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  • il y a 2 semaines
Judith Beller reçoit Raphaël Enthoven, philosophe et essayiste, de retour sur scène avec À la recherche de Marcel, et Maître Florence Rouas, avocate pénaliste, spécialiste du droit de la famille et de la protection de l’enfance

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##C_EST_EXCELLENT-2026-07-05##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:02Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélair.
00:04Il est 19h, nous sommes dimanche, c'est l'heure de cet excellent sur Sud Radio,
00:07l'émission qui met en lumière l'excellence française.
00:10Bienvenue les amis pour cette dernière de la saison.
00:14Philosophe, écrivain, essayiste, Raphaël Antoven s'est imposé comme l'une de nos voix singulières,
00:18même ou surtout, on peut se poser la question pour ceux qui ne veulent pas l'entendre.
00:21Bienvenue Raphaël Antoven.
00:22Oui, quel accueil, merci.
00:23Alors, des actus pour vous dans Frontier, dont vous êtes l'un des fondateurs,
00:26vous vous êtes engagé en faveur de la légalisation de l'aide à mourir,
00:29le texte de loi tout juste adopté à l'Assemblée Nationale.
00:32Vous avez également reçu avec la journaliste Nora Bussigny le prix Jean-Pierre Bloch de la LICRA.
00:36Côté littérature, il y a l'Albatros, paru chez l'Observatoire.
00:39Vous animez aussi Je Pop, donc Je Suis, sur la plateforme Explore,
00:42sans oublier qu'on vous retrouve à la rentrée au Théâtre Libre à Paris.
00:44Dans votre spectacle à la recherche de Marcel, mise en scène par Xavier Gallet,
00:48ça sera le 1er octobre.
00:49Le 1er octobre, jusqu'à fin janvier.
00:51Et puis vous êtes avec maître Florence Rouas, qui est avocate au barreau de Paris,
00:56pénaliste, médiatrice, membre de l'antenne des mineurs.
00:58Bienvenue dans cet excellent, Florence.
00:59Merci beaucoup.
01:00Vous consacrez-vous votre activité aux situations familiales les plus sensibles ?
01:04Divorce, garde d'enfants, protection de l'enfance, violence conjugale,
01:07droit pénal de la famille, défense des mineurs.
01:09Il y en a des sujets en ce moment, Florence, notamment l'affaire Bruel
01:11ou le projet de la loi Chure sur les suites de l'affaire Liana.
01:16Votre opinion nous intéresse.
01:18Parlons vrai sur Sud Radio.
01:19Chers amis, c'est excellent.
01:20Bienvenue chez vous.
01:24Alors Raphaël, on le disait, votre actualité, c'est à commencer par le théâtre.
01:28À partir du 1er octobre, vous serez au Théâtre Libre,
01:30à la recherche de Marcel Stinson en scène, consacré à Marcel Proust,
01:35qui est mis en scène par Xavier Gallet.
01:36Vous nous promettez un Proust vivant, drôle, universel,
01:39loin de l'image d'un auteur réservé aux spécialistes.
01:41Grosso modo, tout le monde peut lire Proust ?
01:43Oh bien sûr.
01:44C'est-à-dire que tout le monde, en lisant Proust,
01:47découvrira que Proust l'a lu, qu'il a été lu par Proust.
01:50Il se reconnaîtra comme dans un miroir en lisant ce texte.
01:53C'est ça qui est amusant.
01:54Moi, je donne à entendre des...
01:57Une heure pour parler de Proust, vous vous rendez compte ?
01:59Comment on fait ?
02:00Qu'est-ce qu'on dit ?
02:01Qu'est-ce qu'on peut faire ?
02:02En plus, il n'y a rien de spectaculaire là-dedans.
02:04Eh bien, j'ai pris la question de la mort.
02:07Parce que la recherche du temps perdu,
02:08à la recherche du temps perdu,
02:09est un de ces rarissimes chefs-d'oeuvre à finir bien.
02:14et à résoudre la question de la mort, d'une certaine façon.
02:17La grande peur métaphysique de la mort.
02:20Et donc, je l'ai pris comme ça.
02:21C'est-à-dire que je raconte ce match
02:24entre un monsieur asthmatique bourré de camphre
02:28qui travaille dans sa petite chambre
02:30et la mort en personne.
02:32Pas mal.
02:33Voilà.
02:33Et qui personnifie la mort ?
02:34C'est vous aussi ?
02:35C'est un seul en scène.
02:36Je n'ai même pas de complice.
02:38C'est un vrai seul en scène.
02:39Bon, quel programme.
02:40Donc ça, c'est dès le 1er octobre au Théâtre Libre.
02:42C'est vrai, à 19h.
02:44Oui, à 19h.
02:45Et puis c'est jusqu'en janvier, vous l'avez dit.
02:46Pour l'instant.
02:47Le but, c'est que ça continue, évidemment.
02:50Alors, vous êtes cofondateur, Raphaël, de Front Tireur.
02:52Front Tireur, pour les auditrices, pour les auditeurs,
02:54c'est une allusion quand même au groupe de volontaires
02:56créé en 1870, en dehors des cas de l'égo,
02:59pour défendre la patrie et la république.
03:01Ça me va, oui.
03:01Ça vous va comme définition ?
03:02Ça me va très bien.
03:03Ça me va très bien.
03:03Mais c'est surtout une disposition du caractère, Front Tireur.
03:06C'est-à-dire, c'est la disposition de caractère propre aux gens
03:08qui préfèrent dire ce qu'ils croient vrai
03:11à ce que d'autres préfèreraient entendre.
03:13Voilà, c'est ça, le Front Tireur.
03:15C'est « je préfère dire ce que je crois vrai
03:16plutôt que ce que vous auriez plaisir à entendre ».
03:19C'est une phrase de Raymond Aron.
03:20Et qui peut résumer la démarche du journal qui est le nôtre,
03:25qui, pour cette raison-là, d'ailleurs,
03:27a des lecteurs passionnés, fidèles, exigeants, merveilleux,
03:34et des ennemis métaphysiques, presque.
03:38En fait, on mesure son importance à la taille de ses ennemis, quelque part, non ?
03:41Peut-être, peut-être.
03:42Je ne sais pas.
03:43Alors, si c'est le cas, on est très important.
03:44Est-ce que vous êtes de tendance radicale socialiste,
03:47comme certains voudraient le dire ?
03:48Moi ?
03:49Oui.
03:49Non.
03:50Non ?
03:50Et ce journal non plus ?
03:51J'ai été ça, j'ai été ça.
03:53Je suis entré au Parti Socialiste en 2002,
03:56dans la foulée du 21 avril,
03:57en pensant qu'on allait pouvoir y faire des choses.
03:59J'ai vite déchanté.
04:01Mais j'y suis entré sur le crédo d'un socialisme libéral,
04:04à l'époque.
04:05Et donc, j'ai pendant deux ans...
04:06C'est très mal vu, ça, aujourd'hui.
04:07Oui, oui, bien sûr, ça l'était déjà à l'époque.
04:08Mais ça me paraissait l'œuf de colons, si vous voulez.
04:10Et donc, pendant deux ans,
04:11j'ai défendu le principe d'un socialisme libéral
04:13au sein du Parti Socialiste,
04:15avant d'en partir pour ne plus y mettre les pieds.
04:17Pour comprendre que ça ne marchait pas, quoi.
04:19Là-bas.
04:20Oui, là-bas, évidemment.
04:21Alors, vous êtes donc l'éditorialiste de Frontierreur.
04:23On vous retrouve chaque semaine en première page.
04:25Il y a un article qui a été important
04:28et qui a peut-être joué dans l'adoption de cette loi
04:30pour l'aide à mourir,
04:31puisque vous défendez la légalisation
04:33de cette aide à mourir en France.
04:35Pour vous, l'adoption de cette proposition de loi
04:37qui est portée par Olivier Falorni,
04:38c'est un progrès majeur sur les plans de la liberté,
04:40de l'égalité, de la dignité, de la fraternité.
04:43Oui, c'est un progrès majeur.
04:45C'est une conquête nécessaire.
04:47C'est une conquête, à mes yeux,
04:49aussi nécessaire que l'était la loi Veil pour l'IVG.
04:53Et d'ailleurs, il y a quantité de points communs.
04:55Avant la loi Veil, il y avait les faiseuses d'anges
04:58et des IVG sauvages, dangereuses et pas encadrées.
05:01Qui tuaient les femmes.
05:01Qui tuaient les femmes, bien sûr.
05:03Il a fallu la loi Veil pour sauver ces femmes.
05:07Avant la loi Veil,
05:08et les adversaires, les opposants à la loi Veil
05:12parlaient volontiers d'un changement de civilisation,
05:14d'un droit à tuer, d'un permis de tuer, etc.
05:17Les arguments étaient rigoureusement identiques
05:19à ceux qu'on entend aujourd'hui dans le camp des opposants
05:22à l'aide active à mourir,
05:23qui n'est qu'un enjeu de liberté,
05:25qui n'est qu'un enjeu de souveraineté.
05:28Et pour lequel il est essentiel de se battre.
05:31C'est très étonnant, cette sacralisation de la vie.
05:35Les gens font comme si la vie était sacrée.
05:36Ce qui n'a aucun sens.
05:37Ça, c'est religieux, en fait.
05:39C'est l'opposition entre l'Etat et la religion
05:40qu'on a quand même réglée en 1905, normalement.
05:43Il est vrai que, pour une part, on rejoue cette partie
05:46et que nombre de mes débatteurs, de mes adversaires,
05:49de mes interlocuteurs sur cette question
05:51étaient religieux.
05:52Juifs, catholiques ou musulmans, vraiment.
05:54J'ai débattu avec le grand rabbin de France,
05:56j'ai débattu avec Mathieu Rouget,
05:58je n'ai pas débattu avec un imam,
06:00mais j'aurais pu le faire.
06:02Donc, sur cette question,
06:04la religion, vraiment, c'est-à-dire
06:06le refus de considérer que donner la mort
06:08puisse être un soin.
06:10Et l'idée que...
06:11Bref, la religion, c'était une grande part des débats.
06:15Il y avait d'autres types d'adversaires.
06:17Par exemple, Michel Houellebecq.
