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  • il y a 6 minutes
Mathias Wargon, chef du service des urgences du centre hospitalier Delafontaine (Seine-Saint-Denis) et président de l'Observatoire régional des urgences d'Île-de-France, et Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération Hospitalière de France (FHF), sont invités sur France Inter ce jeudi. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-25-juin-2026-2682888

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00:00Ce matin dans une France métropolitaine où 95% de la population va vivre une nouvelle journée de canicule, journée
00:07de vigilance rouge
00:08pour plus de 51 millions d'habitants sous des températures autour des 40 degrés
00:13qui vont se poursuivre dans une grande partie du pays jusqu'à dimanche.
00:17On se demande comment tenir et la question vote aussi pour l'hôpital, va-t-il tenir face à ce
00:24qui pourrait devenir une crise sanitaire ?
00:26Deux invités pour en parler, Benjamin.
00:28Bonjour Mathias Vargon.
00:29Bonjour.
00:29Merci d'être avec nous ce matin sur Inter.
00:31Vous êtes chef des urgences au centre hospitalier de La Fontaine à Saint-Denis
00:34et vous allez nous raconter dans un instant ce qui se passe en ce moment même dans votre service.
00:39A côté de vous Zaina Brié, bonjour.
00:41Bonjour.
00:41Merci d'être avec nous.
00:42Vous êtes déléguée générale de la FHF, la Fédération hospitalière de France.
00:46Et avec vous, on fera le point concrètement sur la situation dans les hôpitaux mais aussi dans les EHPAD.
00:50Vos questions et témoignages sont les bienvenus chers auditeurs.
00:53Vous qui souffrez comme nous tous de cette chaleur extrême.
00:570145 24 7000, le standard est ouvert.
01:00Vous pouvez aussi aller jeter un oeil et nous écrire sur l'appli Radio France.
01:05Mathias Vargon, on en est à quatre jours de vigilance rouge canicule dans votre département d'exercice, la Seine-Saint
01:11-Denis.
01:12Qu'est-ce que vous constatez dans votre service aux urgences de l'hôpital de La Fontaine ?
01:17Alors je ne suis pas seulement le chef de service des urgences de Saint-Denis mais je suis aussi le
01:21président de l'observatoire régional des urgences d'Île-de-France.
01:23Donc je m'occupe de regarder l'activité des urgences et des SAMU dans toute l'Île-de-France en
01:28fait.
01:28Ce que je constate dans mon service c'est la même chose que dans le reste de l'Île-de
01:32-France, c'est-à-dire qu'on sent que ça monte depuis quelques jours.
01:37Ce n'est pas flagrant sur les chiffres mais en termes de qualité on est dans la fourchette haute et
01:41les patients sont de plus en plus âgés mais pas seulement.
01:44C'est-à-dire quand on regarde les hospitalisations, alors hélas je n'ai pas les chiffres d'hier, je
01:47n'ai que ceux d'avant-hier.
01:48En fait on avait une augmentation de 5% de l'hospitalisation des personnes âgées, ce à quoi on s
01:53'attendait.
01:53Mais quelque chose d'un peu plus inquiétant c'est que dans la tranche 15-75 ans, on a 10
01:58% d'augmentation des hospitalisations.
02:01Ce qui montre que finalement la chaleur ne touche pas que les personnes âgées mais elle touche les personnes plus
02:06jeunes.
02:06C'est-à-dire par exemple des jeunes même dans la tranche des 15-35 ans, vous en avez aussi
02:10qui arrivent aux urgences ?
02:12Oui, alors les 15-35 ans on n'en hospitalise pas tellement.
02:14C'est plutôt des patients au-dessus de 50-60 ans qui font des coups de chaleur, qui supportent mal
02:20la chaleur,
02:21qui courent dans, j'en ai vu un hier qui courait près du canal, ou qui ont des pathologies, le
02:28diabète, des pathologies cardiovasculaires,
02:31qui vont décompenser soit parce qu'ils supportent mal la chaleur, soit parce que les médicaments vont les faire décompenser.
