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  • il y a 4 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Je vais vous proposer quelques réactions politiques alors que l'Assemblée Nationale a adopté la légalisation de l'euthanasie et
00:09du suicide assisté hier,
00:12donc par un vote qui s'est joué à pas grand chose, mais le suicide assisté et l'euthanasie sont
00:18définitivement adoptés à l'Assemblée.
00:21Je vous propose d'écouter d'abord Bruno Retailleau qui a parlé d'une loi d'abandon, l'ancien ministre
00:27de l'Intérieur est sénateur désormais.
00:28Ce n'est pas une loi de fraternité, c'est plutôt une loi d'abandon pour plusieurs raisons.
00:33Ma crainte, c'est qu'on fasse peser sur les souffrants, ceux qui sont au crépuscule de leur vie, cette
00:39question qui est insupportable, inhumaine, qu'ils devront se poser.
00:43Suis-je devenu un poids pour mes proches et pour la société ? Est-ce qu'il ne faut pas
00:47en finir plus vite ?
00:48Ce qui est terrible, c'est qu'en France, on a un énorme déficit. Le vrai scandale, il est où
00:52aujourd'hui ?
00:53Le vrai scandale, c'est qu'il y a à peu près 500 personnes par jour qui meurent sans pouvoir
00:57bénéficier de soins palliatifs.
00:59Mais regardez le système de santé, ça craque de partout.
01:01Entre une injection ou une capsule qui ne coûte rien et des soins palliatifs qui coûtent très cher, qu'est
01:07-ce qui va se passer ?
01:07On va avoir dans notre société une pression financière, économique. C'est ça qui est difficile.
01:13Et je vous propose d'écouter le ministre en charge des relations avec le Parlement qui devait, hier, mais ça
01:20a été reporté.
01:20Le cocktail ?
01:21Le cocktail, effectivement, pour célébrer. Alors ça a été contesté par le ministre, mais c'était présenté ainsi par les
01:29membres du CESE.
01:30Par le mail qui a été envoyé à toutes les personnes invitées. Nous vous convions à un cocktail pour célébrer
01:35l'adoption de la loi sur la fin de vie.
01:37Et le ministre des relations avec le Parlement nous a dit qu'il n'y aura pas de cocktail ni
01:41de nourriture.
01:42Et pourtant, dans le mail, il y avait bien, je cite, « si vous avez des contre-indications alimentaires, merci
01:47de le préciser ».
01:48Non, c'est invraisemblable.
01:49Dans le mail du ministère des relations avec le Parlement, il n'y avait pas le terme de cocktail.
01:55C'est dans le message d'information qui a été envoyé par le CESE.
02:00Exactement.
02:02Qui est la Convention citoyenne.
02:03Elisabeth Assaya, quel regard vous portez sur l'échange ?
02:07Et c'est vrai qu'habituellement, c'est le ticket gagnant qui est à la main.
02:12Oui, mais là, le sujet est bien trop important, bien trop grave.
02:15Sur cette loi, moi j'appelle un peu ça la loi du renoncement.
02:18Ah, c'est intéressant.
02:19Oui, parce que je trouve qu'on a renoncé à se battre.
02:23Alors que normalement, on doit protéger, c'est mon avis, il n'engage que moi, on doit protéger la vie
02:28jusqu'au bout.
02:30On ne doit pas soigner pour tuer, ça ne va pas ensemble.
02:36Et en même temps, quand je regarde, par exemple, le tweet sur X de Charles Bietry.
02:42Charles Bietry, ancien journaliste sportif, atteint de la maladie de Charcot.
02:47On sait que ce type de maladie dégénérative, il n'y a pas d'issue.
02:50La seule issue, c'est de voir sa dégradation et sa fin de vie en direct.
02:55Et lui, il a tweeté en disant, je n'irai pas mourir en Suisse.
02:59Grâce à cette loi, je vais enfin, je la résime, pouvoir mourir ici auprès de mes proches.
03:05Donc, j'ai aussi envie de comprendre ces personnes atteintes d'une grande souffrance.
03:08Et en même temps, je trouve que les soins palliatifs devraient être beaucoup plus approfondis,
03:16avec beaucoup plus de moyens, et pas aller directement vers cette loi du renoncement.
03:19Ah, justement, Jérôme, vous qui êtes médecin hospitalier,
03:24vous répondez quoi à un Charles Bietry, qui a été l'un des porte-paroles, porte-voix,
03:31de cette loi adoptée désormais, légalisant l'euthanasie et le suicide assisté, Jérôme ?
