- il y a 5 semaines
Chaque soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Voilà donc pour ce travail des équipes de Ligne Rouge. Je vous rappelle donc cette information des premiers ossements qui
00:07ont été retrouvés tôt ce matin.
00:10Ils vont être analysés à Pontoise avec des experts scientifiques. Sur place, évidemment, Cédric Jubilard a été accompagné de son
00:17avocat qui a témoigné ce soir longuement sur BFM TV.
00:20Et on va l'entendre évidemment régulièrement puisqu'ils disent des choses très importantes. Tout est allé très vite dans
00:27ce lieu qui n'avait pas été fouillé et qui se trouve à 10 kilomètres du domicile des Jubilard.
00:34Une journée décisive plus de 5 ans après la disparition de Delphine Jubilard. On va en parler avec notre première
00:41invitée. C'est Alain Bauer.
00:42Bonsoir Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, conservatoire national des arts et métiers, fondateur du pôle sécurité, défense, renseignement et
00:51auteur de l'essai
00:51La vérité sur le système Epstein aux éditions First. Bienvenue sur ce plateau. Première question Alain Bauer. Quel regard vous
01:02portez sur cette journée, quoi qu'on en dise, décisive dans cette affaire ?
01:07Est-ce qu'on est proche du dénouement ou est-ce qu'on a encore beaucoup de choses à apprendre
01:11?
01:13Écoutez, on était dans une affaire avec une scène de crime éventuelle et une absence de corps. Des dénégations, de
01:22l'enfumage, des vraies fausses révélations, des vraies fausses indications, des dénégations permanentes.
01:29Et puis on est face là à une réalité, une scène de découverte d'ossements dont on ne sait pas
01:37encore ce qu'ils sont, sur un lieu défini par le principal auteur qui est passé de « je nie
01:45tout » à « je suis en phase de rédemption et je donne ma réalité »,
01:50sur un lieu qu'il a lui-même indiqué, où il y a effectivement des éléments qui vont être étudiés
01:57et analysés par l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale,
02:00qui est une des meilleures institutions de recherche de police technique et scientifique du monde.
02:06Et puis après, il va y avoir la partie médecine légale. Vous avez vu à quel point il a été
02:10difficile dans l'affaire Liana, après quelques jours, de savoir ce qui s'est vraiment passé,
02:16malgré la découverte du cadavre dans un lieu à la fois très exigu et très moite.
02:23On voit les difficultés qu'il y a un an après, avoir une idée très précise de ce qui est
02:29passé sur le petit Émile Soleil, dont on n'a pas retrouvé l'ensemble du corps.
02:35Là, six ans après, vous imaginez l'ampleur et la difficulté de la tâche. Mais s'il y a quelque
02:39chose à trouver, ils le trouveront.
02:42Précisément, on voit à l'antenne cette information des équipes de BFMTV. Ce sont, selon nos premières informations, deux fémurs
02:49qui ont été retrouvées parmi les ossements.
02:51Je précise que les recherches vont se poursuivre. Ces ossements vont être analysés par les meilleurs experts.
02:57Est-ce que ça veut dire qu'on va savoir vite, quand je dis vite, d'ici quelques jours, si
03:02c'est bien Delphine Jubilard ?
03:05Ça dépend. L'état de conservation est-ce qu'on va pouvoir trouver qui permettrait de rattacher un ADN, une
03:13blessure sportive qui aurait amené à une intervention chirurgicale.
03:20Le fémur, ce n'est pas grand-chose, malheureusement. L'état de conservation aussi. Est-ce qu'on a pu
03:26aller au-delà du simple os ?
03:30Je ne vais pas faire du détail à cette heure-ci pour vos téléspectateurs, mais ils peuvent imaginer la différence
03:35et la décomposition qui peut exister sur un cadavre.
03:39Sur l'état d'éventuels autres éléments vivants, mais qui auraient pu permettre de conserver ici ou là de l
03:48'ADN.
03:48Donc, il y a un très important travail. Mais l'élément essentiel, c'est qu'il y a un corps.
03:54Ce n'est probablement pas une scène de crime, mais c'est un corps.
03:56Ce corps est probablement humain. Et dans ce corps probablement humain, et dans les éléments de ce corps probablement humain,
04:04il y a peut-être de quoi définir que les déclarations de M. Jubilard,
04:10qui a beaucoup nié, correspondent à la réalité. Et c'est l'hypothèse très clairement la plus probable.
04:15Alors, ce qui est frappant, vous venez de le dire, c'est ce changement d'attitude, quand même, de Cédric
04:21Jubilard. Comment l'expliquer, comment l'interpréter ?
04:25On va écouter ensemble Alain Bauer un extrait de la longue interview qu'a donnée son avocat ce soir sur
04:30BFMTV.
04:31Notamment sur la manière dont, aujourd'hui, à l'heure qu'il est, Cédric Jubilard qualifie les faits. On rappelle
04:38qu'il est passé aux aveux il y a deux jours. Dix jours, pardon.
04:41Il a fait des déclarations spontanées, c'est-à-dire qu'on n'a pas eu besoin de lui poser
04:44la moindre question. Il a expliqué précisément ce qui s'était passé,
04:48quel était le contexte dans lequel cet acte abominable, et là, je le cite, c'est lui qui parle d
04:53'un acte abominable a été commis par Cédric Jubilard,
04:55comment il a déplacé le corps de son épouse et dans quelles circonstances il a enseveli le corps là où
05:01les fouilles ont eu lieu ce matin.
05:02Donc, il a fait des déclarations très précises. Il a coopéré et collaboré entièrement avec la justice, comme les magistrats
05:07l'ont d'ailleurs rappelé.
05:08L'objectif est accompli. Maintenant, encore une fois, c'est une journée triste pour la famille de Delphine, bien évidemment.
05:14Vous savez ce qu'il a dit, Alain Bauer, à son avocat, Cédric Jubilard, lorsque ses ossements ont été retrouvés.
05:20Il lui aurait dit « Vous avez vu, maître, je ne vous ai pas menti. »
05:26Oui, alors d'abord, les accusés qui sont présumés innocents jusqu'à la fin de l'ensemble du processus judiciaire,
05:35ils ont le droit de mentir à leurs avocats.
05:36Ce n'est pas recommandé, mais ça arrive. Et les avocats qui sont des défenseurs, pas seulement d'ailleurs des
05:43accusés, mais aussi de la partie civile, souvent,
05:44ils peuvent être aussi des accoucheurs de la vérité. On l'avait vu avec maître Schoenderfer, qui vient assez souvent
05:50sur vos plateaux.
05:52On peut voir aussi ceux qui aident à l'aveu. Et c'est un élément qu'il ne faut pas
05:58sous-estimer.