02:36Zainab, est-ce qu'au niveau national vous commencez à sentir une tension dans les hôpitaux ?
02:42Oui, globalement ce que l'on constate c'est qu'effectivement il y a une activité soutenue dans l'ensemble
02:47des services des urgences.
02:48En ce qui concerne les appels au SAMU, nous étions lundi à une évolution entre 15 et 20% des
02:55appels au SAMU.
02:56Nous sommes plutôt entre 20 et 30% supplémentaires avec des départements qui dépassent les 40%.
03:02C'est l'occasion pour moi aussi ici de saluer l'ensemble des équipes hospitalières et médico-sociales parce que
03:08bien sûr nous sommes tous dans des conditions difficiles,
03:10mais eux aussi exercent dans des conditions difficiles et peut-être que nous y reviendrons,
03:14mais peut-être expliquer aussi pour mémoire pourquoi nous en sommes là dans cette situation de prise en charge des
03:21patients dans des locaux inadaptés.
03:22Et on va bien sûr parler de tout cela, de l'adaptation de la question de la climatisation.
03:26Un point sur les EHPAD, Zéna Brié, puisque vous avez donné des chiffres sur le SAMU et les services d
03:32'urgence.
03:33Quel point vous pouvez nous faire sur la situation des EHPAD ?
03:36Alors à ce stade dans les EHPAD, ce que l'on constate c'est que d'une part tous les
03:40EHPAD disposent d'au moins une salle rafraîchie ou d'une salle climatisée.
03:44En revanche, la totalité des chambres ne sont pas rafraîchies, sauf bien sûr pour les EHPAD qui ont été construits
03:51après 2003.
03:53Donc la situation, elle est plutôt difficile aussi, difficile pour les résidents, qu'il s'agisse des personnes âgées ou
04:00qu'il s'agisse des personnes en situation de handicap.
04:03Pour autant, les procédures, les protocoles sont bien connus des professionnels.
04:08Je rappelle que depuis 2003, le choc de 2003, nous avons mis en place le plan bleu, les professionnels connaissent
04:14bien ce qu'ils doivent faire.
04:15Mais en revanche, peut-être en profiter aujourd'hui pour demander un renfort, un renfort avec le service civique.
04:22Appel au service civique, nous avons 3800 établissements sociaux, médico-sociaux, publics.
04:28Un minimum d'un renfort service civique par établissement pour accompagner les résidents dans la salle, pour s'assurer qu
04:35'ils boivent bien.
04:36Ce serait vraiment le bienvenu.
04:38Alors, on va parler des conditions de travail dans ces établissements médico-sociaux dont on parle, les hôpitaux, les EHPAD.
04:45Mais je voudrais d'abord qu'on fasse un point sanitaire.
04:48D'abord, est-ce qu'un coup de chaud, c'est une urgence vitale ?
04:51Alors, une hyperthermie, oui, c'est une urgence vitale.
04:54Il faut refroidir les personnes immédiatement, en fait.
04:58On peut appeler les pompiers.
04:59Les pompiers sont équipés avec les semures de baignoires, en tout cas en région parisienne, mais je pense dans le
05:04reste de la France.
05:04On s'était entraîné pour les JO.
05:06Donc, ils amènent la baignoire avec les glaçons et on met les patients directement au frais.
05:11Mais si vous trouvez quelqu'un en hyperthermie, il ne faut pas le laisser au soleil.
05:15Il faut le mettre à l'ombre et refroidir immédiatement.
05:18C'est quoi les symptômes de cette hyperthermie ? Qu'est-ce qui doit nous alerter ?
05:22C'est une fatigue vive, intense, une tachycardie.
05:26Il peut y avoir des convulsions, n'importe quoi, en fait.
05:30Le malaise.
05:31Oui, le malaise, évidemment.
05:32Mais il faut faire extrêmement attention.
05:35Et il y a des patients qui sont plus sensibles aux hyperthermies.
05:38Les personnes âgées, mais aussi les patients sous le neuroleptique.
05:40Il faut leur dire de ne pas s'exposer au soleil.
