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L'incroyable destinée de Nadia Comaneci, cette gymnaste roumaine qui a vécu sous la dictature de Ceausescu et qui, à l'âge de 14 ans, a obtenu la note parfaite, le premier 10 de toute l'histoire des Jeux Olympiques, à Montréal en 1976. Une carrière sportive incroyable qu'elle va mener de pair avec une autre bataille, jusqu'à sa fuite de Roumanie en 1989 : celle de décider de sa vie et de son destin malgré l'emprise écrasante d'un dictateur tyrannique.
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00:22Un jour de 1976, une jeune fille de 14 ans entre dans l'histoire.
00:31Nadia Comaneci, sous le regard de millions de téléspectateurs, réalise un exploit sans précédent aux Jeux Olympiques de Montréal.
00:38Une icône vient de naître.
00:46Mais Nadia Comaneci vivait en Roumanie, une des plus dures dictatures du bloc de l'Est, au plus fort de
00:51la guerre froide entre les Etats-Unis et l'URSS.
00:56La République socialiste de Roumanie était alors dirigée d'une main de fer par Nicolae Ceausescu, à une époque où
01:03les exploits sportifs ne pouvaient être qu'instrumentalisés à des fins de propagande politique.
01:12Voici l'histoire de cette petite gymnaste, devenue une légende.
01:17L'histoire de Nadia Comaneci, telle qu'elle a choisi de la raconter elle-même, bien des années plus tard.
01:50Merci d'avoir regardé cette vidéo !
02:08«Comme Anette, une à guia ! »
02:21«Comme Anette, une à guia ! »
02:23Présent.
02:55Nous vivions à Oneshti, un village caché au creux des Carpathes roumaines.
03:06Pour me comprendre, il faut connaître le peuple roumain.
03:10Ses guerres, ses révolutions, ses souffrances.
03:22J'avais un an quand elle est née.
03:26On vivait une période de transition, ça je peux vous le dire, après les années sombres de l'occupation russe.
03:35La Roumanie était en ruine.
03:37L'intelligentsia et les personnalités politiques avaient péri dans les goulags communistes.
03:48Ce n'est qu'avec l'arrivée au pouvoir de Ceausescu que le pays a connu une période d'ouverture.
03:54Mon premier souvenir de l'histoire roumaine remonte à 1967.
03:58J'avais 6 ans et Nicolae Ceausescu devenait premier secrétaire du parti communiste roumain.
04:03Il a appropiée aussi plus de piscoles inalte des civilisations de la société communiste.
04:20Il a été le seul dirigeant communiste à condamner l'invasion de Prague par les Russes en 1968.
04:42Pour ma famille comme pour de nombreux Romains, Nicolae Ceausescu était un symbole d'espoir et d'ouverture.
04:51C'est ainsi que les dirigeants occidentaux ont été amenés à considérer Ceausescu comme un chef d'état ouvert d
04:58'esprit,
05:00qui pourrait servir de pont entre l'Ouest et l'Est.
05:14Nicolae Ceausescu était un homme dévoé à son peuple.
05:18Il a ouvert la Roumanie au monde extérieur.
05:20Nous avions une industrie, une agriculture et un secteur du bâtiment performant.
05:26Notre pays est devenu un pays développé.
05:32Dans ce climat général d'ouverture, des ouvrages intéressants ont commencé à être publiés.
05:39Les écrivains, les peintres et de la même façon les sports ont prospéré.
05:44Le syndrome Nadia Komaneci faisait partie de ce paysage.
05:54Un jour, un grand hongrois moustachu est entré dans ma salle de classe et a demandé « Qui sait faire
05:59la roue ? »
06:01Cette simple question a littéralement changé ma vie.
06:05Deux petites filles ont levé la main. Nous, nous, on sait faire la roue.
06:09Ok, faites-moi voir ça. C'était elle.
06:11Ces deux petites blondinettes, c'était Nadia et sa camarade Viorika Dumitran.
06:18« Ça alors ! Venez au gymnase de suite ! »
06:22À l'époque, on nous avait proposé de diriger l'école de gymnastique qui venait d'ouvrir à Oneshti.
06:28On a dit oui.
06:31Évidemment, en tant qu'équipe et couple, Martha et moi, on se partageait les responsabilités.
06:36Martha s'occupait de la préparation artistique, de la poutre en particulier, mais aussi des exercices au sol.
06:45Moi, j'ai toujours été responsable du saut de cheval et des barres asymétriques.
06:49La condition physique des filles, c'était moi aussi.
06:53J'étais discrète. Je ne cherchais pas à me distinguer des autres gymnastes.
07:22La première fois où je suis entrée dans le gymnase, j'ai tout de suite su que ma place était
07:26là.
07:28J'étais stupéfaite par sa taille et par les perspectives de jeu de chaque appareil.
07:34Quand j'ai rencontré Nadia, elle avait les pieds sur terre. Elle était comme nous. Elle était très honnête et
07:41modeste. C'était une fille très modeste.
07:45La gymnastique m'amusait. Bella surveillait mes arrières. Je savais qu'il ne me laisserait pas me faire mal. J
07:53'adorais m'entraîner avec lui. Je n'avais peur de rien.
08:02Tout ce qu'elle faisait, elle le faisait à fond. Et ce n'était pas facile. Je souffrais énormément à
08:09force de m'entraîner si dur, constamment et sans répit.
