- il y a 3 heures
Une heure d'information, d'analyses et de débats en direct du lundi au vendredi, en codiffusion avec CNEWS.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:03Punchline, 18h-19h, Laurence Ferrari sur CNews et Europe 1
00:1118h-19h, on se retrouve en direct dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
00:14On a été rejoint par Michel Onfray, que je salue.
00:16Bonsoir Michel, on vous entendra dans un instant.
00:18Mais on a en ligne Maître Rodolphe Bosslu, qui est l'un des avocats de Marine Le Pen.
00:22Bonsoir Maître.
00:23On vous a entendu ce matin chez Gauthier Lebret.
00:26Entre temps, la cour de cassation vous a sans doute aussi entendu,
00:28puisqu'elle a annoncé dans un communiqué qu'elle pourrait se prononcer
00:32au plus tard début avril 2027 sur cette décision concernant Marine Le Pen.
00:37Est-ce que c'est une nouvelle épée de Damoclès sur la tête de votre cliente, Maître ?
00:41Non, mais c'est ce que je disais ce matin.
00:44De toute façon, le calendrier, nous ne sommes pas maîtres du calendrier.
00:47C'est une tautologie de le dire, c'est la cour de cassation qui fixe le calendrier.
00:52Elle l'a fixé.
00:53Je constate cependant, quand même, si vous reprenez le communiqué de la cour de cassation,
00:57qu'elle fixe un calendrier avec certaines réserves,
01:02en disant que ce calendrier est susceptible d'évoluer en fonction des facteurs procéduraux précédemment décrits.
01:09Et dans les facteurs procéduraux précédemment décrits,
01:12il y a évidemment le nombre de pourvois,
01:15il y a la complexité de l'affaire,
01:18la complexité des moyens qui lui sont soumis, etc.
01:22Donc, je pense que c'est plus une indication et sans doute une volonté de la cour de cassation
01:29de préciser sa position par rapport à ce qu'elle avait déjà dit
01:33à un moment où nous étions dans une autre configuration,
01:38à savoir avec une exécution provisoire.
01:40Et bon, elle précise que ce sera au plus tard fin avril.
01:44Donc, Maître, vous maintenez que votre cliente sera bien candidate,
01:48que rien ne l'empêchera, puisque à l'heure où l'on se parle,
01:51elle est éligible et que rien ne pourra l'empêcher de se présenter.
01:55Ah oui, ça c'est clair, oui.
01:57Même si la cour de cassation se prononçait
02:00juste avant le premier tour de l'élection présidentielle.
02:03Eh bien, si la cour de cassation se prononce
02:06juste avant le premier tour de l'élection présidentielle,
02:10il conviendra d'envisager une autre phase judiciaire.
02:15C'est toujours un peu difficile pour un avocat de se projeter dans une décision ou dans une autre,
02:20mais ce sera une autre phase, une phase devant le juge de l'application.
02:26La question de l'immunité, j'ai vu qu'elle a été évoquée par mon confrère Pardo,
02:31qui est là.
02:31La levée de l'immunité parlementaire, qui est toujours là très bien, je le salue.
02:37Ça risque d'être un peu plus compliqué, parce que je pense que
02:41dans l'un des alinéas du texte qui prévoit la levée de l'immunité parlementaire,
02:46il dit qu'elle n'est plus applicable quand la décision est définitive.
02:50Et si nous avons un rejet de pourvoi, je crains que la décision d'un cour d'appel
02:53soit considérée comme définitive.
02:55Mais le fait est que nous entrerons dans une phase avec un juge de l'application,
03:01qu'il faudra saisir, qu'il faudra que le parquet général saisisse
03:05un juge d'application dans le ressort du domicile de Mme Le Pen,
03:09qu'il faudra d'ailleurs voir, il y aura une audience devant lui,
03:14et après un certain nombre de choses à mettre en œuvre.
03:17Donc les choses ne sont pas non plus, si vous voulez,
03:20comme on tente de les présenter dans certains médias,
03:24immédiatement, et toutes affaires cessantes.
03:26Nous sommes en présence de l'institution judiciaire.
03:29Et l'institution judiciaire, elle a une certaine inertie qui est bien normale,
03:33et qui ne choque personne en temps normal,
03:36et qui semble choquer davantage les gens quand il s'agit de Marine Le Pen.
