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Au programme de cette nouvelle édition de "En direct du Sénat" : les premières auditions de la commission d’enquête sur le scandale du périscolaire «¿Il y a des prédateurs dans nos écoles sur tout le territoire », alertent les collectifs de victimes. Également à la une cette semaine, le Sénat qui s’empare du projet de loi d’urgence agricole avec le retour du débat sulfureux sur l’utilisation des néonicotinoïdes, que la droite au Sénat entend réintégrer au texte contre l’avis du gouvernement. Et enfin, le PDG de Dassault aviation, qui produit le Rafale, était auditionné au Sénat, notamment pour évoquer l’abandon du SCAF, cet avion de combat franco-allemand. "Le plan B, c’est un super-Rafale", a dit Eric Trappier. ¿ Année de Production :
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00:00:01Générique
00:00:12Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition en direct du Sénat,
00:00:15votre programme qui revient tous les jeudis sur les temps forts de l'actualité de la Chambre haute du Parlement.
00:00:20Voici les titres cette semaine.
00:00:21A la une, il y a les premières auditions de la nouvelle commission d'enquête sur le péri-scolaire.
00:00:26Il y a des prédateurs dans nos écoles sur tout le territoire, alerte les collectifs de victimes.
00:00:31Également à la une, cette semaine, le Sénat qui s'empare du projet de loi d'urgence agricole,
00:00:36avec le retour du débat sulfureux sur l'utilisation des néonicotinoïdes que la droite au Sénat
00:00:41entend réintégrer au texte contre l'avis du gouvernement.
00:00:44Et enfin, le PDG de Dassault Aviation qui produit le Rafale.
00:00:48Il était auditionné au Sénat notamment pour évoquer l'abandon du SCAF, cet avion de combat franco-allemand.
00:00:54Le plan B, c'est un super rafale, a dit Eric Trappier.
00:01:01Mais d'abord donc, la commission d'enquête du Sénat consacrée à la prévention au traitement des violences dans le
00:01:07péri-scolaire.
00:01:08Elle démarrait ses travaux hier par les auditions de représentants de collectifs de familles et de victimes.
00:01:13Voyez ces extraits préparés pour Public Sénat par Mathilde Notarelli et Chloé Vaquette.
00:01:16Sur l'état des lieux, sur la cartographie, aujourd'hui, les chiffres que je peux vous donner qui ont été
00:01:22établis par nos bureaux,
00:01:27ils se comptabilisent depuis janvier 2005, donc jusqu'à ce jour, à savoir le 1er juillet 2026.
00:01:34Nous avons reçu à ce jour 650 demandes d'aide sur ces 18 mois.
00:01:40Il y en a à peu près une soixantaine qui concernent le péri-scolaire, donc on est environ 10%.
00:01:47À date, nous sommes constitués partie civile, l'association seulement, pas nécessairement les avocats qui accompagnent les familles.
00:01:53Ça, j'y reviendrai, c'est un peu différent.
00:01:55Nous avons aujourd'hui une quinzaine de constitutions de partie civile,
00:01:58et je vois que certaines qui sont à mon cabinet ne sont pas encore comptabilisées,
00:02:01parce que nous en avons beaucoup, et en ce moment, qui se multiplient.
00:02:07Et donc, nous avons, dans le cadre de ces dossiers, environ une soixantaine d'enfants qui sont concernés.
00:02:14Alors, c'est vrai qu'au sein de l'association Innocence en danger, on a deux particularités,
00:02:21c'est-à-dire qu'on travaille de manière un petit peu différente.
00:02:25Soit on propose une assistance juridique de manière individuelle aux familles qui nous contactent,
00:02:32et pour lesquelles vous avez des avocats du comité juridique qui se proposent de les accompagner.
00:02:39Et ensuite, nous avons une dimension, on va dire, un petit peu plus institutionnelle,
00:02:42qui consiste pour l'association à se constituer partie civile dans le cadre de ces affaires,
00:02:49souvent quand elles sont à l'instruction,
00:02:51pour lesquelles l'avocat n'a pas nécessairement toujours de personne physique à titre individuel,
00:02:58enfin de partie civile, personne physique.
00:03:01On essaye de plus en plus d'avoir justement cette double casquette,
00:03:05à savoir représenter des enfants et leur famille, et puis aussi représenter l'association.
00:03:11C'est un travail qui est très différent,
00:03:13parce que dans nos cabinets, lorsque l'on représente une famille,
00:03:18on doit représenter cette famille.
00:03:20Et donc, notamment sur nos démarches auprès des juges d'instruction,
00:03:23notre démarche n'est pas la même lorsque nous représentons l'association
00:03:27où nous, nous avons vocation à ce que la majorité des victimes puissent être connues,
00:03:33et donc nous allons faire des demandes d'actes en ce sens,
00:03:35des demandes d'actes qui sont censées élargir le champ des investigations,
00:03:40et pas seulement se contenter d'investiguer sur les victimes qui auraient été déjà identifiées,
00:03:46et notamment, on le voit dans la plupart des dossiers,
00:03:48ce sont d'ailleurs les auteurs qui vont donner, une fois qu'ils sont confondus,
00:03:53le nom de certaines victimes, pensant peut-être que les investigations s'arrêteront là.
00:03:58C'est là qu'il y a un travail important à mener,
00:04:01parce que selon la charge des parquets, selon la charge des doyens des juges d'instruction,
00:04:08vous n'avez absolument pas les mêmes moyens qui sont déployés.
00:04:11Vous avez certaines instructions qui sont particulièrement bien faites,
00:04:15avec des moyens très importants, où vous allez avoir des enquêteurs qui vont se déplacer au sein des écoles,
00:04:21qui vont procéder à des dizaines, voire des centaines d'auditions.
00:04:24Et puis vous avez des départements, des zones où on manque de moyens,
00:04:29notamment aujourd'hui à Paris, c'est-à-dire que ce n'est pas une mauvaise volonté,
00:04:32je pense, de la part du parquet de Paris,
00:04:34c'est juste qu'aujourd'hui, les moyens qui sont donnés,
00:04:36à savoir à ceux de la brigade de protection des mineurs,
00:04:39ne sont pas suffisants pour faire face aujourd'hui à la déflagration que nous connaissons.
00:04:44Dès lors, ce qu'on peut observer, nous, sur cette cartographie,
00:04:49un petit peu de ce qui se passe au sein de ces affaires judiciaires,
00:04:54c'est que nous avons des investigations qui ne sont pas nécessairement poussées jusqu'où elles devraient être.
00:04:59Donc on a, si vous voulez, un petit peu dans le cadre de l'association,
00:05:02on a pu traiter de dossier, on va dire, témoin,
00:05:04c'est-à-dire vraiment le dossier dans lequel on a pu mettre tous les moyens d'enquête,
00:05:08de manière à ce que, quand on referme ce dossier,
00:05:10quand la personne mise en cause se retrouve devant une cour d'assises
00:05:14ou devant une cour criminelle départementale maintenant,
00:05:17nous avions, pour certaines, la quasi-certitude
00:05:21que l'ensemble des enfants qui avaient été victimes des personnes mises en cause
00:05:27étaient... les enfants étaient tous identifiés.
00:05:30Aujourd'hui, je pense que nous en sommes loin
00:05:33parce que vous avez effectivement un manque de moyens,
00:05:36notamment sur Paris, un manque de moyens humains
00:05:38pour pouvoir traiter correctement ces affaires.
00:05:42Alors, je ne veux pas être très longue
00:05:44parce que je sais qu'on va pouvoir échanger.
00:05:46Je voudrais revenir sur deux points.
00:05:49Le premier point, c'est le point de départ, si vous voulez,
00:05:54de la connaissance de ce phénomène, entre guillemets,
00:05:58de violences sexuelles systémiques,
00:05:59enfin, de ce qu'on peut identifier comme étant systémique,
00:06:03c'est-à-dire plus des cas individuels qui sont portés à notre connaissance.
00:06:06Nous, on le situe environ dans les années 2018
00:06:10où nous avons les premières affaires du périscolaire parisien
00:06:15au sein des écoles de Paris-Centre.
00:06:17Voilà.
00:06:18Il se trouve qu'à ce moment-là,
00:06:20quand les familles contactent l'association,
00:06:22c'est un cri d'alerte, c'est un cri de détresse
00:06:26de ces familles pour lesquelles elles comprennent très rapidement
00:06:30au regard de la manière dont les investigations vont être menées
00:06:33et du discours qui leur est tenu,
00:06:34c'est qu'on va très rapidement s'orienter vers un classement sans suite.
00:06:38Donc, vous avez un collectif de parents
00:06:41qui, évidemment, se retrouvent totalement désemparés,
00:06:45se demandent comment c'est possible
00:06:46et donc se tournent vers les associations
00:06:49pensant qu'on nous auront
00:06:50et que les avocats de ces associations
00:06:52auront peut-être une force de frappe un peu plus importante.
00:06:55parce qu'il est vrai.
00:06:56Pour autant, on peut l'observer
00:06:58parce qu'on a cette casquette d'avocats d'association
00:07:00et aussi dans nos cabinets individuels.
00:07:03Je ne sais pas si mon confrère pourra le confirmer,
00:07:05mais c'est effectivement, à un moment donné,
00:07:08de se retrouver de manière très isolée
00:07:10quand on représente chaque parent
00:07:12parce que vous avez la détresse de ces parents,
00:07:15de ce dossier sur lequel, pour l'enfant en question,
00:07:17il peut y avoir un manque d'éléments matériels.
00:07:21Voilà.
00:07:21Donc, ça, c'est pour ça qu'aujourd'hui,
00:07:24nous sommes très contents de pouvoir être conviés
00:07:26à cette table ronde,
00:07:27mais c'est surtout de dire que, voilà,
00:07:28ça fait presque 10 ans maintenant
00:07:30que nous sommes au courant de ce qui s'y passe.
00:07:33Cette affaire avait déjà été révélée par la presse.
00:07:36Très vite, on n'en a plus entendu parler.
00:07:38Voilà.
00:07:39Donc, aujourd'hui,
00:07:39et je vous parle de ça dans les années 2018.
00:07:44Rapidement,
00:07:44sur ce qu'attend Innocence en danger,
00:07:48c'est évidemment d'avoir...
00:07:51de pouvoir établir une responsabilité partagée,
00:07:54une réponse coordonnée.
00:07:55Je ne vais pas détailler ce qu'on attend
00:07:57parce que j'imagine que c'est quelque chose
00:07:58sur lequel on va échanger.
00:07:59Mais vraiment,
00:08:01si je devais retenir deux choses
00:08:03qui tiennent particulièrement à cœur
00:08:05de la présidente qui entend beaucoup de familles
00:08:08et qui est sollicitée de manière quotidienne
00:08:10par ses familles,
00:08:11la première chose,
00:08:12c'est vraiment qu'on se penche
00:08:14de manière très efficace
00:08:16sur la question des fichiers.
00:08:17D'accord ?
00:08:18Donc, je pense qu'on y reviendra
00:08:19tous plus en détail.
00:08:21Je ne vais pas le détailler tout de suite.
00:08:22Mais vraiment,
00:08:23cette question des fichiers
00:08:23qui est, je crois, fondamentale
00:08:25pour être dans un outil
00:08:26et de prévention
00:08:27et aussi de réponse
00:08:29et d'identification du danger.
00:08:31Donc, ça, vraiment,
00:08:31c'est un élément
00:08:32sur lequel nous souhaiterions
00:08:33vraiment pouvoir échanger.
00:08:35Et également,
00:08:37sur la nécessité
00:08:38d'avoir une vraie
00:08:41coordination territoriale
00:08:44sur cette stratégie
00:08:46départementale
00:08:47de protection
00:08:47des enfants
00:08:49au sein du périscolaire
00:08:50avec cette double casquette
00:08:51d'éducation nationale,
00:08:53etc.,
00:08:53avec une coordination
00:08:55qui pourrait être menée
00:08:56et par le préfet
00:08:57et par le parquet.
00:08:59Si c'est une proposition
00:09:00qui vous intéresse,
00:09:01je le développerai.
00:09:01Mais voilà,
00:09:02je laisse la parole
00:09:05aux membres du collectif
00:09:06MeToo École
00:09:06pour ne pas me perdre
00:09:07dans les détails.
00:09:08Merci.
00:09:10Madame.
00:09:12MeToo École,
00:09:13Madame Zerouali.
00:09:14Oui, bonjour.
00:09:16Alors,
00:09:17Madame la rapporteure,
00:09:19Mesdames les sénatrices,
00:09:20merci de nous recevoir
00:09:21aujourd'hui.
00:09:24MeToo École
00:09:25est née d'un choc,
00:09:26d'un vide,
00:09:27d'une urgence.
00:09:28Le choc,
00:09:29c'est le 11 avril 2025.
00:09:31Des parents
00:09:32de la maternelle
00:09:32Alphonse Baudin
00:09:33à Paris 11e arrondissement
00:09:35découvrent que l'impensable
00:09:37peut arriver dans un lieu
00:09:38que nous considérons tous
00:09:40comme l'un des plus sûrs,
00:09:41l'école.
00:09:43Le vide,
00:09:44c'est ce qui arrive ensuite.
00:09:45Quand une famille
00:09:46cherche à comprendre
00:09:47ce qui est arrivé,
00:09:48quand elle cherche
00:09:49à savoir qui alerter,
00:09:51quand elle cherche
00:09:52à savoir comment protéger
00:09:53son enfant,
00:09:54personne ne lui répond.
00:09:55Quand les familles demandent
00:09:57qui pilote,
00:09:57qui centralise,
00:09:58qui informe,
00:09:59qui protège,
00:09:59la réponse n'existe pas.
00:10:01Nous avons compris alors
00:10:03que nous n'étions pas face
00:10:04à un cas isolé,
00:10:05nous étions face
00:10:06à un angle mort national.
00:10:08C'est de cette faille-là
00:10:09que MeToo Ecole est née.
00:10:11On sait tous
00:10:12que la majorité
00:10:12des violences faites aux enfants
00:10:13se font dans le cadre familial,
00:10:15c'est vrai,
00:10:16mais il existe de plus en plus
00:10:17de structures et d'associations
00:10:18qui peuvent aider
00:10:19les familles désemparées,
00:10:20même si elles manquent
00:10:21encore cruellement de moyens.
00:10:23Sur les violences physiques,
00:10:24morales ou sexuelles
00:10:25faites aux enfants
00:10:25dans le cadre scolaire
00:10:26et périscolaire,
00:10:28il n'existait presque rien
00:10:29pour les familles,
00:10:30pas d'interlocuteur évident,
00:10:31pas de parcours clair,
00:10:32pas d'appui médical
00:10:33ou juridique facilité.
00:10:36C'est de ce vide
00:10:41que MeToo Ecole
00:10:43est officiellement née
00:10:45le 20 novembre 2025,
00:10:47Journée internationale
00:10:48des droits de l'enfant.
00:10:50Dès lors,
00:10:51d'autres familles,
00:10:51victimes ou non,
00:10:53des professionnels de l'enfance,
00:10:55des experts médicaux
00:10:56et juridiques
00:10:56nous ont rejoints,
00:10:57notamment l'Alliance des avocats
00:10:59pour les droits de l'homme
00:11:00représentés aujourd'hui
00:11:02par maître de la carte.
00:11:04C'est de cette urgence
00:11:05de protéger les enfants
00:11:06au sein de l'école
00:11:07que MeToo Ecole
00:11:08est née d'abord en collectif
00:11:10et maintenant
00:11:11en tant qu'association
00:11:12loi 1901.
00:11:14Et parce qu'un problème systémique
00:11:16appelle une réponse nationale,
00:11:17nous avons décidé
00:11:18de médiatiser ces faits graves
00:11:19pour que les médias
00:11:21et les politiques
00:11:22s'emparent du sujet
00:11:23avant les élections municipales
00:11:24et présidentielles.
00:11:27Le 24 novembre,
00:11:28notre première tribune
00:11:29publiée dans la grande enquête
00:11:30sur le péril scolaire
00:11:32dans le magazine Elle
00:11:33permet de faire entrer
00:11:34ce sujet dans le débat public
00:11:36et tout s'accélère
00:11:37avec la publication
00:11:38dans la tribune
00:11:39du dimanche
00:11:40d'un extrait
00:11:40de notre lettre
00:11:42envoyée au président
00:11:43de la République
00:11:43le 5 décembre.
00:11:45Aujourd'hui,
00:11:46notre association
00:11:47est un interlocuteur
00:11:48reconnu par tous
00:11:49les acteurs publics.
00:11:50Notre action repose
00:11:51sur trois piliers.
00:11:53Révéler les faits,
00:11:54accompagner les familles
00:11:55et porter des propositions
00:11:57concrètes auprès
00:11:58des pouvoirs publics.
00:11:59Aujourd'hui,
00:12:00MeToo Ecole,
00:12:01c'est une association
00:12:02de 20 bénévoles
00:12:04organisée en Talsforce.
00:12:06Une première d'entre elles,
00:12:07c'est notre cellule d'écoute.
00:12:09Il y avait urgence.
00:12:10Nous recevons environ
00:12:1115 appels par semaine
00:12:13de la France entière.
00:12:14Et un appel,
00:12:15ce n'est pas 5 minutes,
00:12:16pas une heure,
00:12:16c'est parfois
00:12:17une heure et demie,
00:12:18voire deux heures.
00:12:18Ce sont des parents
00:12:19désemparés,
00:12:21des grands-parents inquiets,
00:12:22des enseignants
00:12:23ou des animateurs
00:12:24lanceurs d'alerte,
00:12:25parfois lâchés,
00:12:26mis à l'écart
00:12:28ou eux-mêmes
00:12:29confrontés
00:12:29à l'omerta institutionnelle.
00:12:32Ce que nous entendons
00:12:33semaine après semaine,
00:12:35ce ne sont pas seulement
00:12:36des récits de violences,
00:12:37ce sont des récits
00:12:38de solitude institutionnelle.
00:12:40Sur l'état des lieux,
00:12:41il faut être clair,
00:12:42il n'existe pas aujourd'hui
00:12:44une cartographie officielle,
00:12:45nationale et indépendante
00:12:47des violences commises
00:12:49dans le cadre périscolaire.
00:12:50Cette absence de données
00:12:51est déjà un constat politique.