08:15J'en faisais toujours plus que ce que Bella et Martha me demandaient. J'ai mis des mois à apprendre
08:36les mouvements les plus sains. Je revenais m'entraîner jusqu'à maîtriser totalement le moindre geste.
08:41Je voulais être parfaite.
08:56La Roumanie connaissait une véritable ouverture culturelle. Les talents florissaient. Nos compagnies théâtrales étaient invitées dans des festivals à l
09:04'Ouest.
09:05Et puis, en 1971, il s'est rendu en Chine. Et ça a été la fin.
09:11Mao a montré à Ceausescu un modèle de société qui lui a plu. Lorsqu'il est revenu en Roumanie, il
09:17a tout fermé.
09:19Le gouvernement roumain finançait des programmes olympiques car les athlètes représentaient une vitrine pour le pays. Une manière de montrer
09:27la puissance de nos dirigeants.
09:29De mon côté, j'étais très honorée d'intégrer une équipe d'élite.
09:35On travaillait six jours sur sept. Quatre heures d'entraînement et quatre heures d'école.
09:40On suivait un régime alimentaire strict, des portions précises de viande, de légumes et de lait.
09:47Béla et Martha croyaient en la discipline et étaient terriblement exigeants.
09:51On était déjà entraînés comme des professionnels.
10:01En 1970, j'ai participé au championnat national. C'était ma première grande compétition. J'avais 9 ans.
10:09J'ai fini 13e. J'étais furieuse, humiliée, mais surtout déterminée à ne plus jamais commettre les mêmes erreurs.
10:19A l'époque, les soviétiques dominaient ce sport. Ils le dominaient totalement.
10:24Des athlètes magnifiques, très bien préparés. Un mode d'entraînement basé sur la performance, perfectionné par un programme très centralisé.
10:33Pour le monde extérieur, on était un seul et même bloc communiste. Mais mon Dieu, quelle rivalité !
10:40Tout le monde les pensait imbattables, imbattables. Nous, on s'en fichait qu'elles soient imbattables.
10:46Ce qui nous intéressait, c'était nos toutes petites filles qui, de jour en jour, se rapprochaient un peu plus
10:52du plus haut niveau.
10:56Les compétitions ont atténué ma frustration et ma colère. Je voulais me surpasser, être meilleure que tout le monde.
11:06Mon premier succès, c'est en 1972, à une compétition amicale.
11:11J'ai remporté la médaille d'or au concours général.
11:14Les filles de mon équipe n'avaient que 10 ans, alors que nos adversaires avaient souvent plus de 20 ans.
11:20Un tel niveau chez de si jeunes gymnastes, c'était du jamais vu.
11:25Les gens disaient, Bella débarque avec ces gymnastes qui ont l'air de venir de maternelles. C'est complètement ridicule.
11:32Que vont-elles faire dans la cour des grandes ?
11:41Je proclame l'ouverture des Jeux Olympiques de 1976, célébrant la 21e Olympiade de l'ère moderne.
12:08En arrivant à Montréal, j'ai été époustouflée. Par le village olympique, par sa taille, par le nombre d'athlètes
12:14et toutes ces disciplines sportives dont je n'avais jamais entendu parler.
12:22Je me souviens surtout que tout était gratuit. J'ai découvert les pizzas, le beurre de cacahuète et les cornflakes.
12:29Pour moi, tout était moderne, bizarre, mais excitant. C'était merveilleux.
12:39Tout le monde était excité. C'étaient les Jeux Olympiques.
12:43Malheureusement, les médias n'accordaient absolument aucune attention, mais alors aucune, à l'équipe roumaine.
12:49Ici pour débuter une démonstration très acrobatique.
12:52Votre cote auprès des médias attire l'attention du public et des juges.
12:57Ça s'est passé comme ça à Montréal.
12:59La grande équipe d'Union soviétique qui captive tous les regards arrive.
13:17La compétition était en fait un duel entre les soviétiques et les roumains et personne d'autre.
13:25Tout le monde attendait les gymnastes russes, Olga Korbut et Ludmila Touricheva, les idoles.
13:32On venait d'un pays si petit, personne ne savait où c'était.
13:38Notre petite équipe roumaine passait totalement inaperçue.
13:41On faisait notre entraînement normalement, mais je sentais la frustration monter en moi de jour en jour.
13:48Je me répétais, notre heure va arriver.
13:52La partie la plus difficile, c'est l'attente.
13:56Mais une fois que la compétition commence, je n'ai plus peur.
14:07la compétition en Б Az Girl.
14:48Chaque fille était concentrée pour effectuer un parfait enchaînement, très contrôlé, très bien exécuté.
14:55Ça a très bien commencé, avec un très haut score, dès le début, qui a continué à monter.
15:01Notre score était déjà de 9-9, ce qui est très très haut.
15:04Pour finir, c'est au tour de Nadia de passer au bar asymétrique, son fameux passage au bar.
15:34Applaudissements.
16:04Enfin, la note sur le bar.
16:06On s'affiche sur le tableau, et c'est un grand 1.0.
16:101.0.
16:12On était... Comment vous dire ?
16:15On a cru que c'était une erreur.
16:18Je suis prêt à foncer sur le jury, et là, je vois Nadia qui s'approche, les yeux écarquillés.
16:25Mesdames et messieurs, pour la première fois dans l'histoire du sport, un 10 parfait, du jamais vu.
16:38C'était...
16:41C'était...
16:43Oh mon Dieu !
16:48Pour un peuple qui n'avait pas beaucoup d'occasion d'être heureux, ça a été un grand moment.
