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  • il y a 2 jours
Policier

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00:00...
00:11L'annonce d'un meurtre provoque toujours une onde de choc.
00:20Il ne devait pas s'attendre à avoir autant de sang.
00:24C'est un charmeur qui sait manipuler les gens.
00:26Et quand le coupable est un membre de la police, la communauté est encore plus indignée.
00:37On a du mal à croire qu'un policier puisse être un criminel.
00:40Quand ceux qui sont censés nous protéger commettent un crime, c'est la pire des trahisons.
00:50Il n'a aucun sens moral.
00:52Et il est probablement habité par un désir de toute puissance.
00:57Il a dû se dire que comme il était policier, il allait forcément s'en sortir.
01:01Je vais replonger dans des affaires de meurtre perpétrées par des policiers
01:05qui se croyaient intouchables et pensaient pouvoir échapper à la justice.
01:25Quand Carl Bluestone a rejoint ses collègues au pub après le travail ce 28 août 2001,
01:33ils étaient loin d'imaginer que quelques heures plus tard, ce policier et une partie de sa famille seraient morts.
01:41A 21h, les voisins des Bluestone entendent tambouriner à leur porte.
01:47C'est la fille du couple, âgée de 7 ans.
01:51Face à sa panique et son désarroi, ils appellent la police.
01:56Des agents ont été envoyés chez eux.
01:58À l'intérieur de la maison, ils ont découvert un véritable carnage.
02:02La mère de famille était dans la cuisine, mortellement blessée.
02:06L'un des enfants gisait au pied de l'escalier.
02:10Un autre était dans une chambre à l'étage.
02:12Et un troisième dans un lit superposé.
02:16La fillette du couple avait heureusement réussi à s'échapper.
02:20C'est elle qui a alerté les voisins.
02:22Et ils ont prévenu la police.
02:24C'est une scène d'horreur qui attend les forces de l'ordre.
02:28Sur place, elle découvre deux enfants en bas âge décédés.
02:31Le plus jeune avait seulement 18 mois.
02:35Éprouvant me paraître un bon terme pour décrire ce qu'on ressent.
02:40Je savais dès le départ que cette affaire aurait un grand retentissement.
02:46Une scène de crime sanglante est toujours traumatisante.
02:51Et encore plus en présence de plusieurs victimes.
02:54On recherche d'abord d'éventuels survivants, des personnes qui peuvent encore être sauvées.
03:00Quand il s'agit d'enfants, c'est encore plus terrible.
03:06Qu'est-ce qui a poussé Carl Lewstone à assassiner sa femme, Jill, 31 ans, et leurs deux plus jeunes
03:12enfants ?
03:14J'ai réuni une équipe d'experts pour comprendre pourquoi des représentants des forces de l'ordre en arrivent à
03:20de telles extrémités.
03:21Et comment leur métier les a aidés à tenter de dissimuler leurs crimes.
03:27Julie Mackay, ancienne enquêtrée chevronnée des services anticorruption.
03:31Serena Simmons, psychologue de renom.
03:34Et Howard Groves, ancien inspecteur de la brigade criminelle, qui a résolu plus de 50 affaires de meurtre.
03:41Avec l'aide de ces spécialistes, je vais réétudier des dossiers impliquant des flics tueurs.
03:50Julie Mackay a passé une grande partie de sa carrière à faire tomber des flics vers eux.
03:54Si une personne peut m'aider à entrer dans le cerveau de ceux qui ternissent l'image de l'institution,
03:59c'est bien elle.
04:03C'est un drame atroce et personne ne peut imaginer que ça arrive près de chez eux.
04:09Une famille ordinaire dans une rue tranquille.
04:13Jill, la mère, était chez elle avec ses quatre enfants.
04:17Totalement sans défense.
04:23Jill a été attaquée dans la cuisine.
04:26Avec un marteau.
04:32L'un des enfants se trouvait au pied de l'escalier.
04:36Deux autres à l'étage.
04:41Les Bluestones vivaient à Grevesend, dans le Kent, avec leurs quatre enfants.
04:48En arrivant, ma première impression est celle d'une banlieue paisible et familiale.
04:54Responsable de la comptabilité au conseil municipal de Basildon, à 45 km de chez elle,
04:59Jill Bluestone avait une vie bien remplie.
05:03Quand on a un poste à responsabilité comme elle, il faut avoir les nerfs solides pour gérer la pression.
05:10Dans le portrait qu'on a fait d'elle plusieurs années après le drame,
05:14sa sœur nous l'a décrite comme une femme forte.
05:18Ce n'était pas quelqu'un de timide.
05:20Elle disait ce qu'elle pensait.
05:22Le journaliste local Carl Eve nous en dit plus sur la vie des Bluestones.
05:28Les Bluestones étaient considérés comme des gens qui avaient réussi professionnellement.
05:35Jill avait un poste important à Basildon.
05:38Elle était respectée et appréciée par ses collègues à la mairie.
05:42Son patron était convaincu qu'elle irait loin.
05:46Qu'elle finirait même peut-être à la tête de leur équipe un jour.
05:52Carl Bluestone était dans la police.
05:55Il était respecté par ses collègues.
05:58Dans leur rue, je pense qu'ils passaient pour la famille parfaite.
06:03Quatre enfants, la plaque d'immatriculation personnalisée sur la voiture.
06:08Ils incarnaient la réussite, le couple idéal.
06:13Jill et Carl Bluestone, son mari policier, étaient mariés depuis sept ans.
06:19Quelle était l'image de cet homme au sein de la police ?
06:23Ses états de service étaient irréprochables.
06:26C'était un policier dévoué, au service de la population.
06:31Dans le Kent, où il était affecté, il était estimé.
06:35Comment une ville aussi agréable a-t-elle pu être le théâtre d'un crime aussi atroce ?
06:40Les meurtres au sein de cette famille appréciée et respectée ont ébranlé la communauté.
06:45Je suis à Gravesend pour rencontrer Colin Murray, l'inspecteur en chef qui a dirigé l'enquête.
06:55Comment Carl Bluestone et sa famille étaient-ils vus dans le quartier ?
06:59Les voisins les trouvaient tous charmants.
