- il y a 6 mois
Les débats de l'été avec Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.
00:05On est ensemble pour une grande demi-heure, mais une grande demi-heure pour répondre,
00:09on tentait de répondre à une grande question. Bonjour Henri Guénaud.
00:11Bonjour.
00:12Merci beaucoup d'être avec nous. Ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy,
00:16vous êtes connu pour vos analyses précises, fines,
00:19et notamment avoir une capacité de disséquer ce qui se passe dans la vie politique française
00:24de manière très précise. Et on avait besoin de vous ce matin, ce midi, pour répondre à cette question.
00:28Est-ce que la droite est prête pour la victoire ?
00:30Quand on regarde ce qui se passe de cette partie-là, en tout cas de l'échec et politique,
00:34les hauts sondages concernant Bruno Rotaillot, bien sûr,
00:37les idées avec une France qui se droitise,
00:40l'arrivée de plus en plus fréquente de thèmes comme l'insécurité, l'immigration,
00:44certains thèmes qui, évidemment, penchent davantage à droite qu'à gauche sur l'échec et politique.
00:48Est-ce que vous pensez, puisque c'est la petite musique journalistique, bien sûr,
00:52qui monte aussi un peu, c'est que la droite pourrait enfin retrouver
00:56le chemin de la victoire d'ici 2027 ?
00:58Est-ce que c'est votre sentiment aussi ?
01:01D'abord, je trouve que le débat public est en train de s'enfermer
01:07dans le cercle étroit de ceux qui font de la politique
01:11et des militants qui les suivent.
01:13Mais ça n'a rien à voir, la plupart du temps,
01:16avec ce qui se passe dans le pays, dans la société.
01:18Donc, dites, est-ce que la droite va arriver au pouvoir ?
01:25Déjà, la question, est-ce que la question fondamentale aujourd'hui,
01:28c'est de savoir qui va gagner l'élection présidentielle ?
01:33Ou est-ce que la question fondamentale, c'est,
01:35quels sont les problèmes de la société française ?
01:38D'où viennent-ils ?
01:40Et qu'est-ce que les uns et les autres ont à proposer
01:42pour essayer de leur apporter une réponse ?
01:46Là, on a l'impression que les réponses se trouvent à droite,
01:49d'où la question.
01:50Non, mais je pense que la façon de poser la question
01:53implique une réponse qui n'est pas une réponse sur le fond,
01:57c'est une réponse pour savoir quel camp va gagner.
02:00D'abord, qu'est-ce que ce camp ?
02:02On aurait posé cette question au général de Gaulle
02:05ou à Georges Pompidou au début de la Ve République
02:10ou à Michel Debré, et se serait demandé de quoi on parlait.
02:13C'est-à-dire que la question de la droite
02:15n'était dans la tête de personne,
02:17et même dans la tête des citoyens,
02:19même pas dans la tête des citoyens.
02:20C'était le camp de la France.
02:21Voilà, mais en tout cas, on raisonnait pas de cette façon.
02:24Ou alors, qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui ?
02:26Qu'est-ce qu'on met sous ce mot dont le contenu
02:29d'abord est très divers,
02:33et d'autre part a changé depuis les 200 ans
02:36qu'on emploie ce terme ?
02:39Comme la gauche aussi, d'ailleurs.
02:41Mais c'est quoi ?
02:42Aujourd'hui, ça veut dire, en fait,
02:43dans la tête, dans l'esprit de beaucoup de gens,
02:44tout ce qui n'est pas la gauche.
02:47Avec quand même cette réserve
02:48qu'un tiers des électeurs
02:50votent pour le Rassemblement National,
02:53dont ceux qui se proclament de droite
02:55expliquent que c'est pas un parti de droite,
02:58c'est un parti de gauche
02:58parce qu'il a pas voté la réforme des retraites,
03:00on marche un peu sur la tête,
03:02et le parti lui-même, ses dirigeants,
03:06Mme Le Pen en particulier,
03:08récuse d'idée, d'ailleurs, d'être un parti de droite.
03:11Voilà, donc, et elle n'a pas tort,
03:14c'est-à-dire qu'elle a fait un hold-up
03:16sur la posture politique du gaullisme.