16:59De quoi pouvait-on se réjouir à l'époque ?
17:03Un dernier moment.
17:04Pas grand-chose.
17:05Nadia Komani.
17:06Bravo Nadia !
17:08The Olympic champion steps up, with a real smile.
17:12He's got it again.
17:20An extraordinarily composed young lady of 14.
17:32Au final, j'ai remporté 7 fois la note parfaite de 10 et 5 médailles olympiques, en 3 d'or.
17:49Cet exploit m'a rendu célèbre dans le monde entier.
17:57Personne ne peut savoir qui le va entrer dans l'histoire, ni comment le gérer.
18:08Quand notre avion a atterri, j'étais loin d'imaginer ce qui m'attendait.
18:13Des milliers de Roumains étaient venus m'acclamer.
18:17J'étais dépassée et effrayée.
18:21Toutes ces années sans intéresser personne, et là, les gens se bousculaient pour m'en toucher.
18:44On nous a emmenés à une cérémonie officielle, et Ceausescu a personnellement remis un prix du gouvernement roumain aux entraîneurs
18:51et aux gymnastes.
18:56Je suis très émotionnée, parce que n'importe quelle médaille et aucun titre de la monde ne valorent la distinction
19:04que l'on l'a accordé.
19:19Ceausescu et sa femme lui ont réservé un bel accueil.
19:21Ils l'ont reçu et lui ont remis une médaille, héros du travail socialiste, la plus prestigieuse des décorations.
19:29C'est une manifestation évidente de l'incontestable grandeur roumaine.
19:33Et par association, nous aussi avions le sentiment d'appartenir à cette lignée de talents, capables de produire de tels
19:40génies.
19:42Nadia Comanici était devenue plus importante que Ceausescu.
19:49J'étais devenue un trésor national.
19:52J'avais donné une bonne image de mon pays, une image que nos dirigeants voulaient protéger à tout près.
20:05Pour la première fois, notre pays avait une des meilleures équipes internationales de gymnastique.
20:12Avec la Russie et les Etats-Unis, la Roumanie était dans les trois premières.
20:25Je suis allée à Montréal, j'ai gagné et fait la fierté de mon pays.
20:30Et puis je suis repartie en bus, pas en limousine, avec le sentiment du travail accompli.
20:35Qu'est-ce que ça a changé pour moi ?
20:38Rien.
20:41Je n'avais toujours pas de voiture.
20:43Ma mère était toujours femme au foyer.
20:46J'ai reçu un peu d'argent du gouvernement, mais pas grand-chose.
20:50Après tout, mon pays était communiste.
21:01D'après les médias et l'opinion publique, je vivais un véritable conte de fées.
21:05J'étais riche, j'habitais un château, je dînais toutes les semaines au palais de Ceausescu.
21:11Rien de tout cela n'était vrai.
21:14Je suis retournée à l'entraînement.
21:17Pas le temps de me reposer sur mes lauriers.
21:21La gymnastique n'était pas un jeu.
21:23Je voulais être la meilleure.
21:25Elle restait.
21:28Bella n'était pas du genre à me dire que j'étais parfaite.
21:31On pensait toujours à la compétition suivante.
21:36Bella voulait que ses gymnases soient à la hauteur pour montrer son talent d'entraîneur.
21:41Il est devenu plus sévère.
21:45Comment diable est-ce que je vais faire pour garder ces enfants sur le droit chemin ?
21:50En ne changeant pas leur quotidien, en gardant leur discipline habituelle.
21:55Comment j'ai fait ?
21:56Eh bien, j'ai tout simplement écarté tout le monde.
21:59Je n'ai autorisé personne à entrer dans l'arène, le gymnase, pendant nos entraînements.
22:05Je le trouvais surprotecteur et en tout cas à mes yeux, trop autoritaire.
22:10Pourquoi vous ne souriez pas beaucoup, Nadia ?
22:15Parce qu'elle pense toujours à ses exercices.
22:20Nicolas et Ceausescu faisaient pression sur nous.
22:22La gymnastique avait rendu la Roumanie célèbre dans le monde entier
22:26et nous étions donc censés gagner toutes les compétitions.
22:30Nous payons le prix de toutes leurs manœuvres politiques.
22:33Nous n'étions que des petites filles
22:35et ils avaient fait de nous des pions dans leurs jeux d'échecs.
22:42Avec tout le battage médiatique autour de l'équipe
22:46et tous les honneurs que nous avons reçus de la part de Ceausescu,
22:50les mesures de sécurité ont bien sûr été renforcées
22:55pour notre protection,
22:56mais aussi pour éviter que l'idéologie et le mode de vie occidentaux
23:01gangrènent notre pays.
23:08Nadia était un symbole de la perfection communiste.
23:13Voici le genre d'enfant que notre État peut éduquer,
23:16les talents compétitifs à l'extrême qu'il peut engendrer.
23:20C'était une enfant de l'ère Ceausescu.
23:42Je crois que ça a été dur pour Béla de gérer le début de mon adolescence.
23:45Je voulais grandir comme n'importe quelle fille.
23:49Je voyais les autres filles sortir avec des garçons,
23:51aller au cinéma.
23:53Tout ça m'a déconcentrée.
23:56Quand vous vous entraînez 8-9 heures par jour,
24:00pendant des années et des années,
24:02toute votre enfance, toute votre adolescence,
24:04que vous n'avez aucun ami,
24:06et que tout ce que vous faites, ce que vous dites,
24:08ce que vous mangez et contrôlez,
24:10vous vous sentez comme une marionnette.