05:59Les avocats ne sont pas là que pour défendre des coupables. D'abord, ils défendent aussi des innocents.
06:03Et parfois, ils permettent à des coupables présumés d'assumer, après de nombreuses années de déni, quelque chose.
06:11Mais qu'est-ce qui a pu être, selon vous, Alain Bauer, la bascule ? Est-ce qu'il a
06:16pris conscience de la gravité des faits ?
06:18Ou est-ce qu'il est dans une logique de stratégie bien huilée ? Ou est-ce que ça peut
06:23être un peu des deux, finalement ?
06:25L'un n'empêche pas l'autre. Et puis, je ne suis pas dans sa tête ni dans celle de
06:28son avocat.
06:30En tout cas, après une défaite terrible, après sa condamnation à 30 ans, ce qui n'est pas rien, dans
06:37une affaire sans cadavre.
06:40Ce qui n'est pas si simple à traiter en matière pénale, même quand il y a beaucoup de faisceaux
06:45de présomption et d'éléments circonstanciels qui,
06:48après une véritable autodestruction de son propre système de défense par Cédric Jubilard,
06:54qui a quand même laissé passer beaucoup d'informations contradictoires, disant tout et le contraire, faisant beaucoup de fumée avec
07:03ses amis, ses maîtresses, ses compagnons de cellules,
07:07que tout ceci ait été vrai ou inventé. Il y avait quand même une vraie fragilité dans ce qu'il
07:12annonçait.
07:13Je crois que l'élément le plus terrible a été sa condamnation et la manière dont il a compris, peut
07:19-être, que ce système de défense ancien,
07:23avec une autre équipe de défense, n'avait pas fonctionné.
07:26Peut-être que, justement, le fait d'accoucher la vérité était un élément important.
07:31Et puis, deuxièmement, il y a un système de défense clairement identifié, qui est celui de la rédemption.
07:36Ceci a été indiqué dès le début, puisque la première lettre de Cédric Jubilard, avant même qu'il soit entendu,
07:41a été largement rendue publique.
07:44Ensuite, il y a eu l'audition. Et rédemption est un mot qui vient très souvent.
07:48Le troisième élément, c'est le retour du, entre guillemets, crime passionnel, même si ce terme n'a aucun sens
07:54particulier.
07:55Mais il a été très longtemps utilisé, y compris dans les instituts de criminologie, à tort.
08:00Et il rappelle quelque chose qui voudrait dire, grosso modo, qu'il faut être deux pour avoir un résultat aussi
08:06terrible que celui qui est arrivé.
08:08Donc, le fait de passer à la rédemption est autant un soulagement par les aveux qu'un système de défense
08:14en lui-même.
08:15La question qu'il se pose aujourd'hui, c'est est-ce que le procès d'appel va pouvoir avoir
08:19lieu dans les délais où il a été prévu, c'est-à-dire très prochainement.
08:23Alors, visiblement, l'avocat de Cédric Jubilard semblait dire qu'à ce stade, c'était impossible. Ce procès en appel
08:29doit avoir lieu en septembre.
08:31Juste encore un mot sur ce qui s'est joué quand même ce matin.
08:35Aidez-nous à essayer de comprendre ce qui a pu se passer au moment de ces recherches, au moment où
08:42ces ossements ont été trouvés.
08:43C'est l'avocat, encore une fois, de Cédric Jubilard qui donne beaucoup d'informations et qui dit, à ce
08:47moment-là, Cédric Jubilard exprime des regrets très forts.
08:50Il a parlé d'un droit très particulier, enseveli de manière rudimentaire. Ça s'est fait très rapidement. Il était
08:56sûr à 90%.
08:58Et l'avocat de Cédric Jubilard dit même qu'à ce moment-là, il y a eu quand même une
09:03sorte de réconciliation générale entre les différents acteurs qui étaient sur place.
09:07C'est quand même très particulier ce qui s'est passé.
09:11Alors, je ne sais pas si le mot réconciliation est juste, mais je n'y étais pas.
09:13C'est le mot qu'il utilise.
09:15Oui, j'entends bien. Mais comme je n'y étais pas, je ne sais pas s'il est juge. Je
09:18pense que c'est la manière dont il l'exprime.
09:20Je pense qu'il y a toujours un soulagement très important quand, après de nombreuses années de recherche, on retrouve
09:25enfin un corps,
09:28ce qui permet de faire le deuil, d'aller vers la sépulture, d'aussi éventuellement de trouver des éléments dans
09:35le cadre des analyses de l'IRCGN
09:36qui pourraient déterminer s'il y a ou pas eu préméditation, les conditions exactes de la mort.
09:43Je rappelle que tout ceci s'est fait quand même en pleine nuit.
09:45Le fait de retrouver les lieux à 10 km du logement après quand même des années de recherche est une
09:50indication de combien c'est difficile de retrouver un corps.
09:54On l'a vu dans l'affaire de la petite Liana.
09:57S'il n'y avait pas eu ce témoignage spontané, on serait probablement ou peut-être encore en train de
10:01la chercher dans l'affaire Emile.
10:03Un an après, il a fallu la découverte entre guillemets miraculeuse d'une partie du squelette pour commencer à pouvoir
10:10faire le deuil de cet enfant.
10:12On se rend bien compte à quel point les recherches, ce n'est pas une surface plane sur laquelle il
10:17y a une indication avec une flèche
10:19pour dire c'est ici qu'on va trouver le corps.
10:21C'est très très compliqué et c'est parfois très proche et très bien caché.
10:25Donc pour vous, ça n'a rien de surprenant que les gendarmes, les enquêteurs soient passés à côté de cette
10:34zone là où ces ossements ont été trouvés
10:36alors qu'on est à 10 km du domicile des Jubilards ?
10:39Je propose qu'une équipe de BFMTV avec l'ensemble du personnel aille chercher un objet que vous allez cacher
10:46aujourd'hui à 10 km autour de BFMTV.
10:50Et s'ils le trouvent, on s'en reparle.
10:52Oui, donc même plus de 5 ans, ça peut ne pas suffire ?
10:57Ah non, il y a des corps qu'on retrouve des dizaines d'années plus tard qu'on ne retrouve
11:01pas du tout.
11:02Je rappelle qu'il y a des milliers de personnes qui disparaissent tous les ans en France, 10 000 disparitions
11:07inquiétantes,
11:08un millier d'enfants et qu'on a un millier de personnes qui sont encore enterrées sous X tous les
11:14ans dont on ne connaît pas l'identité.
11:15Et si on faisait le rapprochement, peut-être que ça soulagerait aussi beaucoup des familles à la recherche de leurs
11:20proches disparus.
11:23On trouve parfois des cadavres enterrés, cachés dans des murs.
11:28Récemment aux États-Unis, il y a encore eu des découvertes à l'occasion d'importants travaux de terrassement.
