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Avec Louis Bouffard, co-président des Éligibles / Jeanne Amourous, infirmière en soins palliatifs et membre active de la Société Française d'Accompagnement et de Soins palliatifs (SFAP)

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##LE_FACE_A_FACE-2026-06-22##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:08Vous êtes bien sur Sud Radio, en ce lundi 22 juin 2026, il est 13h04, nous allons traiter d'un
00:14sujet à la fois épineux, douloureux, un sujet d'éthique et celui de la fin de vie,
00:19qui suscite évidemment un débat très, on peut dire virulent, dans ce pays, entre parlementaires, la classe politique, évidemment, les
00:28Françaises et les Français,
00:29toutes les familles qui sont confrontées à cette situation, les malades eux-mêmes, les gens qui sont en fin de
00:34vie.
00:34Je reçois deux témoins très importants, je commence par vous parce que vous êtes une dame par courtoisie, Jeanne Amourousse,
00:42vous êtes infirmière en soins palliatifs,
00:44donc vous connaissez cette situation de très près, et vous êtes membre actif de la Société française d'accompagnement et
00:50de soins palliatifs,
00:51donc vous êtes de ceux qui accompagnaient, et donc vous savez ce qu'il advient lorsque quelqu'un doit décider
00:57de vivre ou de ne pas vivre,
00:59et est-ce qu'on doit prendre la décision à sa place.
01:02Et puis ici, à ma droite, Louis Bouffard, vous êtes co-président des éligibles, je signale que vous êtes venu
01:07en fauteuil roulant,
01:08donc vous êtes en situation de handicap, vous êtes confronté à la réalité de la maladie,
01:13et vous vous êtes engagé sur cette question au sein d'une association qui s'appelle Les Éligibles.
01:18Marc Bouffard, merci, pardon, Louis Bouffard, merci d'être là, Jeanne Amourousse aussi.
01:22Louis Bouffard, pourquoi avoir donné le nom d'éligible à cette association sur la fin de vie ?
01:27Alors le nom précis, c'est Les Éligibles et leurs aidants, parce que pour moi, les deux faces sont indissociables.
01:35Alors éligibles, ce sont toutes les personnes qui sont directement visées par cette loi,
01:41qui rentrent dans les critères d'éligibilité, c'est-à-dire que demain, si cette loi passe,
01:48et bien toutes ces personnes, si elles font la demande de mourir, et bien elles pourront l'obtenir.
01:54Et donc c'est une étiquette qui est pour moi assez violente finalement.
01:59Vous considérez que tout le monde n'aura pas accès aussi facilement que cela aux dispositions de cette loi.
02:07Pour quelles raisons certains pourraient, d'autres ne pourraient pas, selon vous ?
02:11Alors si, les critères sont quand même extrêmement flous, parce qu'on nous présente un système qui concerne que les
02:19personnes en fin de vie,
02:20mais en fait c'est plus large que ça.
02:23Car moi aujourd'hui, je suis atteint d'une myopathie de Duchesne, dans un stade avancé,
02:29et quand je regarde chacun des critères, moi je suis atteint d'une affection grave et incurable,
02:37engageant le pronostic vital en phase avancée.
02:42Et effectivement, si par exemple, j'arrêtais la ventilation que j'ai la nuit, et quelques heures en journée,
02:49et bien je pourrais demander cette aide à mourir.
02:52Qu'est-ce qui vous a poussé aussi, héroïquement, je suis assez impressionné, vous pouvez l'imaginer,
02:58de vous avoir en face de moi, vous voir vous engager sur cette cause de la fin de vie ?
03:04On suppose que la maladie, la souffrance, devraient occuper la totalité de votre énergie, de votre préoccupation,
03:09et vous avez encore ce courage et ce besoin, justement, de venir participer à ce débat,
03:16et de venir en aide à ceux qui sont comme vous, dans une situation évidemment extrêmement douloureuse.
03:21Qu'est-ce qui vous a motivé au départ ?
03:23Eh bien c'est une profonde inquiétude, parce qu'aujourd'hui, en France, avec un système de santé qui est
03:31en crise,
03:31la crise de l'hôpital, la crise de l'accès aux soins, la crise des aides à domicile,
03:38pour moi c'est de plus en plus compliqué de pouvoir avoir des auxiliaires de vie qui m'aident matin,
03:44midi et soir,
03:44et souvent c'est mon père qui est aidant, qui fait cette variable d'ajustement quand le système est en
03:51faillite,
03:52et du coup, moi je me rends compte que cette loi arrive dans un contexte où on ne donne pas
03:58suffisamment les moyens de vivre dignement.
04:01Jeanne Amourousse, vous êtes confronté, je peux le dire, à la mort régulièrement, vous accompagnez la mort,
04:07et vous rencontrez des êtres humains dont vous savez qu'ils sont condamnés,
04:11et je vous vois avec votre visage serein, je me dis à l'intérieur de vous,
04:16vous avez dû vivre en permanence des situations tragiques, il faut tenir,
04:21il faut apporter en plus du réconfort et plus la situation est tragique, plus il faut venir en aide.
04:25Comment aujourd'hui est traitée la fin de vie, qui est une professionnelle de la fin de vie,
04:29si je peux m'exprimer ainsi, comment est traitée pour vous, qui êtes praticienne,
04:33comment est traitée la fin de vie en France ?
04:36Est-ce que la classe politique a bien pris l'ampleur de ce drame,
04:41ou est-ce qu'on a tendance à vouloir régler un problème qui donne mauvaise conscience,
04:45et il faut trouver une solution législative ?
04:47Je dirais d'abord qu'on n'accompagne pas la mort, mais on accompagne la vie.
04:52Nos patients, ils sont effectivement en fin de vie, ils sont atteints de maladies graves, incurables,
04:56ils sont parfois, ils restent dans nos unités que quelques jours,
04:59pour autant jusqu'au bout ils sont en vie, et c'est palpable.
05:01Même quand on est dans les derniers instants, et que l'esprit vacille un peu,
05:05nos patients sont profondément âgés.
05:07Je crois que c'est ça qui fait tenir, c'est que la vie de nos patients est fragile,
05:11elle est abîmée, elle est difficile, et elle est effectivement pleine de souffrance,
05:14mais elle est quand même là.
05:15Notre boulot, c'est d'essayer justement d'accompagner ce moment de la vie qui est compliqué,
05:19et qui est difficile, mais de pouvoir l'accompagner le plus sereinement,
05:23les patients et aussi leur famille.
05:25Aujourd'hui, la manière dont on a l'accompagné en France,
05:28on a une loi qui est quand même incroyable,
05:31la loi Leonetti, qui est quand même une très grande loi,
05:34qui nous permet de vraiment, qui nous donne un cadre,
05:36mais qui nous permet, à l'intérieur de ce cadre,
05:38de pouvoir vraiment accompagner de manière très singulière nos patients,
05:41parce que chaque situation, évidemment...
05:43C'était la première fois qu'un député, qu'un parlementaire,
05:46soulevait le problème, et il a mené ce projet à terme.
05:49Il m'a dit que c'était incomplet, qu'il fallait évidemment préciser les choses.
05:53C'est une loi en plus qui est très importante,
05:54parce qu'elle nous oblige vraiment, coûte que coûte,
05:56à soulager tous les patients,
05:57et on a vraiment une obligation de soulager tous nos patients,
06:00et en même temps, à l'intérieur de ça,
06:02elle nous laisse justement ces petits moments
06:05pour pouvoir faire vraiment du personnel pour chaque patient.
06:10Malheureusement, il y a eu des lois qui sont intéressantes,
06:12mais on n'a pas assez de moyens pour accompagner nos patients.
06:16Et aujourd'hui, moi, ce qui me révolte profondément,
06:18c'est que 500 personnes tous les jours
06:20meurent sans avoir eu accès à des soins biatifs,
06:22alors qu'ils n'auraient eu besoin.
06:24Et donc, moi, c'est aujourd'hui aussi ça qui me révolte
06:26dans ce débat sur la fin de vie,
06:28c'est qu'on débat d'une nouvelle loi,
06:30or, on n'a pas aujourd'hui les moyens
06:31pour accompagner suffisamment nos patients.
