00:03Bonjour à tous, bonjour Jean-François Copé. L'arrêt de la cour d'appel autorise Marine Le Pen à se
00:08présenter.
00:08D'un point de vue démocratique, est-ce que vous diriez que c'est une bonne chose que les électeurs
00:12puissent choisir ?
00:13J'irais surtout qu'on a vécu hier une énième illustration de ce que c'est que l'imposture de
00:20LFI dans certains cas,
00:22et puis hier du RN, du Rassemblement National.
00:24Parce qu'en dix minutes à la télé hier, Marine Le Pen, qui est quand même très lourdement condamnée,
00:30enfin tout le monde a l'air de l'oublier quand même, y compris à de la prison ferme,
00:34est allée s'asseoir et s'essuyer les pieds sur 40 ans de leçons de morale qu'elle a données
00:40absolument à tout le monde,
00:41sur le fait que la classe politique était malhonnête et qu'elle incarnerait les mains propres, la tête haute.
00:48Elle s'est assise sur tout ça, mais alors en dix minutes sans aucun état d'âme,
00:52considérant que tout ça n'avait désormais plus aucune importance, comme d'ailleurs,
00:54après avoir expliqué pendant des années que les juges étaient des dangereux gauchistes,
00:58de son point de vue désormais, elle n'a plus rien à dire sur la justice.
01:02Tout ça, ça s'appelle une imposture intellectuelle et morale,
01:05et le rôle des responsables de gouvernement, ça va être aussi de dénoncer cela.
01:11– Souhaitez-vous que la Cour de Cassation se saisisse rapidement de son pourvoi ?
01:16Elle avait dit qu'elle irait vite, et aujourd'hui on entend le Rassemblement National dire que ça ne rentre
01:20plus.
01:20Son avocat l'a dit à l'instant même qu'il n'y avait plus de caractère d'urgence à
01:24ce que la Cour de Cassation se prononce.
01:27– Ben voyons. Écoutez, on va laisser les juges décider de tout ça,
01:30c'est leur responsabilité dans un état de droit et à la séparation des pouvoirs,
01:33et au même titre que moi je ne commande jamais les décisions de justice,
01:36pour dire en tout cas si elles sont bien ou mal, ce n'est pas à nous de le faire,
01:39c'est la séparation des pouvoirs, on va laisser les magistrats de la Cour de Cassation
01:44décider de l'audiencement ou non, et à quel moment,
01:47pour ce qui concerne le fait pour eux de décider ce qu'il en est sur le plan de la
01:51cassation,
01:51c'est-à-dire de la procédure, pas du fond, pour voir s'ils désavouent ou non
01:55des juges d'appel qui ont quand même confirmé une condamnation très lourde.
01:58Que n'aurait-on entendu si ça avait été un responsable de gouvernement qui avait été condamné
02:03que n'aurait-on entendu de la part de Mme Le Pen.
02:06Moralement, ça vous choque qu'elle se présente ?
02:08Moi je considère que c'est surtout une imposture intellectuelle et morale,
02:11une de plus de la part d'un parti qui donne des leçons à tout le monde
02:15et qui là est pris la main dans le sac,
02:17et ça fera évidemment partie des sujets que l'on aura à aborder avec les Français,
02:23parce que c'est souvent des Français qui sont électeurs du RN et qui disent
02:27nous on en a marre de la supposée malhonnêteté des hommes politiques
02:32et donc on va voter pour Mme Le Pen.
02:34Il faut que chacun entende qu'elle a été condamnée,
02:37qu'on ne vienne plus sur ce terrain-là.
02:40Est-ce néanmoins une candidate plus coriace que ne l'aurait été Jordan Bardella ?
02:44Écoutez, moi d'abord, j'ai envie de dire qu'on ne choisit pas ses adversaires,
02:47les deux avaient leurs avantages et leurs inconvénients,
02:50mais de toute façon ce n'est plus le sujet.
02:52Le sujet maintenant que la campagne présidentielle va commencer,
02:56parce que les choses sont en train de s'installer,
02:57c'est pour la droite de gouvernement de se mobiliser, voilà,
03:01et d'en appeler à la résistance,
03:03parce qu'on a tous bien compris qu'on a deux favoris, Mélenchon et Le Pen,
03:07et que tout l'enjeu de cette campagne c'est
03:09est-ce qu'on va laisser la France prise en main par l'un ou l'autre de ses partis
03:13extrémistes,
03:13ou est-ce qu'on va durant cette année être capable de convaincre une majorité de Français,
03:18pas tous, mais la démocratie c'est une majorité,
03:20c'est les dictatures qui font 100% des voix,
03:22les démocraties 51, 52, 53%,
03:25de convaincre une majorité de Français
03:27qu'il faut absolument épargner à notre pays cette démagogie absolue.
03:32Et la meilleure manière de le faire, ça va être projet contre projet, voilà.
03:35On ne choisit pas ses adversaires, avez-vous dit,
03:37mais on choisit ses candidats.
03:39Que doit faire la droite et le centre,
03:41en tout cas la droite que vous représentez ici ?
03:44Est-ce qu'il est temps de choisir un candidat ici ?
03:46Oui, qui ?