11:35On a toujours cette possibilité de retrouver un corps très longtemps après et puis la question de l'identification devient
11:45compliquée.
11:46Vous savez, Europol publie régulièrement des éléments sur des personnes disparues dont on n'a pas le cadavre ou des
11:53cadavres dont on n'a pas l'identité.
11:55Et 10 ans, 20 ans, 30 ans plus tard, on clôt des affaires.
11:58Il y a un pôle colquais enfin mis en place grâce à l'action déterminée des familles, des avocats et
12:04du procureur d'à l'Est à Nanterre.
12:06Il a plusieurs centaines d'affaires ouvertes et régulièrement, vous vous faites l'écho, à juste le titre, avec Dominique
12:12Rizet, que je veux saluer à cette occasion,
12:15de redécouvertes, de clôtures d'enquêtes qui ont 10, 15, 20, 30 ans.
12:19Donc il ne faut jamais désespérer.
12:22– Dominique Rizet qui sourit en vous écoutant et qui vous salue par la même occasion.
12:28– Bonjour Dominique, j'imagine qu'il est loin de nous, là, très loin.
12:31– Dominique, une question que vous aimeriez poser à Alain Bauer, vous qui avez évidemment commenté en direct toute la
12:38journée,
12:39cette affaire et ce rebondissement.
12:41– Alain, est-ce que c'est une stratégie de Cédric Jubilard d'avouer maintenant,
12:46de nous emmener maintenant sur les lieux de ce qui semble être de plus en plus l'endroit où il
12:53a enterré Delphine Jubilard ?
12:54Est-ce que c'est une stratégie ?
12:57– Vous savez Dominique, au tout début de cette affaire, nous étions ensemble sur un plateau,
13:01vous et moi on s'est regardés et on a eu ce moment très compliqué qu'on ne révèle jamais
13:05en général,
13:06qui est on a su que et on a décidé de ne pas le dire parce qu'on ne se
13:12lance pas à l'aveuglette
13:13dans la désignation d'un coupable alors qu'on est au tout début d'une enquête.
13:17Vous savez, il y a des moments comme ça où notre long passé sur le terrain pour vous
13:24et sur l'analyse criminologique pour moi nous amène à des moments où on se dit « c'est lui
13:30»
13:30et surtout on ne va pas le dire parce que d'abord on peut se tromper,
13:34mais on se le dit très fort dans nos têtes.
13:36Donc il y a un moment où c'est un manipulateur, vraiment, un dissimulateur, un menteur,
13:43ça il n'y a pas de débat psychologique à avoir là-dessus.
13:47Est-ce que l'ampleur de sa peine l'a amené à changer de stratégie de défense ?
13:52Oui, il a changé de défenseur.
13:54Est-ce que l'ampleur de sa peine l'a amené à considérer avec son défenseur
13:58que les aveux étaient une voie vers une atténuation de sa responsabilité
14:04et un début de commencement d'acquisition de la vérité ?
14:07Très probablement.
14:09Et d'ailleurs, la mise en scène de la lettre initiale est un indicateur de stratégie de communication.
14:15Mais l'un et l'autre peuvent aller ensemble.
14:18Comme je le disais tout à l'heure, c'est une stratégie de défense basée sur des aveux
14:23et la découverte d'un corps.
14:26Il aurait pu continuer à nier selon le principe « n'avoue jamais ».
14:30Alors précisément, on va écouter le son.
14:34Vous, ce que vous dites, c'est intéressant Alain Bauer,
14:36vous dites qu'avec Dominique Rizet, au fond, depuis le début,
14:40vous aviez l'intuition que c'était lui, mais vous ne vouliez pas le dire,
14:44par précaution évidemment, et pour respecter la présomption d'innocence.
14:49Oui, on respecte la présomption d'innocence,
14:52mais en fait, tous ceux qui nous regardent savent que c'est une phrase qu'on répète,
14:55une formule qu'on répète toutes les dix phrases pour être tranquille
14:59et pas avoir un procès des avocats.
15:01Il y a une expression de vieux journalistes que j'ai connues,
15:05des vieux faits diversiers, qu'Alain a connus aussi quand j'étais à France Soir.
15:09On disait d'un type, quand ça démarrait mal,
15:11on disait « celui-là, ils ne sont pas bons sous les bras ».
15:13Vous voyez ?
15:14Et la formule, elle veut tout dire.
15:17Et quand on voit Jonathan Daval, dès les premiers jours,
15:20qui marche en pleurant et en cherchant sa femme,
15:23ils ne sont pas bons sous les bras.
15:24Quand on voit Michel Pial, qui n'est pas encore jugé,
15:29qui pleure sa femme, sa disparition,
15:32c'est la même chose.
15:35Et en fait, Jubilard, il entrait dans le cercle de ces gens-là, bien sûr.
15:40Mais tous ceux qui nous regardent le savent.
15:42Ils n'ont qu'à regarder nos regards, nos expressions,
15:45et ils savent très bien ce qu'on pense.
15:47Ils pensent la même chose que nous.
15:48Mais on répète à chaque fois.
15:50Il est présumé innocent.
15:53Mais c'est certain qu'avec Jubilard, dès le début, ça ne sentait pas très bon.
15:57On recevait ses avocats, on leur disait « mais quand même, il est éminemment antipathique ».
16:01Et je me sens de la réponse.
16:02Ces avocats de l'époque, Alexandre Martin et Emmanuel Franck,
16:05qui disaient « oui, mais » et on savait ce qu'il allait nous répondre,
16:07« ça ne fait pas de lui un coupable. »
16:09« Ben oui, mais il n'est pas sympa. »
16:11Et un vrai bon client, qui n'a pas tué sa femme,
16:15et qui va parler, on va sentir comme qu'il y a un truc.
16:19Là, ils ne sont pas…
16:20Tu sais, il faut être ému.
16:23Il faut être ému.
16:24Et M. Viala, qui est avocat général sur l'affaire Ranucci,
16:28il a dit un jour, il a eu cette formule, c'est terrible,
16:31il a dit « ben moi, je n'ai pas été ému »,
16:34sous-entendu par Christian Ranucci.
16:36Alors, j'ai demandé la peine.
16:37– Intéressant. Alain Bauer, dernière question.
16:40Est-ce que vous allez écrire un livre sur cette affaire jubilard ?
16:44– Écoutez, j'en écris beaucoup.
16:47– Mais avouez que celle-là est quand même particulière.
16:50– Oui, oui, bien sûr.
16:51Il faudra que je m'y plonge.
16:54Mais moi, j'écris les livres quand on sait à peu près tout,
16:56quand tous les éléments permettent d'arriver à une forme de conclusion
17:01et d'explication.
17:02Il y a une pédagogie dans le livre.