07:01Ils discutaient avec les enfants.
07:03Ils savaient que le père était dans la police.
07:05Il était aimable avec eux, la mère aussi.
07:08C'était une famille ordinaire.
07:10Dans un quartier agréable et plutôt convivial.
07:13Et lui, plus particulièrement, comment était-il perçu par ses amis et collègues ?
07:18Il était dans ce qu'on appelle une unité tactique.
07:23C'est une force d'intervention qu'on déploie pour des missions sur le terrain.
07:28Comme exécuter des mandats d'arrestation ou dans des quartiers gangrénés par la criminalité.
07:35Il règne dans ses équipes un esprit de camaraderie, une amitié.
07:39C'est presque une famille.
07:40Ils étaient tous très proches.
07:42Ils s'entendaient bien.
07:44Ils plaisantaient ensemble.
07:47Donc, la plupart des gens aimaient bien Carl Bluestone.
07:49Oui.
07:50La nuit du 28 août 2001, cet homme décrit comme sympathique s'est pourtant transformé en monstre.
07:59Le jour même des faits, il avait pris un verre au pub ?
08:03Après son service, oui.
08:05Il s'était arrêté au pub et avait pris un verre avec ses collègues, avant de rentrer et dîner chez
08:10lui.
08:10Les voisins nous ont appris qu'il avait regardé la télévision, un vieux feuilleton policier, apparemment.
08:16Après, ils ont entendu une dispute.
08:19Ensuite, tout ce que ces témoins ont pu nous dire, c'est que la fillette était venue tambouriner à leur
08:25porte et qu'elle était en panique.
08:28Elle leur a dit, papa a attaqué maman.
08:32Appelez la police.
08:44Le 28 août 2001, à Gravesend, une banlieue paisible du Kent, les hommes de l'inspecteur Colin Murray arrivent au
08:52domicile d'un de leurs collègues.
08:54Ils découvrent l'écorce envie de Jill Bluestone et deux de ses jeunes enfants.
08:59Un autre est grièvement blessé et la quatrième est traumatisée.
09:07J'étais de permanence au crime majeur et j'ai reçu un appel disant qu'un policier avait tué une
09:15partie de sa famille et pris la fuite.
09:20L'enquêteur fonce sur les lieux.
09:22En chemin, il est tenu au courant de l'évolution de la situation minute par minute.
09:29L'un des enfants avait réussi à s'enfuir.
09:31Il a frappé chez les voisins et leur a demandé d'appeler la police.
09:34C'est bien ça ?
09:35Oui, c'est exact.
09:38Elle avait entendu la dispute et l'attaque.
09:40Sa mère était étendue par terre, dans la cuisine, en sang, et elle avait vu son père la frapper.
09:48Il a attrapé la petite.
09:51Sa tête a cogné contre le sol, mais par chance, elle a réussi à se dégager.
09:58À ce moment-là, sa mère lui a dit de courir chercher la police.
10:02Elle était donc encore en vie à ce stade, mais manifestement, l'agression s'est poursuivie après.
10:08Quel âge avait la petite ?
10:11C'était une fillette de 7 ans.
10:16Vous imaginez sa terreur ?
10:20C'est affreux.
10:22La violence et la sauvagerie de ces meurtres nous paraissent inconcevables.
10:28Howard Groves, ancien inspecteur de la brigade criminelle, va revoir avec moi le déroulement des événements de cette soirée tragique.
10:35Tout a commencé quand le policier Carl Bluestone est rentré chez lui, après un tour au pub, et s'est
10:41disputé avec sa femme.
10:43Il a dit à sa femme, j'ai entendu des choses sur toi aujourd'hui.
10:47On ne sait pas exactement quoi, mais une dispute a éclaté.
10:52Ensuite, il s'est jeté sur Jill et l'a attaqué.
10:56Ça se passait au rez-de-chaussée.
10:58Il lui a asséné 10 coups sur le crâne.
11:0410 coups à la tête ?
11:05À main nue ?
11:06Avec un marteau.
11:07Un marteau ?
11:08Oui. 10 coups de marteau.
11:10Ensuite, il s'en est pris à deux de ses enfants.
11:13Ils ont reçu respectivement 6 et 10 coups.
11:16On en est à un total de 29 coups à eux trois, Jill et deux des enfants.
11:21Sans compter ceux portés à l'autre enfant, celui qui a survécu.
11:30Je suis vraiment sidéré qu'on puisse s'en prendre et faire du mal à ses propres enfants.
11:35Des êtres innocents.
11:37Même moi qui ai 34 ans de métier, ça me choque.
11:42Comment un policier et père de famille peut-il commettre des actes aussi abominables ?
11:48Serana Simmons est une psychologue réputée.
11:51Qui a rencontré un grand nombre de meurtriers.
11:53Mais même pour elle, l'affaire Bluestone est hors norme.
11:57C'est une affaire glaçante.
11:59Il a quand même utilisé un marteau.
12:02En ça, c'est très différent des affaires que je rencontre habituellement.
12:05Les méthodes qu'utilisent les hommes généralement, ce sont plutôt l'incendie ou l'intoxication au monoxyde de carbone.
12:14D'un point de vue psychologique, le fait qu'ils se servent d'un marteau est très révélateur.
12:19Ça indique qu'il y a eu un élément déclencheur à une colère sous-jacente.
12:24Mais qu'est-ce qui aurait poussé Carl Bluestone à en arriver à de telles extrémités ?
12:30Les jours précédant le meurtre, Carl Bluestone a-t-il eu un comportement inhabituel ?
12:37On sait qu'il a effectivement acheté une corde, quelques jours seulement avant l'effet.
12:45Dans quel but ?
12:47Que comptait-il faire avec ? Qu'avait-il en tête ?
12:51Le vendeur lui a demandé ce qu'il voulait en faire.
12:55Il a parlé d'un meuble à déplacer qui était très lourd.
13:00En plus de l'horreur de la scène de crime,
13:02les premiers agents sur les lieux sont confrontés à une question terrifiante.
13:07Où est Carl Bluestone ?
13:11À cause de son expérience de policier, il pourrait présenter une réelle menace.
13:16A-t-il quitté la maison ?
