00:00Anthony, c'est un jeu souvent sous-estimé quand on parle d'IA, celui de la dépendance affective.
00:05La Chine vient d'interdire les outils IA qui permettent de se créer des petits amis virtuels
00:10parce qu'ils font un carton mais ils font aussi beaucoup de dégâts.
00:13Oui c'est ça, c'est-à-dire que les interactions avec les modèles de langage deviennent tellement réalistes
00:16que pour certains l'IA c'est devenu un confident, un ami, voire un ou une petite amie.
00:22Et les géants de la tech et un certain nombre de start-up ont bien compris qu'il y avait
00:25un créneau
00:25et on donne la possibilité maintenant de se créer effectivement des relations amoureuses virtuelles
00:30qui vont parfois assez loin.
00:32Donc on va discuter, on va flirter, on va même avoir...
00:35Donc l'IA va comprendre qui on est, notre quotidien va nous demander
00:38« Voilà, sa ta journée s'est bien passée »,
00:40va nous créer des crises de jalousie virtuelle même si on ne lui parle pas pendant un certain temps.
00:45Enfin ça va quand même assez loin évidemment.
00:47Et en Chine on estime que c'est un problème, le gouvernement a pris le problème à bras-le-corps
00:51et a décidé carrément de débrancher ses compagnons IA.
00:55Et donc il y a un certain nombre de grands groupes, Tencent, Alibaba, Bidens
00:59qui ont annoncé la fin de ces IA de simulation amoureuse.
01:03Et ça a généré un torrent de réactions indignées de la part des utilisateurs.
01:08Je vous en cite quelques-unes.
01:09« Je n'arrive pas à accepter le fait que mon amoureux virtuel va me quitter pour toujours »
01:13dit l'une d'entre elles ou encore une autre.
01:15« Pour moi c'est comme un membre de ma famille, je l'aime tellement fort.
01:18Pourtant aujourd'hui on m'annonce qu'il va disparaître, je ressens un vide immense. »
01:21Alors ça peut sembler, ça peut prêter à sourire, sembler un peu anecdotique.
01:24En fait ça ne l'est pas vraiment.
01:26C'est-à-dire dans un pays en plus où on a une course effrénée à la performance,
01:30dans les études, dans le travail,
01:32eh bien en fait ces ersatz amoureux ont pris une vraie importance
01:35auprès d'un certain nombre d'étudiants ou encore de jeunes cadres urbains
01:38qui sont très pris par leur travail.
01:40Ils estiment que finalement c'est mieux que rien
01:42ou pour certains d'entre eux que c'est carrément mieux qu'une vraie relation amoureuse.
01:47Bah oui l'intelligence artificielle, elle ne vous déçoit jamais,
01:49elle ne vous rejette jamais, elle ne vous trompe jamais.
01:52Donc ça va quand même assez loin.
01:54Certains s'en servent aussi pour réduire leur anxiété ou leur stress
01:57avant une prise de parole importante par exemple
01:58ou encore pour déverser tout leur malheur.
02:01C'est une sorte d'exutoire psychologique si l'on peut dire.
02:03La Chine n'est pas la seule concernée d'ailleurs Anthony.
02:06Non, alors c'est le premier pays à réglementer
02:08mais en réalité c'est un peu partout dans le monde.
02:10Aux Etats-Unis par exemple, il y a une étude qui montre
02:12que près de trois adolescents sur quatre ont déjà essayé des compagnons IA.
02:17Bon alors c'est pas forcément des amoureux virtuels
02:19mais en tout cas des personnalités IA avec lesquelles on va discuter
02:22avec des outils comme Character.ai ou Replica.
02:25On peut aussi citer en Corée du Sud une application dont j'avais parlé
02:28il y a quelques mois qui s'appelle Zeta
02:29qui permet de se créer encore une fois un amoureux ou une amoureuse virtuelle.
02:33Alors là il y a un côté très fictionnel
02:35parce que c'est des personnages quasiment de dessins animés.
02:37On peut choisir sa personnalité, je ne sais pas,
02:39le bad boy d'un gang coréen ou ce genre de choses.
02:42Et puis ensuite on va pouvoir aller assez loin dans la relation.
02:46Neuf utilisateurs sur dix ont moins de 30 ans.
02:48Un ado sur quatre se connecte en moyenne plus de deux heures et demie par jour
02:51à l'appli qui est plus populaire aujourd'hui que TikTok ou Instagram.
02:54On peut en rire, on peut juger
02:56mais il ne faut quand même pas oublier que c'est le but de ces applis de rester accro.
02:59Bien sûr. En fait derrière il y a un modèle économique
03:01qui fait qu'on fonctionne par micro-transactions
03:04pour essayer de rendre les gens les plus accros possibles,
03:06de leur faire passer le plus de temps possible.
03:08C'est-à-dire que par exemple ces amoureuses virtuelles
03:09vous allez pouvoir leur payer des fleurs virtuelles,
03:12des voyages virtuels.
03:14C'est une vie parallèle.
03:15Voilà, toute une vie parallèle
03:16mais contre des euros ou des dollars bien réels pour le coup.
03:19Donc effectivement tout ce modèle économique,
03:21tout ce business qui s'est développé,
03:22il est absolument massif.
03:24En France on est relativement épargné pour l'instant,
03:26ça ne va probablement pas durer.
03:28Oui, merci beaucoup Anthony Morel.
03:29Merci.
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