17:04Pour moi, le livre n'est pas un fait divers,
17:07un fait divers, c'est un sujet qu'on traite au fil de l'eau,
17:10mais plutôt un moment où on peut fixer les choses.
17:14Dans l'affaire Epstein, je n'ai pas fini d'écrire,
17:18mais j'ai voulu marquer un moment particulier.
17:21Là, il va falloir se mettre, ou je me mets d'ailleurs,
17:24bientôt sur la suite.
17:26Vous voyez, il y a des éléments comme ça
17:28qui doivent être pris en compte.
17:30Mais il méritera probablement, à l'issue de son deuxième procès,
17:34qu'on écrive quelque chose.
17:36Merci beaucoup, Alain Bauer.
17:38Merci d'avoir été avec nous à distance.
17:40On va tout de suite retourner sur place à Cagnac-les-Mines,
17:44dans le Tarn, évidemment, là où tout s'est joué aujourd'hui,
17:48avec Mathéo Rivière qui est sur place,
17:50là où les recherches ont eu lieu.
17:53Quelles sont les dernières informations ce soir ?
17:55Et que se passe-t-il ?
17:57Est-ce que le dispositif est toujours en place ?
17:59Qui y a-t-il autour de vous ?
18:04Oui, nous sommes à environ 500 mètres de ce périmètre
18:07où ont eu lieu les fouilles aujourd'hui,
18:09qui pour des raisons évidentes,
18:10un périmètre qui a été interdit au public.
18:13Et à la presse, ça se trouve juste derrière moi,
18:15c'est des fouilles qui ont été stoppées pour la nuit.
18:19Elles reprendront dès demain,
18:21dans ce champ de jachères,
18:23inexploité par les agriculteurs.
18:25Ici, c'est une zone qui est comprise
18:27entre la commune de Mayoc et la commune de Villeneuve-sur-Vert
18:31où donc s'effectuent également des recherches.
18:34Il faut rappeler que cette zone a été indiquée
18:36par Cédric Jubilard lui-même,
18:38une zone jusqu'alors pas inexploitée par les enquêteurs.
18:42Et donc, depuis ce matin, 10 heures,
18:44on a pu observer un important dispositif de gendarmerie.
18:47D'un côté, plus de 100 agents déployés,
18:50mais également avec 7 experts de l'IRCGN,
18:53dont un médecin légiste, mais également un biologiste.
18:56Ce que l'on peut vous dire ce soir,
18:58c'est que selon une source proche de l'enquête
19:01pour BFM TV, parmi les ossements exégumés
19:03par les enquêteurs, il y a deux fémurs,
19:08cette partie basse, ces os de la cuisse
19:10qui sont très solides, qui ont donc pu être conservés.
19:14Ce soir, ce que l'on peut vous dire,
19:15c'est que ces ossements n'ont pas pour l'heure
19:16été transférés à l'IRCGN
19:19où des analyses complémentaires doivent être menées.
19:21Mais ici, il y a encore une grande partie du dispositif
19:24qui reste employée pour sécuriser les lieux.
19:27Ici, ce soir, il y a une relève
19:28de la part de la gendarmerie
19:29qui a eu lieu il y a quelques minutes
19:31parce que ici, les fouilles pourraient durer
19:33plusieurs jours.
19:34Merci beaucoup Mathéo Rivière
19:36avec Louis Gagnepin.
19:37Gagnepin, bonsoir Mathias Tessou.
19:40Bonsoir.
19:40Bienvenue sur ce plateau.
19:41Et bonsoir à vous Marion Ménage,
19:44avocate pénaliste au barreau du Val-d'Oie.
19:46Je viens vers vous, tous les deux dans un instant,
19:48mais d'abord une réaction.
19:49Nous sommes avec le maire de Mayoc, dans le Tarn.
19:53C'est là donc où ces ossements ont été retrouvés aujourd'hui.
19:57Bonsoir monsieur le maire.
19:58Merci d'être avec nous.
20:00J'imagine que cette journée que vous venez de vivre
20:04ne ressemble à aucune autre
20:06depuis le début de votre mandat.
20:11Bonsoir.
20:12Oui, effectivement, la journée a été particulièrement pénible.
20:16Disons que dès ce matin, à 7h,
20:18j'ai eu un appel de la gendarmerie
20:20me disant que la départementale 600
20:22allait être interdite à la circulation
20:24et que des fouilles allaient être...
20:28Pardon, il allait y avoir des fouilles
20:30sur l'autre commune de Mayoc.
20:32Et puis, voilà, et depuis,
20:35c'est des coups de fil sans arrêt.
20:39Et c'est assez pénible à supporter, oui.
20:41Effectivement.
20:42Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
20:45L'enquête se déroule.
20:48Écoutez, je suis...
20:49On vous sent un peu sauvé.
20:50... surpris et surtout...
20:52Oui, c'est surtout l'incompréhension
20:55qui domine.
20:56Surpris, bon, que M. Jubilard
20:59ait choisi ce lieu,
21:01parce que c'est pas un lieu qui est isolé.
21:04Il est en bordure départementale.
21:06Bon, maintenant, c'est pas un lieu
21:07qui est quand même très fréquenté.
21:10Il y a une compréhension,
21:12parce que c'est un lieu quand même
21:16qui est fréquenté par les chasseurs.
21:18Chaque année, il se déroule des battus,
21:20une période de chasse.
21:22Et je suis étonné quand même
21:23que ce soit les chiens,
21:25que ce soit les chasseurs,
21:27personne n'ait rien remarqué.
21:29C'est vrai que de ce côté-là,
21:31je comprends pas.
21:33Que disent les habitants de votre commune,
21:35M. le maire, ce soir ?
21:37C'est une petite commune, hein ?
21:38Écoutez, les habitants,
21:40oui, c'est une toute petite commune.
21:42On est 300 habitants,
21:44on se connaît tous.
21:46Je vous dis,
21:47j'ai pas eu l'occasion
21:47de rencontrer grand monde,
21:49mais je pense que tout le monde
21:51est comme moi,
21:51tout le monde est surpris,
21:53personne ne comprend
21:54ce qui se passe réellement.
21:57Surtout que, bon,
21:58là, l'enquête est en cours.
22:00Bon, nous, on est tenu
22:01un peu à l'écart de l'enquête,
22:02ce qui est normal,
22:02mais on n'a pas à être sur le lieu,
22:06on n'a pas à interférer
22:08le travail des enquêteurs.
22:11Et donc, on attend,
22:12on attend le déroulé
22:15et ce qui peut ressortir.
22:18De ces recherches qui se poursuivent
22:20et qui pourraient durer plusieurs jours.
22:21Merci beaucoup, M. le maire,
22:22pour votre témoignage.
22:24Oui, attendez, M. le maire,
22:26il y a Dominique Rizet
22:27qui a une question à vous poser.