13:18Est-il toujours à l'intérieur, tapis dans un recoin ?
13:23Il faut se mettre à la place de ces agents.
13:26Pendant qu'ils faisaient le tour des lieux,
13:28Carl Bluestone aurait pu surgir de n'importe où
13:31et auraient pu les attaquer.
13:36Tout va très vite dans ce cas-là.
13:38C'est évidemment très stressant.
13:41Et effrayant.
13:43Je me mets à leur place.
13:46Puis le voisin leur a dit avoir entendu du bruit dans le garage.
13:51Ils sont allés voir, munis de lampe-torche.
13:57Et ils l'ont trouvé.
14:05Ils s'étaient suicidés.
14:08Carl Bluestone a utilisé la corde achetée quelques jours auparavant
14:11pour se pendre dans le garage de la maison familiale.
14:17Il n'a même pas eu les tripes ou le cran
14:21d'affronter les conséquences de ses actes.
14:24En se tuant, il a opté pour la solution de facilité.
14:28C'est malheureux, mais c'est un fait.
14:30Les hommes commettant ce genre de crime
14:32se suicident généralement après.
14:34Donc on ne peut plus leur demander les raisons de leurs gestes.
14:38Les chercheurs mettent en avant une nature ultra-possessive,
14:41un désir de contrôle.
14:43Si je ne peux plus vivre avec ma famille,
14:45je préfère mourir que de l'avoir heureuse avec un autre.
14:49Sans le témoignage de Carl Bluestone,
14:51la police a dû rassembler les pièces du puzzle
14:53pour tenter de comprendre l'origine de cette folie meurtrière.
14:57J'aimerais beaucoup savoir
14:58comment on enquête sur un crime
15:00quand l'individu qui l'a commis est mort.
15:03Pour tout enquêteur,
15:05le danger, c'est de tirer des conclusions hâtives.
15:08Aussi bizarre que cela puisse paraître,
15:12même si à première vue,
15:14on a affaire à un individu
15:15ayant assassiné femme et enfant avant de se pendre,
15:19il faut envisager toutes les hypothèses.
15:21Cet homme n'aurait-il pas pu rentrer chez lui,
15:24découvrir sa famille décimée
15:26et sauter la vie par désespoir ?
15:29Même si c'est peu plausible,
15:31c'est important de rester ouvert à toutes les possibilités.
15:34Sinon, vous ne faites que rechercher les preuves
15:37qui étayent votre propre théorie
15:40ou l'hypothèse la plus vraisemblable.
15:42Mais dans cette affaire,
15:44il a été démontré rapidement
15:45que la situation était exactement telle qu'elle semblait être.
15:49Le mari les avait bien assassinés
15:51puis s'était suicidé.
15:53Jill Bluestone avait 31 ans.
15:55Son fils Henry en avait à peine trois.
15:58Et Chandler, le Benjamin de la fratrie, seulement 18 mois.
16:01Tous les trois ont été massacrés
16:03par le père de famille à coups de marteau.
16:06Qui était Carl Bluestone ?
16:09Comment s'est-il laissé entraîner
16:11dans une spirale de violence
16:12au point de tuer Jill, son épouse ?
16:15Leur mariage allait mal depuis longtemps,
16:18d'après les rapports
16:19qui ont refait surface après le meurtre.
16:22La police avait été appelée
16:24à plusieurs reprises chez eux par le passé
16:26pour des violences conjugales.
16:30Dès le début de leur mariage,
16:33il y a eu des signaux inquiétants.
16:37À peine quelques semaines après,
16:39il commettait déjà une première agression
16:41sur sa femme à leur enceinte de cinq mois.
16:45La police s'est déplacée.
16:46Elle l'a arrêtée.
16:48Mais l'épouse n'a pas souhaité porter plainte.
16:52C'est courant dans les affaires
16:54de violences conjugales.
16:57Parfois, les victimes font le choix
16:59de ne pas porter plainte.
17:00Et ça s'est arrêté là.
17:03C'est toujours compliqué
17:04quand des policiers doivent interpeller
17:06des collègues.
17:08Je ne sais pas ce qu'en a pensé l'agent
17:10qui a traité cette première affaire
17:12de violences conjugales.
17:16En tout cas, à sa place,
17:18j'aurais indiqué à ma hiérarchie
17:19que je n'étais pas en mesure
17:21ou que je ne souhaitais pas
17:22me charger de ce dossier.
17:24Ou alors, j'aurais sollicité son aide
17:26pour savoir ce que je devais faire.
17:28Parce qu'il y a toujours un risque
17:30que ces allégations soient vraies ou non,
17:33d'être accusé d'accorder
17:35un traitement de faveur
17:36à un collègue.
17:39En réalité, Carl Bluestone
17:41a battu sa femme pendant plusieurs années,
17:42sans être inquiété.
17:44Chaque fois, Jill retirait sa plainte.
17:46C'est ce qui a permis aux policiers
17:47de conserver des états de service
17:49irréprochables
17:50et empêcher l'intervention
17:51de sa hiérarchie.
17:54Encore une fois,
17:55ça fait généralement partie
17:56du personnage
17:57que se créent les auteurs
17:58de violences intrafamiliales.
18:00En apparence,
18:01ils ont l'air sympathiques.
18:02Mais quand ils rentrent chez eux,
18:04ils passent leur nerf
18:05sur leur partenaire.
18:10Les individus qui maltraitent
18:12leur conjoint
18:13sont-ils souvent vus
18:14comme des personnes ordinaires,
18:15voire charmantes ?
18:17Oui, c'est très courant.
18:19Il n'est pas rare
18:20que les victimes
18:21couvrent leur agresseur.
18:24Quand la police est appelée,
18:26elle trouve la femme en sang,
18:27mais elle va prétendre
18:28être tombée dans les escaliers.
18:32Très souvent,
18:34les conjoints violents
18:35ont une réputation
18:36d'hommes charmants.
18:38Ils sont admirés
18:39dans leur quartier.
18:41Je pense que ça ajoute
18:43au choc et à l'horreur
18:44le jour où la vérité éclate.
