collective
06:33de la façon aujourd'hui
06:34dont on a de traiter ces dossiers.
06:36Du côté des avocats,
06:37du côté aussi des magistrats,
06:39des policiers,
06:39parce que tout fuit dans la presse,
06:41et puis du côté aussi parfois
06:42des partis civils
06:43qui s'expriment aussi tout le temps,
06:45donc la question aussi
06:46se pose de parler,
06:47mais le silence,
06:48ce n'est pas un refus
06:49de s'expliquer médiatiquement,
06:51c'est aussi prendre son temps
06:52et ne pas alimenter quelque chose
06:54qui, par soi-même,
06:56a un côté malsain.
06:57Moi, j'étais dérangée hier
06:58de cette conférence de presse.
06:59Qu'est-ce qui vous a gêné ?
07:00Parce que c'est vrai que
07:01sous le coup peut-être
07:02de l'émotion
07:03et on va dire
07:05de la température
07:06des dernières nouvelles,
07:08parce que tout était
07:09extrêmement brûlant hier,
07:10l'information datait du petit matin,
07:13on a eu une succession
07:14de révélations
07:14tout au long de la journée.
07:15Cette conférence de presse
07:16a quand même été
07:17assez spectaculaire.
07:18On a pu la suivre ici
07:19en direct sur Sud Radio.
07:20Vous, qu'est-ce qui vous a frappé ?
07:21Parce qu'on a eu plusieurs choses.
07:23On a eu l'expression
07:24crime compassionnel
07:25qui est venue à un moment
07:26dans la discussion.
07:26On a eu l'affirmation
07:28que l'enquête avait été bâclée,
07:29qu'il y avait eu visiblement
07:32des actes de torture
07:33sur Cédric Jubilard,
07:34parce que celui-ci
07:34était à l'isolement
07:35et sous-traitement médicamenteux.
07:37Vous, c'est quoi ?
07:38C'est tout ce champ lexical ?
07:39C'est toutes ces explications
07:40qui vous ont frappé ?
07:41Ou c'est, on va dire,
07:42un contexte général ?
07:44Alors, la première chose
07:45qui me choque,
07:45c'est la violation du secret.
07:47Ça, c'est la première chose.
07:48Et ensuite,
07:49c'est cette mise en scène
07:51un petit peu
07:52de l'avocat
07:53qui a réussi
07:54à faire émerger
07:55une vérité
07:55que personne n'avait réussi
07:56à faire émerger avant.
07:58de starisation de l'avocat ?
08:00Bien sûr.
08:01Il faut bien entendre.
08:02L'avocat,
08:03dans ce genre de dossier,
08:04peut amener son client
08:05à voir les évidences
08:05et à reconnaître des faits
08:07qu'il refuse d'accepter
08:08depuis des années.
08:09Ça, c'est un beau travail.
08:10La question, c'est
08:11comment on s'en sert
08:12en tant qu'avocat ?
08:13Ce qu'il faut bien savoir,
08:14c'est que
08:14je n'ai pas apprécié
08:15la comparaison
08:18avec les terroristes
08:20ayant été avocat de participe
08:21dans le dossier
08:23des attentats du 13 novembre 2015.
08:26C'est quand même
08:26Il y a eu une comparaison
08:26entre Cédric Jubilard,
08:28la nécessité
08:28qu'il soit mis
08:29à l'isolement
08:30et la comparaison
08:30avec Salah d'Islam.
08:31Absolument.
08:32Voilà.
08:33On n'est pas au café du commerce
08:34quand on est avocat.
08:35On pèse un petit peu ces mots.
08:36Le crime passionnel,
08:38on en a reparlé récemment
08:39dans l'affaire de Marie Trintignant.
08:41Aujourd'hui,
08:42on ne peut plus parler
08:42de crime passionnel.
08:45Je veux bien qu'on défende.
08:46Mais enfin,
08:47c'est un terme
08:47qui aujourd'hui,
08:48on est d'un avis général.
08:49Le crime passionnel,
08:51c'est
08:51je l'ai tué
08:52parce que je l'aimais.