06:19Michel Houellebecq, qui n'est pas vraiment
06:21un esprit religieux.
06:23A priori, non.
06:23A priori, non.
06:25Sauf que Michel Houellebecq,
06:26a beau ne pas être un esprit religieux,
06:28il refuse la mort.
06:29C'est quelqu'un qui refuse la mort.
06:31Après la voir...
06:31Mais parce qu'il ne veut pas mourir.
06:32Oui, mais il l'a abondamment décrite.
06:34C'est ça qui est fou chez Houellebecq.
06:35C'est-à-dire que quand on lit les particules élémentaires
06:37qui datent de 1998,
06:39on a un brévière pour consentir à l'euthanasie.
06:42Or, Michel Houellebecq est également celui
06:44qui lutte bec et ongle contre l'euthanasie
06:46et qui dit, par exemple,
06:49que si quelqu'un,
06:50si la personne qu'il aime
06:51et qui est sur son lit de mort,
06:53lui demande de l'aider à mourir,
06:54il ne fait rien.
06:55Il ne fait rien
06:56et qui considère que c'est là
06:57un acte d'amour supérieur.
06:59Et moi, j'ai un problème avec ces gens
07:01qui vous disent,
07:02qui disent aux malades,
07:04qui disent aux mourants,
07:05je vous écoute,
07:06je vous écoute,
07:07je vous écoute tellement
07:09que ce que vous demandez,
07:10je sais que ça n'est pas votre souhait.
07:12Voilà.
07:13Et ça, ça me rend fou.
07:14Mais alors, d'aucuns vous diraient
07:14qu'il n'y a pas de place
07:15sans soins palliatifs
07:16et que c'est pour ça qu'on propose ça.
07:17Au moins, ça va écumer le problème.
07:18C'est un argument tout à fait monstrueux.
07:20C'est un argument tout à fait monstrueux
07:22et c'est l'argument civilisationnel.
07:23Vous savez, c'est la dystopie
07:25de Soylant Green.
07:26Soylant Green est une dystopie
07:27d'extrême droite
07:28qui considère qu'on va finir
07:30par euthanasier les vieux,
07:31par se débarrasser des vieillards.
07:32Alors, l'avantage de cette loi,
07:35c'est qu'elle a des précédents.
07:36En Belgique, au Canada, en Suisse,
07:38dans des quantités de...
07:39Mais il y a des preuves
07:39qu'en fait, ça ne se passe pas du tout comme ça.
07:41Tous des pays démocratiques.
07:42Oui.
07:43Uniquement des démocraties.
07:44Il n'y a que les démocraties
07:45qui accordent l'aide à mourir.
07:47Contrairement à ce qu'ils disent,
07:48les gens qui voient du nazisme là-dedans.
07:49Bref, il n'y a que les démocraties
07:50qui accordent l'aide à mourir.
07:52Et on peut regarder ce qui s'y passe.
07:55Et jusqu'à nouvel ordre,
07:57on n'a pas de changement civilisationnel
07:59en Suisse, en Belgique, au Canada.
08:00Il n'y a pas de charnier de vieillards.
08:02La vie n'est pas devenue une marchandise
08:04dans ces états-là.
08:05Donc, on est précisément face à un fantasme
08:09qui est objectivement combattu.
08:11Et c'est une des raisons pour lesquelles, d'ailleurs,
08:13les adversaires de l'aide à mourir
08:16diabolisent bien volontiers,
08:18notamment la Belgique.
08:19François Bayrou, Premier ministre,
08:21a osé dire qu'en Belgique,
08:23on accordait l'euthanasie
08:24aux adolescents mal dans leur peau.
08:26C'est une déclaration publique
08:28qu'il a faite.
08:29C'est inouï.
08:29C'est inouï de conneries,
08:31de faussetés,
08:32de mensonges délibérés.
08:33C'est facile.
08:33On va sur Sud Radio avec Raphaël Antoven.
08:35Désolé, toutes mes excuses.
08:36Mais c'est inouï, cette phrase le déshonore.
08:38Voilà.
08:39Maître Florence Rouasse,
08:40vous qui accompagnez les familles
08:41confrontées au moment
08:42les plus difficiles de la vie.
08:43Peut-être que vous avez accompagné
08:44des gens au fin de vie.
08:45Je ne sais pas si vous avez sujet,
08:46en tout cas.
08:47Mais est-ce que pour vous,
08:47c'est une question de droit, d'éthique ?
08:49Et où est-ce qu'on se positionne
08:50dans toute cette histoire ?
08:51Plus éthique que droit,
08:52de mon point de vue.
08:54Le droit suivant,
08:56enfin, si je puis dire,
08:57l'éthique.
08:57C'est comme le droit
08:58qui s'adapte à la société.
09:00Je crois que le droit,
09:00finalement,
09:01les comités d'éthique réfléchissent
09:03et le droit s'adapte.
09:05On trouve toujours un moyen
09:06de légiférer, finalement,
09:07une fois qu'on a considéré
09:08que les choses sont bien fondées
09:10ou elles ont leur raison d'être.
09:12En ce qui me concerne,
09:14je ne peux pas dire
09:14que j'ai un avis très tranché
09:16sur la question.
09:16D'accord.
09:17Pour quelles raisons ?
09:19Pour des raisons,
09:20j'allais dire que
09:25je me pose beaucoup de questions
09:27en faveur et en défaveur.
09:29C'est-à-dire que,
09:30d'une certaine manière,
09:31c'est vrai qu'il y a des gens
09:32qui sont dans la grande souffrance.
09:33Oui.
09:34Et de l'autre côté,
09:35est-ce que tant qu'il y a de la vie,
09:36il n'y a pas de l'espoir ?
09:38Je ne suis pas sûre
09:39qu'il y ait de l'espoir
09:40quand on est accroché
09:40à un lit avec des tuyaux.
09:42Oui, mais j'ai peut-être
09:44cette illusion,
09:47cet idéalisme,
09:48je ne sais pas comment
09:48vous pouvez dire,
09:49ou cette utopie,
09:52de penser que
09:53peut-être tout est possible
09:54tant qu'un cœur est battant.
09:58Qu'est-ce que vous en pensez,
09:59Raphaël Antoven ?
10:00J'ai tendance à penser
10:02que quand le choix se présente
10:05entre la vie et la liberté,
10:09le choix de la vie est mortifère.
10:12Quand on prolonge
10:14déraisonnablement une existence,
10:17quand on contrevient
10:18au désir de quelqu'un
10:19qui veut en finir plus rapidement,
10:21au nom d'une certaine idée
10:23de l'espoir, justement,
10:24et au nom d'une certaine idée
10:25de la bienveillance
10:26ou de sa propre bonne conscience,
10:29moi, j'ai le sentiment
10:30qu'on commet là
10:31un attentat
10:32contre la souveraineté
10:33de l'individu, en fait.
10:34C'est ça qui me chiffonne
10:35dans cette histoire.
10:36Il y a une grande différence
10:37dans cette loi
10:38entre les gens
10:39qui luttent
10:40pour l'attribution
10:43de ce droit,
10:43de cette liberté supplémentaire,
10:45et les gens
10:46qui luttent contre.
10:47Les gens qui luttent pour
10:50réclament le droit
10:51d'user de cette liberté
10:53pour eux-mêmes
10:54ou bien chacun
10:56pour lui-même.
10:57Autrement dit,
10:58ils ne l'imposent
10:59à personne.
11:00Mais tout le discours...
11:01Or, les gens
11:02qui luttent contre cette loi
11:03l'interdisent à tous
11:05et disent
11:07que ceux qui sont favorables
11:09à l'aide à mourir
11:10promeuvent l'aide à mourir.
11:12C'était le même argument
11:13au moment du mariage pour tous.
11:14Être favorable
11:15au mariage pour tous,
11:16qui était une question
11:16d'égalité républicaine,
11:18était perçu
11:19comme une promotion
11:21du mariage homosexuel.
11:24Et faire à celui
11:26qui est favorable...
11:28Comment dire ?
11:29Le mauvais usage
11:30d'une liberté
11:31n'est pas un argument
11:32contre son attribution.
11:33Ce n'est pas parce
11:34qu'il y aura des abus,
11:35des excès
11:36qu'il ne faut pas
11:37accorder cette liberté.
11:38Sinon, on n'aurait pas
11:38accordé la liberté d'avorter
11:40ou bien quantité
11:40d'autres libertés.
11:42Donc finalement,
11:43ce que vous nous dites,
11:44c'est qu'il faut arrêter
11:45aussi quelque part
11:45d'opposer les principes
11:46républicains
11:47aux principes religieux,
11:48tout simplement.
11:49Non, c'est qu'il y a
11:50une vraie survivance
11:51de religiosité,
11:54de métaphysique religieuse,
11:55dans le refus
11:57d'admettre
11:57que la vie
11:58n'est pas sacrée.
12:00La sacralisation
12:01de la vie
12:01est un contresens
12:02aberrant.
12:03Évidemment que la vie
12:04n'est pas sacrée.
12:05Si la vie était sacrée,
12:07abattre un nazi
12:08pendant la guerre
12:09serait un crime
12:11impardonnable.
12:12Donc non,
12:12bien sûr,
12:13heureusement que la vie
12:13n'est pas sacrée.
12:14La vie n'est pas sacrée.
12:16Ça, c'est un débat.
12:17Mais c'est un débat
12:18merveilleux.
12:18Mais c'est un débat
12:19qu'il est essentiel
12:20d'avoir.
12:21si la vie était sacrée,
12:24une fausse couche
12:25serait comparable
12:26à la perte
12:27d'un enfant
12:27dans la force de l'âge.
12:28Ça n'a pas de sens
12:29de le dire.
12:30Ça n'a pas de sens.
12:31Il faut introduire ici
12:32une échelle de nuance,
12:33évidemment.
12:34Il faut introduire
12:35une échelle de nuance
12:35à peu près
12:36dans tous les échelons
12:37de la société,
12:37j'ai l'impression,
12:38en ce moment,
12:38Florence Royce.
12:39Oui, beaucoup d'excès,
12:40je trouve,
12:42qui conduisent
12:42ou qui conduiront
12:44ou qui peuvent conduire
12:45à des écueils,
12:46notamment des erreurs judiciaires,
12:48si c'est ce à quoi
12:49vous faites allusion.