03:39Une dernière question, Maître,
03:41parce qu'évidemment tout cela est éminemment technique, juridique,
03:45mais le débat est important.
03:46Est-ce que vous envisagez de déposer une QPC ?
03:50Question prioritaire de constitutionnalité.
03:52Il y avait une QPC qui avait été déposée en première instance,
03:56qui n'avait pas été déposée devant la Cour d'appel,
04:02car nous n'avions pas, si j'ose dire, le luxe de pouvoir la déposer,
04:05puisque nous ne pouvions pas prendre le risque
04:07de retarder la décision de la Cour d'appel.
04:10Mais c'est vrai que c'est un dossier qui suscite des problèmes techniques très précis,
04:16en lien avec quand même des notions également très sensibles,
04:21que sont le mandat parlementaire européen,
04:25la délimitation du périmètre du travail d'un assistant parlementaire.
04:30Enfin, vraiment, c'est des questions qui sont lourdes, importantes,
04:35et nous souhaitons effectivement soumettre à la Cour de cassation
04:39un certain nombre de difficultés sur ces points.
04:43Est-ce qu'il y a d'autres prévenus, à votre connaissance,
04:45qui vont aller en cassation ?
04:50Je crois que les choses ne sont pas encore définies,
04:54mais je pense qu'il y aura d'autres prévenus.
04:56Je pense qu'il y aura déjà le Rassemblement national lui-même,
04:59au-delà de Marie de Le Pen, et vraisemblablement d'autres prévenus.
05:03Et que répondez-vous à ceux qui disent que c'est une attitude trumpiste de Marine Le Pen ?
05:08Ça a été mon mot de bienvenue ce matin sur France Inter,
05:12puisqu'en arrivant à l'interview...
05:14Quelle surprise !
05:16Oui, j'ai été très surpris d'entendre qu'en définitive,
05:21il s'agissait d'une guérilla judiciaire,
05:24et un autre intervenant évoquant,
05:26alors je le schématise un peu pour sans doute exagérer le trait,
05:30mais que c'était quasiment la prise du Capitole en marche.
05:38Je suis fasciné depuis hier de voir comment l'exercice d'une voie de recours quand même ultra classique,
05:45qui est le pourvoi en cassation,
05:46qui est reconnu à tous les justiciables,
05:49a jeté un certain nombre de personnes dans l'embarras,
05:53dans une sorte d'agitation assez étrange.
05:57C'est quand même, on ne peut plus classique.
05:59Donc nous ne faisons pas de la guérilla judiciaire.
06:02Marine Le Pen exerce une voie de recours à laquelle elle a droit,
06:07elle est innocente, elle se considère comme innocente,
06:10et elle veut soumettre à l'accord de cassation des moyens de droit
06:13qui, je vous l'indique, sont sérieux,
06:16qui ont reçu certes une réponse par la Cour d'appel,
06:20mais une réponse que nous considérons comme non satisfaisante sur un plan juridique,
06:24et il appartiendra à l'accord de cassation de nous départager.
06:27Merci beaucoup Maître Bostry pour ces explications.
06:30Voilà pour le dossier jeudi-rédit qui est assez compliqué
06:33et qui nécessitera encore, je pense, des éclaircissements.
06:37Merci à vous Maître.
06:38Michel Onfray, on est sur une situation où il y a une campagne qui a démarré,
06:43on a vu des opposants à Marine Le Pen qui était sur le terrain
06:47avec des drapeaux et des filles,
06:49il y a une décision de justice qui va en cassation.
06:51Comment est-ce que vous jugez le climat autour de Marine Le Pen et de cette affaire ?
06:55Ce sont surtout les commentaires qui m'intéressent depuis qu'on sait ce qui va avoir lieu,
07:01c'est-à-dire qu'elle est effectivement candidate,
07:03le système a choisi sa candidate,
07:05c'est-à-dire que j'ai vu quelques éditorialistes très breteurs,
07:09en temps normal, qui venaient nous dire
07:10je n'ai pas prévu, qu'est-ce qui se passe,
07:13il y a quand même un retour de démocratie, etc.
07:15Non, pas du tout, les juges continuent à faire leur métier.