08:53Voilà.
08:54Donc,
08:54ça,
08:55ça m'a dérangé.
08:55Le fait qu'il ait été indiqué
08:57qu'il avait l'obligation
08:59de prendre des traitements,
09:00c'est matériellement faux
09:01puisque si je ne m'abuse,
09:02il n'a pas été placé
09:04en hospitalisation
09:07sous contrainte.
09:08Donc,
09:09là encore,
09:09quand on est détenu,
09:10même si ce n'est pas forcément respecté,
09:11on a quand même
09:12des droits fondamentaux.
09:13On ne vous médicamente pas
09:14contre votre volonté
09:16si vous n'êtes pas
09:16dans un cadre médical
09:18très particulier.
09:19Donc,
09:19tout ça,
09:20si vous voulez,
09:21les révélations
09:22d'une lettre
09:23qui existe,
09:23qui n'existe pas
09:24et on parlait le corps,
09:25ça sera plus tard,
09:26je me suis dit,
09:27là,
09:28on est avocat
09:29ou on ne l'est pas.
09:29Je ne vais pas vous demander
09:30de faire ce que vous reprochez
09:31à vos autres confrères,
09:33maître Julia Courvoisier,
09:35en rappelant que vous êtes
09:35avocate au barreau de Paris.
09:37Néanmoins,
09:37il y a,
09:38on va dire,
09:39quand vous évoquez
09:40ce risque-là
09:41de l'être
09:41qui existe,
09:42qui n'existe pas,
09:43etc.,
09:43beaucoup ont évoqué
09:45en réalité
09:46le fait que
09:47tout ce spectacle,
09:48et croyez-moi,
09:49je le mets avec des guillemets,
09:50participait aussi
09:51à un profil
09:51de l'accusé
09:52pour l'instant,
09:53qui pouvait paraître
09:54parfois manipulateur.
09:56Tout ça participe aussi
09:57à ce qu'on peut redouter
09:58vis-à-vis de cet accusé-là ?
10:00Alors,
10:00moi,
10:00je ne connais pas le dossier,
10:02il y a certains avocats
10:02de partie civile
10:03qui l'ont dit,
10:04notamment mon confrère
10:05Brad Batik
10:05qui est l'avocat
10:06des petits enfants.
10:08Moi,
10:08je ne suis pas interviewé
10:09dans le dossier,
10:09donc je n'en sais rien,
10:10peut-être,
10:11peut-être pas.
10:12Sur le principe
10:13d'évoluer dans ces déclarations
10:14et de reconnaître
10:15très certainement
10:16une évidence,
10:16ça,
10:17c'est une bonne chose.
10:18En revanche,
10:19la forme est quand même
10:20particulièrement,
10:22j'ai envie de dire,
10:23pour moi,
10:24j'ai qualifié ça
10:25de cirque médiatique.
10:26De cirque médiatique,
10:27il faut être évidemment
10:28extrêmement prudent.
10:29Et on peut,
10:30évidemment,
10:31quand on commence
10:31une conférence de presse
10:32en évoquant les victimes,
10:34moi,
10:34je vous dis,
10:34moi,
10:34j'ai pensé à ces gamins
10:35et à la sœur
10:36et aux amis
10:37et aux parents
10:37qui,
10:38le matin,
10:38prennent leur déjeuner,
10:39leur petit café
10:40et ont des notifications
10:42sur leur portable.
10:43Je lui dis la rave,
10:44je lui dis la rave,
10:44mais vous imaginez,
10:46et là,
10:46ça fait 48 heures,
10:47on n'a toujours rien
10:47et je vais vous dire
10:48quelque chose,
10:49si le président de la cour d'assises
10:50avait été informé
10:51hier matin,
10:51à 8h du matin,
10:52aujourd'hui,
10:53à midi 15,
10:53des fouilles seraient déjà organisées.
10:55Donc,
10:55en plus,
10:56on n'a pas fait ça
10:56forcément dans l'ordre.
