00:00Le grand entretien ce matin, c'est Charles Marinakis qui m'a rejoint, président de Centurie 21 France.
00:04Bonjour, merci d'être avec moi sur ce plateau.
00:08945 agences, plus de 7000 collaborateurs en France.
00:11J'aimerais qu'on fasse un petit bilan rapide de ce premier semestre 2026
00:15sur l'évolution des prix et puis sur l'état des ventes.
00:20En fait, c'est un semestre relativement stable en réalité,
00:25à notre plus grand désarroi, parce qu'on espérait bien, si vous voulez,
00:27continuer sur l'énergie et la dynamique de ce marché en 2025.
00:31On avait fait deux années difficiles, vous vous en souvenez, 2023-2024,
00:36pour cause de hausse de taux des conditions d'accès au crédit.
00:39Puis 2025 a été une bonne année, qui avait retrouvé de l'énergie et de la taux de l'économie.
00:43Et puis on ne peut pas dire que ça se soit, si vous voulez, ça avait perduré sur l'année
00:472026.
00:48Un premier trimestre plutôt correct, puis un deuxième trimestre qui a ramené,
00:53si vous voulez, la volumétrie quasiment au niveau zéro,
00:56c'est-à-dire que la variation des ventes, c'est aux alentours de 1% de régression,
01:01ce qui n'est pas beaucoup, mais ce qui est quand même le signe d'un marché qui est en
01:04train de se tasser.
01:05C'est le Moyen-Orient, l'inquiétude, les projets immobiliers qui sont retardés,
01:10puis les conditions de marché, des taux plus élevés qu'il y a cinq ans,
01:13qui ne favorisent pas les transactions, c'est ça les restants ?
01:14Oui, c'est ça, exactement, c'est l'agrégat de plusieurs facteurs, si vous voulez,
01:18qui sont venus polluer l'équilibre naturel de ce marché.
01:22Le premier d'entre eux, bien sûr, c'est les conditions d'accès au crédit,
01:25c'est l'augmentation, la légère augmentation des conditions d'accès au crédit.
01:28Nous, c'est quand même notre levier principal.
01:30Et puis après, il y a tout un contexte géopolitique international,
01:34même politique nationale, il y a aussi une problématique de la stabilité fiscale du pays, etc.
01:41Il y a plein de paramètres qui viennent contrarier un petit peu ce marché-là,
01:45mais le vrai, vrai paramètre, celui qui est déterminant,
01:48c'est quand même les conditions d'accès au crédit.
01:50On voyait, on avait un sujet tout à l'heure de Maré Coeur de Roy,
01:53qui disait que malgré tout, les banques essayaient de maintenir leurs offres sur le crédit
01:57au moins jusqu'au mois de septembre.
01:59Vous pensez que ça va rester comme ça ?
02:01Oui, alors tant mieux, parce que là, aujourd'hui, on a eu aussi des périodes
02:05où les banques étaient réfractaires à consentir des crédits immobiliers.
02:08Là, ce n'est plus le cas, elles sont, je crois, dans de très bonnes dispositions.
02:13Le problème, c'est que la volumétrie, si vous voulez, des transactions n'est pas au rendez-vous,
02:16parce qu'on n'a pas l'équation entre l'offre et la demande.
02:19Les prix sont restés relativement élevés, et puis les conditions d'accès au crédit
02:22interdisent à un certain nombre de Français de faire l'acquisition de leur résidence principale.
02:26Voilà, donc il faut retrouver cette situation d'équilibre que nous avions trouvée en 2025
02:29et qu'on a un peu perdue sur le début de l'année 2026.
02:32Alors là, je prends l'exemple de Paris, mais il y a des délais de vente qui se sont allongés
02:37à Paris,
02:37notamment des délais de détention aussi des biens.
02:41Avant, on restait sur un bien en moyenne 7 ans.
02:43Maintenant, c'est plutôt 10 ans.
02:45Et puis, on manque de biens quoi qu'il arrive.
02:47Là, on vient de parler de la taxe sur les logements vacants.
02:50que le Conseil de Paris veut finalement mettre en place.
02:53Qu'est-ce que vous en pensez ?
02:54Ça va remettre des biens ?
02:55On parle de 100 000 logements sur le marché ?
02:58Alors, je n'ai pas ce chiffre en tête.
03:00C'est un calcul que je ne connais pas.