07:17Ils ont bien compris que tous les sondages montraient
07:19que Jordan Bardella était en tête de popularité, d'intention de vote,
07:22et donc tous ces gens qui veulent absolument
07:24qu'on travaille pour la reproduction du système
07:28ont déjà choisi leur candidat,
07:30il y a déjà une stratégie,
07:31on sait que c'est Édouard Philippe,
07:33en sous-main, on s'en vient de nous expliquer
07:34qu'il va falloir que Retailleau passe la main
07:36et fasse une candidature commune,
07:38parce que tout de même, il y a des grands méchants loups,
07:40il ne faudrait tout de même pas que Marine Le Pen
07:41et que Mélenchon fassent la loi,
07:43donc il y aurait une espèce de recomposition de la droite,
07:45et là on nous dit, mais regardez, Bardella,
07:47il est fort sympathique finalement,
07:48il est idéologiquement sur des questions
07:51avec lesquelles on peut s'entendre,
07:52quand on est de droite, sur des questions libérales,
07:53alors que Marine Le Pen, elle est même présentée
07:55par certains comme socialiste,
07:56par d'autres comme communiste, gauchiste, etc.
07:59Donc le système a dit,
08:00laissez partir cette dame,
08:02elle est deux points en dessous de Jordan Bardella,
08:04et nous avons besoin de ces deux points
08:05pour pouvoir jouer au second tour,
08:07c'est une partie d'échec,
08:08et les gens ont l'air de jouer aux dames,
08:09mais il y a une partie d'échec
08:10avec cinq ou six coups en avance,
08:12le système fait ce qu'il fait,
08:13les juges font ce qu'ils font,
08:15il n'y a pas simplement d'un seul coup
08:16des juges qui deviendraient des grands démocrates,
08:18il y a juste des gens qui avancent des pions
08:19en disant, in fine,
08:21il va falloir reproduire le système,
08:23il faudra de toute façon
08:23que le candidat du système...
08:25C'est votre analyse, Michel Lombré,
08:26Julien Sanchez, peut-être directeur de campagne
08:27de Marine Le Pen ?
08:28Évidemment, je ne la partage pas,
08:30puisque je crois que ce soit Marine Le Pen
08:32ou Jordan Bardella,
08:33ils sont tous les deux sur la même ligne politique
08:35et défendent le même projet présidentiel,
08:37donc il n'y a pas quelqu'un
08:38qui serait dans le système,
08:39quelqu'un ne serait pas dans le système,
08:40enfin, je refuse d'entendre ce genre de choses
08:43parce que ça ne correspond pas à la réalité.
08:46En tout cas, non,
08:46je crois que l'arrêt qui a été rendu hier
08:48était extrêmement, justement, vicieux,
08:52en quelque sorte,
08:52puisqu'il laissait en gros à Marine Le Pen
08:55le choix de choisir ce qu'elle allait faire
08:58et de prendre évidemment son risque.
09:01Donc, elle a choisi effectivement,
09:03puisqu'il y avait une possibilité de se présenter,
09:06comme elle l'avait annoncé,
09:07de se présenter si l'éligibilité était remise.
09:11Alors, Olivier Le Bret ?
09:12Je ne suis pas non plus d'accord avec Michel Onfray
09:14et avec avoir la déception d'Edouard Philippe
09:16et de Gabriel Attal
09:16quand ils ont appris que ça allait être
09:17Marine Le Pen la candidate.
09:18Je pense qu'ils s'imaginaient,
09:20à tort ou à raison,
09:21que c'était beaucoup plus facile
09:22d'être face à Jordan Bardella au second tour
09:23que face à Marine Le Pen.
09:25Déception aussi dans l'état-major
09:26et autour de Jean-Luc Mélenchon
09:28qui pensait qu'il allait beaucoup plus facilement
09:30s'en prendre à Jordan Bardella au second tour
09:31que face à Marine Le Pen.
09:33Encore une fois, à tort ou à raison,
09:34puisque vous avez raison,
09:35dans les sondages,
09:36Jordan Bardella était devant.
09:38Mais lors d'un débat de second tour,
09:39il pensait, Jean-Luc Mélenchon,
09:40que ça serait plus facile pour lui
09:41face à Jordan Bardella
09:42que face à Marine Le Pen
09:42qui va en être à sa quatrième candidature
09:45et qui a déjà deux seconds tours derrière elle.
