00:02Europe 1
00:0416h-18h, Pascal Pro et vous
00:08Sabrina Medjeber est avec nous, Richard Millet, Eric Revelle, Gautier Le Brette
00:13Non, Richard Millet n'est pas là d'ailleurs, pardonnez-moi, Gautier Le Brette, Olivier Guenek
00:18et notre ami, notre ami que je n'ai pas souhaité, effectivement, Georges Fenech
00:24Qui est cet individu dans le studio ? Qui est entré ?
00:27Qui est ce jeune marié ?
00:28Qui est-elle un renard ?
00:29Georges Fenech est là, et Jean-Baptiste Marti est là, journaliste au service police-justice
00:35d'Europe 1, comme vous le savez, c'est une information de nos camarades du JD News
00:39qui révèle dans son édition, qui sortira demain, le contenu des déclarations tenues en garde à vue
00:44des sept suspects interpellés dans la mort de Quentin à Lyon
00:47Jacques-Élie Favreau, l'assistant parlementaire du début TLFI Raphaël Arnaud
00:53admet avoir incité ses camarades à lyncher le jeune homme de 23 ans
00:56« Allez, Lyon Antifa, on tient, butez-les, tuez-le », aurait-il déclaré.
01:03Il admet aussi avoir porté des coups de genoux et des coudes à d'autres militants
01:08venus soutenir le collectif Némésis.
01:11Jean-Baptiste Marti, bonjour.
01:13Bonjour Pascal.
01:13Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de plus ?
01:16Eh bien, comme vous l'avez dit, on sait que ce jeune homme a avoué déjà tout d'abord
01:20être présent sur les lieux de l'agression, donc Jacques-Élie Favreau.
01:23Il a avoué également aux policiers avoir dit ses paroles « Allez, Lyon Antifa, on tient »,
01:28c'est-à-dire qu'il s'est donné ce rôle de leader face aux enquêteurs.
01:34Tout ça pour aller à l'affrontement avec un autre groupuscule.
01:37Et quand les policiers l'ont confronté à une vidéo dans laquelle on entend,
01:40on distingue cette parole « Tuez-le, butez-le », Jacques-Élie Favreau n'a pas nié avoir pu dire
01:46ça.
01:47C'est-à-dire que ça, ce sont des vidéos qui sont des vidéos surveillance de la mairie de Lyon
01:53ou ce sont des vidéos de qui-dames qui ont été envoyées de téléphone,
01:59qui ont été données aux policiers ?
02:01Mais ces vidéos, par exemple, on ne les a pas ni entendues, ni vues, ces vidéos ?
02:07Il y a des vidéos qui ont été données à certains médias.
02:10Il y en a une ?
02:11Il y en a une, mais on n'entend rien dans celle qui a été diffusée.
02:14Non, mais les Antifa, eux-mêmes, ont filmé le lynchage de Quentin.
02:18Je suis d'accord avec vous.
02:19Donc c'est peut-être ces vidéos-là que les enquêteurs ont récupérées.
02:21Mais ils ne les avaient pas manifestement effacées.
02:23C'est ça qui peut m'étonner.
02:24Il y a eu quelques jours entre le jeudi où la mort de Quentin a eu lieu,
02:30et c'était le mardi ou mercredi, je crois, la semaine dernière.
02:32C'était il y a plus de huit jours.
02:33On est dans une rue où il y a beaucoup d'immeubles,
02:36il y a beaucoup de personnes qui ont assisté à la scène,
02:38et certains témoins ont pu aussi filmer,
02:41mais sans forcément donner leur vidéo aux journalistes.
02:44C'est-à-dire qu'il n'a pas nié, il ne pouvait pas nier l'évidence,
02:47puisqu'on lui proposait les images devant lui.
02:49Alors, ça veut dire quoi concrètement sur le plan judiciaire ?
02:52C'est-à-dire qu'il est considéré comme un complicité ?
