00:00Tout se badalisent aujourd'hui, et ça c'était votre excellente édito ce matin.
00:05Et c'est vrai qu'en vous écoutant, je me suis dit, bah oui, 15 meurtres ou tantaniques de meurtres par jour,
00:09je crois que c'est Thibaut de Montbrial qui le disait Laurent.
00:11Et on peut l'écouter.
00:13Écoutons-le.
00:13Ce qui est terrifiant, c'est que les événements de cette nature s'enchaînent,
00:19que le constat maintenant est assez largement partagé,
00:23l'augmentation de cette violence terrifiante,
00:26le fait que les digues sont en train de craquer,
00:28parce qu'en fait, avant de rentrer dans les détails, ce qu'il faut bien comprendre,
00:30c'est que depuis quelques années, et avec une spectaculaire accélération
00:34après la crise sanitaire de 2020, les digues sont en train de craquer.
00:39Vous avez parlé des chiffres.
00:40On a exactement 15 meurtres ou tentatives de meurtre, ce qui est la même chose.
00:45Un meurtre, c'est une tentative qui a réussi par jour.
00:48Et on a un acte de violence physique hors violence intrafamiliale toutes les 2 minutes 30.
00:54Donc ça, c'est la société française aujourd'hui.
00:56Ça, c'est terrible. C'est terrible parce qu'effectivement,
00:59en fait, c'est de pire en pire chaque année.
01:01Et j'ai l'impression, on va entendre les uns et les autres,
01:04mais je ne veux même pas ouvrir le débat avec vous,
01:06parce qu'on ne va dire que ce qu'on a dit.
01:0810 millions d'euros.
01:09Ça s'appelle en sauvagement.
01:11Oui, parce que...
01:11Termes que refusent d'employer.
01:13Le ministre n'a pas voulu le dire.
01:14Les ministres comme Éric Dupond-Moretti, etc.
01:16Alors, on va parler de Dupond-Moretti,
01:20on va parler du sentiment d'insécurité,
01:21on va parler d'or sauvagement.
01:22Parce qu'on est le suivant, alors ?
01:23Non, parce que ce qui est intéressant,
01:25c'est d'écouter les témoignages.
01:27C'est ce que j'ai dit, mais vous ne m'écoutiez pas.
01:28Écoutons-les.
01:29Je vous en prie.
01:30Éthane, camarade de Théo,
01:32agressé par la même bande à Lyon,
01:34un mois avant.
01:35Éthane.
01:36Je ne sais pas si vous avez entendu son témoignage.
01:39Même modus operandi,
01:40ils lui ont sauté sur le visage exactement comme pour Théo.
01:42Mais je n'arrive même pas à comment tu te remets psychologiquement et physiquement
01:46d'un tel acharnement et lynchage.
01:51Écoutez ce que dit Éthane.
01:53Au moment où je passe devant eux,
01:56il y en a un qui me course,
01:58me fait tomber de ma trottinette.
02:01Moi, à ce moment-là, je tape la tête contre le trottoir.
02:03Là, en peut-être un quart de seconde,
02:07j'ai dix individus sur moi qui me passent à tabac.
02:09Ils me demandent de donner tout ce que j'ai.
02:12Moi, je me suis vu mourir
02:13parce que ces jeunes-là, en fait,
02:15ils sautaient à pieds joints sur ma tête.
02:17Ils étaient capables de me laisser sur la voie de tram pour mort.
02:19Parce que moi, je me suis dit, je vais mourir.
02:22Parce que je n'ai jamais vu autant de haine
02:24dans les yeux de ces gens.
02:26Ce n'était pas une simple agression.
02:28On veut voler quelque chose
02:29et on part avec le butin.
02:32Et en fait, j'ai essayé de me relever.
02:33Ils m'ont plaqué contre un muret.
02:34Et à ce moment-là,
02:36on me menace de me jeter par-dessus le pont.
