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  • il y a 6 semaines
Les débats de l'été avec avec Jean-Louis Thiériot, député de Seine-et-Marne, ancien ministre délégué auprès du ministre des Armées et des anciens combattants

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##LE_FACE_A_FACE_ETE-2026-07-14##

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News
Transcription
00:00Dernière partie des débats de l'été sur Sud Radio, une partie grand entretien et une partie débat avec vous
00:05auditeurs, ça s'appelle La France.
00:06Au bout du fil 0826 300 300, midi 30, 13h après une petite bataille juridique qui a duré quand même
00:12toute la nuit.
00:13Il faut le dire, un QR code est obligatoire pour assister, été obligatoire pour assister, on va dire, aux festivités
00:20du 14 juillet.
00:21Le symbole du QR code obligatoire pour assister à ce qui représente quand même la fête nationale.
00:26Est-ce que ce n'est pas une erreur ? Est-ce que ce n'est pas le symbole d
00:29'une fin de règne ?
00:30On vous posera la question, on l'a déjà abordé dans les débats, mais moi j'aimerais vous entendre plus
00:34longuement sur le sujet, amis auditeurs.
00:36Au 0826 300 300, sachant que ce n'est pas compliqué, il y a deux parties.
00:39Ceux qui disent, écoutez, QR code égale Covid, égale restriction de liberté, égale signe, même si le mot peut-être
00:45est un peu fort, de fin de règne, d'autoritarisme.
00:47Ce ne sont pas des choses qu'on aime.
00:49Et puis il y a ceux qui ont bien conscience que quand on a autant de chefs d'État sur
00:5248 heures à Paris,
00:53eh bien oui, il faut plutôt un QR code, c'est ce qu'on appelle la sécurité, qu'un événement
00:57comme ça,
00:57surtout dans le contexte que nous connaissons, avec une reprise de la guerre en Iran, avec ce qu'on peut
01:02voir en Ukraine,
01:02qui plus est quand un président ukrainien avec un pays en guerre,
01:05eh bien oui, ça demande forcément un palier de sécurité supplémentaire.
01:09On en débattra avec vous, amis auditeurs, mais peut-être même avec un mot, avec nos invités, alors qu'il
01:14est midi 6.
01:17Et notre invité est avec nous ce midi pour parler d'un sujet plus qu'important,
01:22puisque c'est le sujet du 14 juillet, le sujet du réarmement,
01:26mais aussi derrière toute la question, peut-être de toute un, comment on pourrait dire ça,
01:31de toute une partie du monde qui est en train de se redessiner,
01:34et face à laquelle nous devons faire face.
01:36Bonjour Jean-Louis Thiriot.
01:37Bonjour.
01:37Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
01:38Vous êtes député de Seine-et-Marne, dans la commission de défense bien sûr,
01:42mais vous êtes aussi l'ancien ministre délégué, au prix de ministre des armées et des anciens combattants.
01:46On va revenir sur ce 14 juillet absolument exceptionnel,
01:49près de 6 700 troupes à pied, 98 avions, 31 hélicoptères, 315 véhicules.
01:56Jamais autant de militaires n'auront défilé sur les Champs-Elysées,
01:59dans un contexte de réarmement bien sûr,
02:02avec, on le dira, une forte actualité internationale,
02:05des présences importantes, mais aussi des absents, qui sont tout aussi importants.
02:09Premier mot peut-être d'abord Jean-Louis Thiriot, vous revenez du défilé.
02:13Quel est votre regard sur ce 14 juillet, sur cette démonstration de force tout d'abord ?
02:17C'est un magnifique défilé, c'est un hommage à nos forces,
02:21et c'est évidemment un grand moment d'émotion et d'unité nationale.
02:26Une fois qu'on a dit ça, il faut bien voir qu'un défilé n'a jamais fait gagner une
02:32guerre.
02:33Le plus important défilé de l'histoire qu'on ait connu, c'était le 14 juillet 1939.
02:38On sait que ça s'est fini à Sedan.
02:41Donc ce qui est important, c'est pas cette manifestation de force.
02:46Ce qui est important, c'est la décision qui a été prise,
02:50de faire défiler la coalition des volontaires,
02:55qui a été montée à l'initiative de la France et du Royaume-Uni,
02:59pour réunir les puissances européennes,
03:03pour donner des garanties de sécurité à l'Ukraine,
03:06dans l'hypothèse où un cessez-le-feu serait signé.