12:50Moi, c'est vraiment
12:51ce qui me heurte
12:52en ce moment,
12:53sous le couvert
12:55de défendre
12:55telle et telle idéologie,
12:57tel et tel genre,
12:59tels et tels excès
12:59qu'il y a eu.
13:00Une évolution nécessaire,
13:02d'ailleurs.
13:03Il y a finalement
13:05des comportements,
13:07des slogans,
13:08des meutes.
13:09Moi, vous savez,
13:10dès qu'il s'agit
13:11d'une meute,
13:12je me méfie.
13:13Je me méfie de la meute,
13:14en fait.
13:14C'est de qui on parle
13:15quand on parle
13:15de la meute en ce moment ?
13:16On parle de la meute
13:17dans de nombreux sujets,
13:18en fait.
13:19Et quelquefois,
13:20je me demande d'ailleurs
13:21s'il n'y a pas
13:21des points,
13:22finalement,
13:23communs
13:23entre toutes ces meutes
13:25qu'ils trouvent
13:26à travers des idéologies,
13:29parfois,
13:30ce que j'appellerais
13:30des idéologies prétextes.
13:32Vous voyez ?
13:33Je me méfie beaucoup
13:34de tout cela.
13:35On va en parler
13:35dans un instant,
13:36ce soir,
13:36comme tous les dimanches
13:37sur Sud Radio,
13:38c'est excellent.
13:39Pour cette dernière de l'année,
13:40vous êtes avec
13:40l'éditorialiste,
13:41philosophe,
13:41essayiste Raphaël Antoven,
13:42ainsi que l'avocate
13:43au Barreau de Paris,
13:45pénaliste,
13:45médiatrice
13:45et membre de l'antenne
13:46des mineurs,
13:47maître Florence Rouas.
13:48Restez avec nous.
13:48A tout de suite.
13:51Sud Radio,
13:52c'est excellent,
13:52Judith Bélair.
13:53L'excellence prend la parole
13:54sur Sud Radio,
13:55c'est excellent.
13:56Ce soir,
13:56pour vous,
13:56le philosophe,
13:57écrivain,
13:58essayiste Raphaël Antoven,
13:59cofondateur de Front Tireur,
14:00lauréat du prix
14:01Jean-Pierre Bloch
14:01de la LICRA,
14:02auteur de l'Albatros
14:03aux éditions de l'Observatoire,
14:05animateur de Jeu Pop,
14:06donc je suis sur la plateforme Explore
14:07et sur scène au Théâtre Libre
14:08le 1er octobre
14:09dans son spectacle
14:10à la recherche de Marcel.
14:11Ça va,
14:11je l'ai bien descendu,
14:12il y en a des choses.
14:13Accompagnée de maître Florence Rouas,
14:14avocate au Barreau de Paris,
14:15pénaliste,
14:16médiatrice
14:16et membre de l'antenne
14:18des mineurs.
14:19Alors,
14:19maître Florence Rouas,
14:20du coup,
14:21vous êtes avec la tête
14:22de votre cabinet,
14:23vous intervenez,
14:24comme on l'a dit,
14:24dans plusieurs domaines du droit,
14:25notamment le droit de la famille,
14:27la protection de l'enfance,
14:28le droit pénal,
14:28la médiation.
14:30Avant de commencer
14:31à rentrer un petit peu plus
14:31dans le vif du sujet,
14:32je vous ai entendu
14:33chez nos confrères de BFM TV
14:36au sujet de l'affaire Patrick Bruel
14:37où vous disiez
14:39un point très important pour vous
14:40que la présomption d'innocence
14:41n'est pas une simple formule
14:43mais c'est un pilier
14:43de notre démocratie
14:44et que donc,
14:45en fait,
14:45le fait de condamner quelqu'un
14:47avant même que les tribunaux
14:48l'aient fait,
14:49ça pose quand même
14:49un énorme problème.
14:51Oui,
14:51quel que soit le crime,
14:52c'est quelles que soient
14:53les suspicions,
14:54on va dire déjà,
14:55quelles que soient les suspicions,
14:57quelle que soit la réalité
14:59des faits,
15:00il est fondamental
15:01de respecter
15:02ce qu'est la présomption
15:03d'innocence
15:04et d'expliquer aux gens
15:05ce qu'est la présomption
15:06d'innocence.
15:07La grande difficulté
15:08aujourd'hui,
15:08c'est qu'il y a deux procès.
15:10Il y a le procès
15:11dit médiatique,
15:12c'est-à-dire
15:13qui se passe
15:13sur les plateaux télé,
15:15les radios,
15:15mais également dans la rue.
15:16Et puis,
15:17il y a le procès pénal,
15:18c'est-à-dire
15:19ce qui se passe
15:20dans le principe
15:20du contradictoire
15:21dans les tribunaux.
15:22Dans le temps de la justice.
15:23Voilà,
15:24le temps de la justice.
15:25Malheureusement,
15:26vous savez,
15:27aujourd'hui,
15:28pour des bonnes
15:29et des mauvaises raisons,
15:30beaucoup de choses
15:31se font sur la place publique
15:33et n'attendent pas
15:34le temps de la justice.
15:35Tant et si bien
15:36que si demain,
15:37la justice vient contredire
15:38des accusations
15:39X, Y, Z
15:40un peu fantaisistes,
15:42erronées,
15:42excessives,
15:43peu importe,
15:44eh bien la personne visée,
15:46finalement,
15:47elle est déjà
15:47condamnée,
15:49éliminée.
15:50Voilà,
15:51on l'a mis de côté
15:52et voilà.
15:53On vous dirait,
15:53il y a quand même
15:5335 femmes,
15:55comment est-ce que
15:55vous pouvez remettre
15:56en cause la parole
15:57de ces femmes,
15:58etc.
15:58Moi, écoutez,
15:59moi le nombre,
16:00ça ne m'intéresse pas.
16:01Je ne connais pas.
16:04On ne sait pas
16:17qu'une ou 35 femmes
16:18il faut toujours faire attention.
16:19Ça veut dire qu'il y a
16:20quelque chose qui cloche.
16:22Je comprends qu'on vienne
16:23vous dire,
16:24ah ben oui,
16:24mais il y a 30 accusatrices.
16:25D'abord,
16:26on ne sait pas
16:26qui sont ces accusatrices.
16:27On ne sait pas
16:28ce dont elles accusent.
16:29On ne sait pas
16:30quel est le degré
16:30d'accusation.
16:32On ne sait pas
16:32s'il n'y a pas eu
16:33un effet d'entraînement,
16:34s'il n'y a pas aussi
16:37des influences
16:38de la manipulation,
16:39de l'instrumentalisation.
16:41Je ne sais pas
16:42si c'est ma déformation
16:43d'avocate
16:44ou si c'est tout simplement
16:45ma nature
16:45et cette façon
16:47que j'ai depuis toujours
16:48d'ailleurs
16:48de m'interroger
16:49sur les évidences.
16:50Je me méfie des évidences
16:51et alors a fortiori
16:52avec l'exercice
16:54de mon métier
16:54et des apparences
16:55parce que je sais pertinemment
16:56que les apparences
16:57sont trompeuses
16:58et que quand on a
16:59par exemple même moi
16:59dans le quotidien
17:00de mon métier d'avocat
17:01quand je reçois un client
17:02et qu'il me verse
17:04sa version,
17:05qu'il me sert sa version,
17:06je sais très bien
17:07même s'il n'a pas
17:08l'intention de me tromper
17:10ou de me mentir
17:10etc.
17:11Mais qu'au fil du temps
17:13et de l'échange
17:14les choses vont apparaître
17:16tout autre
17:16et très différente.
17:18Donc il y a plusieurs
17:19si vous voulez niveaux
17:20de compréhension
17:20et d'interprétation
17:21de ce que l'on peut dire
17:23il y a tant d'accusatrices
17:24ou d'accusateurs
17:25peu importe.