06:33Et ça, j'en étais tellement tous les jours,
06:34j'ai travaillé dans des départements aussi
06:37encore plus dépourvus que l'intérieur de Paris,
06:40dans le 93, où il n'y a rien.
06:42Et en fait, nos patients,
06:43ils sont complètement laissés à l'abandon,
06:44et on n'a pas assez de moyens suffisants
06:46pour accompagner correctement la fin de vie.
06:48On parle de la fin de vie,
06:49mais aussi les personnes âgées,
06:50j'ai bossé en EHPAD,
06:51et je crois que ça donne envie à personne
06:53d'aller en EHPAD, et c'est un problème.
06:55Vous considérez presque qu'on met la charrue
06:56avant les bœufs ?
06:57500 personnes qui meurent par an,
06:59vous dites, sans soins palliatifs,
07:00c'est-à-dire qu'ils meurent ?
07:01Par jour, par jour.
07:01Par jour, qui meurent dans la souffrance,
07:04alors qu'on est censé avoir
07:06un système médical et hospitalier,
07:08malgré tout ce qu'on entend,
07:10qui dispose de moyens meilleurs qu'ailleurs.
07:13et là, vous vivez cette situation.
07:16En tout cas, on a une loi qui nous oblige,
07:18mais des moyens qui ne suivent pas derrière,
07:19et qui ne nous permettent pas du coup
07:20d'accompagner correctement nos patients.
07:22Et sur des choses très factuelles,
07:23les patients qui sont à domicile,
07:25Louis a témoigné sur la question des auxiliaires de vie,
07:27nos patients, ils sont tout seuls à la maison.
07:29Voilà, il y a deux passages par jour,
07:30et le reste du temps, ils sont tout seuls.
07:32Louis Bouffard,
07:33depuis que vous êtes confronté à la maladie,
07:35avec une pathologie très sérieuse, très grave,
07:38vous considérez que vous avez été accompagné
07:41et pris en main de façon conforme à vos besoins,
07:43ou vous avez aussi pu quelquefois constater
07:46des défaillances dans le système médical ?
07:48Alors, dans mon parcours de vie,
07:51c'est vrai que j'ai la chance d'être accompagné,
07:55mais cet accompagnement, il est compliqué,
07:58il tient à un fil en fait,
08:01parce que moi, au quotidien,
08:03j'ai besoin vraiment de l'aide des autres
08:06pour tous les actes du quotidien,
08:07que ce soit pour me lever, pour me laver,
08:10pour m'habiller, pour manger,
08:11pour ouvrir une porte, pour aller à l'extérieur.
08:14Toutes ces choses-là, je ne peux pas les faire tout seul.
08:17Et donc, aujourd'hui, avoir des aidants,
08:20comme on dit, c'est de plus en plus compliqué.
08:25Et c'est là où, heureusement,
08:27que je peux compter sur mon père,
08:30qui est mon proche aidant,
08:32pour qu'il puisse m'aider
08:34quand les auxiliaires de vie appellent le matin
08:36pour dire, malheureusement,
08:38je ne pourrais pas venir,
08:40parce que si personne venait m'aider,
08:42en fait, je ne pourrais même pas vivre un seul jour.
08:45Qui sont les aidants ?
08:46C'est souvent des gens de la famille,
08:47ça peut être des bénévoles,
08:48ça peut être des gens qui se présentent,
08:50au-delà des auxiliaires de vie,
08:52qui sont, j'allais dire,
08:53les représentants du système,
08:54qui sont en nombre insuffisant,
08:56j'ai l'air de...
08:57Ah oui, oui, il y a une vraie crise,
08:59un vrai manque d'auxiliaire de vie,
09:02d'infirmière, d'aide-soignant.
09:04Oui, il y a un système qui est réellement en crise,
09:06qui manque à la fois de professionnels,
09:09mais aussi de moyens,
09:10de moyens financiers.
09:11Les aidants ont les moyens et la compétence
09:14pour faire face souvent à ces situations douloureuses,
09:17ou on l'acquiert ?
09:18Souvent, les aidants,
09:19ce sont les proches.
09:21Ce sont, moi, dans mon cas,
09:23c'est beaucoup mon père,
09:25mais ça peut être aussi des personnes
09:28de ma famille un peu plus éloignées.
09:30Finalement, les proches aidants,
09:34on oublie qu'il y en a à peu près,
09:37je crois, entre 10 et 11 millions en France.
09:40Donc les aidants,
09:41ça représente un nombre considérable
09:43de millions de Français, en fait.
09:46Et finalement, quelque part,
09:48tout au long de notre vie,
09:49on sera un jour soit aidant, soit aidé.
09:52Bien sûr.
09:53Et donc, finalement,
09:54c'est une vraie question sur
09:56comment on accompagne la fragilité,
09:59comment on accompagne le lourd handicap,
10:02la dépendance, le vieillissement,
10:04comment on accompagne aussi les aidants
10:07qui se donnent parfois corps et âme.
10:10J'ai envie de dire que,
10:11moi, dans mon association,
10:13je pense à une aidante en particulier
10:15qui a dû arrêter son travail
10:16pour s'occuper de son mari
10:18qui est atteint de la maladie de Charcot.
10:21du fait du manque d'auxiliaires de vie,
10:23d'aide-soignants, d'infirmiers.
10:24Il y a encore des saints dans ce monde,
10:26malgré ce qu'on écoute.
10:28Il y a encore des gens qui sont admirables.
10:30Louis Bouffard,
10:31est-ce que vous vous admettez
10:36que quelqu'un qui est confronté
10:37à une situation douloureuse et tragique
10:39puisse décider à un moment donné,
10:41un être humain,
10:41de dire j'arrête là,
10:43je ne veux pas continuer plus loin,
10:44je ne veux pas continuer à souffrir ?
10:45C'est quelque chose qui est admissible ou non ?
10:47C'est quelque chose qu'il faut accompagner
10:49ou il faut toujours dire à la personne
10:50non, il y a toujours un espoir ?
10:53Comment approcher cette situation ?
10:55Eh bien, en fait,
10:56sur la question de la souffrance,
10:58il faut mettre tout en œuvre
11:00pour soulager,
11:01pour accompagner,
11:02pour réduire cette douleur,
11:05cette souffrance
11:06qui peut être physique,
11:08qui peut être psychologique,
11:10qui peut être de différentes formes.
11:12Je crois vraiment qu'il faut d'abord voir
11:14ce qui se cache derrière
11:16une demande de mourir.
11:18Jeanne Amourousse,
11:19vous avez été confronté
11:21quelquefois
11:21à des gens qui vous ont dit
11:22j'en peux plus,
11:23je voudrais arrêter.
11:24Souvent.
11:25Souvent.
11:25Souvent.
11:26C'est à vous qu'ils le disent ?
11:27Oui.
11:28Souvent, ça arrive à l'oreille
11:29des infirmières ou des aides-soignantes.
11:32Régulièrement,
11:33on a des patients qui arrivent
11:34et qui nous disent,
11:34qui arrivent dans nos unités
11:35en disant
11:36j'en peux plus,
11:37je voudrais que tout s'arrête,
11:38c'est trop difficile.
11:38Et la première réponse,
11:40c'est d'abord d'écouter
11:41et de prendre le temps de comprendre
11:43parce qu'en fait,
11:43cette demande,
11:44elle est tellement légitime
11:45et elle est tellement difficile.
11:47Et la question,
11:48c'est qu'est-ce qu'on répond
11:49à ces gens-là ?
11:49Et pour l'instant,
11:51le message,
11:51et nous, notre boulot,
11:52c'est d'essayer de comprendre
11:54qu'est-ce qu'il y a
11:55derrière cette demande.
11:55Et comme disait Louis,
11:56il y a tout un tas de souffrances
11:57qui sont souvent mélangées
11:58les unes aux autres.
11:59Et la question,
12:00c'est de quelle manière
12:01on y répond.
12:02Et pour l'instant,
12:02on promet aux patients,
12:03surtout,
12:04la première chose,
12:04je crois,
12:05c'est de dire
12:05qu'on sait que c'est difficile,
12:07mais la première chose,
12:07c'est qu'on ne vous laissera pas tomber
12:08et on va tout mettre en oeuvre
12:10pour vous soulager.