03:47Écoutez, en tout cas ce qui est sûr, c'est qu'il est effectivement urgent
03:50que les candidats de droite aujourd'hui aient bien en tête qu'il ne faut qu'il n'y en
03:54ait qu'un seul.
03:55Et ça, c'est une affaire de responsabilité.
03:57Parce que là, il ne s'agit pas de savoir si Mme Le Pen ou M. Mélenchon seront au deuxième
04:02tour.
04:03Malheureusement, l'un des deux au moins le sera.
04:05Donc si on veut éviter cette finale, il ne faut qu'il n'y ait qu'un seul candidat de
04:07droite.
04:08C'est une très bonne question.
04:10Moi je suis observateur, vous êtes décideur, je vous la pose.
04:13Non, je ne suis pas plus décideur que vous sur ce sujet.
04:15La vérité, c'est qu'on aurait aimé une primaire, cette primaire n'a pas pu se faire.
04:19Le seul point positif en ce début d'été, c'est que là où on avait dix ou douze candidats,
04:24on n'en a raisonnablement plus que trois, puisque c'est trois chefs de parti.
04:28Il faudra que les sondages les départagent probablement aux alentours du mois d'octobre, novembre, décembre.
04:33On annonçait votre ralliement à Édouard Philippe, imminent, et puis ça ne vient pas.
04:37Qu'est-ce que vous attendez pour rejoindre Édouard Philippe ?
04:40Le sujet, ce n'est pas une annonce, d'abord, mon point il est assez simple.
04:47Je milite d'abord et avant tout pour qu'on ait un candidat unique.
04:51Et je vais faire tout ce que je peux avec beaucoup de mes amis pour ça.
04:54Et le meilleur ce qui ?
04:54On va voir à l'automne.
04:56On va voir en fonction de la...
04:57Vous n'êtes pas encore tout à fait sûr ?
04:58Ce que je souhaite surtout, c'est qu'on se rallie tous dans une dynamique à celui dont on pense
05:04qu'il a le plus de chances
05:05de sauver la France de la perspective de l'extrémisme.
05:07Et vous avez une idée de celui qui a le plus de chances, justement ?
05:09Non mais, je vais vous dire, insistez pas, c'est pas aujourd'hui que je vais vous le dire,
05:12parce que ma décision, elle n'est pas finalisée, elle le sera le moment venu.
05:16Je vous promets que ce jour-là, je ne ferai pas dans la nuance et je dirai ce que je
05:19fais.
05:20Pour moi, aujourd'hui, le plus important, il est qu'on commence à faire une revue des troupes
05:24et qu'on voit qui est prêt à s'engager à cette résistance à l'arrivée de l'extrême droite
05:29ou de l'extrême gauche.
05:29Vous êtes membre des Républicains, à ma connaissance ?
05:31Absolument.
05:32Qui a un candidat, Bruno Retailleau, donc c'est pas forcément lui le meilleur ?
05:36Moi, j'ai une nuance avec lui, il le sait très bien.
05:38Moi, je fais un signe égal entre LFI et le RN.
05:41Je considère que ces deux parties sont des impostures extraordinairement dangereuses pour notre pays.
05:47Et donc, mon combat, il est d'expliquer aux uns et aux autres que nous devons avoir un candidat
05:50qui soit extrêmement ferme par rapport à ces deux dangers.
05:54Ce qui n'est pas son cas, vous l'avez vu, il l'a redit la semaine dernière.
05:57Donc, on a une divergence sur ce point.
05:59Dernière question, Jean-François Copé.
06:01Certains, Gabriel Attal, par exemple, considèrent que la droite et le centre,
06:05ça ne suffira pas face à un RN renforcé et encore plus renforcé hier
06:09que pour avoir une majorité, il faudra gouverner avec une partie de la gauche de gouvernement.
06:15Est-ce qu'il a raison ?
06:16Moi, je ne partage pas son avis.
06:17Je pense qu'il faut sortir du en même temps qui a coûté très cher à la France.
06:20Donc, il faut un gouvernement de droite et de centre-droit
06:24avec de la part de la gauche de gouvernement.
06:27Un effort à faire pour prendre ses responsabilités.
06:30Elle s'est malheureusement pour une grande partie fourvoyée avec LFI.
06:34Il faut qu'elle en paye le prix.
06:35Qu'ensuite, des électeurs de gauche sincères qui pensent qu'on doit,
06:40qu'on soit de droite ou de gauche, faire des réformes sur les retraites,
06:43sur la sécurité, sur l'immigration et sur l'école nous rejoignent,
06:47j'en serais ravi, mais ne faisons pas d'ambiguïté.
06:49Et j'ajoute, pour terminer là-dessus, que Mme Le Pen,
06:52il va falloir qu'elle sorte du numéro habituel qui consiste à dire
06:55« Ah, mais c'était affreux durant les 20 dernières années,
06:57on va régler le problème.
06:58Maintenant, on va être projet contre projet. »
07:00Et il va falloir qu'elle nous explique comment elle sauve la France
07:02avec une retraite à 60 ans,
07:03comment elle sauve la France avec des mesures
07:05où il n'y a jamais de baisse de dépense et que des hausses d'impôts.
07:08Et c'est de ça dont on va parler durant cette campagne.
07:10Jean-François Copé, invité des 4EV.
07:13Merci, bonne journée à tous.