05:42Et vous faisiez référence tout à l'heure aussi à ceux qui, parfois, font du sport à des heures indues.
05:46Ça, évidemment, il faut éviter.
05:48Oui, alors là, le symptôme, c'est quand même d'avoir un problème de QI, quand même.
05:53Oui, voilà.
05:55Ça, c'est pour ceux qui, parfois, vont faire du jogging à 15 heures.
05:57Un point, Zéna Brié et Mathias Vargon, sur la surmortalité.
06:02Là encore, vous, en Ile-de-France, Mathias Vargon,
06:04et à votre place de délégué de la Fédération hospitalière de France,
06:07est-ce que vous constatez déjà une évolution sensible sur la surmortalité ?
06:12Ou est-ce que c'est trop tôt, Zéna Brié ?
06:14À ce stade, c'est trop tôt.
06:15Mais si l'on regarde ce qui s'est passé l'année dernière, en 2025,
06:18et pourtant, nous avons moins eu d'épisodes caniculaires,
06:22Public France annonce quand même 5700 décès supplémentaires.
06:26Notre crainte, c'est que compte tenu de la durée de l'épisode,
06:30compte tenu des conditions et en domicile et dans les structures,
06:35nous craignons que ça aggrave beaucoup plus l'état de santé des personnes.
06:40Nous savons aussi, puisque les urgentistes le disent, qu'il y a un contre-coup.
06:45Et donc, notre crainte, c'est qu'effectivement, nous ayons probablement une surmortalité.
06:50Est-ce qu'on peut parler de crise sanitaire ?
06:55Dans un épisode comme celui-là ?
06:56Non.
06:57On peut parler de crise sociale, en fait.
06:59Parce que ce n'est pas un virus, ce n'est pas une infection.
07:02Zéna Brié ?
07:03Oui, elle n'est peut-être pas d'accord, mais c'est une crise sociale, en fait.
07:06C'est-à-dire qu'on est dans un pays qui refuse la climatisation depuis des années pour plein.
07:09Et on voit les débats politiques en ce moment sur la climatisation.
07:12Oui, mais c'est une crise de santé publique.
07:14C'est une crise de santé publique.
07:15On peut chercher les causes.
07:16Oui, oui, non, non, mais en fait, l'hôpital se retrouve à gérer une crise sociale.
07:21Une crise parce qu'il n'y a pas de climatisation chez les gens.
07:25Les gens n'ont pas de système pour se refroidir.
07:27Les EHPAD, depuis 20 ans, effectivement, en urgence en 2003.
07:30Moi, j'y étais déjà à la canicule en 2003 et ce n'était pas la même chose.
07:33On a vu arriver des tsunamis de personnes âgées.
07:36Ce n'est pas la même chose.
07:37Mais quand même, l'histoire de la salle réfrigérée, depuis 2003, on aurait pu évoluer et mettre des clims dans
07:43les chambres.
07:43Ça n'a pas été fait.
07:44Là, vous faites référence aux EHPAD.
07:45Là, je fais référence aux EHPAD, aux résidences seniors, à tout un tas de choses qui fait qu'on aurait
07:50pu rafraîchir les gens.
07:51Et puis, quand ils arrivent à l'hôpital, de toute façon, on n'a pas les moyens de les recevoir.
07:54Parce que, je l'ai dit pour l'hyperthermie, mais c'est valable pour tous ces patients-là.
07:58L'important, c'est de les mettre dans un environnement frais.
08:01Alors, arrivé dans mes urgences, mais dans la plupart des urgences de France, l'environnement est rafraîchi.
08:08Rafraîchi, c'est quelques degrés en dessous de la température extérieure.
08:12Et ça, c'est un combat qu'on a depuis des années.
08:15En disant, on veut la clim dans nos établissements.
08:17Et on nous répond, ben non, la clim, c'est interdit.
08:20Bon, on me l'a déjà répondu.
08:22La clim, c'est pas hygiénique.
08:24Ben si.
08:24Vous avez un abrié.
08:25Non, on est d'accord, mais moi, je suis sur le terrain aussi et j'ai fait quatre services d
08:29'urgence.
