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  • il y a 6 semaines
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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00:00Europe 1
00:02Europe 1
00:0416h-18h, Eliott Deval et vous ?
00:07C'est une journée historique pour la France.
00:11Ce jour a dans les prochaines heures, aux alentours de 19h à l'Assemblée Nationale.
00:17Et après deux ans de débat, le vote sur la loi qui a été présentée comme une loi pour un
00:25droit à mourir.
00:26C'est la loi sur l'administration de la mort, c'est l'euthanasie, c'est le suicide assisté, c
00:32'est le rapport qu'on a désormais à la vie et à la mort.
00:37Et c'est un changement existentiel, c'est un changement anthropologique aux conséquences qui sont vertigineuses.
00:46Lisez, si vous ne l'avez pas encore lu, l'interview de Jean Léonetti au Figaro ce matin.
00:52Tout se passe comme si les défenseurs de ce texte sur le droit à mourir craignaient que l'opinion s
00:58'inverse.
00:59Il parle d'une loi de régression avec des porte-parole de cette loi qui la présentent comme une loi
01:05de progrès.
01:07Ce texte pourtant initié il y a longtemps n'est pas abouti, dit-il, parce qu'il ne cherche pas
01:12le consensus.
01:13Donc il ne l'atteint ni au Parlement, ni dans la société.
01:17Si vous souhaitez réagir, prenez votre téléphone au 01 80 29 21.
01:22Nous sommes toujours avec Elisabeth Assayac, avec Jules Torres et nous sommes également avec Thibaut Barranger,
01:30chargé des affaires publiques de la Société Française d'accompagnement et de soins palliatifs.
01:35Je vous propose d'écouter le sujet de Laura Logo, parce que nombreux sont les médecins aux soins palliatifs
01:42qui s'opposent à cette loi sur l'euthanasie.
01:45Écoutez.
01:46Absolument pas de défaite, c'est-à-dire que je pense que le vote va se resserrer encore.
01:51Je ne sais pas s'il va s'inverser comme ça s'est produit en Écosse il y a quelques
01:54mois,
01:55mais en tout cas on sent qu'il y a beaucoup d'hésitation chez beaucoup de parlementaires,
01:59et donc il me semble important que tous les députés qui doutent puissent voter non à ce texte.
02:03Le président du Sénat, Gérard Larcher, a déjà annoncé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel.
02:07Le Premier ministre vient de faire la même chose.
02:09Je crois qu'il va y avoir d'autres saisines,
02:11et donc ça veut dire qu'il y a encore beaucoup de points du texte qui sont extrêmement problématiques
02:15et qui doivent être absolument rediscutés, et peut-être rediscutés même au Parlement.
02:21On va continuer à montrer tout ce qui nous semble préjudiciable.
02:24Il y a énormément de points qui sont très problématiques, sur lesquels on alerte depuis longtemps,
02:28et moi je suis contente que cette alerte soit reprise par le chef du gouvernement comme par le président du
02:33Sénat.
02:34Et vous venez d'entendre Claire Fourcade, médecin aux soins palliatifs.
02:38Laurence est toujours avec nous, nancyenne, médecin gériatre,
02:43désespérée par cette loi qui pourrait être votée ce soir, Laurence.
02:50Oui, Eliott, tout à l'heure vous avez très bien décrit comment le mode d'entrée dans une maladie d
02:57'Alzheimer,
02:57en l'occurrence puisque c'est celle qui est la plus connue, avec des changements de comportement.
03:03Vous savez que quand je fais une annonce diagnostique,
03:07elle est très protocolaire avec ma psychologue, avec la famille qui est proche,
03:12j'annonce à quelqu'un du soin palliatif, puisque clairement on sait tous à quoi s'en tenir.
03:20Et pour autant, on est bienveillant, et vous vous doutez bien qu'à ce moment-là,
03:25je mets un traitement pour permettre que les choses soient plus douces,
03:33au moins d'un point de vue qu'il y ait.
03:36Et des fois, ils réagissent très mal, les gens, et ils peuvent demander en deux jours d'être morts.
03:45Alors qu'en fait, après, on trouve des tas de solutions,
03:48et que notre rôle, c'est quand même le maintien à un domicile,
03:51c'est faire en sorte de garder les capacités préservées.
03:55Et moi, j'ai la chance de les voir au tout début, donc on peut faire plein de choses.
03:59Comment peut-on décider comme ça, de dire n'importe quoi à des gens qui n'y connaissent pas ?
04:07Mais Madame Thévenot qui demande à Madame Le Pen...
04:13Alors malheureusement, la connexion est plus difficile.
04:15Vous étiez en train d'aborder le sujet du slogan de Marine Le Pen,
04:19et pour sa campagne présidentielle, c'est le terme « renaissance » qui est employé.
04:25La renaissance, et le slogan est attaqué en justice par le parti « renaissance ».
04:33Et nous étions en direct aux alentours de 16h45 avec...
04:37Putain-mère aussi attaque Marine Le Pen, sachez-le, je suis le torès.
04:41Nous étions en direct avec Prisca Thévenot,
04:44et très vite, parce que ce sujet n'a absolument aucun intérêt,
04:47nous sommes allés sur le sujet essentiel qui est celui de la vie et de la mort,
04:51et celui qui sera voté aux alentours de 19h ce soir.
04:56Émilie nous appelle depuis Paris, mais peut-être qu'Élisabeth vous souhaitait réagir.
04:59Non, moi je rebondis sur ce que vient de dire Madame.