03:42Eh bien, effectivement, je pense que l'accent aurait plus dû être mis sur l'accès aux soins palliatifs,
03:49et la facilité d'accès aux soins palliatifs, et plus de moyens pour les soins palliatifs,
03:54plus de moyens humains, matériels, de lits, de soins palliatifs, plus d'unités de soins palliatifs,
04:00d'équipes mobiles de soins palliatifs, pour aider les patients qui sont dans ces situations,
04:06plutôt que sur cette adaptive à mourir, qui est effectivement une solution qui pose beaucoup de problèmes éthiques,
04:14et qui ne répond pas forcément aux demandes de toutes et tous.
04:19Mais sauf que pour une maladie comme la maladie de Charcot,
04:23est-ce que les soins palliatifs permettent de soulager la douleur,
04:29et d'accompagner jusqu'au bout le patient ?
04:34Alors, je ne suis pas spécialiste de la maladie de Charcot,
04:36j'ai une autre spécialité, pour des raisons d'anonymat, je ne souhaite pas la dévoiler,
04:42mais pour ce qui est des maladies que je traite au quotidien,
04:45qui sont plus des maladies cancéroses,
04:47on a, oui, les moyens de soulager les patients jusqu'au bout, jusqu'à leur dernier souffle.
04:52Laurent Frémont est également avec nous, alors vous êtes enseignant en droit constitutionnel à Sciences Po.
04:57Oui, mais c'est très intéressant cette question de Charcot,
05:00parce qu'effectivement c'est une maladie horrible, qui vous enferme dans votre corps,
05:04mais pour en avoir beaucoup parlé avec des spécialistes de Charcot,
05:07aujourd'hui, par les limitations au rétraitement,
05:10vous pouvez partir endormi, apaisé, dans des très bonnes conditions,
05:15lorsque vous souffrez de la maladie de Charcot.
05:17En tout cas, je regrette que ce soit devenu un peu un étendard du débat,
05:20parce que ça met une pression très forte sur les personnes qui souffrent de cette maladie,
05:24mais en tout cas, il faut bien souligner que cette loi n'est pas faite pour ces cas un peu
05:29limites,
05:30ces cas exceptionnels comme la maladie de Charcot,
05:32mais qu'elle va concerner plusieurs centaines de milliers de personnes.
05:37Plus d'un million de personnes.
05:38Parce qu'on a déjà un million d'éligibles.
05:40Qui sont parfois même éloignés de la fin de la vie.
05:42Ce qui fait peur, c'est l'explosion.
05:43On l'a vu dans les pays où ça a été légalisé,
05:46c'est cette explosion, là ça correspond à un million de personnes,
05:51mais moi ce que je crains aussi, c'est l'explosion de l'aide à mourir.
05:55Sur les enfants notamment.
05:56On écoute le ministre des Relations avec le Parlement,
05:59M. Laurent Panifousse, qui lui était favorable à cette loi.
06:04C'est l'un des pionniers.
06:05C'est sans doute grâce à lui,
06:07c'est grâce à Yael Brandpivet et Emmanuel Macron,
06:10que ce texte a pu passer aussi rapidement.
06:11C'était sa priorité visible.
06:12Le triangle des Bermudes.
06:13Je veux saluer toutes celles et ceux
06:16qui d'une manière ou d'une autre,
06:19petits ou grands, ont participé à cette décision.
06:23Experts, parlementaires, anciens rapporteurs,
06:25cher Olivier Falorni,
06:27ministres, députés, sénateurs aussi.
06:29Toutes celles et ceux qui ont fait que l'on soit pour ou contre cette loi.
06:32Nous avons pu ici débattre de manière respectueuse
06:36de la position de chacun.
06:37Alors pour tout cela, à vous toutes et tous,
06:39et au nom du gouvernement,
06:40merci d'avoir respecté les opinions de chacun d'entre nous.
06:43Merci de faire en sorte que ce vote ait pu avoir lieu dans ces conditions.
06:47Le mot essentiel que je veux rappeler,
06:49c'est-à-dire le respect de chacun d'entre vous.
06:52Un auditeur averti m'informe que
06:55Astrid Panossian,
06:57bouvet la députée Ensemble pour la République,
07:00a voté contre la loi hier soir.
07:03Absolument.
07:04Alors qu'elle a une histoire personnelle extrêmement forte,
07:08l'a-t-elle exprimée un jour dans les médias ?
07:10Bien sûr.
07:11Alors je peux en parler.
07:12Elle en a déjà parlé.
07:13Donc je me permets de le faire.
07:15Son mari, le politiste Laurent Bouvet,
07:18qui était mon ami,
07:19m'envoie ce contact,
07:21était atteint de la maladie de Charcot.
07:23Il est parti dans des conditions décrites
07:25par votre invité à ma connaissance.