08:30Et après, on nous dit, c'est trop cher.
08:32Mais à un moment, et à un moment, je suis désolé, mais la Fédération Hospitalier de France, qui représente les
08:37hôpitaux publics...
08:38Si vous la laissez parler, elle pourra s'exprimer.
08:39Mais je vais vous laisser parler.
08:40Ça aurait dû être son combat, un de ses combats.
08:42Il y en a d'autres.
08:43Il ne fait pas chaud tout le temps, mais un de ses combats.
08:45D'abord, attendez, juste, est-ce qu'on a une idée en proportion du nombre d'hôpitaux et des pâtes
08:51climatisées en France ?
08:53Ce que l'on sait aujourd'hui, c'est que si tous les établissements publics ne sont pas climatisés, ils
08:58disposent au moins tous d'une salle climatisée.
09:01Oui, en réanimation, théoriquement, il y a de la climatisation, au bloc opératoire, il y a de la climatisation.
09:06Si vous permettez, parce que contrairement à ce que vous dites, docteur Vargon, l'IFHF, non seulement sur ces sujets
09:12-là, elle a été force de proposition, mais peut-être qu'il faut rappeler les choses.
09:15D'abord, oui, il peut y avoir une crise sanitaire.
09:18À partir du moment où il y a un facteur exogène, qu'il soit social, qu'il soit climatique, qu
09:24'il soit chimique, il peut y avoir une crise sanitaire.
09:27Aujourd'hui, nous sommes en tension.
09:29Nous ne sommes pas encore en crise sanitaire, nous sommes en tension et j'espère que nous ne le serons
09:33pas.
09:33Sur la situation, ce que nous demandons, nous, c'est simple, on est très pragmatique.
09:38On dit qu'il nous faut, l'objectif il est simple, c'est de travailler dans des locaux qui soient
09:43adaptés.
09:44Là où ça doit être climatisé, ça doit être climatisé.
09:47Là où ça doit être rafraîchi, ça doit être rafraîchi.
09:49Et pour cela, il n'y a pas 36 000 solutions, il faut avoir un plan massif d'investissement.
09:55On a des tas d'exemples de locaux rafraîchis.
09:57Il y a des locaux rafraîchis, alors moi je ne suis ni pour ni contre la climatisation, je suis pour
10:00les deux.
10:00Parce qu'il y a des locaux, vous ne pourrez pas faire autrement que de les climatiser.
10:03Mais en revanche, il faut arrêter cette logique court-termiste de vouloir mettre en place des solutions,
10:09une solution unique qui ne répondra pas à tous les problèmes.
10:12En attendant, j'ai donc eu un médecin au téléphone hier de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, en banlieue parisienne,
10:18qui a pris la température dans son bureau, 38 degrés, c'est la même chose dans les chambres.
10:24Comment on fait pour soigner des malades par 38 degrés ?
10:28On ne fait pas en fait. On parle beaucoup des urgences. Je suis aussi le directeur médical de crise dans
10:34mon établissement.
10:35Et en réalité, notre problème, par exemple, hier, ce n'était pas les urgences.
10:39On n'avait pas un gros besoin d'hospitalisation. Par contre, derrière, on parle de déprogrammation ou d'ouvrir des
10:45lits.
10:46Mais le problème, c'est que les chambres sont intenables.
10:48On a des chambres à 30, 33. J'ai des collègues qui ont mesuré avec des chambres à plus de
10:5340.
10:54Donc vous faites comment dans ce cas-là ?
10:56Alors hier, on s'est réorganisé. On s'est dit qu'on allait mettre les patients les moins fragiles dans
11:00les chambres un peu chaudes
11:02et de garder les patients les plus fragiles dans les endroits les plus frais.
11:06Et alors évidemment, il y a la réa qui est climatisée.
11:09Mais notre grande peur, c'est que la clim ne tienne pas.
11:13Les clims, elles sont faites pour tenir jusqu'à 32.
11:15Et il y a des établissements où les chaînes de laboratoire ont sauté.
11:20Et dans ces cas-là, on ne peut plus faire d'examens.