03:09Je dis bien seulement, dans l'hypothèse où un cessez-le-feu serait signé.
03:13Personne n'a envisagé d'aller faire le coup de feu en Ukraine.
03:17Il y a deux choses qui sont frappantes.
03:19C'est un, c'est 32 pays présents,
03:23sous l'autorité de la France qui a été à l'origine avec les Britanniques.
03:29Et la deuxième chose, c'est que les Américains,
03:33alors que pourtant c'est le 250e anniversaire de leur déclaration d'indépendance,
03:40qui avait été acquis grâce à la France,
03:42où on aurait pu en faire une grande fête franco-américaine,
03:46n'étaient pas invités.
03:48Le symbole, c'est que les nations européennes
03:51commencent à prendre en main leur sécurité et leur destin.
03:56Et là, on assiste, je crois, à une véritable bascule historique.
04:01L'OTAN est de moins en moins américain.
04:04On ne sait pas si les Américains respecteront ou non
04:08leurs engagements sécuritaires.
04:10Et il faut le reconnaître,
04:12dans cette nouvelle configuration européenne,
04:15c'est la France qui prend le lead, et c'est très bien.
04:18La France qui prend le lead, notamment avec cette volonté
04:21de donner les moyens à ces forces militaires.
04:24On va parler, bien sûr, dans un instant, de la loi de programmation militaire,
04:27en rappelant les montants, en rappelant si, bien sûr, on est dans la bonne voie,
04:30et s'il faut faire plus.
04:32J'imagine que vous allez nous dire qu'il faut faire plus, Jean-Louis Thériault,
04:34parce qu'il y a encore des manques à combler.
04:36Est-ce qu'on va réussir à faire plus, et dans quel domaine exactement ?
04:39Mais simplement, sur ces démonstrations de force militaires,
04:42appelons-les comme vous voulez,
04:43j'aimerais simplement vous faire réagir à quelqu'un
04:45qui était l'invité de Benjamin Gleize au micro de l'interview politique.
04:48C'était hier, c'était un député,
04:50mais également porte-parole du Rassemblement National,
04:52Laurent Jacobelli.
04:53Et voici ce qu'il disait avec, certes, un peu d'ironie,
04:55mais j'aimerais vous entendre sur ce sujet.
04:57Surtout, moi, ce qui me surprend,
04:59c'est que l'entrée des spectateurs
05:01qui voudraient venir voir ce défilé
05:03est très protégé.
05:04Ça va être très compliqué d'aller voir ça.
05:06Donc, ces grandes démonstrations de force
05:09interdites au public,
05:10ça rappelle quand même des souvenirs,
05:11qui ne sont pas des souvenirs dans une démocratie,
05:13mais qui sont ailleurs, très loin à l'ouest,
05:15et à l'est, pardon, il y a quelques années,
05:17on a l'impression que c'est la place rouge
05:19ou la Corée du Nord.
05:21Non, mais je dis ça pour rire,
05:22mais on a un président complètement isolé
05:25qui veut flatter son égo
05:26et qui ne veut plus partager la joie
05:28de soutenir nos armées
05:29qui en ont bien besoin.
05:30Est-ce que parfois, vous, Jean-Louis Thieriot,
05:32fin connaisseur de l'histoire
05:34et de ces questions-là,
05:35n'avez été gêné parfois
05:38par le rapport entre Emmanuel Macron,
05:40les forces militaires ?
05:41Comment vous réagissez
05:42à ce que vient de dire Laurent Jacobelli ?
05:44Même si c'est sur le ton de la boutade,
05:46je pense que comparer l'armée française
05:48et l'armée rouge,
05:51c'est très moyen vis-à-vis de nos militaires.
05:57Cela mis à part,
05:59si on parle des défilés militaires,
06:01des défilés militaires sur la place rouge,
06:032025,
06:04grande manifestation de forces exclusivement russes,
06:08aucun défilé d'autres nations
06:12avec les pays,
06:13on va dire,
06:14quelques pays de l'axe moscovique.
06:172026,
06:18je le rappelle,
06:19pas de défilés militaires sur la place rouge
06:21parce que menace de drones ukrainiennes.
06:23Autre grande manifestation de forces,
06:26un pays conquérant,
06:28la Chine,
06:29grande manifestation cette année
06:30avec les ambitions sur Taïwan.