03:03J'ai vu l'intervention de Jacques Baudrier,
03:06qui est la responsabilité du logement à Paris,
03:07sur la taxation des logements vacants.
03:10Comme souvent en France, l'idée originelle, elle est bonne.
03:13Parce qu'il y a un vrai sujet sur la vacance des logements.
03:16Il y a environ 8% des logements en France qui sont vacants.
03:19Mine de rien, si vous voulez, c'est quasiment 3 millions de logements.
03:21C'est beaucoup sur l'ensemble du territoire.
03:23Donc, il est vrai qu'on pourrait imaginer un dispositif
03:26favorisant la remise sur le marché.
03:28Au-delà de ça, s'agissant de la politique particulière de Paris,
03:31on voit bien que la politique du logement à Paris
03:33était une politique répressive depuis des années.
03:35Et que pour autant, ça ne porte pas ses fruits.
03:37Et que la carence locative, elle est dramatique dans Paris.
03:41J'ai discuté encore dans les couloirs ici
03:43avec certaines gens qui cherchent des appartements à louer dans Paris
03:47et qui ont du mal à les trouver.
03:48Et une expérience encore récente qui, à 48 heures,
03:51l'une de mes agences qui a mis un bien, un studio à louer
03:53dans le 11e arrondissement à Paris
03:55et qui a reçu 200 demandes dans la matinée
03:57et qui a dû retirer l'annonce.
03:59Donc voilà, je ne sais pas si la politique de M. Baudrier est la bonne ou pas.
04:02Ce que je constate, si vous voulez,
04:03c'est que ce qui a été mis en oeuvre par la mairie de Paris
04:05depuis 10 ou 15 ans, voire 12 ans,
04:07aujourd'hui, ça n'a pas d'effet.
04:08Au contraire, ça a un effet extrêmement négatif
04:10qui consiste à ce que les investisseurs privés
04:12font tout ce qu'ils peuvent pour sortir les biens
04:14du parc locatif privé.
04:16Donc M. Baudrier a raison d'insister sur le fait
04:18que ça crée de la déviance.
04:19Et je suis tout à fait d'accord, ça crée des déviances.
04:22La question, c'est pourquoi est-ce que ça crée des déviances ?
04:24Donc je pense qu'il faut assainir
04:25le rapport propriétaire-bailleur, si vous voulez,
04:28et locataire, arriver à trouver une situation d'équilibre.
04:30C'est ce qu'essaye de faire le ministre
04:32en travaillant sur un statut, M. Jean Brun
04:34fait quand même pas mal avancer les choses,
04:36sur un statut du bailleur privé
04:37que nous réclamons d'ailleurs à corps et à cri depuis des années,
04:41et qui pointe son nez
04:42puisque ce dispositif-là
04:44normalement devrait être étudié à la rentrée.
04:47Je veux qu'on revienne
04:49quelques instants sur la situation
04:51de climat
04:52qu'on a connue cet été,
04:54avec des gens qui sont sous les toits,
04:57mal logés en quelque sorte,
04:58puisque l'été ça devient des gens mal logés
05:00qui préféraient dormir dans les parcs
05:01plutôt que de rester dans leur appartement.
05:03Est-ce que cette situation, finalement,
05:06de bouilloire thermique aujourd'hui,
05:08elle va peser à terme sur le marché
05:10encore plus que ce qu'il y a aujourd'hui ?
05:12Et est-ce que ce que propose le gouvernement
05:14va dans le bon sens ?
05:16Alors, d'abord, c'est nouveau,
05:17cette notion de bouilloire thermique.
05:19On avait les passoires thermiques,
05:21maintenant on a les passoires thermiques
05:22et les bouilloires thermiques.
05:24Très sincèrement, il faudrait que,
05:26là où nous vivons une situation climatique,
05:28on va le dire, qui est assez exceptionnelle,
05:29depuis quasiment trois semaines,
05:30avec une canicule qui est quand même inédite en France.
05:33Est-ce que, du coup, c'est lié véritablement
05:36à quelque chose qui est amené à perdurer
05:38dans une évolution de la situation du climat général
05:41dans le monde et en France en particulier ?
05:43Ça, l'histoire va le dire.
05:44Si ça reste une année un peu exceptionnelle,
05:47caniculaire, et que l'année prochaine,
05:49les températures,
05:50les températures, entre guillemets,
05:52normales par rapport,
05:53selon l'expression consacrée aux normes des saisons,
05:56bon, ça n'aura pas d'incidence.