00:12:52Elle empêche de mesurer,
00:12:54de piloter,
00:12:55donc de protéger.
00:12:56Et vous le savez,
00:12:57en France,
00:12:58ce sont 160 000 enfants
00:12:59victimes de violences sexuelles
00:13:01chaque année,
00:13:02un enfant sur trois,
00:13:04un enfant toutes les trois minutes.
00:13:0640 % de ces violences
00:13:08se passent à l'école
00:13:09ou dans des institutions
00:13:10périscolaires.
00:13:12Or, cette partie
00:13:13est mal mesurée.
00:13:15Et tant qu'elle ne sera pas mesurée
00:13:17par une autorité indépendante,
00:13:19elle restera sous-évaluée.
00:13:21Une preuve,
00:13:22s'il en faut une,
00:13:23la situation du périscolaire
00:13:24à Paris,
00:13:25où les chiffres donnent
00:13:26déjà la mesure
00:13:27du basculement.
00:13:28En novembre 2025,
00:13:30selon les chiffres
00:13:30de la mairie de Paris,
00:13:3188 agents
00:13:32avaient été suspendus
00:13:34sur trois ans,
00:13:35dont 53
00:13:36pour des faits
00:13:37à caractère sexuel.
00:13:39On nous a répété
00:13:40qu'il s'agissait
00:13:41d'une moyenne nationale
00:13:42et qu'il ne fallait pas
00:13:42s'affoler.
00:13:44Depuis janvier 2026,
00:13:46ce sont 132 animateurs
00:13:47suspendus,
00:13:48dont 52
00:13:49pour suspicion
00:13:50de violences sexuelles.
00:13:52La procureure de Paris
00:13:53a elle-même
00:13:54reconnu ce problème
00:13:55avec l'annonce
00:13:56en mai dernier
00:13:57de 84 écoles maternelles,
00:14:00une vingtaine
00:14:00d'élémentaires
00:14:01et une dizaine
00:14:01de crèches
00:14:03en disant
00:14:03que ça faisait
00:14:04l'objet d'une enquête
00:14:05et que tous
00:14:06les arrondissements
00:14:07de Paris
00:14:07étaient concernés.
00:14:09Donc non.
00:14:10Ce que nous révélons
00:14:11depuis novembre 2025,
00:14:12ce n'est pas
00:14:13un bruit militant,
00:14:14c'est un signal
00:14:15d'alerte,
00:14:16c'est un scandale
00:14:17d'État.
00:14:17Dans les dossiers
00:14:18que nous accompagnons,
00:14:19nous retrouvons toujours
00:14:20les mêmes barrières
00:14:21qui faillissent.
00:14:22La prévention,
00:14:24le recrutement,
00:14:24le contrôle,
00:14:25le signalement,
00:14:26la protection immédiate
00:14:28et le retour
00:14:29d'expérience.
00:14:30C'est cela
00:14:31que nous appelons
00:14:32un système,
00:14:33un problème systémique,
00:14:34pardon.
00:14:34Pas une faute isolée,
00:14:36mais une chaîne
00:14:36de protection
00:14:37qui ne tient pas.
00:14:38L'immense majorité
00:14:40travaille avec engagement,
00:14:41souvent dans
00:14:41des conditions difficiles.
00:14:43Mais un système
00:14:44de protection
00:14:44ne peut pas reposer
00:14:45uniquement sur la bonne
00:14:47volonté individuelle.
00:14:48Il doit reposer
00:14:49sur des règles,
00:14:50des contrôles,
00:14:51une formation,
00:14:52une traçabilité,
00:14:53des protocoles connus
00:14:54de tous
00:14:55et une vraie culture
00:14:56de prévention du risque.
00:14:58Ce que nous demandons
00:14:59aujourd'hui est très concret.
00:15:01Un enfant ne devrait
00:15:02jamais avoir peur
00:15:03d'aller à l'école.
00:15:04Un enfant ne devrait
00:15:05jamais avoir à prouver
00:15:07qu'il a été en danger
00:15:08pour être protégé.
00:15:11La société civile
00:15:13se réveille enfin.
00:15:14Mais elle se réveille
00:15:15à un prix.
00:15:16Il a fallu
00:15:17un MeToo-école
00:15:17pour accompagner
00:15:18des centaines de parents
00:15:19plongés dans une détresse
00:15:20absolue,
00:15:21pour alerter la presse
00:15:23à la hauteur de l'enjeu,
00:15:24pour mettre l'État,
00:15:25les collectivités
00:15:26et les institutions
00:15:27face à leurs responsabilités.
00:15:29Aujourd'hui,
00:15:30les choses bougent.
00:15:31La ville de Paris
00:15:32ouvre une mission
00:15:33d'évaluation.
00:15:34L'Assemblée nationale
00:15:34s'est saisie du sujet
00:15:35et le Sénat
00:15:37nous auditionne aujourd'hui.
00:15:38parce qu'un enfant
00:15:40est né
00:15:41ni de droite
00:15:41ni de gauche.
00:15:42Un enfant doit être protégé
00:15:44partout et par tous.
00:15:46Malheureusement,
00:15:46même sur des affaires
00:15:47récentes
00:15:48qui remontent
00:15:49dans les cabinets individuels
00:15:50ou même au sein
00:15:51de l'association,
00:15:52vous avez tous ces parents
00:15:54qui dénoncent
00:15:54encore une fois
00:15:55cette absence d'information.
00:15:56C'est-à-dire qu'à un moment donné,
00:15:58on a connaissance
00:15:59de qu'il se serait passé
00:16:00quelque chose,
00:16:01un animateur
00:16:01qui est suspendu.
00:16:03Pour autant,
00:16:04vous n'avez absolument
00:16:04aucune information.
00:16:05Et d'ailleurs,
00:16:06je vais même plus loin,
00:16:07même au sein
00:16:08de l'école.
00:16:09Aujourd'hui,
00:16:10vous avez ce personnel
00:16:11périscolaire
00:16:11qui le regrette,
00:16:12c'est-à-dire qu'ils vous disent
00:16:13« nous, on ne sait pas
00:16:14ce qui se passe ».
00:16:15Je vais vous donner
00:16:16l'exemple
00:16:17qui concerne
00:16:18un dossier
00:16:18que j'ai suivi
00:16:19très récemment
00:16:20d'une petite fille
00:16:21qui a subi
00:16:21des violences
00:16:22pour lequel
00:16:23la remontée d'informations
00:16:24s'est faite
00:16:25extrêmement rapidement.
00:16:26Une plainte
00:16:27a été déposée,
00:16:28l'agent a été mis à pied
00:16:29tout de suite
00:16:30par la mairie de Paris.
00:16:32Cette affaire
00:16:33a fait l'objet
00:16:34d'un classement sans suite
00:16:34pour lequel les parents
00:16:36ont été informés
00:16:37parce qu'ils ont fait,
00:16:38eux,
00:16:39la démarche
00:16:39de se demander
00:16:40où en était
00:16:40cette procédure.
00:16:42Évidemment,
00:16:43ils se sont ensuite
00:16:43tournés vers l'école
00:16:44pour savoir
00:16:44s'il y avait eu
00:16:45des informations.
00:16:46La réponse était
00:16:47non.
00:16:48toute la question
00:16:49étant maintenant
00:16:49de savoir
00:16:50quid de la suspension
00:16:52de cet agent
00:16:52puisqu'il y a eu
00:16:54un classement sans suite.
00:16:55Les parents
00:16:55n'ont absolument
00:16:56aucune information.
00:16:57C'est vrai
00:16:58qu'on en revient
00:16:59sur cette question
00:17:01de la circulation
00:17:02de l'information,
00:17:03de la nécessité
00:17:03de trouver des outils.
00:17:04Aujourd'hui,
00:17:05je pense que c'est
00:17:06quand même
00:17:06à l'ère du numérique
00:17:07parce que là,
00:17:09notamment,
00:17:10l'intelligence artificielle
00:17:12va pouvoir nous aider
00:17:13et peut-être
00:17:13nous faire gagner
00:17:14du temps
00:17:15pour regrouper
00:17:16ces informations
00:17:17parce que
00:17:18dans tous les drames
00:17:19que nous connaissons
00:17:20de la protection
00:17:20de l'enfance,
00:17:21qu'il s'agit
00:17:22des violences sexuelles
00:17:23au sein des écoles
00:17:24ou même de manière générale
00:17:25tous les drames
00:17:26que nous connaissons,
00:17:27on se rend compte
00:17:28de manière systématique
00:17:30que s'il y avait eu
00:17:31des recoupements
00:17:32d'informations,
00:17:32des remontées
00:17:33d'informations,
00:17:34nous n'aurions pas
00:17:34ces drames.
00:17:35Donc,
00:17:36c'est pour ça que là,
00:17:36je pense que nous sommes
00:17:37tous d'accord
00:17:38et c'est des propositions
00:17:39que nous formulons
00:17:40mais que vraiment,
00:17:41c'est un cri
00:17:41que nous avons,
00:17:43c'est de dire
00:17:44il faut pouvoir avoir
00:17:45un contrôle
00:17:46pas seulement à l'entrée,
00:17:48pas seulement au moment
00:17:49du recrutement,
00:17:50on doit avoir
00:17:50un contrôle permanent,
00:17:52quasi annuel
00:17:53et puis,
00:17:54on doit pouvoir aussi
00:17:57contrôler les personnes
00:17:58qui vont rentrer
00:17:58dans nos écoles.
00:17:59Bonjour Agnès Séverine,
00:18:01sénatrice LR de Paris,
00:18:02on vous a beaucoup vu
00:18:03lors de cette audition,
00:18:04la première de votre
00:18:05commission d'enquête,
00:18:06on retient l'isolement
00:18:07des victimes,
00:18:08l'absence de transparence
00:18:09des institutions
00:18:10sur ce sujet
00:18:11des violences sexuelles
00:18:12dans le péri-scolaire.
00:18:13Qu'est-ce qui vous a marqué
00:18:14vous avec cette
00:18:14première audition hier ?
00:18:16Ce qui m'a marqué
00:18:17principalement,
00:18:18c'est d'abord
00:18:19la détresse
00:18:20en fait
00:18:20des familles,
00:18:22la panique,
00:18:23l'absence de confiance
00:18:24désormais
00:18:25des familles
00:18:25non seulement
00:18:26dans le service public
00:18:28de l'éducation nationale
00:18:29parce que quand on met
00:18:30notre enfant à l'école
00:18:31dans un lieu sacré,
00:18:32on ne doit pas s'inquiéter
00:18:33pour sa sécurité,
00:18:34son intégrité physique.
00:18:36Et la deuxième chose,
00:18:37c'est l'absence de confiance
00:18:38aussi désormais
00:18:39dans le péri-scolaire
00:18:39parce que ce sont les communes
00:18:40qui sont responsables
00:18:41du péri-scolaire
00:18:42et que là encore,
00:18:43on voit bien
00:18:44qu'il y a eu une forme
00:18:44d'omerta systémique
00:18:45qui s'est installée partout
00:18:47parce que dès lors
00:18:48qu'on parle,
00:18:49on passe pour celui
00:18:50qui affabule.
00:18:51Aujourd'hui,
00:18:52la parole de l'enfant
00:18:53est beaucoup trop minimisée,
00:18:55mise en doute,
00:18:56voire ignorée
00:18:56et ça n'est plus acceptable.
00:18:58On a entendu
00:18:58les témoignages de familles
00:18:59qui savent
00:18:59qu'il s'est passé quelque chose
00:19:01avec un animateur
00:19:02dans une école
00:19:03qui attendent toujours
00:19:04de savoir les détails
00:19:05de ce qui s'est passé.
00:19:06Vous comprenez
00:19:06que ça les rend
00:19:07complètement angoissées
00:19:08ces familles ?
00:19:09Les familles
00:19:09sont totalement paniquées.
00:19:11Vous savez,
00:19:11il y a des boucles WhatsApp
00:19:12et ils apprennent
00:19:14via une boucle WhatsApp
00:19:15« Tiens,
00:19:16tel animateur
00:19:16a été suspendu
00:19:18sans en donner
00:19:19les raisons. »
00:19:20Donc vous savez,
00:19:20il y a un parent
00:19:21qui m'avait dit…
00:19:21C'est parce qu'il y a
00:19:21une enquête judiciaire,
00:19:22c'est ça ?
00:19:22C'est qu'en fait,
00:19:23la justice ne peut pas
00:19:24communiquer sur les faits ?
00:19:25Souvent,
00:19:26en fait,
00:19:26ce que disent
00:19:27les directeurs d'école
00:19:28ou certains instituts,
00:19:29c'est « Attention,
00:19:30il ne faut pas affoler les parents. »
00:19:31Donc on ne donne pas
00:19:32les raisons.
00:19:32Mais c'est pire.
00:19:33Mais c'est bien pire,
00:19:34en fait,
00:19:34parce que pour certains,
00:19:35certaines familles savent
00:19:36que leur enfant est victime,
00:19:37mais d'autres ne savent pas
00:19:38encore s'il est victime ou non.
00:19:39Donc ils vivent
00:19:39avec ce traumatisme
00:19:40tous les jours,
00:19:41ils se parlent entre eux
00:19:42et l'information
00:19:43ne circule pas.
00:19:44C'est un principal faillite,
00:19:46à mon avis,
00:19:47du système actuel.
00:19:48Il y a un malaise
00:19:48très profond aussi
00:19:49chez les animateurs
00:19:50et les animatrices.
00:19:51Est-ce que leur parole,
00:19:52à eux aussi,
00:19:53elle est suffisamment
00:19:53prise en compte ?
00:19:54D'abord,
00:19:55moi je voudrais dire
00:19:56quelque chose,
00:19:5790% des animateurs
00:19:58font remarquablement bien
00:20:00leur travail.
00:20:01Aujourd'hui,
00:20:01il y a un principe,
00:20:02c'est suspicion égale suspension.
00:20:05Et donc parfois,
00:20:06on écarte des animateurs
00:20:08parce qu'ils ont tiré
00:20:08par la manche un élève
00:20:10et ils restent chez eux
00:20:11complètement traumatisés
00:20:12pour certains
00:20:13parce qu'ils sont salis à vie,
00:20:14alors qu'en l'occurrence,
00:20:15ils vont être blanchis ensuite.
00:20:16Vous voyez,
00:20:16il ne faut pas tomber
00:20:17d'un extrême à l'autre
00:20:18ou en suspens
00:20:19pour des raisons
00:20:19qui ne sont parfois
00:20:20pas justifiées.
00:20:21Les associations
00:20:21que vous reçuviez hier,
00:20:22elles font aussi
00:20:23un travail essentiel
00:20:24de recueil de la parole.
00:20:25Elles compensent aujourd'hui
00:20:26les absences de l'État.
00:20:27Mais complètement.
00:20:28Pourquoi ?
00:20:29Parce qu'en fait,
00:20:30il y a des maires,
00:20:30d'ailleurs,
00:20:31elles l'ont dit,
00:20:31qui ne savent même pas
00:20:32que l'article 40 existe
00:20:34et que quand un enfant
00:20:35est en danger,
00:20:35il faut immédiatement
00:20:36saisir leur procureur
00:20:37de la République.
00:20:38Et donc aujourd'hui,
00:20:39ce sont les familles
00:20:40qui se sont substituées
00:20:41à l'institution
00:20:41et qui ont porté plainte.
00:20:43Si on prend l'exemple
00:20:44de la ville de Paris,
00:20:45c'est vrai que malheureusement,
00:20:46il y avait un rapport
00:20:47qui alertait depuis 2015
00:20:49et rien n'a été fait depuis.
00:20:50On a entendu
00:20:51l'association SOS Périscolaire,
00:20:52elle dit avoir été contactée
00:20:54par 530 familles
00:20:55dans 70 départements
00:20:57en métropole
00:20:58comme dans les Outre-mer
00:20:59depuis 2021.
00:21:00C'est la preuve aussi
00:21:01que ce n'est pas
00:21:01qu'un phénomène parisien.
00:21:03Complètement.
00:21:04Il y a une défaillance
00:21:05au plan national.
00:21:07Une défaillance.
00:21:08Dans le Rhône,
00:21:08par exemple,
00:21:09il y a 55 animateurs
00:21:10qui ont été suspendus.
00:21:12À Montreuil,
00:21:12là aussi c'est systémique,
00:21:13sur 52 écoles,
00:21:1511 sont concernés.
00:21:16On l'a vu aussi à Paris,
00:21:17les chiffres sont
00:21:17totalement vertigineux.
00:21:19Aujourd'hui,
00:21:19il faut remettre
00:21:20ces affaires dans le contexte.
00:21:21On a chaque année
00:21:22160 000 enfants
00:21:24qui sont victimes
00:21:25d'actes pédocriminels.
00:21:26C'est un enfant
00:21:28toutes les trois minutes.
00:21:29Et 90% de classements
00:21:31sans suite.
00:21:31Donc il y a une décorrélation
00:21:32entre l'acte d'agression sexuelle
00:21:34et la condamnation.
00:21:35Les solutions avancées
00:21:36par le gouvernement
00:21:37avec cette liste noire
00:21:38qui va intégrer
00:21:39le projet de protection
00:21:40de l'enfance
00:21:41dans quelques jours
00:21:42lors de l'examen du texte
00:21:43à l'Assemblée nationale.
00:21:43Est-ce que c'est une bonne solution ?
00:21:45Ça peut répondre
00:21:45à ce malaise ?
00:21:46C'est une bonne solution
00:21:47parce que malheureusement,
00:21:48on le voit bien
00:21:48pour ce qui s'est passé à Paris.
00:21:49il y a eu un manque
00:21:51de contrôle d'honorabilité
00:21:52et c'est-à-dire
00:21:53qu'on peut vérifier
00:21:54les fichiers FIGES
00:21:56ou casiers judiciaires
00:21:56mais une à deux fois par an.
00:21:58ça pourrait être fait régulièrement.
00:22:00Il y aura un croisement
00:22:01des fichiers
00:22:02qui permettra
00:22:03la bonne information,
00:22:04la circulation
00:22:05de la bonne information.
00:22:05On arrive à la fin
00:22:06de cette interview.
00:22:07Agnès Sérone,
00:22:07qu'est-ce que vous allez recevoir
00:22:08la semaine prochaine ?
00:22:09La semaine prochaine,
00:22:10je vais recevoir
00:22:10les fédérations de parents d'élèves.