03:19Alors, après, je rentrerai pas maintenant
03:20dans le détail de son programme
03:24pour savoir s'il est gaulliste ou pas gaulliste,
03:26et si elle-même est gaulliste,
03:27mais en tout cas, elle en a pris la posture,
03:31et manifestement, ça réveille un écho
03:33chez beaucoup de gens.
03:34Mais en tout cas, si vous enlevez
03:36un tiers des électeurs en disant
03:37« ça, c'est pas la gauche,
03:41c'est pas la droite non plus,
03:42vous enlevez le centre qui ne se dit pas à droite,
03:46il reste quoi sur l'échiquier politique ? »
03:49Ce que je veux dire d'abord,
03:51c'est que non, la France ne se droitise pas.
03:53Ça n'est pas vrai.
03:54La France se radicalise.
03:55Ce qui n'est pas du tout la même chose.
03:56Et beaucoup de sujets débordent largement
03:59les étiquettes que se collent les uns aux autres
04:02les partis politiques sur la scène publique.
04:04Quand vous avez 75% des gens
04:06qui sont contre la réforme des retraites,
04:08par exemple,
04:09et que certains,
04:11dans ce qu'ils appellent la droite,
04:15disent « l'ADN de la droite,
04:18c'est la réforme des retraites »,
04:20dites « on parle à qui ? »
04:22Donc, il faut sortir de ces étiquettes
04:24qui, à mon avis, ne veulent absolument plus rien dire.
04:27Moi, je ne suis pas de gauche,
04:29je ne suis pas du centre,
04:30mais je ne me reconnais pas,
04:32je ne me suis jamais reconnu dans cette étiquette.
04:35D'ailleurs, la droite,
04:36qui se proclame comme telle,
04:39encore faut-il savoir laquelle,
04:41mais elle n'a pratiquement jamais gouverné
04:43depuis 200 ans.
04:44si on accepte peut-être la première restauration,
04:47la deuxième restauration,
04:49c'est-à-dire la première qui était légitimiste,
04:51qui était, on va dire,
04:52traditionnaliste et réactionnelle,
04:54et la deuxième qui était orléaniste,
04:56c'est-à-dire celle de l'argent, en fait.
04:58De la bourgeoisie.
04:59Donc, après, on a eu Napoléon III,
05:02ce n'était pas la droite, Napoléon III.
05:05Sans les premières lois sociales,
05:06c'était autre chose,
05:07comme le Premier Empire, d'ailleurs.
05:09C'était autre chose.
05:10Après, on a eu des Républicains.
05:13Alors, tous n'étaient...
05:14Il y a ceux qui étaient socialistes,
05:15ceux qui ne l'étaient pas.
05:17Mais ceux qui ne l'étaient pas,
05:18ils n'étaient pas tous droits.
05:19Thiers étaient sans doute
05:20correspondés à la droite,
05:22ce qu'on appellerait la droite aujourd'hui.
05:23Mais la plupart,
05:26Jules Ferry,
05:27ne correspondraient pas à cette définition.
05:30Donc, je crois que si on regarde un peu
05:32l'histoire des idées politiques en France
05:34et la situation de la société française,
05:37qui est la seule chose qui compte,
05:39ce qui compte,
05:40ce n'est pas ce que pense
05:41la société politique d'aujourd'hui.
05:43Ce qui compte,
05:43c'est ce qu'il y a dans la tête
05:45et dans la vie quotidienne
05:46de la société française
05:47et des Français aujourd'hui.
05:48Mais beaucoup estiment
05:48que ce qu'il y a dans la tête,
05:49visiblement,
05:50des Français et des Françaises,
05:51sans doute à tort,
05:51Henri Guénaud,
05:52c'est qu'en réalité,
05:53il y a de plus en plus
05:54la volonté de voir se reformer
05:56un clivage gauche-droite.
05:58Est-ce que vous êtes en désaccord
05:59avec cette analyse ?
05:59D'abord,
06:01la volonté d'avoir un clivage.
06:02Mais c'est la volonté
06:04de certains hommes politiques.
06:05Est-ce que c'est la volonté
06:06des Français ?
06:10La preuve,
06:11un tiers des gens votent
06:12pour le Rassemblement National,
06:13un tiers des électeurs,
06:15et que la droite refuse
06:16de classer la droite.