06:33C'est totalement différent.
06:35Là,
06:35vous avez une coalition
06:37des peuples libres
06:39à qui personne n'a imposé d'être là,
06:44qui se mobilise
06:44contre la violation du droit international
06:46par la Russie en Ukraine.
06:48Donc je trouve cette comparaison moyenne.
06:50Quant au QR code,
06:51on va évacuer tout de suite la question.
06:55Évidemment,
06:56j'aurais préféré
06:57qu'on n'ait pas de QR code.
06:59La réalité de la situation sécuritaire,
07:02c'est que vous avez 32 chefs de l'État
07:04qu'on a déjà eu,
07:05je le rappelle,
07:06un attentat le 14 juillet
07:08où un militant d'extrême droite,
07:10Maxime Brunery,
07:11avait tiré sur le président de la République,
07:12Chirac,
07:13en 2002.
07:14Aujourd'hui,
07:14c'est une technique qui a fait ses preuves.
07:16On l'a vu au moment des GEO.
07:17Il y a eu un recours
07:20devant le tribunal administratif.
07:22Le Conseil d'État a validé la mesure.
07:24Passons à autre chose.
07:25Et je rappelle quand même,
07:26parce qu'il y a beaucoup de désinformation
07:27autour de ça,
07:28le QR code ne délivre pas
07:30une autorisation d'accès.
07:33Il constate simplement une inscription.
07:35Le but, c'est quoi ?
07:36C'est qu'on n'ait pas de troubles
07:37à l'ordre public
07:39ou d'attentats
07:40devant un parterre de chef d'État.
07:42Ça, c'est toujours mieux.
07:43En effet, Jean-Louis Cario,
07:44suite de la conversation,
07:45une fois qu'on a réagi,
07:46parce que c'est aussi
07:47ce que pensent certains politiques,
07:48aussi ce que pensent certains Français,
07:50cette démonstration de force,
07:51continuons à l'appeler comme ça,
07:52elle est nécessaire
07:53parce qu'Emmanuel Macron
07:54veut vanter ce qu'il a fait
07:55depuis dix ans
07:56à la tête de l'État
07:58avec une loi de programmation militaire
07:59dont l'actualisation a été approuvée
08:00le 1er juillet par le Parlement
08:02et qui prévoit donc 436 milliards d'euros
08:04sur la période 2024 et 2030.
08:06Et il faut le recontextualiser,
08:08c'est 36 milliards de plus
08:10que dans sa version
08:12qui avait été adoptée en 2023.
08:13Est-ce que cette loi de programmation militaire
08:16est suffisante, Jean-Louis Cario ?
08:17Il faut savoir d'où on part.
08:19En 2015,
08:21on était à 1,5%
08:23de la richesse nationale
08:24du PIB
08:25dépensé à la défense.
08:27À la fin de cette
08:29actualisation
08:30de la loi de programmation militaire,
08:31dont j'étais d'ailleurs le rapporteur,
08:33on sera à 2,5%.
08:35Durant toute la guerre froide
08:37et sans que ça n'empêche
08:39la croissance des 30 glorieuses,
08:41on était à plus
08:42de 3,5%
08:44du temps du général de Gaulle,
08:45du temps du président Pompidou,
08:47du temps de Valéry Giscard d'Estaing,
08:48du temps de François Mitterrand.
08:50Tout a commencé
08:52à partir
08:53à volo
08:54à partir des années
08:5894-95
08:59quand Laurent Fabius
09:00à la tribune
09:01de l'Assemblée nationale
09:02a parlé des dividendes
09:03de la paix.
09:04Alors c'est vrai
09:04que l'Europe
09:05était en paix,
09:06mais on a cru
09:07aux illusions
09:08de la mondialisation heureuse.
09:09Personnellement,
09:10je n'y ai jamais cru.
09:11Aujourd'hui,
09:11on revient dans la tragédie
09:12de l'histoire
09:13et donc,
09:14oui,
09:14il faudra
09:15faire davantage
09:17d'efforts
09:18et arriver à ce qu'on appelle
09:19le poids de forme,
09:20c'est-à-dire
09:21100 milliards
09:22d'euros par an,
09:23ce que vient d'ailleurs
09:24de proposer Bruno Retailleau
09:25dans une tribune
09:26du Villegarro.