07:29Et donc c'est intéressant et important
07:32de voir que la députée Astrid Panossian-Bouvet,
07:37qui était directement impactée par ce drame,
07:40a voté contre la loi légalisant l'euthanasie
07:43et le suicide assisté.
07:44Avec beaucoup de courage,
07:44parce qu'il ne faut pas sous-estimer
07:46la pression au sein des rangs macronistes
07:47pour voter cette loi.
07:49Ah, ça, ça m'intéresse, Jules Thorez.
07:51C'est-à-dire que les députés Renaissance
07:54n'avaient pas la possibilité de voter
07:56en leur âme et conscience.
07:57Alors, pour le coup,
07:59il y a eu une liberté de vote
08:00qui a été donnée dans tous les partis.
08:02Mais on sait qu'Emmanuel Macron,
08:05Yael Brandpivet, Laurent Panifou,
08:07le ministre des Relations avec le Parlement,
08:08étaient extrêmement favorables à ce texte.
08:11Et si ce texte a été voté le 15 juillet 2026,
08:14c'est parce qu'il y a eu des pressions pour le voter.
08:16Et on sait très bien comment ça se passe
08:18dans ce genre de moment.
08:19On appelle un tel pour lui demander
08:21s'il est bien là,
08:22pour lui dire,
08:23bon, qu'est-ce que tu vas voter ?
08:25On essaye de le convaincre.
08:26Donc, évidemment,
08:26qu'il y avait un certain nombre de pressions,
08:28comme il y a, disons-le quand même,
08:30à chaque texte.
08:31Sur tous les textes que l'Assemblée vote,
08:32en tout cas les textes importants,
08:33il y a des pressions.
08:34La question, et moi, c'est ce que j'ai vu,
08:36parce que ce sujet m'intéresse
08:37et il m'a toujours intéressé,
08:39et j'y suis très attaché,
08:40c'est de voir certaines évolutions,
08:42notamment au sein du Bloc central,
08:44il faut le dire,
08:44je ne trahir personne,
08:45mais pour avoir eu notamment des discussions,
08:47il n'a pas voté ce texte-là,
08:48mais s'il l'avait voté,
08:50il aurait sans doute voté contre.
08:52C'est le ministre chargé des Affaires européennes,
08:54Benjamin Haddad,
08:55qui est député de Paris.
08:56Il aurait sans doute voté ce texte
08:59il y a deux ans,
08:59et puis, en s'intéressant au sujet,
09:01il a décidé de changer d'avis.
09:03Charles Rodwell,
09:04dont vous avez cité le tweet tout à l'heure,
09:06était plutôt favorable à ce texte
09:09il y a deux ou trois ans.
09:10Il a changé d'avis,
09:11donc c'est intéressant de voir
09:11qu'au sein du Bloc central,
09:13il y en a beaucoup qui ont hésité
09:14et il y en a beaucoup qui ont changé d'avis
09:15à l'épreuve du réel.
09:16Laurent Frémont.
09:17C'est intéressant,
09:18parce que le député tout à l'heure
09:19nous disait que c'était la personne
09:21qui décidait et que ce n'était pas l'État.
09:23Mais là, on a véritablement l'État
09:24qui détermine les critères d'éligibilité,
09:26qui trace finalement une frontière
09:27entre deux humanités,
09:28ceux qui sont éligibles
09:29et ceux qui ne le sont pas.
09:30C'est l'État qui va introduire ce droit
09:32dans le Code de la santé publique.
09:33C'est l'État qui va payer l'acte,
09:36la sécurité sociale,
09:37ce sera remboursé.
09:37C'est l'État qui va rembourser
09:39le poison létal.
09:41Donc c'est véritablement
09:42une implication très forte de l'État
09:44à chaque étape
09:45dans cette procédure létale.
09:47Et c'est le chef de l'État
09:48qui a accéléré le processus
09:50pour que cette loi soit fêtée
09:51au 15 juillet prochain.
09:53Il s'est félicité hier
09:55que la promesse
09:57qu'il avait émise
09:59en 2022 a été tenue.
10:02Eh bien, on retiendra
10:03que l'une des seules promesses tenues,
10:05c'est celle qui va administrer la mort,
10:08celle promettant de faire
10:09de la protection des enfants
10:10une boussole pour le second quinquennat.
10:12On voit ce qui se passe actuellement.
10:14J'aurais pu vous parler aussi
10:16de la réforme des institutions,
10:17la réforme des retraites,
10:19les 100% d'exécution
10:20des obligations de quitter
10:21le territoire français,
10:22la promesse qu'il n'y ait plus
10:24un sans-abri,
10:26sans-papiers,
10:27dans les rues,
10:27la promesse sur la fin de l'année,
10:29sur la protection de l'enfance
10:30qui avait été faite en 2022.
10:32La Macronie.
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