17:26Et en plus
17:27j'ajouterai
17:28et je répondrai
17:29aux gens qui me disent ça
17:30méfions-nous
17:31parce qu'aujourd'hui
17:32c'est monsieur Bruel
17:33ou monsieur X ou Y
17:35mais demain
17:36c'est une société
17:38qui peut être
17:39entraînée
17:40dans ce mouvement
17:40et n'importe qui demain
17:42pour des raisons multiples
17:44par désir de vengeance
17:45par désir de
17:46je ne sais quoi
17:47d'instrumentalisation
17:48dans des différents types
17:49de procédures
17:50et de contentieux
17:50moi je le vois notamment
17:51dans le contentieux familial
17:53peuvent utiliser
17:54des accusations
17:55alors vous savez
17:56comme disait
17:58je ne sais plus
17:58quel grand auteur
18:00calomnier
18:00calomnier
18:01il en restera toujours
18:01quelque chose
18:02c'est vrai
18:03parce que vous allez dire
18:04des choses sur
18:05des personnes
18:06des personnalités publiques
18:08alors certains vont dire
18:09on va être pour
18:10d'autres vont être contre
18:11mais finalement
18:12il en restera toujours
18:13des traînées de poudre
18:15et on s'interrogera toujours
18:16ou alors cette fameuse
18:17vous savez
18:18cette expression
18:19il n'y a pas de fumée sans feu
18:20alors ça moi je déteste
18:21cette expression
18:22parce que je ne
18:23ça ne veut rien dire ça
18:24ça ne veut rien dire
18:25et je veux dire aux gens
18:26surtout méfiez-vous
18:27de cette expression
18:28bien sûr qu'il peut y avoir
18:29de la fumée sans feu
18:30enfin c'est complètement débile
18:31quoi vous voyez
18:32donc il faut
18:34que les gens comprennent
18:35qu'est-ce que la présomption
18:36de l'innocence et quelle est sa genèse
18:37et son fondement
18:38c'est de se dire
18:40tant que la justice
18:41n'a pas travaillé
18:42sur les preuves matérielles
18:45techniques
18:46scientifiques
18:47les témoignages
18:48le principe de ce qu'on appelle
18:49le contradictoire
18:50l'instruction à charge
18:52et à décharge
18:53pour arriver à une conviction
18:55et bien il ne faut pas
18:57s'en tenir
18:58à des propos
18:59à des accusations
19:01dont on ne connait pas
19:02la réalité
19:03et les fondements
19:04et en dernier lieu
19:05je conclurai
19:06ne confondons pas
19:08l'idéologie
19:09le militantisme
19:10et la justice
19:11ce n'est pas la même chose
19:13Raphaël Antoven
19:14sur cette idée
19:15de
19:16le
19:18il est utopique
19:19de demander
19:19à l'individu démocratique
19:20de
19:22fonctionner
19:23au même rythme
19:24que la justice
19:25c'est-à-dire
19:26de demander
19:26à l'individu démocratique
19:27qui est bombardé
19:27d'informations
19:28qui est abreuvées
19:29d'éléments
19:30pour se faire un jugement
19:31de lui demander
19:32d'avoir la patience
19:33d'attendre
19:35une décision
19:35de justice
19:36qui en plus
19:36fera l'objet
19:37d'un appel
19:38qui etc
19:38etc
19:38etc
19:39donc
19:39c'est illusoire
19:41de demander
19:41à l'individu
19:42d'avoir
19:42ce genre de patience
19:43de sorte
19:44qu'en démocratie
19:45et c'est ce que
19:46cette affaire
19:46nous enseigne
19:47en démocratie
19:48les principes
19:50d'une démocratie
19:51peuvent entrer
19:52en contradiction
19:52les uns
19:53avec les autres
19:53en l'occurrence
19:55qu'est-ce qui
19:55se contredit là
19:56la liberté
19:57d'informer
19:58la liberté
19:59d'informer
20:00c'est-à-dire
20:00la liberté de dire
20:01de recueillir
20:01des témoignages
20:02de publier
20:02des témoignages
20:03après les avoir
20:04vérifiés
20:05de faire ce travail-là
20:07important
20:08la liberté d'informer
20:09et la présomption
20:10d'innocence
20:11autre principe
20:12je ne retire pas
20:12un mot à ce que
20:13vous avez dit
20:13de la présomption
20:14d'innocence
20:15c'est un principe
20:15fondateur en démocratie
20:17c'est l'antidote
20:17au lynchage
20:18mais
20:20il faut bien comprendre
20:21que ces deux principes
20:22entrent en contradiction
20:23et c'est la raison
20:24pour laquelle
20:27c'est tout à fait différent
20:29c'est tout à fait différent
20:31il y a
20:33une dimension
20:34antisémite
20:35dans l'affaire Bruel
20:36je ne parlais pas
20:36de l'antisémitisme
20:37je parlais
20:38de la condamnation
20:40populaire
20:40avant la justice
20:41et en même temps
20:42je ne parlais pas
20:43du tout
20:43de l'antisémitisme
20:44on va y venir
20:45la fameuse affaire
20:45de Bruel
20:46en Artois
20:47avec le notaire
20:48Pierre Leroy
20:48et la cause du peuple
20:50qui titre
20:50et maintenant
20:51il tue nos enfants
20:52en décrétant
20:53la culpabilité
20:54du bourgeois
20:54parce qu'il était bourgeois
20:56c'est l'affaire
20:56de Bruel
20:57en Artois
20:57j'invite les gens
20:58à se renseigner
20:59sur cette histoire
21:00je souscris également
21:01à ce que vous dites
21:02quand vous dites
21:02qu'il n'y a pas
21:04de fumée sans feu
21:04c'est une phrase
21:05monstrueuse
21:06c'est une phrase monstrueuse
21:07puisque c'est une phrase
21:08qui laisse
21:09en somme
21:09qui confond
21:11la rumeur
21:11avec la vérité
21:12ou qui confond
21:13la puanteur de la rumeur
21:15avec une puanteur concrète
21:16grosso modo
21:17on est obligé
21:17de faire avec les deux
21:18quand même
21:18nous sommes obligés
21:19de composer
21:20avec ces tendances
21:22délétères
21:22en démocratie
21:23l'individu démocratique
21:24est doté aujourd'hui
21:26des moyens
21:26de lyncher
21:27de se faire un jugement
21:29de se constituer
21:30lui-même en tribunal
21:31il est utopique
21:32de lui demander
21:33de ne pas le faire
21:33Maître Florence Rouas
21:35oui
21:35moi je voudrais ajouter
21:37quelque chose
21:37parce que par curiosité
21:38j'ai été regarder
21:39sur Youtube
21:40le fameux documentaire
21:42de votre confrère
21:43Mediapart
21:44je suis atterrée
21:46vous savez
21:46je suis atterrée
21:47par ce journal
21:48alors je ne vais pas
21:50me faire des amis
21:50mais je suis avocate
21:52quand même
21:53j'ai 25 ans de barreau
21:54quand je vois
21:56la façon dont ils
21:57finalement
21:58vont constituer
22:00des soi-disant
22:01preuves
22:01je ne comprends pas
22:03qu'il n'y ait pas
22:03une levée de bouclier
22:04je ne comprends pas
22:05que dans notre pays
22:06finalement
22:06il n'y ait pas des gens
22:07pour dire
22:08mais stop
22:08arrêtons tout
22:09vous vous rendez compte
22:10que vous vous instituez
22:12en procureur
22:12pas que dans cette affaire
22:14d'ailleurs
22:14il y en a eu d'autres
22:15bon bref
22:16et en fait
22:16ils accusent des gens
22:18enfin ils font en sorte
22:20de soi-disant
22:21sous le couvert
22:22d'investigation
22:24et d'enquête
22:26de dire
22:27mais oui
22:27non mais
22:28on fait notre travail
22:29de journaliste
22:30et on va
22:31recueillir des témoignages
22:32et ces témoignages
22:33finalement
22:34sont un commencement
22:35de preuve
22:35et alors ils entraînent
22:37derrière eux
22:37finalement
22:38grâce à cela
22:39des tas de gens
22:40qui sont peu éclairés
22:41sur le sujet
22:42en l'occurrence
22:43ou d'autres
22:44sur l'affaire
22:44et tout le monde
22:45finalement vous savez
22:46c'est l'homme qui a vu
22:47l'homme qui a vu l'ours
22:48et moi je suis intérée
22:49par ces méthodes
22:51vraiment
22:51parce que je me dis
22:52que là aussi
22:53ce sont des glissements
22:54très dangereux
22:54ce que vous dites
22:55finalement c'est ce qu'on observe
22:56dans la totalité
22:57de la société en ce moment
22:58c'est à dire la condamnation
22:59en direct sur les réseaux sociaux
23:00la condamnation publique
23:01en général etc
23:02c'est un mouvement
23:04mais bien sûr
23:04mais il faut bien marquer
23:05la différence entre
23:05les tribunaux populaires
23:07et les tribunaux en droit
23:08un tribunal en droit
23:09vous condamne
23:10après une plaidoirie
23:11vous pouvez faire appel
23:12il y a votre avocat
23:13et vous avez un avocat
23:14un tribunal populaire
23:15vous condamne
23:16à jamais
23:17sans vous entendre
23:18en refusant de vous entendre
23:20vous n'avez pas d'avocat
23:21et vous êtes définitivement
23:23condamné
23:24par des gens
23:25dont la bonne conscience
23:26en dépend
23:27et qui donc
23:28ne renonceront jamais
23:28à leur verdict
23:30alors deux petits mots
23:31puisque là
23:32on parlera de la réforme pénale
23:34sur juste après
23:35on va quand même
23:36parler un peu
23:36de l'antisémitisme
23:37justement
23:38Raphaël vous avez reçu
23:39le prix Jean-Pierre Bloch
23:40de la LICRA
23:40en juin
23:41avec Nora Bussigny
23:42la journaliste
23:43c'était juste après
23:44Sophia Aram
23:44et Arthur
23:45bon vous êtes vraiment imposé
23:47comme une des voix
23:47engagée contre l'antisémitisme
23:49contemporain
23:49et vous le payez cher
23:52et puis on peut
23:52non ça va
23:53non ?
23:54non non ça va
23:54ça va
23:55je préfère vivre
23:56dans un monde
23:56vous faites beaucoup insulter
23:57c'est ça que je veux dire
23:58je préfère me faire insulter
23:59et lutter contre l'antisémitisme
24:01que me tourner les pouces
24:02et vivre tranquille
24:03bon ben voilà
24:04ça c'est dit
24:05je suis d'accord
24:05vous êtes d'accord Florent ?
24:06je suis entièrement d'accord
24:07c'est mon cheval de bataille
24:08je déteste la lâcheté
24:10je ne raserai jamais les murs
24:12sous prétexte
24:13parce que je ne vais plus
24:14être invitée à droite
24:15ou à gauche
24:15ou par risque de déplaire
24:16en plus j'ai choisi
24:17le métier d'avocat
24:18je pense que c'est pas un hasard
24:19pour avoir la parole libre
24:20donc c'est pas pour me cacher
24:22derrière mon petit doigt
24:23c'est pas demain la veille
24:24alors quelques chiffres
24:25pour les auditeurs
24:25les actes antisémites
24:26représentent 53%
24:28de tous les actes anti-religieux
24:29recensés en France
24:29en 2025
24:30alors que les personnes juives
24:31représentent seulement
24:321% de la population française
24:35bon
24:36les chiffres parlent d'eux-mêmes
24:37j'ai envie de dire
24:38qu'est-ce qu'on a ajouté à ça ?