06:18Bon,
06:18la question est de savoir
06:22s'il y a encore
06:23dans la vie politique française
06:24des gens qui pensent à la France,
06:26qui ont une idée,
06:27qui se font une idée de la France,
06:28qui ne mettent rien d'autre
06:29dans la politique
06:31au-dessus de la France.
06:33Bon,
06:33prenez la droite.
06:34On pourrait dire
06:35la même chose de la gauche.
06:37Prenez la droite.
06:38C'est la droite
06:39qui a voté pour Maastricht
06:40ou c'est la droite
06:40qui a voté contre Maastricht ?
06:43Est-ce que c'est pareil ?
06:45Non.
06:46Est-ce que c'est la droite
06:46ultra-libérale
06:47ou est-ce que c'est la droite
06:48qui pense qu'un peu
06:49de libéralisme,
06:50c'est bien,
06:50que la liberté d'entreprendre,
06:52c'est bien,
06:52mais que le marché
06:53ne résout pas tous les problèmes
06:54de la société
06:55et la concurrence non plus ?
06:57Bon,
06:57est-ce que c'est la droite
06:58qui pense que l'école,
06:59il faut la refonder
07:01sur les principes d'ailleurs
07:03qui étaient celles
07:03de l'école de la République,
07:05c'est-à-dire
07:05sur le savoir,
07:07sur la volonté
07:07de construire
07:09pas seulement des citoyens
07:12mais des hommes
07:13et des femmes
07:13pour construire
07:14des adultes
07:15et pas seulement
07:16pour donner
07:18une formation professionnelle
07:19comme le pense
07:20une partie de la droite.
07:24Tous ces sujets
07:25sont absolument essentiels.
07:27Est-ce que c'est la droite
07:29qui,
07:29quand elle est au gouvernement,
07:31s'exprime
07:32dans tous les forums internationaux
07:34et même parfois en France,
07:35en anglais
07:36plutôt qu'en français ?
07:37Bon,
07:38je...
07:39Alors,
07:39sur quel sujet ?
07:40Parce que vous venez
07:40de faire le tour
07:41de certains,
07:42vous publiez...
07:42Non,
07:42je finis sur le clivage
07:44droite-gauche.
07:46Donc,
07:46c'était la seule bonne intuition
07:48d'Emmanuel Macron
07:50mais ce qu'il en a fait
07:51est terrible.
07:52C'est que
07:52ces mots
07:54ne désignent plus rien.
07:55C'est d'ailleurs
07:56ce qui explique,
07:57c'est pas Macron
07:57qui a détruit
07:58d'un côté
07:59ce qu'on appelle
08:01la droite républicaine
08:02ou la droite de gouvernement
08:03et de l'autre côté
08:04la gauche dite
08:04de gouvernement.
08:05Ce sont ces deux parties
08:08qui se sont
08:08auto-détruits.
08:10J'en sais quelque chose
08:11puisque j'ai vécu
08:12l'auto-destruction
08:13de ma famille politique.
08:15Moi,
08:15je suis rentré
08:16dans une famille politique
08:17qui était
08:17une famille politique
08:18gaulliste
08:19et puis
08:20qui petit à petit
08:21s'est délité
08:24du point de vue
08:25en tout cas
08:25des idées,
08:26des convictions,
08:27de son rapport
08:27à la nation,
08:28de son rapport
08:30à l'État,
08:30de son rapport
08:31à la société,
08:33au pacte social
08:34et au pacte civique.
08:36Ça a donné l'UMP
08:37où on a mélangé
08:38un tas de gens
08:39qui n'avaient rien
08:39à faire ensemble,
08:40qui pouvaient très bien
08:40gouverner ensemble
08:41sur le fondement
08:42d'accords de gouvernement
08:43et d'alliance électorale,
08:44l'UDF et le RPR.
08:47Donc là,
08:47ça a été le début
08:48de la fin.
08:49Ce qui nous mène
08:50tout droit à Ensemble,
08:52En Marche,
08:52c'est la création
08:54de l'UMP.
08:56L'UMP a progressivement
09:00perdu sa base populaire
09:01et la base bourgeoise
09:04ou en tout cas
09:04une partie d'entre elles,
09:05une bonne partie,
09:05est partie au macronisme.