22:28Peut-être, je vous ai vu réagir
22:29sur les lieux
22:30et ce qui se passe autour des lieux,
22:32c'est ça ?
22:32M. le maire,
22:33moi, je viens d'une campagne
22:34comme la vôtre
22:34et je suis chasseur.
22:35Donc, je m'étonne aussi
22:36que les chasseurs
22:37qui se promènent dans ces endroits-là
22:39n'aient rien vu avec leurs chiens.
22:41Cet endroit, ce lieu dit,
22:42ça s'appelle comment ?
22:46Alors, ce lieu dit,
22:47c'est la Mélonier.
22:50La Mélonier.
22:53Et ce champ,
22:54il appartient à qui,
22:56ce champ, M. le maire ?
22:59C'est un agriculteur
23:00qui n'habite pas Mayoc,
23:02d'ailleurs,
23:03il est sur la commune voisine.
23:05Et il a entretenu ce champ ?
23:09Oui, oui, oui.
23:10Enfin, vous parlez d'une jachère,
23:11mais moi, ma connaissance,
23:13c'est un chôme
23:13qui doit y avoir là.
23:15Non, moi, je ne parle pas d'une jachère.
23:16Je dis, est-ce que,
23:18là, il y a quoi ?
23:19Qu'est-ce qui est planté
23:20dans ce champ pour l'instant ?
23:21Il est entretenu ?
23:22Ça veut dire que l'agriculteur,
23:23il vient avec son tracteur.
23:25Ça fait 6 ans, quand même,
23:27que Delphine a disparu.
23:28Il vient avec son tracteur,
23:30il aboure ce champ,
23:31il est passé avec son tracteur
23:33à cet endroit-là ou pas ?
23:34Oui, tout à fait.
23:36Oui ?
23:36Écoutez, je ne sais pas exactement
23:38où ont été découverts les ossements,
23:41mais ce n'est certainement pas
23:43dans le champ,
23:43parce que dans le champ,
23:45quelqu'un les aurait...
23:46Enfin, je veux dire,
23:46ça se serait su.
23:47Enfin, on l'aurait vu.
23:50Je pense que c'est un lisière de bois
23:52ou...
23:52Enfin, je ne sais pas exactement
23:54où les ossements ont été découverts.
23:56Vous nous confirmez, en tout cas,
23:57que ce champ, il est entretenu,
23:58il est labouré par un agriculteur
24:01qui a son tracteur.
24:02Oui, c'est ça.
24:04Oui.
24:05Ce que vous semblez dire,
24:06monsieur le maire,
24:06vous semblez dire
24:07que ça n'est pas isolé
24:09du reste du monde,
24:10que c'est quand même
24:11un lieu un temps soit peu fréquenté.
24:13Vous semblez vous-même surpris
24:15qu'on ait absolument rien vu
24:18depuis plus de 5 ans, non ?
24:22Oui, effectivement.
24:23Je suis surpris.
24:24Je ne comprends pas, d'ailleurs,
24:26que la dépouille de cette dame
24:28soit restée 5 ans, là,
24:30sur notre territoire,
24:31sans que personne
24:33ait remarqué quoi que ce soit.
24:35Merci, monsieur le maire.
24:36Merci pour votre témoignage.
24:38Merci beaucoup
24:39et merci aux équipes de BFMTV
24:40qui ont permis la réalisation
24:42de ce duplex.
24:43Qu'est-ce qu'on sait précisément,
24:44bonsoir,
24:45bonsoir, Mathieu Spesso,
24:46de ces ossements
24:48qui ont été découverts,
24:49de la manière dont ces recherches
24:50se sont accélérées ce matin ?
24:52Alors, tout a commencé hier,
24:54en réalité,
24:55lorsque, dans le plus grand des secrets,
24:56Cédric Jubilard a été extrait
24:57de sa cellule
24:58pour être présenté
25:00à un magistrat,
25:01pas n'importe lequel,
25:02la présidente
25:03de la cour d'assises
25:03de Haute-Garonne,
25:05qui, maintenant que l'instruction
25:06est terminée,
25:07à la main sur ce dossier.
25:09Dans ce bureau,
25:10Cédric Jubilard
25:11a redit une nouvelle fois
25:13qu'il était bien
25:14à l'origine de la mort
25:15de sa compagne Delphine Jubilard
25:18et qu'il avait
25:18une connaissance précise
25:20de lieu du lieu
25:21où, eh bien,
25:22il avait déposé
25:23son corps
25:24le lendemain.
25:25Donc, aujourd'hui,
25:26ce matin,
25:26des fouilles ont donc été
25:27entreprises
25:28à une dizaine de kilomètres,
25:30manifestement,
25:30du domicile
25:31du couple Jubilard,
25:33voilà,
25:34sur une zone rurale
25:35comme on le voit
25:35à l'écran
25:36et peu avant 10h,
25:38effectivement,
25:39des ossements
25:40ont été retrouvés
25:41et ce soir,
25:42on sait que parmi
25:43ces ossements,
25:43il y a notamment
25:44deux fémurs
25:45qui correspondent
25:45donc à la zone
25:47plutôt basse
25:48du corps
25:49de la victime.
25:50On va l'appeler
25:50la victime
25:51parce qu'en l'absence
25:52d'identification
25:53ferme et définitive,
25:55eh bien,
25:55il n'y a pas de certitude
25:56à 100%
25:57qu'il s'agit bel et bien
25:58des ossements
25:59de Delphine Jubilard.
26:00C'est pour cela
26:00que ces prélèvements
26:01vont être envoyés
26:02dans les prochaines heures
26:03à l'IRCGN,
26:04à Pontoise,
26:05Institut de Recherche Criminelle
26:05de la Gendarmerie Nationale
26:06pour tenter
26:08d'avoir une identification
26:09ferme et définitive
26:10de ces ossements.
26:11Cédric Jubilard
26:12est passé aux aveux
26:13il y a 10 jours
26:15et c'est donc
26:15ces dernières heures,
26:16vous venez de nous
26:17l'écrire parfaitement,
26:17Mathias Tessot,
26:18qu'il a décidé
26:19de dire
26:20où se trouvait
26:21potentiellement
26:22la dépouille
26:23de Delphine Jubilard.
26:25Pourquoi maintenant ?
26:26Pourquoi cette accélération
26:28de Cédric Jubilard ?
26:29Écoutez ce que dit
26:30à ce propos
26:31l'avocat de Cédric Jubilard
26:33qui a été longuement
26:34sur notre antenne ce soir.
26:35Ce qu'il espère
26:36c'est simplement
26:38aider ses enfants
26:39à avoir
26:40enfin une sépulture
26:41pour faire leur deuil.