11:21Il y a des endroits où c'est les ordinateurs qui ont sauté, parce qu'on travaille tous avec de
11:25l'informatique à l'hôpital.
11:27Et donc, on est dans des situations extrêmement fragiles.
11:30Et c'est la vague de la vague.
11:31Enfin, c'est la vague des urgences.
11:32Juste pour bien comprendre, Mathias Vergon, ce que vous dites, parce qu'on pose aussi cette question de savoir, crise
11:36sanitaire ou pas, si l'hôpital va tenir notamment dans les jours qui viennent.
11:39On est en Orsan 2 quand même.
11:39C'est une crise sanitaire.
11:40Voilà. Orsan 2, c'est donc le gouvernement qui a décidé d'activer ce plan.
11:43Ça veut dire que le sujet n'est pas tant l'afflux de patients aux urgences que la déstabilisation des
11:48services hospitaliers au-delà même des urgences.
11:51En tout cas, hier, le problème n'était pas encore l'afflux de patients aux urgences.
11:56Il va peut-être l'être.
11:57Et en tout cas, le problème d'hospitalisation.
11:59Mais hier, dans mon établissement, comme dans tout un tas d'autres établissements, puisqu'il y a eu une réunion
12:03du DGARS hier après-midi.
12:05Donc l'Agence régionale de santé.
12:07Et l'Île-de-France, forcément, puisque je suis en Île-de-France.
12:10Ce point a été soulevé par plusieurs personnes.
12:13C'est effectivement ces chambres qui sont intenables, invivables pour des patients.
12:17On parlait des bureaux des médecins, mais à la limite, les médecins...
12:19Mais oui, oui, oui, tout à fait.
12:20Mais c'est l'équivalent.
12:21C'est-à-dire que ce qui se passe dans le bureau du médecin se passe dans la chambre.
12:23Et on met des ventilateurs dans les chambres des patients.
12:25Il y a des ventilateurs partout à l'hôpital.
12:27Mais ça brasse de l'air chaud.
12:28Mathias Wargon, c'est une perte de chance pour les malades ?
12:30Alors, je n'ai pas les statistiques.
12:32Mais oui, c'est évident que c'est une perte de chance.
12:34Et puis, on peut avoir des patients qui peuvent faire des hyperthermies à l'hôpital.
12:37C'est quand même dingue de se retrouver avec un patient qui fasse une hyperthermie
12:40dans un établissement de santé parce qu'il n'est ni réfrigéré, ni j'en sais rien.
12:47La première canicule, c'était en 2003.
12:50Des épisodes caniculaires, il y en a eu depuis.
12:53Le GIEC dit que ça va se réchauffer.
12:56Et finalement, on parle de grand plan.
12:58Mais sur le terrain, quand on fait des travaux,
13:03la canicule est rarement évoquée.
13:05En tout cas, comme un événement...
13:08En fait, c'est vrai qu'on trouve ça ahurissant.
13:12Il n'y a pas de clim dans les hôpitaux.
13:13On se dit qu'il y a bien un endroit où il devrait y avoir la clim, c'est les
13:15hôpitaux.
13:16En fait, ce qui est ahurissant, c'est de ne pas avoir des locaux qui soient adaptés
13:20et qu'on est plus chaud dans une chambre qu'à l'extérieur.
13:23Ça, oui, vous avez tout à fait raison.
13:24Même si on a aussi chaud dans une chambre qu'à l'extérieur, ça ne va pas non plus en
13:27ce moment.
13:27Mais le vrai souci, c'est qu'effectivement, depuis 2003,
13:32tous les projets d'investissement qui ont été déposés,
13:35systématiquement, il y avait des opérations de climatisation
13:38et des opérations de rafraîchissement.
13:41Sauf qu'il faut constater une chose.
13:43Les financements de l'hôpital public restent la variable d'ajustement.
13:46En 2019, je suis désolée, mais comme on parle de locaux, il faut bien que je le dise.
13:49En 2019, nous étions à un niveau historiquement bas du financement de l'investissement.
13:56Nous étions à 4,5 milliards par an.
