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  • il y a 41 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Tout se badalisent aujourd'hui, et ça c'était votre excellente édito ce matin.
00:05Et c'est vrai qu'en vous écoutant, je me suis dit, bah oui, 15 meurtres ou tantaniques de meurtres par jour,
00:09je crois que c'est Thibaut de Montbrial qui le disait Laurent.
00:11Et on peut l'écouter.
00:13Écoutons-le.
00:13Ce qui est terrifiant, c'est que les événements de cette nature s'enchaînent,
00:19que le constat maintenant est assez largement partagé,
00:23l'augmentation de cette violence terrifiante,
00:26le fait que les digues sont en train de craquer,
00:28parce qu'en fait, avant de rentrer dans les détails, ce qu'il faut bien comprendre,
00:30c'est que depuis quelques années, et avec une spectaculaire accélération
00:34après la crise sanitaire de 2020, les digues sont en train de craquer.
00:39Vous avez parlé des chiffres.
00:40On a exactement 15 meurtres ou tentatives de meurtre, ce qui est la même chose.
00:45Un meurtre, c'est une tentative qui a réussi par jour.
00:48Et on a un acte de violence physique hors violence intrafamiliale toutes les 2 minutes 30.
00:54Donc ça, c'est la société française aujourd'hui.
00:56Ça, c'est terrible. C'est terrible parce qu'effectivement,
00:59en fait, c'est de pire en pire chaque année.
01:01Et j'ai l'impression, on va entendre les uns et les autres,
01:04mais je ne veux même pas ouvrir le débat avec vous,
01:06parce qu'on ne va dire que ce qu'on a dit.
01:0810 millions d'euros.
01:09Ça s'appelle en sauvagement.
01:11Oui, parce que...
01:11Termes que refusent d'employer.
01:13Le ministre n'a pas voulu le dire.
01:14Les ministres comme Éric Dupond-Moretti, etc.
01:16Alors, on va parler de Dupond-Moretti,
01:20on va parler du sentiment d'insécurité,
01:21on va parler d'or sauvagement.
01:22Parce qu'on est le suivant, alors ?
01:23Non, parce que ce qui est intéressant,
01:25c'est d'écouter les témoignages.
01:27C'est ce que j'ai dit, mais vous ne m'écoutiez pas.
01:28Écoutons-les.
01:29Je vous en prie.
01:30Éthane, camarade de Théo,
01:32agressé par la même bande à Lyon,
01:34un mois avant.
01:35Éthane.
01:36Je ne sais pas si vous avez entendu son témoignage.
01:39Même modus operandi,
01:40ils lui ont sauté sur le visage exactement comme pour Théo.
01:42Mais je n'arrive même pas à comment tu te remets psychologiquement et physiquement
01:46d'un tel acharnement et lynchage.
01:51Écoutez ce que dit Éthane.
01:53Au moment où je passe devant eux,
01:56il y en a un qui me course,
01:58me fait tomber de ma trottinette.
02:01Moi, à ce moment-là, je tape la tête contre le trottoir.
02:03Là, en peut-être un quart de seconde,
02:07j'ai dix individus sur moi qui me passent à tabac.
02:09Ils me demandent de donner tout ce que j'ai.
02:12Moi, je me suis vu mourir
02:13parce que ces jeunes-là, en fait,
02:15ils sautaient à pieds joints sur ma tête.
02:17Ils étaient capables de me laisser sur la voie de tram pour mort.
02:19Parce que moi, je me suis dit, je vais mourir.
02:22Parce que je n'ai jamais vu autant de haine
02:24dans les yeux de ces gens.
02:26Ce n'était pas une simple agression.
02:28On veut voler quelque chose
02:29et on part avec le butin.
02:32Et en fait, j'ai essayé de me relever.
02:33Ils m'ont plaqué contre un muret.
02:34Et à ce moment-là,
02:36on me menace de me jeter par-dessus le pont.