26:43Ça c'est quelque chose
26:43d'important,
26:44il m'a demandé de le dire
26:44donc je le dis
26:45et c'est la réalité.
26:47Et il espère un jour,
26:48pas tout de suite
26:48mais dans de nombreuses années,
26:49être peut-être réhabilité.
26:51Il a bien conscience
26:52qu'il n'attend rien
26:53de la justice aujourd'hui
26:54si ce n'est la vérité
26:55et la transparence.
26:56Bonsoir Maître Malika Schmani,
26:59vous êtes l'avocate
27:00des enfants de Cédric
27:02et Delphine Jubilard.
27:04Que répondez-vous
27:05à ces mots
27:06que l'on vient d'entendre,
27:07ces explications données
27:08ce soir par l'avocat
27:09de Cédric Jubilard,
27:10une réhabilitation
27:12et surtout
27:12la volonté de donner
27:14une sépulture
27:15à ces enfants ?
27:17J'ai envie de dire
27:18qu'il n'est jamais trop tard
27:19en fait.
27:20On arrive 5 ans et demi
27:21plus tard
27:21mais on prend
27:22tout ce qui est
27:23dans l'intérêt des enfants
27:24et je crois que c'est important
27:25ce qui s'est passé aujourd'hui.
27:27Voilà, c'est effectivement
27:28un pas que Cédric Jubilard
27:30fait en direction
27:31de ses enfants.
27:32Le chemin,
27:33il va être long.
27:34À mon avis,
27:36ça va être très compliqué.
27:37Pour autant,
27:38aujourd'hui,
27:38c'était une nécessité,
27:40en tout cas,
27:40c'était une demande
27:41pressante de lui,
27:43une demande que j'avais
27:44déjà adressée
27:44le mois dernier.
27:45Donc voilà,
27:46c'est une bonne
27:48triste nouvelle,
27:49j'ai envie de dire,
27:49parce qu'il faut relativiser
27:50et ça reste des enfants
27:51qui ont perdu
27:52leur moment.
27:53Aujourd'hui,
27:54on leur donne juste
27:54la possibilité
27:55de commencer un deuil.
27:57Est-ce que vous les avez vus
27:58ou eus aujourd'hui
28:00ces enfants au téléphone ?
28:02Alors,
28:03ils ont été informés.
28:04Alors,
28:05on a souhaité
28:07que ça se passe
28:08le mieux possible
28:08et ça s'est passé
28:09le mieux possible
28:10avec effectivement
28:11la tante
28:12et l'oncle.
28:15on a été en lien
28:16bien sûr
28:16avec eux
28:17et voilà,
28:17ils sont informés
28:18bien sûr.
28:19C'est-à-dire,
28:20vous avez eu envie
28:21que ça se passe
28:21le mieux possible ?
28:23C'est quelque chose
28:25qui est compliqué
28:25parce que vous avez
28:27tous les médias
28:27qui en parlent
28:28et il faut aussi
28:29trouver des mots.
28:30On a aujourd'hui
28:31beaucoup d'incertitudes.
28:34Une certitude,
28:35c'est que,
28:35en tout cas,
28:36en mon sens,
28:37puisqu'on me l'a annoncé,
28:39c'est un magistrat
28:39qui me l'a indiqué,
28:40pour moi,
28:41il n'y a pas de doute
28:41sur le fait
28:42que ce soit
28:43la dépouille
28:43de Delphine Jubilard
28:44puisque c'est
28:45l'endroit précis
28:46qui a été évoqué
28:47par Cédric.
28:48Il est amené là
28:49donc je pense
28:49qu'il n'y a pas
28:50de doute là-dessus
28:51sinon on ne l'aurait
28:51pas annoncé
28:52aux enfants.
28:54Maintenant,
28:55ça reste une nouvelle
28:57qui est difficile
28:57à encaisser.
28:59Il faut leur laisser
28:59le temps
29:00à ces enfants.
29:01Évidemment,
29:02il n'y a pas de mots
29:03d'ailleurs,
29:04je pense,
29:04pour décrire
29:05ce qu'ils sont
29:05en train de vivre.
29:07Est-ce que vous savez,
29:08on sait que Louis,
29:09le fils de Delphine
29:10et Cédric Jubilard
29:12pressait son père
29:13depuis des semaines
29:14et des mois même
29:16de dire la vérité
29:17à vos côtés d'ailleurs.
29:19Est-ce que vous pouvez
29:21nous dire
29:21comment il a réagi
29:24aujourd'hui
29:24face à cette vérité
29:26qui est en train
29:26de se présenter
29:28face à lui ?
29:30Je pense qu'il a été
29:31sous le choc
29:32et sous le coup
29:32de l'émotion
29:33qu'il faut laisser
29:34le temps de la digestion
29:35et que forcément,
29:37il y a une différence
29:38entre l'idée
29:39et la certitude
29:40qu'on a
29:40et puis une réalité,
29:42c'est qu'il reste aussi,
29:44je crois qu'il faut
29:45s'imaginer ça,
29:46c'est des enfants,
29:47il ne vous reste
29:47que des os
29:48de votre mère en fait.
29:49Je crois qu'il y a ça
29:50aussi qu'il faut dépasser.
29:52Donc,
29:53j'ai envie de dire
29:55beaucoup d'émotion
29:56et de tristesse.
29:57Vous l'avez vu,
29:58vous Cédric Jubilard,
30:00vous dites d'ailleurs
30:01qu'une dernière conversation
30:03avec lui
30:04et ses enfants
30:05a peut-être été décisive,
30:07mais ce que je veux dire,
30:08c'est que vous l'avez côtoyé,
30:09vous avez vu son comportement.
30:11Quand vous voyez aujourd'hui
30:12dans quelle mesure
30:13il parle,
30:14ce qu'il dit
30:14et dans quelle mesure
30:15il fait avancer
30:16cette enquête,
30:17est-ce que vous avez
30:18l'impression
30:19d'avoir quelqu'un
30:19qui a changé de visage
30:23et comment vous expliquez
30:24ce basculement ?
30:26Alors,
30:27moi,
30:27je ne vais pas affirmer cela.
30:29Moi,
30:29je pense qu'on n'a pas le recul.
30:30Je n'ai pas ses déclarations
30:31aujourd'hui.
30:32Je sais juste
30:33qu'effectivement,
30:34il a donné aux enfants
30:37la possibilité
30:38de pouvoir faire un deuil,
30:39en tout cas un début,
30:41un début de quelque chose.
30:42Alors,
30:43sous-revirement,
30:43je ne sais pas.
30:44Moi,
30:44je n'ai pas le recul.
30:45J'attends de voir sa position.
30:47J'entends ce que dit
30:48son avocat.
30:50Moi,
30:51je n'ai pas de procès encore
30:52où je vais pouvoir juger
30:53moi-même.