12:11Vous êtes sur Sud Radio,
12:13vous écoutez bien
12:16que nous parlons,
12:17vous comprenez bien
12:17que nous parlons de la fin de vie,
12:18c'est un sujet sensible.
12:20Je reçois Louis Bouffard,
12:23coprésident des éligibles
12:24et de l'élan,
12:26et Jeanne Amoureuse
12:28qui est une infirmière
12:28dans les soins palliatifs
12:30qui connaît bien
12:31les situations concrètes
12:33et pratiques
12:34de gens qui ne veulent pas
12:36continuer à vivre.
12:36Vous nous appelez au 0 826 300 300,
12:39donnez-nous votre avis
12:40parce qu'il est inévitable
12:42que vous soyez
12:43non seulement sensible
12:43à ce sujet
12:44que vous connaissiez peut-être
12:46dans votre entourage
12:46ou que vous êtes même
12:47confronté à cette situation.
12:49Bien sûr,
12:49on a besoin de votre avis.
12:51Vous pourrez discuter
12:51avec Louis Bouffard
12:52et Jeanne Amoureuse
12:53pour leur donner
12:54votre impression.
12:56Et puis voilà,
12:56est-ce que la loi
12:57sur la fin de vie
12:57est éligible ?
12:58Est-ce qu'elle est bien
12:59accessible à tout le monde ?
13:00Est-ce qu'elle est bien conçue ?
13:01Et est-ce que la classe politique
13:03et est-ce que nos parlementaires
13:04ont l'obligation
13:05de trouver la réponse
13:07parfaite, idéale
13:08qui n'existe pas ?
13:09C'est un sujet éthique
13:11et les sujets éthiques
13:12sont toujours difficiles
13:13à traiter,
13:14à conclure.
13:14A tout de suite
13:15sur Sud Radio
13:15au 0 826 300 300.
13:26Vous êtes sur Sud Radio
13:27La France dans tous ses états
13:29il est 13h20.
13:30Je reçois Louis Bouffard
13:32au président des éligibles
13:34et Jeanne Amoureuse
13:35infirmière en soins palliatifs.
13:37Nous parlons évidemment
13:37fin de vie.
13:39Nous essayons de comprendre
13:40ce qui motive
13:42la classe politique,
13:43les parlementaires
13:44qui donnent l'impression
13:46d'avoir envie
13:47d'apporter une réponse précise
13:48si tant est qu'il y en ait une.
13:50Et puis de l'autre côté
13:50les gens sur le terrain
13:51Louis Bouffard
13:52vous êtes confronté
13:52à la maladie bien sûr
13:53donc votre engagement
13:55une forme de générosité incroyable
13:57parce que vous pourriez
13:58vous consacrer uniquement
13:59au traitement
14:00de votre problème de santé
14:02et vous voulez porter
14:03ce débat
14:04sur la voie publique.
14:06Et vous Jeanne Amoureuse
14:07qui êtes confronté
14:09régulièrement et quotidiennement
14:10à des gens
14:11qui vont mourir
14:12et vous les accompagnez
14:13pas dans la mort
14:14vous les accompagnez
14:15jusqu'au bout de leur vie.
14:18Jeanne Amoureuse
14:19je vous posais la question
14:20je vous la repose
14:22plus directement
14:23il y a des gens
14:23qui vous ont dit
14:24je veux mourir
14:26faites que ça cesse
14:27qu'ils vous l'ont formulé comme ça.
14:28Bien sûr
14:28bien sûr
14:29c'est arrivé
14:31c'est arrivé
14:32je n'irai pas régulièrement
14:32mais ça arrive de temps en temps
14:33des gens qui ont
14:34qui ont vraiment envie de mourir
14:35et on les comprend.
14:38Que répondez-vous ?
14:38Après souvent
14:39on écoute
14:40et vraiment je pense
14:41que c'est vraiment important
14:42d'avoir ce temps de l'écoute
14:43et du non-jugement
14:44parce que toute souffrance
14:45mérite d'être écoutée
14:46comprise, entendue
14:48personne n'a envie de mourir
14:49en revanche
14:49je crois qu'il y a beaucoup de gens
14:50qui n'ont pas envie de vivre
14:51dans certaines situations
14:52et la réponse qu'on apporte
14:54c'est quelle réponse
14:55on veut apporter à ces personnes-là
14:57l'objectif des soins péiatifs
14:58c'est de pouvoir les prendre en charge
14:59dans leur globalité
15:01de pouvoir accompagner
15:02à la fois les patients
15:03mais aussi leurs proches
15:03et Louis en parlait tout à l'heure
15:04de l'importance des aidants
15:06souvent on arrive avec des aidants
15:07qui sont épuisés
15:08une charge mentale
15:09qui du coup pour les patients
15:09est très forte
15:10de se sentir un poids
15:11pour leurs proches
15:12parce que quand toute votre vie
15:14pèse sur vos proches
15:15c'est extrêmement difficile
15:17l'objectif aussi
15:18des soins bâtifs
15:18c'est de pouvoir redonner
15:19à chacun sa place
15:21aux proches
15:21leurs proches de proches
15:22aux patients
15:23de pouvoir écouter sa souffrance
15:24et qu'ils puissent
15:25parler librement
15:25et bien souvent
15:27les demandes de mort
15:28elles s'estompent
15:29elles disparaissent
15:30après c'est pas un long fleuve tranquille
15:32et la fin de vie
15:33comme la vie
15:34c'est fait d'ambivalence
15:35et d'ambivalence très forte
15:37quand on est en fin de vie
15:37il y a des jours
15:38où on a envie de mourir
15:39parce que c'est trop difficile
15:40et puis il y a des jours
15:41où on a moins envie de mourir
15:42vous partez du principe
15:44que lorsque le soin palliatif
15:46qui est un concept philosophique
15:48ça veut dire
15:49nous savons que nous allons mourir
15:50mais nous allons vivre
15:51jusqu'au bout
15:52dans les meilleures conditions possibles
15:53si je peux m'exprimer
15:54oui et puis une manière
15:55de prendre soin
15:56de prendre soin
15:56vous estimez
15:59philosophiquement
15:59je dis bien
16:00que si le soin palliatif
16:01répond à l'attente
16:02qu'il est performant
16:03qu'il est juste
16:03et bien appliqué
16:04ça peut permettre aux malades
16:06de renoncer
16:08à mourir
16:09j'y réponds pas philosophiquement
16:11mais en tout cas
16:11j'y réponds par le boulot
16:12qu'on fait tous les jours
16:13et ce que j'ai pu voir
16:14après il y a toujours
16:15des situations
16:16qui sont extrêmement complexes
16:18moi j'aimerais juste aussi
16:19sur le projet de loi
16:20on nous parle
16:20d'une loi d'exception
16:22pour des cas très précis
16:23pour des patients
16:24qui sont en fin de vie
16:24c'est ce qu'ils disent
16:27la réalité de cette loi
16:28c'est pas du tout ça
16:29c'est ouvrir un nouvel accès
16:31un nouveau droit
16:32à des personnes
16:32qui ne sont pas
16:33qu'en fin de vie
16:33qui sont atteintes
16:34de maladies incurables
16:35mais qui ne sont pas
16:35forcément en fin de vie
16:37avec des critères
16:37Louis on en parlait
16:38tout à l'heure
16:38extrêmement flous
16:39et pour nous les soignants
16:40c'est impossible
16:43de répondre à ces critères-là
16:46avec des critères
16:47qui sont extrêmement flous
16:48et donc il y a aussi
16:49quelque chose
16:50qui nous paraissait
16:50enfin en tout cas
16:51qui me paraît important
16:52de pouvoir redire
16:53correctement les choses
16:54on nous parle
16:54d'aide à mourir
16:55c'est un joli mot
16:56l'aide à mourir
16:57mais moi de l'aide à mourir
16:57j'en fais tous les jours
16:58la question c'est
16:59on parle d'euthanasie
17:00et de suicide assisté
17:01voilà
17:02et il y avait aussi
17:03quelque chose
17:04qui me semble important
17:04de pouvoir redire
17:05bien de quoi on parle
17:06voilà
17:07Louis Bouffard
17:08pour vous l'euthanasie
17:10n'est en aucun cas
17:11une solution
17:12quelle que soit
17:13la pathologie
17:14quelle que soit
17:14la souffrance
17:15que l'on subit
17:17alors
17:18que ce soit
17:19l'euthanasie
17:20c'est pour moi
17:21une violence
17:22parce que
17:23c'est finalement
17:24quelle réponse
17:25on apporte
17:26à la demande
17:27de mourir
17:28est-ce que
17:28finalement
17:29répondre
17:30à la souffrance
17:32que ce soit
17:32la douleur
17:33physique
17:34ou psychologique
17:36est-ce que
17:37répondre à ces douleurs
17:38ces souffrances
17:39par la mort
17:40est-ce que c'est
17:40la bonne réponse
17:41moi je ne le crois pas
17:42je crois vraiment
17:44que
17:44ce qui est important
17:46c'est de tout faire
17:47pour soulager
17:49pour accompagner
17:50pour faire
17:51qu'on mène
17:52une vie
17:52qui soit
17:54paisible
17:54sereine
17:55et ça
17:55pour le coup
17:56on a encore
17:57beaucoup de travail
17:58même si je sais
17:59que nous avons
18:01la technique
18:01mais pour ça
18:02il faut la développer
18:03et aujourd'hui
18:04si je reprends
18:05l'exemple
18:05des soins palliatifs
18:06il y a à peu près
18:0721 départements
18:08qui en sont dépourvus
18:10mais moi
18:11dans mon cas
18:11c'est pas
18:11que les soins palliatifs
18:13c'est les soins
18:14de médecine générale
18:15moi vous savez
18:16j'ai mis un an
18:18à obtenir un rendez-vous
18:19chez un dentiste
18:20pour retirer une carie
18:21qui me faisait souffrir
18:23parce qu'aucun praticien
18:25praticien
18:26pardon
18:26voulait prendre le risque
18:28de retirer cette carie
18:29parce que moi
18:30je suis sujet
18:30aux fausses routes
18:32et donc
18:33j'ai attendu
18:33près d'un an
18:34vous vous rendez compte ?