13:59Nous sommes, à ça, avec le Ségur, à 5,5.
14:02Nous, nous disons qu'il nous faut 7 milliards à 9 milliards par an.
14:06Et l'IGAS dit que dans ces 7 milliards, il faut 1 milliard constaté à 5 milliards.
14:10Est-ce que vous-même, Zéna Brier, vous avez, ces dernières années,
14:12dans les fonctions que vous occupez, priorisé l'idée qu'il fallait occuper,
14:16qu'il fallait mettre de la clim dans les hôpitaux ?
14:20Bien sûr, je suis directrice d'hôpital, j'ai été infirmière,
14:21je suis directrice d'hôpital, j'ai été présidente de la conférence des directeurs de centres hospitaliers.
14:25Et je peux vous dire que l'ensemble des dossiers qui ont été déposés
14:29contenaient systématiquement cela.
14:30Mais comme il faut à chaque fois raboter pour entrer dans une enveloppe,
14:34c'est comme la question des mètres carrés.
14:35Alors, on va passer par le standard, parce qu'on a des questions, des appels.
14:39J'accueille Jean-Louis, bonjour, bienvenue Jean-Louis.
14:42Bonjour Florent, bonjour Benjamin, bonjour à vos deux invités.
14:46Quelle est votre question ?
14:47Très simple et très présente, en fait.
14:52La transition écologique s'invite dans le débat hospitalier.
14:56Alors, j'aimerais savoir comment vos deux invités l'interprètent.
14:58Avec un grand soupir, traduisant une contrainte supplémentaire,
15:03ou alors avec un grand sourire, qui voudrait dire,
15:06ça représente une occasion inaspérée de penser différemment à l'hôpital.
15:09Alors, j'ajoute une observation.
15:13On me dit que dans les hôpitaux de l'APHP, par exemple,
15:16il n'y a plus d'eau en bouteille, plastique.
15:18Il n'y a plus de distributeur d'eau.
15:20Et que c'est l'application d'un plan de transition écologique.
15:31Alors, en tout cas, vous voulez que je réponde à cela ?
15:33Je suis ravie de la question qui a été posée par votre auditeur.
15:36Il a tout à fait raison.
15:37Sachons tirer les forces d'épisodes difficiles.
15:40Un plan d'investissement massif, ça veut dire quoi ?
15:43Ça veut dire qu'on va maintenir...
15:44C'est bon pour la population, pour leur santé.
15:47C'est bon pour les patients.
15:48C'est bon pour les professionnels de santé.
15:50Et c'est bon pour l'économie, puisqu'on va développer l'économie,
15:54des activités partout sur les territoires.
15:56Alors, ensuite, sur l'approvisionnement, c'est un des risques.
16:00La gestion de l'approvisionnement, ça s'anticipe aussi.
16:02Mais tout va dépendre de la durée du phénomène.
16:05Donc, effectivement, il faut s'assurer que le renouvellement des stocks est bien effectué.
16:09Mathias Vargon ?
16:10En fait, c'est vrai que dans tous nos hôpitaux, il y a des commissions pour le passage à la
16:15transition écologique.
16:16Donc, je ne sais pas.
16:16Moi, je ne travaille pas à la paix.
16:17Je travaille dans un établissement plus petit.
16:19Qui ne dépend pas de la PHP.
16:20Qui ne dépend pas de la PHP.
16:22La PHP, ce n'est pas très agile.
16:23C'est un peu gouverné de façon très centralisée, avec des professeurs partout.
16:28Donc, chez nous, il y a plus de communication.
16:30On a des bouteilles d'eau et on a des fontaines.
16:32Donc, si c'est une décision de la paix, moi, je ne peux pas en parler.
16:35Mais c'est vrai que la transition écologique, en fait, elle percute nos problématiques.
16:40Et ma problématique, moi, aujourd'hui, ce n'est pas ce qui va se passer dans 20 ans.
16:43Quoique dans 20 ans, je serais patient.
16:44Ma problématique, c'est aujourd'hui.