02:39Je commençais à perdre connaissance.
02:41Ce qui est incroyable,
02:42c'est la phrase très forte qu'il dit,
02:44c'est qu'ils ne veulent même pas voler quelque chose.
02:47C'est un déchaînement de violence.
02:49C'est des barbares.
02:51Oui, ils sont fiers même de leur acte.
02:53Ce sont des petits barbares.
02:53Ce sont des actes de barbarie.
02:56Florence, qui est la mère de Théo,
02:57l'étudiant de 19 ans,
02:59violemment agressée trois fois à Lyon
03:00par une bande de mineurs.
03:01C'est la même bande.
03:02Entendez bien.
03:03Il y en a un qui est cité dans 25 dossiers.
03:06Vous vous rendez compte ?
03:06Il a entre 14...
03:07C'est celui qui a 15 ans.
03:08Il a 15 ans.
03:09A 15 ans, il est cité dans 25 dossiers.
03:11Sans un jour de prison.
03:12Et il est dehors.
03:14Il se trouve que Théo connaît Ethan,
03:17que tous les deux sont dans le même quartier de Lyon.
03:20Ils se connaissent.
03:21Et Florence, que vous avez entendue plusieurs fois
03:23depuis il y a quelques jours
03:24sur l'antenne notamment de C12 et d'Europe 1,
03:25parce qu'on est les seuls à en parler.
03:27Les seuls.
03:28C'est ça qui est absolument dériffé.
03:29C'est le seul à faire ça une dessus hier.
03:30Exactement.
03:31Les autres, ça ne les intéresse.
03:32Ce n'est pas que ça ne les intéresse pas.
03:34Ça ne les arrange pas.
03:34C'est qu'ils ne veulent pas les voir.
03:35Exactement.
03:36C'est que ce sont des sujets qui ne sont pas nobles.
03:37C'est comme le président de la République.
03:38C'est plus noble de parler de l'Ukraine
03:40ou de parler du Groenland et de Trump.
03:43Les sujets de sécurité, vous comprenez,
03:45c'est des petits sujets.
03:46Ceux qui en parlent, ils font du lavage de cerveau.
03:49Quand vous dites en sauvagement,
03:50la France orange mécanique,
03:51vous participez à un narratif d'extrême droite.
03:53Tout ça, il ne faut pas en parler
03:55parce qu'on se salit à en parler.
03:57C'est le quotidien des Français.
03:58Et vous avez juste un schisme énorme
03:59entre une mère qui dit
04:00Emmanuel Macron, comment il fait
04:02pour se regarder dans le miroir avec son bilan
04:03et le président de la République
04:04qui a fait deux sorties la semaine dernière
04:06pour dire qu'il était très fier de lui
04:07et qu'il était très fier de son bilan
04:08et que c'était chouette
04:09ces neuf années qui viennent de s'écouler.
04:12Gautier le Prékin.
04:14Ouh là là.
04:15Gautier le Prékin.
04:17Vous n'avez pas couché à 7h30 à Cran.
04:19Non.
04:20Bon, écoutons Florence,
04:26donc la mère de Théo,
04:27cette étudiante de 19 ans
04:28violemment agressée trois fois à Lyon
04:30par une bande de mineurs.
04:31Aujourd'hui, les parlementaires,
04:33M. Macron,
04:34toutes ces personnes-là s'en foutent.
04:36Moi, j'ai fait un email
04:37que j'ai envoyé 120 fois
04:39aux chaînes nationales.
04:40On ne m'a jamais répondu.
04:42Aujourd'hui, j'appelle Alain.
04:43Je demande au président,
04:45je demande aux parlementaires
04:46depuis une semaine.
04:48Je n'ai pas eu un mot d'excuse.
04:50On ne m'a pas dit
04:51« Madame, vous avez raison.
04:52Votre enfant est vivant
04:53et on va se sentir plus fort. »
04:54Non.