18:46Le fait qu'un policier
18:48aussi respecté
18:49que Bluestone
18:49ait été capable
18:50d'une telle sauvagerie
18:52ne fait qu'ajouter
18:53au traumatisme
18:53causé par cette affaire.
18:55C'était un monstre caché
18:57à la vue de tous.
18:59Après une première agression
19:00dès le début
19:01de leur mariage,
19:02pour sa femme,
19:03le pire était à venir.
19:04La fois suivante,
19:06il l'a menacée
19:06avec un couteau de boucher.
19:08Il a essayé
19:09de la violer.
19:10Elle a déposé
19:11une main courante
19:12au poste de police,
19:13mais elle n'a pas
19:14porté plainte
19:15et la procédure
19:16s'est arrêtée là.
19:17Ça faisait deux agressions
19:18à ce stade,
19:19des signaux
19:20qui auraient dû alerter.
19:23Quelques semaines plus tard,
19:24ça a recommencé.
19:27Ils se trouvaient
19:28chez eux,
19:29ils se sont disputés,
19:31elle a voulu partir
19:31en voiture,
19:32il a explosé
19:33le pare-brise,
19:34il a fini par retourner
19:35à l'intérieur
19:36et il s'est mis
19:37à fracasser des objets
19:38en les jetant
19:39à travers la pièce.
19:40Sa fille en a reçu
19:41un dans la figure
19:42et la police
19:43a été appelée.
19:44Il a été arrêté.
19:46Mais alors qu'ils étaient
19:47en chemin vers le poste
19:48de police,
19:49il a ingéré des comprimés.
19:51Ils l'ont transporté
19:52en urgence à l'hôpital
19:53où il a subi
19:54un lavage d'estomac.
19:58Par la suite,
19:59le procureur décidera
20:00d'abandonner les charges
20:01et de classer l'affaire
20:02pour insuffisance
20:03de preuves.
20:05Comment cet homme
20:08pouvait-il faire
20:09l'unanimité
20:09au sein de la police ?
20:11Sur le plan professionnel,
20:13personne n'avait rien
20:13à lui reprocher.
20:14C'était un bon élément.
20:16Mais à l'évidence,
20:18ses responsables hiérarchiques
20:20et certains collègues
20:21devaient être au courant
20:22parce que la police
20:24était intervenue
20:24chez lui plusieurs fois.
20:26Les agents
20:27qui l'interpellaient
20:28devaient forcément
20:28le connaître
20:29au moins de vues.
20:31À cause de ses arrestations,
20:33j'imagine
20:34qu'il aurait pu
20:34perdre son travail.
20:37Sauf que
20:39vous êtes innocent
20:40jusqu'à preuve
20:40du contraire.
20:42Tant que l'épouse
20:43ne décidait pas
20:44d'engager
20:45des poursuites
20:45à son encontre,
20:49il pouvait dire
20:50« Je n'ai rien fait,
20:51il n'y a pas de plainte. »
20:53D'une certaine manière,
20:54la police
20:55avait les maniés.
20:57Et c'était
20:58il y a 20 ans.
21:02Pour une raison
21:03ou une autre,
21:04cet homme
21:05en voulait
21:06à sa femme
21:06et cherchait
21:07le conflit.
21:09Il apparaît
21:10clairement
21:10qu'à la fin,
21:11Jill avait
21:12très peur
21:12pour sa vie.
21:13Elle le craignait.
21:15Elle a confié
21:16à une amie,
21:16mais pas à la police,
21:19qu'elle redoutait
21:19les réactions
21:20et les accès
21:21de violence
21:21de son mari.
21:22Et malheureusement,
21:24la suite
21:24lui a donné raison.
21:26Je ne comprends pas
21:27que personne
21:28n'ait vu venir
21:28le drame
21:29et n'ait tiré
21:29la sonnette d'alarme.
21:32Après la tragédie,
21:33une déclaration
21:34a été lue au Parlement.
21:36Quatre incidents
21:37de violence conjugale
21:38perpétrés
21:38par Carl Bluestone
21:40ont été portés
21:41à l'attention
21:41de la police
21:42du comté du Kent.
21:43Tous ont été consignés.
21:46Chaque fois,
21:47la victime présumée
21:47était Jill Bluestone.
21:49Dans deux des incidents
21:51susmentionnés,
21:52les dossiers
21:53ont été transmis
21:54au procureur
21:54de la Couronne
21:55qui a décidé
21:56de ne pas poursuivre.
21:59Aucun de ces incidents
22:01n'a donné lieu
22:02à une sanction disciplinaire.
22:05Il était policier.
22:07Il était censé
22:08faire respecter
22:08les lois.
22:09Par conséquent,
22:10la police du Kent
22:11a ouvert une enquête
22:12pour déterminer
22:13ce qui aurait pu
22:14ou dû être fait
22:15à son sujet.
22:16Mais ce genre de situation
22:17est parfois complexe,
22:18surtout à l'époque,
22:19parce que ça se passe
22:21dans la sphère familiale.
22:24Pour moi,
22:25il est désormais évident
22:26que derrière la façade
22:27de respectabilité
22:28que lui conférait
22:29l'uniforme,
22:30Carl Bluestone
22:31était un homme brutal
22:32et violent.
22:34Pour mieux comprendre
22:36comment un policier
22:37et père de famille
22:38a pu préméditer
22:39et exécuter
22:40un acte aussi terrible,
22:41je dois chercher
22:42du côté de son couple.
22:50Le 28 août 2001,
22:52Carl Bluestone
22:53rentre chez lui
22:54après avoir pris
22:55un verre avec ses collègues
22:56et assassine sa femme,
22:57Jill,
22:58ainsi que deux de ses enfants.
23:00Il se rend ensuite
23:01dans son garage
23:02et se pend.
23:03Je veux savoir
23:04ce qui a pu pousser
23:05un policier
23:06à frapper mortalement
23:07sa femme
23:07et deux de ses enfants
23:09et blesser grièvement
23:10les deux autres.
23:13Pour essayer d'entrer
23:14dans la tête du meurtrier
23:16et comprendre
23:17comment il a pu décimer
23:18quasiment toute sa famille,
23:20j'ai fait appel
23:20au docteur
23:21Shawom Daz,
23:22expert psychiatre,
23:24et au docteur
23:24Roberta Bab,
23:25experte psychologue.