24:12Vous avez le sentiment de ne pas pouvoir être vous-même.
24:21En grandissant, je ne voulais plus que Béla contrôle ma vie.
24:24Mais je ne lui reproche rien sur mes débuts.
24:26Sa méthode a fait de moi une grande gymnaste.
24:30Un jour, pendant l'entraînement,
24:32toute une délégation débarque.
24:34Il y a ce mec en particulier,
24:35avec une veste en cuir,
24:38Niku Ceausescu.
24:39Je ne savais pas qui c'était.
24:41En arrivant, il s'exclame,
24:42« Oh, c'est mes petites, mes petites filles ! »
24:45Je lui ai dit,
24:46« Tes filles, tu es qui ? »
24:48« Mais qui es-tu, bon Dieu ? »
24:50« Virez-moi tout ça ! »
24:51J'ai dit, « Mettez-les dehors ! »
24:53J'avais mis dehors le grand président des jeunesses communistes,
24:56M. Ceausescu Junior.
24:59Sur le moment, je n'ai pas réalisé que je venais de me tirer une balle dans le pied.
25:12Les rapports des services de renseignement
25:14attestent que les relations entre Mlle Nadia Comaneci
25:18et son entraîneur Bella Caroli
25:21se sont détériorées.
25:23Suite à des incidents répétés,
25:25Nadia Comaneci a été transférée à Bucarest
25:28sur ordre personnel de M. Nikuzor Ceausescu.
25:35La surveillance était généralisée.
25:37Comme dans tous les pays,
25:39les services de renseignement étaient chargés
25:41de collecter des informations
25:42et de s'occuper de ceux qui ne respectaient pas la loi.
25:47D'après ce que j'ai compris à l'époque,
25:49le gouvernement a pris la décision de nous séparer, Bella et moi.
25:52On m'a emmenée à Bucarest.
26:01Officiellement, les Caroli étaient envoyés à Deva
26:03pour créer un nouveau centre d'entraînement.
26:05Bella dit qu'il n'a pas été informé de mon départ.
26:07Il était choqué.
26:10Mais plus tard, j'ai appris que Ceausescu n'avait jamais aimé Bella
26:13à cause de ses origines hongroises.
26:16Il a dit
26:17« Je refuse de partager la célébrité de Nadia
26:20avec un couple de salles hongrois.
26:22Nous devons lui trouver de nouveaux entraîneurs,
26:24de vrais roumains. »
26:37À Bucarest, mon nouvel entraîneur était beaucoup plus détendu.
26:41Je m'amusais, j'allais au cinéma, en discothèque.
26:44Je dormais beaucoup, je regardais la télé.
26:48Je menais une existence très sédentaire.
26:51Cela me plaisait de ne pas avoir d'emploi du temps.
26:53Mais en vérité, je vivais mal cette désorganisation.
26:56Je m'y sentais flottante, incertaine.
27:01Elle a eu des difficultés à s'adapter
27:03à cette nouvelle vie plus libre, plus solitaire,
27:05coupée du seul mode de vie qu'elle connaissait.
27:10Entraîne-toi dur, obéis aux ordres.
27:13Tu es notre trésor national.
27:15On attend beaucoup de toi.
27:18Où que tu ailles,
27:19tout le monde veut obtenir quelque chose de toi.
27:24Peut-être qu'elle n'était pas bien entourée.
27:29J'avais perdu six mois.
27:31Avec la puberté et l'excès de nourriture, j'ai pris du poids.
27:36C'était dur de voir mon corps changer.
27:39Le mariage de mes parents était en difficulté.
27:42Leur divorce m'a emplie d'anxiété et de tristesse.
27:49De plus, mon gouvernement m'avait promis plus de liberté,
27:53mais trois agents d'État campaient à l'extérieur de ma chambre
27:55et gardaient un oeil sur moi.
27:57Je détestais être surveillée, scrutée et constamment observée.
28:02C'en était trop.
28:04J'ai entendu dire qu'elle avait absorbé quelque chose qui l'avait rendu,
28:08qui avait sérieusement mis sa vie en danger.
28:14Il y a eu beaucoup de rumeurs à l'époque.
28:16Et aujourd'hui encore, certaines personnes pensent que j'ai tenté de me suicider.
28:21Oui, j'étais très malheureuse, mais non.
28:23Je n'ai pas avalé d'eau de javel.
28:29Elle aurait accidentellement avalé le contenu d'une bouteille.
28:33C'était du détergent.
28:36Les gens ont dit que c'était une tentative de suicide,
28:39mais je n'en sais pas plus.
28:42Au niveau de gymnastique, j'ai souffert de tout ça.
28:45Je n'étais plus en condition pour concourir.
28:47Je me disais que tout était fini.
28:55Les championnats du monde approchent et il faut qu'elles participent.
28:59Ceausescu l'a ordonnée.
29:01Elle doit participer.
29:04Le premier ministre roumain vient donc me voir et il me dit
29:08« Bella, je te le demande de nouveau.
29:11Reprends Nadia.
29:12Fais-le, vas-y.
29:13On a besoin d'elle. »
29:15Je lui ai dit qu'il était absolument impossible de renverser la situation.
29:19en cinq semaines.
29:20Parce qu'elle n'était plus du tout en condition physique.
29:23Elle avait grandi de plusieurs centimètres
29:25et elle avait pris du poids.
29:27Et surtout, elle n'était pas,
29:29mais pas du tout en bonne condition physique.