09:48Donc, je ne partage pas non plus cette analyse-là.
09:50Et d'ailleurs, moi, je pense que la justice,
09:52au contraire,
09:53s'est rendue compte de la position de favorite
09:55à l'élection présidentielle de Marine Le Pen
09:57et que l'image qui serait renvoyée
09:59si elle était empêchée,
10:00ça serait catastrophique pour la justice
10:02qui n'avait pas besoin de ça en ce moment
10:03et qu'on aurait fait, évidemment,
10:04le procès des juges.
10:05Et d'ailleurs, il n'y a qu'à voir,
10:06je partage l'analyse de Julien Sanchez,
10:08le machiavélisme de cette décision de justice.
10:10C'est-à-dire,
10:10on passe de 5 ans d'inéligibilité à 15 mois,
10:12c'est du jamais vu,
10:13une inéligibilité qui se compte en mois.
10:16Ce n'est pas en année pleine,
10:17c'est en mois.
10:1715 mois, 14 mois, 12 mois,
10:18pourquoi pas, après tout.
10:20Donc là, c'est en mois, 15 mois,
10:21hop, pile poil pour qu'elle puisse être éligible.
10:23Mais on lui met quand même
10:24un petit bracelet électronique à la cheville,
10:26comme un boulet au pied,
10:27et on lui renvoie la patate chaude
10:28en lui disant
10:29« Madame Le Pen, si vous n'y allez pas,
10:30ce sera votre décision. »
10:31Donc moi, je trouve ça formidablement retort,
10:33formidablement machiavélique
10:34et on sent que c'était bien pesé, justement,
10:36pour éviter que ça se retourne vers les juges
10:38en disant
10:39« Ils ont empêché Marine Le Pen d'être la candidature. »
10:41La justice fait du droit ou de la politique ?
10:42Vous prenez des juges
10:43beaucoup plus intelligents
10:44qu'ils ne sont ?
10:45Qu'ils ne voudraient...
10:47Pas qu'ils ne sont mais...
10:49Vous êtes un ancien magistrat
10:50et je prends tous les juges à votre niveau.
10:51D'une intelligence politique
10:53qu'ils n'ont pas...
10:54Il y a eu une décision politique.
10:58Elle était totalement politique
11:00dans le sens où ils disaient
11:02la composition que je connais bien
11:04disait « Petit un,
11:06le trouble à l'ordre public,
11:08c'est qu'elle est candidate
11:09à l'élection présidentielle
11:10donc on va la taper plus forte. »
11:12Ça, c'est de la politique.
11:13Petit deux,
11:14elle s'est défendue en disant
11:15qu'elle est innocente.
11:16C'est insupportable.
11:17Donc, on va lui donner
11:18l'exécution provisoire.
11:19En plus, ça, c'est de la politique.
11:21Les autres, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
11:22D'abord, ils ont pris en compte
11:23la décision du Conseil concessionnel
11:25qui a dit
11:25« Attendez, sur l'exécution
11:26provisoire, il faut quand même
11:29proportionner et laisser
11:30la liberté de choix aux électeurs. »
11:31Ils l'ont appliqué.
11:33Ensuite, ils ont dit
11:34« Très bien, nous,
11:35on nous reproche
11:36de s'immiscer dans la politique,
11:38on la laisse
11:40se présenter à l'élection présidentielle. »
11:42À partir de là,
11:43on la considère comme coupable
11:44donc on va lui mettre une peine
11:46et cette peine est là.
11:47Moi, je me réjouis quand même
11:48à un instant
11:49qu'il y ait eu des décisions
11:51qui réforment
11:53une première décision
11:54et que peut-être demain
11:55la Cour de cassation
11:57réformera encore
11:57cette décision.
11:58C'est ça l'État de droit.
11:59L'État de droit,
12:00c'est pas de dire
12:01« Les premiers juges
12:01ont dit cela,
12:02ils ne pourraient pas
12:03être déjugés. »
12:04Au contraire,
12:05ils ont été déjugés
12:06et c'est tant mieux
12:07et peut-être
12:07la Cour d'appel
12:08sera encore déjugée
12:09et c'est tant mieux.
12:10On repart devant le siège
12:12du Rassemblement National
12:13où se trouvent
12:14Maxime Le Guay
12:14et Charles Baget.