05:01C'est vrai que des patients en fin de vie,
05:04parfois traversent des phases de désespoir,
05:07où effectivement ils expriment cette envie d'en finir,
05:11et l'accompagnement, les soins de confort,
05:14on les appelle aussi les soins de confort, les soins palliatifs,
05:17et ces soins d'accompagnement, peuvent petit à petit leur redonner un peu d'espoir.
05:21On n'est pas obligé d'être radical et de se dire tout de suite,
05:24il l'a dit, il a 48 heures, il le veut toujours, c'est bon, on y va.
05:28Non, c'est beaucoup plus subtil que ça, on est sur des vies humaines.
05:32Derrière ça, il y a des histoires, il y a des personnes qui ont vécu.
05:36J'ai du mal à imaginer comment on a pu penser,
05:42lorsqu'on est responsable politique,
05:44qu'un médecin généraliste aura donc un patient
05:47qui fait une demande de suicide assistée,
05:50va regarder une feuille et va cocher des cases.
05:54Comment on peut imaginer que la vie se joue sur des cases à cocher ?
06:00C'est là où nous on essaye d'expliquer,
06:04et ce n'est pas d'ailleurs ce que peuvent dire les défenseurs du texte,
06:06y compris Mme Thévenot, que l'on écoutait quelques minutes avant notre conversation.
06:12Nous, ce que l'on dit, c'est que la procédure telle qu'elle est prévue,
06:15c'est une procédure qui est dangereuse.
06:17Elle est dangereuse puisque, en fait, le médecin est seul à décider.
06:22Il est seul à effectuer.
06:25Quelle responsabilité ?
06:25Et il est seul à transmettre les informations à la commission de contrôle.
06:29Dans sa décision, on nous présente cette décision comme collégiale.
06:33Qu'est-ce que c'est que la collégialité qui est écrite dans le texte
06:35que vont peut-être voter les députés tout à l'heure ?
06:37C'est donc un médecin qui reçoit la demande et qui va donner son avis.
06:41Pour donner son avis, pour dire oui ou non,
06:44il va collecter deux autres avis.
06:46L'avis d'un autre médecin qui peut ne pas examiner le patient.
06:50Ça veut dire qu'il peut simplement voir le dossier.
06:52Et un auxiliaire médical, quel qu'il soit.
06:55Un auxiliaire médical, ça peut être prothésiste dentaire,
06:58opérateur de radiologie, plein de choses en réalité.
07:00Mais à la fin, la décision, c'est ce seul médecin.
07:04Dans un délai extrêmement court.
07:06De 15 jours.
07:07Nous, on pense que c'est très dangereux.
07:08On pense que c'est très dangereux pour les cas dont on parlait tout à l'heure, par exemple.
07:11C'est-à-dire des cas où le discernement est un peu altéré.
07:15Vous savez, dans le texte,
07:16et d'ailleurs c'est un point que soulève le cornu dans son courrier.
07:19Dans le texte, il y a un mot à problème.
07:22On dit que quand la personne a un discernement gravement altéré,
07:26alors elle n'a pas accès à la procédure.
07:28Mais ce gravement, qu'est-ce que ça veut dire en fait ?
07:31Ça n'est nulle part en droit français.
07:32Et qui dit qu'un discernement est gravement altéré,
07:36un peu altéré, moyennement altéré ?
07:38C'est le médecin généraliste ?
07:40Qui décide de ça en fait ?
07:42Émilie est en direct avec nous.
07:44Bonjour Émilie.
07:45Bonjour à toute l'équipe.
07:46Merci de nous appeler.
07:47On a la gorge serrée et notre président est un président mortifère.
07:58Ce n'était pas l'urgence.
07:59L'urgence, c'est d'avoir des soignants.
08:01C'est d'avoir des jeunes qui font médecine
08:04et qui sont recalés parce que le concours est très difficile.
08:07C'est d'informer des gens pour, comme vous parliez, des soins palliatifs.
08:10On manque de médecins.
08:12Si on doit aller aux urgences,
08:13on a l'impression qu'on va partir à l'abattoir.
08:16Le problème, c'est le manque de personnel d'encourager des jeunes qui sont bien.
08:21Et d'ailleurs, je rends hommage aux familles qui ont perdu leur enfant étudiants en médecine
08:25qui, par épuisement, ont mis fin à leur vie.
08:27Est-ce qu'on réalise ?
08:28Et même à des soignants.
08:33Alors, ça renvoie à quelque chose de tellement intime
08:35et par rapport à son vécu, par rapport à ce qu'on vit dans son entourage.
08:41Mais comment ?
08:43On a l'impression qu'eux ne représentent que le camp du bien.
08:46Et d'ailleurs, il y a un verset qui dit
08:48« On appellera bien le mal et le mal bien ».
08:50Voilà.
08:51Non, mais c'est un rapport anthropologique.
08:53C'est un rapport à la vie, à la mort, effectivement,
08:56qui est bousculé par, en plus, une accélération du processus législatif
09:05qui, effectivement, est difficilement compréhensible.
09:09Je vous remercie, chère Émilie, de nous avoir appelé au 01-80-20-39-21.
09:14Je vais remercier notre invité du jour
09:18parce que c'était un débat absolument passionnant.
09:22J'espère que vous aurez du temps pour revenir nous voir les prochains jours.
09:25C'est essentiel de pouvoir continuer d'échanger là-dessus.
09:28Thibaut Barranger, chargé des Affaires publiques
09:31de la Société Française d'Accompagnement.
09:33et de soins palliatifs.
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