00:00Mais vous analysez donc cette décision de la cour d'appel comme une décision politique ?
00:05Je ne sais pas ce qui a motivé ces magistrats.
00:07Combien de magistrats prennent la décision ?
00:09Trois. Trois magistrats prennent la décision, je ne sais pas ce qui les motivait.
00:13C'est les magistrats devant lesquels vous aviez plaidé ?
00:15Oui.
00:16Vous les connaissez ces magistrats ?
00:17Oui, je les connais, je les fréquente régulièrement.
00:19Vous avez été étonné ?
00:21Je n'ai pas été étonné du tout, je ne suis pas surpris.
00:23Je pense que depuis le départ, on veut que ce policier
00:26comparaisse devant une juridiction et on veut le faire condamner.
00:29Mais pourquoi ?
00:30Depuis le départ, parce que la vidéo est choquante.
00:32La vidéo nous a tous choqués, elle a même choqué mon client.
00:35Quand il l'a vue en garde à vue, il a été choqué.
00:38Parce que lui, ce n'est pas ce qu'il a vécu.
00:40Donc, cette vidéo, quand on la regarde, elle serait choquante.
00:45Objectivement, pour tout homme normalement constitué, cette vidéo est choquante.
00:48Mais à partir du moment où elle a été choquante et qu'elle a conduit à des émeutes,
00:52il faut une réponse judiciaire.
00:54Par principe, il faut une réponse judiciaire.
00:57Et donc, la réponse judiciaire, c'est obligatoirement une comparution
01:01devant une juridiction de jugement.
01:02Là, la Cour d'appel de Versailles, elle était obligée de me donner raison
01:06sur l'intention homicide, puisque ce n'était pas possible
01:08de le poursuivre pour meurtre.
01:10Ça n'avait aucun sens.
01:11Les juges d'instruction, d'ailleurs, s'étaient pris les pieds dans le tapis
01:13en disant qu'il résultait de la trajectoire de la balle
01:18qu'il avait voulu le tuer,
01:20tout en disant que la trajectoire de la balle avait été modifiée
01:22par l'avancée de la voiture.
01:25Ils s'étaient vraiment pris les pieds dans le tapis.
01:27La Cour d'appel, là, ce matin, se prend aussi les pieds dans le tapis,
01:31parce qu'elle n'a aucun élément à faire valoir contre nous.
01:34Fondamentalement, on a raison.
01:36Il y a une autorisation de la loi.
01:37Le tir est légitime.
01:38Il est parfaitement dans les conditions.
01:39Et finalement, pour nous renvoyer, ils nous disent
01:44« L'impact psychologique, qu'aurais-tu un tir dans le capot ? »
01:48Georges Fennel, qui est ancien magistrat, je le rappelle.
01:50Simplement une précision.
01:52Vous avez effectivement, aujourd'hui, vous allez comparaître
01:54devant une cour criminelle, cinq magistrats professionnels.
01:57Mais si la décision vous est défavorable,
02:00s'ils font appel, ils vont aller devant une cour composée,
02:03cette fois, d'un jury.
02:04Donc, au bout du compte...
02:06Au bout du bout, on aura le jury populaire.
02:07Vous aurez le jury populaire.
02:09Sauf si la cour de cassation, que nous allons saisir,
02:11on l'a saisi demain,
02:13sauf si la cour de cassation dit que cet arrêt n'a aucun sens.
02:16C'est-à-dire que cette cour criminelle de première instance,
02:21on l'appelle comment d'ailleurs ?
02:22Cour criminelle.
02:23Cour criminelle.
02:24Composée uniquement de cinq magistrats professionnels.
02:26Mais cette cour criminelle...
02:27Elle existe depuis 4-5, 3-4 ans ?
02:29Oui, c'est ça.
02:30C'est une nouveauté.
02:32Moi, j'en étais toujours, pour les crimes, à la cour d'assises.
02:36Oui, la difficulté que nous avons avec les cours criminels,
02:39c'est que l'acquittement est extrêmement difficile à obtenir.
02:41Pourquoi ? Parce que ce sont des magistrats professionnels,
02:43comme en correctionnel,
02:44qui ont cette habitude de condamnation.
02:46Et l'habitude de condamnation fait qu'ils rejettent très facilement
02:52tout ce qui relève du doute,
02:54tout ce qui relève de ce type d'appréciation.
02:57Ils condamnent très facilement.
02:59Mais c'est intéressant quand même ce que dit Georges,
03:01et que vous auriez pu dire aussi,
03:03c'est que s'il y a appel,
03:04cette fois-ci, on est devant une cour d'assises traditionnelle.
03:07C'est sûr, on est devant une cour d'assises.
03:08La cour d'assises, c'est six jurés populaires,
03:10plus trois personnes.
03:11Alors, il y en a plus en cour d'assises d'appel.
03:13Il y a plus de jurés populaires en cour d'assises ?
03:15Oui, oui.
03:15Combien ?
03:16On est sur 15.
03:17On est sur 15 jurés populaires ?
03:1815 jurés.
03:19Non, 15 jurés.
03:20Nous sommes donc sur 3 plus...
03:233 plus 12.
03:243 plus 12.
03:244 plus 12.
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