24:39c'est atterrant
24:41mais je pense que ça participe
24:42vous savez
24:42ça participe d'un tout
24:44c'est ce que je décrivais précédemment
24:45c'est-à-dire qu'en fait
24:46voilà
24:48il y a un climat
24:49qui fait qu'aujourd'hui
24:50les esprits sont endormis
24:53anesthésiés
24:53en fait
24:54il n'y a plus cet esprit critique
24:55moi je fais partie
24:56c'est les écrans
24:57on peut le dire
24:57mais non
24:58je pense pas que ce soit ça
24:59ça a bon dos
25:00moi je crois que c'est juste
25:01qu'il faut que les esprits
25:02s'éveillent
25:03vous voyez
25:04c'est-à-dire qu'on est plus
25:05l'esprit critique
25:06et moi je fais partie
25:07d'une génération
25:07on était à l'école
25:08on était éveillé
25:09à l'esprit critique
25:10donc c'est un problème
25:11de l'éducation
25:12je pense qu'il y a un sujet
25:14il y a aussi une perte
25:15des repères
25:15et des maîtres
25:16des grands maîtres
25:16qu'on suivait avant
25:17je ne sais pas
25:18si c'est une perte
25:19des repères
25:20ou si c'est que
25:22l'antisémitisme
25:23est une passion fondamentale
25:26passionnément antisémite
25:27bien sûr
25:27comme la France insoumise
25:29non
25:29l'antisémitisme
25:30est une passion fondamentale
25:31c'est une passion fondamentale
25:33c'est un désir
25:34très profond
25:34chez les gens
25:35le désir de bouc émissaire
25:36et d'identifier le juif
25:37au bouc émissaire
25:37c'est vieux comme le monde
25:39ça c'est vrai
25:40or
25:40la grande invention
25:41de la modernité
25:42du 20ème siècle
25:43c'est d'avoir permis
25:45l'émergence
25:46d'un antisémitisme
25:48qui se vit
25:49comme une vertu
25:49qui se vit
25:51comme un bien
25:51l'antisémitisme avant
25:53se vivait lui-même
25:54comme une haine
25:55désormais
25:56l'antisémitisme
25:57se vit
25:58parfois même
25:59comme un amour
26:00des juifs
26:00et donc
26:01on est en présence
26:02d'un phénomène
26:03qui le rend
26:05redoutable
26:05qui le rend redoutable
26:07l'antisémitisme caricatural
26:08de l'extrême droite
26:09dans les années 30
26:10d'une certaine manière
26:12était vincible
26:13celui-là
26:14l'antisémitisme
26:17il est difficilement
26:19c'est-à-dire de ces gens
26:20qui ont soralisé la gauche
26:22qui ont diodonisé la gauche
26:24et qui ont devant l'histoire
26:26commis l'impardonnable
26:28à cet égard
26:28l'antisémitisme passionné
26:31virulent
26:31passionnel
26:32de la France insoumise
26:33est une calamité
26:35pour la République
26:36parce que
26:37ce sont des gens
26:38qui accréditent l'idée
26:40qu'on peut être
26:41démocratiquement antisémite
26:43qui accréditent l'idée
26:45que
26:46c'est lutter
26:48pour le bien
26:48dans l'humanité
26:49le bien de l'humanité
26:50que
26:51de chasser
26:52les juifs
26:53dans les rues
26:54des capitales européennes
26:57dénoncer
26:57la démocratie israélienne
26:58comme si c'était
26:59un régime d'apartheid
27:00et parler du peuple juif
27:01comme d'un peuple tribal
27:02On vous entend sur Sud Radio
27:04Parlons Vrai avec Raphaël Antoven
27:05vous l'aurez entendu aussi
27:06et il était d'auditorialiste
27:08philosophe
27:08essayiste
27:09et puis on est aussi
27:10avec Florence Rouas
27:10à votre carte
27:11au barreau de Paris
27:12pénaliste, médiatrice
27:13membre de l'antenne
27:14des mineurs
27:14restez là
27:15on revient dans un instant
27:20Sur Sud Radio
27:21c'est excellent
27:22mettant de lumière
27:22celles et ceux
27:23qui marquent leur époque
27:24avec moi sur ce plateau
27:25le philosophe écrivain
27:26essayiste
27:26Raphaël Antoven
27:27cofondateur de
27:27Franc Tireur
27:28lauréat du prix
27:29Jean-Pierre Bloch
27:30de la LICRA
27:30auteur de l'Albatros
27:31aux éditions de l'Observatoire
27:32animateur de Je Pop
27:33donc je suis
27:34je ne suis pas sûre
27:35qu'on va pouvoir parler de tout
27:35Raphaël Antoven
27:36aujourd'hui
27:37sur la plateforme Explore
27:38et puis vous êtes aussi
27:39sur scène
27:40au Théâtre Libre
27:41on vient de le couvrir
27:43le 1er octobre
27:44dans son spectacle
27:44à la recherche de Marcel
27:45ainsi que Florence
27:46Maître
27:47Florence Rouas
27:49avocate au barreau de Paris
27:50pénaliste, médiatrice
27:51membre de l'antenne
27:52des milleurs
27:52on va y venir
27:53tout de suite
27:54dans un instant
27:54mais je voudrais quand même
27:55dire quelques mots
27:56à cette antenne
27:57Raphaël Antoven
27:58avec l'Albatros
28:00sorti aux éditions
28:01de l'Observatoire
28:01veut publier sans doute
28:02votre livre le plus intime
28:03alors avant de commencer
28:04je voudrais préciser
28:05que vous êtes mon demi-frère
28:06et que le livre
28:07raconte les derniers mois
28:08de notre mère
28:09Catherine David
28:09c'est un texte
28:10qui me touche personnellement
28:11mais on va en parler
28:12comme une oeuvre littéraire
28:13d'ailleurs cette expérience
28:15à la radio
28:15me permet de vous voyer
28:17pour la première fois de la vie
28:18ce qui est très agréable
28:20finalement on devrait
28:21peut-être essayer
28:21on devrait faire ça
28:22dans la vie de tous les jours
28:23effectivement
28:24donc dans l'Albatros
28:25vous y racontez
28:25les derniers mois
28:26de notre mère Catherine David
28:27qui a été emportée
28:28par la maladie de Parkinson
28:29c'est vraiment le récit de vous
28:31votre récit
28:32c'est votre mère
28:33et vous l'accompagnez
28:34dans sa disparition lente
28:35j'ai envie de dire
28:36je peux aussi dire
28:37que c'était une femme exceptionnelle
28:38que c'était une grande pianiste
28:39une écrivaine de talent
28:40une grande critique littéraire aussi
28:42et que de la voir partir lentement
28:44comme ça a été le cas
28:45a été un déchirement
28:46et que c'est pour ça
28:47que vous lui faites cet hommage
28:48c'est vrai
28:49c'était un
28:50surtout c'était un
28:51c'était une obsessionnelle
28:52de la mémoire
28:53elle ne supportait pas
28:54l'idée qu'une civilisation disparaisse
28:57ou l'idée que la bibliothèque d'Alexandrie
28:59est flambée
29:00elle ne supportait pas cette idée-là
29:01physiquement
29:02elle ne le supportait pas
29:03elle vivait
29:03elle se représentait l'humanité
29:05comme assise
29:06sur des pyramides d'oubli
29:08des océans d'oubli
29:09à notre insu
29:10nous sommes les légataires malheureux
29:13du dixième du savoir
29:15depuis l'incendie
29:16de la bibliothèque d'Alexandrie
29:17donc elle adorait décrire
29:18les civilisations enfouies
29:20les royaumes enfouis
29:21et puis
29:22comme elle pouvait décrire
29:23son enfance enfouie
29:25et c'était quelqu'un
29:26qui voulait sauver la mémoire
29:27et quand sa propre mémoire
29:29a été altérée
29:30par la maladie
29:32et bien d'une certaine manière
29:33moi qui écris des livres
29:35je me suis retrouvé
29:36naturellement
29:37tout naturellement
29:38investi de la mission
29:40qui eût été la sienne
29:41c'est-à-dire de sauver
29:42sa propre mémoire
29:43pour nous dire que l'art
29:44résiste à la maladie
29:45et à la mort
29:45pas que
29:46alors
29:47comment dire
29:47il y a l'idée que
29:49alors
29:50je décris dans ce livre
29:52le match
29:52le pancras
29:53le match à mort
29:55entre l'art
29:56et la maladie
29:56c'est-à-dire une pianiste
29:57qui lutte contre la maladie
29:58de Parkinson
29:59en essayant de travailler
30:00son piano
30:00comme on fait son jogging
30:01le matin
30:03mais en même temps
30:04qui est détruite
30:06par la maladie
30:06et tous les remparts
30:08qu'elle a pu édifier
30:09pendant la drôle de guerre
30:10c'est-à-dire pendant le moment
30:11où la maladie
30:12est encore dans la boîte
30:13et contenue par la dopamine
30:16tant qu'elle en est là
30:18tant qu'elle en est là
30:19elle se construit
30:20des remparts
30:20des remparts spirituels
30:22métaphysiques
30:22musicaux
30:23et puis la maladie arrive
30:25et balaye tout ça
30:27mais
30:30c'est la profession de foi
30:32de Baudelaire
30:32on peut garder
30:34conserver
30:34l'essence divine
30:35de nos amours décomposés
30:37il y a quelque chose
30:39qu'on peut sauver là
30:40et tout l'objet de ce livre
30:41c'est de sauver
30:42vous savez
30:43j'ai réfléchi à ça
30:44l'autre jour
30:44je me suis dit
30:45en fait ce livre
30:46pardon je suis un peu long
30:47mais
30:48ce livre fonctionne
30:49comme un horcrux
30:51vous voyez ce que c'est
30:52le horcrux
30:52dans Harry Potter
30:53le horcrux
30:54merci
30:55la ref
30:56bien sûr
30:57dans Harry Potter
30:57le horcrux
30:58c'est un objet
30:59dans lequel un sorcier
31:00dépose un fragment
31:01de son âme
31:02de sorte qu'en mourant
31:03il ne meurt pas complètement
31:04pour y parvenir
31:05il doit commettre un meurtre
31:07donc c'est de la magie noire
31:09le horcrux
31:10la littérature
31:11c'est de la magie blanche
31:12c'est le horcrux
31:14c'est un morceau d'âme
31:14c'est un sauvetage
31:16et d'ailleurs elle nous en a laissé des livres
31:17oui
31:18bien sûr
31:19remarquable
31:20une trilogie sur le piano
31:21la beauté du geste
31:23crescendo
31:23et lettre ouverte à ma main gauche
31:25qui est le livre d'une parkinsonienne
31:27qui engueule sa main
31:29elle a écrit un très beau livre
31:30qui s'appelle
31:30Clandestine
31:31où elle revient sur les conditions
31:33de son apparition sur terre
31:34elle est la biographe
31:36de Pic de la Mirandole
31:37l'homme qui savait tout
31:38et de Simone Signoret
31:39et de Simone Signoret
31:40absolument
31:41tout à fait
31:43merci beaucoup
31:44pour ce beau témoignage
31:45sur notre maman
31:45Raphaël
31:47Florence Rouas
31:48vous
31:48il y a eu plusieurs institutions
31:50on change complètement de sujet
31:51syndicats de professionnels de la justice
31:52qui ont appelé à une journée justice morte
31:54ce lundi
31:55dans toute la France
31:55pour protester contre la politique
31:57du garde des Sceaux
31:57Gérald Darmanin
31:58est-ce que vous y étiez ?