02:55C'est ce pourquoi il est poursuivi aujourd'hui,
02:57c'est-à-dire qu'il est mis en examen pour complicité de meurtre par instigation,
03:00c'est-à-dire que c'est lui qui a ordonné un meurtre,
03:02selon ses dires, étant donné qu'il ne nie pas avoir dit ça,
03:06et il encourt la même peine que s'il avait commis le meurtre,
03:08c'est-à-dire 30 ans de prison.
03:09Donc c'est quelqu'un qui, effectivement, va rester très longtemps en prison,
03:13et personne ne s'en plaidera.
03:14Il y a encore une enquête, on le rappelle, il est quand même présumé innocent,
03:17actuellement il est en détention provisoire,
03:19les enquêteurs poursuivent leur travail.
03:22Il n'y aura plus d'interpellations ?
03:24Il peut y en avoir encore.
03:25Les enquêteurs cherchent, selon les informations d'Europe 1,
03:29environ 5 suspects qui étaient aussi présents lors de l'agression,
03:32mais qui n'ont pas forcément directement frappé Quentin,
03:35mais qui étaient tout de même présents,
03:36donc ils ont participé aux violences.
03:37Est-ce que Raphaël Arnaud sera entendu ?
03:40Très bonne question, Pascal.
03:41Que disent les enquêteurs ? Est-ce qu'ils ont envie de l'entendre ?
03:43Je pense qu'à terme, il sera entendu, du moins en tant que témoin,
03:48c'est-à-dire que c'est lui qui avait fondé le groupuscule La Jeune Garde en 2018,
03:52donc à ce titre-là, je pense que l'enquête va un peu s'élargir
03:55et il sera entendu à minima comme témoin.
03:57Mais est-ce qu'on peut s'interroger sur le fait qu'il était au courant de ce qui se
04:03passait à Lyon ?
04:04C'est des questions quand même qui sont essentielles.
04:06C'est ce qui est actuellement aussi au cœur de l'investigation,
04:09c'est-à-dire que est-ce que Raphaël Arnaud savait que ses camarades,
04:12ses attachés parlementaires étaient présents à Lyon ?
04:13Est-ce qu'il leur a donné un ordre ?
04:14Est-ce qu'il a parlé avec eux après cette agression ?
04:17Donc en soi, il était au courant.
04:18Et tout ça, ça peut mener à une mise en examen pour l'association de malfaiteurs.
04:23Alors, évidemment, on suppute, et c'est bien normal,
04:26mais quand je vois combien la jeune garde est soutenue par Jean-Luc Mélenchon,
04:30il est clair que si elle n'était pas soutenue,
04:33peut-être que M. Favreau dirait des choses différentes
04:35dans ses gardes à vue et dans ses auditions.
04:37Il y a peut-être un intérêt pour Jean-Luc Mélenchon
04:41à soutenir mordicus, comme on dit la jeune garde,
04:46parce qu'il sait que s'il ne le fait pas,
04:48le retour du bâton peut être terrible.
04:52et pour lui, et pour son mouvement, et pour Raphaël Arnaud.
04:54C'est une hypothèse.
04:56C'est une hypothèse, mais je pense que ceux qui nous écoutent
04:59traduisent cette hypothèse, la formule, en tout cas.
05:02Moi, je suis très étonné combien la jeune garde
05:04est soutenue par la France Insoumise.
05:06J'aurais pu imaginer quand même qu'il prenne un peu de distance.
05:09Absolument pas.
05:10C'est pas nouveau.
05:11C'est pas nouveau, il a soutenu Adrien Quatennens jusqu'au bout,
05:14jusqu'à la dissolution.
05:15Oui, mais là, il y a un intérêt.
05:17En fait, la question, c'est est-ce qu'il y a un intérêt à soutenir la jeune garde
05:19quoi qu'il arrive ?
05:20Par le contraire, Pascal.
05:21Quand vous êtes condamné à 30 ans de prison,
05:22ce qui peut être le cas,
05:24vous n'avez plus grand-chose à perdre.
05:26Alors, vous pouvez aussi voir le problème dans l'autre sens.