29:34J'aurais pu tout simplement arrêter,
29:36mais je n'abandonne jamais.
29:37Je ne fuis pas devant un défi.
29:40Je le relève.
29:47En 1978, je suis revenu à la réalité.
29:51Cinq semaines ne suffiraient pas à rattraper une année sans discipline.
29:55Réadapter a été très dur.
30:14On voyait bien que quelque chose clochait chez Nadia.
30:17Elle n'était plus le petit garçon manqué
30:19qui volait dans les airs de façon presque surnaturelle.
30:23Elle était devenue humaine
30:24et on voyait qu'elle luttait pour accomplir ces enchaînements.
30:30Le pire, c'était les barres asymétriques.
30:32Les figures difficiles étaient presque impossibles à faire.
30:35Je n'étais plus assez forte et rapide.
30:58Après les championnats du monde,
30:59les médias ont dit que j'étais finie.
31:01J'ai décidé de ne pas les écouter.
31:11On a entendu dire que Ceausescu était très déçu par nos résultats.
31:15Surtout par les miens.
31:17C'était très étrange d'imaginer que le chef de mon pays
31:19s'intéresse à mes résultats.
31:21Encore plus étrange de comprendre que pour lui,
31:23ils avaient une répercussion sur l'image de son gouvernement.
31:27Cette compétition m'a appris l'humilité.
31:30J'étais la seule responsable de cet échec.
31:33Je voulais à tout prix effacer cette expérience de ma mémoire.
31:36Après Strasbourg, je me suis dit qu'elle allait tout laisser tomber.
31:40Mais non, on est retournés à Deva.
31:43Dès le matin, course à pied, pompe, traction,
31:46un entraînement dur, cruel.
31:51Béla a fait ce qu'il avait dit.
31:53Ça a été une véritable torture.
31:55J'étais épuisée.
31:58Je pouvais à peine marcher en sortant de l'entraînement.
32:02C'était vraiment inhumain.
32:05Et pourtant, il fallait y arriver et recommencer.
32:09Bien sûr, nous étions trop intimidés pour oser dire quoi que ce soit.
32:13Nous souffrions beaucoup et continuellement.
32:17Béla me poussait beaucoup, mais il n'a jamais vraiment su où étaient mes limites.
32:21La gymnastique n'a jamais été un sacrifice pour moi.
32:33C'est-à-dire comme à l'échine, nous la retrouvons au bar asymétrique.
32:37Au bar asymétrique où à Montréal, elle avait obtenu plusieurs dix.
32:40Et où à Strasbourg, elle avait laissé passer toutes ses chances de gagner le titre mondial
32:47avec une chute.
32:48Vous vous en souvenez vraisemblablement.
32:51Je voulais montrer aux médias et au monde entier ce dont j'étais capable.
32:54Je voulais redevenir la meilleure.
32:56Point final.
32:58C'était une toute nouvelle championne.
33:01Magnifique.
33:02Vraiment magnifique.
33:04La nouvelle Nadia.
33:05Longue et fine.
33:07Magnifiquement dessinée.
33:08C'est un demi-tour coupé et écarté.
33:10C'est très très joli comme enchaînement.
33:12Elle a vraiment changé son programme.
33:15Et la même sortie, mais ceci par-dessus la barre intérieure.
33:18Être une championne, c'est repousser ses limites.
33:21J'étais transformée.
33:23J'étais de retour au sommet.
33:25C'est-à-dire ce qui étonne chez Nadia, c'est la maîtrise corporelle.
33:30Et voici la sortie.
33:31Double vrille.
33:32Elle a gagné.
33:32Pas de faute.
33:33Donc, elle est championne d'Europe.
33:43Ma relation avec Béla a commencé à changer.
33:46Il m'a peu à peu traitée comme une adulte.
33:48Et m'a consultée sur l'entraînement.
33:53Je voulais tout contrôler.
33:55Mais ce n'est qu'une illusion.
33:56Surtout dans un pays communiste.
33:58J'étais au summum de mes capacités.
34:01Pendant ce temps, en Roumanie, les gens mouraient de faim.
34:05La vie en Roumanie est devenue de plus en plus dure.
34:10Il était très difficile de trouver de la nourriture.
34:14Quand on voyait des gens faire la queue quelque part, on y allait.
34:17Que ce soit pour des œufs, de la viande.
34:20Et on attendait, dans l'espoir d'obtenir quelque chose.
34:27La vie était dure pour tout le monde.
34:30Toute la nourriture de notre pays était exportée.
34:33J'avais remporté de nombreuses compétitions internationales.
34:36Et pourtant, je n'avais rien.
34:38Tout ce que j'avais de plus que les autres, c'était deux petits pains.
34:40Donnés par un ami qui travaillait dans une boulangerie.
34:44Oui, je bénéficiais d'une faveur, mais aucune du gouvernement.
34:48Tout le monde avait du mal à trouver à manger.
35:04Les années 80 ont marqué une période de durcissement dans la politique de Ceausescu.
35:08C'était un régime d'austérité, d'autocratie et de fermeture.
35:12Il avait décidé de régler toutes les dettes du pays.
35:15Cela représentait plus de 12 milliards de dollars.
35:18Des coupures ont été faites dans l'eau, le chauffage et l'électricité.
35:23On peut dire que la Roumanie a été le seul pays européen
35:26où les lumières se sont éteintes au propre comme au figuré pendant 10 ans.
35:32À l'époque, je ne m'intéressais pas à la politique.