10:58Maître Julia Courvoisier,
10:59vous restez avec nous,
10:59avocate au barreau de Paris,
11:00on marque tout simplement
11:01une très courte page
11:03de publicité
11:04et je vous propose également
11:05après d'élargir le sujet.
11:06On sait évidemment
11:07parce que c'est l'actualité
11:08focalisée sur ce qui s'est passé
11:09dans l'affaire Jubilard
11:10mais l'impression
11:11de justice spectacle,
11:12elle va peut-être avoir lieu
11:13d'ici une heure
11:13alors qu'on attend
11:14le jugement de Marine Le Pen
11:16dans l'affaire
11:16des fameux assistants
11:18parlementaires européens
11:18et puis on a eu aussi
11:19l'impression
11:20avec l'affaire Liana
11:21tout d'un coup
11:21qu'on ouvrait les entrailles
11:22de la justice
11:23en pointant du doigt
11:23ici et là
11:24en parfois demandant
11:25des choses qui paraissaient
11:26impossibles.
11:26Là aussi,
11:27je veux vous entendre
11:27Maître Julia Courvoisier,
11:28vous restez avec nous.
11:29On se retrouve dans une poignée
11:30de minutes sur Sud Radio.
11:31A tout de suite
11:31et pour ceux qui sont déjà
11:32à table,
11:33bon appétit.
11:34D'ici un quart d'heure
11:35sur Sud Radio,
11:36on reviendra sur ce sujet
11:37qui vous a beaucoup fait réagir
11:38ce matin entre midi 30 et 13h,
11:40c'est la France au bout du fil.
11:41On dialogue,
11:41on discute ensemble.
11:42Est-ce qu'on est en train
11:43de donner le bac
11:43en réalité à une génération
11:46d'illettrés ?
11:46Parce qu'on se rappelle
11:47du ministre de l'Éducation nationale
11:49qui avait tapé du poing
11:49sur la table en disant
11:50« Eh dis donc,
11:51il y a des fautes dans les copies ! »
11:52Est-ce qu'il a donné des consignes ?
11:54Absolument pas.
11:54Il y a même des correcteurs
11:55qui ont dit
11:55« De toute façon,
11:56on n'aurait pas respecté la consigne
11:57parce que si vous voulez,
11:58c'est pas parce qu'il y a
11:59quelques fautes
11:59que ça change le sens non plus. »
12:01Oui, d'accord.
12:02Mais enfin,
12:02pour les élèves du bac,
12:03quand ils se rapprochent
12:04de l'université,
12:05donc du monde professionnel,
12:06ça peut poser un problème.
12:07Tiens, vous êtes parents,
12:08vous êtes professeurs,
12:09vous êtes grands-parents,
12:10vous avez des élèves,
12:10vous avez un fils,
12:11des filles,
12:12des petits-fils,
12:13des petites-filles,
12:13vous avez déjà vu leur copie,
12:14vous avez eu envie
12:15d'avoir un infarctus.
12:16Et bien, tout ça est normal,
12:17vous voulez témoigner,
12:18vous nous appelez
12:19au 0826 300 300
12:21pour le moment,
12:22alors qu'il est midi 20
12:22sur Sud Radio.
12:23On poursuit la conversation
12:24avec vous,
12:25Maître Julia Courvoisier.
12:26Merci d'être resté avec nous.
12:27On se pose la question
12:30depuis le début
12:30de notre conversation
12:31sur ce risque
12:32qu'on se dirige
12:33en réalité
12:33vers une justice spectacle.
12:35Alors, ça a été le cas
12:36et vous l'avez largement,
12:37vous avez eu l'occasion
12:38de défendre votre thèse
12:39pendant les longues
12:40premières minutes
12:40de notre conversion
12:41avec l'affaire Jubilard
12:42où vous avez critiqué
12:42presque un cirque médiatique.
12:44Mais est-ce que
12:45le cirque médiatique
12:46maintenant,
12:46autour des affaires judiciaires,
12:48quelles qu'elles soient,
12:48n'est pas la norme,
12:50Maître ?