18:36oui effectivement
18:36là il y a un vrai problème
18:38il y a un vrai problème
18:39même administratif
18:40alors que vous étiez
18:42en situation prioritaire
18:44mais c'est la réalité du terrain
18:45bien sûr
18:47Louis Bouffard
18:48est-ce que
18:49on va parler
18:50cette citation
18:51est marquée sur le signe
18:52du Parlons le Vrai
18:53je vais vous parler
18:53très crûment
18:56est-ce que vous considérez
18:57que quelqu'un
18:58qui veut se mettre fin
19:00à ses jours
19:00parce qu'il atteint
19:01un niveau de souffrance
19:02peut le faire
19:02s'il en a
19:04les moyens
19:04librement décidés
19:06mais qu'en aucun cas
19:09la société
19:09doit répondre
19:10à cette demande
19:11si le malade
19:12supplie
19:13qu'on arrête
19:14sa souffrance
19:15où est la limite
19:16pour vous ?
19:17déjà il faut rappeler
19:18que le suicide
19:20est un drame
19:21est un drame
19:22de la vie
19:22et aujourd'hui
19:24quelqu'un
19:25qui veut se suicider
19:27et bien
19:27on a tout développé
19:29la prévention au suicide
19:30est-ce que demain
19:31avec cette loi
19:33ça veut dire
19:34qu'on exclut
19:35les personnes
19:36éligibles
19:37de la prévention
19:37au suicide
19:38et pour moi
19:39c'est d'une violence
19:41parce que
19:41ça crée
19:42deux catégories
19:44de population
19:44la première
19:45les personnes
19:47jeunes
19:48bien portant
19:49où on va tout faire
19:50pour
19:50s'ils font une tentative
19:52de les retenir
19:53alors qu'une personne
19:54éligible
19:55celle qui est
19:56très âgée
19:57très malade
19:58très handicapée
19:59et bien
19:59on va lui dire
20:00oui ta demande de mort
20:02elle est légitime
20:03et pour moi
20:04c'est d'une violence
20:05finalement
20:06ça crée
20:07quelque part
20:08une hiérarchisation
20:10des vies
20:11vous pensez
20:11qu'il y a quand même
20:12ou qu'il faut
20:13une solution
20:13entre guillemets
20:14politique
20:15il faut que
20:16les pouvoirs publics
20:17que le parlement
20:19tranche
20:19et décide quelque chose
20:20pour la fin de vie
20:22ou ce n'est pas
20:22une obligation
20:23moi je crois
20:24que
20:24les pouvoirs publics
20:26doivent se saisir
20:27de l'importance
20:28et de la priorité
20:29de nous donner
20:31les moyens
20:32de vivre
20:32dignement
20:33jusqu'au bout
20:34et aujourd'hui
20:35on n'y est pas
20:36c'est un message
20:37très précis
20:38très clair
20:39vous êtes sur Sud Radio
20:40il est 13h27
20:42je reçois
20:43Louis Bouffard
20:44coprésident des éligibles
20:45et Jeanne Amouros
20:46infirmière en soins palliatifs
20:48avec lesquels
20:49nous parlons
20:50du sujet
20:51très douloureux
20:52et grave
20:52qui est celui
20:53de la fin de vie
20:53puisque nous savons
20:55que des législateurs
20:55et des hommes politiques
20:56veulent légiférer
20:57voilà
20:58la république
20:59veut donner
20:59une consigne
21:01et un contexte légal
21:02pour accompagner
21:03la fin de vie
21:04et ce n'est pas simple
21:05parce que c'est un sujet éthique
21:06vous êtes nombreux
21:07à nous avoir appelé
21:09je vous retrouve
21:09dans quelques instants
21:10nous avons Nicolas
21:11Sophie
21:12Chantal
21:12Bénédicte
21:13qui chacun ont envie
21:15de participer à ce débat
21:16pour nous donner
21:16leur témoignage
21:18à tout de suite
21:18sur Sud Radio
21:19bien sûr
21:19vous continuez
21:19à nous appeler
21:20au 0826 300 300
21:23à tout de suite
21:25midi 14h
21:25Sud Radio
21:27la France
21:27dans tous ses états
21:28Péricault
21:30vous êtes sur Sud Radio
21:32il est 13h30
21:33vous qui nous écoutez
21:34vous avez la parole
21:36et là nous sommes
21:37sur la question douloureuse
21:39et philosophiquement problématique
21:44la fin de vie
21:45est-ce qu'on a le droit
21:46d'euthanasier quelqu'un
21:47avoir le droit de mourir
21:49par une propre décision
21:50c'est une chose
21:51être accompagné
21:52dans la mort
21:53par quelqu'un
21:54qui vous la donne
21:55c'est autre chose
21:56nous avons
21:57et donc nous recevons
21:58nous recevons
21:59Louis Bouffard
21:59coprésident des éligibles
22:01et Jeanne Amourousse
22:02qui nous a témoigné
22:05de son métier
22:06de ce qu'elle vit
22:07évidemment
22:08dans l'accompagnement
22:09des gens
22:10en fin de vie
22:11nous avons Nicolas
22:12qui nous appelle de Bordeaux
22:13bonjour Nicolas
22:14oui bonjour à tous
22:15bonjour merci de me recevoir
22:17parce que c'est un sujet
22:18qui me tient à corps
22:19bonjour Périco Legaz
22:21c'est votre maman
22:23qui avait 90 ans
22:24et qui voulait mourir
22:26donc elle voulait mourir
22:27depuis très très longtemps
22:28on a fait plusieurs médecins
22:30on a essayé d'aller en Belgique
22:31en Suisse
22:33personne ne voulait
22:34parce que comme elle n'avait pas
22:35un cancer
22:36et de raison
22:38c'était plus
22:39sur une souffrance psychique
22:40qui est de perte de mémoire
22:42qui arrivait de plus en plus
22:43et donc elle souhaitait mourir
22:45mais personne ne voulait
22:46l'écouter
22:48on allait voir des médecins
22:49qui nous disaient
22:50ben non moi je ne peux pas
22:51vous donner de médicaments
22:52pour ça
22:53il faudrait prendre tel médicament
22:55mais je ne peux pas
22:55vous le prescrire
22:57donc moi
22:58je me suis fait prescrire
23:00par d'autres médecins
23:01qui ne savaient pas
23:02que j'en avais besoin
23:03pour cet effet là
23:04oui
23:05et une fois
23:05que j'en ai cumulé suffisamment
23:07au bout de plusieurs mois
23:10avec
23:10sur sa demande
23:11je lui ai donné
23:13des médicaments
23:13les uns après les autres
23:15vous dites que
23:15dans votre témoignage
23:16que certains vous ont répondu
23:18ben vous n'avez qu'à traverser
23:19l'autoroute
23:20ou sauter du balcon
23:20c'est ce qu'on en
23:21vous avez vraiment entendu ça
23:23oui
23:23ah oui oui
23:23je peux le certifier
23:26je peux le déposer
23:26devant n'importe qui
23:28et donc c'est vous
23:29qui avez réuni
23:30les moyens
23:31les médicaments
23:32voilà
23:33pharmaceutiques
23:33et c'est moi
23:34et c'est moi
23:35qui lui ai donné
23:36sur sa demande
23:37il m'a dit
23:37c'est bon
23:38cette fois
23:39j'en peux plus
23:40donne moi les médicaments
23:42je veux partir
23:43et ça c'est fini
23:44comme ça
23:47pas exactement
23:49c'est moi
23:49c'est moi
23:50qui ai
23:51malheureusement
23:52les médicaments
23:53n'ont pas fait vraiment
23:53effet
23:56et vous avez accompagné
23:57votre maman
23:57quand même
23:57jusqu'au bout
23:58et c'est moi
23:59qui l'accompagnais
24:00plus
24:00voilà
24:01j'ai compris
24:02non non
24:02mais on a compris
24:04j'ai été moi même
24:05confronté à cette situation
24:06avec mon père
24:07en 1997