12:15Bonsoir à tous les deux.
12:16Maxime,
12:17il y a eu une réunion
12:18avec, j'imagine,
12:19tous les cadres du RN
12:20autour de Marine Le Pen
12:21et Jordan Bardella.
12:23Est-ce qu'on sait
12:23ce qui s'y est dit
12:24ou pas ?
12:29Oui, bonsoir Laurence.
12:31Effectivement,
12:31c'était un comité national élargi
12:33qui rassemblait
12:34les principaux cadres
12:35du parti,
12:36les porte-paroles
12:37et qui avait vocation
12:39à déterminer
12:40la stratégie électorale
12:42à mettre en œuvre.
12:44Marine Le Pen
12:44qui a eu plusieurs mots d'ordre
12:46auprès de ses troupes
12:47au boulot,
12:48au travail.
12:49Il faut désormais
12:50se mettre
12:52en ordre de bataille.
12:54Elle a également réaffirmé
12:55qu'elle formait
12:55un ticket gagnant
12:57selon ses propres mots
12:57avec Jordan Bardella,
12:59le président du RN
13:00qui était bien évidemment présent,
13:01qui s'est dit, lui,
13:02heureux de rentrer
13:04en campagne
13:05et que l'épisode judiciaire
13:07était désormais
13:08officiellement derrière eux.
13:09L'est-il pour autant
13:10vraiment ?
13:11Parce que cette réunion,
13:12elle a été quand même
13:13d'une certaine manière
13:14percutée par ce communiqué
13:16de la Cour de cassation
13:17qui a fait savoir
13:17que la décision
13:18serait rendue au plus tard
13:19avril 2027,
13:20à quelques jours seulement
13:21du premier tour
13:22de l'élection présidentielle.
13:23Marine Le Pen
13:24qui est sortie
13:24il y a quelques minutes
13:25de ce siège
13:26du Rassemblement national
13:27et qui a eu une réponse
13:29lapidaire,
13:30dont acte.
13:30Voilà donc
13:31pour Marine Le Pen.
13:33Sérénité affichée,
13:34le RN qui se met
13:35en ordre de bataille,
13:36qui rentre de plein pied
13:37dans cette campagne électorale.
13:38Mais le nuage judiciaire,
13:40lui,
13:40ne s'est pas encore
13:41totalement dissipé.
13:42Merci beaucoup,
13:43cher Maxime Le Guay
13:45avec Charles Baget
13:46devant le siège du RN.
13:48Au travail,
13:48Julien Sanchez,
13:49c'est ce que vous a dit
13:49Marine Le Pen.
13:50Vous voulez vacuer
13:51tout le côté judiciaire
13:52pour entrer dans le dur.
13:53On va parler des idées
13:54dans un instant
13:54parce qu'il faut quand même
13:55parler de ce que vous allez
13:56proposer pendant cette campagne.
13:58Bien sûr,
13:58non, au travail
13:59parce que je crois que
14:00ça y est,
14:00la décision a été rendue
14:02et je crois que maintenant
14:03le temps est venu
14:04d'entrer en campagne.
14:06Sur le fond ?
14:07Sur les idées ?
14:08André Valigny,
14:09est-ce que l'agenda judiciaire
14:10peut être écarté ?
14:12Moi, je ne crois pas
14:13et j'ai bien écouté
14:14comme vous
14:15ce que disait
14:15Maître Bosslu tout à l'heure,
14:17l'avocat de Marine Le Pen.
14:18Je parle sous le contrôle
14:19de mon confrère Pardo.
14:21Il n'a pas dit non
14:22à une QPC.
14:23Il a même développé
14:24l'argument de la QPC éventuelle.
14:26Donc moi,
14:26je pense que pour gagner du temps,
14:28parce que c'est aussi
14:28pour gagner du temps,
14:29je pense qu'on va vers
14:30une QPC déposée
14:31pas trop tôt.
14:32Une question prioritaire
14:33de constitutionnalité ?
14:34Oui, qui sera soumise
14:35à la Cour de cassation
14:36qui elle-même l'enverra
14:37au Conseil constitutionnel
14:38pour enjamber
14:39l'élection présidentielle.
14:39Je pense qu'on va vers ça.
14:40Vous me trompez.
14:41Il n'y a pas que la QPC
14:43pour ralentir le processus.