35:36Tout ce que je savais, c'était qu'aux Jeux Olympiques de Moscou,
35:39on allait concourir contre nos plus grands adversaires, les Russes.
35:48A Moscou, nous nous jetions tout droit dans la gueule du loup.
35:51Nous allions affronter les Russes sur leur propre terrain.
35:58Le premier jour des Jeux Olympiques,
36:00Béla nous a donné une table dans le dos et nous a dit qu'on pouvait y arriver.
36:07Je n'y suis pas vraiment arrivée.
36:12Une fois qu'on a fait une erreur, rien ne peut la réparer.
36:15C'est fait, c'est tout.
36:39Je crois que la nation entière en a eu le souffle coupé.
36:42On n'était pas habitués à voir Nadia tomber.
36:48Elle était notre petite étincelle dans la nuit.
36:52Durant cette période politique qui était tellement difficile pour notre pays.
37:01Tout le monde la voyait un peu comme notre sauveur.
37:20Nos très bonnes performances pendant les épreuves en équipe
37:23nous ont placé en deuxième position, juste derrière les Russes.
37:29Malgré ma chute au bar, il me restait encore une chance de remporter l'or au concours général.
37:36La tensione ici, unbearable.
37:42Une petite hésitation là.
37:479-9, remember, only good enough pour Silva.
37:53Well, c'était une bonne performance.
37:55Qu'importe quel score, il ne peut pas être suffisant.
37:58Mais c'est un délai de voir qu'elle retourne.
38:01C'est le test de la vraie champion.
38:03Bela Karoli congratulaient elle.
38:06Elle a passé tellement bien.
38:11Elle a passé un petit délai de l'arrivée et un petit délai de l'arrivée.
38:16Elle a passé un délai de 9-9-5 pour l'or.
38:199-9, Odi, good enough pour Silva.
38:23Karoli waits.
38:24Nadia waits.
38:27Et il n'y a pas de la vraie.
38:29Il n'y a pas de l'arrivée.
38:32Ils n'ont pas de l'arrivée toute la nuit.
38:52Les médias aiment les rivalités et les héros.
38:55J'ai remporté une médaille d'or au sol et notre équipe a été très performante.
38:59On est arrivé deuxième.
39:02Les Roumains détestaient ces Russes qui nous avaient volé la victoire.
39:08J'ai entendu dire que Bela avait eu de gros problèmes à son retour en Roumanie.
39:11Parce qu'il avait perturbé les Jeux Olympiques de Moscou.
39:14Il a dû expliquer au comité central pourquoi il avait insulté nos amis soviétiques.
39:21Je me suis dit que cette fois-ci, ils allaient m'arrêter et m'emprisonner.
39:25Ils ne l'ont pas fait.
39:26Pourquoi ? Je ne le saurais jamais.
39:28Sans doute parce que nous étions trop connus.
39:31Un an plus tard, en 1981, la Fédération de gymnastique m'a appelée.
39:36Un groupe de gymnastes roumains allait partir en tournée aux Etats-Unis.
39:45Bela et Martha allaient diriger la tournée.
39:49La meilleure partie du voyage, c'est quand on a pris le bus avec un groupe de gymnastes américains.
39:54Ils nous ont fait écouter leur musique et nous avons essayé de communiquer.
39:59Le directeur de la Fédération de gymnastique était aussi du voyage, avec plusieurs membres de la sécurité athée.
40:06Je n'ai pas compris ce qui leur prenait de m'envoyer aux Etats-Unis.
40:09J'avais officiellement démissionné de ma place d'entraîneur de l'équipe nationale.
40:14Et je n'avais donc plus d'obligation.
40:16Je ne sais pas.
40:17C'était sûrement un piège.
40:19Nous envoyer là-bas, entouré d'agents de la police secrète.
40:24Vers la fin de la tournée, on m'a accusé de colporter de fausses histoires auprès des médias occidentaux,
40:30de proférer des accusations contre notre système, contre Ceausescu.
40:35Alors on a compris qu'à notre retour au pays, c'était la prison qui nous attendait.
40:39Mais on pensait aussi à notre fille rester en Roumanie.
40:41On savait qu'il pourrait utiliser Andrea pour faire pression sur nous.
40:46Alors on a discuté longtemps.
40:48Et au matin, nous avions pris notre décision.
40:51On doit rester.
40:52On ne peut pas retourner là-bas.
40:55Nadia est la seule à avoir remarqué.
40:57Elle m'a dit « Bella, qu'est-ce qui se passe ? »
40:59Et je lui ai répondu « Nadia, je ne rentre pas. »
41:10Changer le cours de sa vie et celui de sa famille en une nuit,
41:14sans garantie de succès,
41:16est une décision terrible à prendre.
41:25Après la fuite de Bella et sa femme,
41:28l'étau s'est resserré autour d'elle.
41:31Je pense que Nadia a été sous surveillance.
41:35Ils voulaient connaître ses moindres faits et gestes.
41:39Elle avait trop d'importance pour le régime.
41:43Après la fuite des Carolies, ma vie a beaucoup changé.
41:46Je ne pouvais plus quitter la Roumanie.
41:50Le gouvernement avait peur que je m'enfuie aussi.
41:58Je n'avais personne à qui me confier.
42:01À l'époque, deux Roumans sur trois étaient des informateurs.
42:07J'ai commencé à me sentir prisonnière.
42:11En fait, je l'avais toujours été.
42:16Bien sûr, les personnalités importantes de l'État et du parti
42:20étaient placées sous surveillance.