31:59vous y étiez ?
31:59non
32:00pourquoi ?
32:01je pense que j'avais
32:02lundi
32:03c'était lundi
32:04j'avais vraiment d'autres choses
32:06d'autres activités
32:08très importantes
32:08les dénonciations
32:09c'est notamment
32:09la réforme pénale sûre
32:11qui est critiquée pour plusieurs mesures
32:12allongement de la détention provisoire
32:13réforme des nullités de procédure
32:15etc
32:16et puis la gestion de l'affaire Liana
32:17qui nous a tous frappé de plein fouet
32:20terrible affaire
32:21où le ministre a rapidement sanctionné
32:23une magistrate
32:23après le maire de la fillette
32:26ce que disent en fait
32:27ces avocats
32:28ces juges
32:29c'est que
32:29le gouvernement
32:30désigne des boucs émissaires
32:31au lieu de s'attaquer
32:32au véritable problème
32:33qui est le manque chronique
32:34en fait
32:34de moyens de la justice
32:35je suis entièrement d'accord
32:35je suis entièrement d'accord
32:37je l'ai dit dès le début
32:38de cette affaire
32:39dès que j'ai eu l'occasion
32:40de m'exprimer
32:42c'est que
32:43d'abord
32:44on revient à la question
32:45des boucs émissaires
32:46et vous voyez
32:47je pense que
32:48c'est René Gérard
32:49qui parlait de la théorie
32:50des boucs émissaires
32:51souvent on cherche un bouc émissaire
32:52quand on a
32:53des difficultés
32:54à traiter ses propres problèmes
32:56voilà
32:56et je pense que
32:57l'institution judiciaire
33:00devrait balayer devant sa porte
33:02il y a peut-être eu
33:04des dysfonctionnements
33:05et des erreurs individuelles
33:07cette fameuse commission
33:09nous le dira
33:09parce que je crois
33:10qu'elle doit rendre
33:11son rapport mi-juillet
33:14mais indépendamment
33:14de tout cela
33:15moi je suis toujours
33:16très gênée
33:16par cette volonté
33:18de jeter l'opprobre
33:20sur des gens
33:21parce que je connais
33:22au quotidien
33:22le monde de la justice
33:23et son fonctionnement
33:24surtout que les juges
33:25on peut le dire
33:26ils ne gagnent pas
33:26beaucoup d'argent
33:27ils sont quand même
33:27des hauts à leur boulot
33:28ils travaillent beaucoup
33:29voilà exactement
33:29ce sont des métiers difficiles
33:31ce sont des métiers difficiles
33:33il faut le reconnaître
33:33pourtant vous voyez
33:34parfois on n'est pas toujours d'accord
33:36à vous imaginer
33:36bien sûr
33:37ce sont des métiers difficiles
33:39c'est comme la police
33:39ce sont des gens
33:40qui ne ménagent pas
33:42les heures
33:43leur travail
33:44les problèmes de conscience
33:46que ça engendre
33:46les difficultés
33:48du coup
33:48les problèmes de protection
33:50des victimes
33:50mais aussi
33:51garantir les droits
33:52de la défense
33:52mais aussi
33:53des délais de jugement
33:54raisonnables
33:54en fait
33:54c'est ces trois choses
33:55ils sont dans
33:55et la difficulté
33:57voyez-vous
33:58c'est qu'il y a
33:59un fonctionnement
34:00de la justice
34:01c'est un fonctionnement
34:02administratif
34:02et en fait
34:02on a découvert
34:03à l'occasion
34:05de ce drame
34:05de cette petite Liana
34:07de cette tragédie
34:09on a découvert
34:10finalement
34:10toutes les carences
34:12toutes les difficultés
34:13de la chaîne pénale
34:14et de la chaîne administrative
34:15vous voyez
34:16avec les problèmes
34:17de compétences territoriales
34:19d'un parquet à l'autre
34:21d'une gendarmerie à l'autre
34:22les transmissions
34:2376 200 mineurs
34:25ont été enregistrés
34:25comme victimes
34:26de violences sexuelles
34:27alors après là aussi
34:2858% de l'ensemble
34:30des violences sexuelles
34:31des victimes
34:32de violences sexuelles
34:32dans les plaintes
34:33alors la plainte
34:34c'est une chose
34:35là j'en reviens
34:36à ce qu'on disait
34:37tout à l'heure
34:38un plaignant
34:39n'est pas une victime
34:40un plaignant
34:41devient une victime
34:42lorsqu'un jugement
34:42a été rendu
34:43et prononcé
34:44et a établi
34:45son statut de victime
34:47des plaintes
34:48il y en a
34:49quelques fois
34:49elles sont aussi
34:50pardon de le dire
34:52fantaisistes
34:53excessives
34:54il y a de tout
34:55dans les plaintes
34:56il y a des choses
34:56très vraies
34:57il y a des choses
34:58dont il faut tenir compte
34:59et faire preuve
35:00de beaucoup
35:01beaucoup de célérité
35:03malheureusement
35:03c'est pas toujours
35:04le cas
35:04pour multiples facteurs
35:06et je crois que
35:06de toute façon
35:07cette commission
35:07si elle est bien
35:08oui mais c'est pour ça
35:09qu'il faut les traiter
35:09d'autant plus rapidement
35:10oui bien sûr
35:13si rapidement qu'on aille
35:15si rapidement qu'on aille
35:16quelle que soit la célérité
35:17bien sûr
35:18il faut accélérer les choses
35:19autant que possible
35:20et donner à la justice
35:21les moyens de le faire
35:22mais si rapidement qu'on aille
35:24on n'ira pas à la vitesse
35:26du sentiment
35:28qu'un plaignant peut avoir
35:29d'être victime
35:29quelqu'un qui est par exemple
35:30victime d'une agression
35:32et à qui on dit
35:34ne peut pas entendre l'idée
35:35qu'il ne sera victime
35:37que lorsqu'un jugement
35:38sera prononcé
35:39il se sent déjà victime
35:40et ce rythme interne
35:42le rythme de l'individu démocratique
35:45qui a le droit de s'exprimer
35:46il n'y aura jamais
35:46avec le rythme de la justice
35:47c'est ça que vous voulez dire
35:48on ne rattrapera jamais
35:49le rythme de l'individu démocratique
35:52donc les lynchages
35:53les tribunaux populaires
35:55et tous ces phénomènes
35:56il n'y a rien à faire
35:57ça sera comme ça
35:58quoi qu'il arrive
35:58c'est ça que vous dites
35:59sont inséparables
36:00du fait démocratique
36:02c'est une pure pathologie
36:03de la démocratie
36:04c'est vrai
36:04mais dans l'intervalle de temps
36:05je pense que les gens
36:06attendent indépendamment
36:07du statut
36:08qui leur est conféré
36:09c'est une réactivité
36:11à la fois des services
36:12de police et de gendarmerie
36:13et de la justice
36:13dès qu'ils ont
36:14un vrai accompagnement global
36:15et un accompagnement
36:16qui existe
36:17et qui a beaucoup progressé
36:17il y a des maisons
36:18qui existent en Finlande
36:19par exemple
36:20où ils ont une policière
36:21qui a été formée
36:22à la prise de parole
36:23des enfants
36:23c'est le cas déjà
36:24tout de suite
36:25l'UMJ
36:26pour savoir si
36:26c'est le cas
36:27voilà l'ADN
36:28c'est déjà le cas
36:29bien entendu
36:30c'est à dire
36:30dès qu'il y a une plainte
36:31normalement la personne
36:32ils ne sont pas tous
36:32au même endroit
36:33c'est ça que je veux dire
36:34il y a des maisons constituées
36:36où les enfants
36:37par exemple
36:37n'ont pas besoin
36:37de redire la plainte
36:38quatre fois
36:38etc
36:40généralement
36:40ils ne la redisent pas
36:41quatre fois
36:41ils sont entendus
36:42par des policiers
36:43ou des gendarmes dédiés
36:44ou parfois des psychologues
36:45et on recueille leurs paroles
36:46d'une certaine manière
36:47il y a tellement de sujets
36:48que j'aurais voulu
36:49continuer à discuter
36:50avec vous les amis
36:51notamment
36:52l'augmentation
36:52de la violence des mineurs
36:53et tout
36:53mais en fait
36:54désolé
36:54on va passer
36:56au sujet d'après
36:57mais vous restez encore
36:57avec nous
36:58parce qu'il reste encore
36:58un petit peu
36:59d'émission
37:00de cet excellent
37:00évidemment
37:02c'est votre rendez-vous
37:03avec l'excellence
37:04en compagnie ce soir
37:05de Raphaël Antoven
37:06éditorialiste, philosophe, essayiste
37:07Florence Rouasse
37:08avocate au barreau de Paris
37:09pénaliste, médiatrice
37:10et membre de l'antenne
37:12des mineurs
37:12vous restez là
37:13on revient pour la fin
37:13de l'émission
37:14à tout de suite
37:19Bienvenue
37:20si vous nous rejoignez
37:20pour la fin de l'émission
37:21dans cet excellent
37:22sur Sud Radio
37:22c'est la dernière
37:23de la saison aussi
37:24pour vous ce soir
37:25Raphaël Antoven
37:25philosophe, écrivain, essayiste
37:27co-fondateur de
37:27Franc-Tireur, lauréat
37:28du prix Jean-Pierre Bloch
37:29de la LICRA
37:29auteur de l'Albatros
37:30aux éditions de l'Observatoire
37:32animateur de Je Pop
37:33donc je suis
37:33sur la plateforme Explore
37:34sur scène au théâtre libre
37:36le 1er octobre
37:36dans son spectacle
37:37à la rechesse de Marcel
37:38je l'ai bien descendu
37:39encore une fois
37:39à ses côtés
37:40l'avocate au barreau de Paris
37:41pénaliste, médiatrice
37:42et membre de l'antenne
37:43des mineurs
37:43maître Florence Rouas
37:44alors on a encore
37:45quelques instants ensemble
37:46les amis
37:47pour le portrait chinois
37:47ou les questions
37:48auxquelles il faut répondre
37:48avant de réfléchir
37:49s'il vous plaît
37:50chers invités
37:51juste après
37:52on va vous le savez
37:53chers auditeurs
37:53chers auditrices
37:54on retrouve votre chronique
37:55qui raconte les entreprises
37:56qui s'engagent
37:57parlons de vous
37:57alors
37:58portrait chinois
37:59vous êtes prêts ?