04:55On me crache au visage
04:56en ignorant ma parole.
04:59Voilà,
04:59où est notre pays ?
05:00Je suis démunie.
05:01Je suis détruite.
05:02Je suis française.
05:03J'aimerais pouvoir changer.
05:04Mais vraiment,
05:04une nationalité aujourd'hui.
05:06J'ai honte.
05:07Elle était l'invité d'Eliott Deval.
05:09C'était hier, d'ailleurs,
05:10sur l'antenne d'Europe 1.
05:12Ce matin,
05:12François-Xavier Bellamy,
05:13députée européenne
05:14Les Républicains,
05:15invitée de Sonia Mabrouk,
05:16que vous pouvez retrouver
05:18sur Europe 1 chaque matin.
05:19Écoutez ce que dit
05:20François-Xavier Bellamy.
05:22Notre pays paye
05:23les conséquences
05:23d'une crise
05:24qui dure depuis très longtemps.
05:25C'est la faillite éducative
05:27que nous traversons
05:28qui produit aujourd'hui
05:29ces conséquences désastreuses.
05:31Aujourd'hui, malheureusement,
05:32rien n'a été fait
05:33pour reconstruire notre école,
05:34pour reconstruire l'autorité.
05:36Et nous voyons
05:37à quel point cela se paye
05:38d'une violence totalement débridée.
05:39Il faut une révolution pénale
05:40parce que la première cause
05:42de la pédagogie,
05:43la première manière
05:45d'apprendre à un enfant,
05:46à un jeune,
05:47la gravité de ce qu'il fait,
05:48c'est d'abord
05:49la réalité d'une sanction.
05:50Et aujourd'hui,
05:51l'absence de sanctions,
05:52l'absence de conséquences,
05:54encourage cette spirale
05:55de la violence.
05:55Et puis, Laurent Nunez,
05:58alors là encore,
05:59ça fait partie des antiennes
06:02lorsqu'on parle de ces sujets-là.
06:04Mal nommer les choses,
06:05c'est ajouter au malheur du monde,
06:07qui est une phrase de Camus,
06:10d'Albert Camus.
06:10Et bien, Laurent Nunez refuse
06:11d'utiliser le mot en sauvagement.
06:14Mais on dit toujours...
06:15Non, ça le regarde.
06:16Ça, c'est le commentaire politique.
06:19Pourquoi ça le regarde ?
06:19Parce que le président public lui-même
06:20a parlé de décivilisation.
06:22Ce qui est un terme
06:23qui revient au même, finalement.
06:24Donc, s'il veut,
06:26de manière très solitaire,
06:27ne pas reconnaître
06:28ce que tous les Français voient,
06:29ça le regarde.
06:30Laurent Nunez, écoutez,
06:31on en parle.
06:32On peut parler d'une montée
06:34de la violence chez les jeunes.
06:35C'est un véritable fait de société.
06:36Moi, je n'utilise pas
06:37le mot d'en sauvagement.
06:38Il y a une montée
06:39de la violence des jeunes.
06:41Il y a une action répressive
06:42qui est menée.
06:43L'excuse de minorité interroge.
06:45Est-ce que vous estimez mal
06:46qu'il faut ouvrir cette question
06:48et se poser la question
06:49de l'excuse de minorité ?
06:50Ça veut dire aussi
06:51envisager de la supprimer.
06:52Mais bien sûr qu'il faut envisager.
06:53Moi, je vous parle à titre personnel.
06:55Je ne vais pas parler
06:55à la place du garde des Sceaux.
06:56Quand vous voyez le nombre
06:57de mineurs qui sont impliqués
06:58dans des faits graves.
07:00Évidemment qu'il faut
07:00se poser la question.
07:01Évidemment.
07:02La pause.
07:03Émilie Dès dans une seconde
07:04et on continue la discussion.
07:05C'est une demi-heure d'émission.
07:06A tout de suite.
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