00:22:12La PEP,
00:22:13FCPE
00:22:14et puis aussi,
00:22:15vous savez,
00:22:15l'enseignement catholique
00:22:16parce que les pédocriminels,
00:22:19bien dans les collectifs
00:22:20où il y a des rassemblements
00:22:22d'élèves issus du public
00:22:23mais aussi du privé
00:22:25et donc nous allons
00:22:26les accueillir également.
00:22:27Eh bien merci,
00:22:27on suivra sur Public Sénat
00:22:29l'évolution de vos travaux
00:22:30et effectivement
00:22:31cette commission d'enquête.
00:22:32Merci à vous,
00:22:32Madame Hérène.
00:22:32Merci.
00:22:37Allez,
00:22:38on en vient
00:22:38au deuxième thème
00:22:39dans cette émission
00:22:39et le Sénat
00:22:40qui examine depuis lundi
00:22:41le projet de loi
00:22:42d'urgence agricole.
00:22:43La majorité de la droite
00:22:44et du centre au Sénat
00:22:45qui a voté
00:22:45la réintroduction
00:22:46dans le texte
00:22:47de deux insecticides
00:22:48de la famille
00:22:49des néonicotinoïdes
00:22:50interdits en France
00:22:51depuis plusieurs années
00:22:52mais qui restent autorisés
00:22:54dans les autres pays
00:22:54de l'Union Européenne.
00:22:55Voyez autour de ce thème
00:22:56les extraits
00:22:57des échanges
00:22:58préparés pour Public Sénat
00:22:59par Mathilde Notarelli
00:23:00et Chloé Vaquette.
00:23:01Je souhaite maintenant
00:23:03m'attarder quelques instants
00:23:04sur certaines mesures
00:23:05en particulier.
00:23:06Premièrement,
00:23:07l'acétamipride.
00:23:08Vous connaissez
00:23:09les fondements
00:23:09de nos divergences
00:23:10sur ce sujet.
00:23:11Elles ne sont pas
00:23:12sur la pertinence
00:23:13ou non
00:23:14d'être le seul État
00:23:15en Europe
00:23:15à interdire une substance.
00:23:17Elles sont
00:23:18sur la capacité
00:23:19à réunir
00:23:19une majorité
00:23:20de parlementaires
00:23:21pour adopter
00:23:21un projet de loi
00:23:22qui contiendrait
00:23:23une mesure
00:23:24qui clive beaucoup
00:23:25comme vous le savez
00:23:26et qui de ce fait
00:23:27pourrait fragiliser
00:23:28l'ensemble du projet
00:23:29de loi
00:23:29ou en retarderait
00:23:31l'application.
00:23:32Je rappelle
00:23:32que c'est une loi
00:23:33d'urgence.
00:23:34Ce texte fait aujourd'hui
00:23:36plus de 40 articles,
00:23:3740 mesures
00:23:37utiles aux agriculteurs.
00:23:39Si je ne devais
00:23:40en citer que quelques-unes,
00:23:42débloquer les stockages
00:23:43d'eau, relever les seuils
00:23:44d'autorisation
00:23:45pour les élevages
00:23:46dont la taille
00:23:46en tout état de cause
00:23:48demeurera largement
00:23:49inférieure à celle
00:23:50des pays membres
00:23:50et plus encore
00:23:51des pays tiers.
00:23:52L'alourdissement
00:23:53des peines
00:23:54pour le vol
00:23:54et intrusion,
00:23:55l'équilibre
00:23:56des relations commerciales,
00:23:58le patriotisme alimentaire
00:23:59dans nos cantines publiques,
00:24:01les contrats d'avenir,
00:24:02la réforme du sanitaire.
00:24:04Qu'on le veuille ou non,
00:24:05tout ceci disparaîtrait
00:24:07si ce texte
00:24:07n'était pas adopté
00:24:08en fin de navette.
00:24:09Je n'ai pas
00:24:10de boule de cristal.
00:24:11Je ne sais pas
00:24:12ce 29 juin,
00:24:13ce que sera le vote
00:24:14des parlementaires
00:24:15fin juillet.
00:24:15Mais je sais une chose,
00:24:17nous ne devons pas
00:24:18courir le risque
00:24:18que ce texte
00:24:19soit renvoyé au placard.
00:24:20On ne nous le pardonnerait
00:24:22pas dans les fermes,
00:24:23indépendamment
00:24:24de ce qu'on pense
00:24:25de l'acetamipride.
00:24:26Le gouvernement
00:24:27ne veut pas courir
00:24:27ce risque.
00:24:28Le sujet de l'acetamipride
00:24:30est important
00:24:31pour certaines filières,
00:24:32bien sûr.
00:24:33Mais cet hiver,
00:24:34nous avons entendu
00:24:35parler d'eau,
00:24:36de revenus,
00:24:37de concurrence déloyale,
00:24:38de normes,
00:24:39de loups.
00:24:40Alors que nous avons
00:24:41un texte
00:24:41qui apporte des réponses
00:24:42à toutes ces questions,
00:24:43ne courons pas le risque
00:24:45qu'il n'y ait
00:24:45une finie
00:24:46ou qu'une réponse
00:24:46sur aucun de ces sujets.
00:24:48La France agricole
00:24:49est devenue
00:24:50l'homme malade
00:24:50de l'Europe
00:24:51et même
00:24:52le boulet de l'Europe.
00:24:53Si rien n'est fait,
00:24:55elle perdra
00:24:55la première place
00:24:56des nations agricoles
00:24:57européennes
00:24:58dès 2029
00:24:59au profit
00:25:00de l'Espagne,
00:25:01qui, elle,
00:25:02a fait un excédent
00:25:03cette année
00:25:04de plus
00:25:05de 18 milliards d'euros.
00:25:07Puis, ce sera
00:25:08l'Italie
00:25:09et la Pologne
00:25:10en 2033.
00:25:12La cause
00:25:12de ce déclin,
00:25:14exception européenne,
00:25:16c'est l'hypocrisie
00:25:16à la française.
00:25:17Comme le disait
00:25:18Molière,
00:25:19il n'y a plus
00:25:20de honte
00:25:21maintenant
00:25:22à cela.
00:25:23L'hypocrisie
00:25:24est un vice
00:25:25à la mode
00:25:25et tous les
00:25:27vice à la mode
00:25:28passent pour vertu.
00:25:29Cette hypocrisie
00:25:30se traduit
00:25:31par de multiples
00:25:32exemples,
00:25:34comme lorsque
00:25:34nous sommes
00:25:35les seuls
00:25:36à interdire
00:25:36des molécules
00:25:37en Europe
00:25:38depuis plus
00:25:39de 10 ans,
00:25:39tuant à petit feu
00:25:41notre production
00:25:42française de fruits
00:25:43pour finir
00:25:44par importer
00:25:44en masse
00:25:45ces mêmes fruits
00:25:46produits
00:25:47avec ces mêmes
00:25:48molécules
00:25:49interdites
00:25:49ailleurs.
00:25:50Merci,
00:25:51Madame la Présidente.
00:25:52Donc là,
00:25:53nous assistons
00:25:54à une demande
00:25:55de nivellement
00:25:56par le bas.
00:25:57Ici,
00:25:58sur ces bancs,
00:25:59nous nous opposons
00:26:00fermement,
00:26:00comme nous l'avons
00:26:01toujours fait,
00:26:01à l'autorisation
00:26:02des néonicotéinoïdes
00:26:03et substances apparentées,
00:26:05dont les conséquences
00:26:07néfastes
00:26:07sur les écosystèmes
00:26:08sont aujourd'hui
00:26:10solidement documentées.
00:26:12Leurs effets
00:26:13sur les pollinisateurs,
00:26:14les insectes non ciblés
00:26:15et les écosystèmes
00:26:16ont justifié
00:26:17leur interdiction
00:26:17progressive en France.
00:26:20Les difficultés
00:26:21rencontrées
00:26:21par certaines filières
00:26:22agricoles
00:26:23doivent être accompagnées,
00:26:24mais elles ne sauraient
00:26:25justifier la réintroduction
00:26:27de substances
00:26:28dont les impacts
00:26:29environnementaux
00:26:30sur les espèces
00:26:30et ressources naturelles
00:26:31sont avérés.
00:26:32Les efforts
00:26:34doivent être concentrés
00:26:34sur le développement
00:26:35d'alternatives durables,
00:26:36la recherche agronomique
00:26:38et l'accompagnement
00:26:39des exploitations
00:26:40dans leur transition.
00:26:42Dans votre acharnement
00:26:44à réintroduire
00:26:45ces poisons,
00:26:46nous y voyons
00:26:47un gigantesque renoncement,
00:26:48un renoncement
00:26:50catastrophique.
00:26:51Nous avons
00:26:52de grands scientifiques
00:26:53dans ce pays.
00:26:55Ils offrent
00:26:56des possibilités
00:26:57de recherche colossales.
00:26:58Vous dites
00:26:59qu'il n'y a pas
00:26:59d'alternative,
00:27:00vous voulez dire
00:27:01souvent
00:27:02des alternatives chimiques,
00:27:03car il existe
00:27:04de réelles alternatives.
00:27:06Car en réalité,
00:27:08les solutions existent
00:27:09avec l'agroécologie.
00:27:12Avec l'acétamipride,
00:27:14on peut détruire
00:27:1455% des pucerons.
00:27:17Eh bien,
00:27:17des expériences
00:27:18ont été faites
00:27:18avec des rangs d'orge
00:27:20intercalés
00:27:20qui repoussent
00:27:21les pucerons
00:27:22et qui réduisent
00:27:24au moins autant
00:27:25la prolifération
00:27:27de ces ravageurs.
00:27:30Avec des méthodes
00:27:31agroécologiques,
00:27:32il y a des façons
00:27:32de mettre fin
00:27:33à l'usage
00:27:34de ces pesticides.
00:27:36Dans les 2000 fermes
00:27:37du réseau
00:27:38défient,
00:27:39on a baissé
00:27:39de 30%
00:27:40l'usage des pesticides
00:27:42sans atteindre
00:27:43le revenu
00:27:43des agriculteurs.
00:27:46Cette transition,
00:27:47c'est vrai,
00:27:47demande quelques prises
00:27:48de risques,
00:27:48elle demande
00:27:49de se réoutiller,
00:27:50mais à un moment,
00:27:51il faut un peu
00:27:52d'ambition.
00:27:53Il faut penser
00:27:54à ce que nous allons
00:27:55léguer
00:27:55à nos enfants
00:27:57cette terre
00:27:59qui est polluée
00:28:00année après année
00:28:02et là où
00:28:03ces pesticides
00:28:04s'accumulent.
00:28:04Merci.
00:28:05Merci,
00:28:05M. Salmon.
00:28:06M. Jadot.
00:28:12Madame la Présidente,
00:28:13chers collègues,
00:28:14Madame la Ministre,
00:28:16le 8 novembre 1963,
00:28:2013 signataires
00:28:21dont Charles Mauriac,
00:28:22l'architecte
00:28:23Le Corbusier,
00:28:24le biologiste
00:28:25Jean Rostand,
00:28:25le cancérologue
00:28:26Antoine Lecassagne,
00:28:28appelé dans une tribune
00:28:29dans le monde
00:28:29à la création
00:28:30d'un centre de recherche
00:28:32susceptible
00:28:33de tout mettre en œuvre
00:28:35contre un des plus grands
00:28:37fléaux qui pèsent
00:28:38sur l'humanité,
00:28:39le cancer.
00:28:39Le lendemain,
00:28:41le lendemain,
00:28:42réponse
00:28:43du premier président
00:28:45de la Ve République,
00:28:46Charles de Gaulle,
00:28:48dans le même journal.
00:28:49L'idée de promouvoir
00:28:50la recherche sur le cancer
00:28:51au sein d'une institution
00:28:52internationale
00:28:53procède d'une inspiration
00:28:54généreuse
00:28:55et je considère
00:28:56comme souhaitable
00:28:57que la France
00:28:58s'y intéresse.
00:28:59Il me paraît en effet
00:29:01conforme à ses traditions
00:29:02qu'elle s'engage
00:29:04dans une œuvre
00:29:05où se retrouve
00:29:06une triple vocation,
00:29:07la coopération
00:29:08entre les peuples,
00:29:09le progrès
00:29:10et la condition humaine
00:29:12et l'avancement
00:29:13des sciences.
00:29:14Voilà de quoi
00:29:15nous parlons aujourd'hui.
00:29:16Ça a été la création,
00:29:18il y a 60 ans,
00:29:18du cirque
00:29:19et c'est pour ça
00:29:20que le cirque
00:29:21est basé à Lyon
00:29:22sous l'Organisation
00:29:24mondiale
00:29:24de la santé.
00:29:25Nous avons besoin
00:29:27de la science.
00:29:29Nous savons
00:29:29qu'il y a 80%
00:29:32des insectes
00:29:33qui ont disparu.
00:29:34Nous savons
00:29:34que 75%
00:29:36de nos cultures
00:29:37végétales
00:29:38sont liées
00:29:39à la pollinisation.
00:29:40Nous voyons
00:29:41à quel point
00:29:42étude après étude
00:29:43les risques
00:29:45sont avérés,
00:29:46pas simplement
00:29:47pour l'environnement,
00:29:48mais aussi
00:29:48pour la santé.
00:29:50Et puisqu'il y a eu
00:29:51des rapports
00:29:52de l'INRAE
00:29:53et de l'ANSES
00:29:55pour montrer
00:29:56qu'il y avait
00:29:56des alternatives,
00:29:58qu'il y a
00:29:59des alternatives
00:30:00en partie chimiques
00:30:02et parfois liées
00:30:03au changement
00:30:04de mode cultural
00:30:05et de l'agroécologie.
00:30:07Mais il y a
00:30:08des alternatives.
00:30:09Alors oui,
00:30:09ils font accompagner,
00:30:10mais ce serait
00:30:11une incroyable
00:30:12régression
00:30:13de cette vision
00:30:15gaulliste
00:30:15du progrès
00:30:16à laquelle
00:30:17vous êtes
00:30:17en train
00:30:17de participer.
00:30:18Dans la continuité
00:30:20de la position
00:30:21qui a été exprimée
00:30:22par le Premier ministre,
00:30:24le gouvernement
00:30:25n'est pas favorable
00:30:26à ce que cette question
00:30:27soit examinée
00:30:28dans le cadre
00:30:29du projet
00:30:30de loi d'urgence
00:30:31pour la protection
00:30:32et la souveraineté
00:30:33agricole.
00:30:33C'est pourquoi
00:30:34nous défendons
00:30:36la suppression
00:30:36de l'article
00:30:38d'Aquater.
00:30:39Je veux d'abord
00:30:40le dire clairement,
00:30:41je respecte
00:30:42les préoccupations
00:30:43du monde
00:30:44agricole.
00:30:45nos agriculteurs
00:30:46font face
00:30:47à des aléas
00:30:48climatiques
00:30:49de plus en plus
00:30:50fréquents
00:30:50et à une concurrence
00:30:52internationale
00:30:53souvent difficile.
00:30:55Ces réalités
00:30:56doivent être
00:30:56entendues.
00:30:57Mais lorsque
00:30:58des doutes sérieux
00:31:00existent
00:31:01sur les effets
00:31:01d'une substance
00:31:02pour la santé humaine
00:31:03ou pour la biodiversité,
00:31:05notre responsabilité
00:31:07est d'agir
00:31:08avec prudence.
00:31:09L'acétamipride
00:31:11appartient
00:31:12à la famille
00:31:12des néonicotinoïdes
00:31:13des insecticides
00:31:14qui agissent
00:31:16sur le système
00:31:16nerveux
00:31:17des insectes.
00:31:18Plusieurs molécules
00:31:19de cette famille
00:31:20ont déjà été
00:31:22interdites
00:31:22en Europe
00:31:23en raison
00:31:25de leurs effets
00:31:25sur les pollinisateurs.
00:31:27Or,
00:31:27chacun le sait,
00:31:30sans pollinisateurs,
00:31:31il n'y a pas
00:31:32d'agriculture durable.
00:31:34Protéger
00:31:34les pollinisateurs,
00:31:36c'est aussi
00:31:37protéger
00:31:38l'avenir
00:31:38de notre agriculteur.
00:31:40Les pollinisateurs
00:31:41sont des alliés
00:31:43indispensables
00:31:44à notre agriculture.
00:31:45En France,
00:31:4772%
00:31:48des espèces
00:31:50cultivées
00:31:50pour l'alimentation
00:31:51humaine
00:31:52dépendent
00:31:53au moins
00:31:54en partie
00:31:54de l'action
00:31:56des insectes
00:31:56pollinisateurs.
00:31:58Leur contribution
00:31:59à notre agriculture
00:32:00est estimée
00:32:02entre 2,3%
00:32:03et 5,2 milliards
00:32:06d'euros
00:32:06par an,
00:32:07soit jusqu'à
00:32:0812%
00:32:09de la valeur
00:32:10de la production
00:32:11végétale
00:32:12destinée
00:32:13à l'alimentation
00:32:14humaine.
00:32:16Sans eux,
00:32:18de nombreuses
00:32:19productions
00:32:19fruitières,
00:32:21maraîchères
00:32:21ou oléagineuses
00:32:23verraient leur rendement
00:32:24et la qualité
00:32:25de leur récolte
00:32:26fortement diminuer.
00:32:28La France
00:32:29s'est engagée
00:32:30à travers
00:32:30le plan
00:32:31pollinisateur
00:32:322021-2021
00:32:33a mieux
00:32:35protégé
00:32:35ces espèces
00:32:36en encadrant
00:32:37l'usage
00:32:38des pesticides,
00:32:39en restaurant
00:32:40leur habitat
00:32:41et en accompagnant
00:32:42l'évolution
00:32:43des pratiques
00:32:44agricoles.
00:32:45Nous ne pouvons pas
00:32:46d'un côté
00:32:47affirmer
00:32:48notre volonté
00:32:49d'enrayer
00:32:50l'effondrement
00:32:50du vivant
00:32:51et de l'autre
00:32:52ignorer
00:32:53les signaux
00:32:54d'alerte
00:32:55émis par la
00:32:56communauté
00:32:57scientifique.
00:32:58D'autant que
00:32:59les effets
00:32:59de ces substances
00:33:00ne s'arrêtent pas
00:33:01avec leur épandage.