14:44Il peut faire une QPC.
14:45Puis ensuite,
14:46Marine Le Pen,
14:46pour avoir eu quelques sources,
14:48peut changer d'avocat
14:48pour la Cour de cassation.
14:49Donc tout ça prend du temps.
14:50Ensuite, elle peut dire
14:51je vais ajouter des pièces
14:52au dossier.
14:55Ensuite, elle peut dire
14:57retarder la Cour de cassation.
14:59Donc s'ils décident
14:59de se réunir en avril
15:00avec la QPC,
15:01avec le changement d'avocat,
15:03avec les pièces
15:03qu'on ajoute
15:04ou qu'on demande,
15:05on peut retarder
15:06de plusieurs semaines.
15:07Avril, avril-mai,
15:08pour le premier tour
15:09de l'élection présidentielle,
15:11tout ça peut,
15:12à mon avis,
15:13conforter Marine Le Pen.
15:14C'est un coup de poker,
15:15effectivement.
15:16Mais à mon avis,
15:17si elle l'a joué hier,
15:19ce n'est pas pour être
15:19sous brasse l'électronique
15:21ou inéligible
15:21au moment du premier tour
15:23de l'élection présidentielle.
15:24Un dernier mot,
15:24je reprends le jeune
15:24avant la pause.
15:25Moi, je fais partie
15:27des gens qui sont
15:27très angoissés
15:28à l'idée que cette présidentielle
15:28ne se déroule à nouveau pas.
15:30C'est-à-dire que je pense
15:31que depuis 2005,
15:32le référendum qui ensuite
15:33a été donné à manger
15:37à nouveau aux Français
15:38avec le traité de Lisbonne...
15:39Parlez d'or pour Michel Onfray.
15:42Mais on a été régulièrement
15:45volé, peut-être pas
15:46des résultats des élections,
15:47mais au moins de la campagne
15:48qu'on aurait méritée.
15:49Je fais peut-être
15:52une exception avec 2007
15:53qui est une vraie campagne
15:53où il y a eu une adhésion
15:54en tout cas à cette campagne
15:55aux candidatures de Sarkozy
15:56et Ségolène Royal, etc.
15:57Mais sinon,
15:58je ne vais pas vous refaire le film,
15:59mais on se rappelle évidemment
16:00que 2017,
16:01la campagne est intégralement
16:03phagocytée par l'affaire Fillon
16:04et à la fin,
16:04on se retrouve avec Emmanuel Macron
16:05qu'on n'a pas vu arriver,
16:07qui est arrivé dans le paysage
16:08six mois plus tôt
16:09et qui est président
16:09et qui a les gilets jaunes
16:10un an après,
16:11qui est une forme
16:11de retour du refoulé
16:13parce que les gens
16:13voulaient s'exprimer
16:14et dire surtout
16:15qu'ils n'étaient pas contents
16:15de leur situation.
16:162022, pardonnez-moi,
16:17mais on a parlé
16:18de confinement,
16:18de Covid,
16:19puis d'Ukraine
16:20avec une tétanie du débat
16:21qui a fait qu'on s'est retrouvé
16:22avec Emmanuel Macron
16:22et son mandat est handicapé
16:24notamment par le fait
16:25qu'il n'a pas une adhésion
16:26sur sa candidature.
16:27J'aimerais,
16:28s'il vous plaît,
16:28je pense que ce n'est pas trop demandé,
16:29que pour la troisième fois,
16:31on n'ait pas une campagne
16:31qui soit intégralement occupée
16:32par des questions
16:33qui sont absolument secondaires
16:34et qu'on puisse parler
16:35des projets des candidats,
16:36qu'on puisse parler
16:36d'un modèle de société,
16:37qu'on puisse parler peut-être
16:38de reprendre le pouvoir aussi
16:39sur notre destin
16:40alors que notre pays s'enfonce
16:41inexorablement depuis 15 ans.
16:42Eh bien écoutez,
16:43on va les écouter dans un instant,
16:44on fait une petite pause,
16:45on se retrouve sur CNews
16:46et sur Europe 1
16:47pour entendre justement
16:48ce que Marine Le Pen proposait
16:50quand elle est venue
16:51la dernière fois
16:51sur nos antennes.
16:52A tout de suite.
Commentaires