12:50Parce que quand on voit
12:50ce qui s'est passé
12:51dans l'affaire Liana
12:52avec en plus des politiques
12:53qui s'en mêlent,
12:53quand on voit
12:54ce qui va se passer
12:55d'ici une heure et demie
12:55au tribunal de Paris,
12:57au palais de justice de Paris
12:57avec la décision
12:59concernant Marine Le Pen
13:00et sa capacité ou non
13:01à se présenter
13:02à la candidature
13:04pour aller conquérir l'Elysée,
13:06est-ce que ça n'est pas
13:07la norme
13:07cette justice spectacle, Maître ?
13:09Alors d'abord,
13:10si je peux me permettre,
13:11l'affaire Marine Le Pen
13:12et le Rassemblement National,
13:13c'est un petit peu différent
13:14parce que quand même
13:15il est question de démocratie derrière.
13:17Donc je trouve
13:17que la justice spectacle
13:19dans ce genre de cas,
13:20même si je la dénonce tout le temps,
13:22c'est quand même
13:22un petit peu différent
13:23et au contraire,
13:24il faut parler
13:25de ces affaires
13:26politico-financières
13:27pour bien comprendre l'enjeu.
13:28Moi, ce qui me dérange,
13:30c'est que ça alimente
13:31une défiance
13:32et une incompréhension.
13:33Pourquoi ?
13:33Parce que ceux qui sortent
13:35dans la presse,
13:35ce ne sont pas des dossiers
13:36dans leur totalité.
13:38Ce sont des informations
13:40qui sont souvent
13:42très bien retransmises,
13:44mais je veux dire,
13:44elles ne sont pas forcément complètes.
13:46On n'a pas le contexte.
13:47Et puis,
13:48ce qui m'ennuie
13:48avec la justice spectacle,
13:50c'est que,
13:51en fait,
13:51derrière,
13:52on a quasiment plus...
13:55La justice judiciaire
13:57n'est quasiment plus audible
13:58quand je vois
13:59dans l'affaire du petit Louis
14:00et je comprends
14:01la douleur de cette famille.
14:02Une maman
14:02qui vient immédiatement
14:04réclamer
14:05l'abrogation,
14:06l'excuse de minorité.
14:07Voyez ce que je veux dire ?
14:07Laisser du temps au temps,
14:09laisser du temps
14:09à ces familles
14:10pour faire leur direction.
14:11Deux questions
14:11sur ce que vous dites,
14:13Maëlle-Juliacovoisier,
14:14à l'instant,
14:14en rappelant que vous êtes
14:15avocate au Barreau de Paris.
14:16Est-ce qu'il n'y a pas
14:16aussi là
14:17quelque chose
14:18de l'ordre du ressentiment
14:19vis-à-vis de la justice
14:20qui a peut-être
14:21dans de trop nombreuses affaires,
14:22à l'occasion
14:23de trop nombreux dossiers,
14:24donné la sensation
14:25de ne pas être assez réactif,
14:27de ne pas être assez sévère ?
14:29Alors, bien sûr,
14:30ce qu'il faut quand même savoir,
14:31c'est que tous les ans,
14:32la justice pénale
14:33rend à peu près
14:33un million de décisions,
14:35ce qui est quand même énorme.
14:36Alors, la plupart,
14:37ce sont, oui,
14:38ce sont des petites décisions
14:39au quotidien,
14:39mais si vous voulez,
14:43une condamnation judiciaire,
14:44c'est quand il y a eu un débat
14:45où toutes les pièces
14:46ont pu être débattues,
14:47où les témoins ont pu venir,
14:49les experts.
14:50Ça, c'est important.
14:51C'est ça qui fait
14:51la beauté de notre justice.
14:53Donc, si vous voulez,
14:56cette surmédiatisation
14:57crée une incompréhension,
14:58un manque de conscience,
14:59et crée la colère.
15:01En plus, les règles
15:02de droit pénal
15:02et de procédure pénale
15:03sont de plus en plus compliquées.
15:05On a des réformes
15:05tous les trois matins
15:06parce que nos hommes politiques,
15:08à chaque fois qu'ils arrivent
15:10sur le terrain,
15:10ils veulent réformer
15:11la justice pénale,
15:12donc ça ne cesse de changer.