09:28Aujourd'hui,
09:29c'est le premier des candidats
09:31à poser cela
09:32sur la table
09:33en rappelant aussi
09:34d'ailleurs
09:34la menace russe
09:35sur l'Ukraine
09:36et la solidarité
09:37de tous ceux
09:37qui sont attachés
09:38à la nation
09:39avec la défense
09:40de la nation ukrainienne
09:42pour son indépendance.
09:44Je suis heureux
09:44que ce soit
09:45l'un des candidats
09:46à la présidentielle
09:47qui l'évoque aussi clairement.
09:48Jean-Louis Thierry,
09:49vous venez de parler
09:50de cette expression
09:50qui a marqué
09:51et les générations
09:52et l'histoire,
09:53quand même,
09:53les fameuses dividendes
09:54de la paix.
09:55Vous évoquiez aussi
09:56la tribune de Bruno Retailleau
09:57qui fait référence
09:59notamment à Marc Bloch,
10:00l'étrange défaite.
10:01Marc Bloch
10:02qui a été panthéonisé
10:03il y a quelques semaines.
10:04On est dans une période
10:06en ce moment en France
10:07où on a l'impression
10:08de redécouvrir
10:09des grandes figures,
10:10des grands livres,
10:10des grands destins.
10:12Il y a ce fameux film
10:13sur Charles de Gaulle
10:14qui cartonne au cinéma.
10:15Il y a eu en effet
10:16la panthéonisation
10:17de Marc Bloch.
10:17On retrouve aussi
10:18l'Odyssée
10:19grâce à un film
10:20et les ventes bondissent.
10:21Est-ce qu'en France
10:22encore,
10:23les politiques,
10:24c'est pour ça que je m'adresse
10:25à vous Jean-Louis Thierryau,
10:26ont suffisamment
10:28conscience
10:28des notions
10:29du poids de l'histoire ?
10:30Quand aujourd'hui
10:31on entend
10:32notamment
10:32le chef de l'État
10:33parler de la guerre
10:34quand on voit
10:34aujourd'hui
10:35l'étrange défaite,
10:35quand on voit
10:36tous ces grands noms
10:37qui reviennent,
10:38est-ce que les leçons
10:38ont été suffisamment apprises ?
10:40Je crois qu'hélas,
10:43notre génération
10:44a oublié
10:46et l'histoire
10:47et le réel.
10:48Aujourd'hui,
10:49c'est le retour brutal
10:50de l'histoire
10:52et du réel.
10:53L'histoire,
10:54c'est que
10:55si tu veux
10:56la paix
10:56prépare la guerre
10:57et que quand Lyotet
10:59disait
10:59montrer sa force
11:00pour ne pas avoir
11:01à s'en servir,
11:02c'est évidemment
11:03une réalité.
11:04Le réel,
11:05c'est qu'on a beau
11:06être pacifique
11:07et espérer
11:10que le doux commerce
11:11réglera les choses,
11:12ça n'empêche
11:13pas les appétits
11:15de puissance,
11:16ce n'est pas nous
11:17qui désignons l'ennemi,
11:18c'est l'ennemi
11:19qui nous désigne.
11:20Et ça veut donc dire
11:21être fort militairement,
11:23ça veut dire être fort
11:24économiquement,
11:25parce que le monde
11:26économique est bien
11:27une compétition
11:29extrêmement sévère
11:30et ça veut dire
11:32aussi être fort
11:33moralement,
11:34ça veut dire être fort
11:35spirituellement
11:36et savoir que
11:37ce dont a besoin
11:38une nation
11:39avant toute chose,
11:40c'est de force d'âme
11:41et d'unité nationale.
11:43On va poursuivre
11:44cette conversation
11:44avec vous Jean Luthériot
11:45en ce 14 juillet,
11:46fête nationale,
11:48député de Sénéma,
11:48vous êtes aussi
11:49dans la commission
11:50de la défense,
11:50vous le disiez,
11:51rapporteur aussi
11:51de cette fameuse loi
11:52dont on n'arrête pas
11:53de parler,
11:54de programmation militaire
11:55qui atteint quand même
11:56le montant stratosphérique
11:57de 436 milliards d'euros,
11:592024-2030
12:00et vous êtes aussi
12:02l'ancien ministre délégué
12:02auprès du ministre
12:03des armées
12:03et des anciens combattants,
12:0514 juillet,
12:06fête nationale,
12:06enjeu pour nos hommes,
12:08menace bien sûr
12:08sur la France
12:09et sur le monde,
12:10on va continuer
12:11à tirer toutes ces files
12:11de pensée avec vous
12:13jusqu'à midi 30.