02:39Je commençais à perdre connaissance.
02:41Ce qui est incroyable,
02:42c'est la phrase très forte qu'il dit,
02:44c'est qu'ils ne veulent même pas voler quelque chose.
02:47C'est un déchaînement de violence.
02:49C'est des barbares.
02:51Oui, ils sont fiers même de leur acte.
02:53Ce sont des petits barbares.
02:53Ce sont des actes de barbarie.
02:56Florence, qui est la mère de Théo,
02:57l'étudiant de 19 ans,
02:59violemment agressée trois fois à Lyon
03:00par une bande de mineurs.
03:01C'est la même bande.
03:02Entendez bien.
03:03Il y en a un qui est cité dans 25 dossiers.
03:06Vous vous rendez compte ?
03:06Il a entre 14...
03:07C'est celui qui a 15 ans.
03:08Il a 15 ans.
03:09A 15 ans, il est cité dans 25 dossiers.
03:11Sans un jour de prison.
03:12Et il est dehors.
03:14Il se trouve que Théo connaît Ethan,
03:17que tous les deux sont dans le même quartier de Lyon.
03:20Ils se connaissent.
03:21Et Florence, que vous avez entendue plusieurs fois
03:23depuis il y a quelques jours
03:24sur l'antenne notamment de C12 et d'Europe 1,
03:25parce qu'on est les seuls à en parler.
03:27Les seuls.
03:28C'est ça qui est absolument dériffé.
03:29C'est le seul à faire ça une dessus hier.
03:30Exactement.
03:31Les autres, ça ne les intéresse.
03:32Ce n'est pas que ça ne les intéresse pas.
03:34Ça ne les arrange pas.
03:34C'est qu'ils ne veulent pas les voir.
03:35Exactement.
03:36C'est que ce sont des sujets qui ne sont pas nobles.
03:37C'est comme le président de la République.
03:38C'est plus noble de parler de l'Ukraine
03:40ou de parler du Groenland et de Trump.
03:43Les sujets de sécurité, vous comprenez,
03:45c'est des petits sujets.
03:46Ceux qui en parlent, ils font du lavage de cerveau.
03:49Quand vous dites en sauvagement,
03:50la France orange mécanique,
03:51vous participez à un narratif d'extrême droite.
03:53Tout ça, il ne faut pas en parler
03:55parce qu'on se salit à en parler.
03:57C'est le quotidien des Français.
03:58Et vous avez juste un schisme énorme
03:59entre une mère qui dit
04:00Emmanuel Macron, comment il fait
04:02pour se regarder dans le miroir avec son bilan
04:03et le président de la République
04:04qui a fait deux sorties la semaine dernière
04:06pour dire qu'il était très fier de lui
04:07et qu'il était très fier de son bilan
04:08et que c'était chouette
04:09ces neuf années qui viennent de s'écouler.
04:12Gautier le Prékin.
04:14Ouh là là.
04:15Gautier le Prékin.
04:17Vous n'avez pas couché à 7h30 à Cran.
04:19Non.
04:20Bon, écoutons Florence,
04:26donc la mère de Théo,
04:27cette étudiante de 19 ans
04:28violemment agressée trois fois à Lyon
04:30par une bande de mineurs.
04:31Aujourd'hui, les parlementaires,
04:33M. Macron,
04:34toutes ces personnes-là s'en foutent.
04:36Moi, j'ai fait un email
04:37que j'ai envoyé 120 fois
04:39aux chaînes nationales.
04:40On ne m'a jamais répondu.
04:42Aujourd'hui, j'appelle Alain.
04:43Je demande au président,
04:45je demande aux parlementaires
04:46depuis une semaine.
04:48Je n'ai pas eu un mot d'excuse.
04:50On ne m'a pas dit
04:51« Madame, vous avez raison.
04:52Votre enfant est vivant
04:53et on va se sentir plus fort. »
04:54Non.