23:31Un individu
23:32comme Carl Bluestone
23:33a un égo fragile.
23:35C'est une personnalité
23:36très narcissique
23:38qui pense pouvoir
23:39faire tout ce qu'il veut.
23:41Il faut se demander
23:42d'où ça vient.
23:42C'est généralement
23:44dû à des blessures
23:44d'enfance.
23:45Par exemple,
23:46si une personne
23:47a été harcelée enfant
23:48ou si elle n'a reçu
23:49aucune marque d'amour,
23:50de soutien
23:51ou d'attention
23:52de ses parents.
23:55Cette personne
23:56se sentira aussi
23:57très vulnérable,
23:58potentiellement pas
23:59à sa place
23:59et manquera
24:00de confiance en elle.
24:01Tuer son partenaire
24:02est une manière
24:03pour elle
24:03de se libérer
24:04de ce mal-être,
24:05de ce sentiment
24:05de vulnérabilité
24:06voire de danger.
24:07D'après les rapports,
24:09les problèmes
24:09du couple Bluestone
24:10seraient apparus
24:11dès le début
24:12de leur mariage.
24:13La vie professionnelle
24:14de Jill
24:15n'y était sans doute
24:15pas étrangère.
24:16Même avec quatre enfants,
24:18elle s'épanouissait
24:19dans un poste
24:19à responsabilité
24:20au sein du conseil
24:21municipal de Basildon.
24:23Je pense que Carl Bluestone
24:24était jaloux
24:25de la réussite
24:26professionnelle
24:27de Jill.
24:28Il pensait même
24:30qu'elle avait
24:30une liaison.
24:31Il l'accusait
24:32régulièrement
24:33de le tromper
24:33et cela
24:34créait des conflits.
24:36Carl Bluestone
24:38avait lui-même
24:39eu des maîtresses
24:39mais il s'agissait
24:41toujours d'histoires
24:42sans lendemain.
24:47Le plus ironique
24:48là-dedans,
24:49c'est qu'il l'accusait
24:50de faire
24:51ce que lui-même
24:51faisait.
24:53Un peu comme
24:54s'il essayait
24:54de justifier
24:55après coup
24:55son propre comportement.
24:58Il l'accusait
24:59de le tromper
24:59avec un collègue
25:00alors que c'est lui
25:01qui était volage.
25:03Une année à Noël,
25:04Jill était chez eux
25:05avec leurs enfants
25:06pendant que lui
25:07voyait sa maîtresse.
25:08Il avait préféré
25:09passer Noël
25:10avec elle
25:11plutôt qu'avec sa famille
25:12et il se permettait
25:14de lui reprocher
25:14à elle
25:15d'être infidèle.
25:16C'était un homme
25:17pathétique.
25:20La relation
25:21entre Carl Bluestone
25:22et Jill
25:22a continué
25:23de se détériorer
25:24ponctuée
25:25par des violences.
25:26Il s'en prenait
25:27physiquement à elle
25:28puis l'a supplié
25:29de le pardonner
25:30jusqu'à cette soirée
25:32fatale.
25:34En juin 2001,
25:37soit à peine
25:38deux mois
25:39avant le jour
25:40du crime,
25:42il l'a étranglée
25:43au point
25:44qu'elle en perd
25:44de connaissances.
25:46La loi
25:47sur les violences
25:48intrafamiliales
25:49a récemment
25:49été modifiée.
25:51Elle fait
25:51de la strangulation
25:52un crime spécifique
25:53car ça semble
25:54être une pratique
25:55courante
25:55pour exercer
25:56une coercition
25:57et un contrôle
25:57sur une personne.
25:59L'agresseur
25:59étrangle son ou sa partenaire
26:01et ça se produit
26:02souvent aussi
26:02au cours
26:02d'un rapport sexuel.
26:04Puis il va prétendre
26:05qu'il s'agissait
26:05d'un acte consenti
26:06ce qui est un mensonge
26:08bien sûr.
26:09Jill a raconté
26:10à des proches
26:11que quelques minutes
26:12avant qu'il ne l'étrangle
26:13elle avait suggéré
26:14qu'il divorce.
26:16Ils ont discuté
26:17et il a eu des paroles
26:18très lourdes de sens.
26:20Le divorce
26:20n'est pas une option.
26:21La mort
26:22est la seule issue.
26:26L'état d'esprit
26:27d'un individu
26:27qui préfère assassiner
26:29sa compagne
26:29plutôt qu'être quitté
26:30est caractérisé
26:32par la colère
26:32la rage
26:33et aussi un désir
26:34de contrôle.
26:37Craignant les conséquences
26:39pour elle
26:39et ses enfants
26:39Jill avait préféré
26:41tenter une énième fois
26:42de sauver
26:42leur mariage.
26:46Face à une personne
26:47capable d'assassiner
26:48sa famille
26:49j'ai du mal à croire
26:50que parmi ses collègues
26:51policiers
26:52aucun n'est vu
26:53de signe précurseur
26:54d'un passage à l'acte.
26:56Soit ils ont préféré
26:57lui laisser le bénéfice
26:58du doute
26:58soit Carl Bluestone
27:00était un manipulateur
27:01hors pair.
27:03Dans cette affaire
27:04beaucoup de ses collègues
27:05disaient le plus grand
27:06bien de lui.
27:07Comment est-ce possible ?
27:08Y avait-il deux
27:09Carl Bluestone
27:10totalement différents ?
27:11Celui du travail
27:12et celui de la maison ?
27:13Oui.
27:15Je peux comprendre
27:16ces policiers.
27:17Je me mets à leur place.
27:19Admettons que je sois policier
27:20et que je travaille
27:21avec vous.
27:22Je vous connais,
27:22je vous apprécie.
27:23pour moi vous êtes
27:24un type bien.
27:25Vous et moi
27:26on se ressemble.
27:27Vous avez des valeurs morales.
27:30Si je ne connais pas
27:31votre vie personnelle
27:32je vais vous trouver génial
27:34très sympathique.
27:36Et en découvrant
27:37cette histoire
27:38je serai très choqué.