16:46Mais juste avant de prendre un autre auditeur, Zéna Brillé, justement, on parlait tout à l'heure du plan décidé
16:50par le gouvernement.
16:51Là, les décisions qui sont prises pour faire en sorte que l'hôpital tienne ?
16:55Alors, les décisions qui sont prises, qui doivent être prises, parce qu'elles ne sont pas toutes prises.
16:59Vous nous parliez tout à l'heure de la mobilisation des jeunes du service civique dans les EHPAD.
17:02Très concrètement, là, pour que dans les jours qui viennent...
17:04Ça, c'est un appel que vous avez lancé.
17:05Tout à fait. Tous les renforts possibles pour accompagner les résidents.
17:11Développer, permettre à chaque établissement, s'il a besoin d'avoir du personnel en plus, de pouvoir financer ce personnel
17:17en plus.
17:19Permettre également, les établissements, tout ce qui est petit équipement, ils y font face.
17:24La difficulté, et vous l'évoquiez tout à l'heure, docteur Vargon, c'est qu'on a des équipements informatiques,
17:29techniques, qui risquent de ne pas tenir.
17:30Et donc, on a des plans de continuation de services qui sont mis en place.
17:35Mais il va falloir aussi que derrière, la maintenance, les maintenances extérieures, qu'il y ait de la réactivité de
17:39tout le monde, pour qu'on puisse répondre assez vite.
17:42Donc, en fait, ce dont on a besoin, parce que ça concerne tout le monde, c'est qu'il y
17:45ait une mobilisation de tout le monde, de tous ceux qui ont affaire à l'hôpital, autour de l'approvisionnement,
17:51autour des équipements.
17:52Et que l'hôpital, qui quand même, je le rappelle, assure 80% des 21 millions de passages aux urgences
17:58par an, qui assure 85% de la permanence des soins,
18:02que lui, on fasse en sorte qu'il tienne et qu'il tienne jusqu'au bout, avec les moyens dont
18:06nous disposons aujourd'hui.
18:08Et comme en septembre, nous allons avoir les discussions sur le PLFSS, et bien, dès le budget de la sécurité
18:13sociale,
18:15dès ce budget, il faut avoir une part consacrée aux bâtis et aux équipements.
18:19Alors, on sait que ces canicules, ces températures extrêmes, sont aussi un enjeu de santé mentale.
18:25Et on a une question de Francis, au standard de France Inter. Bonjour, bienvenue Francis.
18:30Oui, bonjour. Non, c'était une remarque de tout à l'heure. Je voudrais savoir ce que c'est que
18:35la décompensation.
18:37La décompensation. Ensuite, j'ai une petite idée qu'un ami pompier a donné à ma femme, qui est institutrice.
18:45Il a donné des couvertures de survie, et ma femme a mis la couverture de survie cotée, métallisée, à l
18:53'extérieur des fenêtres de sa classe,
18:55et la température est descendue de 15 degrés.
18:58De 15 degrés ? Vous êtes sûr ?
19:01Mathias Bargon, sur ce qu'est la décompensation ?
19:03La décompensation, c'est quand une aide m'a dit et qu'elle s'aggrave.
19:08C'est un terme médical rapide.
19:09C'est aussi un terme de psychiatrie ?
19:11Oui, alors pour la psychiatrie, en réalité, la psychiatrie est en crise toute l'année,
19:16mais toute l'année, avec un déficit de place, un déficit d'accueil, des patients qui restent des jours dans
19:21les urgences.
19:22Je pense que les patients les plus graves restent des jours dans les urgences, en attente de place dans les
19:25secteurs,
19:26et notamment dans les champs d'isolement.
19:29À chaque vague de chaleur, on se retrouve avec des patients qui perdent le contact avec leur psychiatre,
19:33qui parfois arrêtent de prendre leurs médicaments.
19:35Ils ont la chaleur comme tout le monde.
19:37Ils ont des pathologies spécifiques, notamment, c'est ce que je disais tout à l'heure,
19:40les patients sous neuroleptiques ont une dysrégulation thermique,
19:43donc ils peuvent chauffer plus rapidement.