24:08donc je sais
24:09de quoi vous parler
24:11je vais m'adresser à vous
24:13Jeanne Amourousse
24:14
24:15un témoignage de Nicolas
24:16qu'est-ce qu'on peut faire
24:17dans ces cas-là
24:18les médecins ne veulent pas
24:19prescrire
24:19il y a une souffrance terrible
24:20il y a un patient
24:22qui veut
24:22que ça s'arrête là
24:24vous comprenez
24:25ce que Nicolas
24:25a dû faire
24:26ce qui est difficile
24:27c'est qu'on a l'impression
24:28que la souffrance
24:29n'a pas été entendue
24:30et comme je disais tout à l'heure
24:31je crois que notre premier boulot
24:33à tous
24:34soignants
24:35citoyens
24:35c'est de pouvoir
24:37écouter cette souffrance
24:38et d'essayer de comprendre
24:39après je ne connaissais pas
24:41je ne connais pas assez bien
24:42cette situation
24:42pour pouvoir
24:43en dire quelque chose
24:44mais en tout cas
24:45c'est toujours désolant
24:47d'entendre
24:47des gens qui se sont pas sentis
24:49écoutés dans leur souffrance
24:50Louis Bouffard
24:51vous considérez
24:52que la maman de Nicolas
24:53n'a pas été accompagnée
24:54comme il se devait ?
24:56alors je ne connais pas
24:58personnellement
24:58la situation
24:59de cette femme
25:00ce qui nous en dit
25:01mais moi ce qui me semble
25:04important
25:04c'est que
25:05qu'est-ce qui se cachait
25:08derrière
25:09cette demande
25:10est-ce que
25:11finalement
25:12est-ce que la médecine
25:13est-ce que les médecins
25:14ne l'ont pas
25:16abandonné à son sort
25:17par exemple
25:19Nicolas nous dit
25:20qu'elle avait des souffrances
25:23psychologiques
25:24psychiques
25:25a-t-elle été suivie
25:26par un
25:27par un psychiatre
25:28par un psychologue
25:30est-ce que
25:31ou est-ce qu'elle était
25:32livrée à elle-même ?
25:33Nicolas
25:34est-ce que votre maman
25:35a été accompagnée
25:36voilà
25:36est-ce qu'elle a été
25:37accompagnée
25:37à tous les niveaux
25:38de sa maladie
25:38elle a essayé
25:39mais c'était je dirais
25:40une autre génération
25:41qui ne voulait pas
25:42forcément entendre
25:43parler de psychologue
25:44et à son âge
25:46elle ne voulait pas
25:47être accompagnée
25:48elle voulait mourir
25:49son seul vœu
25:50c'était mourir
25:52donc là
25:53elle ne voulait pas autre chose
25:55elle ne voulait pas
25:55qu'on arrête sa souffrance
25:56et c'est vous
25:57qui avez dû trouver
25:57les moyens
25:58et prendre la décision
25:59c'est extrêmement
26:02c'est pas seulement
26:03courageux
26:04ce que vous avez fait
26:05c'est humainement terrible
26:07c'est votre maman en plus
26:08pourtant vous l'avez fait
26:10aujourd'hui
26:10qu'est-ce que vous en pensez ?
26:12vous ne regrettez rien ?
26:14vous ne regrettez rien ?
26:15pas du tout
26:15c'est ce qu'elle voulait
26:16elle me l'a dit
26:18jusqu'au dernier moment
26:19au revoir
26:21et elle était soulagée
26:22elle avait un sourire
26:23en s'endormant
26:25en disant
26:26ben voilà
26:26ça y est
26:26ça y est
26:27enfin
26:28enfin j'ai ce que je veux
26:30donc Nicolas
26:30quel est votre avis
26:31sur ce projet de loi ?
26:33est-ce que
26:33mon avis
26:34c'est que
26:35l'acquête doit disposer
26:37de sa vie
26:37et être aidé
26:38parce que
26:39si on a trop envie
26:40ou trop besoin
26:42de mourir
26:43pour être dans X et Y
26:44ses raisons sont personnelles
26:46et on doit accompagner
26:47les personnes
26:48dans cette démarche
26:49oui mais vous estimez
26:50que le soin palliatif
26:51aussi performant soit-il
26:52ne suffit pas
26:53à répondre
26:54à une personne
26:55qui veut arrêter de vivre
26:56le soin palliatif
26:58de ce que j'ai compris
26:59c'est quand même
27:00plutôt un soin palliatif
27:00pour la douleur
27:01là c'est pour le
27:02c'est une autre douleur
27:03c'est une douleur de vivre
27:04donc c'est un besoin de mourir
27:06c'est encore autre chose
27:07je pense
27:07bien sûr
27:08Jeanne Amoureux
27:09c'est un point de vie
27:10que vous entendez
27:12que vous comprenez
27:12je pense
27:13je pense que vous avez déjà entendu
27:15souvent ce témoignage
27:17bien sûr
27:18qu'on comprend
27:19c'est très difficile
27:22d'entendre ce témoignage
27:23et je pense que la question
27:24comme vous disiez
27:24des soins palliatifs
27:25elle est au-delà
27:25des soins palliatifs
27:26elle est vraiment
27:26dans la question
27:27du monde du soin
27:28des soins psychiques
27:29et même de la société
27:30quel message
27:31on renvoie aussi aux autres
27:32et comme on le disait
27:33tout à l'heure
27:34le système de santé
27:35va très mal
27:36il y a le débat éthique
27:37et est-ce que la politique
27:38peut répondre à une question
27:39éthique de Sigrid
27:40nous avons
27:40merci Nicolas
27:41pour vos témoignages
27:42merci
27:43bouleversant bien entendu
27:44et voilà
27:45on est tout coeur
27:45avec vous
27:46nous avons Sophie
27:48qui nous appelle
27:49de Béziers
27:50bonjour Sophie
27:50oui bonjour
27:52bonjour à vos invités
27:54vous êtes aidante
27:56vous êtes aidante Sophie
27:58ah ben je le suis pas
28:00je le suis devenue
28:01bien sûr
28:01bon c'est tout récent
28:04je viens d'aider
28:05mes amis à partir
28:07et surtout
28:08à mettre
28:09mes petites connaissances
28:12pour y être déjà passé
28:13à disposition
28:15de la famille
28:16de mon ami
28:19du mari
28:19donc
28:20et de ses enfants
28:21voilà
28:22qui me bagarre
28:23contre une maladie
28:24pendant 19 mois
28:27et la guerre
28:28est perdue
28:29et là
28:30on souhaite
28:32faire revenir
28:33la personne
28:33à la maison
28:34pour qu'elle parte
28:35chez elle
28:35sauf qu'on vous explique
28:37pas tout
28:40tout le monde
28:41ne sait pas
28:41les mythologies
28:42qui peuvent être
28:43associées
28:43à une fin de vie
28:44manque d'oxygène
28:46un globe
28:47vésical
28:49une détresse
28:50psychologique
28:51et puis là
28:52il y a aussi
28:52tous les aidants
28:53qui sont là
28:54depuis 19 mois
28:56mais aussi
28:57les enfants
28:58la souffrance
28:59alors je peux pas
29:01aujourd'hui
29:03avec le témoignage
29:04de votre invité
29:06dire que moi
29:07je suis pour le temps
29:07admis
29:08parce que chaque cas
29:09est un cas
29:09mais comme a dit
29:10le monsieur
29:11d'avant
29:11on doit disposer
29:13voilà Nicolas
29:14on doit vraiment
29:15disposer
29:16de notre volonté
29:18et c'est aujourd'hui
29:19on doit franchir
29:20le cap
29:21de demander
29:22aux gens
29:23qu'est-ce qu'ils feraient
29:24qu'est-ce qu'ils voudraient
29:26pour partir dignement
29:27parce que là
29:28nous sommes dans un cas
29:29d'une maladie incurable
29:34gravissime
29:34les os
29:35le cerveau
29:37voilà
29:38et un coeur
29:39qui est jeune
29:40et qui est encore là
29:42pour battre