27:40J'aurai du mal
27:40à y croire.
27:42Je me demanderai
27:43pendant des jours
27:43voire des mois
27:44s'il s'agit bien
27:45du même individu
27:46que j'ai côtoyé
27:47tout ce temps
27:48avec qui j'ai fait
27:49des barbecues
27:49regarder le foot
27:50ou autre.
27:51Naturellement
27:52ces policiers
27:53pensaient que
27:53parce que c'était
27:54un bon élément
27:55c'était un homme bien.
27:58Certains étaient
27:59sans doute au courant
28:00d'éventuels problèmes
28:01dans sa vie privée
28:03mais ils n'auraient
28:04jamais pensé
28:05qu'ils commettraient
28:06un acte aussi abject
28:07et abominable.
28:09L'enquête
28:10auprès du voisinage
28:11et de ses collègues
28:12a mis en évidence
28:13la capacité
28:14à dissimuler
28:15qu'il battait sa femme.
28:18Aucun de ses collègues
28:19n'était inquiet.
28:20personne n'a tiré
28:21la sonnette d'alarme.
28:23On a questionné
28:24les policiers
28:25qu'il côtoyait
28:26au quotidien
28:26et ils nous ont dit
28:28n'avoir rien vu.
28:29D'après eux
28:30il n'y a pas eu
28:32de signes inquiétants.
28:33Il n'apparaissait
28:34ni anxieux
28:35ni déprimé.
28:36Ses collègues
28:37avaient l'impression
28:38qu'il allait bien.
28:39Ils ont été
28:40évidemment très choqués
28:41par ce drame
28:43mais aucun d'eux
28:44n'est venu nous dire
28:46rétrospectivement
28:47j'aurais dû le sentir
28:48à cause de ceci
28:49ou cela.
28:50On peut penser
28:51qu'ils l'auraient fait
28:52s'ils avaient eu
28:53le moindre soupçon
28:54mais ça n'a pas été le cas.
28:57Les gens ont brossé
28:58le portrait
28:58d'un homme ordinaire
29:00qui faisait son travail
29:02correctement
29:04mais qui pour une raison
29:05qu'on ne connaît pas
29:07a commis ses meurtres.
29:10Malgré l'absence
29:11apparente
29:11de signes précurseurs
29:12il est clair
29:13que Bluestone
29:14était perturbé.
29:16Il avait des aventures
29:17un autre enfant
29:18à charge
29:18d'un premier mariage
29:19et était endetté.
29:23Serena Simmons
29:24psychologue
29:24va m'aider
29:25à mieux comprendre
29:26l'état psychologique
29:27de cet homme.
29:29Vous avez lu le dossier
29:31le qualifieriez-vous
29:32d'individu instable
29:34mentalement ?
29:35La santé mentale
29:37d'un individu
29:38ne suffit pas toujours
29:39à expliquer ses actes
29:40mais les recherches
29:42montrent quand même
29:43que les auteurs
29:44de ces tueries familiales
29:45ces individus
29:47qui assassinent
29:47leurs proches
29:49souffrent souvent
29:50de problèmes psychologiques.
29:52Ils montrent généralement
29:54des signes de dépression
29:55une instabilité psychologique
29:57une irritabilité
29:58donc c'est un facteur
30:00effectivement
30:00ça n'excuse pas
30:02ce qu'ils ont fait
30:02mais ça permet souvent
30:04d'expliquer
30:05au moins en partie
30:06leur acte.
30:07Carol Bluestone
30:08a-t-il été poussé
30:09par une soif
30:10de contrôle
30:10sur sa femme ?
30:12Oui absolument
30:12c'était une personnalité
30:14dominatrice
30:15souvent ces hommes
30:16ont besoin
30:16de contrôler
30:17tous les aspects
30:18de la famille
30:18les finances
30:20les enfants
30:21et quand ils sentent
30:22leur autorité menacée
30:23ça déclenche
30:24quelque chose en eux
30:25ils se sentent
30:26dépossédés
30:27de leur rôle
30:28s'attaque-t-il
30:29à un type particulier
30:30de personne ?
30:32Des femmes comme Jill
30:33ce sont souvent
30:34de bonne mère
30:35je pense que dans
30:36les premières années
30:37d'une relation
30:38on se raccroche
30:39aux souvenirs
30:40de l'homme
30:40qui nous a séduites
30:42on espère retrouver
30:43celui qu'on a aimé
30:44et une fois qu'on a
30:46construit une famille
30:46avec cet homme
30:47on est désormais
30:49lié à vie à lui
30:50ça devient difficile
30:52d'imaginer une autre vie
30:53de s'échapper
30:54de cette réalité
30:55et ce sont des individus
30:56très manipulateurs
30:58on ne sait pas
30:58comment il était
30:59dans l'intimité
31:00peut-être qu'entre
31:01deux crises
31:02son mari savait
31:03se montrer charmant
31:04dans un tel cas
31:06la femme va continuer
31:07d'espérer une amélioration
31:08ou rester pour les enfants
31:11ça demande énormément
31:12de courage
31:13et de volonté
31:14de quitter un mari violent
31:19les disputes au sein du couple
31:21ont continué
31:21jusqu'à ce que le 25 août 2001
31:24soit trois jours avant sa mort
31:26Jill annonce à son mari
31:27son intention de divorcer
31:31sa femme a tenté plusieurs fois
31:32de sauver leur mariage
31:35mais elle a fini par comprendre
31:37qu'elle n'avait pas d'autre choix
31:40que de le quitter
31:41c'était la seule solution
31:44la maison était sur le marché
31:46ce n'était pas la première fois
31:47qu'il la mettait en vente
31:49pourtant chaque fois
31:50il s'était réconcilié
31:51mais là je pense
31:53que sa décision était prise
31:54à ce stade pour Jill
31:55son mariage était vraiment fini
31:59elle lui a dit
32:00ça suffit
32:02je demande le divorce
32:04on va vendre la maison
32:05je récupère ma part
32:07et avec l'argent
32:09je m'installe avec les enfants
32:10à Basildon
32:14Carl Bluestone était une bombe
32:15à retardement
32:16prête à exploser
32:18l'annonce du départ de son épouse
32:20semble l'avoir fait basculer
32:25Carl Bluestone a peut-être perçu