12:13A tout de suite
12:14sur Sud Radio.
12:15Sud Radio
12:18Parlons vrai.
12:19Suite de la conversation
12:20et alors pour ne rien vous cacher,
12:22on était en train
12:22de discuter cinéma
12:23avec notre invité
12:24puisque c'est lié
12:25à cette journée
12:25le film De Gaulle
12:26qui cartonne au cinéma
12:27en deux parties
12:28avec Jean-Louis Thierryau,
12:29député de Seine-et-Marne
12:30qui appartient
12:30à la commission de défense,
12:31ancien ministre délégué
12:32auprès du ministre des armées
12:33et des anciens combattants.
12:34Très important
12:35parce que Jean-Louis Thierryau,
12:36vous rentrez du défilé,
12:37on était en train
12:38de parler de la force d'âme
12:40qui passe par la littérature,
12:41la puissance,
12:42l'importance des leçons
12:43de l'histoire
12:43qu'on espère tirer.
12:45Vous nous dites
12:45que depuis des années
12:46on l'avait un peu oublié,
12:47c'est le retour du réel.
12:48Le retour du réel
12:49c'est aussi sur la scène internationale.
12:51On évoque ce 14 juillet
12:52qui est toujours
12:53en fait une démonstration
12:54de force notamment au monde
12:55plus qu'une volonté
12:57de se rassurer.
12:59Les menaces justement,
13:00on a la Russie en ligne de mire,
13:02on a l'Iran en ligne de mire,
13:04c'est vraiment
13:04ces deux puissances
13:05qui aujourd'hui représentent
13:06une menace considérable
13:08sur le pays.
13:09Hélas,
13:10c'est même plus large que ça.
13:11La menace russe,
13:12elle est évidente.
13:13Alors,
13:14je ne suis pas en train
13:15d'essayer d'affoler les gens,
13:16on ne verra pas
13:16les chars russes
13:17sur le Rhin
13:18comme on a pu le craindre
13:20pendant la guerre froide.
13:21La réalité,
13:21c'est qu'aujourd'hui,
13:22on a une puissance,
13:23la Russie qui a violé
13:24tous ses engagements internationaux,
13:26au mémorandum de Budapest
13:27en particulier,
13:28qui a agressé un pays,
13:30en l'occurrence l'Ukraine,
13:32après avoir conquis la Crimée.
13:34Et aujourd'hui,
13:34tous les services
13:35de renseignement européens,
13:37et ce n'est pas que la France
13:38qui le dit,
13:39considèrent qu'on a un risque
13:40d'être testé,
13:43surtout dans le cas
13:44d'un cessez-le-feu
13:45sur le flanc est de l'OTAN,
13:47dans les Pays-Baltes,
13:49par exemple.
13:49Alors,
13:49ça ne sera pas la grande guerre,
13:51mais ça veut dire
13:51que ce test-là,
13:53destiné à faire exploser
13:55la sécurité du continent,
13:57nous impose de réagir
13:58et de réagir vite.
13:59Et comme chacun,
14:00ici,
14:00souhaite la paix,
14:01l'idée,
14:02c'est d'être le plus fort possible
14:03pour que la Russie
14:05ne soit pas tentée
14:06par l'aventure.
14:07Vous savez,
14:08la guerre en Ukraine,
14:09en 2022,
14:10elle n'a commencé
14:12parce que Vladimir Poutine
14:13croyait qu'en 5 semaines,
14:15il mettrait à bas l'Ukraine.
14:17On voit que 4 ans après,
14:18on y est toujours.
14:19Mais la menace,
14:20il y a ça.
14:20Il y a l'Iran,
14:21alors il y a la menace
14:22balistique iranienne,
14:23j'y crois pas trop,
14:24mais il y a surtout
14:24cette menace
14:25que les événements
14:26dans le Golfe prouvent,
14:28c'est la menace
14:28sur la liberté
14:29de circulation maritime,
14:31alors que 80%
14:32de nos approvisionnements
14:33passent par la mer.