00:33:03Leur diffusion
00:33:04dans les sols
00:33:05et les milieux
00:33:06aquatiques
00:33:07ainsi que la
00:33:08persistance
00:33:08de certains
00:33:09de leurs métabolites
00:33:11peuvent entraîner
00:33:12une exposition
00:33:12prolongée
00:33:13des écosystèmes.
00:33:15Par ailleurs,
00:33:17des interrogations
00:33:18scientifiques
00:33:18persistent
00:33:19sur les effets
00:33:20potentiels
00:33:21de cette substance
00:33:22sur le développement
00:33:24neurologique
00:33:25et la reproduction.
00:33:26C'est d'ailleurs
00:33:27pour cette raison
00:33:28que les autorités
00:33:29européennes
00:33:30ont engagé
00:33:31un réexamen
00:33:33et que l'EFSA
00:33:34a demandé
00:33:35un renforcement
00:33:36des mesures
00:33:37de protection
00:33:37des consommateurs
00:33:39dans l'attente
00:33:40de nouvelles données.
00:33:42Le principe
00:33:42de précaution
00:33:43n'est pas un principe
00:33:44d'inaction,
00:33:45c'est un principe
00:33:46de responsabilité.
00:33:48Il consiste
00:33:49à éviter
00:33:50de prendre
00:33:50des risques
00:33:50irréversibles
00:33:51lorsque la science
00:33:53nous alerte.
00:33:54Pour autant,
00:33:55cette exigence
00:33:56ne doit pas
00:33:57se traduire
00:33:58par un abandon
00:33:59du monde agricole.
00:34:00Si nous demandons
00:34:02des efforts
00:34:02aux agriculteurs,
00:34:03nous devons aussi
00:34:05les accompagner,
00:34:07notamment en accélérant
00:34:08la recherche
00:34:09d'alternatives efficaces
00:34:11dans le cadre
00:34:12du plan Parsada.
00:34:13Notre responsabilité
00:34:15est claire,
00:34:16produire,
00:34:18protéger la santé
00:34:19et préserver
00:34:20le vivant.
00:34:21Merci,
00:34:23Madame la Ministre.
00:34:24Alors,
00:34:24je vais demander
00:34:24l'avis de la Commission
00:34:31sur ces quatre amendements.
00:34:32Monsieur le rapporteur.
00:34:33Je vais vous le donner.
00:34:35Voilà.
00:34:37Chers collègues,
00:34:38Madame la Ministre
00:34:39et Madame la Ministre
00:34:40de l'Environnement,
00:34:42je rappelle tout d'abord
00:34:43que cet article
00:34:44s'inscrit
00:34:45en complément direct
00:34:46de l'article 2
00:34:47du projet de loi.
00:34:49et puisque j'ai été provoqué
00:34:51et interrogé
00:34:52par notre collègue Weber,
00:34:54je vais m'autoriser
00:34:56à parler
00:34:57de ce que je connais,
00:34:59que je connais,
00:35:00que je pratique
00:35:00et pour lequel,
00:35:02bien sûr,
00:35:03l'activité économique
00:35:05de notre pays
00:35:06est devenue
00:35:07un pays puissant
00:35:08à un moment donné.
00:35:09Je vais vous parler
00:35:10de la filière betterave,
00:35:11Madame la Ministre,
00:35:12de la betterave sucre,
00:35:14de la betterave alcool.
00:35:17D'ailleurs,
00:35:18sachez qu'en 2025,
00:35:19on a perdu
00:35:19entre 30 et 75 %
00:35:22de la production
00:35:23à cause
00:35:24de l'absence
00:35:25de néo-nécotinoïdes.
00:35:27Si, si.
00:35:28Alors,
00:35:29cette filière betterave,
00:35:31je vais prendre
00:35:31un petit peu de temps
00:35:32si vous le permettez,
00:35:32Madame la Présidente.
00:35:34La France est le premier
00:35:35producteur européen
00:35:36de sucre.
00:35:37Ça ne va pas durer.
00:35:39La France est le 9e
00:35:40producteur mondial
00:35:41de sucre.
00:35:42Nous allons être déclassés.
00:35:45La filière,
00:35:46c'est 23 000 producteurs.
00:35:48C'est 4 600 000
00:35:50de tonnes de sucre.
00:35:51C'est 8 millions
00:35:52d'hectolitres d'alcool.
00:35:54C'est 70 000 emplois
00:35:57directs et indirects.
00:35:58C'est 1,1 milliard
00:36:00d'euros
00:36:01d'excédent commercial.
00:36:02La betterave,
00:36:04c'est 100 % utile.
00:36:06Et je m'explique.
00:36:07C'est le sucre de bouche.
00:36:09C'est le sucre industriel
00:36:11et c'est l'agroalimentaire.
00:36:12Et nous en utilisons
00:36:14tous les jours
00:36:15dans tous nos aliments.
00:36:16C'est les boissons,
00:36:18bien évidemment.
00:36:19C'est l'industrie.
00:36:20C'est la fermentation
00:36:21avec les levures.
00:36:22Et ça,
00:36:23c'est du quotidien.
00:36:25C'est l'alcool.
00:36:26L'alcool,
00:36:27c'est le bioéthanol.
00:36:28Ça nous rend
00:36:29moins dépendants
00:36:30du reste du monde
00:36:31en matière d'énergie,
00:36:32puisque nous utilisons
00:36:337 % de l'éthanol
00:36:34dans l'énergie.
00:36:35Mais c'est aussi
00:36:36l'éthanol pharmaceutique.
00:36:37Ce sont les parfums.
00:36:40Le parfum,
00:36:40c'est que de l'alcool.
00:36:42C'est toute la pharmacie.
00:36:44C'est la chimie.
00:36:45C'est les spiritueux.
00:36:48C'est aussi l'armement.
00:36:50Il faut de l'alcool
00:36:51pour faire de la poudre.
00:36:52Voilà.
00:36:53C'est de l'alimentation
00:36:55pour nos bovins.
00:36:56Ça nous reste moins dépendant
00:36:58du reste du monde
00:36:59en matière d'approvisionnement.
00:37:00C'est de la méthanisation.
00:37:02Et grâce
00:37:03à la betterave,
00:37:06grâce aux céréales,
00:37:07grâce aux oléagineux,
00:37:09aujourd'hui,
00:37:10notre pays
00:37:11est moins dépendant
00:37:12en matière d'énergie,
00:37:13puisque nous importons
00:37:14beaucoup moins de gaz
00:37:15venant de Russie.
00:37:17Il faut en tenir compte.
00:37:18Alors,
00:37:19cette filière
00:37:19est bien donc
00:37:21au cœur
00:37:22de la souveraineté alimentaire
00:37:23et énergétique
00:37:24de la France
00:37:25et de l'Union européenne.
00:37:27Elle l'est depuis
00:37:28le Moyen Âge,
00:37:28chers amis.
00:37:29Elle l'est depuis
00:37:30Napoléon Ier
00:37:32et Napoléon III
00:37:33qui a su développer
00:37:34une énergie conséquente,
00:37:36une industrie conséquente.
00:37:39Elle est aussi présente
00:37:40au Sénat.
00:37:41Elle est dans
00:37:42la salle des conférences
00:37:44et vous la trouverez.
00:37:47Elle a enrichi
00:37:49notre pays.
00:37:50Elle a participé
00:37:51à son développement
00:37:52très, très largement.
00:37:55Alors,
00:37:55Madame la Ministre,
00:37:57vous voulez,
00:37:57par votre amendement,
00:37:58fragiliser cette filière
00:38:00qui est d'intérêt général.
00:38:02Vous voulez
00:38:03le décrochage
00:38:05français
00:38:07par la baisse
00:38:08des revenus
00:38:09agricoles
00:38:10que vous voulez
00:38:11imaginer
00:38:11par votre position.
00:38:13Vous allez
00:38:15participer
00:38:17à la baisse
00:38:18des surfaces cultivées.
00:38:21Il y a quelques années,
00:38:22dans les années
00:38:2366,
00:38:2367,
00:38:2468,
00:38:24la France
00:38:26occupait son territoire
00:38:27avec 800 000 hectares
00:38:28de métrave.
00:38:30Aujourd'hui,
00:38:30nous sommes
00:38:30à 275 000 hectares.
00:38:34Vous voulez aussi
00:38:36la sous-utilisation
00:38:37des outils industriels
00:38:38qui ont été construits
00:38:39à des niveaux
00:38:40de production
00:38:41et de rentabilité.
00:38:43Vous organisez
00:38:44une casse industrielle
00:38:45par la fermeture
00:38:47de 6 sucreries
00:38:48en moins de 7 ans.
00:38:50fermeture
00:38:50de 6 sucreries
00:38:51en moins de 7 ans.
00:38:52Il faut en tirer
00:38:53toutes les conclusions
00:38:56avec les distorsions
00:38:57de concurrence
00:38:57qui sont les nôtres.
00:38:59Que dit la science,
00:39:00justement ?
00:39:01La science,
00:39:01elle affirme
00:39:01que l'EPSA
00:39:03autorise
00:39:04ces produits.
00:39:05L'ANSES
00:39:06autorise
00:39:07ces produits.
00:39:09Pourtant,
00:39:09interdit en France
00:39:10et autorisé
00:39:11chez nos voisins.
00:39:13Madame la ministre
00:39:14et chers collègues,
00:39:15la loi,
00:39:16je dis bien la loi,
00:39:17doit prendre en compte
00:39:18toutes ces réalités.
00:39:20Et j'accueille en salle
00:39:21des conférences.
00:39:22Franck Ménonville,
00:39:23bonjour.
00:39:23Bonjour.
00:39:24Sénateur centriste
00:39:25de la Meuse,
00:39:25vous êtes vous-même
00:39:26agriculteur de profession.
00:39:27Le Sénat qui examine
00:39:28donc le projet de loi
00:39:30d'urgence agricole
00:39:30depuis lundi.
00:39:31Parmi les points saillants
00:39:32qu'on retient,
00:39:33on note la réintroduction
00:39:34dans le texte
00:39:35de l'astamipride
00:39:35et du flupiradifuron,
00:39:38deux insecticides
00:39:38de la famille
00:39:39des néonicotinoïdes
00:39:40interdits en France
00:39:40depuis plusieurs années
00:39:41qui restent autorisés
00:39:42dans le reste
00:39:43de l'Union européenne.
00:39:44Pourquoi vouloir
00:39:44du retour
00:39:45de cette molécule
00:39:46même à titre dérogatoire ?
00:39:48Voilà, donc écoutez,
00:39:49je voudrais déjà
00:39:50apporter quelques précisions.
00:39:51Je vous en prie.
00:39:52Ce n'est pas
00:39:52une réintroduction.
00:39:53Une réintroduction,
00:39:54cela voudrait dire
00:39:55que c'est pérenne.
00:39:56D'accord.
00:39:57Notre texte,
00:39:57il prévoit l'ouverture
00:39:58et la possibilité
00:40:00d'accès par voie dérogatoire
00:40:03à deux matières actives
00:40:04dont une seule
00:40:05est néonicotinoïde,
00:40:06la cétamipride,
00:40:08premièrement.
00:40:08Et pour une année
00:40:09et reconductible de fois.
00:40:10Et reconductible
00:40:11pour répondre
00:40:12à des enjeux cruciaux
00:40:14de souveraineté alimentaire
00:40:16et d'impasse
00:40:17pour quatre filières.
00:40:18La pomme,
00:40:19la cerise,
00:40:19la noisette
00:40:20et la betterave.
00:40:20Et c'est important
00:40:21de rappeler
00:40:21que ces quatre filières,
00:40:23ce n'est pas le Sénat
00:40:23ni les sénateurs
00:40:24ni les rapporteurs,
00:40:25c'est l'INRAE
00:40:26qui a défini
00:40:27comme quatre...
00:40:27Qui est l'agence nationale
00:40:28de recherche agronomique
00:40:30et qui a défini
00:40:31et qui a reconnu
00:40:33que quatre filières
00:40:34étaient en danger
00:40:35et étaient dans
00:40:36une situation d'impasse.
00:40:37Donc nous apportons
00:40:38des solutions temporaires
00:40:41à une situation
00:40:42qui,
00:40:43si nous n'y veillons pas,
00:40:46ferait que
00:40:47des filières
00:40:48seraient fragilisées
00:40:48voire même
00:40:49pourraient disparaître
00:40:50alors même
00:40:50que le...
00:40:52Et surtout
00:40:53pour lutter aussi
00:40:54contre des distorsions
00:40:55de concurrence
00:40:55intra-européenne.
00:40:56Ce que je le disais...
00:40:57Donc c'est très, très sécurisé,
00:40:59très limité
00:41:00et je crois que c'est important
00:41:01de le dire
00:41:01parce que si nous ne le disons pas,
00:41:02nous allons refaire peur
00:41:04à nos...
00:41:05À la fois aux consommateurs...
00:41:06Il y a eu des millions de signatures
00:41:07effectivement l'été dernier.
00:41:08Donc vous voulez rassurant
00:41:09pour les citoyens
00:41:09qui peuvent être inquiets
00:41:11du retour de cette molécule.
00:41:12Voilà, c'est pas du tout
00:41:12le même texte,
00:41:13c'est pas une réintroduction,
00:41:14c'est une possibilité
00:41:14d'utiliser par voie déroquatoire
00:41:16sur moins de 2%,
00:41:18je crois que c'est 1,4%
00:41:19de la SAU française
00:41:20et si c'est nécessaire.
00:41:21De la surface agricole française.
00:41:22Et donc sous couvert
00:41:25du ministère de l'Agriculture
00:41:27et de l'ANSES.
00:41:28On a entendu la ministre
00:41:29s'opposer en séance
00:41:30à ces deux molécules,
00:41:32à leur retour,
00:41:33même si ce n'est pas leur retour,
00:41:33on a bien compris votre précision.
00:41:35Pas forcément sur le fond
00:41:36mais parce qu'elle dit
00:41:37ça pourrait fragiliser
00:41:37l'ensemble du projet de loi.
00:41:39Qu'est-ce que vous dites
00:41:39à la ministre ?
00:41:40Elle aurait été plus courageuse.
00:41:41Non, non, elle craint
00:41:43que ce soit une ligne rouge
00:41:44à l'Assemblée nationale.
00:41:46Oui, ça fasse
00:41:46que le texte
00:41:46ne soit jamais adopté
00:41:47Je pense qu'au Sénat,
00:41:50c'est à peu près
00:41:51dans les mêmes équilibres
00:41:52que ça a été voté
00:41:54que l'an dernier.
00:41:55Avec la loi du plan.
00:41:56On a quelques jours
00:41:59pour convaincre les députés
00:42:03du juste équilibre
00:42:04de notre texte
00:42:05et surtout de la grande sécurisation
00:42:07qui l'entoure.
00:42:09Parce que l'étape d'après,
00:42:10c'est la commission mixte paritaire.
00:42:12Sept députés, sept sénateurs
00:42:13qui devront s'entendre
00:42:14sur un même texte.
00:42:15Est-ce qu'on sait
00:42:15si cette mesure
00:42:16elle sera toujours à la fin ?
00:42:17Est-ce que vous en faites
00:42:18une ligne rouge
00:42:19des négociations
00:42:19avec les députés ?
00:42:20Je souhaite que ce soit
00:42:23maintenu dans le texte
00:42:24pour la simple et bonne raison,
00:42:26c'est que ce serait
00:42:27de l'hypocrisie
00:42:28de le retirer.
00:42:30Chaque jour,
00:42:31à chaque fois
00:42:32qu'on s'interdit
00:42:33et qu'on a des lois
00:42:34franco-françaises
00:42:34et des mesures franco-françaises,
00:42:36c'est toujours plus
00:42:37d'importations
00:42:37et des importations
00:42:39avec des produits
00:42:40qui sont interdits en France
00:42:42mais autorisés
00:42:43dans toute l'Europe.
00:42:44Donc je crois
00:42:44qu'il faut vraiment parler
00:42:45avec courage,
00:42:47avec sérieux
00:42:48et surtout avec transparence.
00:42:49Très bien.
00:42:49Parlons d'une autre mesure
00:42:50du texte,
00:42:51la gestion de l'eau
00:42:52dans les départements.
00:42:52Le Sénat qui a voté
00:42:53le doublement
00:42:54des volumes de stockage
00:42:55d'eau à horizon 2035
00:42:57pour l'usage agricole.
00:42:59Cette ambition
00:42:59serait juste pharaonique
00:43:01qui s'est agacée
00:43:01dans un premier temps
00:43:02Madame Barbu,
00:43:03la ministre de la Transition écologique,
00:43:05qui voit une priorité,
00:43:06qui a vu à un moment
00:43:07une priorité donnée
00:43:08à l'usage agricole de l'eau
00:43:09au détriment par exemple
00:43:10de l'eau potable
00:43:11et de la sécurité civile.
00:43:12Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:43:14Premièrement,
00:43:15la priorité dans notre pays,
00:43:17c'est l'usage domestique.
00:43:19C'est la loi.
00:43:20Nous ne le contredisons pas.
00:43:22Ce que nous souhaitons seulement,
00:43:24c'est optimiser
00:43:27les stockages actuels,
00:43:28permettre leur entretien,
00:43:29leur développement,
00:43:30leur amélioration,
00:43:31leur curage
00:43:32et voir de nouveaux stockages,
00:43:35voir le jour
00:43:36quand c'est nécessaire
00:43:37et quand c'est possible
00:43:38et quand c'est souhaitable.
00:43:40Qu'est-ce que vous avez pensé
00:43:40à la position de la ministre ?
00:43:41L'opposé.
00:43:42Et donc, nous souhaitons
00:43:43doubler la capacité de stockage.
00:43:46Aujourd'hui,
00:43:47ce que nous constatons
00:43:47dans notre pays
00:43:48comme dans d'autres pays d'Europe
00:43:50qui sont beaucoup plus en avance
00:43:52que nous,
00:43:52c'est que nous ne manquons pas d'eau
00:43:53mais elle est mal répartie.
00:43:55Alors, il ne s'agit surtout pas
00:43:56d'aller puiser dans les milieux naturels
00:43:58quand on manque d'eau.
00:43:59D'accord.
00:43:59C'est surtout de les stocker
00:44:00quand on a des excès d'eau.