09:07C'est vraiment...
09:10On ne peut pas dire...
09:12Macron a juste tiré
09:12les conséquences,
09:13profité des circonstances.
09:14Il a juste profité
09:15des circonstances
09:16après le dépassement
09:19du clivage droite-gauche
09:20ségolien.
09:21Le en même temps,
09:23c'est le contraire.
09:24C'est le contraire du gaullisme
09:25parce que c'est un marchandage
09:26c'est un jour je donne
09:27une mesure pour la gauche
09:29et un autre jour
09:29je donne une mesure
09:30pour la droite.
09:31C'est un marchandage.
09:34Le gaullisme,
09:34c'était un dépassement.
09:36Vous vous souvenez ?
09:37Le général de Gaulle
09:38gouverner au nom
09:40d'une faction
09:40est une faute.
09:43On pourrait parler d'autres
09:44puisque vous avez évoqué
09:45Charles Pasqua
09:46qui disait
09:47si être de droite
09:48c'est être pour l'ordre
09:49et pour l'autorité,
09:49je suis de droite.
09:51Je ne vous la fais pas
09:51avec l'accent
09:51mais c'était beaucoup mieux
09:53avec l'accent.
09:53Si être de gauche
09:54c'est être pour la justice sociale,
09:55je suis de gauche.
09:57Ou Malraux qui dit
09:57nous ne sommes pas à la droite
09:59il dit ça
09:59dans un grand congrès
10:01de l'UNR
10:01parce que
10:02nous avons mis en oeuvre
10:03le programme social
10:04le plus ambitieux
10:06depuis le Front Populaire.
10:07Bon, voilà.
10:08Et je vous rappelle quand même
10:10que
10:10ce qui n'est pas la gauche
10:12a gagné parfois
10:12les élections
10:13depuis quelques décennies
10:14Syrac les a gagnées
10:16à sa troisième tentative
10:18sur la fracture sociale.
10:20Et que Nicolas Sarkozy
10:21l'a gagné
10:21en parlant
10:22du travail
10:23et de gagner plus
10:23du travail
10:24en allant dans les usines
10:25en citant Jaurès et Blum
10:27et il l'a gagné
10:27sur la thématique
10:28la gauche a trahi la gauche.
10:30Voilà, c'est-à-dire
10:30que la gauche
10:31en fait
10:32c'est le problème aujourd'hui
10:33la droite a trahi la droite
10:34si on vous écoute.
10:35D'une certaine façon
10:35la droite n'a pas trahi la droite
10:37le gaullisme a disparu
10:41le sentiment national a disparu
10:43et ça a laissé place
10:45au renouveau
10:46d'une multitude de droites
10:49au pluriel
10:50qui ont existé dans l'histoire
10:52mais qui n'ont jamais représenté
10:54quelque chose
10:55de majoritaire
10:56enfin une force majoritaire
10:58dans le pays
10:58parce qu'entre encore une fois
11:00la droite légitimiste
11:01la droite traditionnaliste
11:03ou réactionnaire
11:04la droite borléaniste
11:06la droite de l'argent
11:07etc.
11:07il y a des différences
11:08considérables
11:09considérables
11:10voilà
11:10et
11:11moi si la droite
11:13ça veut dire
11:14la question sociale
11:15n'est pas importante
11:15alors ça ne me concerne pas
11:17voilà
11:18il faut être très clair
11:19si la droite
11:20ça veut dire
11:20la question nationale
11:21elle est secondaire
11:22alors ça ne me concerne pas
11:23est-ce qu'il y a une tendance
11:25pardon
11:25il m'arrive d'avoir
11:26des points d'accord
11:27avec tous les gens
11:28qui se déclarent de droite
11:29mais
11:30vous êtes l'ancien conseiller spécial
11:32de Nicolas Sarkozy
11:33vous avez un regard
11:34avisé sur tous les sujets
11:35et tous les auditeurs
11:35actuellement à l'entendre
11:36est-ce qu'il y a une tendance
11:37quand même peut-être
11:38de fond
11:38peut-être qui vient de la France
11:40d'une droite
11:41d'une tendance politique
11:42qui soit beaucoup plus conservatrice
11:44et qu'on ne veut pas observer
11:45peut-être justement
11:45parce qu'on a eu
11:46une disparition
11:47du sentiment national
11:48une disparition
11:49de certains repères
11:50l'école
11:50le travail
11:51le fait de gagner
11:52un peu bien sa vie
11:53enfin de gagner bien sa vie
11:54la fracture territoriale
11:55est-ce qu'il y a une tendance
11:56comme ça qui arrive
11:57qui est conservatrice
11:58et qui est peut-être
11:59nécessaire au pays
11:59alors je crois
12:00qu'il y a un besoin
12:02de conservatisme
12:03dans le pays
12:04qui n'est pas propre
12:06à ce qu'on appelle
12:07les partis de droite
12:08aujourd'hui
12:08qui est une tendance
12:09beaucoup plus large
12:10qui est beaucoup plus large
12:11et très profond
12:11pourquoi ?