29:42et qui
29:43malheureusement
29:44va éterniser
29:47alors
29:48on a mis une sédation
29:50en place
29:51qui n'est pas
29:52une dose létale
29:54oui
29:55mais est-ce que
29:56vous avez
29:57une infirmière
29:57en direct
29:58j'ai une question
29:59bien précise
30:00à poser
30:00allez-y
30:01allez-y Sophie
30:02être-vous sûr
30:03madame
30:04que la dose
30:05de sédation
30:07que nous avons
30:08augmenté
30:08de 0.1
30:09à 0.2
30:100.8
30:12etc
30:12avec un
30:14je ne sais pas
30:15comment ils appellent ça
30:16le globulus
30:17je ne sais pas quoi
30:18enfin le
30:19bon
30:21cette personne
30:22n'a pas souffert
30:22je vais vous demander
30:23de rester discrète
30:24parce que j'ai dit
30:25justement
30:26à mes amis
30:27que j'allais parler
30:28de ça
30:28parce qu'en fait
30:29c'est le combat
30:30de tous
30:31et ce qu'on souhaite
30:32tous
30:33c'est que
30:33leur maman
30:35et leur épouse
30:35et notre amie
30:37n'a pas souffert
30:38Jeanne Amoureuse
30:39vous avez
30:39merci beaucoup
30:40pour votre témoignage
30:41madame
30:41mais je crois que
30:42c'est la volonté
30:43de tout le monde
30:43de ne pas souffrir
30:44et ça c'est notre boulot
30:45et c'est aussi notre boulot
30:46en tant que société
30:47de pouvoir faire en sorte
30:48qu'il n'y ait pas de souffrance
30:52malheureusement
30:52c'est difficile
30:53pour moi
30:53de vous dire
30:54si les doses suffisent
30:55puisque
30:56sans connaître cette personne
30:57et
30:58enfin voilà
30:58chaque cas
30:59est tellement
31:01singulier
31:02donc ce serait difficile
31:03de répondre
31:03mais en tout cas
31:05voilà
31:06j'ai l'impression
31:06qu'elle est prise en charge
31:07et ce qui est sûr
31:08c'est que
31:09le boulot des soignants
31:10c'est de devoir répondre
31:12aux situations de douleur
31:13et de pouvoir
31:15voilà
31:16pouvoir
31:16en observant les patients
31:18voir s'il y a des signes
31:20qui montrent
31:20des signes de souffrance
31:21ça c'est notre boulot
31:22en tout cas
31:23moi c'est ce que je fais
31:24tous les jours
31:24avec mes collègues
31:25et s'il y a des signes
31:27qui nous montrent
31:27que les patients
31:28ont des inconforts
31:29ou des douleurs
31:30de pouvoir ajuster les doses
31:31pour que effectivement
31:32la fin de vie
31:33soit la plus paisible possible
31:35merci Sophie
31:36pour votre témoignage
31:38et effectivement
31:38Jeanne comprend
31:40votre avis
31:41nous avons Chantal
31:43qui nous appelle
31:44de Bastia
31:44bonjour Chantal
31:45oui bonjour
31:47bonjour Chantal
31:48on se connait Chantal
31:49vous appelez souvent
31:50je ne savais pas
31:51que vous étiez
31:51un personnel de santé
31:53et que vous êtes impacté
31:56non seulement
31:56personnel de santé
31:57que vous êtes impacté
31:58puisque vous même
31:59vous avez un handicap
31:59racontez-nous ça
32:01alors
32:03moi déjà
32:04je voudrais qu'on fasse
32:05plutôt le droit
32:06de vivre dans la dignité
32:08plutôt que le droit
32:09de mourir
32:09dans la dignité
32:11c'est quand même
32:12qu'est-ce qu'on veut
32:13dans notre société
32:14moi
32:15j'ai perdu la vue
32:16à 19 ans
32:18et si on m'avait demandé
32:21à ce moment-là
32:22qu'est-ce que j'aurais voulu
32:23j'aurais peut-être dit
32:24ben
32:25j'ai pas envie de vivre
32:26j'ai plus envie de vivre
32:28donc il faut faire
32:30quand même très très attention
32:32après j'ai été
32:33j'ai repris mes études
32:34j'ai été kiné
32:36j'ai été confronté
32:37à des maladies
32:38comme des myopathies
32:40des maladies de charcot
32:41j'ai accompagné
32:43des personnes âgées
32:44qui faisaient
32:45ce qu'on appelle
32:45un syndrome de glissement
32:47et quand une personne âgée
32:49se retrouve hospitalisée
32:50la première des choses
32:51qu'elle vous dit
32:52moi j'en ai marre
32:53je veux partir
32:54parce qu'ils ont tellement peur
32:56de ne pas retourner
32:56à la maison
32:57et nous on leur disait
32:59écoutez
33:00nous on va pas vous garder
33:02vous allez faire de la rééducation
33:03on va se battre avec vous
33:04c'est justement là
33:06au moment où il y a
33:07des maladies graves
33:08que nous en tant que soignants
33:10nous devons encore plus
33:12donner notre amour
33:14pour les accompagner
33:15je parle d'amour
33:16parce que c'est de là
33:17dont on parle
33:18qu'il nous faut des moyens
33:20parce que comme disait
33:22votre invité
33:23oui
33:24je veux dire
33:24quand on n'arrive plus
33:26à se soigner
33:26quand on n'arrive plus
33:28à être accompagné
33:29quand les gens sont seuls
33:30c'est la facilité
33:32et en même temps
33:33c'est le courage
33:34de dire
33:35je veux partir
33:36donc donnez-nous
33:37les moyens
33:38de travailler
33:40donnez-nous
33:40les moyens
33:41d'accompagner
33:42donnez-nous
33:43les moyens
33:43avec notre générosité
33:45de coeur
33:46avec tout notre amour
33:47d'accompagner
33:48ces gens
33:50on peut
33:52je suis très ému
33:53non mais je vous comprends
33:55Chantal
33:55évidemment
33:55c'est très très grave
33:57dans notre société
33:58qu'on n'ait que ça
33:59à proposer
34:01qu'on n'ait que ça
34:02à proposer
34:02je veux dire
34:03moi j'ai fait ce métier
34:05pour soigner les gens
34:07pour soigner des gens
34:08je n'ai pas fait ce métier
34:10pour qu'on me demande
34:11demain
34:11d'accompagner des gens
34:13à mourir
34:13on le fait déjà
34:14dans les soins palliatifs
34:16développons les soins palliatifs
34:18accompagnons les gens
34:19les familles
34:20je parle
34:21s'il y a des ministres
34:24qui nous écoutent
34:25des députés
34:26des sénateurs
34:27donnez-nous
34:28les moyens
34:28de travailler
34:30je veux dire
34:31ça s'appelle
34:31l'eugénisme
34:32tout ça
34:32on en arrive
34:34à dire
34:34voilà
34:35vous n'êtes plus
34:35en état
34:36vous êtes des inutiles
34:38vous souffrez
34:38bien sûr
34:39personne n'a envie
34:40de souffrir
34:40personne n'a envie
34:41de souffrir
34:42mais il faut donner
34:43les moyens
34:44aux hôpitaux
34:46donner les moyens
34:47pour que les gens
34:48puissent être entourés
34:49que les aidants
34:50qu'on puisse les soulager
34:52mais on n'a pas ces moyens
34:54alors que la seule solution
34:55qu'on nous propose
34:56c'est de tuer les gens
34:59et moi ça
35:01j'en suis malade
35:02j'en suis malade
35:04c'est pas quand on est vulnérable
35:06qu'on peut poser ce genre
35:07de questions aux gens
35:08surtout que la loi
35:09on a 48 heures
35:10pour réfléchir
35:11et après on ne peut plus
35:12revenir dessus
35:13c'est très très grave
35:15ce qui se passe
35:15je veux dire
35:16il y a une infirmière
35:17qui est là
35:18elle côtoie
35:19la souffrance
35:20et la mort