32:27dans cette décision de divorcer
32:29le reflet de sa propre incapacité
32:31à gérer ou à contrôler la situation
32:33il peut l'avoir ressenti
32:35comme une atteinte à sa virilité
32:38il a pu aussi avoir
32:39un sentiment d'inadéquation
32:41ou d'incapacité
32:42à subvenir aux besoins
32:43de sa famille
32:44et être là pour elle
32:46les criminels atteints
32:48de troubles mentaux
32:48que je rencontre
32:49dans mon métier
32:50souffrent de problèmes variés
32:52ça peut être de la paranoïa
32:54ou une angoisse profonde
32:55ils peuvent avoir
32:56des problèmes relationnels
32:58si c'est pris suffisamment tôt
33:00et si l'individu est ouvert
33:01à cette idée
33:02on peut trouver
33:03les moyens de l'aider
33:04par exemple
33:05il existe des traitements
33:07médicamenteux
33:07pour les personnes psychotiques
33:11si ce n'est pas
33:12un problème psychologique
33:13ou une pathologie
33:14on a d'autres options
33:15comme une thérapie familiale
33:17ou un conseiller conjugal
33:19ou d'autres façons saines
33:20de l'aider à prendre du recul
33:22par rapport à cette relation
33:24mais Bluestone n'a pas
33:25cherché d'aide
33:26il a voulu régler ça lui-même
33:36le 28 août 2001
33:38Jill Bluestone
33:39était rentrée chez elle
33:40après sa journée de travail
33:41à la mairie de Basildon
33:43son mari avait lui aussi
33:45fini son service
33:45au poste de police local
33:52il était tout à fait normal
33:53ce jour-là
33:54il a pris un verre au pub
33:56avec ses collègues
33:57après le travail
33:58il a fait des courses
33:59en rentrant
34:01il a croisé un voisin
34:02et engagé la conversation
34:04une fois rentré chez lui
34:05ils ont regardé la télé
34:06ensemble sur le canapé
34:08donc
34:10si vous me demandez
34:11avait-il déjà décidé
34:13en rentrant
34:13de s'en prendre à Jill
34:14et aux enfants
34:15parce qu'il était en colère
34:17et avait passé
34:18une mauvaise journée
34:20pas du tout
34:20rien ne l'indique
34:21en tout cas
34:23alors que les 4 enfants
34:24du couple sont couchés
34:26une dispute éclate
34:29elle semble avoir mis
34:30Carl Bluestone
34:30dans un état de rage
34:32incontrôlable
34:32au point de massacrer
34:34à mort son épouse
34:35et 2 de ses enfants
34:38à cause de la façon
34:40dont Carl Bluestone
34:41les a tués
34:42c'est l'un des crimes
34:43les plus atroces
34:44dont j'ai eu connaissance
34:46cette tragédie
34:47aurait-elle pu être évité
34:49si ce policier
34:50avait été inculpé
34:51et condamné
34:51pour les violences conjugales
34:53une première fois
34:54en 1994
34:55puis en 1999
35:00s'il avait été poursuivi
35:03condamné
35:04et renvoyé
35:05de la police
35:06du Kent
35:07cela aurait-il sauvé
35:09la vie de Jill
35:10et des enfants ?
35:11je ne pense pas
35:12et je ne l'ai jamais pensé
35:14au contraire
35:15selon moi
35:15cela aurait sans doute
35:17exacerbé la situation
35:19quand on l'a interpellé
35:20s'il avait été inculpé
35:23si le dossier
35:24avait été assez solide
35:26pour le faire condamner
35:27et le licencier
35:30certains disent
35:31que ça aurait empêché
35:32le drame
35:34ce n'est pas mon avis
35:36même si on lui avait
35:37repris son badge
35:39cela n'aurait pas
35:40pour autant
35:41réglé leurs problèmes
35:42de couple
36:09il y a eu une volonté
36:11de régler ça en interne
36:13au lieu de prendre
36:15des mesures
36:15d'être proactif
36:17plutôt que réactif
36:18de traiter le problème
36:20en profondeur
36:22d'évaluer le risque
36:23la dangerosité
36:25de cet homme
36:25s'est-on posé la question
36:27après sa seconde arrestation
36:29traditionnellement
36:30les statistiques montrent
36:32qu'une femme
36:32peut être victime
36:3335 fois de violence
36:35de la part de son conjoint
36:36avant d'appeler la police
36:40ça veut dire
36:41que la première fois
36:42que son épouse
36:43ou quelqu'un d'autre
36:44a appelé la police
36:46à sa première arrestation
36:49les violences conjugales
36:50devaient déjà durer
36:51depuis quelque temps
36:54et la deuxième arrestation
36:57ça signifie qu'il a continué
36:59d'après les statistiques
37:00du ministère de l'intérieur
37:01deux femmes sont tuées
37:03chaque semaine
37:03par leur conjoint
37:04dans notre pays
37:06un chiffre qui n'a pas
37:07baissé en 30 ans
37:09alors quand un policier
37:10est arrêté deux fois
37:11pour violences conjugales
37:13pourquoi l'un de ces
37:14supérieurs hiérarchiques
37:16ne s'est pas dit
37:16il faut qu'on agisse
37:18pas parce qu'il s'agit
37:19d'un policier
37:20mais parce que le risque
37:21de récidive est avéré
37:23à moins d'un changement
37:24radical
37:25il recommencera forcément
37:29mais en 2001
37:30la femme de Carl Blueston
37:32ne semble pas désireuse
37:33ou capable de témoigner
37:34contre son mari
37:36la police a les mains liées
37:39si on transposait
37:40cette même situation
37:42aujourd'hui
37:44peut-être
37:44que notre service
37:46et d'autres
37:47auraient été en mesure
37:48d'aider Jill
37:49et sa famille
37:53aujourd'hui
37:54en cas d'arrestation
37:55et d'inculpation
37:56du mari
37:56l'épouse et ses enfants
37:58auraient pu être mis
37:59en sécurité
38:00quelque part
38:03maintenant
38:04si on se projette
38:05il aurait très bien
38:07pu être libéré