12:12parce qu'on est allé
12:12beaucoup trop loin
12:13en sens inverse
12:15oui il y a des choses
12:16qui méritent d'être conservées
12:17et il y a des choses
12:18qui méritent même
12:19d'être retrouvées
12:20vous savez
12:21c'est cet imbécile débat
12:23entre l'ancien monde
12:23et le nouveau monde
12:24il y a des constantes
12:26des principes
12:27qui sont constants
12:27il y a une nature humaine
12:29il y a beaucoup de choses
12:30dont il faut tenir compte
12:32dont il faut tirer les leçons
12:33dans l'histoire
12:35et qui sont des permanences
12:37et auxquelles la politique
12:39se heurte toujours
12:40donc oui il faut plus
12:42de conservatisme
12:44mais moi j'ai pas vu
12:46d'ailleurs tous les gens
12:48qui expliquent
12:49qu'ils sont à droite
12:50à droite
12:50manifester
12:51au moment de la manif
12:52pour tous
12:53j'ai vu aussi des gens
12:54qui se disaient à droite
12:55et qui ont voté
12:56pour le candidat
12:57qui ont même appelé
12:58à voter pour le candidat
12:59qui promettaient
12:59la PMA pour tous
13:00et qui se retiennent
13:02parce qu'il a
13:02pour ne pas faire
13:05comment on appelle ça
13:11dites-moi de quoi
13:13quand il promet
13:14la PMA
13:14le GPA
13:16l'adoption
13:17la GPA
13:17la GPA pour tous
13:18voilà
13:19mais qui nous fait
13:20la fin de vie
13:21bon
13:21très bien
13:22donc c'est ça
13:23le conservatisme
13:24de cette partie
13:25de la droite
13:26voilà
13:27c'est ça
13:27le respect des valeurs
13:28c'est ça
13:29c'est ça
13:29la politique de civilisation
13:31que devrait porter
13:32d'abord qu'elle devrait
13:33porter une partie
13:34de la gauche
13:34voilà
13:35c'est la gauche
13:36elle devrait porter
13:37elle devrait porter
13:38l'idée de la nation
13:39qui l'a fondée
13:40elle devrait porter
13:41une idée de justice sociale
13:42au lieu de ça
13:43elle porte le wokisme
13:44bon
13:44il faut quand même
13:46être réaliste
13:48et la droite
13:49elle devrait
13:49plus encore porter tout ça
13:51sans oublier le reste
13:52mais si elle n'oublie pas
13:53le reste
13:54et si elle porte tout ça
13:55c'est plus la droite
13:56ou sans son l'entend
13:57c'est le gaullisme
13:58ou le bonapartisme
13:59moi je vais vous dire
14:00ce que je suis
14:00comme ça
14:01ce sera plus clair
14:01moi je suis bonapartiste
14:03gaulliste
14:04je suis colbertiste
14:08et jacobin
14:09mais pas au sens
14:09de Robespierre
14:11au sens de Michel Debray
14:12par exemple
14:13voilà
14:13une droite complexe
14:15mais complète
14:16complexe mais complète
14:17c'est un bon argument
14:18oui mais
14:19moi quand on
14:20devant les
14:22les hystériques
14:24de l'Europe
14:25et les hystériques
14:26de l'Europe
14:27et les hystériques
14:28de la décentralisation
14:29si vous voulez
14:30j'ai un recul
14:33non
14:34ça c'est pas ma famille politique
14:36donc essayons de retrouver
14:37des familles politiques
14:38ce qui m'intéresse
14:39c'est quelles idées
14:40vont gagner
14:40justement
14:42quelles idées vont gagner
14:42et on va dire
14:43quel pan absolument
14:44de la société
14:44on doit aller reconquérir
14:46est-ce que c'est l'économie
14:47est-ce que c'est l'international
14:48ce qui se passe aussi
14:49d'un point de vue européen
14:49c'est tout à la fois
14:50mais c'est tout à la fois
14:51mais c'est pour ça
14:51qu'on va en parler
14:52dans un instant avec vous
14:53Henri Guénaud