14:35Le monde est tenu
14:36par quelques détroits,
14:38on parle beaucoup d'Hormuz,
14:39mais vous avez Hormuz,
14:39vous avez Babelmanded,
14:41vous avez le détroit de la Sonde,
14:42vous avez le détroit de Malacca,
14:43si vous bloquez ces détroits
14:44et des pays peuvent le faire,
14:46c'est l'ensemble
14:47de l'économie mondiale
14:48qui est bloquée.
14:49Donc on a à protéger
14:50notre liberté maritime.
14:51Et puis,
14:51on a nos Outre-mer
14:53qui peuvent être victimes
14:54de déstabilisation,
14:55qui peuvent...
14:56On l'a déjà vu d'ailleurs
14:56à plusieurs reprises.
14:58Absolument,
14:58l'Azerbaïdjan
14:59en Nouvelle-Calédonie,
15:00la Chine
15:00dans une partie
15:02de l'Indo-Pacifique,
15:03donc on doit être capable
15:04de les protéger
15:05et éventuellement
15:06de les défendre.
15:07Je pense par exemple
15:09aux îles éparses
15:11au large de Madagascar.
15:12N'oublions pas
15:12les Manouines
15:13et Margaret Thatcher.
15:14On peut être amené
15:15à les reconquérir
15:16de vides forces.
15:16Et puis,
15:17c'est un point
15:17qu'on oublie trop
15:19concernant l'Afrique.
15:20Alors,
15:20il y a toute la déstabilisation
15:22de l'Afrique.
15:23On s'est fait
15:25mettre dehors.
15:26Très bien.
15:27Mais demain,
15:28on peut avoir
15:28ou des flux migratoires
15:29totalement incontrôlables
15:30qui nous amènent
15:31à y aller.
15:32Surtout,
15:32et ce qui est la menace
15:34la plus prégnante,
15:35avoir des attaques
15:37contre nos ressortissants
15:38dans ces pays-là.
15:39Et si demain,
15:40on doit faire
15:41une opération
15:41d'évacuation
15:42de ressortissants
15:43dans une situation
15:44de guerre,
15:45eh bien,
15:46on doit garder aussi
15:47des capacités
15:47de projection.
15:48Donc,
15:48on n'a pas
15:49une nouvelle menace
15:50qui se...
15:51On a des menaces
15:52qui se surajoutent
15:53les unes aux autres.
15:54Ce qui est très frappant
15:55quand on essaye
15:56de s'intéresser,
15:57nous,
15:57modestes citoyens,
15:58à tous ces conflits,
15:59Jean-Louis Chariot,
16:00c'est qu'à chaque fois,
16:01on a l'impression
16:01d'entendre,
16:02un peu comme vous venez
16:03de le faire,
16:04par exemple,
16:04avec le déclenchement
16:05de la Russie
16:06et son agression
16:07avec l'Ukraine.
16:08À chaque fois,
16:08des spécialistes
16:09viennent nous dire
16:10qu'on le savait,
16:11mais on a été naïfs,
16:12on n'a pas voulu entendre,
16:13on n'a pas voulu écouter,
16:14on n'a pas voulu lire,
16:14on n'a pas voulu comprendre
16:15Vladimir Poutine.
16:16Vous venez d'évoquer la Chine.
16:17Beaucoup de spécialistes
16:18de ce pays-là
16:18ou de ces questions-là
16:19vous expliquent que,
16:20déjà,
16:21la Chine,
16:21pour des scénarii
16:22qui touchent
16:242028,
16:252029,
16:252030,
16:26se préparent
16:27envers Taïwan.
16:28Est-ce que la France
16:34est-ce qu'elle trouve
16:34cette menace crédible ?
16:36Et si oui,
16:36est-ce qu'on sait
16:37quelle sera la position
16:37de la France
16:38en cas,
16:39à part des communiqués
16:40diplomatiques,
16:40en cas d'attaque
16:41de la Chine sur Taïwan ?
16:43Si je le savais,
16:44j'aurais une longueur d'avance
16:46sur l'ensemble
16:47des analyses du monde entier.
16:48La menace,
16:49elle doit être prise
16:50très au sérieux.
16:51Après,
16:52la France
16:53est une puissance
16:54clairement de l'océan Indien
16:55et la France
16:56a des intérêts
16:57dans le Pacifique.
16:59Militairement,
17:00seule la France
17:00ne peut pas faire
17:01grand-chose
17:01face à la Chine.
