00:00La parole est au Président Guillaume Gontard pour le groupe écologiste Solidarité et Territoire.
00:06Merci Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, pas de mauvaise polémique entre nous.
00:12La canicule n'a pas fait 10 000 morts, mais comme d'éminents spécialistes, nous redoutons un bilan terrible.
00:18Nous saluons la mobilisation des agents de l'Etat et nous associons à la peine des familles,
00:23mais nous le répétons, la canicule était prévisible et beaucoup de ses morts étaient évitables.
00:29Alors je vous le demande, combien de morts faudra-t-il pour que la France soit prête ?
00:34Le dérèglement climatique tue d'abord les plus fragiles, les personnes âgées isolées, les SDF, les enfants, les travailleurs exposés,
00:42les habitants des bouilloires thermiques.
00:44Il tue aussi le vivant, la faune, les arbres et ruine les agriculteurs.
00:49Vous n'êtes pas seul responsable du réchauffement climatique, mais vous avez la responsabilité de l'adaptation.
00:56Réduire ma prime rénov', siphonner le fonds vert, revenir sur le ZAN, remettre sur le marché des passoires thermiques,
01:04acheter des climatisateurs en urgence et prolonger les soldes n'est pas une politique d'adaptation.
01:10Monsieur le Premier ministre, il est temps de vous ressaisir.
01:15Allez-vous créer un fonds d'urgence canicule pour financer des protections solaires, des îlots de fraîcheur, une veille et
01:21des travaux d'adaptation des bouilloires thermiques ?
01:23Allez-vous négocier avec les partenaires sociaux pour adapter le travail aux fortes chaleurs et créer un congé climatique ?
01:30Allez-vous redonner aux élus locaux l'ingénierie et les moyens d'agir via le fonds vert, une facilité d
01:36'emprunt et des financements massifs pour le bâti scolaire ?
01:40Allez-vous porter ma prime rénov' à plus de 5 milliards d'euros par an pour enfin financer un programme
01:45lisible et durable de rénovation thermique ?
01:48Allez-vous faire de l'adaptation au changement climatique une priorité nationale et mettre à contribution les plus gros pollueurs
01:56?
01:57Quand la guerre est à nos portes, nous trouvons des dizaines de milliards pour la défense.
02:02A quand la même mobilisation face à la canicule ?
02:05Monsieur le ministre, gouverner, ce n'est pas compter les morts, c'est empêcher qu'ils meurent.
02:11Que allez-vous faire ?
02:12La parole est à monsieur le Premier ministre.
02:16Monsieur le Président du Sénat, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs,
02:21Monsieur le Président Guillaume Gontard, je le fais devant la Haute Assemblée,
02:26évidemment en redisant l'ensemble de l'émotion et du gouvernement,
02:29et j'en suis certain de l'ensemble de ces bancs, devant le nombre de victimes,
02:33leurs familles, et vous l'avez fait, ce qui n'était pas le cas hier, et je vous en suis
02:36infiniment reconnaissant,
02:37on peut combattre l'action du gouvernement en soutenant l'action des services de l'État,
02:42et je veux devant la Haute Assemblée dire merci aux soignants, aux pompiers, aux policiers, aux élus locaux,
02:49car quelles que soient nos convictions politiques ici,
02:54nous savons leur engagement,
02:55et nous devons les soutenir quoi qu'il arrive, et quoi qu'il en coûte,
03:00et surtout pendant les crises.
03:01La deuxième des choses, merci de la tonalité de votre question,
03:07et pour être direct, parce que nous nous connaissons un peu,
03:10pour avoir travaillé ensemble, y compris à la Commission de la Défense et des Forces armées,
03:13je pense et je crois à une forme d'éthique dans le débat politique.
03:19Je crois au débat de fond, je crois au débat d'idées,
03:22et la liste de projets, d'idées que vous avez soutenues à l'instant,
03:26montre bien que la campagne présidentielle, au fond, a déjà un peu démarré,
03:30peut-être aussi la campagne sénatoriale,
03:32et peut-être aussi une future campagne législative, c'est bien naturel.
03:36Et je le redis ici, dans la confiance de notre relation,
03:40je ne souhaite pas que le débat politique continue de dériver
03:45vers une violence verbale qui va jusqu'à des spéculations sur un bilan humain.
03:49Et ce qui s'est passé hier à l'Assemblée nationale
03:52n'était pas raisonnable pour le débat démocratique,
03:55je le redis ici avec beaucoup de force.