14:54vous restez avec nous
14:54ancien conseiller spécial
14:55de Nicolas Sarkozy
14:56justement sur son 7M
14:57quelles idées vont réussir
14:59on va dire
15:00à prendre le pays
15:00peut-être pour sauver la France
15:02c'est peut-être mieux
15:02poser ainsi Henri Guénaud
15:04c'est beaucoup plus intéressant
15:06et ben voilà
15:07et ben justement
15:07poursuivre ce dialogue
15:09intéressant dans quelques instants
15:10sur cette radio
15:11à tout de suite
15:11quelles idées doivent gagner
15:12dans les prochains mois
15:13dans les prochaines années
15:14si on veut à un moment
15:15sauver le navire France
15:17on en parle avec
15:17Henri Guénaud
15:19ancien conseiller spécial
15:19de Nicolas Sarkozy
15:20qui était justement
15:21en pleine démonstration
15:22et on en parlait
15:23les terrains
15:24allaient justement
15:25précisément conquérir
15:26pour essayer de redresser la France
15:28vous vous dites
15:28ils sont de toute façon
15:29absolument partout
15:30c'est tout à la fois
15:31ben oui c'est tout à la fois
15:32on voit bien que tout se dérègle
15:33tout s'est déréglé
15:34sous la pression
15:38d'une idéologie dominante
15:39ce qu'on a appelé
15:40la pensée unique
15:41à une époque
15:41mais elle est toujours là
15:42elle est là
15:44pour une bonne partie
15:45de la gauche
15:46et elle est là
15:46pour ce qu'on appelle
15:47une bonne partie
15:48de la droite
15:49elle est même là
15:50de plus en plus
15:51au rassemblement national
15:53quand
15:53il faut regarder
15:56l'évolution
15:56je comprends leur volonté
15:58d'essayer d'atteindre
15:59l'électeur médian
16:00pour gagner
16:00l'élection
16:01mais
16:02on est en train
16:03sur le terrain
16:05notamment économique
16:06ils sont en train
16:07de sortir
16:08de leur posture
16:09avec une contradiction
16:10difficile à gérer
16:11parce que
16:11leur base électorale
16:13qui vient
16:14au départ
16:15au moment
16:16du Front National
16:16du Parti Communiste
16:17il faut s'en souvenir
16:18et ensuite
16:19des couches populaires
16:20et des couches
16:21moyennes
16:23de la classe moyenne
16:24française
16:24de ce qu'était
16:26l'électorat
16:27du RPR
16:28électorat
16:28et les militants
16:29du RPR
16:30voilà
16:30mais là
16:32ils vont être devant
16:34de même qu'ils vont être
16:35devant un cruel dilemme
16:37quand il va falloir
16:38voter
16:40ou non la censure
16:41sur la loi de finances
16:42si la loi de finances
16:43ressemble à ce que
16:44François Béroux a annoncé
16:46bon
16:46moi je sais
16:48avant même de savoir
16:49ce qu'il faut faire
16:50ce que je ne veux pas
16:51avoir gagné
16:52je ne veux pas avoir gagné
16:54une idée politique
16:56qui nous conduit
16:57à penser
16:58qu'on va rétablir
16:58la situation économique
16:59de la France
17:00et les finances publiques
17:01en escroquant
17:02les retraités
17:03en raquettant
17:04les malades
17:05etc
17:05voilà ça
17:06je ne peux pas
17:08il faut trouver l'argent
17:09sans aller taper
17:09dans le portefeuille
17:10mais bien sûr
17:10il faut s'y prendre
17:11tout autrement
17:12vous me réinviterez
17:12pour qu'on en parle
17:13mais il faut s'y prendre
17:14tout autrement
17:15ça c'est le fruit
17:16de la pensée unique
17:17qui nous gouverne
17:19depuis des décennies
17:20voilà ça a commencé
17:20avec le retournement
17:21de socialistes
17:22avec le tournant
17:24de la rigueur
17:24en 1983