00:44:02Donc là encore,
00:44:02vous voulez rassurer.
00:44:03Là aussi,
00:44:04c'est du bon sens.
00:44:05C'est ce que toutes les civilisations avancées
00:44:06ont fait en Grèce,
00:44:08la Rome antique
00:44:10et bien évidemment,
00:44:11en ce moment,
00:44:12dans les pays d'Europe du Sud.
00:44:14Il n'y a pas la crème
00:44:14d'une rupture,
00:44:14d'une bataille de l'eau
00:44:15dans les départements.
00:44:16Vous voulez rassurer là-dessus ?
00:44:18Là aussi,
00:44:18si on instrumentalise
00:44:20et si on caricature,
00:44:21bien évidemment,
00:44:22ça peut être le cas
00:44:23mais ce n'est pas la volonté.
00:44:24La volonté,
00:44:25c'est justement
00:44:26de soutenir
00:44:27et de garantir
00:44:28notre souveraineté alimentaire
00:44:29et de s'adapter
00:44:30aux évolutions climatiques.
00:44:32Il faut aussi s'adapter.
00:44:33Il faut lutter
00:44:34contre le réchauffement climatique.
00:44:36Ça, c'est une...
00:44:37C'est d'ailleurs,
00:44:37la France est en pointe
00:44:38avec la décarbonation
00:44:39qui s'opère dans notre pays.
00:44:41Mais bien évidemment,
00:44:43il faut aussi s'adapter
00:44:44et parmi les adaptations,
00:44:46c'est le stockage de l'eau
00:44:47quand nous en avons trop
00:44:48au profit pour l'utiliser
00:44:50quand nous en manquons.
00:44:51Eh bien, merci.
00:44:52Merci, Franck Mélenon.
00:44:53Franck Mélenon est venu
00:44:54faire cette pédagogie
00:44:55micro-public-sénat.
00:44:56Nous, on va écouter
00:44:57un deuxième extrait
00:44:58des échanges
00:44:59cette semaine en séance,
00:45:00notamment ce débat
00:45:01autour de l'eau
00:45:02qu'on a vu cette semaine
00:45:03en écoute.
00:45:04Ce projet de loi,
00:45:06vous le savez tous,
00:45:07est né d'une écoute,
00:45:09celle des agriculteurs
00:45:10dont le malaise
00:45:11nous a interpellés
00:45:12et dont les défis
00:45:13nous engagent.
00:45:15Notre responsabilité,
00:45:16c'est d'y répondre
00:45:17sans sacrifier
00:45:19l'avenir commun.
00:45:20car l'eau,
00:45:22bien commun,
00:45:23irremplaçable,
00:45:25est au cœur
00:45:25de nos territoires
00:45:26et de nos économies.
00:45:28Les articles sur l'eau
00:45:29que nous allons démarrer,
00:45:315, 6, 7 à 8,
00:45:35dans leur version initiale,
00:45:37formaient un équilibre
00:45:38ambitieux et cohérent,
00:45:40fruit d'un travail minutieux
00:45:41avec les acteurs de terrain.
00:45:43Ils incarnent une vision globale
00:45:46du cycle de l'eau,
00:45:47sécuriser l'accès à la ressource
00:45:50pour les projets agricoles
00:45:51dans le respect des réalités
00:45:57locales et de la disponibilité.
00:45:59Car oui,
00:46:01chaque bassin a ses spécificités
00:46:03et chaque goutte compte.
00:46:05Protéger durablement
00:46:07nos captages,
00:46:08garantis de notre sécurité sanitaire
00:46:11et alimentaire
00:46:11pour les générations futures.
00:46:13Aussi,
00:46:15réconcilier développement
00:46:16et préservation
00:46:17avec une compensation
00:46:18des zones humides
00:46:20juste et proportionnée,
00:46:22car la biodiversité
00:46:23n'est pas un luxe,
00:46:24c'est notre assurance vie
00:46:26face aux crises climatiques.
00:46:28Cet équilibre,
00:46:30nous l'avons construit
00:46:31avec pragmatisme,
00:46:32parce que la transition
00:46:34des agriculteurs
00:46:35ne se décrète pas,
00:46:36elle s'accompagne.
00:46:37parce que l'adaptation
00:46:39au changement climatique
00:46:40exige des solutions
00:46:42ni dogmatiques,
00:46:44ni court-termistes,
00:46:45mais ancrées dans la science
00:46:46et le dialogue territorial.
00:46:49Pourtant,
00:46:49les amendements
00:46:50adoptés en commission
00:46:51la semaine dernière
00:46:52menacent cette ligne rouge.
00:46:55Ils risquent
00:46:56de déséquilibrer un texte
00:46:58qui se voulait équilibré
00:47:00au moment même
00:47:01où la sécheresse s'installe
00:47:02dans nos campagnes
00:47:03et où les Français
00:47:04attendent de nous
00:47:05une gestion sobre
00:47:07et solidaire
00:47:08de leur patrimoine naturel.
00:47:10Mesdames et messieurs
00:47:11les sénateurs,
00:47:12le choix est clair.
00:47:13Soit nous cédons
00:47:14à la facilité,
00:47:16au risque d'aggraver
00:47:17les tensions
00:47:17sur la ressource
00:47:18et de fragiliser
00:47:20nos agriculteurs
00:47:21de demain,
00:47:21soit nous assumons
00:47:23notre responsabilité collective,
00:47:27celle de concilier
00:47:28urgence économique
00:47:29et impératif écologique
00:47:31sans opposer
00:47:32les uns aux autres.
00:47:33La transition écologique,
00:47:35ce n'est pas dire
00:47:36non par principe,
00:47:38c'est dire comment,
00:47:39comment innover,
00:47:40comment partager,
00:47:42comment anticiper.
00:47:43Ce texte doit en être
00:47:45la preuve
00:47:45et je compte
00:47:46sur votre sagesse
00:47:47à tous.
00:47:47Merci à vous.
00:47:49Je vous remercie.
00:47:49Monsieur le rapporteur.
00:47:53Madame la Présidente,
00:47:55je voudrais,
00:47:56pour reprendre la parole
00:47:57derrière Madame la Ministre
00:47:58de l'Environnement,
00:48:00faire quelques petits points
00:48:01de précision.
00:48:02Je lis,
00:48:04et c'est un texte
00:48:05du gouvernement,
00:48:06que le chapitre 1
00:48:07s'est développé
00:48:08et sécurisé
00:48:09le stockage de l'eau
00:48:10pour les agriculteurs
00:48:10et l'ensemble des usagers.
00:48:13J'ai dit hier
00:48:15qu'il tombait en France
00:48:17500 milliards
00:48:18de mètres cubes par an.
00:48:2060% sont évapotranspirés.
00:48:23Ce n'est pas moi
00:48:24qui le dis,
00:48:25mais la réalité
00:48:26de la quantité d'eau
00:48:28qui est renouvelable,
00:48:30ressources renouvelables,
00:48:32Madame la Ministre,
00:48:33c'est 211 milliards
00:48:34de mètres cubes.
00:48:36211.
00:48:37La France en utilise
00:48:3918 milliards
00:48:41pour l'énergie,
00:48:436 milliards
00:48:43pour l'eau domestique,
00:48:463 milliards
00:48:47pour l'agriculture,
00:48:49soit 1,5%
00:48:51des 211 milliards
00:48:54de mètres cubes.
00:48:55La réalité
00:48:56de ce que nous allons
00:48:57discuter
00:48:59dans l'article 5a
00:49:01avec le doublement
00:49:03du volume.
00:49:04Si nous estimons
00:49:05que ce doublement
00:49:06du volume
00:49:06se situe
00:49:07aux alentours
00:49:07de 800 millions
00:49:10à 1 milliard
00:49:11de mètres cubes,
00:49:13nous allons passer
00:49:14la part de l'agriculture
00:49:15de 1,5%
00:49:17des ressources
00:49:19renouvelables annuelles
00:49:20à 2.
00:49:22Nous allons rajouter
00:49:230,5%.
00:49:25Et la réalité,
00:49:26c'est que quand on se compare,
00:49:28Madame la Présidente,
00:49:30la France,
00:49:32qui est le pays
00:49:33béni des dieux
00:49:33et qui n'a jamais eu
00:49:34autant d'eau
00:49:35que tous les autres pays,
00:49:38l'Espagne,
00:49:39l'Allemagne,
00:49:40l'Italie,
00:49:42utilisent de cette ressource
00:49:43renouvelable
00:49:44ces 211 milliards
00:49:46de mètres cubes,
00:49:4812,5%.
00:49:50Le texte
00:49:51que je propose,
00:49:52c'est de passer
00:49:53de 12,5%
00:49:54à 13%.
00:49:561,5% de plus
00:49:59pour 1 milliard
00:50:00de mètres cubes
00:50:00stockés,
00:50:01non pas pour faire plaisir
00:50:03aux agriculteurs
00:50:03et pour qu'ils s'accaparent
00:50:04l'eau,
00:50:05mais pour éviter
00:50:06qu'on emprunte
00:50:072 milliards de mètres cubes
00:50:08d'eau à l'Espagne
00:50:09ou au Maroc
00:50:09pour faire venir
00:50:10des tomates
00:50:11ou des fruits
00:50:12qui sont gavés
00:50:13de cette eau
00:50:13qui n'est pas venue
00:50:14de France.
00:50:17Ces 12,5%
00:50:23qui vont troncer
00:50:24si vous acceptez
00:50:25de voter
00:50:26l'article 5A
00:50:27à 13%,
00:50:28Madame la Présidente,
00:50:30il faut les comparer.
00:50:32Eh bien,
00:50:32Madame la Ministre,
00:50:33quand je les compare,
00:50:35des pays
00:50:36comme l'Allemagne,
00:50:38je vous rappelle
00:50:39qu'en Allemagne,
00:50:40quand en France,
00:50:41vous avez
00:50:433078 mètres cubes
00:50:44chacun
00:50:45toutes les années
00:50:46qui tombent.
00:50:47Un Allemand
00:50:48n'en a que 1 000,
00:50:50c'est-à-dire
00:50:503 fois moins
00:50:51et pourtant,
00:50:52l'Allemagne
00:50:53utilise 16%
00:50:55de sa ressource
00:50:56renouvelable
00:50:57quand nous,
00:50:58on est à 12,5.
00:51:00La Belgique
00:51:01utilise 22%
00:51:02de cette ressource.
00:51:04L'Espagne
00:51:05utilise 28%
00:51:07de cette ressource.
00:51:08Nous stockons,
00:51:09Madame la Présidente,
00:51:11154 mètres cubes
00:51:13par habitant
00:51:13en France.
00:51:14L'Espagne
00:51:15en stocke
00:51:171150 mètres cubes
00:51:18par an
00:51:19et par habitant.
00:51:20Quand va-t-on sortir
00:51:22de ce dogme
00:51:22qui consiste
00:51:23à ne plus pouvoir
00:51:24utiliser l'eau
00:51:25alors qu'il n'y en a
00:51:27jamais autant eu
00:51:27en France
00:51:28que par rapport
00:51:29aux autres pays européens ?
00:51:30Quand va-t-on sortir
00:51:31de ce problème dogmatique
00:51:33qui consiste
00:51:34à importer
00:51:34pour 6 milliards
00:51:35de fruits
00:51:36et de légumes
00:51:37qui font
00:51:37qu'on importe
00:51:382 milliards
00:51:39de mètres cubes
00:51:39d'eau virtuelle
00:51:40à des pays
00:51:41qui n'en ont quasiment
00:51:42pas suffisamment
00:51:43pour faire boire
00:51:43leur population ?
00:51:44Quand va-t-on sortir
00:51:46de ces statures
00:51:47qui consistent
00:51:48à faire port aux gens
00:51:49pour les culpabiliser
00:51:51pour finir par interdire ?
00:51:52La réalité de la France,
00:51:54c'est que la France agricole,
00:51:55elle a toujours nourri
00:51:56les Français.
00:51:56c'est soit-t-on
00:51:57que la France agricole
00:51:58ne sourisse plus personne
00:51:59et que ce soit
00:52:00que les pays voisins
00:52:01qui ont moins d'eau
00:52:02que nous
00:52:02qui finalement
00:52:03nous nourrissent.
00:52:06Je voudrais juste
00:52:07donner une information
00:52:08claire
00:52:09avant qu'on commence
00:52:10les débats
00:52:10de cet article,
00:52:11de ces articles 5
00:52:12et j'aurais aimé
00:52:13savoir
00:52:14et m'adresser
00:52:14au rapporteur Duplon
00:52:16pour savoir
00:52:16à qui s'adresser
00:52:17avec son propos passionné
00:52:18qui nous a déjà
00:52:20dispensé en commission
00:52:21à différentes entreprises
00:52:22avec les mêmes chiffres,
00:52:23etc.
00:52:24Pour mon groupe,
00:52:26je l'ai dit
00:52:27à différentes reprises
00:52:28de façon très claire,
00:52:29très solennelle,
00:52:30nous ne sommes pas opposés
00:52:32au stockage de l'eau.
00:52:35Très clairement.
00:52:36Mais vous n'avez pas...
00:52:37Voilà.
00:52:38Donc, on a évidemment
00:52:39des exigences,
00:52:40on a évidemment
00:52:40un autre point de vue
00:52:41quant à la régulation,
00:52:43quant au partage de l'eau,
00:52:44mais jamais,
00:52:45jamais au grand jamais,
00:52:46nous n'avons dit
00:52:46que nous étions
00:52:48contre le stockage de l'eau.
00:52:49Parce que je vois déjà
00:52:50sur les réseaux,
00:52:51en fonction de la prise de parole
00:52:52que j'ai faite hier
00:52:52avec la DG,
00:52:53la prise de parole
00:52:54que vous avez faite vous,
00:52:55déjà,
00:52:55on nous stigmatise
00:52:56les uns et les autres
00:52:57dans un camp
00:52:57ou dans un autre.
00:52:58Donc, je pense qu'avant
00:52:59de rentrer dans le débat,
00:53:00dans le fond du débat,
00:53:01c'est important
00:53:02de nous rappeler,
00:53:04monsieur le rapporteur Duplomb,
00:53:05à qui vous vous adressiez
00:53:06quand vous aviez
00:53:07ces propos
00:53:07s'ils enflammés.
00:53:12La parole est à monsieur Salmon.
00:53:19Merci, madame la présidente.
00:53:21Effectivement,
00:53:21nous sommes au Sénat
00:53:23et je pense qu'on a une image
00:53:25et qu'il ne faut pas la détériorer
00:53:27avec des propos outranciers,
00:53:30caricaturaux.
00:53:31Je pense qu'il y a dans ce pays
00:53:33des scientifiques
00:53:34qui méritent le respect,
00:53:36des agents de l'État
00:53:37qui méritent le respect
00:53:38et qui font leur travail.
00:53:39Et je pense qu'on devrait avoir
00:53:41beaucoup d'humilité
00:53:42par rapport à de nombreux aménageurs
00:53:44qui ont cru,
00:53:45à coups de bon sens,
00:53:46bien faire
00:53:47et qui, aujourd'hui,
00:53:49nous montrent
00:53:49qu'il y a des impasses.
00:53:51Regardons l'histoire,
00:53:52regardons le monde,
00:53:54regardons la mer d'Aral,
00:53:56tout simplement,
00:53:57où l'on a pompé
00:53:59et pompé
00:54:00dans les fleuves
00:54:01qui l'alimentaient
00:54:02pour le coton
00:54:03et, aujourd'hui,
00:54:05eh bien,
00:54:05elle est réduite à néant.
00:54:07Regardons ce qui se passait
00:54:09également en Californie,
00:54:10regardons le Colorado
00:54:11qui a, aujourd'hui,
00:54:12bien du mal à arriver
00:54:14jusqu'à la mer.
00:54:15Les exemples sont multiples
00:54:16dans le monde
00:54:17où il y a eu
00:54:18une gestion
00:54:18complètement insensée
00:54:20de l'eau.
00:54:22Donc,
00:54:22je veux bien
00:54:23que notre pays
00:54:24soit béni des dieux
00:54:25et que l'on puisse
00:54:26faire un petit peu
00:54:28ce que l'on veut,
00:54:29mais je pense
00:54:30qu'avant tout,
00:54:31il est une question
00:54:32importante,
00:54:33c'est la question
00:54:34de la démocratie
00:54:35et du fait
00:54:37qu'il faut
00:54:39gérer cette eau
00:54:40avec l'ensemble
00:54:42des usagers,
00:54:43avec l'ensemble
00:54:44des partenaires,
00:54:44avec l'ensemble
00:54:45des citoyens
00:54:46et s'appuyer
00:54:47sur des réflexions
00:54:49qui sont basées
00:54:49également sur la science
00:54:51et pas sur un
00:54:52soi-disant bon sens
00:54:54qui serait au-dessus
00:54:55de tout
00:54:56et qui se contente
00:54:57de faire quelques règles
00:54:58de trois
00:54:58pour définir
00:55:00la politique
00:55:01de l'eau
00:55:01de la France.
00:55:02C'est un peu
00:55:03plus compliqué
00:55:03que ça
00:55:04et moi,
00:55:05je demande
00:55:06à chacun
00:55:06d'essayer
00:55:07de prendre
00:55:07un peu de hauteur
00:55:08dans cet hémicycle.
00:55:09Merci.
00:55:10Allez,
00:55:11deuxième invité
00:55:12sur ce thème,
00:55:13Simon Isna,
00:55:13bonjour.
00:55:14Bonjour Quentin.
00:55:14Sénateur socialiste
00:55:15du Morbihan,
00:55:16la Bretagne,
00:55:17une grande terre
00:55:17agricole en France.
00:55:19Que pensez-vous
00:55:20des modifications
00:55:20de la droite
00:55:21et du centre
00:55:22au Sénat,
00:55:22notamment sur la gestion
00:55:23de l'eau ?
00:55:24On a vu la majorité
00:55:25qui a voté
00:55:26le doublement
00:55:26des volumes
00:55:27de stockage d'eau
00:55:28à Horizon 2035,
00:55:29la ministre
00:55:30de la Transition écologique
00:55:31qui a défendu
00:55:31le stockage
00:55:32mais pas à n'importe
00:55:33quel prix,
00:55:34craignant d'aller
00:55:34vers un modèle
00:55:35espagnol.
00:55:35Qu'est-ce que
00:55:36vous en pensez ?