04:00Vous êtes mon opposant, je suis votre opposant,
04:03nous sommes des républicains,
04:04on croit à la démocratie représentative et parlementaire,
04:07et c'est comme cela que les choses doivent se faire.
04:09Si vous me permettez,
04:11c'est d'autant plus dommage que je ne comprends pas
04:14l'escalade, au fond,
04:15verbale, qu'un certain nombre de membres de votre parti politique
04:18ont pu avoir ces trois ou quatre derniers jours.
04:19Vous ne l'avez pas fait là,
04:21mais c'est plutôt votre moment, au fond,
04:23d'un point de vue historique,
04:24de passer de lanceur d'alerte à comment on planifie,
04:27localement, nationalement,
04:28je vais y arriver, je vais y arriver,
04:32localement, nationalement,
04:33à l'échelle européenne,
04:35être capable de reconnaître
04:37que tous les gouvernements de gauche et de droite,
04:39et singulièrement depuis le président Jacques Chirac
04:41jusqu'à aujourd'hui,
04:42chacun à sa mesure, comme je le disais hier,
04:44ont fait des choses,
04:45et nier justement l'action de chaque gouvernement,
04:49c'est abîmer le consensus de nos concitoyens
04:51et de nos concitoyens,
04:52et la recherche de compromis justement
04:54autour de la lutte contre le réchauffement climatique.
04:56J'en suis intimement convaincu.
04:59Dernier point,
05:00il nous va falloir en tirer effectivement
05:02un certain nombre de conclusions et de conséquences.
05:04La première, c'est sur l'adaptation,
05:07on y reviendra très longuement,
05:09je sais que des débats ont été demandés
05:10de 50-1, je crois,
05:12par le groupe socialiste ici au Sénat,
05:14j'en discuterai avec le président du Sénat
05:15dans un instant,
05:16j'y suis évidemment favorable,
05:17qui permet peut-être d'objectiver le bilan,
05:19ne pas le caricaturer,
05:21et être en situation d'en tirer des conclusions,
05:23y compris pour le projet de loi de finances
05:25pour l'année prochaine.
05:26Deuxième des choses,
05:27il y a une urgence sur les hôpitaux.
05:28Je n'y reviens pas maintenant,
05:29je le referai dans les 48 prochaines heures
05:31avec la ministre.
05:32Il y a une urgence en matière de sécurité civile
05:34qui va nous falloir encore durcir.
05:36Et je pense qu'au moins,
05:37nous sommes tous d'accord pour dire
05:39que le débat entre atténuation et adaptation
05:41est derrière nous,
05:42et que désormais,
05:43nous devons faire les deux en même temps,
05:45avec également une réponse diplomatique internationale
05:48dont on peut tous s'accorder
05:50que la France est quand même plutôt seule,
05:52et que l'enjeu et le débat européen
05:54est aussi là quand même pour le driver,
05:57en tout cas le tirer vers le haut.
05:58En tout cas, les choses sont assez simples,
06:00M. le Président Gontard.
06:01Si votre question, c'était
06:03est-ce que le gouvernement est disposé,
06:05disponible à travailler de bonne foi
06:07dans la mesure des moyens et des contraintes budgétaires
06:09qui sont les nôtres,
06:10vous le savez,
06:11mais comme des démocrates,
06:12comme des élus,
06:12nous sommes présents.
06:13si l'objet est malheureusement,
06:16comme j'ai pu le comprendre hier,
06:18plus politicien,
06:20si la question, c'est l'avenir de la relation
06:22entre telle ou telle formation politique
06:24et la France insoumise,
06:25si le but de tout cela n'était que
06:27de déposer une motion de censure
06:28contre le gouvernement la semaine prochaine,
06:31comme si au moment où une reprise potentielle
06:34de la canicule nécessitait de rajouter
06:36une crise politique et une instabilité politique,
06:39de priver justement les services de l'État
06:41d'avoir une direction politique
06:42au moment où on a une crise,
06:44là, je crois que pour le coup,
06:45on fait fausse route.
06:46Donc c'est un moment de vérité,
06:47président Gontard.
06:48Est-ce qu'on avance dans l'intérêt général
06:50des quelques semaines qui sont devant nous
06:52jusqu'à l'élection présidentielle,
06:54sereinement, calmement,
06:54dans le respect des opinions de chacun
06:56ou est-ce que c'est la politique politicienne
06:58qui domine le tout
06:58et auquel cas, je ne pourrais rien faire ?
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