38:00allez
38:00pas du tout
38:01par définition
38:02on n'est pas prêts
38:02puisqu'on ne connait pas
38:03les questions
38:04c'est ça qui est drôle
38:06Raphaël Antoven
38:07si vous étiez une heure
38:07de la journée
38:09midi
38:09pourquoi ?
38:10parce que c'est l'heure
38:11de l'ombre la plus courte
38:12oh
38:12d'accord
38:13donc pleine lumière
38:14voilà
38:15d'accord
38:16on aime bien
38:17Florence Rouas
38:17si vous étiez un mot
38:18pour apaiser
38:19parce que vous êtes médiatrice
38:23accompagnée
38:24ouais
38:25vous le dites beaucoup ça
38:26je vous accompagne
38:27je le fais
38:28un maximum
38:29d'accord
38:29je crois que c'est ma passion
38:30donc c'est pas les mots
38:31c'est les actes
38:32oui c'est non
38:32c'est accompagnée par les mots
38:34par le regard
38:35par la douceur
38:37par la compréhension
38:38par l'empathie
38:38la vraie empathie
38:39se mettre à la place de l'autre
38:40sortir de sa propre lecture
38:42et essayer de
38:44de comprendre la lecture
38:46de l'autre
38:47de l'altérité
38:48Raphaël
38:49si vous étiez un personnage
38:50de Proust
38:50ah
38:53et bien
38:54ce serait soit
38:56le narrateur
38:57soit
38:58Swan
38:59bah oui
39:00voilà
39:00j'ai une grande
39:02immense tendresse
39:03vous êtes obligé de choisir
39:05alors
39:05si je dois choisir
39:07j'aime la position
39:09du narrateur
39:11à la fois
39:12omniprésent
39:12et fantomatique
39:14auquel
39:15j'essaierai de donner
39:17un peu cher
39:17à la rentrée
39:18au théâtre libre
39:20Florence Roy
39:21si vous étiez une plaidoirie célèbre
39:23j'accuse
39:24ah
39:25oui
39:26forcément
39:27forcément
39:28ça me touche à plein d'égards
39:30Raphaël
39:30si vous étiez vous
39:31dans 20 ans
39:32dans 20 ans
39:34je ne suis pas sûr
39:35d'y arriver
39:36mais
39:37si j'étais moi
39:38dans 20 ans
39:38qu'est-ce que je
39:39qu'est-ce que je
39:39que vous voyez
39:40où vous voyez-vous
39:41dans 20 ans
39:42ah
39:42où est-ce que je me vois
39:43dans 20 ans
39:44à ma table de travail
39:45à mon bureau
39:45au même endroit
39:46oui
39:46au même endroit
39:47en train d'écrire
39:48ce que je peux
39:49pour
39:50en espérant
39:51qu'il existe toujours
39:52des gens assez bons
39:53pour s'y intéresser
39:54voilà
39:54ça s'arrête là
39:55ou des gens qui lisent
39:56j'ai pas plus d'ambition
39:57que ça
39:58Florence Roy
39:59si vous étiez
39:59votre vous
40:00de 20 ans
40:02il y a 20 ans
40:03de 20 ans
40:04quand vous aviez 20 ans
40:05quand j'avais 20 ans
40:07je me sentirais
40:08plus libre
40:09de faire
40:11ce que j'ai vraiment
40:11envie de faire
40:12et d'être
40:13ce que j'ai envie d'être
40:14vous étiez pas assez libre
40:14à l'époque
40:14non j'étais un peu muselée
40:16je pense
40:16par une éducation
40:18des tabous
40:20voilà
40:20d'accord
40:22Raphaël
40:23si vous étiez
40:23votre plus grande fierté
40:26alors ça
40:26c'est une chose
40:27qui ne m'est jamais arrivée
40:29je serais bien en peine
40:30de vous le dire
40:32j'ai souvent été
40:33ma plus grande honte
40:35je n'ai jamais
40:36jusqu'à présent
40:37été ma plus grande fierté
40:39d'accord
40:39c'est toute la différence
40:40entre moi
40:40et le docteur Raoult
40:42il fallait bien
40:43que je le cite
40:44une fois
40:44à l'antenne de Sud
40:45il fallait bien
40:46qu'une fois
40:47ça vienne
40:48et vous Florence
40:49si vous étiez
40:50votre plus belle victoire
40:54ma plus belle victoire
40:55c'est d'avoir survécu
40:58d'une façon
40:59que je n'aurais pas pu imaginer
41:00un drame personnel
41:02d'accord
41:03la résilience
41:03quoi
41:03oui
41:06Raphaël
41:07est-ce que
41:07où est-ce que vous trouvez
41:08le silence
41:08quand tout devient bruyant
41:10le bruit
41:11ne m'empêche pas
41:13de trouver le silence
41:14parce que c'est pas
41:14la même chose
41:15le silence
41:16c'est l'idée
41:17que le monde
41:19ne nous parle pas
41:20c'est l'expérience
41:21de l'absurde
41:22donc ça ne vous arrive jamais
41:23bah si
41:23ça m'arrive tout le temps
41:25il est là tout le temps
41:26il est là tout le temps
41:26c'est à dire qu'en permanence
41:27je sais bien que les objets
41:28sont inanimés
41:29et que le monde
41:30n'est pas là pour me faire plaisir
41:31mais le monde
41:32il vous parle tous les jours
41:32Raphaël
41:33non non non
41:33il fait du bruit
41:34il fait du bruit
41:35mais il fait du bruit
41:36mais il est silencieux
41:37il ne nous parle pas
41:39Florence
41:40si vous incarniez la liberté
41:41que ou qui seriez-vous ?
41:43Robert Badinter
41:45hashtag Badinter
41:46hashtag Badinter
41:47Raphaël
41:48quelle est la phrase
41:48qui vous accompagne
41:49tous les jours
41:50ah
41:53soit l'ami du temps qui passe
41:55le futur et le passé
41:56te seront donnés par surcroît
41:58Clément Rosset
41:59très joli
42:00très joli
42:01très à point
42:03j'ai envie de dire
42:04voilà
42:04célébration de l'instant
42:05ouais
42:06vivons le moment présent
42:08Florence
42:08qu'avez-vous envie de dire
42:09pour finir
42:10tout simplement
42:11j'ai envie de dire
42:12aux gens
42:13de réfléchir
42:14de ne pas suivre la meute
42:17de ne pas croire
42:18tout ce que
42:19disent les journaux
42:22que ce qu'on dit
42:23sur Sud Radio
42:24voilà
42:24et voilà
42:26de se remettre en question
42:28c'est important
42:29de penser contre soi-même
42:31voilà
42:31pensons contre nous-mêmes
42:33voilà
42:33ça sera le fin mot
42:34de cette histoire
42:34restez avec nous
42:35pour Parlons de vous
42:36à tout de suite
42:38Sud Radio
42:39Parlons de vous
42:41Judith Bélair
42:42Parlons de vous
42:43parce que les plus belles réussites
42:44sont avant tout
42:45des aventures humaines
42:46et oui vous le savez
42:47avec nous pour cette dernière
42:48de l'année
42:48le directeur général du groupe
42:50In vivo
42:50Thierry Blandinière
42:51bonjour Thierry
42:52bonjour Judith
42:52plaisir de vous recevoir
42:53vous nous venez avec votre livre
42:55nourrir les raisons d'espérer
42:56pour l'agriculture française
42:57c'est sorti au Cherche Midi
42:59je le recommande d'ailleurs
43:00puisque vous donnez des tips
43:01en fait pour une agriculture
43:02qui va durer quoi
43:03c'est ça que vous faites
43:04c'est ça l'enjeu
43:05effectivement
43:05alors justement
43:06pour cette agriculture
43:07qui va durer
43:08qui va devenir durable
43:09ce que vous nous dites
43:10c'est que l'agriculture
43:11de demain
43:12elle est déjà là
43:13elle est déjà là
43:14elle est dans les cartons
43:15mais encore faut-il pouvoir
43:16déployer toutes ces nouvelles solutions
43:18alors certes il en manque
43:19parce que le monde parfait
43:20n'existe pas
43:21mais on peut aujourd'hui
43:22avancer très vite
43:23sur cette nouvelle agriculture
43:24dite régénératrice
43:25qualité des sols
43:26notamment
43:26qui sont très importantes
43:27et qui travaillent bien
43:28l'intérêt du bien commun
43:29donc pour ça
43:30il faut arriver à réconcilier
43:31toutes les oppositions
43:32aujourd'hui
43:32on sait que c'est des sujets
43:33qui sont très sensibles
43:34en France
43:35mais aussi dans le monde
43:36pour autant
43:37si je prends l'exemple
43:38de l'Allemagne
43:38qui a pris conscience
43:40effectivement
43:40qu'il fallait
43:41créer un consensus
43:42à l'Allemande
43:43et ils l'ont fait
43:44entre les écologistes
43:45allemands
43:45et les agriculteurs
43:46on sent qu'il y a une plateforme
43:47comment ils ont fait ?