00:55:36Écoutez,
00:55:37nous avons pu le dire
00:55:38avec les collègues
00:55:39et en particulier
00:55:39notre chef de file
00:55:40Jean-Claude Tissot,
00:55:41nous sommes favorables
00:55:43au stockage
00:55:44de l'eau.
00:55:45Nous l'avons dit
00:55:46sur les retenues
00:55:48collinaires
00:55:48ou les retenues
00:55:49de substitution,
00:55:50peu importe le terme
00:55:51que l'on emploie,
00:55:52nous y sommes favorables.
00:55:53Et le doublement ?
00:55:54Mais en revanche,
00:55:55nous le disons,
00:55:56cela ne doit pas se faire
00:55:57à n'importe quelle condition.
00:55:59Dans l'intérêt même
00:55:59des agriculteurs d'ailleurs,
00:56:01cela a été redit aussi
00:56:03par des sénateurs
00:56:04parce que cela aujourd'hui
00:56:06coûte de l'argent
00:56:07aux agriculteurs
00:56:07et cela en coûtera
00:56:08encore davantage demain.
00:56:09Et sur la gestion
00:56:11de la ressource en eau,
00:56:12on ne peut pas considérer
00:56:13de façon indifférenciée
00:56:14l'ensemble
00:56:15du territoire national.
00:56:17Donc ce que nous disons,
00:56:18c'est que oui
00:56:19au stockage de l'eau,
00:56:20pour autant,
00:56:21nous devons veiller
00:56:22à ce que ces retenues
00:56:23aient véritablement
00:56:25une vocation multi-usage
00:56:27parce qu'on le voit bien
00:56:28avec les épisodes
00:56:29de Canicule,
00:56:30on peut se retrouver
00:56:31très rapidement
00:56:31dans des situations
00:56:32de tension
00:56:33entre les agriculteurs,
00:56:35les autres acteurs économiques,
00:56:36les habitants.
00:56:37Donc il faut veiller
00:56:38à cet équilibre
00:56:39et ensuite,
00:56:40l'importance
00:56:40d'un portage public.
00:56:42Nous, nous y attachons
00:56:43là aussi
00:56:45un caractère prioritaire.
00:56:47Donc voilà,
00:56:48nous redisons cet essentiel
00:56:50et le dernier point
00:56:51parmi les sujets
00:56:52dont nous avons débattu,
00:56:53c'est la défiance
00:56:54de la droite sénatoriale
00:56:56à l'égard des élus locaux.
00:56:57Nous nous considérons
00:56:58que les élus locaux,
00:56:59dans le cadre des sages,
00:57:01dans le cadre des différents
00:57:02documents de planification,
00:57:04dans le cadre des clés,
00:57:04ils ont un rôle
00:57:05absolument central à jouer.
00:57:07Oui,
00:57:07vous avez peur
00:57:07que la droite sénatoriale
00:57:08rouvre une bataille de l'eau
00:57:11avec cette concurrence
00:57:11autour des usages
00:57:13dans les départements ?
00:57:14Mais en tout cas,
00:57:15on le voit bien
00:57:16dans les chiffres
00:57:16qui pouvaient être évoqués,
00:57:18notamment par le rapporteur
00:57:20Laurent Duplomb,
00:57:21faisant des comparaisons
00:57:23avec des pays
00:57:24notamment du sud de l'Europe
00:57:25mais qui ne connaissent
00:57:26absolument pas
00:57:27la même pluviométrie
00:57:28que la nôtre,
00:57:29disant
00:57:29nous on consomme
00:57:30beaucoup moins d'eau
00:57:31pour l'irrigation.
00:57:32Évidemment,
00:57:33parce qu'on n'a pas
00:57:33le même climat
00:57:34et donc nous devons
00:57:36veiller à cela
00:57:36à la fois sur la quantité
00:57:38d'eau mais aussi
00:57:38sur la qualité d'eau
00:57:39avec les enjeux budgétaires
00:57:41et financiers,
00:57:42en particulier
00:57:42pour les collectivités locales.
00:57:43Le Sénat qui a adopté
00:57:44la réintroduction
00:57:45de deux insecticides
00:57:47dont un de la famille
00:57:48des néonicotinoïdes
00:57:49interdit en France
00:57:50depuis plusieurs années.
00:57:51On a entendu
00:57:52à ce micro
00:57:52Franck Ménonville rappeler
00:57:54que c'était une dérogation
00:57:55et que c'était très bien
00:57:55encadré dans le texte
00:57:56de la droite et du centre.
00:57:58Qu'est-ce que vous en pensez vous ?
00:57:59Nous nous élevons
00:58:00complètement contre ce choix.
00:58:02Nous l'avons déjà dit
00:58:03il y a un an
00:58:04à l'occasion
00:58:05de l'examen d'alloi du plomb.
00:58:08Mais ce que nous disent
00:58:09aussi les filières,
00:58:10là encore,
00:58:10il ne faut pas se tromper,
00:58:12c'est qu'en réalité
00:58:13des alternatives existent
00:58:14et qu'elles seront
00:58:15d'autant plus productives
00:58:17et efficaces
00:58:17que nous les encourageons.
00:58:19Or là,
00:58:20avec ce type de dérogation,
00:58:21c'est justement
00:58:22tout l'inverse
00:58:22que nous faisons.
00:58:23C'est dire,
00:58:24en fait,
00:58:24en réalité,
00:58:25ne vous inquiétez pas,
00:58:25on n'a pas besoin
00:58:26des alternatives,
00:58:27on ne va pas mettre
00:58:28les moyens nécessaires.
00:58:29Or,
00:58:30il y a bien des sujets
00:58:31environnementaux,
00:58:31des sujets de santé publique,
00:58:33tout cela est avéré,
00:58:35documenté.
00:58:36Et donc là aussi,
00:58:36quand on a des rapports...
00:58:37Mais tout le reste de l'Europe
00:58:37l'utilise,
00:58:38ce n'est pas un argument ça
00:58:39de faire que la France
00:58:39est la seule à surtransposer
00:58:41cette interdiction ?
00:58:41Non mais encore une fois,
00:58:42quand il est question
00:58:43de protection de nos écosystèmes
00:58:45et de la santé publique,
00:58:47il ne doit pas y avoir
00:58:48de débat
00:58:49de notre point de vue.
00:58:50Et encore une fois,
00:58:51des alternatives existent,
00:58:52on le voit sur un certain
00:58:53nombre de filières,
00:58:54notamment les betteraves.
00:58:56Elles n'ont pas connu
00:58:57de difficultés
00:58:57alors même que l'acétamipride
00:59:00était interdite.
00:59:01On peut s'en passer
00:59:01souvent dans vous.
00:59:02Donc,
00:59:03encore une fois,
00:59:04s'il y a cette volonté politique,
00:59:05parce qu'on le redit
00:59:06de façon très claire,
00:59:07les premières victimes
00:59:08des dérèglements écologiques,
00:59:09des problèmes en matière
00:59:10de santé publique,
00:59:11ce sont les agriculteurs.
00:59:12Donc, en réalité,
00:59:13nous travaillons pour eux.
00:59:14Qu'est-ce qui va se passer
00:59:15en commission mixte paritaire
00:59:16à la prochaine étape ?
00:59:16Est-ce que vous pensez
00:59:17qu'à la fin,
00:59:18le retour de ces molécules
00:59:19figurera dans le texte,
00:59:20selon vous ?
00:59:21Écoutez,
00:59:22je souhaite que ce ne soit pas le cas.
00:59:23Et les équilibres en présence,
00:59:24qu'est-ce qu'ils vous font dire
00:59:25en ce moment ?
00:59:26Écoutez,
00:59:27c'est compliqué au regard
00:59:28de l'instabilité
00:59:29qui règne notamment
00:59:30du côté de l'Assemblée nationale,
00:59:31mais la ministre
00:59:32de l'Agriculteur elle-même
00:59:33a exprimé de très gros doutes
00:59:34sur le sujet.
00:59:35Donc, nous,
00:59:36nous ferons tout
00:59:37pour que ce ne soit pas le cas.
00:59:38Mais ce que nous notons,
00:59:39au-delà même de l'acétamipride,
00:59:40c'est que la droite sénatoriale,
00:59:42aujourd'hui,
00:59:42au moment où nous nous parlons,
00:59:44nous avons défendu,
00:59:44nous les sénateurs socialistes,
00:59:46140 amendements.
00:59:47Sur les 140 amendements,
00:59:48137 rejetés.
00:59:5098% de rejets.
00:59:52Est-ce que ça vous fait dire
00:59:52qu'il y a comme ça ?
00:59:53Une opposition systématique.
00:59:55C'est de fait une obstruction.
00:59:57Et on le voit bien,
00:59:58même quand des mesures
00:59:59très clairement
01:00:00à l'avantage des agriculteurs
01:00:01sur le foncier.
01:00:03Nous appelons à la cohérence,
01:00:04notamment entre le besoin
01:00:05de préserver les fonciers agricoles
01:00:07et de pouvoir doter
01:00:09les élus locaux
01:00:10d'outils nécessaires
01:00:11sur la protection
01:00:12de l'environnement,
01:00:13sur la ressource en eau.
01:00:15Systématiquement,
01:00:15c'est un tiers de barrage.
01:00:17Donc, évidemment,
01:00:18tout cela ne met pas
01:00:19les meilleures conditions
01:00:20pour la commission mixte paritaire.
01:00:21Eh bien, merci.
01:00:22Merci, Simon-Yves.
01:00:22Merci, Quentin.
01:00:23Pour tous ces éclairages,
01:00:24on suivra la fin de ce parcours.
01:00:25Merci.
01:00:26Merci.
01:00:30Allez, on en vient
01:00:31au dernier thème
01:00:32dans cette émission
01:00:33et l'audition d'Éric Trappier,
01:00:34le PDG de Dassault Aviation.
01:00:36Il est revenu en audition
01:00:38sur l'échec
01:00:38de l'avion européen SCAF,
01:00:40acté il y a quelques semaines.
01:00:42On l'écoute.
01:00:42Ça ne vous a pas échappé
01:00:43que le contexte international
01:00:45reste d'une certaine manière
01:00:47très instable.
01:00:49On se réjouit
01:00:50d'un certain cessez-le-feu,
01:00:52je pèse mes mots devant vous,
01:00:55au Moyen-Orient,
01:00:56très instable et très précaire.
01:01:00Une guerre qui va laisser
01:01:01quand même des traces
01:01:02d'inquiétude
01:01:04dans les pays de la région
01:01:05et donc,
01:01:05quand il y a de l'inquiétude,
01:01:07il y a forcément
01:01:10un futur qui est incertain.
01:01:14La guerre en Ukraine
01:01:15qui se poursuit,
01:01:16qui ne s'arrête pas,
01:01:17qui est toujours
01:01:20au bord de nos frontières
01:01:21et même qui redouble
01:01:23avec des avancées
01:01:25des uns ou des autres,
01:01:26mais en réalité,
01:01:27une guerre qui est partie
01:01:28encore pour durer
01:01:29et qui, bien sûr,
01:01:31peut réveiller
01:01:32un certain nombre
01:01:33de consciences en Europe,
01:01:35virgule ou pas,
01:01:36point d'interrogation.
01:01:38Vous avez vu dans ces guerres
01:01:40l'utilisation massive
01:01:41des drones.
01:01:43Je pense qu'il faut aussi
01:01:46raison garder.
01:01:47Dans les drones,
01:01:48il y a plusieurs classifications
01:01:49de drones,
01:01:50on pourra y revenir.
01:01:51Il y a des drones de combat
01:01:52de la taille d'un avion de combat
01:01:54chargé d'être opéré
01:01:56avec les avions de combat.
01:01:57Vous avez des drones
01:01:59de surveillance.
01:02:00On a beaucoup parlé
01:02:01de l'euro-drone.
01:02:03On pourra aussi en parler
01:02:04si vous le souhaitez.
01:02:06Et puis,
01:02:06il y a l'émergence
01:02:08de petits drones,
01:02:09nombreux,
01:02:10pas chers,
01:02:12qui ne font absolument
01:02:13pas le même travail
01:02:14que ce que pourraient faire
01:02:15des drones plus importants,
01:02:17voire des avions de combat,
01:02:18voire des bâtiments
01:02:20de surface
01:02:20ou des tirs d'artillerie
01:02:23ou des tirs de missiles
01:02:24sol-sol.
01:02:25Donc,
01:02:25tout ça fait un paysage
01:02:27assez complexe.
01:02:29Et je vais essayer
01:02:31de vous dire
01:02:32ce que nous,
01:02:33Dassault,
01:02:34on est en train de faire.
01:02:35La société se porte
01:02:37d'abord bien.
01:02:40Je vais commencer
01:02:41par le civil
01:02:41pour,
01:02:42avant de revenir,
01:02:43bien sûr,
01:02:44aux militaires.
01:02:44mais on vient
01:02:45de faire voler
01:02:45le Falcon 10X,
01:02:46qui est un avion
01:02:48le plus grand
01:02:49et la plus grande masse
01:02:52qu'on ait jamais fait
01:02:52depuis le Mercure.
01:02:54Il y a de ça
01:02:54quand même assez longtemps.
01:02:55Je pense qu'on est
01:02:56les seuls avionneurs
01:02:57au monde aujourd'hui
01:02:58à faire voler
01:02:58un nouvel avion
01:02:59complètement nouveau.
01:03:00Ça ne s'est pas fait
01:03:01depuis bien longtemps
01:03:03de part et d'autre
01:03:04de l'Atlantique.
01:03:06Comme vous le savez,
01:03:07Boeing et Airbus
01:03:07doivent préparer
01:03:08leur futur monocouloir.
01:03:10Ce n'est quand même
01:03:11pas encore pour tout de suite,
01:03:12ni pour le premier vol,
01:03:13ni pour les livraisons.
01:03:16Ceux d'avant,
01:03:16c'est des versions
01:03:17modernes qui ont été faites.
01:03:19Chez nos concurrents,
01:03:20que ce soit
01:03:22Bombardier
01:03:22ou Golfstream,
01:03:24c'est déjà
01:03:25depuis un certain temps
01:03:26qu'ils n'ont pas fait
01:03:27voler un avion
01:03:27totalement nouveau.
01:03:28Et vous avez
01:03:30l'avion de Bombardier
01:03:31régional,
01:03:32l'A220,
01:03:33qui a été commercialisé
01:03:36par Airbus.
01:03:37Donc,
01:03:37c'est quand même
01:03:37une prouesse.
01:03:38Ça veut dire
01:03:39que nos équipes
01:03:40d'ingénieurs
01:03:40avec leur petit bureau
01:03:41d'études,
01:03:42en parallèle de faire
01:03:43ce qu'elles doivent faire
01:03:44sur le militaire,
01:03:45continuent à garder
01:03:46cette compétence
01:03:48de l'avion,
01:03:49de tous ces métiers,
01:03:50qui ne sont pas
01:03:51tout à fait les mêmes
01:03:51que ceux
01:03:52des avions de combat.
01:03:53Mais,
01:03:54chez nous,
01:03:54les gens passent
01:03:55de l'un à l'autre
01:03:56en fonction
01:03:56de la charge de travail.
01:03:58Je reviens donc
01:03:58sur le sujet principal.
01:04:00D'abord,
01:04:00le rafale.
01:04:01On continue
01:04:02la montée
01:04:03en cadence.
01:04:05Cette montée
01:04:05en cadence
01:04:06répond à un besoin
01:04:08de livraison
01:04:09des avions
01:04:10principalement
01:04:10à l'export,
01:04:11parce que,
01:04:11comme vous le savez,
01:04:12les livraisons
01:04:13à la France
01:04:13sont plutôt
01:04:15de petite quantité
01:04:16dans les années à venir.
01:04:18Donc,
01:04:19ça se passe bien.
01:04:20C'est toujours
01:04:21un exercice difficile
01:04:23parce qu'il faut
01:04:24faire monter en cadence
01:04:25aussi la supply chain
01:04:27dans une ambiance globale
01:04:29où l'aéronautique monte
01:04:30en cadence,
01:04:31l'aéronautique civile.
01:04:31et par conséquent,
01:04:33c'est un travail
01:04:34de tous les jours
01:04:34pour s'assurer
01:04:35que cette supply chain
01:04:38suit cette montée
01:04:39en cadence
01:04:39du rafale.
01:04:40Comme vous le savez,
01:04:41Dassault n'est pas seul
01:04:41à faire le rafale.
01:04:42C'est tout,
01:04:43avec nos deux grands partenaires
01:04:45que sont Safran et Thalès,
01:04:46c'est aussi 400 entreprises
01:04:48réparties sur le territoire
01:04:50qui montent en puissance
01:04:51et qui sont d'ailleurs,
01:04:53quand je les visite
01:04:53au titre du LUMM,
01:04:55très fiers
01:04:56d'avoir une petite partie
01:04:58de rafales
01:04:58qui volent tous les jours.
01:05:01Sur le rafale,
01:05:03le choix français
01:05:04qui a été fait,
01:05:05qu'on salue,
01:05:06c'est le développement
01:05:07de ce qu'on a appelé
01:05:08le F5,
01:05:09qui donne pratiquement
01:05:12une modernisation
01:05:14assez forte
01:05:15du rafale
01:05:17pour les années 2035.
01:05:18On volera un peu avant.
01:05:21On aura même,
01:05:22très certainement,
01:05:23un standard intérimaire
01:05:25dès 2032-33.
01:05:29des changements
01:05:30assez importants
01:05:31puisqu'il y a
01:05:32des prises en compte
01:05:33de besoins nouveaux,
01:05:35des retours
01:05:36d'expériences
01:05:36de nos militaires,
01:05:37des améliorations
01:05:38de capteurs.
01:05:40En réalité,
01:05:40vous avez en premier lieu
01:05:42un nouveau moteur
01:05:42qui s'inscrit
01:05:45très fortement
01:05:45dans une progressivité
01:05:47de réacquérir
01:05:49des compétences
01:05:50sur les parties chaudes
01:05:51des moteurs
01:05:52avec Safran.
01:05:53et donc ce moteur
01:05:55du rafale
01:05:57permettrait
01:05:58une première étape
01:05:59de progression
01:06:00et donnera
01:06:02évidemment
01:06:02des performances
01:06:03complémentaires
01:06:04à l'avion.