15:13On a des juridictions
15:14qui sont à bout de souffle
15:15parce qu'il n'y a pas
15:16assez de greffiers,
15:17il n'y a pas assez de magistrats,
15:19il n'y a pas non plus
15:19assez de policiers.
15:20Vous, vous ne faites pas
15:21partie des personnalités
15:23de la justice,
15:23Julia Courvoisier,
15:25qui, en réalité,
15:26comment on pourrait dire ça,
15:27qui balaie d'un revers de main
15:29le manque de moyens
15:30au sein de la justice aujourd'hui ?
15:31Parce qu'on a entendu
15:32ceux qui disent
15:32« Oh, quand même,
15:33il y a eu des moyens débloqués ».
15:34Aujourd'hui, vous dites encore,
15:36« Ah non, non,
15:37c'est encore une préoccupation
15:38du quotidien,
15:38il suffit d'aller
15:39dans certains tribunaux de France
15:40pour voir qu'on est à la ramasse ».
15:42Mais c'est une préoccupation
15:43du quotidien.
15:44Là, ce matin,
15:45je parlais avec un de mes clients
15:46qui a mis 10 ans
15:47avant d'être jugé.
15:4810 ans !
15:49Je veux dire,
15:50c'est 10 ans,
15:51il n'y a pas deux mots
15:53pour dire ça.
15:53C'est une préoccupation
15:54du quotidien.
15:55Bien sûr qu'il y a eu
15:56des moyens supplémentaires,
15:57on ne peut pas le nier.
15:58Les chiffres disent
15:59qu'il y a eu des moyens supplémentaires.
16:00Peut-être qu'il y avait
16:00tellement de retard.
16:01Ce n'est pas suffisant.
16:02Oui, c'est ça.
16:02Il y a eu une explosion
16:03des plaintes
16:04pour agressions sexuelles,
16:06une explosion des plaintes
16:07pour notamment des vols,
16:09notamment dans Paris.
16:10Je veux dire,
16:11à un moment donné,
16:11ces plaintes-là,
16:12il faut les traiter.
16:12S'il n'y a pas plus de personnel
16:14ou si l'augmentation du personnel
16:16ne se corrèle pas
16:17avec l'augmentation
16:17de ces plaintes,
16:18il y aura toujours un delta
16:19et le delta,
16:25partait certes d'abord
16:26de l'affaire Jubilat.
16:27On est allé ensuite
16:27vers ce qui va se passer.
16:29Non, mais c'est très intéressant
16:30parce que ces affaires
16:31ont quand même un point commun.
16:32Elles sont sous le feu
16:34et elles sont sous les projecteurs
16:36médiatiques en réalité.
16:37Donc tout le monde y va
16:38de son commentaire,
16:39que ce soit sur les plateaux télé,
16:40dans les journaux.
16:41Concernant l'affaire Marine Le Pen,
16:42il y a aussi une question
16:43que j'aimerais vous poser.
16:44On a eu le débat tout à l'heure.
16:45Maître,
16:45est-ce qu'on peut encore aujourd'hui
16:47par contre critiquer
16:48des décisions de justice ?
16:49J'ai l'impression que
16:50quand on n'est pas d'accord,
16:51même les politiques,
16:52quels qu'ils soient d'ailleurs
16:53de gauche, de droite,
16:54d'extrême droite, d'extrême gauche,
16:55dès qu'ils critiquent
16:56une décision de justice,
16:57il y a tout de suite
16:57toute une profession
16:58qui se lève en disant
16:59que c'est on fait atteinte,
17:00on porte atteinte
17:02à une profession,
17:03ce serait scandaleux.
17:03Mais après tout,
17:04on est en démocratie.
17:05Est-ce qu'on peut encore
17:05les critiquer,
17:06ces décisions de justice
17:07qu'on trouve parfois abusives,
17:09trop sévères, excessives ?
17:11Le Code pénal parle
17:12de jeter le discrédit
17:13sur une décision de justice.
17:14C'est une infraction.