19:45Et donc, oui, on va se retrouver avec beaucoup de patients psychiatriques,
19:48comme après chaque crise, en fait.
19:50Et les crises, c'est toute l'année.
19:52Moi, j'ai l'impression de gérer des crises toute l'année.
19:54Je ne fais pas un métier.
19:55C'est l'hôpital qui gère des crises toute l'année.
19:57Ça devient un peu fatigant.
19:58Mais c'est intéressant ce que vous dites, Mathias Vergon,
20:00parce qu'on retrouve des mots qu'on entendait pendant la crise du Covid
20:02sur des patients qui perdent le lien avec leur médecin.
20:06En fait, Zéna Brié, on va vivre à la sortie de cette canicule,
20:10qu'on espère le plus tôt possible,
20:12comme un révélateur de ce qui s'était passé après la crise du Covid.
20:17C'est exactement cela.
20:18C'est-à-dire que la canicule est un révélateur qui vient indiquer
20:22que ne pas prendre en considération l'impact climatique
20:25avec des bâtiments qui ont été construits pour un climat de 1980
20:28et non pas un climat pour 2026 à 2050,
20:32ça va être géré des crises aiguës successives.
20:36Un tout dernier mot, puisqu'on vous a sous la main tous les deux.
20:39On a un premier cas d'Ebola en France.
20:42Oui, parce qu'on s'ennuie un peu, mais je crois.
20:44Et pourquoi pas ?
20:46C'est un médecin de retour de République démocratique du Congo.
20:49Cinq personnes qui ont été en contact avec lui dans l'avion qu'il a pris
20:53ont été mises à l'isolement.
20:55Ils sont où ?
20:56En tout cas, lui, le médecin, il est où ?
20:59Et comment ça se passe ?
21:00Comment ça s'organise dans un service hospitalier d'avoir un malade d'Ebola ?
21:04Alors, moi, j'ai une petite idée d'où il est,
21:06mais je ne le dirai pas parce que ça fait partie de...
21:08C'est un hôpital qui est spécialisé dans les maladies infectieuses.
21:11C'est un hôpital qui est spécialisé.
21:11D'accord.
21:12C'est un médecin qui est spécialisé aussi.
21:14Les patients...
21:15Non, mais sincèrement, je n'en sais pas plus que vous.
21:17Ebola, de toute façon, nous, ça fait quand même quelques semaines.
21:20Alors, il n'y a pas d'alerte officielle, mais tout le monde en parle.
21:24On a remis en place...
21:25On vous rappelle pourquoi ? Parce que Ebola, très contagieux, très grave,
21:28très bortel.
21:30Alors, après, ce n'est quand même pas le Covid, ce n'est pas l'antavirus non plus,
21:33pour parler de la dernière poussée un peu d'angoisse.
21:37Ça s'attrape quand même plus difficilement.
21:39Mais nous, on a remis, on a reprévenu nos infirmières d'accueil en disant,
21:44attention, les patients avec les zones qui changent, où il y a de l'Ebola,
21:48et en disant, voilà, s'il y a des patients qui présentent ce genre de signes.
21:51Et surtout, il ne faut pas, si vous avez une suspicion d'Ebola,
21:54vous n'allez pas aux urgences, vous ne bougez pas de chez vous,
21:58vous faites le 15 et ils s'occuperont de tout.
22:00Surtout, vous ne bougez pas de chez vous.
22:02Ou du cabinet médical, parce que ça m'est déjà arrivé.
22:04Zéna Brier, en quelques secondes, là-dessus.
22:06Oui, j'en profite pour rebondir, de dire qu'effectivement,
22:08toute personne fragile, que ce soit par son traitement,
22:11que ce soit par... qu'elle soit personne âgée ou seule,
22:15qu'elle n'hésite pas, qu'elle ne l'est pas bien,
22:17elle appelle le 15 et elle sera bien nouvelle.
22:18On ne parle plus d'Ebola.
22:19Je vous remercie.
22:21Merci à tous les deux d'être venus dans le studio de France Inter ce matin.
22:27La revue de presse à suivre.
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