17:25et puis ça a continué
17:28vous voulez qu'on parle
17:30du plan Juppé
17:30voilà
17:31vous voulez que je vous
17:32mais comme
17:33on a fait campagne
17:35sur la fracture sociale
17:36j'en sais quelque chose
17:36puisque j'en suis un
17:37des inspirateurs
17:38sinon l'inspirateur
17:39donc
17:39et
17:40aussitôt élu
17:42c'est Alain Juppé
17:43qui est nommé
17:44premier ministre
17:45donc il est
17:45il est
17:46il est fidèle
17:48à ses convictions
17:49et il fait le plan Juppé
17:51le plan Juppé
17:51ça explique la bureaucratie
17:53à l'hôpital aujourd'hui
17:54les ARS
17:55qui étaient les ARH
17:56à l'époque
17:56ça explique
17:58en partie
18:00le manque
18:00de médecins
18:01de soignants
18:02etc
18:02donc la crise
18:03c'est une des pièces majeures
18:05de la crise
18:06du système de santé
18:07à laquelle nous sommes confrontés
18:09est-ce que nous voulons
18:10refaire ça
18:10voilà
18:11et mon problème
18:12n'est pas de savoir
18:12si on met là-dessus
18:13cette politique
18:14une étiquette de droite
18:15ou de gauche
18:15mon problème
18:16est que cette politique
18:17c'est une mauvaise politique
18:18et la politique
18:20qui a annoncé
18:20le premier ministre
18:21c'est une mauvaise politique
18:23c'est une mauvaise politique
18:24qui continue
18:25toutes les erreurs du passé
18:26est-ce que précisément
18:27sur ces erreurs du passé
18:28que certains n'apprennent pas
18:29est-ce que c'est ce qu'on a observé
18:31dans le fameux
18:32deal
18:33je cite ce mot anglais
18:33pour l'accord signant
18:35entre Ursula von der Leyen
18:36et président de la commission
18:38et Donald Trump
18:38est-ce que c'est une Europe
18:39qui n'a rien appris
18:40de tout ce qui s'est passé
18:41ces 20 dernières années
18:41non elle n'a rien appris
18:42mais là aussi
18:43vous avez toute une partie
18:44de ce qu'on appelle la droite
18:46ou qui s'appelle elle-même la droite
18:47qui est profondément européiste
18:50fédéraliste
18:50qui veut liquider la nation
18:52l'état-nation
18:53et l'état par la même occasion
18:54voilà
18:55donc c'est quand même extraordinaire
18:57est-ce que je peux me permettre
18:58de lire notre petit échange
19:00hors antenne à l'instant
19:01c'était on citait
19:02Philippe Séguin
19:03qui disait par rapport
19:03justement à la construction européenne
19:05qui se fait
19:06sans les peuples
19:06elle se fait
19:07tant qu'attimini
19:08dans le secret des cabinets
19:09dans la pénombre des commissions
19:10et dans le clair-obscur
19:11des cours de justice
19:12ma proximité intellectuelle
19:15politique
19:15et amicale
19:18avec Philippe Séguin
19:18moi ma première campagne
19:20c'est la campagne
19:20la première campagne
19:21à laquelle j'ai participé
19:22et contribué
19:23c'est la campagne de Maastricht
19:24et beaucoup de choses
19:25se sont décidées là
19:26contrairement à ce que
19:26pensent beaucoup de gens
19:28mais en face
19:31il y avait une droite
19:33qui d'ailleurs
19:33n'a pas changé de discours
19:35y compris
19:36même à l'intérieur du RPR
19:37à l'époque
19:37parce qu'il y avait
19:38d'un côté
19:39les Pasquois
19:39et les Séguin
19:40de l'autre
19:40les Juppé
19:41donc il y avait
19:42deux camps
19:44Chirac a choisi
19:46le camp
19:46à l'époque
19:47le camp Juppé
19:48Baladur
19:49et ça a été
19:51le petit delta
19:52qui a fait
19:52gagner
19:53le oui à Maastricht
19:55mais