17:15Je crois qu'elle est très peu utilisée.
17:16Le souci, si vous voulez,
17:18c'est qu'aujourd'hui,
17:19et je parle de l'affaire Marine Le Pen,
17:21c'est que d'une part,
17:22vous avez un certain nombre
17:23de commentateurs,
17:24de chroniqueurs
17:25qui n'ont jamais suivi le dossier,
17:27qui regardent des synthèses
17:28de synthèses de synthèses
17:29et qui, de toute façon,
17:30ont un prisme politique
17:31et viennent dire
17:32que la décision qui va être rendue
17:34est une décision
17:34nécessairement politique.
17:36Donc le problème,
17:37c'est que là,
17:37ça ne gêne pas le...
17:37Ce n'est pas une critique
17:38de décision,
17:39c'est jeter le discrédit
17:41sur l'indépendance
17:41et le professionnalisme
17:43de la magistrature
17:44dans son entier.
17:44Ça, ça pose problème.
17:46Si vous voulez,
17:46tous les jours,
17:47on peut critiquer des décisions.
17:48Moi, j'en critique moi-même
17:49puisque il y en a
17:50que je n'aime pas
17:50des décisions de justice,
17:51donc je les critique.
17:52J'imagine.
17:53En revanche,
17:54utiliser une décision de justice
17:57pour porter atteinte
17:58à l'indépendance
17:58de la magistrature
17:59et faire le procès
18:00de la magistrature
18:01en disant
18:02que c'est nécessairement
18:03une décision politique
18:03sans s'interroger
18:04sur le fond du dossier
18:05parce que le jugement
18:06de première instance
18:07de condamnation de Marine Le Pen,
18:08il est accessible,
18:09il est très long,
18:10il fait plus de 500 pages.
18:11C'est effectivement
18:12très technique.
18:13Mais il faut quand même
18:14aller le lire.
18:15Peut-être que
18:16si certains l'avaient lu
18:17en détail,
18:18ils n'auraient peut-être
18:18pas forcément changé d'avis.
18:20Ils auraient peut-être
18:21eu un regard
18:21un petit peu moins critique.
18:24Exactement.
18:25Maître Julia Courvoisier,
18:26c'est ça qui me pose problème.
18:28Ça, on a entendu
18:28et malheureusement,
18:30je suis sûr
18:30que vous serez déçu
18:31malgré votre appel
18:32à un peu de nuance
18:33dans les prochaines heures.
18:34Je ne suis pas sûr
18:35que tout le monde
18:35sache retenir ses coups
18:37comme il se doit,
18:37surtout quand on voit
18:38les enjeux politiques
18:39qui sont en jeu.
18:40Avant qu'on se quitte,
18:40Maître Julia Courvoisier,
18:41j'aimerais encore
18:42vous poser une question
18:43parce que nous sommes
18:43le mardi 7 juillet.
18:45Dans pile une semaine,
18:45on arrivera au bout
18:47du délai qu'avait imposé
18:48Gérald Darmanin
18:49pour traiter les fameuses
18:5070 000 plaintes
18:52suite à l'affaire Liana.
18:54Est-ce que vous,
18:55vous avez des retours
18:55de comment cela se passe
18:56dans certains tribunaux,
18:57dans certains coins de France
18:58avec un certain nombre
19:00peut-être de vos clients ?
19:01Comment vous regardez
19:01cette échéance ?
19:02Est-ce que vous avez déjà,
19:03je ne sais pas,
19:04une forme de préscience
19:05vis-à-vis de ce qui va arriver
19:06après cette date
19:07et de la manière
19:07dont cela va être exploité
19:09politiquement ?
19:11Alors, moi,
19:12j'ai pu parler
19:12à certains policiers
19:14dans le cadre de garde à vue
19:14pour parfois
19:16d'autres affaires.
19:17Le souci,
19:18c'est que l'étude
19:18de ces 70 000 plaintes
19:20en souffrance
19:20a fait quoi ?
19:21A obligé,
19:23notamment les policiers
19:24mais aussi le parquet,
19:25à suspendre le traitement
19:26des plaintes qui arrivent
19:26et des plaintes en cours.