42:22Pour savoir comment ils se comportaient,
42:25surtout ceux qui voyageaient à l'étranger.
42:27C'était comme ça à l'époque,
42:29et pas seulement chez nous.
42:31C'était pareil aux États-Unis
42:32et dans les autres pays.
42:34Si vous n'avez pas d'informations sur les gens,
42:36comment faites-vous pour les contrôler ?
42:39C'est la vie.
42:44Nadia Comăneci,
42:46cea mai strălucită reprezentantă
42:47a Școlii Românești de Gimnastică.
42:50Dar referindu-ne numai la performanțele olimpice,
42:54cu care dintre acestea vă mântriți mai mult?
42:57Care v-a dat cea mai mare satisfacție?
43:00Cea mai mare bucurie a mea
43:02a fost atunci când,
43:04sărbătorindu-se sportivii
43:06care au participat la Olimpiadă,
43:07a emprimit din mâna președinte lui Țării Mellet,
43:12personală tovarășului Nicolae Ceaușescu,
43:15titul de héro al Munci Socialiste
43:17și medale de Aure Seceras-Ciocane.
43:31À cette époque,
43:32j'étudiais l'éducation physique à l'université.
43:36J'ai commencé à fréquenter l'office du président,
43:38Nicu Ceaușescu,
43:39qui travaillait dans le même bâtiment.
43:45Il y avait des rumeurs sur nous,
43:46car on nous voyait ensemble à des soirées.
43:48Mais il y avait toujours d'autres personnes avec nous,
43:50on n'était jamais seuls.
43:53C'était un coureur de jupons.
43:56Il était né avec une petite cuillère en argent dans la bouche,
43:59tout ce qu'il voulait,
44:00et il l'obtenait.
44:00Si Nicu voulait Nadia,
44:02elle était à lui,
44:03simplement parce qu'il était lui.
44:07Nadia n'a probablement pas eu son loisir.
44:12Nicu Ceaușescu entretenait une relation secrète
44:15avec Nadia Comaneci.
44:18C'était une jeune fille inexpérimentée.
44:21Il l'aimait bien,
44:22mais ce n'était qu'une simple liaison.
44:26Il ne voulait pas l'épouser.
44:29Elena Ceaușescu était contre cette relation.
44:32Elle n'aimait pas qu'on s'approche
44:34trop près de son fils Niku Soor.
44:37Elle était née mauvaise.
44:45Elena Ceaușescu
44:47était un vampire.
44:52On dit que dans les années 80,
44:54Elena Ceaușescu
44:55est devenue encore plus puissante que son mari
44:57et surtout plus cruelle.
45:00Elle dirigeait la sécurité athée.
45:03Personne ne pouvait la défier.
45:06Heureusement, je n'ai jamais eu affaire à elle.
45:08Car il n'y avait rien entre Niku et moi.
45:17Jusqu'à sa fuite,
45:18Nadia était condamnée à être seule.
45:21Je ne vois pas
45:22qui aurait eu le courage de l'épouser.
45:25Je continue à croire
45:26qu'elle avait été placée sous surveillance.
45:29En 1984,
45:31j'avais 23 ans.
45:33Et il était temps pour moi
45:34de prendre ma retraite de gymnaste.
45:35Personnalitățile de gymnastique internaționale
45:39mi-au făcut onoarea
45:40de a fi prezenți
45:41la manifestarea organizată
45:43cu prilejul retragerii mele
45:44din activitatea competițională.
45:47îmi vine greu să accepte
45:48că de aici înainte
45:49nu voi mai concura,
45:51nu voi mai trăi
45:52emoțiile specifice.
45:55cu-u-u-ță care ce amază
46:08cu-u-u-u-u-u-u-u-u-u-u-u-u-u-u-u-u.
46:14J'étais comme tout le monde, j'avais du mal à m'en sortir.
46:18Je gagnais environ 100 dollars par mois.
46:21Ce n'était même pas suffisant pour payer les factures de chauffage.
46:24Alors ma mère a trouvé du travail comme caissière dans un supermarché local.
46:29Je ne crois pas qu'à cette époque, elle connaissait un sort très différent de celui d'un employé d
46:33'usine.
46:35Bien sûr, elle était toujours invitée aux cérémonies officielles en présence de personnalités internationales.
46:41Elle était un symbole.
46:46Mais est-ce qu'elle comptait vraiment pour eux ?
46:49J'en doute.
46:51Ceaușescu n'appréciait pas qu'elle soit si populaire.
46:56Non, il n'aimait pas ça du tout.
46:59Tout le complexe Ceaușescu, toute leur paranoïa,
47:04se fondait sur l'idée que Nicolae et Elena Ceaușescu devaient être les seuls héros,
47:09les seules personnes à apparaître constamment à la télévision, dans les journaux.
47:16Il ne fallait surtout pas leur faire de l'ombre.
47:19Or, Nadia aurait éclipsé n'importe qui.
47:24Peut-être qu'elle a refusé de jouer le rôle qu'ils lui avaient attribué.
47:30Peut-être qu'elle était trop difficile à contrôler, trop indépendante.
47:34C'est peut-être pour cette raison que, petit à petit, elle a été mise à l'écart.
47:42Je ne faisais plus partie du cercle des favoris des Ceaușescu.
47:46Je n'avais donc aucune perspective d'avenir.
47:49Il aurait fallu que je maîtrise le géopolitique, mais ce n'était pas le cas.
47:54Je n'avais plus de statut à part et cela me manquait.