17:02Donc,
17:03je crois que
17:03si on devait avoir
17:05une guerre
17:06qui se déclenche
17:07à Taïwan,
17:08ce serait évidemment
17:09les Américains
17:10qui seraient en première ligne.
17:11Nous,
17:11ce que nous aurions à faire,
17:13c'est à protéger
17:14nos intérêts,
17:15nos bases
17:15et la liberté
17:16du commerce maritime.
17:18Personne n'imagine
17:19l'armée française
17:20allait se battre
17:22à Taïwan.
17:23Mais il y a aussi,
17:24puisqu'on parle
17:26souvent aussi
17:26de la force vive,
17:28c'est-à-dire les Français,
17:29j'aimerais vous entendre,
17:30on se souvient
17:30il y a quelques mois
17:31de la fameuse phrase
17:32de Fabien Mandon
17:33qui est le chef
17:34d'état-major
17:34des armées
17:35sur la nécessité
17:37de s'apprêter
17:37à voir mourir
17:38ses enfants au combat.
17:39Hier,
17:39il y a la petite phrase,
17:40c'était dans nos discussions
17:41également du débat
17:43d'Emmanuel Macron,
17:44le président de la République,
17:44qui parle du prix du sang
17:47pour défendre
17:47nos libertés,
17:48nos valeurs.
17:49Est-ce que,
17:50vous,
17:50en tant que spécialiste
17:51de ces questions-là,
17:52vous qui avez les mains
17:52dans le cambouis
17:53en tant que député,
17:54en tant qu'ancien ministre
17:55délégué auprès des armées
17:56et des anciens combattants,
17:57est-ce que c'est la bonne méthode
17:58d'en parler de cette manière,
17:59Jean-Luc Thériault ?
18:00Et aussi,
18:01est-ce que vous pensez sincèrement
18:02que les Français,
18:03encore aujourd'hui,
18:03pour ce pays,
18:04sont capables de se battre ?
18:07La peur n'évite pas le danger.
18:09Et je crois que...
18:09C'est ce que disait mon père, ça.
18:11Avec la confiance,
18:12n'exclue pas le contrôle.
18:13Ben super,
18:13qu'est-ce qu'on fait avec ça maintenant ?
18:15Monsieur,
18:15votre père vous a bien éduqué.
18:18Non,
18:19je crois qu'il faut regarder
18:20la réalité en face.
18:22Alors que l'hypothèse
18:24de la mort au combat
18:24était complètement écartée
18:26de nos horizons
18:27il y a encore
18:29une vingtaine d'années.
18:31Encore que les militaires
18:32de carrière
18:33tombaient au combat.
18:34Aujourd'hui,
18:35c'est l'ensemble
18:35de la résilience de la nation
18:36qui est en cause.
18:38Moi, je veux quand même dire
18:38qu'on s'est offusqué
18:40de la phrase du général Mandon.
18:42Certains veulent faire une polémique
18:43sur les propos
18:44du président de la République
18:45hier.
18:47La réalité,
18:48c'est qu'aujourd'hui,
18:49on en a perdu trois récemment.
18:52Un au Liban...
18:53Deux au Liban, pardon.
18:54Et à cause du conflit
18:58en Iran,
18:59régulièrement,
19:00on perd du monde.
19:01Et vous savez,
19:03c'était mon inquiétude,
19:06on va dire,
19:06comme ministre,
19:07quand vous voyez
19:09des veuves,
19:10des orphelins,
19:11vous mesurez
19:14la densité humaine
19:16que représentent
19:17les armées,
19:18l'acceptation
19:19de la mission
19:20jusqu'à l'hypothèse
19:22du sacrifice.
19:23Je pense que le dire,
19:25rendre cet hommage,
19:28ça a du sens.
19:29Vous savez,
19:29les armées,
19:31c'est un trésor
19:32d'humanité,
19:33c'est une réserve
19:33d'humanité,
19:34comme disait
19:35Péguy.
19:37Mesurons-les.
19:38Alors,
19:38évidemment,
19:39demain,
19:39ça ne sera pas
19:40une levée en masse.
19:401914-1918,
19:42c'est fini,
19:43tout simplement,
19:44parce que,
19:44de toute façon,
19:45personne n'aurait
19:46de quoi armer
19:47800 000 Français.