30:56Voilà.
30:56Moi,
30:57je crois peut-être
30:59qu'il a,
30:59j'espère en tout cas,
31:00qu'il n'y a pas de stratégie
31:01parce que ce serait
31:04le contraire
31:05à l'intérêt des enfants.
31:06J'espère qu'il a cheminé
31:08véritablement.
31:09Moi,
31:09je ne vais pas dire
31:10qu'il fait ça
31:11pour avoir moins
31:11d'années de prison.
31:13Je n'ai pas le recul.
31:14Ce que je sais,
31:14c'est qu'aujourd'hui,
31:16il y a une avancée,
31:18que c'est un soulagement
31:19et à la fois
31:20une tristesse infinie.
31:22C'est le...
31:23c'est compliqué.
31:24Voilà.
31:25Déjà,
31:25il faut...
31:26La suite pour des enfants,
31:28c'est pouvoir
31:28enterrer leur maman.
31:30Évidemment.
31:30Restez avec nous,
31:31s'il vous plaît,
31:32Maître Malika Schmani,
31:32parce qu'on a évidemment
31:34plein de questions
31:34à vous poser.
31:36Votre réaction,
31:38Marion Ménage,
31:38tout ce que l'on vient de dire.
31:40Il y a eu quand même
31:41beaucoup de propos
31:42de la part
31:42de l'avocat
31:45de Cédric Jubilard
31:46qui interpelle.
31:47Il a beaucoup parlé
31:48ce soir notamment,
31:49il a beaucoup prononcé
31:49ce mot,
31:50ce désir de réhabilitation
31:52de Cédric Jubilard.
31:54Vous,
31:55comment vous analysez
31:56tout ce qu'on a entendu
31:58depuis ce matin
31:58de la part
31:59de Cédric Jubilard
32:00et de ses avocats ?
32:02Est-ce qu'il manipule,
32:04selon vous ?
32:05En réalité,
32:06c'est souvent un tout.
32:08J'ai assisté, moi,
32:09à plusieurs reprises
32:10des accusés
32:10qui, entre le premier procès
32:12et le deuxième,
32:13font le choix
32:14de reconnaître.
32:15La première question,
32:16c'est de dire
32:16maître,
32:17j'y vais quand ?
32:18C'est déjà
32:19un premier point
32:20sur lequel on doit
32:21se positionner
32:22quand notre client
32:23nous dit
32:24je lâche,
32:25j'y vais,
32:26je veux reconnaître.
32:27La première question,
32:28c'est qu'est-ce qu'on fait ?
32:29Est-ce qu'on y va maintenant ?
32:30Est-ce qu'on prévient
32:31la cour d'assises d'appel
32:32tout de suite ?
32:33Est-ce qu'on attend
32:34l'audience
32:34parce que finalement
32:35ces mots-là,
32:36on veut les réserver
32:37peut-être aux parties civiles,
32:38aux victimes ?
32:40Je dois avouer
32:41que moi,
32:42à trois reprises,
32:43c'est ce qui s'est produit.
32:44C'est-à-dire que
32:45quitte à avoir menti
32:46pendant des années,
32:48mes clients ont considéré
32:49qu'ils devaient ça
32:51à leurs victimes.
32:52Et donc,
32:52ils ont fait le choix
32:53à chaque fois
32:54de réserver
32:55leur première déclaration
32:56pour la cour d'assises
32:57parce que
32:58ceux qu'ils voulaient
32:59regarder droit dans les yeux,
33:00c'était leurs victimes.
33:02C'était un choix.
33:04Ça veut dire
33:04qu'ils ont attendu
33:05le deuxième procès
33:06avant de passer aux aveux ?
33:07Ils ne l'ont pas fait avant,
33:08c'est ce que vous dites.
33:08Contrairement à ce qui se passe
33:09là en ce moment.
33:10Exactement.
33:10Mais je pense que
33:12c'est très personnel à chacun
33:13et au cheminement
33:14qui est le leur.
33:15Est-ce que c'est de la rédemption ?
33:17Est-ce que c'est envie
33:17de soulager sa conscience ?
33:19Est-ce que c'est de la stratégie ?
33:20Est-ce que c'est de se dire
33:21j'ai essayé de nier,
33:22j'ai pris 30,
33:23je vais essayer autre chose
33:24et je vais essayer
33:25de prendre un peu moins ?
33:26Peut-être,
33:27mais peut-être aussi
33:28que tout ça
33:28est probablement
33:29un peu mélangé.
33:30Ce qui est certain,
33:31c'est que pour un avocat,
33:33c'est plus confortable
33:34d'accompagner aux assises
33:36un accusé
33:36qui reconnaît les faits.
33:39Et pouvoir venir expliquer
33:41qui il est,
33:42d'où il vient,
33:43pourquoi peut-être
33:43il y a eu ce passage à l'acte,
33:44qu'est-ce qu'il va être demain,
33:46qu'est-ce qu'on peut attendre de lui
33:47dans les 10 ans,
33:4820 ans,
33:4930 ans qui vont venir.
33:51Ça nous ouvre à nous,
33:52avocats,
33:52un champ de plaidoiries
33:54qu'on n'a pas
33:54quand on est
33:55aux côtés d'un client
33:56qui est dans une position
33:58de négation.
33:59Parce que là,
33:59on s'en fiche
34:00de d'où il vient
34:00puisque de toute façon
34:02il ne l'a pas fait.
34:03Et on s'en fiche
34:04de comment va-t-il évoluer demain
34:06puisque de toute façon
34:07il ne l'a pas fait.
34:08Donc c'est une défense
34:10qui est très différente.
34:11On va s'attacher au dossier
34:12quand on a un client
34:13qui nie,
34:13on va s'attacher davantage
34:15à la personnalité
34:16et à tout l'environnement
34:16quand on a un client
34:17qui reconnaît
34:18et à titre très personnel,
34:20je trouve que c'est plus confortable.
34:22C'est une évidence.
34:23On va écouter à nouveau
34:25l'avocat de Cédric Jubilard
34:26qui raconte
34:27comment Cédric Jubilard
34:29a réagi
34:30donc ce matin
34:31au moment des recherches,
34:33au moment où des ossements
34:34sont découverts
34:34à 10 km de son domicile.
34:38Il y a un moment
34:38d'immense soulagement
34:40pour nous tous.
34:42Vous m'avez posé
34:42une question tout à l'heure.
34:44Moi je me retourne
34:44vers Cédric Jubilard
34:45et il me dit
34:45mais maître,
34:46je vous l'avais dit,
34:47je ne vous ai pas menti.
34:48Voilà ce qu'il m'a dit
34:49et un grand moment
34:51de soulagement
34:51qui a pu se lire
34:52sur le visage
34:53de tous les protagonistes
34:54qui étaient là
34:54et qui étaient vraiment
34:55très nombreux, bien sûr.