05:57Si, en revanche, on s'aperçoit
05:58que c'est durable dans le temps,
06:00parce qu'il y a une tendance qui a l'air de se dessiner,
06:02là, du coup, on va se retrouver, c'est vrai,
06:03avec une problématique des bouilloires thermiques.
06:05Il faudra prendre, là aussi, des dispositifs.
06:07Mais j'ai vu que le ministre avait signé hier
06:09un dispositif permettant de réduire la TVA
06:12sur les pompes à chaleur
06:13qui font à la fois le froid et le chaud.
06:15Donc, il y a déjà une prise en charge
06:17de ces sujets-là.
06:18Et donc, forcément,
06:19comme on s'est préoccupé du chaud,
06:21il va falloir, à un moment donné,
06:22si ça perdure,
06:23se préoccuper du froid.
06:24Et au même titre que le chaud,
06:26il n'est pas impossible qu'un jour ou l'autre,
06:28si vous voulez, ces bouilloires thermiques,
06:29eh bien, ça ait une conséquence
06:31sur la valorisation du bien-reveillé.
06:32Qu'est-ce que vous, vous attendez de cette année
06:34où les candidats vont faire des propositions concrètes,
06:37enfin, année présidentielle ?
06:38Qu'est-ce que vous, vous attendez concrètement
06:40pour le secteur ?
06:41Alors, nous, vous savez,
06:42dans le logement,
06:43il y a trois segments de marché
06:45qui ne répondent pas des mêmes stimuli
06:47et qui n'ont pas les mêmes leviers.
06:49Il y a le dispositif qui est lié pour le neuf,
06:51qui est, je crois, vraiment un segment de marché
06:54qui est en très grande difficulté.
06:55Il y a un dispositif Jean-Brun
06:57qui est en train de se mettre en place.
06:58Puis nous, nous sommes davantage concernés
07:00par les transactions dans l'ancien.
07:01Nous, on ne fait pas appel,
07:03nous ne demandons pas d'aide de l'État.
07:04On ne demande pas à être aidé financièrement
07:06ou fiscalement par l'État.
07:08Ce qu'on demande, par contre,
07:09c'est de reconstituer les conditions de marché
07:10pour que le marché puisse s'autoréguler
07:12de manière satisfaisante.
07:13Ça veut dire quoi ?
07:14D'abord, en premier chef,
07:16garantir des conditions d'accès au crédit
07:18qui soient acceptables pour les Français.
07:20Ça veut dire des taux entre 3 et 3,5%,
07:22qui sont malgré tout des taux, on va dire, normaux.
07:24On sait tous qu'on ne reviendra pas au taux de 1%.
07:27Donc, il faut considérer que c'est normal.
07:29Il faut considérer une inflation qui soit maîtrisée
07:31parce qu'elle pourrait embarquer avec elle
07:34soit les prix, soit les taux de crédit.
07:35Donc, il faut aussi maîtriser cette inflation
07:37et puis fluidifier le plus possible la réglementation
07:40pour que les transactions soient favorisées.
07:42Si l'ensemble de ce dispositif est réuni,
07:46je ne parle pas de la géopolitique,
07:48du contexte international, etc.
07:49Mais si déjà ça, si vous voulez,
07:51le contexte était réuni,
07:53les planètes s'aligner sur 3-4 sujets majeurs,
07:56nous, on sait qu'on est capable de s'autoréguler.
07:58D'ailleurs, c'est une démonstration
07:59qu'on fait depuis la nuit des temps.
08:01Je parle des transactions dans l'ancien.
08:03Restera l'épineux problème, vous le savez,
08:04du parc locatif privé.
08:06Le plus important peut-être,
08:08mais ce qui a l'air d'être le cas
08:09avec Vincent Jambrun, l'actuel ministre,
08:10c'est que la prise de conscience du gouvernement récente
08:13que le logement, c'est la première dépense des Français.
08:17D'accord ?
08:17On parle de pouvoir d'achat,
08:19mais dans le pouvoir d'achat,
08:20on ne parle jamais du logement
08:21qui devrait être la préoccupation principale.
08:23Les Français consacrent 30 à 35 %
08:26de leurs revenus au logement.
08:27Donc, c'est ça la clé du système.
08:29Merci Charles Marinakis d'être venu ce matin
08:32dans la matinale de l'économie.
08:33Merci de votre invitation.
08:34France sur ce plateau.
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