47:57On m'interdisait de voyager, je n'avais aucune relation intime
48:01et je devais me battre chaque mois pour trouver de quoi manger.
48:13J'ai réalisé un jour que j'étais dans une impasse.
48:23On a entendu dire qu'il y avait des signes de changement partout ailleurs en Europe de l'Est.
48:28Mais moi, j'étais toujours du mauvais côté.
48:33Nous savions qu'il y avait du mouvement au sein du bloc de l'Est.
48:37Mais il était très difficile pour nous d'imaginer qu'on en finirait un jour avec le communisme
48:43et que la famille Ceaușescu perdrait le pouvoir.
48:47Nous pensions que ça ne s'arrêterait jamais.
49:05Dans les rues de Leipzig à Berlin, des centaines de milliers de manifestants réclament
49:11la fin du monopole politique du Parti Communiste.
49:15En dépit d'un assouplissement des permissions de voyage à l'étranger,
49:19l'exode continue.
49:30Le 24 novembre, 14e congrès du Parti Communiste, Nicolas Ceaușescu est réélu à l'unanimité.
49:42Malgré tous les changements extérieurs, Ceaușescu a été réélu.
49:46Ce cauchemar ne finirait donc jamais.
49:51Quand j'ai commencé à rêver de m'enfuir, j'ai eu l'impression de revivre.
49:56La liberté était possible, mais il fallait risquer très gros.
50:01Est-ce que j'en étais capable ?
50:09Je ne pouvais pas parler de mes projets à ma mère et à mon père sans les mettre en danger.
50:14Seul mon frère Adrian était au courant.
50:16Il comprenait ma décision.
50:27Pour une personne qui réussit à s'enfuir,
50:30beaucoup échouent et se font déporter ou emprisonner à vie
50:33s'ils n'ont pas déjà reçu une balle dans le dos en passant la frontière.
50:40Tout a commencé le jour où je me suis rendue à une fête chez un ami.
50:44Sa maison était très proche de la frontière.
50:51C'est là que j'ai rencontré six autres candidats à la fuite.
50:56L'un d'eux avait déjà essuyé trois échecs.
51:00Un soir, nous nous sommes rendus chez cet ami pour la dernière fois.
51:04En sortant de chez lui, on s'est enfui.
51:12On devait suivre l'homme qui avait déjà tenté de fuir trois fois.
51:16Six heures de marche, sur des terrains difficiles pour atteindre la frontière hongroise.
51:26Cet homme nous a donné quelques conseils de dernière minute.
51:30Si vous entendez un bruit derrière vous, ne courez pas.
51:32Car si c'est un garde, il vous tirerait dessus.
51:36Essayez de vous déplacer silencieusement et ne parlez pas.
51:41On a atteint un lac gelé.
51:45La glace s'est brisée.
51:46On avait de l'eau jusqu'aux genoux.
51:51J'ai prié pour que mes parents aillent bien et qu'aucun mal ne soit fait à mon frère.
51:59On a compris qu'on avait atteint la Hongrie en voyant une pancarte avec une inscription qui n'était clairement
52:03pas en roumain.
52:09On nous a mis dans une voiture et emmené au service de police en droit.
52:14Quand ils ont vu mes papiers d'identité, ils m'ont tout de suite proposé de rester en Hongrie.
52:23On a finalement atteint l'Autriche.
52:26Je me souviens avoir franchi la porte de l'ambassade américaine à Vienne
52:29et avoir dit à la première personne que j'ai croisée que j'étais Nadia Comaneci
52:33et que je demandais l'asile.
52:36Que voulez-vous faire, m'a ton demandé ?
52:39Je veux aller aux Etats-Unis.
52:41J'étais enfin libre.
52:48Il y aura toujours des débats sur le moment qu'elle a choisi pour fuir le pays.
52:57Est-ce qu'elle savait quelque chose ?
52:59Est-ce qu'elle avait anticipé les événements ?
53:06La fuite de Nadia Comaneci, peut-on dire qu'elle a bien profité du régime en place à Bucarest ?
53:12Que c'était une privilégiée ?
53:13C'était la vie facile pour elle.
53:15Elle avait tous les portes ouvertes.
53:16Elle était tellement intégrée au système chausescu.
53:19Le geste de Nadia Comaneci est lourd de conséquences pour le régime de Nicolas Ceossescu.
53:24Les Roumains apprendront que leur petite poupée ne pouvait plus vivre sans liberté.
53:27Les Roumains apprendront que leur petite poupée ne pouvait plus vivre sans liberté.
53:58Ce n'était pas une période plus d'impacte.
54:02Ce n'était pas une période plus grande.
54:03Est-ce que tu as l'avez d'opportunité sur le gouvernement romain?
54:06Ce n'est pas mon business.
54:08Ne me prévisez-te.
54:10Ce n'est pas mon business.
54:11C'est pas mon business.
54:14Je veux dire quelques mots.
54:17Je suis très heureux parce que je suis ici en Amérique et je veux que j'arrive depuis longtemps.
54:21C'est l'heure de venir ici.
54:30Considérant à Chastra.
55:05Après 1989, Nadia Comaneci a fait sa vie aux Etats-Unis.
55:12Depuis lors, elle n'a jamais voulu s'exprimer sur ses rapports avec le régime de Ceausescu.
55:21Je pense que c'est un ending heureux.
55:23Qu'est-ce que tu penses ?
56:18Sous-titrage Société Radio-Canada
56:21Sous-titrage Société Radio-Canada