04:55On me crache au visage
04:56en ignorant ma parole.
04:59Voilà,
04:59où est notre pays ?
05:00Je suis démunie.
05:01Je suis détruite.
05:02Je suis française.
05:03J'aimerais pouvoir changer.
05:04Mais vraiment,
05:04une nationalité aujourd'hui.
05:06J'ai honte.
05:07Elle était l'invité d'Eliott Deval.
05:09C'était hier, d'ailleurs,
05:10sur l'antenne d'Europe 1.
05:12Ce matin,
05:12François-Xavier Bellamy,
05:13députée européenne
05:14Les Républicains,
05:15invitée de Sonia Mabrouk,
05:16que vous pouvez retrouver
05:18sur Europe 1 chaque matin.
05:19Écoutez ce que dit
05:20François-Xavier Bellamy.
05:22Notre pays paye
05:23les conséquences
05:23d'une crise
05:24qui dure depuis très longtemps.
05:25C'est la faillite éducative
05:27que nous traversons
05:28qui produit aujourd'hui
05:29ces conséquences désastreuses.
05:31Aujourd'hui, malheureusement,
05:32rien n'a été fait
05:33pour reconstruire notre école,
05:34pour reconstruire l'autorité.
05:36Et nous voyons
05:37à quel point cela se paye
05:38d'une violence totalement débridée.
05:39Il faut une révolution pénale
05:40parce que la première cause
05:42de la pédagogie,
05:43la première manière
05:45d'apprendre à un enfant,
05:46à un jeune,
05:47la gravité de ce qu'il fait,
05:48c'est d'abord
05:49la réalité d'une sanction.
05:50Et aujourd'hui,
05:51l'absence de sanctions,
05:52l'absence de conséquences,
05:54encourage cette spirale
05:55de la violence.
05:55Et puis, Laurent Nunez,
05:58alors là encore,
05:59ça fait partie des antiennes
06:02lorsqu'on parle de ces sujets-là.
06:04Mal nommer les choses,
06:05c'est ajouter au malheur du monde,
06:07qui est une phrase de Camus,
06:10d'Albert Camus.
06:10Et bien, Laurent Nunez refuse
06:11d'utiliser le mot en sauvagement.
06:14Mais on dit toujours...
06:15Non, ça le regarde.
06:16Ça, c'est le commentaire politique.
06:19Pourquoi ça le regarde ?
06:19Parce que le président public lui-même
06:20a parlé de décivilisation.
06:22Ce qui est un terme
06:23qui revient au même, finalement.
06:24Donc, s'il veut,
06:26de manière très solitaire,
06:27ne pas reconnaître
06:28ce que tous les Français voient,
06:29ça le regarde.
06:30Laurent Nunez, écoutez,
06:31on en parle.
06:32On peut parler d'une montée
06:34de la violence chez les jeunes.
06:35C'est un véritable fait de société.
06:36Moi, je n'utilise pas
06:37le mot d'en sauvagement.
06:38Il y a une montée
06:39de la violence des jeunes.
06:41Il y a une action répressive
06:42qui est menée.
06:43L'excuse de minorité interroge.
06:45Est-ce que vous estimez mal
06:46qu'il faut ouvrir cette question
06:48et se poser la question
06:49de l'excuse de minorité ?
06:50Ça veut dire aussi
06:51envisager de la supprimer.
06:52Mais bien sûr qu'il faut envisager.
06:53Moi, je vous parle à titre personnel.
06:55Je ne vais pas parler
06:55à la place du garde des Sceaux.
06:56Quand vous voyez le nombre
06:57de mineurs qui sont impliqués
06:58dans des faits graves.
07:00Évidemment qu'il faut
07:00se poser la question.
07:01Évidemment.
07:02La pause.
07:03Émilie Dès dans une seconde
07:04et on continue la discussion.
07:05C'est une demi-heure d'émission.
07:06A tout de suite.
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