38:08sous caution
38:09ou échappé
38:11à une peine
38:11de prison ferme
38:14mais même
38:15dans cette éventualité
38:16les services de police
38:18sont à l'heure actuelle
38:19mieux informés
38:20qu'il y a 21
38:21ou 22 ans
38:22pour traiter
38:23ce genre de cas
38:26à l'époque
38:27ce triple meurtre familial
38:29a fait la une
38:30des journaux
38:30la police a été critiquée
38:32pour son inaction
38:33face aux agissements
38:34de Carl Blueston
38:35ses arrestations
38:36pour violences conjugales
38:37étant restés
38:38sans effet
38:45comment cela a-t-il
38:47affecté
38:47les forces de l'ordre
38:49la police du Kent
38:50a été très ébranlée
38:52c'est certain
38:54un policier en activité
38:55qui tue sa femme
38:56et ses enfants
38:58un homme
38:59tout à fait normal
39:00en apparence
39:01un policier ordinaire
39:03qui fait ce qu'il a fait
39:05évidemment
39:06il y a eu des conséquences
39:09ce qui s'appelait alors
39:10l'association
39:11des chefs de la police
39:12a été informé
39:13le chef en charge
39:15des violences
39:15intrafamiliales
39:16a dû rendre des comptes
39:19je sais que notre commissaire
39:21a dû répondre
39:21aux questions
39:22du ministre de l'intérieur
39:23de l'époque
39:27l'affaire a eu
39:28un écho national
39:31parce que
39:31il faut s'en réjouir
39:33ce genre de drame
39:34se produit
39:35très rarement
39:37les choses ont évolué
39:39aujourd'hui
39:40le procureur
39:41engage des poursuites
39:42même si la victime
39:43ne porte pas plainte
39:44sur la base des preuves
39:45et nos policiers
39:46sont équipés
39:47de caméras piétons
39:48comme ça
39:49toutes les déclarations
39:50sont enregistrées
39:51et peuvent servir
39:52même dans le cas
39:53où la victime
39:53ne veut pas de procès
39:56l'idée que des policiers
39:58puissent eux-mêmes
39:59être des conjoints
40:00violents
40:01est désormais
40:02mieux intégré
40:04à l'époque
40:05ce type de maltraitant
40:06s'était souvent ignoré
40:08on considérait
40:09que c'était
40:10des dérapages
40:10dus au stress
40:11on a tiré
40:13les leçons
40:13de ce drame
40:14aujourd'hui
40:15les violences
40:15intrafamiliales
40:16sont mieux prises en compte
40:17la législation a changé
40:19on progresse
40:20on fait plus de prévention
40:22pour empêcher
40:23ce genre de crime
40:24on se forme
40:25surtout au sein
40:26de la police
40:28Carl Bluestone
40:29s'étant suicidé
40:30il n'y a jamais eu
40:31de procès
40:32une enquête judiciaire
40:34a néanmoins
40:35été ouverte
40:37le 6 novembre 2001
40:40Roger Hatch
40:41le médecin légiste
40:42du comté
40:43a conclu
40:44au suicide
40:44de Carl Bluestone
40:45et au meurtre
40:47concernant sa femme
40:48Jill
40:48et ses fils
40:50Henry
40:503 ans
40:51et Chandler
40:52âgé seulement
40:53de 18 mois
40:55l'enquête a suscité
40:56un vif débat
40:57au niveau local
40:58et même national
40:59autour des violences
41:00intrafamiliales
41:01le journaliste
41:02Carl Eve
41:03a eu une discussion
41:04franche
41:04avec un collègue
41:05de Jill Bluestone
41:06au conseil municipal
41:07je me rappelle
41:08cette conversation
41:09ce collègue m'a dit
41:11on la voyait arriver
41:12au travail
41:12avec des bleus
41:13mais on ne savait pas
41:15comment aborder le sujet
41:16on ne savait pas quoi dire
41:18elle en plaisantait
41:19alors on l'acceptait
41:21personne n'avait envie
41:22de mettre les pieds
41:23dans le plein
41:23en demandant
41:24est-ce que ton mari te bat
41:26est-ce que ça va
41:27les victimes n'ont pas
41:28toujours envie
41:28de laver leur linge sale
41:29en public
41:31elle avait peut-être
41:32ses raisons
41:33de garder ça pour elle
41:35ce qui est certain
41:36c'est qu'après le drame
41:38à Basildon
41:39la communauté a ouvert les yeux
41:40il y a eu une volonté
41:42de faire comprendre
41:42à ces femmes
41:43qu'elles n'ont pas
41:44à vivre ça
41:45qu'elles peuvent
41:46demander de l'aide
41:48le refuge pour femmes
41:50battues de Basildon
41:51est devenu une référence
41:53dans tout le comté
41:55il a mené un véritable
41:56travail de sensibilisation
41:58très peu de temps après
42:00le conseil a invité
42:01ses employés
42:02à venir former
42:02les conseillers
42:03et les agents
42:03pour expliquer
42:05ce que sont
42:05les violences intrafamiliales
42:07et comment réagir
42:08quand on y est confronté
42:09ces avancées
42:11sont en grande partie
42:12liées au meurtre
42:12de Jim Bluestone
42:14il a provoqué
42:15une prise de conscience
42:17rétrospectivement
42:18les gens se sont dit
42:19on aurait dû le voir venir
42:20on ne savait pas quoi dire
42:21alors on n'a rien dit
42:24même si le système
42:25judiciaire britannique
42:26a progressé
42:26dans la protection
42:27des femmes victimes
42:28de violences conjugales
42:29il y a encore
42:30beaucoup de chemin
42:31à parcourir
42:32ce crime
42:33nous paraît
42:34inconcevable
42:37comprendrons-nous
42:38un jour
42:38ce qui a poussé
42:39Carl Bluestone
42:40à agir
42:43j'en doute
42:45mais on devrait peut-être
42:47moins penser à lui
42:49et davantage à ses victimes
42:50et à leurs proches
42:51musique
42:53musique
43:24...
Commentaires
Philippe Laboulais
Créateur
Homicide Crime

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