19:56beaucoup de choses
19:57se sont jouées
19:58ce que dit Philippe Séguin
19:59ce jour-là
19:59à l'Assemblée Nationale
20:00c'est à la fois
20:04prémonitoire
20:05et c'est presque
20:05la quasi-totalité
20:06des problèmes
20:07auxquels nous sommes
20:07confrontés aujourd'hui
20:08qui trouvent leur racine
20:09dans ce moment-là
20:11dans ce moment
20:12de notre histoire
20:14et on a l'impression
20:16qu'on ne change pas
20:18ça revient
20:19on vous dit par exemple
20:20le rabot c'est pas bien
20:21alors tout le monde le dit
20:22et puis dès qu'on arrive
20:23au pied du mur
20:24on rabote
20:25mais c'est ça
20:25mais il vous reste
20:26une minute trente
20:26Henri Guenot
20:27il y a une question
20:28qui est considérable
20:29on ne parle pas
20:29de la sécurité
20:30de la justice
20:30de l'ordre
20:31il y aurait à dire aussi
20:32est-ce que c'est peut-être ça
20:33aussi dans le champ
20:34des idées
20:35dans le champ politique
20:35le manque d'hommes
20:37aussi considérables
20:38aussi puissants
20:39intellectuellement
20:39et aussi
20:40qui avaient le vrai sens
20:41de l'État
20:42certes
20:42mais aussi le sens
20:43de la France
20:43comme vous les avez cités
20:44les Pasquois
20:45les Séguin
20:45qui alors portaient ça
20:47c'est ça qui fait tout
20:48après on peut diverger
20:49sur un certain nombre
20:50de sujets
20:50mais c'est ça qui fait
20:52que j'ai un immense respect
20:53pour Jean-Pierre Chevènement
20:54et que c'est un homme d'État
20:56qui aimait la France
20:58voilà
20:58que Charles Pasquois
20:59toutes les différences
21:01qu'il pouvait avoir
21:01avec Séguin
21:03était un homme d'État
21:04qui aimait la France
21:05voilà
21:05personne ne pensait
21:06qu'il était de gauche
21:07parce que
21:08parce qu'il était
21:10à la justice sociale
21:11tout autant qu'à la nation
21:12bon
21:12si vous voulez
21:14moi ce qui me frappe
21:15ce qui est frappant
21:16enfin ce qui est désolant
21:17c'est ce qui est devenu
21:18la politique
21:18quand vous regardez
21:19l'accord signé
21:21les mêmes
21:22qui militent
21:23sans arrêt
21:24pour l'Europe
21:25et qui ont milité
21:26pour cette Europe là
21:27même maintenant
21:28se plaindre
21:28que la Commission européenne
21:31négocie
21:31mais la Commission européenne
21:32grâce à eux
21:33elle a le monopole
21:34juridiquement
21:36des négociations
21:37commerciales
21:38voilà
21:38donc il ne faut pas
21:39s'étonner
21:40et d'autre part
21:40il y en a assez
21:42de la politique
21:42qui consiste uniquement
21:44à venir sur la scène publique
21:46à s'indigner
21:46à éructer
21:48à faire des
21:49rhodomontades
21:50ou des espèces
21:50de tartarinades
21:51là vous allez voir
21:52voilà
21:53non mais il faut arrêter
21:54il faut
21:54on a eu un accord
21:56qui nous a évité le pire
21:58voilà
21:58et ce n'était pas raisonnable
21:59de rentrer dans une guerre commerciale
22:01maintenant
22:01que veut-on faire
22:02là rien
22:03il faut penser la suite
22:04merci beaucoup Henri Guénaud
22:05d'avoir été dans ce studio
22:06pendant plus d'une demi-heure
22:07pour cette grande discussion politique
22:09ancien conseiller spécial
22:10de Nicolas Sarkozy
22:11et vous l'avez proposé
22:12mais ça arrivera
22:13on vous réinvitera évidemment
22:14pour aborder ces grandes questions
22:15notamment la suite
22:16je vous souhaite une
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