01:06:05Les capteurs
01:06:06avec un radar
01:06:08beaucoup plus puissant,
01:06:11des nouvelles contre-mesures
01:06:12qui prennent en compte
01:06:13en permanence
01:06:13les nouvelles menaces
01:06:15qui arrivent
01:06:16de partout,
01:06:17des liaisons de données
01:06:18puisque vous savez
01:06:19que l'avion
01:06:20ne travaille jamais seul,
01:06:21c'est déjà le cas aujourd'hui,
01:06:22ce sera encore moins
01:06:23le cas demain,
01:06:23donc l'intégration
01:06:24dans les réseaux
01:06:26qu'ils soient des réseaux
01:06:27autant ou autres
01:06:28pour être capable
01:06:29de travailler
01:06:30en interarmée
01:06:33et bien sûr
01:06:34l'intégration
01:06:35de nouveaux missiles
01:06:36dont le missile
01:06:38qui sera le missile
01:06:39pour la composante
01:06:40nucléaire aéroportée
01:06:41à cet horizon 2035
01:06:44qui crée
01:06:45le vrai besoin
01:06:47en termes de performance
01:06:48et de capacité
01:06:49d'intégration
01:06:50et de défense
01:06:52de l'avion
01:06:55mais d'autres missiles
01:06:56aussi
01:06:56qui sont en cours
01:06:57d'études
01:06:57des missiles RR
01:06:59un certain nombre
01:07:00d'améliorations
01:07:01des missiles
01:07:02aussi hier seul
01:07:03tout ça
01:07:04est en cours
01:07:05d'études
01:07:06le F5
01:07:07nous sommes
01:07:08en train
01:07:09de l'étudier
01:07:09avec nos partenaires
01:07:11en ce moment
01:07:12et ceci
01:07:13devrait donner lieu
01:07:14à un contrat
01:07:15de développement
01:07:16à la fin
01:07:17de cette année
01:07:18si on veut tenir
01:07:18les délais
01:07:19dont je vous ai parlé
01:07:20juste avant
01:07:22une petite déception
01:07:25c'est qu'on n'a pas encore
01:07:26lancé de drones de combat
01:07:28ça ne veut pas dire
01:07:29qu'on n'y travaille pas
01:07:30mais les contraintes budgétaires
01:07:32les évolutions
01:07:33pour nous
01:07:34le drone de combat
01:07:34c'est complémentaire
01:07:36de l'avion de combat
01:07:37ça ne le remplace pas
01:07:39ce n'est pas
01:07:39un drone de combat
01:07:41qui pourrait faire
01:07:42la guerre tout seul
01:07:43c'est un drone de combat
01:07:44qui peut intervenir
01:07:46avec l'avion de combat
01:07:48pour améliorer encore
01:07:49les performances
01:07:50de l'avion de combat
01:07:51en particulier
01:07:52en faisant un drone
01:07:53de combat
01:07:55très furtif
01:07:56vous pouvez acquérir
01:07:57la furtivité
01:07:58c'est ça qu'on avait
01:07:59un peu démontré
01:08:00même beaucoup démontré
01:08:01avec le démonstrateur
01:08:03Neurone
01:08:03mais qui est resté
01:08:04à l'époque
01:08:04l'être morte
01:08:05d'un point de vue
01:08:07programmatique
01:08:07alors qu'il était fait
01:08:08à 6 pays
01:08:10à l'époque
01:08:10les drones n'étaient pas
01:08:11encore tout à fait
01:08:12encore à l'ordre du jour
01:08:13malheureusement
01:08:16sur donc
01:08:17ce futur
01:08:18après F5
01:08:19on inscrit
01:08:21cette modernisation
01:08:22du rafale
01:08:23d'abord
01:08:24ça va nous permettre
01:08:25d'avoir une offre
01:08:26améliorée
01:08:27pour l'export
01:08:28alors on parlait
01:08:29de l'export
01:08:30un petit peu au début
01:08:31pour répondre
01:08:31au début des questions
01:08:33l'Inde
01:08:35nous fait confiance
01:08:36mais c'est vrai
01:08:37déjà depuis 1953
01:08:38donc
01:08:39on voit bien
01:08:40qu'il y a
01:08:40un attachement
01:08:42indépendant même
01:08:42des pouvoirs politiques
01:08:43et français
01:08:44et indiens
01:08:46qui ont évolué
01:08:48plusieurs fois
01:08:49de cette volonté
01:08:52de travailler
01:08:54entre France
01:08:55et Inde
01:08:55je pense que c'est
01:08:56d'une certaine manière
01:08:58et j'y mets
01:08:58des gros guillemets
01:09:01la démonstration
01:09:02que la politique étrangère
01:09:03de la France
01:09:04qui a été bien sûr
01:09:05encore plus développée
01:09:07pendant la 5ème république
01:09:09fait que
01:09:10un certain non-alignement
01:09:12on parle beaucoup
01:09:12de De Gaulle
01:09:12en ce moment
01:09:13on voit des films
01:09:15c'est bien
01:09:17cette volonté
01:09:18d'indépendance
01:09:19cette volonté
01:09:19liée à la dissuasion
01:09:21nucléaire
01:09:22maintenant
01:09:22qui fait que
01:09:24la voix de la France
01:09:25aussi
01:09:25dans le concert international
01:09:27est écoutée
01:09:28et je dirais même
01:09:30en tant que témoin
01:09:31c'est vous qui savez
01:09:31mieux que moi
01:09:32est attendue
01:09:33cette voix française
01:09:35est toujours très attendue
01:09:36et c'est ce qui fait
01:09:37que nous on peut
01:09:38de s'inscrire
01:09:38dans cette politique étrangère
01:09:40dans cette politique
01:09:42de développement
01:09:43de certains types
01:09:45d'avions de combat
01:09:47capable de la dissuasion nucléaire
01:09:49mais donc capable aussi
01:09:50de toutes les missions
01:09:52conventionnelles
01:09:52que les pays
01:09:54s'intéressent
01:09:54et se sont
01:09:55fortement intéressés
01:09:56aux rafales
01:09:57l'un des comptants
01:09:58des avions
01:09:58qu'elle a touché
01:10:01elle a eu
01:10:01à les mettre en oeuvre
01:10:02dans le cadre
01:10:03de l'opération
01:10:04Sindour
01:10:05qui est une opération
01:10:06comme toute opération
01:10:07d'ailleurs dans le monde
01:10:07aujourd'hui
01:10:08très spécifique
01:10:09et dans laquelle
01:10:09il faut toujours se garder
01:10:10de tirer des conclusions
01:10:11trop générales
01:10:13nous la
01:10:14entre guillemets
01:10:15l'appréciation
01:10:16des indiens
01:10:17que nous
01:10:17que nous avons recueillis
01:10:19en parallèle
01:10:19de nos officiels
01:10:21bien sûr
01:10:22sont tout à fait
01:10:23satisfaits
01:10:23des capacités
01:10:24de l'avion
01:10:25après un avion
01:10:26c'est pas tout
01:10:26il y a des tactiques
01:10:27il y a de l'entraînement
01:10:28il y a ce que fait
01:10:29celui qui est en face
01:10:31il y a les circonstances
01:10:32des opérations
01:10:34qui sont faites
01:10:36et par conséquent
01:10:37l'Inde
01:10:38souhaite préserver
01:10:39cette capacité
01:10:40de travailler
01:10:41avec la France
01:10:42et donc
01:10:44nous a demandé
01:10:45de faire une offre
01:10:47un peu plus grande
01:10:48214 avions
01:10:49dans laquelle
01:10:50il va falloir
01:10:51bien aussi
01:10:52être capable
01:10:53de faire
01:10:53de ce qu'on appelle
01:10:54le making India
01:10:54c'est à dire
01:10:55encore plus de travaux
01:10:56en Inde
01:10:57et en particulier
01:10:58on a prévu
01:10:59de faire l'assemblage
01:11:00final
01:11:01d'un grand nombre
01:11:02de rafales
01:11:03localement là-bas
01:11:05et on pense
01:11:06qu'on aura même
01:11:07des contrats complémentaires
01:11:08après si on réussit
01:11:09cette affaire
01:11:09cette affaire est en cours
01:11:11d'instruction
01:11:12donc je ne commenterai pas trop
01:11:13on a une ambition
01:11:16commune entre
01:11:16Indien et Français
01:11:17c'est un contrat
01:11:18qui sera un contrat
01:11:19aussi de gouvernement
01:11:19à gouvernement
01:11:21de le finaliser
01:11:22le plus vite possible
01:11:24avant la fin de l'année
01:11:25dans tous les cas
01:11:28sur l'export
01:11:29je voudrais aussi dire
01:11:30que je me suis rendu
01:11:32au Moyen-Orient
01:11:33pendant les opérations
01:11:35au Moyen-Orient
01:11:36que là aussi
01:11:38les pays
01:11:39que j'ai rencontrés
01:11:40au plus haut niveau
01:11:41de ces états
01:11:42ont une satisfaction
01:11:44très forte
01:11:44du positionnement
01:11:45de la France
01:11:46politique
01:11:48diplomatique
01:11:49géopolitique
01:11:50en réalité
01:11:50et du positionnement
01:11:52militaire
01:11:52là où par exemple
01:11:53nos avions
01:11:56basés
01:11:57à Aldafra
01:11:58ont pu opérer
01:11:59pour contribuer
01:12:00à défendre
01:12:01le pays
01:12:01avec lequel
01:12:02on a des accords
01:12:03de défense
01:12:03et nous-mêmes
01:12:05industriels
01:12:06avons conservé
01:12:08nos équipes
01:12:08là-bas
01:12:08que je salue aussi
01:12:10pour continuer
01:12:11à assurer
01:12:12le soutien
01:12:14là où d'autres
01:12:15faisaient une marche arrière
01:12:18compte tenu
01:12:18des opérations
01:12:19donc ceci
01:12:20est toujours
01:12:20très observé
01:12:21et très apprécié
01:12:23par nous
01:12:23on n'a sûrement pas
01:12:25la puissance américaine
01:12:26mais on a
01:12:27cette fidélité
01:12:28à nos engagements
01:12:30l'état
01:12:31d'une part
01:12:32à l'industriel
01:12:33d'autre part
01:12:33qui est vraiment
01:12:35à noter
01:12:36et qui est noté
01:12:37par nos clients
01:12:39export
01:12:41tout ça
01:12:41nous inscrit
01:12:42dans un futur
01:12:43donc le Rafale F4
01:12:44aujourd'hui
01:12:46donc des améliorations
01:12:48en cours
01:12:48un Rafale F5
01:12:50pour 2035
01:12:51oui les gens
01:12:53de l'export
01:12:53l'ont entendu
01:12:55l'ont vu
01:12:55ont posé des questions
01:12:57à la DGA
01:12:58ou à nous-mêmes
01:13:00on l'inscrit
01:13:01c'est post-2045
01:13:03donc aujourd'hui
01:13:04les avions
01:13:04qu'on livre
01:13:05ou qu'on va livrer
01:13:05d'ici
01:13:07post-2035
01:13:09excusez-moi
01:13:09ces avions
01:13:10qu'on va livrer
01:13:11d'ici 2035
01:13:13sont au standard
01:13:14actuel
01:13:14donc plutôt F4
01:13:16et on basculera
01:13:18à une offre
01:13:19de Rafale F5
01:13:20après 2035
01:13:22donc on aura
01:13:23à nouveau
01:13:23une période
01:13:25dans laquelle
01:13:25on pourra
01:13:27relancer
01:13:28encore plus
01:13:29les exportations
01:13:30du Rafale
01:13:30comme on sera monté
01:13:31à cadence 4
01:13:32et qu'on peut aussi
01:13:33monter à cadence 5
01:13:34notre capacité
01:13:36à fournir des avions
01:13:37il y aura une ligne
01:13:38de fabrication
01:13:39aussi en Inde
01:13:40on sera tout à fait
01:13:41prêt à prendre
01:13:42les commandes
01:13:43et on ira
01:13:43les chercher
01:13:44quand on peut aller
01:13:45les chercher
01:13:45est-ce à dire
01:13:47que le grand futur
01:13:49ne nous intéresse pas
01:13:49non pas du tout
01:13:50on cherche absolument
01:13:51à continuer
01:13:52et à poursuivre
01:13:53les études
01:13:56sur un futur
01:13:57avion de combat
01:13:58donc tout le travail
01:13:59qui a été fait
01:14:00c'est vrai
01:14:01en 9 ans
01:14:01c'est long
01:14:03vont être utilisés
01:14:05on a fait des simulations
01:14:06nos ingénieurs
01:14:07ont travaillé
01:14:07à des solutions
01:14:08des compromis
01:14:09entre aérodynamique
01:14:11furtivité
01:14:12et emport
01:14:13puisqu'il faut pouvoir
01:14:14porter des armes
01:14:15un petit peu plus lourdes
01:14:16tout ce travail
01:14:17est fait
01:14:19on échoue
01:14:20et j'en suis un peu triste
01:14:22et déçu
01:14:23qu'on n'arrive pas
01:14:24à avoir défini
01:14:26avec les deux partenaires
01:14:28un avion
01:14:29qui puisse voler
01:14:30en 2030
01:14:31un démonstrateur
01:14:33qui puisse voler
01:14:33en 2030
01:14:34ça aurait été
01:14:35quand même
01:14:35quelque chose
01:14:36de positif
01:14:37vous savez tous
01:14:39la raison
01:14:39ou les raisons
01:14:40qui ont fait
01:14:41que cette coopération
01:14:42s'arrête
01:14:44dès le départ
01:14:45on était à deux
01:14:47on était donc
01:14:48à grosso modo
01:14:49moitié-moitié
01:14:50de charge de travail
01:14:51avec un leadership
01:14:52assumé
01:14:53pour Dassault
01:14:55en tout cas
01:14:55c'était Dassault
01:14:57l'architecte
01:14:58l'arrivée des Espagnols
01:15:00a modifié
01:15:01cet équilibre
01:15:01puisque les Espagnols
01:15:02c'est aussi Airbus
01:15:03que Airbus Espagne
01:15:05répond à Airbus Allemagne
01:15:07en termes d'organisation
01:15:09d'Airbus
01:15:09qui est leur organisation
01:15:10je n'ai rien à en dire
01:15:11on s'est retrouvé
01:15:12à un tiers de travail
01:15:13contre deux tiers
01:15:14pour Airbus
01:15:16j'ai fini par accepter
01:15:17en faisant redire
01:15:18plusieurs fois
01:15:19que le leadership
01:15:20et l'architecte
01:15:21c'était bien Dassault
01:15:23et puis au fur et à mesure
01:15:24on s'est aperçu
01:15:25que Airbus souhaitait aussi
01:15:29avoir des responsabilités
01:15:31plus fortes
01:15:32dans la définition
01:15:33et donc
01:15:33soit vous voulez être
01:15:34vraiment juste à côté de nous
01:15:35et tout partager
01:15:36ou du moins partager
01:15:38beaucoup de choses
01:15:38soit même prendre
01:15:40des leaderships
01:15:40de package
01:15:42et donc petit à petit
01:15:44l'ambiance s'est dégradée
01:15:47dans les équipes
01:15:47et on est arrivé
01:15:49à un point
01:15:50où vous l'avez vu
01:15:51j'ai demandé
01:15:51une évolution de gouvernance
01:15:53parce que le 2 contre 1
01:15:54ne me permettait plus
01:15:56vu de ma fenêtre
01:15:57d'exercer ce rôle
01:15:59d'architecte
01:16:02Airbus a
01:16:03il y a 6 mois
01:16:04un peu plus de 6 mois
01:16:05dit
01:16:05on ne veut plus travailler
01:16:06avec Dassault
01:16:06moi je n'ai jamais dit
01:16:07que je ne voulais pas
01:16:07travailler avec Airbus
01:16:08au contraire
01:16:11donc là
01:16:12les choses
01:16:12étaient irréconciliables
01:16:15je ne dis pas
01:16:16qu'il y avait un accord
01:16:16entre Airbus et Dassault
01:16:17pour dire que c'était
01:16:18irréconciliable
01:16:19mais le constat
01:16:20faisait que c'était
01:16:20devenu irréconciliable
01:16:22et la conciliation
01:16:23qui est arrivée
01:16:24à la demande
01:16:24du président de la république
01:16:25et en accord
01:16:26avec le chancelier
01:16:28n'a pas permis de débloquer
01:16:29on a fait des ouvertures
01:16:30mais le fossé
01:16:32était trop grand
01:16:33donc d'un commun accord
01:16:34les deux pays
01:16:35ont décidé
01:16:36d'arrêter
01:16:37je dis les deux
01:16:37parce que l'Espagne
01:16:38derrière
01:16:40elle n'était pas
01:16:40complètement dans la conciliation
01:16:42et par conséquent
01:16:43on est en cours
01:16:45entre guillemets
01:16:46d'arrêt
01:16:46l'arrêt contractuel
01:16:48et juridique
01:16:48n'est pas fait encore
01:16:49et c'est en cours
01:16:50c'est à la DGA
01:16:51avec ses enveloppes
01:16:52de regarder comment
01:16:53on finalise
01:16:54donc ça pose évidemment
01:16:54la question du rebond
01:16:56comment on rebondit
01:16:58ben il faut
01:17:00on a des besoins
01:17:01opérationnels français
01:17:02sur cette base
01:17:03des besoins opérationnels français
01:17:05clairement exprimés
01:17:05depuis le début
01:17:06du SCAF
01:17:08et du NGF
01:17:10sur la dissuasion nucléaire
01:17:12et la taille
01:17:13de l'arme future
01:17:14sur la furtivité
01:17:16sur la capacité
01:17:18à embarquer
01:17:18à bord
01:17:19du porte-avions
01:17:20France Libre
01:17:21qui fait qu'il y a
01:17:25une fiche de besoin
01:17:26qui est clairement
01:17:26exprimée par nos armées
01:17:28sur lesquelles
01:17:28nous répondrons
01:17:29comme d'habitude
01:17:29et nous répondons
01:17:32actuellement
01:17:33en toute liberté
01:17:34dans l'exercice
01:17:36de ces fonctions
01:17:37là aujourd'hui
01:17:37pour faire
01:17:38ce que j'ai toujours appelé
01:17:39le plus petit avion
01:17:40qui fait tout
01:17:41alors c'est pas toujours
01:17:43le meilleur
01:17:43dans chaque domaine
01:17:44mais c'est le
01:17:45c'est un avion
01:17:46qui permet de tout faire
01:17:48compte tenu
01:17:48de l'ensemble
01:17:49de ses besoins
01:17:51j'ajoute
01:17:52qu'on est tout à fait
01:17:53ouvert à la coopération
01:17:54on l'a fait
01:17:55dans le cadre du neurone
01:17:57on l'a fait
01:17:58dans le cadre du NGF
01:17:59en réalité
01:18:00avec des règles du jeu
01:18:01qui sont toujours les mêmes
01:18:02il faut que les compétences
01:18:04soient mises en avant
01:18:05l'important
01:18:06c'est de servir nos armées
01:18:07c'est pas de se faire plaisir
01:18:09et par conséquent
01:18:10ni pour les uns
01:18:10ni pour les autres
01:18:11par conséquent
01:18:12il faut être sûr
01:18:13qu'on fait
01:18:13l'avion de combat
01:18:15le plus
01:18:18opérationnel
01:18:18le plus performant
01:18:19au regard
01:18:21des demandes
01:18:22de nos armées
01:18:22et qu'ils soient
01:18:23en plus exportables
01:18:24puisque vous voyez
01:18:25que dans l'équation économique
01:18:26nous ne sommes pas
01:18:27les Etats-Unis
01:18:28nous ne fabriquons pas
01:18:28des milliers
01:18:29d'avions de combat
01:18:29pour amortir
01:18:32toutes ces dépenses
01:18:33et par conséquent
01:18:34la manière
01:18:35de retrouver
01:18:37de l'argent
01:18:38c'est bien
01:18:39de l'exporter
01:18:39et la France
01:18:40en bénéficie
01:18:41je rappelle que
01:18:41quand on exporte
01:18:42un avion
01:18:43on paye
01:18:44l'ensemble
01:18:44de nos impôts
01:18:45en France
01:18:46on paye
01:18:47les caisses
01:18:47de charges sociales
01:18:48on paye
01:18:48les salariés
01:18:49qui travaillent
01:18:50et tous les sous-traitants
01:18:51sur tous les territoires
01:18:53qui eux-mêmes
01:18:54payent leurs impôts
01:18:55et payent leurs charges sociales
01:18:56donc la réalité
01:18:57aujourd'hui
01:18:58c'est qu'avec
01:18:59les grands contrats
01:18:59export
01:19:00le retour
01:19:01sur la France
01:19:01est très important
01:19:02et je ne parle même pas
01:19:03des sujets
01:19:05de royalties
01:19:06ou de licences
01:19:07qu'on peut payer
01:19:08sur l'exportation
01:19:09voilà
01:19:10donc il faut
01:19:11préserver ce modèle
01:19:13qui est quelque chose
01:19:15de fondamental
01:19:17pour la capacité française
01:19:19j'ajoute
01:19:19que si on veut faire l'Europe
01:19:21je suis un
01:19:22un fervent défenseur
01:19:23de la volonté
01:19:24de faire une Europe
01:19:25plus forte qu'aujourd'hui
01:19:26ce qui n'est pas très difficile
01:19:28en termes de volonté
01:19:30le but n'est pas
01:19:31de dupliquer
01:19:32moi j'entends
01:19:33en permanence
01:19:34la fragmentation
01:19:35si on duplique
01:19:36on va fragmenter
01:19:37encore plus
01:19:37donc le but
01:19:38c'est quand même
01:19:39d'essayer
01:19:39de prendre les compétences
01:19:40là où elles sont
01:19:41d'y agréger
01:19:42un certain nombre
01:19:43d'acteurs européens
01:19:44qui souhaiteraient
01:19:46contribuer
01:19:46sans dupliquer
01:19:48forcément
01:19:48et donc
01:19:50ouvrir à tout vent
01:19:51la propriété intellectuelle
01:19:53la capacité
01:19:53de redévelopper
01:19:54en parallèle
01:19:54des avions
01:19:55etc.