19:48Mais savoir
19:49qu'on doit contribuer
19:50à la défense
19:50de notre pays,
19:52qu'on ait davantage
19:52de réservistes
19:53pour protéger
19:54le territoire national,
19:55parce que,
19:55dans une guerre demain,
19:56ce serait une guerre hybride.
19:57Le territoire national,
19:58ça ne sera pas les chats,
19:59ça sera des sabotages,
20:01ça sera des drones.
20:01On aura besoin
20:02de gens pour le terrain
20:03pour surveiller.
20:05Eh bien,
20:06oui,
20:06on peut tous
20:07s'y préparer.
20:08Mais vous voyez,
20:08on parlait...
20:09Mais ce que vous pensez,
20:10ma question,
20:10c'était celle-ci,
20:11Jean-Luc Thériault,
20:11est-ce que vous pensez
20:12que dans ce contexte
20:13qui est difficile
20:14pour énormément de Français
20:14d'un point de vue politique,
20:15d'un point de vue économique,
20:17est-ce que vous pensez
20:18que les Français,
20:19à cette hypothèse,
20:19ils y sont prêts,
20:20mais au plus profond de leur arme,
20:21vraiment,
20:21à prendre les armes
20:22pour défendre leur pays ?
20:23Parce qu'on a tous,
20:24on s'est tous réjouis
20:25de l'exemple ukrainien,
20:25d'une certaine manière,
20:26mais est-ce que nous,
20:27en France,
20:28on agirait de la même manière ?
20:29J'ai tendance à le croire,
20:31et j'ai tendance à le croire
20:32pour deux raisons.
20:32Quand je vais dans les armées,
20:34je vois des jeunes
20:35qui viennent de partout,
20:37toutes les origines,
20:38toutes les religions,
20:38qui ne sont pas du tout
20:39de familles de militaires,
20:40qui font le choix
20:41de s'engager.
20:42Donc, il y en a.
20:43Et vraiment,
20:43c'est un magnifique exemple.
20:46La deuxième chose,
20:46c'est que vous m'auriez demandé,
20:48en 2014,
20:49il se trouve que je suis allé
20:51en Ukraine
20:52dans les années qui précédaient,
20:54si je croyais
20:55à une forte identité ukrainienne
20:57et à une forte capacité
20:59de mobilisation,
21:00je vous aurais dit non.
21:01Donc, je me serais trompé.
21:03Et je crois que
21:04quand votre pays est attaqué,
21:06je mets à part
21:07certains ferments de dissolution,
21:09mais quand votre pays est attaqué,
21:10je suis convaincu
21:11que 80% des Français
21:14seraient prêts à y aller.
21:16Je n'ai aucun doute là-dessus.
21:18D'ailleurs, vous voyez
21:19la popularité de nos armées,
21:20quand vous posez les questions
21:21aux Français,
21:23c'est une des rares institutions
21:26qui tiennent
21:27et qui réussissent.
21:28Merci beaucoup Jean-Luc Thériault
21:29d'avoir été avec moi ce matin,
21:31député de ce midi,
21:32même député de Seine-et-Marne,
21:33commission de défense,
21:34bien sûr,
21:35auquel vous apportez
21:36votre connaissance
21:37et votre vision.
21:39Accessoirement,
21:39on en a besoin en ce moment,
21:40ancien ministre délégué
21:41auprès du ministre des armées
21:42et des anciens combattants
21:43pour essayer d'avoir dressé,
21:45je ne sais pas si on l'a fait,
21:45mais un tableau assez précis
21:46en ce 14 juillet
21:47de ce qui attend le pays
21:49sur différents plans.
21:49Merci beaucoup d'avoir été avec nous
21:50et bonne fête nationale à vous.
21:52Dans un instant,
21:52on évoquait le 14 juillet,
21:54petite polémique
21:55autour de ceux
21:56qui voudraient y assister
21:57et de ce 14 juillet,
21:58notre invité y a réagi
21:59avec la nécessité
22:01d'un QR code.
22:02Est-ce qu'on était obligé
22:03d'en arriver là ?
22:03Est-ce qu'on privilégie
22:04la sécurité ?
22:05Ou est-ce une attaque,
22:05comme beaucoup le disent,
22:06oui,
22:06à nos libertés publiques ?
22:08On en parle dans un instant
22:08avec vous au 0826 300 300
22:10sur Sud Radio.
22:11A tout de suite.
22:12Sud Radio.
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