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  • il y a 5 semaines
Ce jeudi 16 juillet, l'interdiction en Chine des outils IA permettant aux utilisateurs de se créer des petits amis virtuels, ainsi que les dégâts causés par la dépendance affective vis-à-vis des personnalités générées par l'IA, ont été abordés par Anthony Morel, dans Culture IA, dans l'émission Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Anthony, c'est un jeu souvent sous-estimé quand on parle d'IA, celui de la dépendance affective.
00:05La Chine vient d'interdire les outils IA qui permettent de se créer des petits amis virtuels
00:10parce qu'ils font un carton mais ils font aussi beaucoup de dégâts.
00:13Oui c'est ça, c'est-à-dire que les interactions avec les modèles de langage deviennent tellement réalistes
00:16que pour certains l'IA c'est devenu un confident, un ami, voire un ou une petite amie.
00:22Et les géants de la tech et un certain nombre de start-up ont bien compris qu'il y avait
00:25un créneau
00:25et on donne la possibilité maintenant de se créer effectivement des relations amoureuses virtuelles
00:30qui vont parfois assez loin.
00:32Donc on va discuter, on va flirter, on va même avoir...
00:35Donc l'IA va comprendre qui on est, notre quotidien va nous demander
00:38« Voilà, sa ta journée s'est bien passée »,
00:40va nous créer des crises de jalousie virtuelle même si on ne lui parle pas pendant un certain temps.
00:45Enfin ça va quand même assez loin évidemment.
00:47Et en Chine on estime que c'est un problème, le gouvernement a pris le problème à bras-le-corps
00:51et a décidé carrément de débrancher ses compagnons IA.
00:55Et donc il y a un certain nombre de grands groupes, Tencent, Alibaba, Bidens
00:59qui ont annoncé la fin de ces IA de simulation amoureuse.
01:03Et ça a généré un torrent de réactions indignées de la part des utilisateurs.
01:08Je vous en cite quelques-unes.
01:09« Je n'arrive pas à accepter le fait que mon amoureux virtuel va me quitter pour toujours »
01:13dit l'une d'entre elles ou encore une autre.
01:15« Pour moi c'est comme un membre de ma famille, je l'aime tellement fort.
01:18Pourtant aujourd'hui on m'annonce qu'il va disparaître, je ressens un vide immense. »
01:21Alors ça peut sembler, ça peut prêter à sourire, sembler un peu anecdotique.
01:24En fait ça ne l'est pas vraiment.
01:26C'est-à-dire dans un pays en plus où on a une course effrénée à la performance,
01:30dans les études, dans le travail,
01:32eh bien en fait ces ersatz amoureux ont pris une vraie importance
01:35auprès d'un certain nombre d'étudiants ou encore de jeunes cadres urbains
01:38qui sont très pris par leur travail.
01:40Ils estiment que finalement c'est mieux que rien
01:42ou pour certains d'entre eux que c'est carrément mieux qu'une vraie relation amoureuse.
01:47Bah oui l'intelligence artificielle, elle ne vous déçoit jamais,
01:49elle ne vous rejette jamais, elle ne vous trompe jamais.
01:52Donc ça va quand même assez loin.
01:54Certains s'en servent aussi pour réduire leur anxiété ou leur stress
01:57avant une prise de parole importante par exemple
01:58ou encore pour déverser tout leur malheur.
02:01C'est une sorte d'exutoire psychologique si l'on peut dire.
02:03La Chine n'est pas la seule concernée d'ailleurs Anthony.
02:06Non, alors c'est le premier pays à réglementer
02:08mais en réalité c'est un peu partout dans le monde.
02:10Aux Etats-Unis par exemple, il y a une étude qui montre
02:12que près de trois adolescents sur quatre ont déjà essayé des compagnons IA.
02:17Bon alors c'est pas forcément des amoureux virtuels
02:19mais en tout cas des personnalités IA avec lesquelles on va discuter
02:22avec des outils comme Character.ai ou Replica.
02:25On peut aussi citer en Corée du Sud une application dont j'avais parlé
02:28il y a quelques mois qui s'appelle Zeta
02:29qui permet de se créer encore une fois un amoureux ou une amoureuse virtuelle.
02:33Alors là il y a un côté très fictionnel
02:35parce que c'est des personnages quasiment de dessins animés.
02:37On peut choisir sa personnalité, je ne sais pas,
02:39le bad boy d'un gang coréen ou ce genre de choses.
02:42Et puis ensuite on va pouvoir aller assez loin dans la relation.
02:46Neuf utilisateurs sur dix ont moins de 30 ans.
02:48Un ado sur quatre se connecte en moyenne plus de deux heures et demie par jour
02:51à l'appli qui est plus populaire aujourd'hui que TikTok ou Instagram.
02:54On peut en rire, on peut juger
02:56mais il ne faut quand même pas oublier que c'est le but de ces applis de rester accro.
02:59Bien sûr. En fait derrière il y a un modèle économique
03:01qui fait qu'on fonctionne par micro-transactions
03:04pour essayer de rendre les gens les plus accros possibles,
03:06de leur faire passer le plus de temps possible.
03:08C'est-à-dire que par exemple ces amoureuses virtuelles
03:09vous allez pouvoir leur payer des fleurs virtuelles,
03:12des voyages virtuels.
03:14C'est une vie parallèle.
03:15Voilà, toute une vie parallèle
03:16mais contre des euros ou des dollars bien réels pour le coup.
03:19Donc effectivement tout ce modèle économique,
03:21tout ce business qui s'est développé,
03:22il est absolument massif.
03:24En France on est relativement épargné pour l'instant,
03:26ça ne va probablement pas durer.
03:28Oui, merci beaucoup Anthony Morel.
03:29Merci.
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