01:19:56etc.
01:19:56voilà
01:19:56ça c'est
01:19:57c'est vraiment ça
01:19:58qu'il faut faire
01:19:59si on veut être fort
01:20:00en Europe
01:20:01on en est loin
01:20:02si le budget
01:20:03de la commission européenne
01:20:04veut contribuer
01:20:05à ça
01:20:05tant mieux
01:20:05mais je pense quand même
01:20:07que le leadership
01:20:09d'un avion de combat
01:20:10à définir pour demain
01:20:12doit être en France
01:20:13indépendamment de Dassault
01:20:14il doit être avec nos armées
01:20:16qui sont sûrement
01:20:17les armées
01:20:18et notre armée de l'air
01:20:19si je mets le Royaume-Uni
01:20:20de côté
01:20:20et même si je prenais
01:20:21le Royaume-Uni
01:20:22les meilleures d'Europe
01:20:23la DGA est un outil
01:20:25qu'on peut critiquer
01:20:26qu'on critique
01:20:27mais qui est essentiel
01:20:31à cet écosystème
01:20:32depuis la dissuasion nucléaire
01:20:36et que par conséquent
01:20:38la DGA
01:20:39qui était le directeur
01:20:40de programme
01:20:40dans le cadre du neurone
01:20:41dans lequel on a fourni
01:20:42un démonstrateur
01:20:44de drones de combat
01:20:45qui a fait le travail
01:20:46d'un drone de combat
01:20:46qui volait
01:20:47qui a même volé
01:20:48dans des salons
01:20:49avec toute la sécurité
01:20:50avec une furtivité mesurée
01:20:52au-delà
01:20:53de ce qu'on espérait
01:20:54la DGA
01:20:55et Dassault
01:20:56ont réussi
01:20:56par ce leadership
01:20:58à être capables
01:20:59de faire
01:21:02des matériels
01:21:02de très haut niveau
01:21:04voilà
01:21:04donc je pense
01:21:05que tout ça
01:21:06c'est sur la table
01:21:07la page maintenant
01:21:09est à écrire
01:21:09ou à réécrire
01:21:11on est motivé
01:21:12et on est capable
01:21:14de coopérer
01:21:15on l'a démontré
01:21:16par le passé
01:21:16mais on veut coopérer
01:21:17avec des règles du jeu
01:21:18qui soient acceptées
01:21:21dès le départ
01:21:21donc il faut qu'il y ait
01:21:22des accords
01:21:23entre les états
01:21:23c'est normal
01:21:24on développe
01:21:25des matériels militaires
01:21:26et il faut qu'il y ait
01:21:27des accords
01:21:27de bonne foi
01:21:28entre les industriels
01:21:30qui contribueront
01:21:31à cet avion
01:21:32basé sur leurs
01:21:33leurs expériences
01:21:34et basé sur leur savoir-faire
01:21:36et le respect
01:21:36de ces savoir-faire
01:21:37de cette expérience
01:21:39et bonjour
01:21:40Hélène Colmé-Mouret
01:21:40bonjour
01:21:41sénatrice socialiste
01:21:42représentant les français
01:21:43de l'étranger
01:21:44Eric Trappier
01:21:45était donc reçu
01:21:46cette semaine
01:21:47il est revenu
01:21:47sur l'échec du SCAF
01:21:48ce projet
01:21:49qui avait été lancé
01:21:50en 2017
01:21:51par Emmanuel Macron
01:21:51et la chancelière allemande
01:21:53Angela Merkel
01:21:53l'idée était de remplacer
01:21:55à l'époque
01:21:55les avions Eurofighter Typhoon
01:21:56en Allemagne
01:21:57aussi le Rafale
01:21:58de Dassault en France
01:21:59à l'horizon 2040
01:22:00ce projet
01:22:01devait constituer
01:22:01l'épine dorsale
01:22:03de la puissance aérienne
01:22:04des français et des allemands
01:22:05c'est un coup dur
01:22:06ce qui s'est passé
01:22:06l'abandon de ce projet
01:22:08depuis 15 jours
01:22:09c'est un coup dur
01:22:09pour la défense européenne
01:22:11alors bien évidemment
01:22:12c'est un coup dur
01:22:13pour la défense européenne
01:22:14c'est un coup dur
01:22:14pour la France
01:22:15qui s'est entêtée
01:22:15pendant très longtemps
01:22:16à vouloir poursuivre
01:22:18ce projet
01:22:18alors que déjà
01:22:20l'année dernière
01:22:20nos amis allemands
01:22:21enfin notre partenaire allemand
01:22:23alertait sur le fait
01:22:25que nous étions dans une impasse
01:22:26et qu'ils ne pensaient pas
01:22:27que nous puissions en sortir
01:22:28les industriels
01:22:28qui n'arrivaient pas
01:22:29à s'entendre
01:22:29Dassault et Airbus
01:22:31pour l'Allemagne
01:22:31qui n'arrivent pas à s'entendre
01:22:32de ce qu'ils disaient
01:22:32depuis plusieurs mois
01:22:33enfin qu'ils le disaient
01:22:34depuis le début
01:22:35parce que nous avons
01:22:36une volonté politique
01:22:37de concrétiser l'accord
01:22:39qui a été signé
01:22:40à Aix-la-Chapelle
01:22:41il y a quelques années
01:22:41entre la France
01:22:42et l'Allemagne
01:22:43et donc ils devaient
01:22:44se retrouver finalement
01:22:45dans un projet
01:22:47très concret
01:22:49industriel
01:22:49mais qui a été
01:22:51biaisé dès le départ
01:22:52et ce biais
01:22:54s'est accentué
01:22:55avec l'arrivée
01:22:56de l'Espagne
01:22:56qui fait que
01:22:57dans un partenariat
01:22:5950-50
01:23:00finalement
01:23:00Dassault
01:23:01qui devait être
01:23:01le leader
01:23:02et Eric Rapier
01:23:03l'a rappelé
01:23:03se retrouver à un tiers
01:23:04donc il a défendu
01:23:06pendant très longtemps
01:23:08les intérêts
01:23:09de son groupe industriel
01:23:10ce qui est tout à fait
01:23:11compréhensible
01:23:12et hier
01:23:13moi j'ai noté
01:23:14quand même
01:23:14un changement de ton
01:23:15de ton
01:23:16mais aussi sur le fond
01:23:18de sa prise de parole
01:23:19parce que
01:23:20depuis le début
01:23:21Dassault explique
01:23:22qu'ils peuvent
01:23:22faire l'avion tout seul
01:23:24sur le plan technique
01:23:26il n'y a aucun doute
01:23:27par contre
01:23:27est-ce que la France
01:23:28demain
01:23:29peut faire l'avion
01:23:30tout seul
01:23:30toute seule
01:23:31et je crois que
01:23:32et c'est pour ça
01:23:33qu'il y a eu ce changement
01:23:34de ton
01:23:34où j'ai entendu
01:23:35Eric Rapier
01:23:36finalement
01:23:37ouvrir la voie
01:23:38à des possibilités
01:23:39de partenariat
01:23:40alors sans s'engager
01:23:41avec
01:23:43avec la Norvège
01:23:44par exemple
01:23:45avec les Émirats
01:23:46Arabes Unis
01:23:46peut-être
01:23:47avec le Royaume-Uni
01:23:49et puis
01:23:50cette ouverture
01:23:51et puis de dire
01:23:52aussi que
01:23:52eh bien le calendrier
01:23:54fait qu'en effet
01:23:55il va falloir
01:23:55qu'il y ait
01:23:56une accélération
01:23:57parce que
01:23:58on nous annonce
01:23:59de tous les côtés
01:24:002030
01:24:00comme étant
01:24:01un moment de bascule
01:24:03et
01:24:04on ne peut pas
01:24:05commencer
01:24:05à penser
01:24:06à 2035
01:24:07ou 2040
01:24:08pour produire
01:24:09un équipement
01:24:09qui sera utilisable
01:24:11et utilisé
01:24:11dans les décennies
01:24:13qui viennent
01:24:13donc là
01:24:14on a eu un changement
01:24:15de ton
01:24:15assez important
01:24:17mais je crois
01:24:18qu'Eric Rapier
01:24:19est aussi rattrapé
01:24:20par la réalité
01:24:21est-ce que demain
01:24:22la France peut
01:24:23se permettre
01:24:24d'être toute seule
01:24:24de construire
01:24:25un nouveau porte-avions
01:24:26un nouveau char connecté
01:24:28un système de combat
01:24:30investir dans l'IA
01:24:31investir dans le cyber
01:24:32investir dans l'espace
01:24:33investir dans le numérique
01:24:34enfin
01:24:35la liste est tellement longue
01:24:36que malgré
01:24:38l'augmentation
01:24:39que nous avons votée
01:24:40eh bien
01:24:41tout cela
01:24:42enfin le compte n'y est pas
01:24:42donc
01:24:43la politique du
01:24:44en même temps
01:24:44je crois a vécu
01:24:45et aujourd'hui
01:24:46nous devons passer
01:24:47à autre chose
01:24:48cette audition
01:24:48qui était menée
01:24:49dans le contexte
01:24:50du vote
01:24:51de l'actualisation
01:24:51de la loi de programmation
01:24:52militaire
01:24:53l'une des dernières étapes
01:24:54c'est joué cette semaine
01:24:55au Sénat
01:24:56la trajectoire financière
01:24:57du budget des défenses
01:24:58sur la période 2024-2035
01:25:00qui va donc atteindre
01:25:01436 milliards d'euros
01:25:02les socialistes
01:25:03ont voté
01:25:04pour cette trajectoire
01:25:05vous vous vouliez
01:25:06aller plus loin
01:25:07vous étiez sur la ligne
01:25:08des LR
01:25:08il fallait 50 milliards
01:25:09de plus
01:25:10et pas 36
01:25:10c'est bien ça
01:25:11alors moi j'étais
01:25:12sur la ligne
01:25:13du travail
01:25:14que j'ai réalisé
01:25:15avec mon co-rapporteur
01:25:16dans le cadre
01:25:17du programme 146
01:25:18qui est l'équipement
01:25:19des forces armées
01:25:20bien que le gouvernement
01:25:21ait annoncé
01:25:22depuis le début
01:25:22que c'était une actualisation
01:25:24budgétaire
01:25:25et qu'on ne parlait
01:25:27de rien d'autre
01:25:27l'Assemblée Nationale
01:25:28a suivi
01:25:29et donc
01:25:29s'est attachée
01:25:31à amender
01:25:31le rapport annexé
01:25:32mais ne s'est pas
01:25:33du tout attachée
01:25:34à travailler sur le texte
01:25:35nous au Sénat
01:25:36nous sommes partis
01:25:36du principe
01:25:37que nous avons besoin
01:25:38d'un débat de fond
01:25:39et d'une réflexion
01:25:40de fond
01:25:41pour nous préparer
01:25:42à la LPM prochaine
01:25:43la loi de programmation
01:25:44militaire de 2027
01:25:45qui va être absolument
01:25:47nécessaire
01:25:48d'un nouveau livre blanc
01:25:49et donc
01:25:49nous avons travaillé
01:25:50nous avons auditionné
01:25:52très très largement
01:25:53et nous sommes arrivés
01:25:54à une liste
01:25:55de trous capacitaires
01:25:57énormes
01:25:58enfin énormes
01:25:59oui
01:25:59enfin important en tout cas
01:26:00à remplir
01:26:01et donc
01:26:02en parallèle
01:26:03bien évidemment
01:26:03les crédits nécessaires
01:26:04pour remplir
01:26:05ces trous capacitaires
01:26:05et le chiffre
01:26:07auquel nous sommes arrivés
01:26:08en effet
01:26:08était 50 milliards
01:26:09bon
01:26:09moi j'en ai pas fait
01:26:10un sujet personnel
01:26:12le président de la commission
01:26:14lui oui
01:26:16a utilisé
01:26:17finalement
01:26:18cette démarche
01:26:18pour faire la démonstration
01:26:19que nous avions déjà raison
01:26:21il y a deux ans
01:26:22avec les 13 milliards manquants
01:26:23enfin bon
01:26:24et on s'est retrouvé
01:26:25dans un rapport de force
01:26:26qui n'est pas du tout
01:26:27la marque du Sénat d'ailleurs
01:26:27entre la ministre
01:26:29qui s'est braquée
01:26:29la commission
01:26:30qui s'est braquée
01:26:31et moi je suis revenu
01:26:33en disant
01:26:33voilà
01:26:33on m'a demandé un travail
01:26:34je l'ai réalisé
01:26:35j'ai fait la proposition
01:26:36à ceci près que
01:26:38mon groupe
01:26:39est très justement
01:26:40et je suis revenu à cela
01:26:41à commencer à questionner
01:26:42les 36 milliards
01:26:43à savoir
01:26:44où trouvons-nous
01:26:45les 36 milliards
01:26:45et certainement pas
01:26:47aux dépens
01:26:48des services publics
01:26:49de l'éducation
01:26:50des hôpitaux
01:26:51enfin de tout ce dont
01:26:52nous avons besoin
01:26:52et donc voilà
01:26:53c'est pour ça que nous sommes revenus
01:26:55à ces 36 milliards
01:26:56et bien heureusement
01:26:57avec une commission
01:26:58mixte paritaire
01:26:58quand même
01:26:59qui a fait la démonstration
01:27:00d'un travail différent
01:27:01entre les sénateurs
01:27:02et les députés
01:27:03dans la préparation
01:27:04dans la façon aussi
01:27:05où les groupes politiques
01:27:06sont en capacité
01:27:07de pouvoir trouver
01:27:09des compromis
01:27:09et s'entendre
01:27:10pour avancer
01:27:11et bien merci
01:27:12merci Hélène
01:27:13commémorait
01:27:13pour toutes ces explications
01:27:14au micro de Public Sénat
01:27:16merci
01:27:21et c'est la fin
01:27:22de cette émission
01:27:22merci à vous
01:27:23de l'avoir suivi
01:27:24n'hésitez pas
01:27:24à voir nos replays
01:27:26et à lire les décryptages
01:27:26de la rédaction
01:27:27c'est sur publicsénat.fr
01:27:28prochain rendez-vous
01:27:29avec l'information
01:27:30dans quelques minutes
01:27:31à 18h pour Sens Public
01:27:32c'est présenté par Thomas Hugues
01:27:34très belle suite
01:27:34des programmes
01:27:35sur Public Sénat
01:27:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:39Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:42Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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