35:21tous les jours
35:22et malgré tout
35:23elle est là
35:24elle est au combat
35:24il faut qu'on soit au combat
35:26auprès de nos patients
35:27auprès des familles
35:29auprès des aidants
35:30et qu'on leur donne
35:31toutes nos générosités
35:33de coeur
35:33et tout notre amour
35:35Chantal
35:36vos mots sont
35:37sont formidables
35:39évidemment bouleversants
35:40je vous sens bouleversé
35:41on fait une petite pause
35:43pour reprendre nos esprits
35:44évidemment
35:45Louis Bouffard
35:46et Jeanne Amourousse
35:47vont répondre
35:48à l'intervention
35:49que l'on garde
35:50que l'on garde au coeur
35:51parce que je vous ai souvent en ligne
35:52je ne sais pas
35:53que derrière votre témoignage
35:54on parle souvent
35:55de politique
35:56de géographie
35:57de la Corse
35:57et je ne sais pas
35:58qu'il y avait en plus en vous
35:59cet élément
36:00cet élément déterminant
36:01vous restez avec nous en ligne
36:02Chantal surtout
36:03Jeanne et Louis vous répondent
36:04dans quelques instants
36:05à tout de suite
36:05sur Sud Radio
36:07Sud Radio
36:11La France dans tous ses états
36:13Péricault et Gasse
36:15Vous êtes sur Sud Radio
36:16dans un échange
36:18bouleversant
36:19entre nos deux invités
36:21Louis Bouffard
36:22au président des éligibles
36:24et Jeanne Amourousse
36:26infirmière en soins palliatifs
36:27et nous avions à l'instant
36:28le témoignage de Chantal
36:30de Bastia
36:31qui intervient souvent
36:32sur cette antenne
36:32et qui nous racontait
36:34en tant qu'elle-même
36:35personnelle de santé
36:36elle-même confrontée
36:37à la maladie
36:37qui disait
36:38notre mission
36:39nous c'est
36:40d'accompagner
36:41et de soutenir
36:42la vie jusqu'au bout
36:43et pas de tuer
36:46Louis Bouffard
36:47ce sont les mots
36:47qui vous conviennent
36:48c'est un petit peu
36:50le code de conduite
36:52des éligibles
36:52c'est ça que vous
36:53essayez d'expliquer
36:54oui mais surtout
36:56c'est vrai que
36:57ce choix
36:59ce choix
37:00de demander
37:00l'aide à mourir
37:02sera-t-il
37:02un choix
37:05ne sera-t-il pas
37:06plutôt
37:06un choix
37:07par défaut
37:08par défaut
37:09d'accompagnement
37:10par défaut
37:10d'accès aux soins
37:12par défaut
37:13de soulagement
37:13de la souffrance
37:15je crois vraiment
37:16que
37:17cette loi
37:18finalement
37:18est quelque part
37:20un aveu
37:21d'échec collectif
37:22c'est-à-dire
37:24finalement
37:24on n'a plus
37:24d'autre solution
37:25vous vous dites
37:26que c'est de l'euthanasie
37:27l'aide à mourir
37:29c'est à la fois
37:30le suicide assisté
37:31et l'euthanasie
37:32c'est-à-dire
37:33qu'on décide
37:33de donner la mort
37:35à quelqu'un
37:35dont on estime
37:36que
37:36non c'est
37:37la personne
37:38qui formule
37:39cette demande
37:40qui demande
37:41aux soignants
37:42soit de lui donner
37:43les produits
37:43soit de l'injecter
37:44lui-même
37:45et finalement
37:46c'est plus vraiment
37:47ce choix seul
37:49finalement
37:50c'est exiger
37:51de l'autre
37:52qu'il vous tue
37:53et c'est un acte
37:54de mort
37:54et pour moi
37:55ce n'est pas possible
37:57parce que
37:57le soignant
37:58le médecin
37:59sa mission
38:00est de soulager
38:02les souffrances
38:02d'accompagner
38:03pas de provoquer
38:05la mort
38:05Jeanne Amourousse
38:07vous qui avez
38:08été confronté
38:10un nombre
38:11incroyable
38:12de fois
38:12à cette situation
38:14qu'est-ce que ça
38:15qu'est-ce que ça change
38:17philosophiquement
38:18de prolonger
38:19de quelques heures
38:20ou de quelques jours
38:20quelqu'un dont on sait
38:21qu'il est condamné
38:23il y a une
38:24il y a quelque chose
38:25qui fait qu'on doit
38:27aller jusqu'au bout
38:28et d'accompagner
38:28cette personne
38:29dans la vie
38:30jusqu'au bout
38:30où on peut
38:31admettre l'idée
38:32que
38:33bon
38:34si c'est 10-15 jours
38:35si ce sont des souffrances
38:38malgré les soins palliatifs
38:39il y a de la souffrance
38:40est-ce que vous admettez
38:41qu'on puisse dire
38:42moi je veux arrêter là
38:44je crois que
38:44ce qu'on promet
38:45à tous nos patients
38:45nous les soignants
38:47c'est de jamais
38:48les abandonner
38:49et ce qu'on dit
38:50à tous nos patients
38:50et que je crois
38:51qui est un peu
38:52le trésor
38:53de la relation
38:53de soins
38:54c'est de pouvoir
38:54dire aux patients
38:55je vous promets
38:56qu'on vous laissera pas tomber
38:58nous les soignants
38:59mais collectivement aussi
39:00parce que vous comptez
39:01pour nous
39:01et qu'on fera tout
39:02pour vous soulager
39:02et je crois qu'on y arrive
39:04parce que c'est mon boulot
39:05tous les jours
39:05et je crois que
39:06si on avait
39:06autant de situations
39:07qui étaient
39:08aussi complexes
39:09et qu'effectivement
39:10ces derniers jours
39:10nous paraissaient
39:11quelque chose d'un peu abstrait
39:12et d'inutile
39:13les soins de soins palliatifs
39:14on serait les premiers
39:15avant debout
39:15à se dire
39:16il faut qu'on légalise
39:17quelque chose
39:17or massivement
39:19les soins de soins palliatifs
39:20on vient d'endroits différents
39:21d'origines différentes
39:23d'éducation différente
39:24et massivement
39:25on est opposé
39:25parce que justement
39:26on sait bien
39:27que ces instants
39:27jusqu'au bout
39:29ils sont importants
39:30ils sont précieux
39:30et c'est
39:31il y a deux ans
39:34une famille
39:34qui nous avait demandé
39:35l'après-midi
39:36qui m'avait demandé
39:37à cinq reprises
39:38de faire quelque chose
39:39pour accélérer
39:40la fin de vie
39:41de leur maman
39:41et c'est difficile
39:43en tant que soignant
39:43quand on nous demande
39:44à 5.8
39:44faites quelque chose
39:45faites quelque chose
39:46et j'ai pas tenu
39:47bon toute seule
39:48on a tenu bon en équipe
39:48parce que ça nous semblait important
39:50et que leur maman
39:51on a essayé de leur montrer
39:52qu'il n'y avait pas de signe
39:53de souffrance
39:54finalement leur maman
39:54est décédé quelques heures plus tard
39:56et deux jours plus tard
39:57cette famille est revenue nous voir
39:58et est revenue nous voir
39:59en disant
39:59merci d'avoir tenu
40:01parce que vous nous avez
40:02réconcilié avec la mort
40:03Chantal
40:04vous entendez
40:05le témoignage de Jeanne
40:06jusqu'au bout
40:07voilà
40:09Chantal
40:10vous considérez
40:11comme Jeanne
40:12que la loi de Léonetti
40:13telle qu'elle est là
40:14est suffisante
40:16exactement
40:17il y a cette loi de Léonetti
40:18qu'il faut appliquer
40:20ça n'empêche pas
40:21de donner des moyens
40:22ça n'empêche pas
40:24d'aider
40:25les aidants
40:27enfin
40:29quelle société
40:30voulons-nous ?
