00:00Le 6-9 sur France Inter
00:05Dans votre édito politique Patrick Cohen, évidemment Marine Le Pen candidate, un renoncement, deux revirements et un passage en force.
00:12Le renoncement c'est celui des trois magistrates d'appel assimilcés dans le processus électoral à prononcer l'empêchement de
00:18Marine Le Pen
00:19alors que les juges de première instance estimaient que sa campagne et son éventuelle victoire représenterait un trouble à l
00:26'ordre public démocratique
00:27alors que le parquet général réclamait qu'elle soit inéligible pendant cinq ans
00:31la cour d'appel met en avant au contraire la liberté de l'électeur et la liberté des candidatures.
00:38Elle rend Marine Le Pen à nouveau éligible, elle lui renvoie la décision de se présenter tout en la déclarant
00:43coupable de fait grave
00:45l'arrêt parle d'accaparement de fonds publics pour près de 3 millions d'euros
00:49et en lui infligeant un an de prison ferme à effectuer sous surveillance électronique.
00:53Ce qui autorisait en théorie Marine Le Pen à faire campagne condamnée et sous bracelet.
00:57Ce dont l'intéressé ne voulait pas, d'où le joker surprise d'un pourvoi en cassation
01:01qui permet à la candidate de se lancer, non pas innocente mais sans entrave.
01:07C'est le premier revirement, Marine Le Pen répétait qu'en cas de condamnation confirmée en appel
01:11elle n'attendrait pas un éventuel arrêt de cassation pour ne pas hypothéquer la candidature de Jordan Bardella
01:18disait-elle en novembre dernier au magazine Causeur.
01:21Aujourd'hui, changement de stratégie, elle fonce, reprend à Bardella les clés de la Porsche
01:25et plutôt que d'accepter sa condamnation, entame un nouveau bras de fer avec les juges
01:30en jouant la montre, en priant pour que la cour de cassation ne tienne pas sa promesse de statut en
01:356 mois
01:36et en escomptant que les magistrats n'oseront pas lui barrer la route de l'Elysée à seulement 3 mois
01:41de l'élection.
01:42Dans le cas contraire, et c'est en cela que le pari est risqué,
01:45si sa condamnation en appel est validée en début d'année,
01:48la candidate devra se résoudre à faire ce qui lui semble impossible aujourd'hui,
01:51une fin de campagne sous bracelet électronique.
01:54C'est le deuxième revirement, le plan B s'est subitement désintégré
01:58puisque Marine Le Pen affirme que quoi qu'il arrive, elle ira au bout.
02:02Pas de plan B, plus de plan B, mais une sorte de passage en force politique et judiciaire
02:06pour une quatrième tentative vers l'Elysée.
02:08La question Patrick, c'est de savoir ce que vont en penser les électeurs.
02:11Reportage et sondage nous montrent que des électeurs RN qui, dans leur grande majorité,
02:15se contrefichent des ennuis judiciaires de celles et ceux qu'ils rêvent de porter au pouvoir.
02:20Le propre des antisystèmes, c'est de se penser justement en victime du système.
02:24Le père de Marine, Jean-Marie Le Pen, l'avait théorisé.
02:27Toute persécution ressoude toujours autour de moi.
02:30La candidate devrait donc, plus que jamais dans ces circonstances,
02:33jouer la musique du peuple contre les élites.
02:36Les Français seront juges, disait-elle hier soir sur TF1 avec des accents trumpiens.
02:40Mais le problème de Marine Le Pen dans cette présidentielle
02:43n'est pas tant de consolider sa base électorale, déjà très forte,
02:46à plus de 30% d'intention au premier tour.
02:49Il est de rendre possible un élargissement à plus de 50% au second tour.
02:54De ce point de vue, la double condamnation pour détournement,
02:57la guérilla contre les juges,
02:59la volonté apparente d'échapper à toute sanction,
03:01tout cela ne devrait pas aider.
03:03Merci Patrick Cohen.
03:04C'est à pardon.
03:04C'est parti.