05:29C'est de dire, bon, écoutez, je vais dire tout ce que je fais.
05:33Oui, enfin, là, il est menacé de 30 ans.
05:35Donc, je serai lui, je parlerai le maximum
05:38pour essayer de réduire ma peine, si j'ai des choses à dire.
05:41Jean-Luc Mélenchon, il a dit d'ailleurs,
05:44devant la pseudo-presse qui était hier réunie
05:47avec sa conférence de presse,
05:48puisqu'il a choisi lui-même les journalistes
05:49et c'était tous des médias affiliés de près haut de loin
05:52à la France insoumise.
05:53Plus vous me demandez la tête de Raphaël Arnaud,
05:55moins je vous la donnerai.
05:57Plus vous tapez sur la jeune garde,
05:59plus je la soutiendrai.
06:00Voilà ce qu'il a dit en substance,
06:02Jean-Luc Mélenchon.
06:03Donc, c'est une manière aussi de ne pas céder
06:05à ceux qui demandent la tête de Raphaël Arnaud.
06:07Et vous avez vu, contrairement à Adrien Quatennens,
06:10personne ne moufte.
06:11Parce que tous ceux qui avaient moufté sur Adrien Quatennens,
06:14tous purgés.
06:14Tous.
06:15Les uns après les autres, au moment de la dissolution.
06:17C'est-à-dire qu'Adrien Quatennens n'a pas été renouvelé,
06:19mais ils ont tous été purgés.
06:20Les Corbières, les Garrido, etc.
06:22Là, il n'y a personne qui moufte.
06:23C'est très frappant.
06:25C'est assez intéressant.
06:26Et ça va même au-delà de ce que vous dites,
06:28parce que Mme Chiquirou,
06:29on a passé ce matin une séquence
06:30d'une très grande agressivité,
06:32qui montre aussi une forme de rancœur,
06:34de ressentiment.
06:34Il est dans le premier sac de Jean-Luc Mélenchon, oui.
06:36Mais il y avait la prise de parole de Mme Panot.
06:42Et entre ce qu'elle disait vendredi
06:44et ce qu'elle dit aujourd'hui sur les réseaux,
06:46ça a changé.
06:47Et qu'est-ce qui a changé entre-temps
06:49la position de Jean-Luc Mélenchon ?
06:50Plus exactement, Jean-Luc Mélenchon a parlé.
06:52Il a dit hier, par exemple,
06:53qu'il ne souhaitait pas la violence.
06:54C'est ce qu'il dit.
06:55Et qu'il souhaitait gagner dans les urnes.
06:57Or, vendredi, Mme Panot expliquait
07:01qu'elle ne reconnaîtrait jamais la victoire dans les urnes.
07:04Et donc de marier l'appel.
07:05Exactement.
07:05Donc on voit vraiment que ce mouvement
07:08est un mouvement où une tête ne doit pas dépasser.
07:12Autrement, comme vous l'avez dit,
07:13vous êtes purgé.
07:13Mais c'est la psychologie de Jean-Luc Mélenchon.
07:16Voilà, vous avez quelqu'un qui impose
07:20une forme de dictature politique,
07:22intellectuelle dans son propre mouvement.
07:24C'est plus que ça, je pense, Pascal.
07:26Je pense que c'est une organisation totalitaire.
07:29Non, mais dictature au sens...
07:31C'est une organisation totalitaire,
07:33très verticale,
07:35qui est menée, décidée,
07:36métabolisée par une seule personne,
07:38qui est Jean-Luc Mélenchon.
07:39Et tous ceux qui sortent des sentiers battus,
07:41effectivement, sont purgés.
07:42Donc Mme Panot, Mme Chiquirou,
07:45sont des supplétifs de M. Jean-Luc Mélenchon,
07:47ni plus ni moins.
07:47Il n'y a pas de libre-arbitre,
07:48il n'y a pas de raison.
07:49C'est obéissance absolue.
07:50On n'y a pas d'eau.
07:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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