40:31quelle société
40:32voulons-nous ?
40:33dans quelle société
40:34on abandonne
40:35les handicapés
40:37les personnes âgées
40:38les malades
40:40mais
40:40quelle société
40:41voulons-nous ?
40:43je veux dire
40:43on a des moyens
40:45qu'on dépense
40:47mais alors
40:48à tort et à travers
40:49les soins palliatifs
40:51il n'y a même pas
40:51tous les départements
40:52qui ont des soins palliatifs
40:53c'est remarquable
40:55le discours de Louis
40:57qui a une maladie
40:58que je connais bien
41:00puisque je suis
41:00kinésithérapeute
41:01à la base
41:02donc bien sûr
41:03que
41:04mais
41:05voilà
41:06nous
41:06les soignants
41:07nous sommes là
41:08pour soigner
41:09nous sommes là
41:10pour accompagner
41:11nous sommes là
41:12pour donner
41:12encore de la chaleur humaine
41:15encore de l'amour
41:16votre message
41:17votre message
41:18il est reçu
41:19et partagé
41:20en tout cas
41:20dans ce studio
41:21merci de nous l'avoir
41:22merci de nous l'avoir transmis
41:24il y a
41:24Bénédicte
41:25qui nous appelle
41:25de Lyon
41:26bonjour Bénédicte
41:28bonjour
41:28vous avez accompagné
41:30vos parents
41:31aussi dans la maladie
41:32pendant 14 ans
41:33c'est cela ?
41:35oui 14 ans en total
41:36parce que
41:37papa est décédé
41:39il y a 12 ans
41:39et maman est décédée
41:42le 30 décembre
41:442025
41:44donc vous savez ce que c'est
41:45que d'être aidante
41:46voilà
41:47je sais ce que c'est
41:48que d'être aidante
41:49et j'ai admiré
41:52tout ce qui a été dit
41:53jusque là
41:54mais ce que je voulais dire
41:56c'est que
41:58je pense que
41:59le corps médical
42:00et tout ça
42:01fait son boulot
42:02extraordinairement bien
42:03tous les gens
42:04qui sont
42:04en place
42:05font leur travail
42:06très bien
42:06mais il y a quand même
42:07un problème
42:08est-ce qu'on sait
42:09ce qu'est un aidant
42:11parce que moi
42:12pendant 12 ans
42:13je suis allée
42:14dans les hôpitaux
42:15et tout ça
42:15je ne suis pas sûre
42:17qu'ils aient pris
42:18confiance
42:18que j'étais aidante
42:20de mes parents
42:21j'étais un enfant
42:23ça ils le savaient
42:24mais quel était
42:25le rôle que j'avais
42:26ils ne le savaient pas
42:27et surtout
42:28le gros problème
42:29qu'il y a
42:30c'est qu'il faudrait
42:31réviser
42:33donner du temps
42:34aux infirmières
42:36au corps médical
42:38pour qu'on puisse
42:39échanger
42:40ensemble
42:41alors que
42:42jamais
42:42on n'a pu échanger
42:46sur l'état
42:47de nos parents
42:48c'est une observation
42:51j'en ai énormément
42:52souffert
42:53Bénédicte
42:54c'est une observation
42:55que l'on entend
42:55souvent
42:56Louis Bouffard
42:59reconnaître
43:00un statut aux aidants
43:02les accompagner
43:02peut-être
43:03les aider
43:04dans leur mission
43:04oui
43:05les aider
43:06et prendre en compte
43:08ce qu'ils disent
43:09parce que
43:09quand on arrive
43:10dans un milieu hospitalier
43:11on ne parle
43:12qu'aux correspondants
43:13voilà
43:14donc Louis Bouffard
43:15qu'est-ce que vous pensez
43:16à la remarque
43:16de Bénédicte
43:17je crois vraiment
43:18qu'il est essentiel
43:20de venir en aide
43:22aux aidants
43:22moi dans mon quotidien
43:24heureusement
43:25que mon père
43:27peut m'aider
43:27heureusement
43:28que
43:28des tantes
43:29qui viennent
43:30me voir tous les jours
43:31pour me consacrer
43:33du temps
43:33parce qu'en fait
43:34finalement
43:36le travail
43:37d'un aidant
43:38c'est finalement
43:39d'être
43:40quotidiennement
43:41jour après jour
43:42auprès de la personne
43:43dont on s'occupe
43:45et c'est à la fois
43:46une charge mentale
43:48finalement une implication
43:50dans la vie
43:51du patient
43:53complémentaire
43:54de l'infirmière
43:54bien sûr
43:55et ce que je trouve
43:56scandaleux
43:56dans cette loi
43:57c'est qu'au départ
43:58la voix
44:00des aidants
44:00du proche aidant
44:02n'était même pas
44:04consultée
44:05et heureusement
44:06au cours des débats
44:07un amendement
44:08qu'on avait travaillé
44:10avec
44:10notre association
44:12a permis
44:13que les aidants
44:14soient
44:15déjà
44:16permettent
44:16qu'on puisse
44:17donner leur avis
44:18et on croit
44:19qu'il faut encore
44:20davantage
44:22associer le proche
44:22parce que
44:23vous vous rendez compte
44:24que tout au long
44:25de la vie du patient
44:26le proche sera là
44:27à le tenir
44:29à bout de bras
44:29et au moment
44:30de cette décision
44:32irréversible
44:32il ne serait pas là
44:34donc message
44:35message à nos dirigeants
44:37ne pas prendre en compte
44:38le rôle
44:39et la place
44:40de l'aidant
44:41et je crois vraiment
44:42que cette loi
44:43elle est
44:43elle est violente
44:45parce que
44:46on ne se mesure pas assez
44:47qu'elle sera demain
44:48la culpabilité
44:50de l'aidant
44:50donc message au législateur
44:52et Jeanne Amouros
44:53le confirme
44:54consultez-nous
44:55écoutez-nous
44:56entendez-nous
44:56nous en savons
44:57aussi beaucoup
44:58sur ce qui est
44:59la fin de vie
45:00l'accompagnement
45:00de quelqu'un
45:02dont on sait
45:03qu'il va mourir
45:03et qu'une décision
45:06d'aide au suicide
45:07n'est pas forcément
45:08en tout cas pour vous
45:10Jeanne Amouros
45:10c'est pour vous
45:11Louis Bouffard
45:11et c'était l'avis
45:12également de Chantal
45:13de Bastia
45:14n'est pas forcément
45:15la bonne solution
45:16le débat reste
45:17totalement ouvert
45:18mais le témoignage
45:19que nous avons pu
45:20aujourd'hui
45:21écouter
45:21de la part
45:22de vous deux
45:23était à la fois
45:24édifiant
45:25et bouleversant
45:26la question
45:27ne sera pas
45:28résolue
45:28de façon simple
45:29surtout dans une démocratie
45:31comme la République française
45:33où le débat est ouvert
45:34vous restez sur Sud Radio
45:35Brigitte Laé va vous parler
45:37de sujets tout à fait différents
45:38plus sentimentaux
45:40sur l'amour
45:41et nous restons nous imprégnés
45:42du témoignage
45:42de Louis et de Jeanne
45:45qui nous a bouleversés
45:46à bientôt sur Sud Radio
45:47merci à tous
45:48merci
45:48et à très bientôt
45:49merci
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