34:56C'était un moment historique.
34:57C'est un moment tellement fort
34:58qu'on a du mal à réaliser.
34:59C'était le cas pour lui aussi.
35:01Beaucoup d'émotions
35:03à un moment donné
35:04on ne réalise pas,
35:05on est submergé par l'émotion
35:06qu'encore une fois
35:07qu'on soit magistrat,
35:08avocat
35:08ou qu'on soit même
35:10Cédric Jubilard,
35:11c'était un moment fort.
35:12Lui, ça lui a permis
35:13de se déverrouiller,
35:14de soulager enfin sa conscience
35:15et évidemment ça a suscité
35:17beaucoup d'émotions
35:18dans son esprit.
35:19Ça c'est une certitude.
35:21Vous l'avez écouté attentivement
35:22avec moi Mathias Tesson,
35:24il a donné énormément,
35:25il est dans son rôle évidemment,
35:27il parle aujourd'hui
35:28parce qu'il sait
35:29qu'il doit le faire
35:30mais il a donné
35:30beaucoup de détails
35:31quand même
35:31sur la manière
35:32dont les choses
35:33se seraient déroulées
35:34donc au moment
35:35de ses recherches
35:35et de cette découverte.
35:37Il nous a un peu plongé
35:38dans cette scène.
35:40Oui, absolument.
35:41C'est vrai que Jubilard
35:42a formulé des indications
35:43très précises
35:44sur le lieu
35:45où il avait pu
35:46entreposer ce corps
35:47et c'est vrai que
35:48très rapidement
35:50les gendarmes,
35:51les enquêteurs
35:51ont retrouvé
35:52ces ossements.
35:53Il s'est montré
35:54très coopératif
35:56nous dit-on
35:58Cédric Jubilard.
35:59Sûr à 90%.
36:00Voilà,
36:01parce que évidemment
36:02manifestement
36:03c'est un grand terrain
36:04et donc
36:05plus de 5 ans après
36:06peut-être que
36:07ses souvenirs
36:07ne sont pas
36:09complètement intacts.
36:10C'était donc
36:10un moment de vérité
36:12pour lui,
36:12pour Cédric Jubilard,
36:14un moment
36:15qui évidemment
36:17fera date
36:17dans l'histoire
36:19de cette affaire
36:20et on parlait
36:22tout à l'heure
36:23de ce qu'il pourrait
36:24obtenir éventuellement
36:25Cédric Jubilard
36:26en appel
36:26avec cet aveu
36:27et aussi
36:28ces ossements
36:30qui ont été retrouvés.
36:31Peut-être que ça ne se soujouera pas
36:33tant sur la peine
36:34qui sera prononcée
36:35parce que
36:35évidemment
36:36il sera condamné
36:37en appel
36:38Cédric Jubilard
36:38mais peut-être
36:39sur les aménagements
36:40de peine
36:41qu'il pourrait
36:41solliciter
36:42via ses avocats
36:43une fois
36:45condamnés
36:46puisque
36:46les juges
36:47d'application
36:48des peines
36:48qui sont chargés
36:49de ces aménagements
36:49de peine
36:50pourraient être
36:51sensibles
36:51au fait qu'il ait
36:53formulé des aveux
36:54au fait qu'il ait aidé
36:55effectivement
36:56à ce que le corps
36:57soit retrouvé
36:58et grâce à cela
37:00un juge d'application
37:01des peines
37:02pourrait se dire
37:03que cet individu
37:04peut éventuellement
37:05se réinsérer
37:06dans la société
37:07peut-être
37:07avant l'issue
37:09de sa peine
37:10l'issue totale
37:11de sa peine
37:11qui sera prononcée
37:12en appel.
37:12Malika Chmani
37:14est-ce que maintenant
37:15que Cédric Jubilard
37:16est passé
37:17aux aveux
37:18maintenant que
37:19des ossements
37:20qui sont
37:21probablement
37:21ceux de celle
37:22d'Elphine Jubilard
37:23ont été retrouvés
37:24il est prévu
37:27que ses enfants
37:29s'entretiennent
37:30avec lui
37:31par visio
37:32comme ils l'ont
37:32déjà fait
37:33par le passé
37:34non
37:35c'est pas d'actualité
37:36on n'est vraiment
37:36pas sur ça
37:38lorsque le mois dernier
37:39j'assistais à une audience
37:40devant le juge
37:40des enfants
37:41il faut vraiment
37:41comprendre le cadre
37:43moi j'ai
37:43il y a eu
37:44un entretien
37:45juge enfant
37:46les enfants sont sortis
37:48et après il y a eu
37:48le père en visio
37:49donc les enfants
37:51ne sont pas présents
37:52et ils n'ont pas vu
37:53leur père
37:53depuis juin 2021
37:56donc
37:58avant qu'il y ait
37:58autre chose
37:59il faut
38:00il faut une avancée
38:01on n'est pas sur ça
38:03vraiment
38:03il y a
38:04tout un travail éducatif
38:06et on part de
38:06quasiment zéro
38:07on a eu 5 ans
38:09où Cédric Jubilard
38:10n'a pas trop
38:12travaillé
38:12en tout cas
38:12sur une remise en question
38:13par rapport à son comportement
38:14parce qu'au-delà
38:15des faits
38:16il y a eu son comportement
38:17à l'égard de son fils
38:18où il y a des violences importantes
38:20là-dessus
38:21il n'a pas travaillé
38:21donc on n'est pas
38:22sur une visio
38:23il n'y a pas de demande
38:24là-dessus
38:25parce que bien sûr
38:26les enfants
38:27ils seront accompagnés
38:28dans le cadre
38:29d'une demande
38:29s'ils le souhaitent
38:30il y a une demande
38:31qui avait été formulée
38:32il y a quelque temps
38:33par lui
38:33mais il n'est plus
38:35sur ça en fait
38:35aujourd'hui
38:36on n'a pas des enfants
38:36qui manifestent un désir
38:40de voir leur père
38:41donc il n'y aura pas
38:41quelque chose
38:42qui sera organisé
38:43après il faut comprendre
38:44aussi qu'un appel
38:44s'il y a un retrait
38:46de l'autorité par date
38:47qui est confirmé
38:48il n'y aura pas de travail
38:49qui sera fait
38:50au niveau éducatif
38:50c'est fini tout ça
38:53Merci Maître Malik Cashmani
38:54d'avoir été avec nous
38:56ce soir sur BFM TV
38:58merci à tous les trois
38:59on se retrouve évidemment
39:00dans quelques instants
39:00puisqu'on va revenir
39:01très longuement ce soir
39:03encore sur cette affaire
39:04ces rebondissements
39:05et puis on
39:05C'est parti !
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