19:27Donc, si vous voulez,
19:28c'est un peu repoussé
19:29pour le souci.
19:30Et je me dis quand même
19:31que venir se vanter
19:33à la télé
19:33que l'étude
19:34d'un certain nombre
19:35a entraîné
19:35un certain nombre
19:36de personnes
19:36en détention provisoire,
19:37je vous le dis,
19:39je trouve ça un peu lamentable.
19:40Parce que ça veut dire
19:41que de son propre aveu,
19:45ces plaintes
19:45qui sont en souffrance
19:46depuis des mois
19:47auraient dû donc recevoir
19:48des suites
19:48beaucoup plus rapides
19:49et il aura fallu
19:50la faire,
19:51il y en a,
19:52pour faire ce qu'en réalité
19:53on devrait faire au quotidien.
19:54Et ce pourquoi
19:55le ministère de la Justice
19:56devrait se battre au quotidien,
19:58c'est-à-dire donner les moyens
19:59et aussi une organisation.
20:01Parce qu'effectivement,
20:01il n'y a pas qu'une question
20:02d'argent,
20:02il y a aussi une question
20:03d'organisation.
20:04Les policiers qui ont
20:05un logiciel qui ne marche pas,
20:06qui est désuet,
20:06ça a coûté des millions d'euros
20:08au ministère de la Justice,
20:09je veux dire,
20:09on pourrait en parler aussi.
20:10Ça, ça aurait dû être fait.
20:12Et ça va recommencer.
20:13Parce que je vous le dis,
20:15des dossiers
20:16comme celui de la petite Rosa,
20:17il y en a tous les jours
20:18des dossiers qui prennent,
20:20des dossiers qui sont mal orientés.
20:22C'est tous les jours
20:23que ça arrive.
20:24Et c'est pour ça
20:24qu'il y a des plaintes
20:25qui attendent un an,
20:26deux ans,
20:26voire trois ans
20:27pour obtenir le premier acte
20:29d'enquête.
20:29Parce que ça arrive tous les jours.
20:30Parce que ça arrive tous les jours
20:32et donc il ne suffit pas
20:32seulement d'une injonction politique
20:34suite à, de fait,
20:35une série de défaillances
20:36dans un dossier précis
20:37qui a ému la France
20:38qu'on va résoudre
20:38la totalité du problème.
20:40Merci beaucoup,
20:41Maître Julia Courvoisier,
20:41d'avoir été avec nous ce matin.
20:42Merci de votre invitation, Maxime.
20:44Au barreau de Paris
20:45et merci d'avoir été avec nous
20:46parce que je sais en plus
20:47que la journée est longue après
20:48et qu'on enfile la robe
20:49pour aller plaider avec un client.
20:51Donc merci beaucoup
20:51d'avoir pris ce temps précieux.
20:53Dans un instant,
20:54midi, 30, 13 heures,
20:55on dialogue avec vous,
20:56amis auditeurs,
20:56c'est le programme
20:57jusqu'à la fin du mois de juillet
20:58avec ma pomme.
21:000826 300 300,
21:01le sujet vous a fait énormément réagir
21:02tout à l'heure,
21:03ces copies du bac
21:03qui ont plein de fautes d'orthographe
21:05qui sont validées quand même,
21:06des correcteurs qui vous annoncent
21:08en gros qu'ils ne vont pas
21:09en plus pénaliser les élèves
21:10parce que globalement,
21:11ce n'est pas parce qu'il y a des fautes
21:11qu'on ne comprend pas.
21:13Ah d'accord,
21:13mais est-ce qu'on n'est pas en train,
21:14pardon, je vous pose la question
21:15comme ça, moi ce midi,
21:16est-ce qu'on n'est pas tout simplement
21:17en train de donner le bac
21:17à une génération d'illettrés ?
21:200826 300 300,
21:21vous venez débattre avec nous,
21:23vous venez discuter,
21:24vous venez réagir,
21:24vous êtes les bienvenus
21:25puisqu'on en parle jusqu'à 13h.
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