43:48parce qu'on est incapable
43:49de le faire
43:49c'est la culture allemande
43:52ils l'ont fait
43:52dans le syndicalisme
43:53depuis très longtemps
43:54et là
43:55ils ont réussi à discuter
43:56en disant
43:57finalement tout ça
43:57il faut quand même
43:58arrêter de se tirailler
43:59parce qu'on est en train
44:01de déstabiliser
44:02notre patrimoine
44:03donc essayons de nous mettre
44:04autour du table
44:04et essayons de trouver
44:05le chemin de crête
44:06qui fait que finalement
44:07on va pouvoir développer
44:08une agriculture compétitive
44:09donc je pense qu'en France
44:10on est capable
44:11de faire la même chose
44:11même si on n'a pas
44:13les mêmes ADN
44:14la même culture
44:15mais vu les enjeux
44:16aujourd'hui
44:17à l'échelle planétaire
44:18c'est important
44:18de se mobiliser
44:19pour la future génération
44:21donc la souveraineté
44:22c'est essentiel
44:23donc travaillons
44:24sur cette nouvelle
44:24agriculteur ensemble
44:25trouvons des financements
44:26et puis avançons
44:27et faisons confiance
44:28aussi à nos agriculteurs
44:29qui ont le bon sens
44:29paysan
44:30on peut le dire comme ça
44:30ça c'est un mot important
44:31pour vous ça
44:32mais oui
44:32les agriculteurs
44:33comprennent très très bien
44:34ce qui se passe
44:35et donc il faut leur donner
44:36les moyens
44:37d'accélérer cette transformation
44:39parce que si on s'est financé
44:42cette transformation
44:43de la ferme France
44:44les agriculteurs vont s'engager
44:45massivement
44:46on aura des résultats
44:47incroyables
44:47parce que ça coûte
44:48quand même très cher
44:48parce que ça coûte
44:49donc il faut une aide
44:50on a fait une étude
44:51résilience 2050
44:52qui montre
44:53quelque part en 2050
44:54ce que va devenir
44:54la ferme France
44:55avec les impacts climatiques
44:56les impacts sociétaux
44:57environnementaux
44:58mais finalement
44:59tout ça sont des charges
45:00qui pèsent sur l'agriculteur
45:01il faut qu'on lui apporte
45:02des solutions
45:03donc il faut trouver
45:04des investissements
45:05ça a été chiffré
45:06je crois que c'est 12 milliards
45:07d'euros
45:07qu'on doit trouver
45:08pour accélérer
45:09la transformation
45:10effectivement
45:11de notre ferme France
45:12et cette transition
45:13justement agricole
45:14il faut le dire
45:15vous le dites
45:15d'ailleurs
45:16l'agriculture
45:16c'est une solution climatique
45:17c'est pas qu'un problème
45:19justement
45:19si c'est fait correctement
45:21en fait
45:21l'agriculture
45:22notamment le végétal
45:23c'est aussi une solution
45:24au réchauffement climatique
45:25parce que ça devient
45:26un puits de carbone
45:27et ça permet de capter
45:28au sol
45:28des carbones
45:29donc de participer
45:30à la décarbonation
45:31de l'air
45:32et donc de la région
45:33et donc de la France
45:34et donc ça
45:34il faut aussi l'intégrer
45:36dans le principe
45:37d'une nouvelle agriculture
45:37demain
45:38qui sera potentiellement
45:39décarbonée
45:39donc il faut travailler
45:40là-dessus
45:41on a des solutions
45:42on peut travailler aussi
45:42avec des engrais
45:43dits décarbonés
45:44on peut travailler aussi
45:45avec un schéma
45:45de rotation de culture
45:46qui est que finalement
45:47on va capter de plus en plus
45:48de carbone
45:49régénérer les sols
45:50travailler la biodiversité
45:52dans les sols
45:52et être compétitif
45:53et avoir un prix compétitif
45:55parce que aussi
45:55le pouvoir d'achat est là
45:56Thierry Blandina
45:57quand on vous écoute
45:57on se dit que c'est simple
45:58finalement
45:59rien n'est simple
46:00mais quand on a
46:01des idées simples
46:02c'est plus facile à expliquer
46:03la question c'est
46:04comment on les traduit
46:05maintenant
46:05donc ça c'est le gouvernement
46:07maintenant
46:07et donc comment nous
46:08mais aussi opérateurs
46:09Vivo et d'autres
46:10on est là aussi pour agir
46:11c'est une coalition
46:12entre les politiques publiques
46:14les industriels
46:16les coopératives
46:17le consommateur
46:18la distribution
46:19il faut réfléchir ensemble
46:20à créer ces filières
46:21très compétitives
46:22ce qui permettra
46:23de produire plus
46:24mieux et durable
46:24de réduire nos importations
46:26parce qu'on importe
46:28des produits pas chers
46:28mais qui respectent
46:29pas du tout
46:30les normes
46:32peut-être même
46:33quelques taxes
46:34justement pour freiner
46:35ces importations
46:36pour financer
46:36une partie de ces nouvelles
46:38agricultures françaises
46:38et européennes
46:39alors tout ça
46:40ne serait pas possible
46:41sans la révolution
46:42de l'intelligence artificielle
46:44finalement aussi
46:45alors l'IA
46:46les datas c'est essentiel
46:47parce que quand on parle
46:47de l'agriculture de précision
46:48aujourd'hui
46:49au niveau de qualité des sols
46:50il faut être en capacité
46:51de comprendre
46:52quel est le potentiel
46:53agronomique d'une parcelle
46:54pour que l'agriculteur
46:54dise là je n'ai pas besoin
46:55d'arroser plus que ça
46:56ou de mettre des engrais
46:57parce que ma parcelle
46:59va générer un rendement
47:00à l'hectare
47:01tout à fait compétitif
47:01donc préserver notre revenu
47:03et donc du coup
47:04l'IA va nous permettre
47:06de piloter de plus en plus
47:07cette agriculture de précision
47:08et de rassurer
47:09notre agriculteur
47:10qui va dépenser moins
47:11en engrais
47:12dépenser moins en eau
47:13être beaucoup plus sobre
47:14donc améliorer son revenu
47:15rester compétitif
47:17et rentrer dans un cercle vertueux
47:18donc ce qui est intéressant
47:19c'est que pour l'agriculteur
47:20il ne va pas être remplacé
47:22par l'IA
47:22ça va devenir un outil
47:23absolument incontournable
47:25et qui va lui permettre
47:25de mieux cultiver
47:26et de mieux nous nourrir
47:28l'IA c'est ce qu'on appelle
47:29l'agriculteur augmenté
47:30c'est-à-dire qu'il aura
47:31toute la technique
47:32pour aller beaucoup plus vite
47:33être plus efficace
47:34un exemple sur le côté administratif
47:37un agriculteur
47:38aujourd'hui il passe
47:38une demi-journée par semaine
47:39à remplir des papiers
47:41sur le digital
47:41donc du coup tout ça
47:42avec l'IA
47:42ça sera complètement sous-traité
47:44ça va lui dégager du temps
47:45faciliter la tâche administrative
47:47ce qui n'est pas rien
47:47pour se concentrer
47:48sur la tâche productive
47:49c'est ça son métier
47:51et alors finalement
47:53aujourd'hui
47:54il faut changer d'échelle
47:55et penser
47:56on va dire
47:57futur
47:57c'est-à-dire
47:58penser plus positivement
47:59aussi
48:00finalement
48:00compte tenu
48:02de cette époque
48:03si on se projette
48:03dans le négatif
48:04on n'en sortira pas
48:05il faut positiver
48:06on a des solutions
48:07on a la chance
48:07d'avoir une ferme France
48:08qui est là
48:09qui est debout
48:09il faut lui donner
48:10les moyens
48:11et qui fonctionnent
48:12donc je dirais
48:13que le coût de l'inaction
48:14c'est-à-dire
48:14si on n'en fait rien
48:15va coûter plus cher
48:15que le coût de l'action
48:16aujourd'hui
48:17c'est-à-dire qu'il faut
48:17se mettre en mouvement
48:18parce que du coup
48:19on va subir
48:19et demain on va rembourser
48:21et on se rend
48:21dans une spirale négative
48:22si on est capable
48:23d'investir massivement
48:25dès maintenant
48:26ça coûtera beaucoup moins cher
48:27que de ne rien faire
48:28merci beaucoup
48:29Thierry Blandinière
48:29je rappelle que vous êtes
48:30directeur général
48:31du groupe Indivo
48:32qui est la première
48:33coopérative agricole française
48:35je recommande votre livre
48:37Nourrir
48:37les raisons d'espérer
48:38pour l'agriculture française
48:40c'est au Cherche-Midi
48:40c'est un plaidoyer positif
48:42pour notre agriculture
48:43et ça fait du bien
48:44c'est écrit
48:45beaucoup d'espoir
48:46lisez-le
48:46je vous le recommande
48:47on y va tous ensemble
48:48merci beaucoup
48:49c'était excellent
48:50merci encore à tous les deux
48:51Raphaël Antoven
48:52merci avec plaisir
48:53c'était un bonheur
48:54de partager avec vous
48:54Raphaël
48:55vous êtes au Théâtre Libre
48:56le 1er octobre
48:57dans votre spectacle
48:58à la recherche de Marcel
48:59c'est mis en scène
48:59par Xavier Galès
49:00c'est à 19h
49:01et c'est jusqu'en janvier
49:02au moins
49:02je suis absolument
49:04terrifié par cette perspective
49:05on adore
49:06franc-tireur en kiosque
49:08tous les mercredis
49:08l'Albatros
49:09édité aux édits
49:10en observatoire
49:10c'est en librairie
49:11je pop donc je suis
49:13c'est à trouver
49:13sur la plateforme
49:13Explore
49:14je crois que c'est pas
49:14loin de Prime
49:15enfin c'est trouvable
49:16voilà
49:17maître Florence Rouaz
49:18pour vous contacter
49:19c'est pas compliqué
49:19c'est www.avocat-du-6
49:23rouaz-lbaz-is
49:24à la fin.com
49:25il y a votre portable
49:26qui est dispo
49:27pour les urgences
49:27je tiens à le dire
49:28donc si vous avez un problème
49:29c'est un site très bien fait
49:32je suis d'accord
49:33voilà
49:33merci à vous
49:34chères auditrices
49:35chers auditeurs
49:36d'être avec nous
49:36chaque dimanche à 19h
49:37pour cet excellent
49:38sur Sud Radio
49:38c'est la dernière de l'année
49:40je suis très contente
49:41de vous retrouver
49:41dès septembre
49:42et puis cet été
49:43n'oubliez pas
49:43les vraies voix
49:44du 27 juillet au 14 août
49:46et puis il y a toujours
49:47Parlons Femmes aussi
49:48qui reprendra
49:49dès le mois de septembre
49:49merci à Jeanne Ouchane
49:51pour la réalisation
49:52je vous embrasse
49:53à bientôt
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